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Canaux collatéraux des veines

flèches indiquent le sens

Schéma. — Les du courant.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

oiiliees, riufL-rioiir comme le su|R'riour, est siliié au-dessus d'iiii couple valvulaire. 11 possède lui-même habituellement une valvule orienlceen sens centripèle et placée, non point vers son orifice inférieur qui reste toujours libre el béant, mais sur son trajet et de préféi'ence près de l'orifice supérieur. I^resque toujours il reçoit sur sou parcours une ou [)lusieuis veines afiérentes. Le sens de la circulation est facile à com|)rendre. Le sang ne peut relluer du segment su|)érieur dans le canal, puisqu'il est arrêté par la valvule de celui-ci ; c'est le sang du segment inférieur, qui, après avoir abaissé la valvule de la veine, s'engage de bas en haut dans le canal et va rejoindre immédialement ou a|)rès un certain repos le segment supérieur. Eu d'autres termes, le canal dessert exclusivement le segment veineux sur le(|uel il prend son oiigine. On conçoit que si le canal est avalvulaire, ce qui est rare, il devient une voie neutre (jui [)eut servir indill'éremment aux deux segments où débouchent ses orifices.

[.es canaux collatéraux sont très nomljrcux, surtout aux membres et au cou. Les termes de canaux de dérivation, de sûreté, d'échappement, de décharge, indiquent leur rôle dans la circulation veineuse. Ce sont des voies de garage. Ils reçoivent le trop plein des veines principales, et par là préviennent la slase, é(|uilibrent les tensions et soulagent les valvules inférieui-es. Ils remplissent d'autant mieux celte fonction, ([uepresque toujoursils l'ecueillent sur leur parcours un certain nombre de veines airérentes, qui sans eux se jetteraient dans les veines principales et pourraient à un moment donné augmenter l'encombrement du courant.

A coté de celte forme simple, il est des formes plus compli(|uées. Nous nous contenterons de donner le dessin d'un type fréquent tlans les muscles longs (R, lig. 4613) et qui nous montre une série d'arcades constituée |)ar la supei'posilion de plusieurs canaux collatéraux; il en résulte un canal uniiiue qui longe la voie |tri ncipale et communique avec chacun île ses segments..larjavay, à qui l'on doit une étude a|)ptofondie des canaux de sûreté, a beaucoup étendu l'application de cette dénomination ; il range parmi ces canaux les veines satellites doubles, dont l'une jouerait par rapport à l'autre le rôle de canal collatéral, les arcades dorsales, les veines communicantes qui unissent les veines profondes avec les veines superficielles ; eu un mot presque toutes les anastomoses. iMais à force de s'étendre, ce terme perd son sens originel et rant. précis que nous lui avons conservé

{Jarjavay, les Canaux de sûreté. Tli. de Parh, LScS^).

.3° Cercles veineux de Braune. — Hraune a donné le nom Aecevcles veineux à des cercles ou à des portions de cercles, dans lesquels les valvules sont orien-

A/iatomie II 5/

Fitr. 407. — Cercle veineux de Braune.

Sehéma. — Les flèches indiquent le sens du cou-

SYSTÈME VEINEUX

tées de telle sorte que le sang de la veine afférente peut passer indifféremment à droite ou à gauche, mais que le cercle est fermé au sang des troncs collecteurs. Autrement dit, c'est une veine qui se vide dans les deux sens, mais non d'un côté à l'autre. La fig. 467 montre que l'arcade veineuse possède un segment moyen aval vu lai re et neutre qui reçoit la veine afférente, et à ses deu.x e.xtrémités un segment valvulé qui s'ouvre dans un tronc collecteur. Los valvules sont disposées en sens inverse, et regardent le vaisseau collecteur par leur concavité ; elles ferment donc le passage à tout courant rétrograde.

