V. lU'Ujue ext. d
Col. peh.
J'i'iiloine
A . lUaqite ext. rj.
\ . Jliaquc ext. g.
Colon pelu.
Ampoule rect.
Fig. 140. — Le colon pelvien et le reetuni : sit.ualion et rapports normaux chez l'ailulto. — Le bassin a été largement ouvert en avant par une section l'rontale passant pai' le centre des cavités cotyloïiles.
et étroit : c'est Vappareil ccecal formé du cœciim et de son appendice, VapjJendice vermiculaire. — A celle poche fait snile une portion large d'abord, légèrement rétrécie plus haut, (jui moule presque verticalement dans le flancdroit ou région lombaire droite, au-devant du rein, jusqu'à la face interne du lobe vertical (droit) du foie : le colon ascendant ou colon lombaire droit. — Au niveau du foie, l'intestin s'infléchit et se porte à gauche et en haut; il décrit à ce niveau un premier coude : c'est Va)tgle droit ou angle liépcdique du colon. De là, le colon se porte en haut, à gauche et légèrement en arrière, et traverse l'hypochondre droit, l'épigastre et l'hypochondre gauche, en longeant la grande courbure de l'estomac : colon traitsverse. Arrivé devant le rein gauche, derrière le corps de l'estomac et au-dessous de la rate, le colon s'infléchit
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de nouveau et forme un second coude situé dans l'hypochondre gauche : Vangle gauche ou angle splénique du colon. A cet angle fait suite un segment presque vertical, qui descend le long du bord externe du rein, dans le flanc ou région lombaire gauche : colon descendant ou colon lombaire gauche. Au niveau de la crête iliaque, le colon descendant atteint la fosse iliaque gauche, et la traverse de haut en bas, en y décrivant, le plus souvent, une légère courbe à concavité supérieure, colon iliaque. Arrivé sur le bord interne du muscle psoas gauche, ou mieux sur les vaisseaux iliaques externes le gros intestin se réQéchit sur ces organes et plonge verticalement dans la cavité pelvienne, contre le flanc gauche du bassin ; à une certaine distance du plancher pelvien, il se dirige transversalement à droite, passe au-devant du sacrum, et, après avoir atteint le flanc droit de la cavité pelvienne, se réfléchit en arrière et se dirige de droite à gauche et de haut en bas, pour atteindre, par derrière la portion transversale, la ligne médiane du sacrum, au niveau de la troisième vertèbre. Il décrit de cette façon une grande anse mobile, contenue dans la cavité pelvienne : le colon pelvien. — A partir de la 3" vert, sacrée, le gros intestin suit la concavité sacro-coccygienne, sur laquelle il est appliqué; après un trajet, à peu près rectiligne, il s'engage dans l'épaisseur du plancher pelvien: première portion du rectum ou rectum intra-pelvien, chemine dans l'épaisseur du diaphragme pelvien, et débouche enfin à l'extérieur par un étroit orifice: deuxième portion du rectum ou rectum extra pelvien et orifice anal ou anus.
Le gros intestin présente donc à considérer sept segments : l'appareil cœcal, le colon ascendant, le colon transverse, le colon descendant, le colon iliaque, le colon pelvien et le rectum (intra et extra pelvien), et deux angles ou coudes : a. hépatique et a. splénique.
