INJECTION DU SYSTÈME VEINEUX
Nous nous bornerons à des renseignements généraux ; le lecteur trouvera quelques détails de technique à chacun des chapitres où sont étudiés les divers départements du système veineux.
La présence des valvules oblige à pousser de la périphérie vers le cœur ; seules la veineporte, les veines caves, les grosses veines du cou et de la tète, n'étant pas valvulées ou l'étant insuffisamment, peuvent s'injecter en sens centrifuge. On peut chez les vieillards franchir un certain nombre de valvules à contre- courant ; ce nombre est toujours limité. Il est aussi possible de contourner certaines valvules en injectant simultanément par plusieurs veines parallèles, les anastomoses transversales permettant alors à l'injection d'aborder les valvules parleur face périphérique.
Il faut, pour un sujet de taille moyenne, de 4 à 5 livres de matière à injection, si l'on veut remplir la totalité du système veineux. Les injections se poussent à chaud ou à froid.
1° Injection à chaud. — Les masses que l'on peut employer chaudes sont très nombreuses. .J'indiquerai celles qui sont d'un usage courant — 1° Les mélanges en proportion variable de cire jaune, suif et térébenthine de Venise ou essence de térébenthine; ordinairement une partie de cire pour 2 ou pour 3 de suif, et de 50 à 100 gr. de térébenthine par kilog. de masse. Lauth recommande, comme très pénétrante, la masse suivante, dont il se servait habituellement: suif lOuO, cire 500, térébenthine de Venise 130, blanc de baleine 130 ; — 2» les masses à la colophane, qui ont l'avantage de se prêter aux préparations par corrosion. Ainsi: colophane 3, cire blanche 1, blanc de baleine 1/2, et térébenthine 1. On s'est aussi servi de la celloïdine pour les corrosions; — 3^ les masses à l'huile de lin, qui se poussent chaudes sur un sujet non réchauffé au préalable. Nous verrons plus loin qu'il est des mélanges à l'huile de lin qu'on pousse à froid. L'huile de
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
lin esl, comme on le sait, une huile siccative ; on emploie l'huile île lin cuite. Scliaw et plus taiil Lauth se sont servis d'un mélange de sept parties en poids d'huile de lin cuite et de cinq de téréhenlhine de Venise; Sesemann et apriis lui Gurwitsch, pour les veines de la l'ace, d'un mélange à parties égales d'huile de lin ou de vernis à l'huile de lin et de térébenthine de Venise : — 4° les masses à la gélatine, une partie de gélatine dissoute dans trois parties d'eau. Les injections à la gélatine sont très pénétrantes, très faciles à manier, mais elles se durcissent mal et ne peuvent se conserver.
Toutes les masses ijue nous venons d'indiquer doivent être colorées par des matières pidvérulentes, le vermillon ou cinabre, le bleu de Prusse, le noir de fumée, le jaune de chrome... que l'on incorpore à la masse dans la [H'oporlion do ."10 à 100 gr. par kilog. de matière.
Pour injecter tout le système veineux, il faut placerdcux canules à l'extrémité de chaque membre: à savoir: sur le dos de la main, sur la partie antérieure du poignet vers le bord cubital, sur les bords externe et interne du dos du pied On pousse vers le cœur. Les parties qui échappent à l'injection sont les pieds, les mains, les parois du tronc et le système porte; on remplira ce dernier en découvrant et en injectant une des branches Miésentériques par une incision dans la région sous-ombilicale (//««//(). Cruvcilhier indique |inur la place des canules : la veine dorsale du pouce gaucho, la céphalique ou la basili([ue du côté droit, la crurale droite, la saphène interne gauche et la veine cave supérieure. Dans cette dernière, il faut pousser en sens centrifuge.
Il est bon de choisir un sujet maigre et âgé, soit parce que les veines sont ordinairement plus développées, soit parce qu'on peut espérer de forcer quelques valvules. On recommande parfois de vider les veines par expression ou par injection d'eau chaude; mais cela olilige il ouvrir le cœur pour laisser échapper le sang et à lier les deux veines caves, ce cpii complique beaucoup l'opération. Il est prudent, pour assurer la r(;ussite, de faire plonger complètement le sujet dans un bain de 40° qu'on prolonge pendant u ou 6 heures.