Braune indique la présence de cercles veineux dans la paume de la main et la plante des pieds, dans les veines de la cuisse, dans celles du bassin entre l'ischiatique et l'obturatrice, dans les veines de la paroi abdominale. Les veines intercostales avec leur double déversoir dans la mammaire interne et l'azygos sont elles-mêmes des tj-pes de cercles veineux.

Anomalies. — Il semble bien acquis, malgré l'opinion contraire de Meckel, que les anomalies sont plus communes dans le système veineux que dans le système artériel, l^a disposition réticulée des veines, la minceur de leurs parois, la lenteur du cours du sang, favorisent chez l'embryon l'apparition de formes aberrantes. On ne peut toutefois faire entrer en ligne de compte les veines superficielles qui n'ont pas d'artères correspondantes'. D'autre part, il est certaines veines qui présentent moins de variétés que les artères semblables; telles sont les veines innominées, les veines rénales, les obturatrices.

Comme pour les artères, un grand nombre d'anomalies représentent des états normaux chez certains animaux ou une phase embryonnaire persistante.

Pour la bibliographie qui concerne chaque chapitre, je renvoie le lecteur à VAngéiologie de ïheile (Encyclopédie anatomique, traduction Jourdan, 1843) et surtout au chapitre si complet et si consciencieux que W. Krause a ajouté à l'Angéiologie de Henle {Handhuch der Gefœsslehre, 1876). J'y aipuisé la plupart des indications qui concernent celte question.

Propriétés physiques. — La grande exleiisibilité clos veines dans le sens transversal tient sans doute à la minceur des parois et à la rarett^ des fibres circulaires. Déjà au siècle dernier, Wintringliaiu et Haies, expérimentant sur des vaisseaux qu'ils remplissaient de mercure, d'air ou d'eau, avaient constaté que les veines se distendent plus que les artères et se rompent moins facilement, malgré le peu d'épaisseur de leurs parois.

La ténacité ou force de cohésion, c'est-à-dire la résistance à la rupture, présente un coefficient évalué en kilogramme, par millimètre carré de section, qui est d'environ 0,30 à 0,40. Celui des artères est tantôt égal, tantôt inférieur et descend à 0,13; celui des nerfs est au contraire beaucoup plus élevé et atteint de 1 à 3. En d'autres termes, à épaisseur égale, l'artère se rompra la première dans une traction longitudinale, ou d'autres fois en même temps que la veine; le nerf résistera plus que les vaisseaux. — La résistance à l'éclatement, tel que peut le produire une distension forcée, est considérable. A égalité d'épaisseur, les veines résistent plus que les artères (Haller, Wolkmann) ; hs gros troncs peuvent supporter une pression intérieure de plusieurs atmosphères.

L'élasticité des veines, bien que très sensible, est inférieure à l'élasticité artérielle. C'est ce que montre son coefficient plus élevé, qui indique la résistance opposée par le vaisseau à l'allongement élastique (0,84 pour les veines ; 0,05 pour les artères). Braune, expérimentant sur la sapliène interne, a observé qu'elle subit, sans perle d'élasticité, un allongement de 91 O/o chez un enfant de 13 ans, de 61 O/o chez un homme de 46 ans. La limite extrême varie dans une grande étendue suivant l'âge des sujets. AÏS ans, on peut charger la saphône d'un poids de 1 000 gr., et ce poids enlevé le vaisseau revient intégralement à sa longueur première, alors que sur un alcoolique de 46 ans, 75 gr. ont sul'll pour produire un étirement permanent. D'après ce même auteur, l'élasticité des veines dans le sens

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

longitudinal, mise en jeu parles difrérents niouvoments et les diverses altitudes, fait progresser le sang, ainsi que le montrent la traction et le relâchement alternatifs d'un tube de caoutcliouc valvule. L'attitude fœtale, celle de l'embryon dans l'utérus, produit le maximum lie relâchement des veines ; celles-ci passent au contraire au maximum d'extension dans certaines positions du corps (extension des membres, du tronc, étirement général du corps après une station assez prolongée.) Or le relâchement des veines ralentit la circulation ; leur extension, qui est permise par l'élasticité et ipji tend à produire le vide, active le cours du sang.