Les classiques distinguent les segments suivants du gros intestin : — le cœcum, les colons: ascendant, transversc et descendant, l'S iliaque ou anse sigmoïde située dans la fosse iliaque gauche, et enfin le rectum. Ce dernier seul siège dans la cavité pelvienne: il commence au niveaude la symphyse sacro-iliaque gauche et traverse presque verticalement la cavité pelvienne, appliqué plus ou moins intimement sur la courbure sacro-coccygienne. — Dès 1889 (Bull. soc. anat., Paris, 1889, p. 232) et dans une série de travaux ultérieurs (Hernies internes rétro-péritonéales, 1890, p. 1 32 : thèse de Paris, 1892 ; le colon pelvien chez l'embryon et chez le nouveau-né, 1892) , j'ai démontré que la division classique du gros intestin était mauvaise L'S iliaque ou anse sigmoïde, longue et mobile, située dans la fosse iliaque gauche, n'existe pas. Dans cette fosse on ne trouve, en effet, qu'un segment presque rectiligne du gros intestin, intimement appliquée la paroi, le colon iliaque. Le rectum classique n'existe pas non plus. A sa place, on trouve dans la cavité pelvienne une longue anse du gros intestin, très mobile : le colon pelvien, et un court segment rectiligne, immobile, qui ne commence qu'à la troisième v. sacrée, sur la ligne médiane : le rectum. — Dans le seul traité d'anatomie paru depuis mes travaux, ma description a été acceptée (comparez fig. 1357 et 1367 du Traité d'anat. de Testut, 1. 111, p. 549 et 568 avec les flg. 33 et 37 de mon ouvrage : Hernies internes etc., p. 135 et 141) ; l'auteur, à tort, d'après moi, réunit le colon iliaque et le colon pelvien en un seul segment qu'il propose d'appeler colon ilio-pelvien. Je tiens à faire remarquer combien ce terme est impropre. En effet, quand j'ai appelé le segment iliaque du gros intestin colon iliaque, et le segment pelvien colon pelvien, c'était pour deux raisons : d'abord à cause de leur siège respectif, ensuite parce que chacun de ces segments présente des caractères absolument distincts : l'un, le colon iliaque est immobile, fixé à la fosse iliaque ; l'autre, le colon pelvien, forme au contraire une anse mobile munie d'un long méso. Pourquoi confondre ces deux segments si dissemblables, je ne le comprends pas. Pour être logique, il ne faudrait pas s'arrêter en route: au colon pelvien on devrait ajouter tous les autres segments du gros intestin situés au-dessus de lui, et les désigner d'un seul nom.
Configuration externe. — La surface externe du gros intestin présente un
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aspect bosselé. Cet aspect estdûà la présence de trois bandes longitudinales, les ligaments du colon (ligamenta vel tceniœ coli), dans l'intervalle desquelles on trouve une tri])le série ou trois colonnes de parties alternativement saillantes et rentrantes. Les parties saillantes forment des bosselures, et les parties rentrantes des sillons perpendiculaires aux bandes longitudinales. Les trois bandes, larges de 1 cm., lisses et unies, sont constituées par des faisceaux musculaires. Elles s'étendent sur tout le gros intestin, depuis le cœcum jusqu'au rectum. Leur disposition varie sur les divers segments de l'intestin. Elles naissent à la base de l'appendice vermiculaire ; sur le cœcum et sur le colon ascendant, l'une d'elles longe la ligne médiane de la face antérieure de l'intestin, les deux autres occupent saface postérieure dont elles longent le coté interne (bande postero-interne), et le côté externe (bande postero-externe). — Sur le colon transverse, la bande antérieure devient supérieure ; la posteroexterne devient poslero-su|)érieure ; la postero-interne, postero-inférieure. — Sur le colon descendant, elles reprennent leur situation primitive. Cruveilhier avance qu'à ce niveau on ne trouve plus que deux bandes. C'est une erreur. — Sur le colon iliaque, les bandes commencent à devenir moins nettes, et leur disposition plus variable. Cette irrégularité s'accentue encore plus sur le colon pelvien Sur le rectum enfin, les bandes se réduisent à deux: une antérieure, formée par la fusion de l'antérieure et de l'externe, l'autre postéi'ieure, formée par l'interne seule qui longe alors la ligne médiane de cette face. Vers l'extrémité infé rieure du rectum, les deux bandes s élargissent, et finissent par former une coucbe ininterrompue, dont les fibres se perdent dans le plancher pelvien comme nous le dirons plus loin. Les bosselures, comprises entre les bandes, sont aussi beaucoup moins indiquées sur le colon iliaque et surtout sur le colon pelvien et le rectum. Le long du bord libre du gros intestin, sur les points d'union des bandelettes avec les bosselures , on trouve, do distance en distance, des appendices ])lus ou moins longs : les appendices épiploiqiws ou graisseux. Ils manquent chez le fœtus et chez l'enfant, et n'apparaissent qu'à l'âge adulte. Ce sont des culs-de-sac de la séreuse, soulevés en doigts de gant |)ar des amas de graisse. Ils peuvent devenir, chez les personnes obèses surtout, nombreux et assez longs.
