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CHAPITRE TROISIÈME

ŒSOPHAGE

L'œsophage est un conduit musculo-membraneux, tendu entre le pharynx et l'estomac. Il conduit les aliments de la cavité pharyngienne dans la cavité gastrique (troisième temps de la déglutition). L'œsophage traverse successivement : le segment inférieur du cou, la cavité thoracique et la partie supérieure de la cavité abdominale. 11 est profondément situé et appliqué plus ou moins intimement à la paroi antérieure de la colonne cervico-dorsale. On lui décrit trois segmeuts : cervical, thoracique et abdominal. Nous ajouterons un quatrième: le segment diaphragmatique. En effet, l'œsophage traverse le diaphragme en parcourant un tunnel ou canal musculo-aponévrotique, long de 1 cà 1 1/2 cent, avant de pénétrer dans la cavité abdominale. — .le décrirai donc à l'œsophage quatre portions : cervicale, thoracique ou médiastinique, diaphragmatique et abdominale.

Certains auteurs S. T. Sœmmering, Fr. Arnold, Johnson (the Cyclopédia of Anat a. Physiol. vol. VllI, 1839-1847, p. 738-761), Mouton (thèse de Paris 1874) nient l'existence de la portion abilominale de l'œsopliage. Pour eux l'œsophage pénètre immédiatement après la traversée diaphragmatique dans l'estomac, et toute la portion, dilatée en entonnoir, qu'on trouve immédiatement au-dessous du diaphragme appartiendrait à l'extrémité cardiaque de l'estomac. — Avec la plupart des auteurs, je crois que l'œsophage présente un segment abdominal, de longueur variable, comme nous le verrons plus loin, mais bien séparé de l'estomac par des limites extérieures et intérieures nettes et par des différences de structure.

Limites. — La limite supérieure de l'œsophage est marquée extérieurement parle bord inférieur du faisceau cricoïdien du muscle constricteur inférieur du pharynx, sous lequel s'engage le nerf récurrent. Intérieurement, rien ne marque le lieu de continuité de la muqueuse pharyngienne avec celle de l'œsophage. — La limite inférieure entre l'œsophage et l'estomac est marquée extérieurement par un angle plus ou moins prononcé mais toujours visible que forme le flanc gauche de l'œsophage avec la grosse tubérosité de l'estomac. Cet angle, à siaus ouvert en haut et àgauche, détermine un sillon profond demi-circulaire, dont la concavité, tournée à droite, embrasse leT point d'union de l'œsophage avec l'estomac. A droite, en avant et en arrière, l'œsophage se continue directement avec l'estomac. Intérieurement la limite, au contraire, est bien nette : elle est indiquée d'abord par un repli valvulaire, dirigé de gauche à droite, plus ou moins saillant dans la cavilé gastrique, formé par l'adossement do laparoi gauche de l'œsophage à celle de la grosse tubérosité de l'estomac. Cette valvule cardio-cesophagienne répond au sillon profond que nous avons trouvé au même niveau sur la surface externe. — A. von GubaroiF, de Moscou (Arch. f. anat., 1886, p. 395), a bien décrit et figuré cette valvule, qu'il a étudiée sur des coupes frontales de sujets congelés et sur des coupes frontales

TUBE DIGESTIF

de l'estomac de cadavres durcis par l'acide cliromique. 11 a remarqué que cette disposition valvulaire est d'autant plus accentuée que l'œsophage pénètre plus obliquement de gauche à droite dans l'estomac, et que la grosse tubérosité est plus haute et plus dilatée. Des expériences lui ont prouvé aussi que le contenu stomacal, en relevant cette valvule, peut l'amener à fermer l'orifice cardiaque de façon à opposer une résistance, souvent suffisante, au reflux des aliments de l'estomac dans l'œsDphage. De jdus, la surface libre de la muqueuse œsophagienne, pâle et blanchâtre, tranche nettement sur la coloration rougeâtre de la muqueuse gastrique. Enfin, une ligne dentelée marque le passage de Tépithélium pavimenteux stratifié del'œsophage à l'épithélium cylindrique de l'estomac.

Luschka (Prager Vierteljahr, 105, 1870^, p. 10-19) a vu, ilans quelques cas, sur la surface externe du point d'abouchement de l'œsophage dans l'estomac, un sillon profond et circulaire. Dans ces cas, la poi'tion abdonunale de l'œsophage très dilatée se présentait sous la forme d'un sac ovalaire nettement limité à ses deux extrémités et appendu à l'estomac [antrum cardiacum, Arnold) ; G. Blasius a représenté des exemples de cette disposition (Observ. medica. rariores. Lud. Bat. 1677, pl. VI, flg. 5).