La technique des injections veineuses, encore plus que celle des injections artérielles, est très minutieuse et demande un véritable apprentissage. On trouvera tous les renseignements nécessaires dans Lauth, Nouveau Manuel do l'anatomisle, 1835. — Ilyrtl, Handbuch der pract. Zerglicderungskunst, 1800. — H y a aussi quelques indications dans More/ et Duvnl. Manuel do l'anatomisle, 1883. — Aïijfrpt. Manuel de dissection, 1881.
Injection à froid. — (les injections se font sans ([u'on ait besoin de cliaufl'erni le sujet ni la matière injectée, celle-ci ne se durcissant qu'au bout de plusieurs heures. Les seuls inconvénients résident dans les précautions assez nunutieuses qti'exige la préparation de la niasse et dans le maniement du dissolvant qui est ordinairement le sulfure de carbone.
La masse habituellement employée est la masse de Teichniann , qui est un mastic à l'huile de lin. Elle se compose de craie broyée avec de l'huile de lin cuite et colorée avec les matières pulvérulentes ordinaires, vermillon, bleu de Prusse...; ce mastic est dissous, au moment de l'injection, dans du sulfure de carbone. La masse de ïeiclimann a subi plusieurs modilications On a remplacé le sulfure de carbone par l'éthcr ou par la benzine, la craie par du plâtre ou par du carbonate de baryte qui donne une poudre extrêmement ténue. Kadyi, élève de Teichmann. a fait ses injections des vaisseaux de la moelle ave(- un mélange de carbonate de baryte, huile de lin et benzine. Laskowski, pour rendre le mastic flexible, y ajoute une petite quantité de caoutchouc dissous dans le sulfure de carbone.
On peut aussi l'aire des injections à froid avec d'autres subslances, telles ipie le plâtre seul ou mélangé à de la gélatine, de la colle de farine,..
Teichmann a |Hiblié son procédé dans les G. R. de l'Acad des sciences de Cracovie, 1880. On consultera pour la technique à suivre : Laskowski, Ijubaumement et conservation des sujets, 1886. — Kadyi, Ulutgeftesse des menschlichen Ruckenmarkcs, 1889. — Mariaii, Recherches anat. sur la veine porte. Thèse de Lyon, 1893.
Injection des reines par les artères. — Bien que Lojars ait pu injecter tout le système veineux d'un entant on poussant par l'aorte, cette méthode esl réservée à la préparation d'une partie seulement du sujet, telle que le membre supérieur ou inférieur, la téte... Nous la décrirons à propos du membre supi''rienr.
Injection pour la liadiographie. — On euqiloie une masse un peu boueuse que l'on pousse à froid et qui est composée li'essence de térébenthine dans laquelle on a incorporé au mortier une poudre de forte densité bien porphyrisée, telle que le minium, le vermillon, le chromate de plomb, la poudre de bronze, ou de l'onguent mercuriel double. J'ai obtenu d'excollonts résultats avec du vermillon broyé dans l'essence de térébenthine. On peut remplacer celle-ci par l'alcool tenant en dissolution de la cire à cacheter ou toute autre substance bien pénétrante ; 1 iuqiortant esl que la poudre incorporée soit lourde.
878 SYSTÈME VEINEUX
STRUCTURE DES VEINES Par P. Jacques
Ce qui caractérise essentiellement les veines et les ditîérencie des artères, c'est, dit Renaut, « la contingence et la discontinuité de l'élément musculaire entrant dans la constitution de leur paroi. »
Leur commune origine permet en eilet d'assigner à ces deux ordres de vaisseaux une formule de structure élémentaire identique : toute veine, ainsi que toute artère, doit être regardée connue un tube endotliélial, qu'entoure une enveloppe conjonctive dérivée par condensation du mésenchynie ambiant. Dans
l<'ig. 408. — Une artériole (a) et une veinule (b) du mésentère d'un enfant, traitées par l'acide acétique.
a. Tunique externe. — j3. Tunique moyenne, avec les noyaux de ses fibres musculaires lisses, vus les uns en long, les autres en coupes optiques. — y. Noyaux des cellules endothéliales. — S. Membrane élastique, à fibres longitudinales. — Grossissement de 351.) diamètres (Kœlliker).