liardlebon a confirmé les recherches de lîraune. Les veines d'un adulte peuvent être allongées d'au moiusuO O/o sansdépasser laliniito de leur élasticité. Il semble que les veines du membre supérieur sont plus élastiques que celles du membre inférieur, les veines profondes plus que les veines superficielles; mais les observations sont bien peu nombreuses, l'^n place sur le sujet, les veines sont soumises à une extension qui les allonge et met en jeu leur élasticité. Sur un sujet vigoureux, dontle membre est dans l'extension, la veine sapliùne mesure 28 O/q de plus en longueur que si elle est séparée de ses connexions, ce qui équivaut à une traction d'un poids de 10 gr. Une céphalique s'est rétractée de 40 O/q ((■•(|uivalcnt à un poids de 20 gr.) de sa longueur sur le bras étendu. Même quand les articulations sont fléchies, les veines sont encore tendues dans le sens longitudinal.

Voyez: Werfheim, Mémo'we sur l'élasticité et la cohésion... in Aiina/<'s de phi/siijiie e/ cliiiiue, ISl-T. — Ih'aune, Ueber die Elasticita?t der Venen, 1874. — ISardlcben, Uebcr Vi'uen Elasticitirt. m Ji'iiaisrlie Zeiisclirift f. Nalnr... 1878.

■Valvules. — Reconnues d'abnril dans la veine azygos, les \-alvules n'ont été mises hoi's de doute et bien étudiées pour la première foisque par Fabrice d'Aquapendente (1603).

Il faut distinguer deux espèces de valvules oslia/es ou valvules terin/nales. Les unes sont situées dans la branche afférente, à 4 ou o mm. de son embouchure dans la veine principale ; elles sont plutôt juxta-ostiales et ne diffèrent pas des valvules pariétales ordinaires; les autres, vraies valvules ostiales, siègent à l'orifice même et ont. pour bord adhérent, l'angle d'union des deux vaisseaux. Ces dernières sont moins nombreuses, ordinairement paires, assez souvent uniques ; elles sont fréquemment dépourvues du bourrelet et de la cavité valvulaire, et conformées en diaphragme ou en valves d'iiuitre. Ce sont plutôt des prolongements de l'éperon qui marque la rencontre des deux veines. On en observe toutefois avec le type sigmoïde. Les valvules ostiales se voient sur les veines du cœur (Tliebesius en est un type), à l'embouchure de la jugulaire interne et de la vertébrale dans le tronc innominé, do la spermatiquo droite dans la v. cave, des intercostales dansl'azygos, des V. umsculaires dans les troncs principaux.

Les valvules pffr/e/rt/e.s" sont presque toujours paires, quelquefois uniques, rarement triples, exceptionnellement quadruples. Elles apparaissent sur les veines d'un mm.de diamètre et s'y montrent liabituellement à l'état impair. Elles sont rares dans les grosses veines (fémorale, iliaque), et là aussi sont souvent siniples. D'une manière générale elles sont plus nombreuses dans les membres inférieurs que dans les supérieurs (Sappey, Ilouzé), dans les veines profondes que dans les veines superficielles : elles sont rares dans les cavités thoracique et abdominale, dans lesquelles l'appel inspiratoire compense leur absence. Ainsi les veines ovariennes n'ont pas de valvules ; les veines spermatiques sont valvulées dans leur portion extra -abdominale, tandis que sur les 35 cm. de leur portion intra-abdominale elles ne possèdent qu'une ou deux paires de valvules insuffisantes.