On doit connaître le siège exact des orifices supérieur et inférieur de l'œsophage, par rapport aux organes rigides fixes et facilement tangibles qui l'entourent : la colonne vertébrale et la cage thoracique.

\J orifice supérieur ou pharyngien répond, en avant, au bord inférieur du cartilage cricoïde, en arrière au corps de la sixième vertèbre cervicale, latéralement au tubercule antérieur des apophyses transverses de cette même vertèbre (tubercule carotidien ou de Chassaignac). Il est distant des incisives supérieures de 15 centimètres en moyenne.

L'orifice inférieur ou cardiaque répond au flanc gauche du corps de la dixième vertèbre dorsale, souvent au disque qui le sépare du corps de la onzième. En avant, sur la paroi thoraco-abdominale antérieure, il répond au cinquième interne du cartilage de la septième côte gauche et du sixième espace intercostal gauche.

•l'ai obtenu ces résultats, en plongeant de longues aiguilles à travers la paroi antérieure abdominale jusqu'à la colonne vertébrale, j'ouvrais le ventre ensuite et marquais le siège exact des organes que j'avais traversés. — Chez les enfants au-dessous de l'âge de deux ans, l'orifice inférieur répond au corps onzième v. d. (G. Klaus). — Les rapports do l'orifice cardiaque avec la cage thoraco-abdominale sont les suivants; d'après Luschka (Prager Vierteljahr. 101, 1869, p. 114 etibid. lOo, 1870, p. 10), il répondrait au commencement du premier quart du cartilage de la septième côte gauche : d'après Lesshaft, (Virchow's Arch., 87, 1882, p. 69) au point d'union des cartilages des sixième et septième côtes gauches avec le bord sternal. — Ces divergences tiennent à des différences individuelles ; mais elles dépendent aussi : de la façon dont les recherches ont été faites : de l'attitude donnée à la tète (FoUin) du degré d'amplitude de l'estomac et des dimensions du foie (Morosow). — FoUin (thèse d'agrégat., 18S3, p. 7), se basant sur des recherches faites en commun avec Verneuil, arrive aux conclusions suivantes : lorsque le sujet se trouve dans la position horizontale la tête dans la position intermédiaire entre l'extension et la llexion, l'extrémité supérieure de l'œsophage correspond à peu près au tubercule antérieur de l'apophyse transverse de la sixième vertèbre cervicale. Lorsque la tête est dans l'extension, au corps de la cinquième v. c, et dans la flexion, au disque intervertébral qui sépare lasixième de la septième v. c.

Morosow a très bien étudié le siège normal des orifices œsophagiens, et les conditions dans lesquelles il varie (thèse de Saint-Pétersbourg, 1887). Voici les résultats de ses recherches. En général, l'extrémité supérieure de l'œsophage répond à l'apophyse épineuse de la sixième ou septième v. c. : l'extrémité inférieure, au bord inférieur du sternum et à l'apophyse épineuse de la dixième v. d. chez l'homme, de la neuvième chez la femme. La

OESOPHACE

distance entre les incisives supérieures et l'orifice supérieur de l'œsophage dans l'attitude normale de la téte est en moyenne de 14,8 cm., elle peut varier de 13,5 à IG cm, L'eitension forcée de la tète peut élever la mo3'enne de 2,5 à 3 cm. La flexion forcée l'abaisse de 1 à 0,5 cm. — Sur des coupes sagittales de sujets congelés^ cette distance, la tête étant en position moyenne, est de 15,3 cm. à 15,5 cm.; la téte, étant en extension forcée de 17 1/2 cm. et en flexion forcée de 14,3 cm. — Chez le nouveau-né (congelé) elle était de 7 cm., la tête en position moyenne.

