‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 3)Chapitre 80 sur 190 · VEINE MAXILLAIRE INTERNE · texte numérisé non relu

VEINE MAXILLAIRE INTERNE

La V. maxillaire interne correspond à l'artère de même nom; elle est double, mais toutes ses branches sont simples, à l'exception des v. méningées moyennes. Toutefois elle ne reçoit point toutes les collatérales de l'artère. Celle-ci, dans sa partie moyenne, au niveau de la tubérosité du maxillaire supérieur, émet les a. buccale, dentaire supérieure et sous-orbitaire. Les veines correspondantes, unies ou non en plexus, communiquent bien en arrière avec la v.

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maxillaire interne, mais se déversent en avant dans la v. faciale; nous les décrirons avec celles-ci.

La maxillaire interne commence au fond de la fosse ptérygo-maxillaire, au niveau du trou sphéno-palatin, par la v. Rphéno-palaline ou nasale postérieure, vaisseau important qui lui amène une grande partie du sang des fosses nasales, et (|ui s'accroît presque immédiatement des petites veines vidienne, ptérygo-palatine (ou pharyngienne supérieure) et |)alatine supérieure. Ainsi constituée elle suit la face interne du ptérygoïdien externe, passe entre ses deux faisceaux, puis, accompagnant l'artère dans son trajet variable, se dirige vers le col du condyle. Dans ce trajet elle a reçu la totalité de ses branches collatérales, et celles-ci en s'anastomosant forment un plexus (dit p?cxHS ptt'rygoidie)i), dans lequel le tronc collecteur est le plus souvent dissocié et méconnaissable. Ce tronc se reconstitue avec ses deux branches, au sortir du plexus; il se dirige alors en dehors, un peu au-dessous de l'arcade zygoniatique, et débouche dans la temporale superficielle par une ouverture munie d'une valvule insuffisante.

Parmi les veines collatérales, les méningées moyennes méritent une mention spéciale.

V. méningées moyennes. — Les v. méningées moyennes (grandes méningées) sont comprises dans l'épaisseur de la dure-mère et possèdent les caractères des sinus : béance sur la coupe, absence de tunique musculaire, présence accidentelle de brides filamenteuses et de granulations de Pacchioni, et même par places formations caverneuses. Satellites de l'artère méningée, elles sont en nombre double des branches artérielles et beaucoup plus grosses f|u'elles ; ordinairement l'une est en avant de l'arlère et l'autre en arrière; mais parfois il n'y a ([u'iine seule veine et celle-ci peut, sur un certain trajet, être indépendante de l'artère. Comme pour les artères, les veines du cùté gauchesont, dit-on, plus volumineuses.

]"]|les naissent sur la ligne médiane en partie du sinus longit. supérieur, en partie des lacs sanguins, descendent en formant deux branches, l'une anlérlenre, VawU-q i:)ostéi'ieure, l'antérieure plus grosse, atteignant jusqu'à 6 ou 7 mm.del). et fournissant ordinairement une branche moyenne. Ces branches descendent le long des bords antérieur et postérieur du pariétal ; elles sont logées dans des gouttières ou même des canaux osseux distincts des gouttières artérielles, mais contigus, et il est probable que, dans les hémorrhagies méningées traumatiques, une grande partie du sang épanché provient de la rupture des veines. On peut observer par place des formations plexifornies ou même caverneuses, véritables lacs sanguins ; la plus importante siège au centre de la région temporale, au voisinage du ptérion, et atteint 1 cm.deD. (TroJard).

Les v. méningées moyennes se terminent dans le plexus ptérygoïdien, au niveau de son plan profond. Celte terminaison se fait de diverses façons. Ou bien les deux branches, réunies en un tronc commun d'I à 2 cm. de longueur, passent avec l'artère par le trou petit rond (sphéno-épineux) ; ou bien les deux branches restent distinctes, l'antérieure s'engage par le trou ovale, la postérieure par le trou petit rond. Knfin il n'est pas rare que la branche antérieure se jette dans le sinus de Breschet, sous la petite aile du sphénoïde, ou dans le sinus ca-

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verneux. et que le sang qu'elle contient arrive à la maxillaire interne par ces voies indirectes.