La dislance si variable qui sépare l'une de l'autre deux paires valvulaires et qui pour les membres peut aller de 2 à 20 cm., obéit, selon Bardbelen, à une loi générale. Cet auteur, ijui a étudié les membres de six adultes et de trois enfants, représentant trente veines sur lesquelles ont été prises sept cents mensurations, a posé la loi suivante de la distance valvulaire : « Les distances vn/cuiaires sont les multiples d'une distance fondamentale sim- « pie. » Cette distance est en rapport avec la taille du sujet, plus exactement avec la longueur des membres. Elle serait, pour un adulte de taille ordinaire, de 3 mm. o au membre tlniraci(]ue, de 7 mm. au membre pelvien; ces deux chilïres correspondant à la dilïérence proportionnelle dans la longueur des deux membres. Pour le membre inférieurd'un enfant de 80 cm. de taille, elle est de 3 mm. Cet auteur est amené à conclure, sans l'avoir d'ailleurs constaté réellement, qu'à l'origine les veines sont régulièrement valvulées comme les vaisseaux lymphatiques, et que du cou-de-pied à l'aine ou du poignet à l'aisselle, il y a environ cent six valvules pour une même veine, soit plus de cent vingt en y conqjrenant le pied et la main. Chaque veine est ainsi divisée en segments égaux, dont le nombre est le même aux deux membres et à tout âge, et dont seule la longueur varie suivant 1.1 longueur du membre lui-même. Dès le milieu de la \ ie intra-utérine le plus grand nombre des valvules ont disparu.

lîardleben a posé une seconde loi, qui n'est que la forme absolue d'une observation très

SYSTÈME VEINEUX

générale faite par Fabrice d'Aquapendcnte. «Au-dessus de toule valvule débouche une « veine afférente ; au-dessous de toute branche est une valvule. » Branches et valvules se correspondent exactement en lieu et nombre. Les discordances sont apparentes, et tiennent à l'atrophie précoce d'une branche veineuse ou d'une paire valvulairo. De là la conception de la morphologie segmentaire des veines que nous avons exposée plus haut.

Ces deux lois de Bardleben demanderaient dos recherches minutieuses pour être contrôlées. Les recherches de Klolz sur la saphène interne ne confirment pas la première : trois fois seulement sur trente-une mensurations, la distance valvulairo concordait avec la distance théorique. Les observations de Braune sur les veines du tronc sont également en désaccord avec la loi de relation des branches et des valvules.

(V. Bardleben, Das Klappen-Dislanz Gesetz, in lenaische Zeilschrift, 1880).

L'atrophie ou régression valvulaire (valvules avortées de Houzé) est un phénomène très précoce, constaté dès le troisième mois embryonnaire. Bardleben l'attribue liypolhétiquement à des causes mécaniques, pressicîn du sang, pression extérieure, mouvement des membres. Il on donne pour preuves qu'au voisinage des grandes articulations on trouve do longs segments de veines sans valvules ; mais Klotz a fait des observations contradictoires sur la saphène au niveau du genou et Friedreich sur la fémorale au pli de l'aine. Quelle qu'en soit la cause, un grand nombre ilo valvules ont déjà disparu à la naissance. Hochstettcr a constaté qu'à ce moment il y a encore sur les branches de la veine porte, et notamment sur les veines gastriques, des valvules qui ne tarderont pas à s'effacer. Les valvules insuffisantes sont ou ties arrêts d'accroissement ou des régressions atrophiques de valvules anciennement sufhsantes: dans ce premier stade, la valvule est plus courte, plus ferme et prend un aspect falciformc. Bichat pensait que les valvules ne sont insuffisantes que par réplétion excessive du système veineux, dans l'asphyxie notamment; mais comment expliquer que les injections ne franchissent pas les valvules normales?

Houzé a donné une liste des veines avalvulaircs, que nous reproduisons ici à quelques changements près.

Les valvules manquent dans : les veines au-dessous d'un mm. de diamètre ; les veines périostiques, la veine porte, les veines pulmonaires, bronchiques, capsulaires, rénales, utérines, ovariques, ombilicale, placentaire, cérébrales, ophtlialmiquos, préparâtes, dans le diploé des os, les sinus du crâne, les plexus rachidiens sauf dans leur partie non adhérente, dans le tronc brachio-céphalique, et la veine cave supérieure.