Trajet. — Direction. — L'œsophage, né sur la ligne médiane tle la colonne cervicale, entre le bord inférieur du cartilage cricoïde on avant, le milieu du corps de la sixième v. c. en arrière, descend, derrière la trachée et devant la colonne, quitte la ligne médiane bientôt, se dévie vers la gauche, et déborde plus ou moins le llaiic gauche de la trachée, en formant avec elle un sillon (sillon tracheo-œsophagien). Puis, il pénètre dans le médiastin postérieur, rencontre la crosse de l'aorte à la hauteur de la quatrième dorsale, passe derrière elle, se dévie à droite et gagne la ligne médio-vertébrale. Ensuite, l'œsophage glisse non pas derrière l'extrémité inférieure de la trachée qui s'est déviée elle-même vers la droite, mais bien derrière la racine de la bronche gauche^ et entre la portion descendante do la crosse aortique à gauche et la crosse de la grande azygos à droite. Arrivé au niveau du bord inférieur de la bifurcation de la trachée, c'està-dire de la racine de la bronche gauche, à la hauteur de la cinquième v. d. (ou de son apophyse épineuse, Sibson, Méd. Anat. 1858, p. 48) l'œsophage passe derrière la masse ganglionnaire interbronchique, puis derrière le péricarde, entre l'aorte thoracique à gauche, et la grande veine azygos à droite. A la hauteur de la septième v. d., il coin'nience à ([uitter la ligne médiane et se dévie à gauche. A la hauteur de la huitième v. d. (bord inférieur du cartilage de la quatrième côte gauche, Henle ; apophyse épineuse de la huitième v. d., Sibson), l'œsophage passe devant l'aorte, qu'il croise obliquement en bas et à gauche. Il continue à se diriger de |)lus en plus à gauche et eu avant, s'écarte de la colonne vertébrale, dont il est séparé par l'aorte et par le tronc de l'azygos ; et atteint l'orifice supérieur du canal diaphragmatique. 11 traverse le diaphragme au niveau du flanc gauche du corps de la dixième v. d. (ou de l'espace compris entre les apophyses épineuses des neuvième et dixième v. d., Sibson) et débouche dans la cavité abdominale, à 8 centimètres derrière l'angle que forme la base de l'appendice xyphoïde avec l'extrémité sternale du cartilage de la septième côte gauche (Luschka). Dans l'abdomen, l'oesophage continue à se diriger à gauche et en avant, en suivant une ligne parallèle au cartilage de la septième côte gauche, et pénètre dans l'estomac au niveau de son bord droit plus près de la paroi antérieure que de la paroi postérieure (Luschka).

Ce trajet nous montre que l'iesophage, vertical en général, n'est pas rectiligne, et que, en prenant pourbaso la colonne cervico-dorsale, il présente des inflexions ou courbures de deux ordres : les unes transversales ou frontales, les autres antéro-postérieures ou sagittales. Les premières sont produites par la déviation de ses portions supérieure et inférieure à gauche de la ligne médiane ; les secondes, par l'écarteinent de la portion inférieure de l'œsophage de la colonne vertébrale. La première courbure transversale se fait entre le cartilage cricoïde et la crosse de l'aorte. Dans ce trajet, rœso|»hage déborde la trachée à gauche, mais dans une étendue variable ; quelquefois, il peut la dépasser de façon à se trouver sur le même \)\dn (pi'elle (Riidinger). En général, l'inflexion est bien

TUBE DIGESTIF

marquée au niveau de la septième v. c. (Morosow) et atteint son maximum au niveau de la troisième v. d. (Braune, Morosow). Au niveau de la crosse de l'aorte (quatrième v. d.), l'œsophage se dévie à droite et redevient médian. Au niveau de la septième v. d. il recommence à se dévier à gauche, et cette déviation se poursuit jusqu'à son abouchement dans l'estomac, c'est-à-dire jusqu'au flanc gauche de la onzième v. d. Cette seconde inflexion latérale, gauche, est plus longue, plus prononcée et plus douce que la première. Sur les coupes de sujets congelés, Morosow a constaté que, dans sa partie inférieure, l'œsophage était situé à gauche à 2 ou 2 cm. 1/2 de la ligne médiane. C'est aussi l'avis de Rûdinger.

L'œsophage suit la colonne vertébrale et ses courbures jusqu'à la troisième et quatrième v. d. ; au-dessous de ce point, il la quitte et se porte de plus en plus en avant. La plupart des auteurs disent pourtant qu'il continue à suivre les courbures vertébrales. D'autres disent qu'il traverse verticalement le médiastin (Mouton); d'autres enfln décrivent et figurent une courbure sagittale à concavité postérieure, que formerait l'œsophage dans son passage à travers le médiastin postérieur (Rûdinger, Pirogoff, Morosow).

Certaines conditions physiologiques ou pathologiques peuvent modifier sensiblement les courbures latérales de l'œsophage. L'attitude de la tête: l'extension forcée en tendant la partie supérieure de l'œsophage efface en partie ses courbures supérieures (Mouton, Morosow), la flexion forcée de la tête pourrait les exagérer. L'extrême réplétion de l'estomac ou l'hypertrophie peuvent diminuer les courbures inférieures (Morosow).