La formation des bosselures du gros intestin serait due à la présence de ces trois brides musculaires, moins longues que le tube intestinal, et qui l'obligent à se replier d'espace en espace, à se bosseler. lùi sectionnant de distance en distance les bandes longitudinales, les bosselures disparaissent, le gros intestin s'allonge et forme un tube cylindrique, régulier, analogue à l'intestin grêle. — D'après Sappey, les bosselures ne sont pasduesà la brièveté relative des bandelettes : elles doivent être considérées comme autant de dilatations partielles, de diverticules largement ouverts dans la cavité dont elles dépendent, et en rapport avec les fonctions de cette cavité qui joue le rôle de réservoir; les bosselures ne font qu'accroître sa capacité. — Pour Gcgenbaur, phylogénétiquement, les bosselures ont été déterminées par le contenu de l'intestin. Les masses de matières fécales plus solides, plus résistantes, s'accumulant dans le cœcum et dans le colon, ont dû agir mécaniquement sur les parois et déterminer la formation de dilatations, de bosselures ; elles ont provoqué en même temps un écartcmcnt des faisceaux musculaires longitudinaux et Icuigroupement en bandelettes.
Configuration interne. — La face interne du gros intestin présente une disposition inverse de colle que nous venons de voir sur sa face externe. Les trois bandes longitudinales font saillie en dedans. Aux trois colonnes de bos-
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selures correspondent trois séries de cavités ou poches hémisphéri(jues, les cellules du colon; aux sillons anguleux qui les séparent correspondent des crêtes transversales, qui ne disparaissent pas par la distension de l'intestin, les ^^Zis du colon. Ces poches et les plis qui les séparent sont d'autant plus marqués que l'intestin est plus dilaté. Les plis ont généralement une disposition alternante, et sont situés à des intervalles presque réguliers de 1 et 1/2 à 3 cm. (Henle) ; exceptionnellement, on en trouve deux ou trois situés sur le même plan (Luschka). Chaque pli se trouve entre deux bandelettes, il est semi-lunaire et présente un bord convexe adhérent, un bord concave libre et deux extrémités effilées. Leur hauteur est de 8 mm. en moyenne (Henle). Ils sont formés par toutes les tuniques de l'intestin adossées à elles-mêmes. — Telle est la configuration interne du colon; le cœcum et le rectum présentent des particularités qui seront décrites plus loin.
Structure. — La paroi du gros infestin, épaisse de 1 à 1, 5 mm. sur le colon, de 3 à 4 mm. sur le rectum (Ilenle), est formée des quatre tuniques que nous avons trouvées sur l'intestin grêle : séreuse, musculaire, celluleuse ou sousmuqueuse et muqueuse.
Tunique séreuse. — Epaisse de 0,1 mm. (Henle), cette tunique est formée par le [léritoine. Celui-ci se comporte d'une façon différente sur les divers segments du gros intestin ; tantôt il l'enveloppe complètement et, au niveau du hile de l'intestin, s'adosse à lui-même pour former des mésos plus ou moins longs ; tantôt, au contraire, il ne recouvre qu'une partie de la circonférence du tube intestinal.
Tunique musculaire. — Mince sur le colon (0,03 mm. Henle), cette tunique s'épaissit sur le rectum et surtout au niveau de l'anus (0,2 mm. Henle). Elle est formée de deux plans musculaires : l'un superficiel à fibres longitudinales, l'autre profond, à fibres circulaires.
Le j}la7i musculaire longitudinal ne forme pas une couche continue. Les fibres qui le constituent sont réunies en trois faisceaux. Ce sont les bandelettes ou ligaments du colon dont nous avons déjà indiqué la disposition. Le flan musculaire circulaire est continu ; mince et uniforme, sur le cœcum et sur le colon, il augmente d'épaisseur sur le rectum et l'anus, où il forme un anneau ou sphincter, le sphincter interne de l'anus.
Tunique celluleuse ou sous-rauqueuse. — Cette tunique est identique à celle de l'intestin grêle, avec laquelle elle se continue.
