‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 4)Chapitre 23 sur 84 · CAVITÉ BUCCALE · texte numérisé non relu

CAVITÉ BUCCALE

La cavité buccale proprement dite représente une boîte ovalaire limitée enhaut par le massif maxillaire supérieur, en bas par le maxillaire inférieur, l'os hyoïde et le diaphragme musculaire qui les réunit. — Ses parois sont formées : en avant etlatéralementpar la faceinterne, concave, des arcades alvéolo-dentaires ; en haut par la voûte palatine ; en bas par le plancher musculaire et membraneux, tendu entre la concavité du maxillaire inférieur et la convexité de l'os hyoïde ; en arrière par la face antérieure du voile du palais et ses piliers antérieurs. — Ces derniers circonscrivent avec le plancher buccal et le voile, un orifice, l'isthme du gosier par lequel la cavité buccale communique largement avec la cavité pharyngienne. La paroi postérieure, incomplète, n'existe qu'autant que le voile du palais est au repos. Quand le voile se contracte, il se soulève, devient presque horizontal, pénètre entièrement dans le pharynx, et la paroi postérieure de la cavité buccale n'existe plus ; à sa place, on ne trouve qu'un large orifice bucco-pharyngé, formé par l'isthme du gosier agrandi.

Ainsi délimité l'ovoïde buccal présente la pointe en avant derrière les dents incisives, l'extrémité arrondie en arrière vers les dernières molaires.

Cruveilhier, Sappey et les auteurs qui s'en sont inspirés, placent la pointe de l'ovoïde en arrière et la base en avant ; ce qui s'explique par le fait que ces auteurs comprennent la cavité vestibulaire dans la description de la cavité buccale.

BOUCHE

La capacité de la cavité buccale est assez grande. Sou diaiiictre sagittal est en moyenne de 8 centimètres; le frontal, plus étroit en avant qu'en arriére, atteint son maximum entre les dernières molaires, où il est de 8 centimètres ; le vertical, entre la voûte palatine et le plancher est de 7 centimètres. — Mais cette cavité est remplie presque entièrement par un organe musculaire, très mobile qui se détache du plancher buccal où il se fixe et proéminc dans la bouche: la langue. — Appliquée contre les arcades alvéolo-dentaires, par sa pointe et ses bords latéraux ; contre la voûte palatine, par son dos, la langue transforme la cavité buccale en une simple fente : la fente intcr-staphylo-glossique. — La capacité de la cavité buccale peut être considérablement augmentée par l'écartement des arcades alvéolo-dentaires : alors son jilanclier s'abaisse, la voûte immobile restant en place , le diamètre vertical de la cavité se trouve agrandi, d'autant plus que la mâchoiie inférieure s'aljaisse davantisge. Cette augmentation ne porte pas également sur tous les points de la cavité buccale; le plancher ne s'abaissant pas en totalité, mais seulement dans ses parties antérieures, il en résulte un écartement considérable entre la voûte et le plancher en avant, presque nul en arrière. Ajoutons enfin que la langue, très mobile et dépressible, peut prendre des positions multiples et variées, de façon à donner à la cavité buccale, presque virtuelle à l'état de re])os de la langue, une capacité réelle au moment de sa contraction.

L'axe de la cavité buccale, horizontal chez l'homme, est oblique en bas et en avant chez les quadrupèdes.

La cavité buccale présente à étudier quatre parois : — une anléro-latérale formée par les arcades alvéolo-dentaires; — uxie supérieure, ou voûte, formée par la voûte palatine ; — une inférieure ou plancher, constituée par le muscle mylo-hyoïdien et la langue; — une postérieure, incomplète, formée par le voile et ses piliers antérieurs, et percée d'un large orifice : l'isthme du gosier.

La paroi ailtéro-latéi'ale en forme de fer à cheval, à concavité postérieure, peut être divisée en deux zones : la première formée par la face interne ou postérieure des deux arcades dentaires, zone dentaire, présente des petites solutions de continuité, espaces ou fissures inter-deataires, et en arriére et de chaque coté un espace plus grand, entre les dernières molaires en avant, l'apophyse coronoïde du maxillaire et le pli ptérygo-maxillaire en arrière : espace relromolaire; la face interne des arcades alvéolaires des maxillaires, tapissées par la muqueuse buccale, forme la deuxième zone : zone gingivale ou gencives. La jiremière zone sera décrite ailleurs (voir dents).