l'épaisseur de cette gaine conjonctive s'organisent des formations musculaires et élastiques dont les proportions et les dispositions relatives, assez constantes dans toute l'étendue de l'arbre artériel, varient au contraire à l'infini dans le domaine du système veineux. L'adaptation fonctionnelle, qui créait parmi les vaisseaux à sang rouge le type élastique et le type musculaire, fait naître, parmi les vaisseaux à sang noir, autant de variétés structurales distinctes qu'il y a de conditions ditTérentes à la circulation de retour. Suivant l'obstacle que doit vaincre la colonne sanguine de la part de la pesanteur ou des tissus ambiants, nous voyons la paroi veineuse modifier l'importance et la disposition de son appareil musculo-élastique : l'élément musculaire, si généreusement départi
CONSIDERATIONS GliNÉRALES
aux veines du membre inférieur, l'ait complètement défaul dans nombre de canaux de même nature appartenant à l'extrémité céphalique.
Aussi me paraît-il oiseux de vouloir établir avec Eberth une classification des veines de l'organisme basée, par exemple, sur le nombre et la répartition des assises musculaires dans leurs parois. C'est risquer de multiplier outre mesure les catégories, sans compter que l'abondance des dispositions intermédiaires rend une telle classification arbitraire autant qu'illusoire. 11 n'existe pas un notnbre déterminé de types, mais une mullitude de cas particulieis.
Pour éviter de me perdre au milieu d'eux, je prendrai pour objet de ma description un vaisseau de moyen volume (2 à !J mm. de diamètre) appartenant au groupe des veines superficielles de la face de flexion des membies. Indél)endamment du haut intérêt qu'empruntent les veines de cette catégorie aux altérations traumatiques et pathologiques dont elles sont si fréquemment le siège, leur choix me semble suffisamment légitimé par les importantes monographies auxquelles elles ont donné lieu de la pari de Soborolî, d'l'",pslein el, tout récemment encore, de della Rovere. J'indi([uerai brièvement ensuite les modifications principales qu'éprouve ce type structural dans quelques canaux veineux en particulier.
A. — Constitution de la paroi veineuse.
La pliipaii ilus uiialoiiiisles, a l'iieuro actuelle, décrivent aux veines, connue aux artères, trois tuniques, qu'ils ilésignent sous les nièiiics noms que les membranes artérielles correspomlantes. C'est ainsi qu'ils distinguent une enveloppe interne, élastique et cndothéliale : une moyenne, essentiellement contractile, et une externe, où prédomine le tissu conjonctif. — Contrairement à cotte fa(;on de voir, les liistologistes français : l^anvier, lionaul, Duval, proposent, après Waldeyer, de réunir en une seule tunique la médiane et l'adventice, sous prétexte que les formations musculaires, qui caractérisent la tunique moyenne, offrent dans leur développement les variations les plus étendues. La paroi veineuse se trouve donc réduite à deux tuniques seulement: l'intima, structurée suivant un type assez constant, et l'adventice, essentiellement variable dans sa composition.
Une telle manière d'envisager les choses, sans rétablir dans la description la simplicité embryologique, a le tort, ce me semble, de détruire toute symétrie entre la structure des artères et celle des veines, symétrie qui, pour certaines d'entre celles-ci du moins, tlomeure pourtant manifeste. Je conserverai donc ici la division la plus généralement adoptée encore, en convenant toutefois d'assigner pour limite externe à la tuni((ue moyenne les derniers faisceaux tie fibres lisses riiTulairex ; les éléments musculaires longitudinaux, qui apparaissent si souvent dans les veines en dehors de ceux-là, pouvant être assimilés <le tous points aux fibres-cellules longitudinales que renferme l'adventice d'un grand nombre d'artères viscérales. Remarquons enfin que cette division de la paroi veineuse en trois tuniques, loin île correspomlre à une superposition préétablie de strates originellement dilférentes, n'est que l'aboutissant habituel, mais contingent et soumis à l'adaptation, d'une ('ibauclic primitivement simple, et ne doit être considérée, en fait, que comme un artifice destiné à faciliter la description et le classement des canaux veineux. On en peut dire tout autant pour les artères, et c'est pourquoi je crois utile de conserver le parallélisme dans la desci'iption de ces deux ordres de vaisseaux.