Tunique muqueuse. — La muqueuse du gros intestin, pâle, d'un blanc terne ou cendré (Sapj)ey) est plus épaisse que celle de l'intestin grêle. A l'état de vacuité de l'intestin elle est plissée longitudinalement, ces plis disparaissent par la distension. Sa surface interne ou libre est lisse, elle ne présente ni valvules conniventes, ni villosités. Chez le lapin, Frey a trouvé, sur le premier quart du colon, des saillies nombreuses, assez larges, serrées les unes contre les autres et semblables aux villosités intestinales, mais traversées par les glandes tubulées. — Par places, la muqueuse présente des petites excavations ou fossettes (10 à 30 par cm. carré, Henle), large de 0,3 mm. (Henle), au fond desquelles se trou ve un petit soulèvement produit par la tête d'un follicule soli-
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(aire. Enfui, elle est criblée d'iiiiioinbrables orilices, bien visibles, siirlout à la loupe, représentant l'embouchure des glandes tubulées. — Sa surface externe adhère à la tunique celluleuse par les vaisseaux et les nerfs qui l'abordent.
Sa structure présente une grande analogie avec la structure de la muqueuse de l'intestin grêle, Elle est constituée par : l'épithélium, le chorion, la musculaire muqueuse, un appareil lymphoïde, des glandes et un appareil vasculonerveux. — \jépithéliiim esl iovmé de cellules C3dindriques à ])lateau mince (Erey), de cellules caliciformes (Schultze) et de cellules lymphatiques migratrices situées entre les cellules épiihéliales. — Le dtorion ou derme présente la même structure que celui de l'intestin grêle : il est formé d'un tissu lymphoïde à reticulum [dus serré, interposé entre les tubes glandulaires et les follicules solitaires. — La musculaire muqueuse, très mince, est analogue à celle de l'estomac (Schwarz, Lipsky). Elle est formée de deux plans de fibres: les unes longitudinales, plus faibles que celles de l'inlestin grêle, les autres circulaires. Elle loge les tubes glandulaires et les follicules solitaires. — L'ajjjxireil hjmpJioïde est formé par du tissu lymphoïde dillus, interglandulaire, et par des follicules li/mphatiques solitaires, ])lus gros que dans l'intestin grêle. On n'y trouve pas de follicules agminés ou pla([ues de Peyer. — Les glandes en tube du gros intestin ne sont qu'une modilieation des glandes de Lieberkûhn. Elles sont plus longues, plus larges et plus composées, que ces dernières. La moitié au moins des glandes du gros intestin présentent, à leur extrémité profonde, une bifidité à l'état de vestige pour les unes , complète pour d'autres. Quelques-unes se divisent en trois branches (Sappey) nu quatre branches (Riïdinger, chez le chien). Elles ont eu moyenne, 0, 3 à 0, 4 mm. de long sur 0,09 àO, io mm. de large. Elles sont tellement serrées les unes contre les autres qu'elles constituent une véritable couche glandulaire (slratum glandulosum), et sont séparées par des espaces étroits remplis de tissu lymphoïde dans lesquels rampent des capillaires sanguins et les nerfs (jui les entourent. Elles présentent : une membrane propre claire et transparente formée de cellules plates à noyaux (endoihélium sous-épithélial de Debove), se continuant sur la surface de la muqueuse comme membrane basale de l'épithélium superficiel (SchalTer) , un épiihélium à cellules cylindriques ou protoplasmi([ues et des cellules caliciformes (Schultze, 18G7). Ces dernières sont beaucoup plus nombreuses dans les glandes du gros intestin que dans les gl. de Lieberkiibn de l'intestin grêle. Souvent même l'épithélium des glandes du gros intestin est uni(jaemeut formé de cellules caliciformes; les cellules cylindriques, quand elles existent, se trouvent dans le fond de la glande (Schultze, Klose, Ileidenhain, Bizzozero). Les cellules glandulaires présentent souvent des figures kariokinétiques (Bizzozero). L'orifice glandulaire est bordé |)ar un anneau de cellules cylindriques à direction rayonnante (Prey).