Von Hacker (Wiener med. Wochen., 1887, n° 46) a étudié l'influence des courbures de la colonne vertébrale sur la longueur et sur le trajet de l'œsophage. De ses recherches, il résulte que l'influence des courbures latérales serait généralement petite; jamais l'œsophage ne suit complètement les courbures de la colonne. Mais dans les cas de scoliose très prononcée, et lorsqu'il existe dans le thorax deux courbures successives et se compensant, l'œsophage se trouve souvent dévié dans le même sens et peut, de plus, présenter en même temps une incurvation d'avant en arrière. La déviation anormale de l'œsophage semble être plus prononcée lorsque la courbure vertébrale qui se trouve dans la portion inférieure du thorax a sa convexité tournée à gauche. — D'après Pansch, en cas de cyphose l'œsophage est tellement courbé que le cathétérisme devient impossible. D'après Morosow, le plus souvent, l'œsophage ne suit pas la courbure rachidienne et représente la corde de l'arc formé par les courbures.

Longueur. — Pour la longueur totale, il faut distinguer les mensurations faites in situ, celles faites sur des sujets congelés, et les mensurations des œsophages enlevés et moyennement tendus.

Mesuré en place, l'œsophage présente en moyenne une longueur de 23 à 23 cent.; détaché et moyennement tendu il peut s'allonger de 2 à 3 cm. Les variations sont assez nombreuses ; elles dépendent de la taille et du sexe du sujet, sans parler de l'âge bien entendu.

Voici les chiffres donnés par les auteurs :

Krause, Huschke

Sappey

Jœssel

Morosow (cadavres congelés, moulages.

et dissections)

Arnold, ilolstein

Tillaux

Laimer, in situ

moyennement tendu

Pansch, Cruveilhier

20 à 23 cm.

23 à 20 » moyenne : 2i,.5 à 25

OESOPHAGE

Quain, Luschka

28 à 30 cm. Sujet graniie taille :

33 (Lusclika)

Selimanscr,

En général, l'œsophage est relativement plus long chez la femme que chez l'homme, ainsi : pour un corps de 140- cm. (femme), l'œsophage avait 30 cm. (Laimer). — Morosow (loc. cit.) donne trois tableaux résumant les recherches faites par trois procédés : coupes de cadavres congelés, moulages, et examen in situ par simple dissection ; ses recherches lui ont prouvé : l" que la longueur de l'œ'sophage équivalait au 0,1 S de la longueur totale du corps ou au 0,26 do la longueur de la colonne vertébrale. 2° Qu'en connaissant l'une de ces deux longueurs on peut déterminer la longueur de l'œsopliago avec une erreur possible mais petite de 0,S cm. au plus.

Des mensurations ont été faites sur les enfants en bas âge : sur un nouveau-né (congelé), Morosow a trouvé l'œsophage long de 9,2 cm. — Georg Klaus (loc. cit.) donne pour l'œsophage des enfants au-dessous, de 2 ans, une longueur moyenne de 13 1/2 cm. : pouvant varier entre 10 cm. (enfant 2 mois) et 17,5 (enfant de 22 mois). Chez un enfant de trois ans il avait 20 cm. 5.

Certains auteurs ont cherché des points de repère extérieurs faciles à trouver et qui puissent permettre de déterminer la longueur de l'œsophage. Se basant sur le fait que l'orifice supérieur de l'œsophage se trouve à une distance connue des incisives supérieures (IS cm. chez l'adulte ; 6 1/2 cm. chez l'enfant en bas-âge) on pourrait déduire la longueur exacte do l'cesophage en connaissant la longueur do l'espace qui sépare les incisives supérieures du cardia. — Verneuil (in thèse de FoUin) a trouvé que la distance qui sépare la protubérance occipitale externe de l'apophyse épineuse de la dixième v. d. correspond à la distance entre les incisives supérieures et le cardia. — Leube prétend que la distance mesurée des dents incisives supérieures au sommet de l'appendice xyphoïde correspond exactement à la distance des mêmes incisives au cardia. — G. Klaus a trouvé, à son tour, que, chez les enfants en bas âge, la distance comprise entre le milieu du front (entre les deux bosses frontales) et le sommet de l'appendice xyphoïde est plus courte do 3 centim. que la distance entre les incisives supérieures et le cardia.

