‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 3)Chapitre 49 sur 190 · FACE DORSALE · texte numérisé non relu

FACE DORSALE

PÉDIEUSE

La pédieuse s'étend du bord inférieur du ligament frondiforme, où elle continue la tibiale antérieure, à l'extrémité postérieure du premier espace interosseux dans lequel elle plonge pour se continuer, à plein canal, avec la terminaison de la plantaire externe.

Sa direction, sensiblement parallèle à l'axe du pied, est représentée par une ligne menée de la partie moyenne de l'espace inter-malléolaire à la partie postérieure du premier espace interosseux. Son volume, très variable, est en raison inverse de celui de la plantaire externe et de la péroniêre antérieure.

Rapports. — Relativement superficielle, l'artère est recouverte : \° par la peau et le tissu cellulaire dans lequel se trouvent les origines de la veine saphène interne et les branches terminales du musculo-cutané ; — 2° par l'aponévrose dorsale superficielle ; — 3° par l'aponévrose du pédieux ; — 4° par le chef interne de ce muscle qui la recouvre et dont le tendon croise obliquement

DES ARTÈRES

Mal. in t.

Mal. ext

Dors, tarse

le vaisseau. — l/aiière passe sur les os du tarse, tète de r;is(ragale, s(:a|)lioïdo deuxième cunéirorme et sur les ligaments qui unissent ces os.

Le tendon de l'extenseur propre du gros orteil chemine parallèlement à l'artère, à un centimètre en dedans d'elle.

Branches. — 1" Dorsale du tarse — Otte branche, assez volumineuse, naît de la partie externe de la pédieuse, sur le scaphoïde ; elle se porte en avant et en dehors, cheminant sur la face supérieure des os du tarse, sous le pédieux.

se termine au niveau du bord externe du pied en s'anastomosant avec une branche de la plantaire externe ou avec la dorsale du métatarse.

Elle fournit des rameaux aux os sous-jacents, aux articulations, au muscle pédieux, aux tendons des extenseurs des orteils, et aux téguments.

Ily rtl a décrit comme constante une petite artériole qui traverse le sinus dn tarse ; cette artériole naît ordinairement de la dorsale du tarse

tout près de l'origine de cette artère, et pénètre dans le canal astragalo-caleanéen qu'elle parcourt dans toute son étendue. Leboucq (Analom. Anzeig. ISSG, page 18) a montré que, chez l'embryon de 12 mm., cette artère avait un volume considérable: à ce moment, elle sépare les deux ébauches du calcaneum : plus tartl elle s'atrophie. L'anomalie décrite par Ilyrll (largo anastomose entre la libiale antérieure et postérieure dans le sinus du tarse), n'est que l'exagération de cette disposition.

La dorsale du tarse s'anastomose avec la péronière antérieure, la malléolairo externe, la dorsale du métatarse et la plantaire externe.

Dorsale du métatarse. — Cette branche, la plus vohimhieuse Açs collatérales de la pédieuse, naît au niveau de l'articulation métatarso-cunéenne. Elle se porte en avant et en dehors, cheminant sur l'extrémité postérieure des métatarsiens au-dessous du pédieux, et se termine au niveau de l'extrémité postérieure du cinquième métatarsien, en s'anastomosant avec une branche de la dorsale du tarse avec laquelle elle forme Varcnde dorsale du tarse. Elle fournit des rameaux posléricurs aux os du tarse, aux articulations, au pédieux, et des ra-

Fifï.

Les artères de la face dorsale du pied.

meaiix antérieurs. Ces derniers constituent les interosseuses dorsales des deuxième, troisième et quatrième espaces. Chacune de ces interosseuses descend sur la face supérieure des interosseux dorsaux ; arrivée au niveau de l'espace interdigilal, c'est-à-dire un peu en avant de l'articulation métatarso-pha-

langienne, elle se divise en deux branches qui constituent les collatérales dorsales correspondant à l'espace dans lequel chemine l'interosseuse.

Au niveau de l'extrémité postérieure de l'espace interosseux, chaque interosseuse dorsale communique par une anastomose verticale (perforante postérieure) avec la portion transversale de l'artère plantaire externe.

De même, au niveau de sa bifurcation, elle communique avec la partie terminale de l'interosseuse plantaire coi'respondante par les perforantes antérieures.