Vaisseaux et nerfs. — Les artères du gros intestin viennent de deux sources : de l'aorte abdominale, par les artères mésentéri([ues supérieure et inférieure, et de rilia([ue interne ou hypogastrique, par l'artère honteuse interne. Les branches de cette dernière sont destinées exclusivement au rectum. De la concavité de l'arc décrit par le tronc de l'artère mésentériquc supérieure nais-
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sent les branches destinées à irriguer la moitié droite du gros intestin. Ce sont : 1" Vartère colique moyenne, ou a. du colon transverse qui naît vis-àvis des artères intestinales supérieures, dans la concavité de l'anneau duodénal, pénètre dans l'épaisseur du mésocolon transverse, se dirige en avant et légèrement à droite, et se divise, à une certaine distance du bord mésentérique du colon transverse, en deux branches, l'une droite, l'autre gauche, qui s'anastomosent à pleiu canal avec les artères coliques droite et gauche; — 2° Vartère colique droite ou a. du colon ascendant, qui naît tantôt du tronc de l'artère mésentérique supérieure, tantôt de l'une de ses branches, de l'a. colique moyenne pu de l'a. iléo-colique. D'après M. J. Weber, elle naîtrait d'ordinaire de cette dernière artère. Je l'ai vue naître, au contraire, le plus souvent, de l'a. colique moyenne. Elle se dirige à droite et légèrement en bas, passe sur le duodénum et, plus ou moins près du colon ascendant, se divise en deux branches, l'une ascendante, l'autre descendante, qui s'anastomosent avec les artères colique moyenne et iléo-colique; — 3° Vartère iléo-colique ou a. iléo-colo-cœcale, qui naît vers l'extrémité inférieure de l'a. mésentérique supérieure et descend à droite vers l'angle iléo-colique, où elle se divise en un bouquet de branches. Parmi celles-ci, les unes sont destinées à Tappareil cœcal, d'autres à la portion terminale de Tiléon et au colon ascendant. La branche iléale s'unit à la terminaison de la mésentérique supérieure, et forme de cette façon une arcade qui longe l'iléon auquel elle abandonne des ramifications ; la branche colique ou ascendante monte le long du bord interne du colon ascendant et s'anastomose avec l'artère colique droite.
L'artère mésentérique inférieure naît un peu au-dessus de la bifurcation de l'aorte abdominale, derrière la portion prévasculaire du duodénum. Elle se dirige en Las et légèi'ement à gauche, passe au-devant de l'aorte, et se divise en deux branches presque d'égal volume : le tronc commun des artères coliques gauches et sigmoïdes, et l'artère hémorrhoïdale supérieure. Le tronc des artères coliques gauches et des artères sigmoïdes longe l'artère iliaque primitive et s'engage dans l'épaisseur du mésocolon pelvien, où il se divise en artères sigmoïdes ou artères du colon pelvien. Ces artères se bifurquent et s'anastomosent en bas avec l'artère hémorrhoïdale supérieure, en haut avec l'artère colique gauche inférieure ou artère du colon iliaque. Celle-ci naît du tronc commun avant sa pénétration dans le mésocolon pelvien, se dirige presque transversalement à gauche, vers le colon iliaque, et se divise en deux branches, dont une descendante s'anastomose avec l'artère sigmoïde gauche, tandis que l'autre, ascendante, s'unit à l'artère coUciue gauche supérieure. Cette dernière naît du tronc commun au-dessus de la précédente ; elle se porte d'abord transversalement en dehors, passe devant l'artère spermatique ou utéro-ovarienne, puis monte, accolée à la veine mésentérique inférieure, parallèlement à la portion ascendante du duodénum et au colon descendant. Elle se divise, à une distance variable, en deux branches ascendante et descendante qui s'anastomosent avec les artères colique moyenne et colique gauche inférieure. — L'artère hémorrhoïdale supérieure descend sur la colonne lombaire et sur le sacrum ; elle est destinée au rectum.