Elles sont exceptionnelles dans l'iliaque primitive, l'iliaque interne et la faciale.

Elles font défaut dans la continuité (c'est-à-dire ailleurs qu'à l'embouchure) des veines jugulaire interne, vertébrale, maxillaire interne et de la veine cave inférieure.

Voy. sur les valvules: Houzé de l'Aulnoit, Recherches sur les valvules des veines. Th.de Paris, 1854.

Les valvules, avons-nous dit, sont des soupapes contre le reflux. Do ce rôle unique découlent plusieurs conséquences. 1° Elles sont des auxiliaires de progression. Elles préviennent l'engorgement des canaux veineux en limitant le courant rétrograde au segment intervalvulaire et c'est pour cela qu'on les a comparées à des échelons qui permettent le repos et empêchent de redescendre ; elles sont par suite des digues de défense pour les veines des extrémités. Celte fragmentation de la colonne de retour fragmente aussi sa pression, dont une partie est employée à tendre la valvule. La circulation y trouve une aide importante contre la pesanteur, île là leur grand nombre dans les veines du membre inférieur; mais la pesanteur n'est qu'une des conditions qui favorisent le reflux, il en est beaucoup d'autres ; on trouve des valvules dans les veines horizontales comme les intercostales, les lombaires, ou même descendantes, comme l'épigastrique et autres, et l'on n'en observe pas dans des veines ascendantes, les iliaques, les spermatiques intra-abdoniinales, ni dans les veines sus-hépatiques qui sont pourtant richement valvulées chez beaucoup d'animaux à station horizontale. Pour bien juger de l'effet des valvules, il faut considérer des veines à circulation insuffisante, dont les soupapes ne fonctionnent plus, c'est-à-dire les veines variqueuses ; or celles-ci sont d'abord flexueuses, serpentines, et plus tard dilatées, ampullaires. — 2° Les valvules sont tles directrices du courant sanguin, elles forcent le sang à progresser de la périphéi'ie au cœur, et c'est leur étude attentive qui a fait découvrir à Harvey la circulation du sang. Les nombreuses veines intra-nmsculaires sont très riches en valvules, car la contraction du muscle qui les enserre tend à exprimer le sang aussi bien dans un sens que dans l'autre, et ce sont les valvules qui font prendre la direction centrale. Même dans le courant général centripète, les valvules dirigent encore le sang dans des voies déterminées, par exemple de la profondeur à la surface ou inversement, ou d'un côté à l'autre, car beaucoup d'anastomoses transversales et de canaux collatéraux sont valvulés. Aussi peut-on admettre qu'à côté des valvules de progression il y a des valvules de direction; sans doute une partie des nombreuses

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

valvules du fœtus sont ilcs valvules de direction, qui disparaissent dès qu'elles sont devenues inutiles.

Canaux dérivatifs. — La loi d'après laquelle les veines naissent des capillaires est cxtrèiueuiont générale, niais non absolue. Un certain nombre de veines proviennent directement des artères. Suivant que ces communications se l'ont par des vaisseaux gros ou petits, elle constituent les canaux de Sucquet ou les anastomoses artério-veineuses.