1° Endothélium et tunique interne (Endovoin). — L'endothelinm, dans les veines d'un calibre moven, est formé d'une seule couche de cellules aplaties, polygonales et très irrégulières de forme, sans atteindre toutefois à la complexité de l'endothélium lymphatique. Fait à noter, ses éléments, bien que légèrement allongés suivant l'axe du vaisseau, sont notablement moins étirés que ceux des artères correspondantes: configuration sans doute en relation avec la rapidité moindre du courant sanguin et qui peut suffire ii elle seule à caractériser au microscope la nature d'un vaisseau.
L'enJothélium est doublé, d'une façon inconstante du reste, par une mince assise claire de nature conjonctive, plus riche en cellules qu'en fibres (Epstein). Bien souvent le revêtement endothélial paraît reposer directement sur une membrane élastique puissante, tout à fait comparable à la limitante interne
des artères, avec un développement moindre toutefois. Délia Rovere, qui a, cette année même, appliqué à l'étude de la charpente élastique des parois veineuses le procédé de coloration élective à l'orcéine, a montré que cette membrane pouvait être dissociée en plusieurs feuillets, formés de fibres élastiques à direction transversale et réunis entre eux par des fibres obliques. La constatation de quelques interstices entre ses fibres constitutives a valu à cette formation, de la part de quelques observaleurs, l'épithète de membrane fenètrée.
Comme la limitante artérielle, mais à un moindre degré qu'elle, la lame élastique interne des veines se montre généralement plissée en coupe transversale. — Comme sa face endothéliale, sa face externe se trouve revêtue d'une étroite couche formée de cellules et de fibres conjonctives, surtout appréciable dans les dépressions qui séparent ses plis.
faces
Fig. 469. — L'endolhélium des deux d'une valvule de la veine cubitale de rtiomme.— Imprégnation d'argent.
En traits pleins, rendothéliiim de la face convexe ; en pointillé celui de la face concave, dont les noyaux sont apparents, visibles en abaissant l'objectif. — (Dessin à la chambre claire, d'après une préparation de Ch. Simon. Les dimensions transversales des éléments endothéliaux ont été notablement réduites par suite du retrait du stroma vasculaire ) — Grossissement de 4:^0 diamètres.
Tunique moyenne. — Isolée de la lame élastique sous-endothéliale par laformation conjonctiveci-dessus, la tunique moyenne est constituée pardes fibres lisses transversales réunies en faisceaux à l'intérieur d'une trame conjonctivo-élas tique.
Les fibres lisses de la média veineuse, quoique circulairement dirigées d'une manière générale, n'offrent pas entre elles un parallélisme aussi parfait que celui qui existe entre les éléments de la tunique musculaire des artères : leurs faisceaux s'entrecroisent sous des angles plus ou moins aigus.
La charpente élastique affecterait, suivant délia Rovere, une grande régularité. La couche des fibres circulaires se verrait partagée en une série d'assises (2 à 7 pour les veines superficielles des membres) par un nombre corre.spondant de membranes élastiques concentriques, formées de grosses fibres sinueuses et réunies entre elles par des fibrilles à direction radiaire offrant une disposition spiralée très nette. — Ici donc, comme dans les artères, la tu-
CONSIDÉRATIONS GÉNEHALES
nique moycMine nous apparaît liinilée de i)ai't et d'autre jiar une membrane élastique : en dedans, par l'élastique sons-eiidolhéliale plus forte, en dehors,
Fifj. 470. — l'ndotlicliiiiii (le la luniquc iiih.'rnc il iuie grosse \'eine.
Veine insulaire (le. lapin, impré,ïn(5e (^'argent. — m. Fibres musculaires lisses. — c. Cellules endothéliales. — (irossissenient de 2ô0 diamètres (Kanvier).
par le dernier feuillet iulerinusculaire. Ce dernier toutefois peut manquer, et la charpente élastique de la média se continue alors sans démarcation avec le réseau de l'advenlice.
L'élément conjonctif, plus abondant que dans les artères, existe principalement autour des vasa.
C'est, sur la tiini(iuo moyenne que portent les modifications structurales les plus acccnlaées dans Vèlal variqueux. Soborofïa mis en ('vidence r(^norme hypertrophie des cellules nmsculaires, qui atteignent quatre à cin(( fois leur volume normal, rappelant ainsi les dimensions des fibres de rut(!'rus gravide. A un degré plus avancé' de la pldt^bectasie, l'atrophie succède à l'hypertrophie, et la tuni(iue musculaire, étirée, se réduit jusqu'à disparaître par place. En revanche, le tissu conjonctif, surtout dans la tuniijue interne, subit une hyperplasie considérable (Epstein).