Elles reçoivent des veines durales, de nombreuses veines diploïques tout le long de leur trajet, et à leur partie inférieuredes veines cérébrales (v. infér.

Fig. 484. — Veines méningées moyennes et lacs sanguins (d'après un dessin de Soulé).

La paroi supér. du sinus longitud. et des lacs sanguins a été excisée; des crins montrent les communications des lacs avec le sinus. — Pour ne pas compliquer le dessin, les veines méningées ont été figurées simples et non doubles.

etantér). Elles s'anastomosent avec les. longitudinal supérieur dentelles proviennent en partie, avec la veine sylvienne superficielle (grande anastomot. de Trolard),avec le sinus sphéno-pariétal, enfin avec le sinus pétro-squammeux sur la face antérieure du rocher.

Sur lesV. méningées, V. Trolard, les V. méningées moijennes. Sciences biologiques,! 890 .

Plexus ptérygoïdien. — On peut rencontrer dans la disposition de la v. maxill. interne les trois formes suivantes: 1° l'indépendance des veines qui gardent leur individualité etrestent fidèlement satellites des artères, ainsi qu'on le voit dans la figure de Bourgery ; 2° leur réunion en plexus, à mailles serrées, à travers lesquelles passent les artères; 3° la transformation de ce plexus, surtout dans sa partie profonde, en un état caverneux ou spongieux, composé de

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vastes cavités coupôps de lames réliciilées. Ou ne peut dire quelle est la plus fréquente de ces trois formes : veines isolées, plexus, état caverneux.

]-,Q plexus ptérygoidien ou zvgomatique, caverneux ou non, est un des plus riches de l'économie. Il occupe la fosse zygonialique ainsi que son arriére-fond, la fosse ptéryg'o-niaxillaire, et forme une gaine vasculaireau muscle ptérygoidien externe. Il est noyé dans un tissu adipeux qui rend sa dissection très

Ki^'. i S.j. — Vninc inaxillairo interne et plexus ptérypoïdicn (d'après Ilcnle).

On i'einai'i|ae sur ce sujet que la jugul. ext. est très grêle cl (|uc le truuc temporo-maxill. se jette pi'es(iuc en entier dans la jugul. interne.

difficile ; aussi le voit-oii mieux par dessiccation. On peut assez aisément le séparer de la base du crâne et c'est ainsi (|u'(iii l'évite dans la résection du nerf maxillaire iiiféricnir. .Merckel a pourtant élé (émoin d'un cas où l'hémorrhagie fit abandonner roi)éralion.

Il se compose de deux jjai'ties, une superficielle et une profonde, séparées j)ar le ptéryg. ext. et communiquant largement à travers le muscle et sur ses bords. I.a partie superiicielle est située sur la face externe du pléryg. externe, entre

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ce muscle et le temporal. Elle reçoit les v. temporales profondes, anastomosées en réseau dans Tépaisseur du temporal et collectrices des veines osseuses de la grande aile du sphénoïde; — la. dentaire inférieure; — les ptérygoïdie^ines; — quelquefois la v. tympanique, qui ordinairement va au plexus articulaire de la jugul, externe; — les v. massétérines. Ces dernières sont de deux ordres. Il y a des massétérines superficielles, appliquées sur la face externe du masséter, et qui se jettent en arrière par plusieurs branches dans la jugulaire externe ou dans la temporale superficielle ; et des massétérines profondes, situées sous le muscle, constituant souvent par leurs anastomoses le plexus massétérin et passant avec l'artère par l'échancrure sigmoïde pour se déverser dans le plexus ptérygoïdien.