1° Canaux de Sucquet on canaux dêritntifs. — Gomme nous venons de le dire, ce sont dos anastomoses capillaires, le mot capillaire indiquant de très petits vaisseaux, ne dépassant guère 0 mm. 1 dans leur diamètre et visibles seulement à la loupe ou au microscope. Plusieurs observateurs, MuUer et d'autres, les avaient rencontrés accidentellement. Sucquet (1861) en donna une étude systématique chez l'homme et les décrivit sur les membres et sur la tète, notamment dans le tienne sous-iinguéaL la peau des faces l)lantairc et palmaire, des articulations, celle du front, du nez, de la lèvre, de l'oreille. 11 les considéra comme les voies il'une circulation dérivative, irrégulière, intermittente, par opposition à la circulation capillaire normale, égale et régulière, qu'il appelait nutrilire. Ces résultats très contestés ont cependant reçu l'appui récent des histologistes et des anatoinistes. Hoyera décrit ces canaux chez le lapin, le chien, le chat, le cobaye; on les rencontre surtout dans l'oreille, le canal médullaire des phalanges, le cartilage du bout du nez, le bord des lèvres, l'extrémité de la queue, le pénis, le clitoris. Chez l'enfant ils occupent la matrice unguéale, le pénis à sa racine, les couches moyennes de la peau. (Iloijer, Arch. f. Microsc. Anatomic, 1876.) Michel joint à ces cas la dure-mère du chien, et Langerlos dessine chez le nouveau-né dans le réseau vasculaire de la dure-mère et dans le diploé du crâne ; il ajoute que ces anastomoses entre une arlériole et une grosse veinule sont fréquentes et que chez l'enfant on injecte facilement les veines diploctiques en poussant par l'artère méningée, lînfîn Zaleski les constate dans le système vasculaire des vertèbres, et Ifourceret, ainsi que plus tard Mouret, les retrouve sur la pulpe des doigts sous forme de petits pelotons vasculaires d'où émergent les veinules de l'extrémité digitale.

Tous ces auteurs assignent aux canaux de Sucquet une double fonction. Ils sont un appareil de dérivation pour la circulation locale et de régulation pour la chaleur animale.

5" Anastomoses artério-veineuses, — On a plusieurs fois observé de gros vaisseaux faisant communiquer directement les artères et les veines. Ces vaisseaux diffèrent de ceux de Sucquet, d'abord par leur volume, car ils sont d'un eertain calibre, toujours visibles à l'œil nu, et ensuite par leur inconstance; ils représentent de véritables anomalies. Winslow a signalé une anastomose entre un rameau de l'artère bronchique gauche et le tronc de la veine correspondante, entre un rameau semblable et la veine azygos, entre une veine pulmonaire gauche et une artère œsophagienne. Tschaussow a noté sur le même sujet des anastomoses visibles à l'œil nu entre l'artère et la veine angulaires, entre l'artère angulaire et la veine ophthalmique. entre les vaisseaux coronaires supérieurs. Mouret les a ri?niarquées sur presque tous les doigts de la main, entre les artères collatérales et les veines palmaires, au niveau île la première phalange; elles avaient G à 7 mm. de long et un <"alibre de 0 mm. 2 au maximum.

Récemment Gérard et Debierre {Arcli. de pltysiologie, 1896), ayant examiné systématiquement un certain nombre de sujets, ont constaté des anastomoses artério-veineuses quatre fois sur neuf adultes et neuf fois sur quatorze nouveau-nés. Elles siégeaient le plus souvent aux plis de llexion, notamment sur les vaisseaux poplités, au pli de l'aine, à l'aisselle, au coude, au milieu de la cuisse. Les branches anastomotiques avaient une longueur <le l.'j à 30 mm., un diamètre de 3 mm. à 0 mm. 4 : leur structure liistologique se rapprochait de celle des veines. Ces auteurs se demandent si ces vaisseaux intercalaires, fri'(]uents chez les animaux inférieurs, ne sont pas chez l'homme un vestige atavique îles formes primitives que l'on rencontre encore chez l'embryon dans le trou do Botal et le canal aorto-pulmonaire.