Tunique externe. — Dans la tunique externe Y élément conjonctif el les vaisseaux occupent le premier rang; ce n"est pas à dire toutefois que la siihlance éhc^tiiiitc ait disparu, [.es fibres, qui représentent celle-ci, oiTrent loulcs, avec un voluiiio très inégal, une disposition semblable. Généralement orientées suivant des plans perpendiculaires à l'axe du vaisseau, elles décrivent des ondulations exirémcmcnt accusées, si bien qu'en ('Oupe transversale elles I1l;urentdans leur ensemble, à la périphérie du vaisseau, une sorte do couronne feslonnée dont les éléments paraissent frisés.
Dans les veines superficiel les du membre inférieur apparaît de plus, entre cette assise conjonctivo-élastique externe et la tunique moyenne, un anneau plus ou moins parfait de fibres musculaires lisses longitndiïiales enserrées dans un
882 SYSTÈME VEINEUX -
réseau élastique délicat. Celte formation musculaire surajoutée doit être considérée comme une dépendance de l'adventice.
Tiin. ext.
Tmi. moy.
— Tun. int.
Sinus.
Valvule.
,. ICmlothelium.
.-• Mem, élast. int.
— Assi. conj.
Fib. mus. trans.
'--.Fib. mus. long.
Fig. 471. — Scliéma delà répartition du tissu élastique et du tissu musculaire dans une veine sous-cutanée du membre inférieur (construit d'après les données de Délia Roverc).
Segment d'une coupe transversale inléressant une valvule au niveau de son bord adhérent.
Les différentes tuniques étant ainsi comprises, voici les résultats de quelques mensurations pratiquées sur elles par Délia Rovere.
a) Veines superficielles du membre supérieur [basilique et ci'phalique, médiane réplialique)
b) Veines superficielles (saphc'ne.<i)
du membre inférieur
Interne .
Moyenne Externe .
Interne .
Moyenne Externe .
B. — Structure des valvules.
Il est d'usage de considérer les valvules des veines comme de simples replis de leur tunique interne. On n'y rencontre, en effet, que deux feuillets endothéliaux séparés par des membranes élastiques et du tissu conjonctif.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
L'endothélium se présente sous un aspect très difTérent suivant qu'on l'observe sur l'une ou l'autre face du voile valvulaire. Sur la face convexe (celle qui regarde vers l'origine capillaire de la veine) la forme des cellules endothéliales est très voisine de celle que nous connaissons pour la paroi veineuse en général : le grand axe est perpendiculaire au bord libre de la valvule, c'esl-àdire parallèle à l'axe du vaisseau. Sur la face concave au contraire (celle qui regarde vers le cœur) le grand diamètre des éléments endothéliaux tend à devenir transversal.
La lame élastique interne de la portion extra valvulaire de la paroi veineuse se prolonge directement avec tous ses caractères (orientation, transversale de ses fibres en particulier) au-dessous de l'endothélium de la face convexe. L'épaisseur de la valvule est |)arcourue par deux ou trois membranes éla&ti(|ues (Ibrillaires plus délicates et seiiiblablement orientées. Un dernier feuillet, de structure idenli([ue, s'étend au-dessous de l'endothélium de la face concave.
La région du «nuis (ou inlra- valvulaire) de la |)aroi veineuse oITre dans sa tunique interne les mêmes modilications (jue la face correspondante de la valvule, l'une et l'autre sont soulevées en outre par des crêtes mousses qui s'emboîtent exactement dans l'état d'accolement (Hanvier).
