‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 3)Chapitre 62 sur 190 · SYSTÈME DES VEINES CAVES · texte numérisé non relu

SYSTÈME DES VEINES CAVES

Le système des veines caves comprend tout ce qui n'appartient pas au système des veines pulmonaires et à celui des veines cardiaques, c'est-à-dire la ])lus grande partie de l'arbre veineux. Il y a deux veines caves, une supérieure et une inférieure; le diaphragme marque la séparation de leurs troncs et de leur territoire.

VEINE CAVE SUPÉRIEURE

La vchie cave supérieure ou descendante (cave dans le sens de vaste, auijiie, et nom de creux) est le tronc commun de toutes les veines de la moitié supérieure du corps. Son territoire, qui correspond à celui de l'aorte ascendante, embrasse la tète et le cou, les membres su])érieurs et la poitrine.

Situation. — Elle est située dans la cavité thoi'acii|ue, dans la |)ortion supérieure du médiastin antérieur. Elle répond au bord droit du sternum qu'elle déi)asse sensiblement en dehors et faiblement en dedans, à 25 mm. environ de la ligne médiane. Comme la veine cave inférieure, comme la veine porte, elle appartient à la moitié droite du corps.

Origine. — Son origine, qui est à son extrémité supérieure, résultede l'union des deux troncs veineux brachio-céphaliques droit et gauche. Cette fusion a lieu au-dessous du cartilage de la l" côte droite.

Trajet. — Son trajet est vertical. Toutefois la veine décrit une légère courbure à concavité droite qui se moule sur la saillie de l'aorte; elle est en même

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temps oblique en bas et en arrière, elle est plongeante, et son extrémité supérieure est plus superficielle que son extrémité inférieure.

Terminaison. — Sa terminaison a lieu à la partie supérieure de l'oreillette droite, derrière i'auricule; comme elle se fait sous une incidence oblique, la partie antérieure de la veine se fond plutôt avec l'oreillette que sa partie postérieure qui semble se continuer avec la veine cave inférieure; les anciens anatomistes, trompés par cette apparence, ne décrivaient qu'une seule veine cave. Ce point d'entrée répond en avant au milieu du 2^ espace intercostal, souvent un peu plus bas, à l'extrémité sternale du 3" cartilage costal ; en

Fig. 474. — Veine cave supérieure et veines innominées (d'après Rûdinger modifié). — Comparez aussi les fig. 322, 332 et 363 de ce volume. La partie antérieure du péricarde et du cœur a été excisée ; les deux poumons sont écartés.

arrière, à la 6'^ ou à la 7= vertèbre dorsale. Intérieurement c'est un orifice circulaire de 18 à 25 mm. de diamètre, sans valvule, placé en avant de l'orifice de la veine cave inférieure dont il est séparé par un bourrelet.

Dimensions. — La longueur de la veine cave est de 7 cm.; on trouve suivant les auteurs les chiffres de 10, 8, 7, 6 et même moins; on conçoit que la longueur du thorax et la fusion plus ou moins précoce des deux troncs d'origine

VEINE CAVE SUPÉRIEURE

doivoiit faire varier la moyenne. Son diamètre^ à sa lerminaison, est tle22 mni., il est moindre que celui des deux Ironcs brachio-céphaliques réunis, moindre aussi que celui de la veine cave inférieure. \j épaisseur de sa j)aroi est de 066 fi.

Rapports. — Il faut distinguer deux portions : une portion supérieure, extra-péricardique, une poi'liou inférieure, intra-péricardique ; elles se partagent la veine cave |iar moitié environ.

1" Dans sa j)ort\on exlva-péricard'iqiie ou supérieure, en arrière du 1"' es- |tace intercostal et du 2'^ cartilage costal, la veine cave répond : en avant, au lliymus ou au tissu adijx'ux (|ui le remplace, au bord droit du sternum et à la plèvre qui empiète sur son côté externe ; — • en arrière, au pédicule pulmonaire, plus particulièrement à l'origine de la bronche droite, dont la séparent de nombreux ganglions lymphatiques, et au nerf pneumogastricpie ; — à droite, à la face interne du poumon droit, mais médiatement, à cause de l'interposition de la lame droite de la plèvre médiastine ; elle est longée par le nerf phrénique et ses vaisseaux satellites; — à gauche, à la crosse de l'aorte. Un diverticule du périeai'de, corne su|)érieure droite, qui peut remonter jusqu'au milieu delà ])oignée sternale, s'insinue entre la veine et l'aorte. Luschka suppose que ce cul de-sac distendu dans l'hydropisie du péricarde peut comprimer la veine cave.