La longueur do chacun des quatre segments de l'œsophage est : 4 à 4 cm. 1/2 pour la portion cervicale (du corps de la si.Kiènie v. c. a un plan horizontal passant par le bord supérieur de la fourchette sternale et la partie moyenne du corps de la deuxième v. d.) ; 15 à 16 cm, pour la portion thoracii[ue ou médiastinique ; de 1 à 1 1/2 cm. pour la portion diaphragmatique ; de 2 à .3 cm. pour la portion abdominale.

La longueur de la portion abdominale est la plus discutée. — Cruveilhior lui donne une longueur de 2 cm. — Luschka lui reconnaît une. longueur maxiuium de 3 cm. 11 est incontestable que, hors les différences individuelles, l'abaissement île l'estomac influe sur la longueur de la portion abdominale do l'œsophage, qui peut atteindre 4 cm. (Morosow).

Forme. — Calibre. — Examiné sur le cadavre à l'état de vacuité, l'œsophage se présente sous la forme d'un cordon musculaire à peu prés régulier, fortement aplati d'avant en arrière jusqu'au niveau de la bronche gauche, moins aplati, presque cylindrique dans le reste de la portion thoracique, et dilaté en entonnoir à base inférieure dans la portion abdominale. Examiné, a]irès une moyenne distension (insufflation d'air, injection d'eau, moulage en plâtre), il prend un aspect légèrement moniliforme, avec quatre points rétrécis et quatre segments intermédiaires plus ou moins dilatés. Les quatre rétrécissements sont : lo le cricoïdien, situé au niveau du bord inférieur du cartilage crico'ide, c'està-dire au niveau de l'orifice supérieur de l'œsophage ; aplati d'avant en arrière son diamètre est de 23 mm. transversalement, 17 mm. sagittalement. — 2" l'aortique, formé par une dépression du sillon transversal creusé sur la paroi gauche de l'œsophage par la crosse de l'aorte ; il répond à la quatrième V. d.; son diamètre est de 24 mm. transversalement, 19 mm. sagittalement.

TUBE DIGESIIF

— 3° le bronchique, dû à l'empreinte que détermime la bronche gauche sur la paroi anlérieure de l'œsophage ; cette empreinte est marquée par un sillon oblique de haut en bas et de droite à gauche; il est situé au niveau de la cinquième V. d , ses diamètres sont les mêmes que ceux du rétrécissement cricoïdien. — 4° le sus-diaphragmatique est un étranglement circulaire que présente l'œsophage immédiatement avant de s'engager dans le canal diaphragmatique. A ce niveau, l'œsophage étant à peu près régulièrement cylindrique, ses diamètres

Cardia

Fig. 74. — Deux moules en plâtre de l'œsophage (d'après Morosow)

sont à peu de chose près les mêmes dans les deux sens, transversal (25 mm.) et sagittal(24 mm.). — Les quatre segments intermédiaires aux rétrécissements forment trois dilatations fusiformes et un entonnoir terminal. Ce sont : 1° le fuseau crico-aoriique, peu dilaté, aplati sagittalement, étendu de la septième V. c. à la troisième v. d. ; son diamètre moyen est de 26 à 27 mm. ; 2° le fuseau aortico-hroneliique, très court, s'étend de la quatrième à la cinquième v. d., son diamètre est égal à celui du segment précédent ; 3» le fuseau hruncho -diaphragmatique ; c'est le plus étendu, de la cinquième v. d. à la huitième v. d.,

OESOPHAGE

cylindrique, et le plus dilali', sou diamètre est de 30 mm. dans tous les sens;

Venlonnoiv plirenico-gast rique, dont le sommet effilé se trouve dans le canal diapliragmalique, et dont la base élargie traverse la cavité abdominale et va se continuer avec les parois gastriques ; il s'étend de la buitième v. d. au flanc gauche de la dixième v. d.

La limile de la dilalabililé de l'œsopbage, sans production de solution de continuité de ses parois, est de 2 cm. (Morosow). Un instrument de ce calibre peut donc franchir tous les points rétrécis de l'œsophage, dont les plus marqués et les moins dilatables sont le cricoïdien et le bronchique,

La cause réelle des rétrécissements que présente l'œsophage réside dans la compression qu'exercent sur lui les organes qui l'entourent. Enserré entre le cartilage cricoïde en avant, la colonne vertébrale en arrière et des plans libreux latéralement, l'orifice supérieur de l'œsophage est aplati et rétréci ; et cela d'autant plus que la téte est plus renversée en arrière (I^ollin, Mouton, Morosow) ; — La pression exercée par la crosse de l'aorte et par la bronche gauche déterminent les rétrécissements aorlique et bronchique. Un tractus fibreux tendu entre les deux plèvres, derrière l'œsophage, est la cause du rétrécissement sus-diaphragmatique. Enfin, les parois musculaires du canal diaphragmatique enserrent l'œsophage et produisent le sommet effilé de l'entonnoir terminal.