La disposition de ces artères perforantes est des plus variables. Le volume des perforantes postérieures est quelquefois plus considérable que celui de la partie initiale de l'interosseuse dorsale correspondante. Dans ce cas, l'interosseuse dorsale semble continuer la perforante postérieure et venir, par l'intermédiaire de cette dernière, de l'artère plantaire externe.

Cette disposition m'a paru fréquente.

Fig. 453. — Scliéma des artères de la face D'après Meyer (loc. cit.), ce serait la dorsale du pied. disposition typique. — Le volume

des perforantes antérieures est non moins variable : dans quelques cas, il est assez considérable pour que la perforante antérieure semble être la prolongation de l'interosseuse, qui paraît aller se jeter dans l'interosseuse plantaire correspondante.

Dans tous les cas, les artères interosseuses dorsales sont d'ordinaire assez peu développées et les collatérales dorsales des orteils auxquelles elles donnent naissance sont normalement très atrophiées.

3° Interosseuse dorsale du premier espace. — Elle naît de la partie terminale de la pédieuse, au moment où cette artère plonge dans le premier espace interosseux. Son volume est beaucoup plus considérable que celui des autres interosseuses. Cette artère chemine dans le premier espace, sur la face dorsale du premier. interosseux ; arrivée au niveau de l'articulation métatarço-

DES ARTÈRES

pliiilaiigienne du p:ros orleil, elle donne deux branches : l'une, interne, forme le tronc commun des deux collalérales dorsales du grosorteil ; l'autre, externe, constitue la collatérale dorsale interne du deuxième orteil. Aussitôt après avoir fourni ces deux branches, que Tonne doit |)as considérer comme branches terminales, elle devient verticale, se dirigeversia plante, constituant ai nsi la perforante antérieure du premier espace et se bifurque en deux branches terminales : l'une, interne, est le tronc commun des collatérales plantaires du gros oi leil; l'autre, externe, est la collatérale plantaire du deuxième orteil. Au niveau de sa bifurcation, elle reçoit l'interosseuse plantaire du premier espace. C'est l'interosseuse dorsale, et non l'interosseuse plantaire qui donne les trois collatérales plantaires internes des orteils-

.le considère cette disposition centime la règle puisque je l'ai trouvée 10 fois sur 12 pieds examinés. .Je ne ]iuisdonc l'egarder comme normale la disposition indiquée par les classiques qui considèrent l'interosseuse dorsale comme ne donnant naissance qu'aux trois ])remières collaléi'ales dorsales, et regardent la perforante antérieure du premier espace comme une simple anastomose, .le le répète, dans la grande majorité des cas, celte perforante antérieure m'a paru représenter la continuation du tronc de la |)remière interosseuse dorsale, allant vers la plante donner naissance aux trois premières collatérales plantaires.

FACE PLANTAIRE

V L A X 'J' A I \{ V. 1 X 1' !■: lî .\ E

La plantaire interne représente la branche de bifurcation interne de la tibiale j)0stérienre ; j'ai indiqué plus haut le siège habituel de cette bifurcation.

Elle est d'oi'dinaire assez grêle et beaucoup moins volumineuse (jue la plantaire externe, (|ui leprésente normalemeni l'artère piincipale du pied.

Trajet et rapports. — Dès son origine elle se dirige directement en avant, chemine d'abord entre l'abducteur du gros orleil, qui la recouvre, et les tendons du long lléchisseur propre qu'elle croise très obliquement, et vient émerger au niveau du bord externe de l'abducteur, où elle devient relativement superficielle.

Il est difficile de préciser son mode de terminaison. Lorsque l'artère plantaire interne est très grêle, elle ne se bifurque pas, mais vient se terminer soit dans le tronc commun des collatérales plantaires du gros orteil et de la collatérale plantaire interne du deuxième orleil, soit dans l'arcade ])lantaire, soit dans la collatérale plantaire interne du gros orteil. — Lorsqu'elle est voinmi neuse, elle peut rester indivise et fournir la collatérale interne du gros orloil. H est alors fréquent de voir coexister les différents modes de terminaison (|ue je viens de signaler: on voit la plantaire interne fournir plusieurs branches terminales, qui vont se jeter dans les inlerosseuses plantaires, ou dans leurs branches de bifurcation.