La partie profonde, composée de veines plus volumineuses, est située sur la face interne du ptéryg. externe; elle englobe le nerf maxillaire inférieur jusqu'à sa bifurcation en dentaire et lingual et avec lui le ganglion otique. Par un prolongement à veines fines et serrées, elle se poursuit sur la face interne du ptéryg. in terne, et le long de la base du crâne sur la partie molle de la trompe d'Eustache; la lumière de la trompe peut être rétrécie par la réplétion de cette gaine vasculaire, au point de donner lieu à des troubles de l'audition, ainsi que l'ont noté les auristes. Un vaste rideau veineux est donc tendu de la scissure de Glaser aux angles du pharynx. C'est dans le plan profond que débouchent les veines du trou ovale, du trou petit rond et du trou accessoire de Vésale, c'est-à-dire les méningées moyennes, la petite méningée et des émissaires du sinus caverneux. Par là une partie du sang intra-crânien arrive à la jugulaire externe.

Le plexus ptérygoïdien communique avec le plexus alvéolaire de la faciale, le plexus auriculaire et le plexus temporal de la temporale superficielle, le plexus pharyngien tributaire de la jugulaire interne. Sa voie émissaire principale est la maxillaire interne qui conduit le sang à la jugulaire externe ; une voie accessoire d'échappement lui est ouverte en avant, par les veines dentaires supérieures et la V. alvéolaire ou faciale profonde qui aboutit à la v. faciale, tributaire de la jugulaire interne.

On remarquera -la tendance que présentent les veines dans cette région à prendre la forme de plexus (plexus ptérygoïdien, temporal, articulaire, massétérin, alvéolaire). Il semble que concurremment avec la graisse ces-plexus recherchent les espaces vides, à faible pression, comme les confluents veineux des plis articulaires. Les mouvements de mastication et de déglutition doivent exercer une influence notable, soit pour appeler le sang dans ces réservoirs veineux, soit pour l'en expulser.

Sur le Plexus ptérygoïdien, V. Zuckerkandl, Ueber die Venen der Retromaxillar-grube. Monatschr. f. Ohren... 1876.

Branches collatérales. — Les branches collatérales ou afférentes de la jugulaire externe sont les suivantes.

1" Veine auricidaire fostérïeure. — Elle correspond à l'artère et occupe la région mastoïdienne. Elle reçoit les occipitales superficielles, des veines postérieures de l'oreille et notamment une forte branche du lobule, et la veine slylomastoidienne , qui dans l'aqueduc de Fallope s'anastomose avec des rameaux

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de la veine méningée moyenne. Son ouverture dans la jugul. ext. se fait audessous du lobule, sur le bord antérieur du sferno-masloïdien.

Les veines occipitales superficielles naissent de la partie postérieure du cuir chevelu et s'anastomosent avec les tem|)orales et les veines occipitales profondes. Elles ne paraissent pas constantes.

2° Veine occipitale profonde. Tantôt unique et alors située derrière l'artère occipitale dont elle est la satellite, tantôt double et enlaçant ce vaisseau de ses branches plexiformes, elle naît de la région postérieure de la tête et supérieure de la nuque, passe sous le splénius et s'ouvre dans la jugulaire par un tronc qui lui est souvent commun avec l'auriculaire postérieure.

Elle reçoit ordinairement les v. émissaires inasloidiennes, qui viennent du sinus latéral. Ses branches d'origine présentent d'importantes anastomoses avec les veines rachidiennes, notamment avec la vertébrale, la jugulaire postérieure et le confluent veineux du trou occipital.

.')" Vei)ies ■parotidiennes et massétérines superficielles. — 4° Veines sxiperficiclles de la nuque. — 5° Veines du slerno-mastoidien.