Ces différentes artères, ainsi anastomosées, forment dans leur ensemble un vaste cercle vasculaire compris dans la concavité du cercle que décrit le gros
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intestin, dont il longe le bord adhérent. — De ce cercle se détachent de distance en distance, à des intervalles irréguliers, des branches parallèles entre elles et perpendiculaires à l'axe longitudinal du tube intestinal. Ces branches intestinales se subdivisent avant d'aboi'der l'intestin ; souvent les subdivisions des branches voisines s'anastomosent entre elles pour foruierensemble une nouvelle arcade vasculaire, plus rapprochée du tube intestinal. Quoi qu'il en soit, les branches intestinales abordent les divers segments du colon et s'y divisent en deux ordres de rameaux qui passent sur la circonférence externe de l'intestin, au-dessous de la couverture séreuse. Au niveau du bord libre de l'intestin, ces rameaux s'anastomosent entre eux, soit directement soit par l'intermédiaire d'un fin réseau résultant de leurs subdivisions successives. Du réseau sous-séreux parlent un grand nombre d'artérioles qui traversent la tunique musculaire, y abandonnent un certain nombre de branches, et arrivent dans la tunique celluleuse où elles forment un vaste réseau sous-muqueux. Dece dernier réseau se détachent les ramifications artérielles qui abordent la muqueuse. La disposition des réseaux capillaires dans les follicules solitaires et autour des glandes est la mémo que dans la muqueuse de l'intestin grêle.
î^es veines du gros intestin naissent de la muqueuse et de la tunique musculaire; elles Iraverscnt cette dernière, et, après avoir reçu quelques fines veinules venues de la tuni(pie séreuse, forment un réseau sous-séreux ; elles convergent vers le bord adhérent ou bile de l'intestin, et, en suivant le trajet des artères, se rendent dans les troncs collecteurs. Ceux-ci sont représentés par les deux veines mésentériques, supérieure et inférieure, tributaires du système veineux porte, el, jiour l'extiémité inférieure du redum, par les veines hémorrhoïdales inférieures, tributaires du système veineux cave. Les veines du colon ascendant et celles de la moitié droite du colon transverse se rendent dans la veine mésentérique supérieure par la veine colique droite ou v. du colon ascendant elisiveine colique moyenne on v. du colon transverse, qui suivent les artères du même nom. Les veines de la moitié gauche du colon transverse, celles du colon descendant, du colon iliaque et du colon pelvien se rendent dans la veine mésentérique inférieure. La veme mésentérique inférieure ou petite mésaraïque, naît de la v. hemorrhoïdale supérieure, tronc collecteur de la grande majorité des veines du rectum; après avoir reçu les veines coliques gauches, elle forme un tronc dont le trajet dilTère de celui de l'artère du même nom. Il se dirige de bas en haut, passe sous le péritoine pariétal, le long et à gauche de la portion ascendante du duodénum, plus ou moins près de lui, puis, après avoir croisé les vaisseaux rénaux gauches, décrit une crosse à concavité inférieure et s'engage derrière le pancréas, où il se jette tantôt directement dans la veine splénique, tantôt dans la veine mésentérique supérieure. Trois veines allérentes débouchent sur son bord gauche : la v. colique gauche supérieure y amène le sang delà moitié gauche du colon transverse et du colon descendant, et se jette dans le tronc mésentérique supérieur près de la crosse ; la v. colique gauche moyenne ou v. du colon iliaque l'aborde plus bas ; les veines coliques gauches inférieures on veines dti co]o)i pelvien, au nombre de trois, suivent les artères du même nom, et, comme celles-ci, se réunissent en un seul tronc qui se jette dans la v. mésentérique inférieure, là où cette dernière croise l'artère ilia(|ue [)rimitive gauche.
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Toutes les veines coliques s'anastomosent entre elles, comme les artères coliques, près du bord adhérent du colon ; elles forment ainsi un vaste cercle veineux, constitué par une série d'arcades analogues aux arcades artérielles et concentrique au cercle décrit par l'intestin.