[..a plantaire interne vient ainsi renfoi'cer une, deux, (rois et exceptionnellement la totalité des interosseuses. Ainsi se trouve créée une véi'itable ébauche de système superficiel sous-aponévrotique, qui se superjiose au système profond

ANGÉIOLOGIE

formé par la plantaire externe. Lorsque la plus externe de ces branches terminales s'anastomose avec un rameau de la plantaire externe, ce qui est peut-être moins rare qu"on ne le croit, il existe une véritable arcade plantaire superficielle, absolument homologue de l'arcade palmaire superficielle.

Mais, contrairement à ce que nous trouvons à la main, ce système superficiel est toujours formé par des artères très grêles et le cède de beaucoup en importance au système profond.

Plant, int.

Branches collatérales. — Quel que soit son mode de terminai- Piant.ext. g^^^^ la plantaire interne fournit de nombreux rameaux collatéraux à l'abducteurdu gros orteil, au court fléchisseur, aux téguments du bord interne du pied et aux articulations Int. plant, astragalo-scaplioïdieunes, scaphocunéennes et inter-cunéennes. Parmi ces branches collatérales, il en est une qui mérite une mention spéciale. Toujours assez volumineuse, elle se détache de la plantaire interne, tout près de l'origine de celle-ci, croise la face profonde de l'abducteur et émerge au-dessus de ce muscle dont elle suit le bord supérieur; elle donne de nombreux rameaux à ce muscle et aux téguments voisins et se termine au niveau de l'articulation métatarso-phalangienne du

Plant, int.

Fig. 456. — Les artères de la face plantaire.

gros orteil. C'est l'a. superfcialis pedis medialis de Henle.

PLANTAIRE EXTERNE

La plantaire externe s'étend de la bifurcation de la tibiale postérieure à l'extrémité postérieure du premier espace interosseux où elle se continue avec la pédieuse.

Elle est beaucoup plus volumineuse que la plantaire interne ; son calibre est d'ailleurs en raison inverse de celui de cette artère et de la pédieuse.

La plantaire externe se dirige d'abord en avant et en dehors vers l'extrémité postérieure du cinquième métatarsien. Là, elle change brusquement de direction, croise transversalement l'extrémité postérieure des métatarsiens et vient se terminer au niveau de la partie postérieure du premier espace interosseux.

DES ARTÈRES

Dans son ensemble elle décrit nne courbe donl la concavité regarde en dedans et en arrière. On j)eul donc lui considérer deux portions, l'une oblique, l'autre transversale. La portion oblique, qui se moule sur la saillie de la face inférieure du calcanéum doublée par la cbair carrée, décrit une courbe à concavité supérieure. La portion transversale, au contraire, appliquée sur la concavité très marquée à ce niveau de la voûte plantaire, décrit une courbe à convexité sujiéi'ieu re.

Rapports. — Dans sa portion ohliqifi', l'ai'tère chemine d'abord entre la face profonde de l'abducteur du gros orteil et le chef interne de l'accessoire du long flèchisseu r. El le s'engage ensuite dans la loge moyenne, entre le court iléchisseur [)l an ta ire et la chair carrée. Plus loin, au voisinage du cinquième métatarsien, elle se dégage du court fléchisseur plantaire et devient relativement su|>erticielle, recouverte seulement par les fibres obliques externes de l'aponévrose plantaire moyenne.

— Dans sa ■portion transversale, l'artère est très profonde ; appliquée sur la face inférieure des tètes métatarsiennes, elle en est séparée par l'origine des interosseiix |)lantaires. Elle est recouverte par l'épaisse masse charnue formée par l'adducteur oblique.

La plantaire externe est accompagnée de deux veines et du nerf |)lantaire externe. Ce nerf plantaire exierne, d'abord situé en dehors de la tibiale postérieure, croise la face profonde de la plantaire externe, tout près de son origine, se place alors à son côté interne et décrit une courbe inscrite dans la courbe que décrit l'artère elle-même. Ses branches superlicielles abandonnent le vaisseau au point où l'artère devient profonde. Son rameau profond, au contraire, accompagne l'arlère jusqu'au voisinage de sa terminaison.

Branches. — Dans sa première portion, portion oblique, l'artère fournit deux ordres de rameaux :

1° Des rameaux inférieurs (jui se rendent dans l'abducteur du gros orteil, le court fléchisseur coininiin, lahducleur tin petit orteil et les téguments:

2'^ Des rameaux supérieurs (jui se distribuent à l'accessoire du long fléchis-

ANGÉIOLOGIE

seul', aux os et aux articulations du tarse. J'insiste sur les rameaux relativement volumineux qui se perdent dans le périoste calcanéen.