(io Veine sous-cutanée postérie\ire du cou (cervicale superficielle de plusieurs auteurs). Non mentionnée dans nos classiques, bien que souvent figurée, cette veine naît du réseau veineux 0L'ci|)ital, descend superficiellement derrière le sterno-mastoïdien et s'ouvre à angle aigu dans la jugulaire un peu au-dessous de sa partie moyenne, à trois ou quatre travers de doigt au-dessus de la clavicule. Elle reçoit des veines sous-cutanées de la nuque, et des veines des muscles superficiels, notamment une assez f(H'te branche qui émerge de dessous le trapèze.

7" Veine scapulaire postérieure (cervicale transverse, transverse du cou) et 8° Veine scapulaire supérieure (sus-scapulaire). — Ces deux veines sont satellites des artères. Elles se réunissent ordinairement en un tronc commun, de 5 mm. de D. qui émerge de la face antérieure du trapèze et débouche dans la partie inférieure de la jugulaire externe, quelquefois directement dans la sous-clavière. Leur embouchure est valvulée. La v. sus scapulaire passe avec l'artère par dessus le ligament qui ferme l'échancrure coracoïdienne ; les veines qui occupent l'échancrure avec le nerf sus-scapulaire sont des v. anastomotiques entre les veines des fosses sus-épineuse et sous-scapulaire {Delbet).

On remarquera que toutes les branches collatérales de la jugulaire externe l'abordent par son bord externe ou postérieur.

Branches d'anastomose. — La jugulaire externe est anastomosée : 1° avec les veines intra-crànicnnes, par les émissaires de Sanlorini, l'émissaire mastoïdienne, et les émissaires de la base qui vont au plexus ptérygoïdien ; — 2' avec les veines rachidiennes, par les branches les plus postérieures de la v. occipitale profonde ; — 3° avec la v. Jugulaire interne par la communicante i^itraparolidienne, grosse branche à peu ])rès constante qui traverse horizontalement ou en sens oblique l'extrémité inférieure de la parotide en passant tantôt en dessus, tantôt en dessous du digastrique et se jette dans la v. faciale près de son embouchure, plus rarement dans la jugul. interne elle-même. Par elle, quand l'incidence est favorable, une partie du sang de la face s'écoule dans la jugulaire externe ; quelquefois la veine faciale tout entière passe dans cette

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veine; les v. Iransverses de la face unissent également la faciale et la jugul. externe; — avec la jugulaire antérieure, par plusieurs rameaux de grosseur variable, obliques ou transversaux, qui croisent le sterno-mastoïdien ; — avec les V. du bras, par une branche fréquente qui se détache de la v. céphalique et passe en dessus ou en dessous de la clavicule.

Territoire de la jugulaire externe. — Quand la jugulaire externe est bien développée et qu'elle reçoit la totalité de la maxillaire interne, son territoire est considérable. 11 comprend: 1° presque toute la voûte de la tête (crâne et parties molles) par les occipitales, auriculaires, temporales et méningées moyennes ; 2" une partie de l'intérieur du crâne (enveloppe et cerveau) par les affluents de la maxillaire interne et les v. émissaires qui puisent dans le sinus caverneux et dans le sinus latéral ; 3° la plus grosse partie de la face, par la maxillaire interne, les anastomoses avec l'ophthalmique et la communicante faciale quand elle est horizontale ; 4" une partie du cou, de la nuque et de l'épaule.

On ne saurait donc considérer la v. jugulaire externe comme un simple canal collatéral de la jugulaire interne. Sans doute elle peut la suppléer à certains moments d'engorgement circulatoire et lui servir de voie de décharge (la réciproque étant d'ailleurs incontestable), mais elle a un domaine à elle et une circulation propre. Son antériorité dans l'apparition embryologique, son rôle prépondérant chez les animaux, le vaste territoire bien que très amoindri qu'elle a conservé chez l'homme, son embouchure toujours distincte dans la sous-clavière, enfin les variélés réversives fréquenles dans lesquelles elle absorbe même les veines faciale et linguale, tous ces caractères témoignent de son importance et de son autonomie.

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