État des veines aux différents âges. — lo Pendant la première enfance, les veines sont remarquables par leur faible développement et conti'astent avec la grande richesse lie l'arbre artériel. Cette dilTérence est surtout sensible, quand on compare, non les gros troncs, mais les branches et les rameaux avec les divisions correspondantes des artères. Le système artériel et le système veineux semblent avoir un volume égal, alors que plus tard celui des veines sera le double. — Les veines sont peu dilatables et peu extensibles. — Bien que déjà l'on constate que dos valvules ont disparu par atrophie, celles qui restent fonctionnent régulièrement. Klotz a observé que chez le nouveau-né toutes les valvules de la veine saphène interne sont suffisantes (ce qui est d'ailleurs exagéré, comme on le verra plus loin), alors ([u'à vingt-cinq ans 17 0/0 sont déjà devenues insuffisantes. Bardlebcn trouve une moyenne de quatorze valvules sur la saphène interne des enfants au-dessous d'un an, la moyenne des adultes étant de onze. Le contour des valvules est circulaire

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ou elliptique, et non parabolique comme il sera plus tard. — Les veines sont plus reclilignes. Leurs inflexions ne les allongent que de 1 0/0, au lieu de 3 0/0 à l'âge adulte {Bardleben).

2» A la puberté, il se fait ordinairement une poussée veineuse ; celle-ci est d'autant plus marquée que les organes prennent une croissance plus rapide, ainsi qu'on le voit pour les veines spermatiques. L'accroissement des muscles qui caractérise l'âge adulte amène le plein développement du système à sang noir.

3oDans la vieillesse, les veines acquièrent un volume exagéré ; cet état, sinon morbide, au moins régressif, est dû à l'affaiblissement des parois et au ralentissement du courant sanguin. C'est pour cela, et aussi à cause de l'insuffisance des valvules, que les anatomistes recherchent pour les injections veineuses les sujets âgés, qui sont an contraire impropres aux injections artérielles. On voit apparaître des dilatations ampullaires, des flexuosités sur des vaisseaux ordinairement rectilignes ; l'étude de la face interne du crâne, comparée dans son état jeune et dans son état sénile, montre clairement ces difTérences.

Un grand nombre de valvules sont devenues insuffisantes. Klotz a noté que sur la veine saphène interne, tandis que 30 0/0 des valvules sont insuffisantes à la période adulte, le nombre montait à 40 chez un homme de S4 ans, à 81 chez un sujet de 70 ans. L'atrophie et l'insuffisance valvulaire s'observent aussi dans des régions non soumises à la pesanteur, à la face notamment, et l'on peut assez souvent forcer les valvules si résistantes des veines labiales.

La densité des parois diminue avec l'âge, contrairement à ce qui arrive pour les artères. Wertheim a confirmé cette remarque de Haller. De l,0.5o sur la veine fémorale d'une femme de 21 ans, elle tombe à 1,019 sur celle d'une femme de 70 ans.

Il en est de même de la ténacité ou cohésion. Le coefficient qui parait êtreà l'état normal de 0,300 à 0^,400 s'est abaissé dans un cas à 0,149. — De même encore pour l'élasticité. AVertheim, qui n'a étudié qu'un sujet, a trouvé seulement une différence de 0,883 (femme de 70 ans) par rapport au chiffre normal de l'âge adulte 0,844. Ces chiffres expriment le coefficient d'élasticité, c'est-à-dire la force nécessaire pour mettre celle-ci enjeu. Mais Braune a observé des différences plus grandes. Tandis que la veine saphène interne supporte, sans altération de son élasticité, un allongement de 91 0/0 à l'âge de IS ans, ce chiffre n'était plus que de 5, 6 0/0 sur un sujet de 58 ans. A 1.5 ans, on peut charger la saphène d'un poids de 1000 gr. sans fatiguer son élasticité ; sur un sujet tuberculeux de 50 ans, elle ne supportait plus que 6 grammes. Ces chiffres sont évidemment troppeu nombreux, les propriétés physiques des veines n'ayant pas été étudiées avec autant de soin que celles des artères : mais ils corroborent cette observation générale que les vaisseaux veineux, comme tous les autres organes de l'économie, perrlent en vieillissant leur résistance et leur élasticité.

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