Dans sa deuxième portion, portion transversale, l'artère fournit des branches supérieures, des branches inférieures, des branches postérieures et des branches antérieures.

Les branches supérieures, perforantes postérieures, sont au nombre de trois. Elles perforent l'extrémité postérieure des trois derniers espaces interosseux et se jettent soit dans les interosseuses dorsales, soit dans l'arcade dorsale du tarse. Elles peuvent donner naissance aux interosseuses dorsales ; je reviendrai plus loin sur cette intéressante anomalie. L'anastomose entre la pédieuse et la plantaire externe représente la première des perforantes postérieures.

Toujours assez grêles, les branches inférieures se distribuent à l'adducteur oblique.

Les branches postérieures, également peu développées, se perdent dans les articulations tarso-métatarsiennes et dans la gaine fibreuse du long péronier latéral.

Les branches antérieures sont de beaucoup les plus importantes. Ce sont la collatérale externe du petit orteil et les quatre artères interosseuses.

Collatérale plantaire externe du petit orteil. — La collatérale plantaire externe du petit orteil se détache à la jonction des deux portions de l'artère plantaire. Elle se dirige directement en avant, longeant le bord interne de l'abducteur du petit orteil, croise la face inférieure du court fléchisseur et vient se placer au côté externe du cinquième orteil. Chemin faisant, elle abandonne de nombreux i-ameaux aux muscles de la région plantaire externe et aux téguments voisins.

Interosseuses plantaires. — Les interosseuses plantaires sont au nombre de quatre : les trois externes présentent la même disposition ; celle du premier espace affecte une disposition spéciale.

Interosseuses des deuxième, troisième et quatrième espaces. — Nées de la portion transversale de la plantaire externe, elles se dirigent directement en avant et cheminent au niveau de l'espace interosseux correspondant. Elles sont appliquées sur les muscles interosseux et recouvertes par les tendons fléchisseurs, les lombricaux et les troncs des nerfs collatéraux des orteils. Au niveau des têtes métatarsiennes, elles passent entre le ligament transverse intermétatarsien, sur lequel elles reposent, et l'adducteur transverse qui les recouvre. Elles se terminent à quelques millimètres au-dessous des articulations mélatarso-phalangiennes, ou elles se divisent en deux branches, les collatérales plantaires des orteils. — La deuxième interosseuse donne la collatérale plantaire externe du deuxième orteil et la coll. int. du troisième ; — la troisième donne la coll. ext. du troisième orteil et la coll. int. du quatrième; — ■ la quatrième enfin fournit la coll. du quatrième orteil et la coll. int. du cinquième.

Abstraction faite de leurs branches terminales, les interosseuses plantaires fournissent de nombreux rameaux aux muscles adducteurs oblique et transverse du gros orteil et aux articulations métatarso-phalangiennes. — Au niveau même de leur bifurcation, elles reçoivent les perforantes antérieures, venues

DES ARTÈRES

(les iiilri'ossouscs dorsales, Joiil elles représentent le j)riii( ij)al mode de teiiiiinaisnii.

Interosseuse plantaire du premier espace. — L'inlerosseuse plantaire du premier espace se détache de la terminaison même de la plantaire externe. Elle se dirige en avant : d'abord a|)pliqiiée contre la face externe du premier métatarsien, elle croise ensuite son bord inféiieur. Elle se divise là en deux branches : la brandie interne émerge entre les deux chefs du court fléchisseur du gros orteil, cont(jurne la face inférieure du sésamoïde interne, ou gliss(? entre les deux sésamoïdes, comme son homologue de la main, pour se jeter dans la collatérale plantaire interne du gros orteil, )iormaJcmenl fournie jiarVinWrosseuse dorsale da premier espace. — La branche externe émerge ])arfois, comme la précédente, entre les deux chefs du court lléchisseur du gros orteil et croise alors la face inférieure du sésamoïde externe ; dans d'autres cas, elle contou rne la partie externe de l'articulation. Elle vient se jeter dans la partie terminale de la première interosseuse dorsale, au niveau du point où celle-ci se bifurque en tronc commun des collatérales plantaires du gros orteil et collatérale plantaire interne du deuxième orteil.