Les veinules qui naissent de la couverture péritonéale du gros intestin méritent une description spéciale. Elles servent, en efl'et, à établir une communication fréquente entre les systèmes veineux porte et cave. Mariau (loc. cit.) distingue : 1° les veines périlonéales orientées vers le système porte. On les trouve au niveau du colon ascendant, colon descendant et rectum. A ces endroits, on voit souvent une veine intestinale quitter les dernières arcades, comme ses congénères, se diriger vers l'intestin, le croiser sans s'y distribuer, et, comme si elle manquait le but, passer au-devant de lui avec le péritoine dans lequel elle se ramifleau delàdu tubedigestif. — 2» Les veines péritonéales orientéesvers lesystème cave ou veines de Retzius. On les trouve partout où l'intestin se trouve rapproché de la paroi abdominale. Retzius a vu des rameaux provenant de la portion gauche du colon se rendre dans la veine rénale gauche. Ces rameaux forment un gros et épais réseau de veines très fines dans le tissu cellulaire sous-péritonéal ; les branches veineuses auxquelles se rendent lesramuscules de ce réseau se jettent, partie dans la veine porte, partie dans la veine cave inférieure, et on les voit s'anastomoser sur la paroi postérieure de l'abdomen avec les veines du colon, et en même temps s'unir souvent aux veines des reins et à celles du bassin. — Mariau décrit un fin réseau, extrêmement riche, contenu dans le plan péritonéal qui passe au-devant des portions de l'intestin mésentère. Parties du péritoine qui recouvre les colons et le rectum, elles se dirigent les unes en dehors, les autres en dedans de ces organes, bientôt fondues dans les plexus veineux du péritoine pariétal. Sur l'intestin môme, certaines d'entre elles communiquent avec les ramifications viscérales de la veine porte ; de plus, on peut les voir prendre des racines dans l'épaisseur des tuniques intestinales, accaparant ainsi une part du domaine de cette dernière veine. — Donc le sang veineux du gros l'intestin ne va pas exclusivement dans le système porte, une partie, infime il est vrai, va dans la veine cave par le système de Retzius. — 3o Les anastomoses entre les veines du gros intestin et les veines du système cave ont été démontrées par Haller, Stahl, 'Winslow, Abernethy, Rindfleisch, Duret, Tuffier et Lejars. Au niveau des colons ascendant et descendant, veines de Retzius et radicales portes péritonéales de la veine porte s'anastomosent : en dehors de l'intestin avec les réseaux tributaires des épigastriques, mammaires internes, tégumenteuses abdominales, etc. ; en dedans avec le réseau tributaire des spermatiques. Des troncs de la v. mésentérique inférieure ou de ses branches partent les voies de communication les plus importantes. De toutes ces veines partent des veinules souvent très appréciables, qui se dirigent en sens inverse des rameaux destinés à l'intestin, gagnent le péritoine pariétal, se capillarisent, passent par un calibre minime, puis redevenant plus volumineuses et plus rares aboutissent à la veine rénale. Grâce aux communications de ce genre, on peut injecter la veine spermatique ou utéroovarienne dans toute sa hauteur, les veines uretériques, les groupes de la capsule adipeuse (Mariau). — Tuffier et Lejars (Arch. do Phys., 1 891) signalent des anastomoses portorénales directes, c'est-à-dire des rameaux partis d'un tronc colique et abouchés dans la rénale, sans se capillariser ni changer de calibre durant leur trajet.
Les lymphatiques du gros intestin forment, d'après Teiclimann, deux réseaux : l'un superficiel et l'autre profond. Le réseau superficiel est situé sous la couche glandulaire de la muqueuse, il reçoit des vaisseaux ténus qui cheminent entre les glandes. Frey a vu sur le colon du lapin, dans l'axe des élevures papillairesde la muqueuse, un ou plusieurs canau.x lymphatiques terminés en culsde-sac et tout à fait analogues aux chylifèresdes villosités de l'intestin grêle. Ils se rendent dans le réseau sous-muqueux. — Le réseau profond, à larges mailles, traverse la tunique celluleuse dans toutes les directions. Dans la tunique musculaire et sous la séreuse, les vaisseaux lymphatiques offrent la même disposition que ceux de l'intestin grêle. Les lymphatiques du gros intestin se rendent dans les ganglions qui longent le bord adhérent de l'intestin.
Les nerfs du gros intestin viennent du sympathique par les plexus : mésentérique supérieur, émané du plexus solaire, et mésentérique inférieur qui naît du plexus lombo-aortique. Tous ces nerfs suivent le trajet des artères.
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Ils forment dans la tunique cellulense et dans la tunique musculaire des plexus ganglionnaires, identiques au plexus de Meissner et d'Auerbach de l'intestin grêle.