2" {jdi portion pér'icardlqne ou inférieure a une étendue très variable ; elle peut atteindre 40 mm. ; souvent elle ne comprend que le tiers inférieur de la veine, moins encore même et peut n'être que de quelques millimètres ; elle correspond au 2^ espace intercostal ou au .3° cartilage costal. La veine entre dans le sac péricardique ou mieux s'y invagine. Libre sur son bord droit, elle est en contact, à gauche, avec l'aorte; en avant, avec l'auricule droite ; en arrière, avec l'artère pulmon., la v. pulmon. sup. et la bronche droite.

Branches collatérales. — La seule (;ollatérale régulière, constante, est la veine azygos, qu'elle reçoit au-dessus de sa pénétration dans le péricarde et (jui s'unit à son extréiuité inférieure avec la v. cave ascendante; nous la décrirons avec celle-ci. Accidentellement elle peut recevoir la thyroïdienne infér. droite, le groupe des veines thymiques, diaphragmatiques et péricardiques, ou encore la v. mammaire interne. Nous mentionnerons ces veines avec leurs troncs collecteurs normaux. ^

Anastomoses. — La veine cave supérieure est unie à la v. cave inférieure par un gros canal anastomotique, la veine azygos, qui reçoit de son côté des veines du thoraxet de la colonne vertébrale. Elle est en outre anastomosée par toutes ses racines thoraciques et vertébrales avec les racines vertébrales et abdominales de la veine cave ascendante, en sorte que la suppression d'un tronc aussi considérable que la veine cave supérieure n'est pas un obstacle absolu à la circulation veineuse de la partie supérieure du corps. Oulmont (Méni. de la Soc. Méd. d'Observ. 1850) a rassemblé 19 cas d'oblitération de la veine cave sui)érieure. I^es symptômes fondamentaux étaient le gonllement des veines, l'œdème et la cyanose de la moitié supérieure du corps. Les malades ont eu une survie maximum de G mois; mais presque toujours la mort a été le fait, non de la gêne circulatoire, mais de la maladie qui avait déterminé l'obstrue-

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tion (le la veine (cancer, anévrysmes), et les symptômes d'œdème el de cyanose ayant dispara dans la dernière période, on peut en conclure que la circulation s'était rétablie. Quand l'oblitération ne comprend que la partie sus-azygos de la V. cave infér., la circulation se fait par les intercostales supérieures et l'azygos. Si la veine cave estobstruéesur toute sa longueuret que l'embouchure de l'azygos soit imperméable, le sang passe, autant qu'on peut en juger sur de.î autopsies imparfaites, par la partie restée perméable de l'azygos, elle-même en communication avec les v. intercostales supérieures, par la mammaire interne, les thoraciques superficielles et les plexus rachidiens. Le sang prend dans toutes ces veines un courant descendant anormal, en forçant les valvules, et arrive aux origines abdominales de la v. cave inférieure.

« La grande veine azygos elle-même n'est point indispensable, vu la pré- « sence des plexus rachidiens antérieurs et postérieurs. C'est ainsi que j'ai vu « tantôt la veine cave supérieure, tantôt la veine cave inférieure oblitérée, « sans augmentation visible de calibre de la veine azygos, et ce qui surprendra « peut-être, sans œdème soit des membres supérieurs, soit des membres infé- « rieurs » {Cruveilhier).

Structure. — La veine cave descendante n'a pas de valvules; le reflux s'y manifeste souvent. Elle ne possède chez l'homme aucune fibre musculaire, peut-être à cause de l'attitude verticale, car on trouve chez d'autres animaux, le bœuf, le mouton, une double couche de fibres lisses, longitudinale et circulaire [Eberth). Dans sa portion extra-péricardique, la gaine vasculaire lamelleuse qui fait suite à la gaine des troncs innominés est renforcée par le feuillet fibreux du péricarde qui se perd insensiblement sur elle comme sur tous les gros vaisseaux, et par les expansions inférieures des aponévroses du cou, notamment par le ligament vertébro-péricardique droit. Sa portion péricardique possède d'abord une gaine musculaire striée, constituée par des fibres circulaires émanées de l'oreillette qui se prolongent jusqu'à 25 mm. de son embouchure, puis extérieurement une gaine séreuse que lui fournit le feuillet viscéral du péricarde. Cette gaine, longue aussi de 25 mm. en moyenne, n'est pas complète ; elle tapisse sa face antérieure, son bord droit et sa face postérieure (Voyez la fig. 473).

La veine cave supérieure reçoit des filets nerveux du plexus pulmonaire postérieur.

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