Variations structurales : Origine et terminaison des veines ; cas particuliers. — • Au iiiiiiiu'iit où elles naissent du réseau capillaire, les radicules ce iiw uses eoiiiportent tout ilillérenuiient îles plus fines arlérioles qui l'abordent. Une dilalalion brus(|ue niarriue leur origine, accompagnée d'une modification corrélative de l'endol hélium, ipii, lui aussi, s'élargit subitement (Ranvier). ïoulel'ois le capillaire veinev.r ainsi individualisé verra son calibre augmenter progressivement et deviendra veinule avant que sa constitution histologique se soit sensiblement compliquée Alors qu'une artériole de 20 ;i 40 fi est déjà munie de fibres lisses, dont le nondjre ne fora désornrais que croître à mesure que croîtra le calibre du vaisseau, il faudra que la veinule atteigne une centaine de p de diamètre pour qu'apparaissent dans son stroma les premiers éléments musculaires (Duval). Et ce n'est pas là encore pour la paroi veineuse une acquisition définitive: le revêtement contractile, imparfait dès sa naissance, demeurera longtemps incomplet et discontinu. Il faudra arriver aux reines proprement dites pour rencontrer les libres cellules autrement qu'isolées ou groupées en petits faisceaux indépendants. Aussi la division en trois tuni(iues est-elle le plus souvent inapplicable aux veinules, d'autant (|ue la lame élastique interne est rudimentaire ou fait parfois défaut dans ces petits canaux.
L'assise musculaire lisse, absente à l'origine des veines, manque également à leur terminaison. La veine cave inférieure au-dessus du diaphragme et la cave supérieure au voisinage de son aboucliemcnl dans l'oreillette perdent leurs nuiscles lisses, tandis ([ue s'épaissit considérablement leur tunique interne pour se continuer avec l'endocarde, t'n revanche, on voit appaiaitre dans leurs parois un nombre de plus en plus grand de fibres striées, émanation tlu myocanle auriculaire, qui permet aux segments terminaux des veines caves de participer aux contractions rythmic]ues de l'oreillette droite. Les mêmes faits ont été constatés ilans la portion libre des veines pulmonaires.
L'importance des formations musculaires dans les parois \cineuses varie proportionnellement au travail actif que doivent déployer les veines des différentes régions de l'oi'ganisme. C'est ainsi ([ue nous les voyons présenter, dans les grosses veines du cou (jugulaires, sous-clavières) avec un faible développement général des variations indi\ idiiclles étendues, indice de fonctions très réduites par l'intervention de la pesanteur. — Ailleurs l'élément contractile fait totalement défaut, et c'est la substance conjonctive à elle seule qui fait tous les frais de la paroi. Tel est le cas des veines des os, de la rétine, des organes uerveu.r centrau.r et de leurs enveloppes : on connaît, par exemple, les sinus veineu.r de la dure-mére, simples cavités creusées dans l'épaisseur delà membrane fibreuse et tapissées intérieurement d'un cndothélium. (Je passe sous silence les lacunes sanguines des organes érectiles et du placenta maternel ; dans lesquelles il faut voir plutôt des capillaires dilatés ((ne de véritables cavités veineuses.)
Pour des motifs inverses nous voyons se nuiltijjlior les assises nuisculaires dans les grosses veines des extrémités inférieures : poplilée, crurale, iliaque externe, dans lesquelles Eberth a reconnu trois plans superposés de fibres lisses orientées dans des direc-
SYSTÈME VEINEUX
lions rdcipt'oqueinent perpendiculaires (deux plans extrêmes de fibres longitudinales, et un moyen, de fibres circulaires). La veine ombilicale appartiendrait au même groupe ainsi que les mésaraïques. — • Le tronc de la veine porte, celui des veines rénales, spermatiques, aci/gos pour l'abdomen, les principales veines superficielles pour le membre inférieur possèilent, en dehors d'une importante (unique à fibres transversales, une lame bien développée à fibres longituilinales dans la profondeur de l'adventice. — Aux veines de l'utérus appartiendrait une musculature puissante formée de faisceaux entrecroisés en divers sens.
Piana enfin a récemment attiré l'attention sur une disposition intéressante qu'on rencontrerait dans les ramuscules d'origine des veines porte (cheval) et pulmonaires (bœuf). Généralement dépourvus de nmsculature, ces canalicules présenteraient, de distance en distance, des anneaux complets de fibres lisses, complètement isolés ou réunis entre eux par des faisceaux obli(iues. Par leur contraction successive, qui se propage de la périphérie au centre, ces sphincters microscopiques foraient naître sur le trajet des vaisseaux une série d'étranglements ou de diaphragmes dont l'effet serait de favoriser la progression du sang vers le cœur et de s'opposer à sa rétrogradation.