La description que nous venons de donner de la forme et du calibre de l'œsophage concorde avec celle que donne Morosow dans son remarquable travail mais elle diffère en bien des points de celle des auteurs.

Lesbini (thèse de Paris 1873) a cherché à déterminer les plus fortes dilalafions auxquelles on peut soumeftro l'œsophage sans inconvénient suivant l'âge, le sexe el la taille du sujet ; voici ses conclusions : enfants des deux sexes de 2 à 5 ans : 13 mm. ; de 5 à 8 ans : 16 mm. ; de 8 à 13 : 18 mm. ; de 13 à lo : 10 min. — Feiunies âgées de plus île 10 ans, de petite taille : 20 mm.; de grande lailli.^ : 21 mm. — Hommes âgés de plus de 10 ans :

Iai lumière de l'œsophage sur le cadavre serait réduite, d'après IJenle, à une fente aplatie d'avant en arrière avec des plis longitudinaux formés par la muqueuse, et disparaissant par la tension. Ceci n'est vrai que pour la portion cervicale de l'œsophage. En examinant les coupes de cadavres congelés, Braune, lU'ulinger, Waldeyer, Panscb, .Morosow, etc., ont vu que l'oesophage, aplati d'avant eu arrière dans la région cervicale, est plus ou moins ouvert, dans la portion thoracique, sauf au niveau de la bronche gauche où sa lumière est aplatie d'avant en arrière.

Sur le vivant, à l'état de vacuité, Ilenlc prétendqiie lalumièrede l'œsophage a une forme étoilée due au resserrement de sa tunique musculaiie et aux plis longitudinaux de la muqueuse- L'examen direct à l'aide de l'œsophagoscope a démontré au contrair(> que, dans sa portion thoracique, l'iesophage est largement béant.

Mirkiiliiv. (Wiener, iiied. l'ress(^ 1881, p. l.')41). ]i;n" l'i^^amen de la liiiiiière di' l'irsophage sur le vivant à l'aide de l'iesophagoscope, est arrivé aux conclusions suivantes: 1" la muqueuse est lisse, sans plis ni sillons longitudinaux ; 2> l'entrée do l'œsophage est fermée par le m. constricteur inférieur du pharynx, véritable sphincter; 3» dans toute la portion cervicale, la lumière est fermée, la paroi antérieure est appliquée sur la postérieure par la pression extérieure ; 4° dans la portion thoracique, on trouve un canal ouvert, ce qui est dû à la pression négative de la cavilé thoracique. 5" La paroi œsophagienne est animée do mouvements de plusieurs onlres : pulsatils, dus aux pulsations de l'aorte et du cœur ; respiratoires, l'a'sophage s'élargit au moment de l'inspiration et se rétrécit au moment de l'expiration mais sans se fermer complètement ; et péristaltiques, formés de faibles ondes contractiles. G» Le passage dans l'estomac est toujours largement ouvert.

Rapports. — Portion cervicale. — Entre le cor|)s de la sixième v. c. et le

TUBE DIGF.STIF

bord supérieur de la deuxième v. d,, l'œsophage est situé entre la trachée en avant, la colonne vertébrale tapissée des muscles prévertébraux en arrière, les lobes du corps thyroïde et des lames aponévrotiques qui le séparent des carotides primitives latéralement. — En avant, l'œsophage est en rapport avec la portion membraneuse de la trachée; d'abord situé immédiatement derrière la trachée et couvert par elle, l'œsophage déborde la trachée à gauche dès la

Gang, cerv.siip. symp.

A. carot. inl. g.

Corps tlii:

A. carot. prim. g.

Aorte

A.pulm. g.

Poumon g.

Bronche g. 1/

Caniil thor

N. vague g. C"

Plèvre méd

V pet. azygos. ■

A. thyr. inf. ci.

N. recurr. d.

A . sous-ctav . d.

Tronc br. ceph.

Œsophage N. vague d.

y. gr. azygos A. bronch.

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