IIISTOGÉNÈSE DE L'INTESTIN DIGESTIF ET DE SON
MÉSENTÈRE
Histogénèse de l'intestin digestif. — Sur tout son ]iarcours, l'intestin digestif de l'embryon très jeune est tapissé intérieurement par un cpilltélium
DÉVELOPPEMENT DU TUBE DIGESTIF
de cellules cubiques ou cylindriques, qui çà et là peuvent présenter une garniture ciliée. Cet épithélium prend ensuite soit directement, soit en passant par des états intermédiaires, la constitution qu'il offrira définitivement.
L'épithélium produit des diverticules, desquels résultent les glandes annexées à l'intestin digestif. Deux de ces glandes, le foie et le pancréas, sont très volumineuses ; par leur développement complexe et par leur importance elles méritent d'être étudiées à part. Les autres, beaucoup plus réduites, glandes gastriques, glandes de Brûnner et surlout glandes de Lieberkûhn, garnissent en nombre immense l'estomac et l'intestin. Le mécanisme de la formation de ces glandes varie suivant les auteurs, et deux opinions principales ont été soutenues à cet égard. Pour les uns, elles sont le résultat d'une évagination active de la muqueuse stomaco-intestinale et particulièrement de son épitbélium. Pour d'autres, ce sont de simples cryptes produites par la formation d'élevures de la surface de la muqueuse ; en comprend en effet que si cette surface se plisse et se soulève, elle laissera entre ces plis et ces soulèvements des enfoncements qui seront les glandes. La première opinion est la plus accréditée. Les glandes de l'estomac se forment chez l'embryon humain au quatrième mois. Les glandes de l'intestin grêle paraissent vers la même époque.
D'autre part l'épithélium et au-dessous de lui le tissu conjonctif propre de la muqueuse s'accroissent du côté de la lumière du tube intestinal pour former des crêtes allongées ou plis, et des papilles ou villosités, de forme typiquement conique. Les villosités intestinales qui hérissent la surface intérieure de l'intestin apparaissent chez l'homme au troisième mois de la vie fœtale.
Au sixième mois, se montrent, dans Tépaisseur de la muqueuse de l'intestin et même de l'estomac, des amas cellulaires denses, essentiellement formés de cellules lymphatiques, qui ont reçu le nom de follicules clos, ou celui, plus convenable, de glandes lymphatiques. Le mode déformation des glandes lymphatiques n'est pas encore parfaitement élucidé. Pour les uns, ces glandes naissent par immigration de cellules lymphatiques (globules blancs) dans le tissu de la muqueuse. Pour les autres, les glandes lymphatiques ont pour origine des invaginations de l'épithélium; puis les cellules épithéliales inyaginées produisent par division les éléments lymphoïdes qui constituent la partie essentielle des glandes lymphatiques.
Letissu conjonctif propre de la muqueuse ou chorion a pour point de départ la lame mésenchymateuse interposée entre l'épithélium et le feuillet viscéral du péritoine ou mésoderme viscéral. On peut admettre que cette lame mésenchymateuse provient à son tour du mésoderme viscéral, dont les cellules constituantes, ici comme partout ailleurs, auraient la propriété de fournir par division des éléments mésenchymateux.
En dehors de la muqueuse parait de bonne heure une couche musculaire, formée d'abord de fibres circulaires, auxquelles s'ajoutent ensuite des fibres longitudinales plus externes ; le mode de formation de cette tunique musculaire n'est pas encore déterminé.
Nous obtenons donc en définitive, comme parois constitutives de l'intestin digestif, trois tuniques principales: une muqueuse, interne, comprenant l'épithélium et le chorion ; une musculaire, moyenne, formée de fibres circulaires et
DEVELOPPEMENT DE L'INTESTIN DIGESTIF
longitudinales; une séreuse, externe, cniistiluée par le rursodernie viscéraL
Histogénése du mésentère et développement de la rate. — Le mésentère est constitué au début par une lame d'éli'uients mésenchymateux fusifornies, tapissée de chaque côté par une couche d'épithélium cubicjue qui représente le mésoderrne viscéral. Plus tard la lame mésenchymateuse se partage elle-même en une bande axiale, vasculaire, et deux couches sous-é|M'(héliales. Plus tard aussi l'épithélium s'aplatit et prend l'aspect de réj)ilhélium péritonéal définitif, composé de cellules lamelliformes.
Certaines régions du mésentère, comme le grand épiploon, se perforent de trous, dont le mécanisme formateur n'est pas encore tranché.
Le développement histogénétiquedu mésentère est surtout intéressant, parce qu'il donne lieu à une formation caractéristique des vertébrés, la rate.
La rate est le produit d'une différenciation localisée du mésentère stomacoduodénal, caractérisée par une condensation de cellules; la masse cellulaire ainsi formée se creuse ultérieurement de lacunes qui se mettent en relation avec les vaisseaux sanguins.
Mais quelle est la matrice première des éléments qui constituent le rudiment splénique? L'opinion la plus ancienne est que la rate a pour origine un blastème mésenchymateux interposé à l'épithélium péritonéal du mésentère et à l'épithélium intestinal. D'autres ont soutenu que c'est l'épilhélium péritonéal qui est la source des éléments spléniques. D'autres enfin invoquent comme origine des cellules de la rate l'épithélium intestinal.
Quoi qu'il en soit de l'origine première de la rate, cet organe se montre assez tardivement dans l'épaisseur du mésogastre, à gauche de l'estomac (llg. 27). 11 se compose alors d'un réseau de cellules anastomosées, dans les mailles duquel se trouvent des éléments arrondis, « cellules libres de la pulpe splénique ». Les mailles du réseau splénique se transforment ensuite en logetles à parois incomplètes « les espaces spléniques », qui communiquent enire elles el fornienl ainsi dans leur ensemble un svstème de cavités irrégulières, lacunaires; les lacunes débouchent d'aulre part dans les veines du voisinage. Par suite, plasma et globules sanguins pénétrent dans ces lacunes, tandis que les éléuients de la pulpe splénique peuvent tomberdans le courant sanguin. J^es lacunes ensuite se transforment en veinules, en se régularisant et gagnant une paroi endoihéliale continue. La rate n'est donc chez l'embryon qu'un diverlicule veineux, en forme de sinus cloisonné, réticulé. Et comme ce sont les dispositions parues les premières qui sont le plus essentielles, il s'ensuit que chez l'adulte la raie présente essentiellement la constitution que l'on vient de voir.