Comme on le voitd"a])rès cette descri|)lion , l'inlerosseuse plantaire du jtremier espace ne donne naissance ni aux collatérales plantaires du gros orteil, ni à la collatérale plantaire interne du deuxième. Cependant, vous lirez jtartont (jue la première interosseuse plantaire fournit les collatérales en question. Certes, cette disposition existe ; elle s'explique d'ailleurs facilement par la terminaison même de l'inlerosseuse plantaire telle que je la comprends, et il suffit de jeter un coup d'o'il sur la fig. 457 pour voir comme elle jieut se réaliser; mais je dois la considérer comme rare, puis(|ue sur les douze pieds ijuej'ai sous les yeux, dix fois c'est \ a première interosseuse dorsale qui fournil les deux collatérales plantaires du pouce et la collatérale plantaire interne du deuxième orteil.

Variétés des artères du pied. — Les anomalies des ai'tères du pied sont fréquentes, jilu.s iVéi|iienli's pi'ul-i'l rc i|ur les anomalies des artères de la main. Ici, comme à la main, celle fréquence s'explique par ce l'ail qu'il s'agit d'une portion du système artériel en voie d'évolution. Nous étudierons successivement les anomalies delà face dorsale et de la face ]5lantaire.

Face (lovsalf. — Nous avons vu que les artères île la face dorsale étaient pour la pinpart fournies par la pédieuse : cela n'est vrai qu'avec certaines restrictions : si la première inlerosseuse dorsale est, en effet, presque toujours fournie par la pédieuse et si elle a, normalement du moins, un développement assez considérable jiour fournir, non seulement les collatérales dorsales, mais encore des collatérales plantaires, en revanche les autres intcrosseuscs dorsales sont souvent fournies par l'arcade plantaire profonde, grâce aux perforantes postérieures. — Il y a là une sorte d'antagonisme entre le système dorsal el le système plantaire, antagonisme que nous avons rencontré à la main. Tantôt c'est le système dorsal qui l'emporte ; il existe alors une dorsale du métatarse très développée qui donne naissance à toutes les interosseuses dorsales: celles-ci peuvent même être assez considérables pour renforcer les inlerosseuses plantaires, grâce aux perforantes antérieures. Tantôt, au contraire, le système plantaire empiète sur la l'ace dorsale du pied. Cet empiétement du système plantaire se l'ail toujours par le même processus, l'augmentation de volume des perforantes postérieures. Lorsque celle augmentation de volume porte sur la perforante postérieure du premier espace, il semble que la pédieuse soit un prolongement dorsal de la plantaire externe. Lorsque cette augmentation porte sur les autres perforantes postérieures, celles-ci se continuent directement avec les interosseuses dorsales qui les prolongent ; la dorsale du métatarse fait alors défaut^ ou est extrêmement rudimcnlaire.

Que le système dorsal soit bien dé velcippé nu au contraire ruilimentaire, les artères i(iii

ANGÉIOLOGIE

le constituent peuvent être fournies, non pins par la pédieuse, mais par la péronière antérieure, anormalement développée. Il existe d'ailleurs tous les degrés dans cette anomalie, depuis ceux où la suppléance est partielle et où la péronière antérieure se borne à renforcer la dorsale du tarse ou la dorsale du métatarse, jusqu'à ceux où elle remplace entièrement la pédieuse et s'empare de tout son territoire.

Face plantaire. — ,Ie viens de montrer que le système plantaire pouvait remplacer en partie le système dorsal, ou être en partie remplacé parce dernier, je n'y reviendrai pas — De même, il existe à la face plantaire un antagonisme entre la plantaire externe et la plantaire interne. Celle-ci peut prendre un développement beaucoup plus considérable qu'à l'état normal et donner une partie, voire même la totalité des collatérales plantaires des orteils. — Une anomalie plus intéressante consiste en l'anastomose en arcades d'une plantaire interne bien développée avec une branche de la' plantaire externe. Il existe alors deux arcades plantaires, une superficielle, l'autre profonde. Dans ce cas, les artères de la face plantaire reproduisent le type artériel de la main. L'existence de deux arcades plantaires est constante chez quelques espèces simiennes.

Signalons encore l'intervention possible dans la formation de l'arcade plantaire dé certaines artères qui, normalement, n'arrivent pas jusqu'à la face inférieure du pied. C'est ainsi que l'on a vu la péronière postérieure donner une partie des collatérales plantaires. Dans un cas remarquable observé par Hyrtl et dont nous avons donné plus haut l'interprétation (voir pédieuse), la tibiale antérieure arrivait à la face plantaire après avoir cheminé dans le canal astragalo-calcanéen.

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