Les gencives sont l'oi'mécs par un sulistralum osseux, les arcades alvéolaires, une couvei'ture muqueuse, des vaisseaux cl des nerfs. — La ynnqueuse gingivale est un ])rolongement de la muqueuse buccale dont elle dilTère par certains caractères particuliers. Après avoir recouvert la face interne des arcades alvéolaires, la muqueuse arrive an niveau du bord libre ou base des alvéoles dentaires ; là elle se divise en deux lames : une pénètre dans l'alvéole et y forme le périoste a I véolo-dentaire (|ui sera décrit ailleurs; l'antre monte sur la deni, tapisse la portion de la racine qui déborde l'alvéole et arrive jusqu'au collet formant ainsi pour chaque dent un anneau

TUBE DIGESTIF

ou cylindre inùqueux haut de 2 ou 3 millimètres, la gaine radiculaire. Dans son ensemble la muqueuse gingivale décrit donc au niveau des collets des dents une ligne dentelée ou festonnée, dont les arcades concaves embrassent les dents, et dont les dentelures passent dans les espaces infer-dentaires pour s'unir avec la muqueuse gingivale externe. Derrière la dernière grosse molaire la muqueuse gingivale passe directement de la cavité buccale dans la cavité vestibulaire en tapissant les bords supérieur, inférieur et postérieur de l'espace rétro-molaire

déjà décrit. De couleur rosée ou blanchâtre, elle se distingue du reste de la muqueuse buccale : par sa grande épaisseur surtout au niveau de la gaine radiculaire où elle devient presque fibro-cartilagineuse ; par son adhérence intime au périoste des arcades alvéolaires, et au collet dentaire, mais moindre sur la racine des dents. Sa structure diffère de celle du reste de la muqueuse buccale : par l'abondance du tissu conjonctif et l'absence presque complète des réseaux élastiques; par l'absence de Fiff. 38. — l^apille gingivale d'un enfant, avec , , , , , ,

son réseau capillaire et son revêtement épi- glandes, et la présence de nomthélial (d'après Fuey). breuses et volumineuses papilles^

ce qui explique la facilité avec laquelle les gencives saignent. L'épithélium est pavimenteux stratifié.

Chez le nouveau-né, avant l'apparition des dents, la muqueuse gingivale recouvre tout le bord libre des arcades alvéolaires, et forme ainsi une gaine muqueuse embrassant l'arcade alvéolaire sur ses deux faces et sur son bord libre: la même disposition se retrouve ctiez le vieillard, après la chute des dents, ou même chez l'adulte, au niveau des alvéoles dont les dents sont tombées ou arrachées. Dans ces cas la muqueuse gingivale, au niveau du bord libre des arcades alvéolaires, devient un tissu dur, fibro-cartilagineux ; transformation produite par la pression qu'elle subit dans l'acte de la mastication.

Les artères des gencives formées par des vaisseaux grêles mais très nombreux viennent: de la maxillaire interne, par les artères sous-orbitaire, alvéolaire, palatine descendante ou supérieure, et de la sphéno-palatinepour la gencive supérieure; de la maxillaire interne, par la dentaire inférieure; delà faciale par la sous-mentale, et de la linguale par la sub-linguale, pour la gencive inférieure. Toutes ces branches forment entre la muqueuse et le périoste un riche réseau artériel, dont les rameaux pénètrent dans la muqueuse et se rendent dans les nombreuses papilles qu'elle présente. — Les veines très nombreuses forment des plexus sur chacune des faces des gencives : \esplexus alvéolaires (Foucher). Elles sont abondantes surtout à l'extrémité postérieure de la gencive supérieure, où elles forment un vaste plexus s'anastomosant avec le plexus ptérygo'i'dien. Le ple.Kus alvéolaire établit une anastomose entre la veine maxillaire interne et la faciale ou maxillaire externe (Foucher). — Les Lymphatiques, difficiles à injecter (Sappey),se rendent isolément ou en compagnie de ceux de la muqueuse palatine aux ganglions carotidiens. — Les nerfs viennent des nerfs alvéolaires.

BOUCHE

filets des denfaires supérieurs, brandies du maxillaire supérieur, et des dentaires inférieurs, branches du niaxillaiie inférieur.

La paroi postérieure est incomplète. i*]n arrière, la cavité buccale n'est fermée (jn eu partie |)ar le voile du palais et ses piliers antérieurs, à ce niveau se trouve en elîet l'orilice ipii la fait cùnimuiii(jiii'r d'une façon permanente avec la cavité pharyngienne : l'isthme du gosier. — Le voile du palais faisant partie du pharynx, nous l'étudieroas, ainsi que l'isthme du gosier qu'il contribue à limiter, avec cet organe.

La paroi supérieure est formée par la voûte palatine.

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