‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 4)Chapitre 47 sur 84 · II. — CONFlGUPwVTlON EXTÉRIEURE DU LARYNX · texte numérisé non relu

II. — CONFlGUPwVTlON EXTÉRIEURE DU LARYNX

La surface du larynx peut être partagée en deux régions : l'une, antérieure ou cervicale ; l'autre, postérieiu-e ou pharyngienne. Pour étudier la première il suffit de disséquer successivement les divers plans, cutané, musculaires et aponévrotiques de la fcace antérieure du cou qui la masquent; pour examiner la seconde il faut, après avoir enlevé le larynx en conservant ses connexions avec la langue et le pharynx, inciser la paroi postérieure de ce dernier sur la ligne médiane. On a alors sous les yeux dans sa totalité la face pharyngienne et l'orifice pharyngien du larynx (fig. 163).

§ \. Surface antérieure. — La surface antérieure du larynx comprend trois zones: inférieure, moyenne et supérieure. Les deux premières seules sont superficielles et facilement accessibles à la vue et au toucher.

La zone inférieure, régulièrement convexe dans le sens transversal, est formée par un cartilage, lec. cricoïde, recouvert directement à droite et à gauche de la ligne médiane par un muscle, le m. crico-thyroïdien. Un interstice, comblé par une lame fibro-élastique, la sépare de la zone moyenne. Cet interstice cricotliyroïdien est plus élevé dans sa partie moyenne c{ue sur les côtés ; il peut atteindre, grâce à l'extensibilité de la lame qui le ferme, une hauteur de 8 à 10 mm. et constitue un chemin commode pour pénétrer sans difficulté et sans crainte de léser quelque organe important, dans la cavité du larynx.

La zone moyenne, au lieu d'être cylindrique comme la précédente, est anguleuse, et fait sous la peau une saillie plus ou moins prononcée suivant les sujets (pomme d'Adam). Elle répond à l'iui des cartilages les plus importants du larynx, au G. thyroïde, formé, ainsi que nous k' x errons plus loin, par la réunion sous un angle variable de deux lames qui divergent, à partir de la ligne médiane, en dehors et en arrière.

Ces deux zones dans tdute la Iianti'ur de leur partie moyenne ne sont recouvertes que par une binie aponévniliijuc épaisse et résistante (ligne blanche cervicale) assez solidement unie au cartilage thyroïde et par la peau. Celle-ci peut facilement glisser en tous sens sur les plans sous-jacents ; parfois même elle est sé|)arée de l'angle saillant du c. thyroïde, lorsqu'il est très accentué, jiar une véritable bourse séreuse.

11 est à remarquer en passant ([ue la zone inférieure est située un peu plus [)rofondémeut (pie la zone moyenne (Voir fig. 1 j9). Sur les parties latérales les rapports sont moins simples. Nous rencontrons successivement de chaque côté

au-dessous de la peau ; la zone la plus interne du muscle peaucier, les m. sternohyoïdiea et omo-hyoïdien, puis la partie supérieure du m. sterno-thyroïdien et le m. thyro-hyoïdien, enfin, appliqués directement sur le c. cricoïde, le m. cricothyroïdien. Lorsque tous ces plans musculaires ont été enlevés on aperçoit en outre les lobes latéraux du corps thyroïde qui remontent le long des faces latérales du c. thyroïde jusqu'à une hauteur variable.

A partir des limites supérieures delà zone moyenne, déterminées par les bords supérieurs des lames du c. thyroïde, rien n'est visible à l'extérieur. Au-dessous

Fig. 163. — Face postérieure (pharyngée) du larynx, avec son orifice. La paroi postérieure du pharynx a été incisée sur la ligne médiane et ses deux moitiés ont été écartées en dehors.

des muscles de la région on trouve une membrane qui unit le c. thyi'oïde à l'os hyoïde, et en haut l'os hyoïde lui-même. 11 faut poursuivre plus profondément la dissection ou pratiquer une coupe médiane sagittale et alors on constate que le larynx se prolonge vers le haut en arrière de la membrane en question et de l'os hyoïde (fig. 159 et 160). Sa paroi propre est représentée dans toute cette étendue par une lame cartilagineuse, le c. épiglottique, qui s'incline obliquement en arrière et en haut, par suite s'éloigne de plus en plus de la surface antérieure du cou.

La face postérieure de cette lame est revêtue entièrement par la muqueuse laryngée. Sa face antérieure, au contraire, profonde et masquée par des par-

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ties iiirilles dans sa moitié inférieure environ, n'est liljre et recouverte d'une muqueuse que dans sa partie supérieure. Le nom d'épiglotte a été spécialement réservé à celte partie qui fait saillie à. la limite postérieure de la cavité buccale en arriére de la base de la langue. Nous la décrirons en même temps que la surface postérieure du larynx.

§ IL Surface postérieure. — La surface postérieure du larynx limite en avant la cavité du pharynx et la muqueuse qui la recouvre appartient à ce dernier organe. Elle se divise en trois régions, une médiane saillante et deux latérales symétriques, creusées en gouttières (fig. 1G3).

A. Région médiane. — La région médiane offre à considérer successivement de haut en bas : l'épiglotte, l'orilice pharyngien du larynx ; une surface correspondant à deux cartilages, les c. aryténoïdes; une surface correspondant au c. crico''de.

L'épiglotte se présente sous l'aspect d'une lame haute de 10 à 13 mm. sur la ligne médiane, inclinée obliquement en haut et en arrière. Son orienlation varie d'ailleurs selon les déplacements de la langue et du larynx.

Pendant l'acte de la déglutition elle s'abaisse en arrière pour venir, comme un couvercle, fermer rorifice du larynx.

Elle possède deux faces, l'une antérieure ou buccale, l'autre postérieure ou laryngée, et un boi'd libre. La face antérieure est généralement concave de haut en bas et convexe de droite à gauche ; la face postérieure est au contraire convexe de haut en bas et coucave dans l'autre sens. Ces courbures sont plus ou moins accentuées. Parfois l'épiglotte est comme pliée en deux dans le sens de sa largeur de façon que sa face postérieure forme une gouttière verticale.

La face antérieure revêtue par la muqueuse buccale est rattachée à la langue et au pharynx par des replis dont il sera question plus loin. La face ])ostérieure recou^■erte par la muqueuse laryngée répond à la partie anléro-supérieure de la cavité du larynx.

Le bord libre arrondi, ordinairement échancré dans sa partie médiane, se renverse plus ou moins vers la cavité buccale. Il limiteen avant l'orifice laryngé et se continue de chaque côté avec le bord libre des replis aryténo-épiglottiques.

L'orifice pharyngien du larynx (fig. 163 et IGi) est orienté très obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. Sa forme est celle d'un ovale allongé dans le sens antéro-poslériiMir dont l'extrémité postérieure se prolonge eu une feule verticale, Vincisure ou fente interarijténoïciienne encore appelée rimule, qui descend sur la ligne médiane de la paroi postérieure du larynx.

En avant et en haut cet orifice est circonscrit jiar le bord libre de l'épiglolle ; sur les côtés par des replis de la muqueuse qui unissent les extrémités latérales de l'épiglotte aux bords de la rimule. Ces replis aryténo-épiglottiqties présentent à droite et à gauche deux saillies dues à la présence de nodules cartilagineux qui soulèvent la muqueuse. L'une située à peu près à l'union des trois quarts antérieurs avecle quart postérieur de leur bord libre a reçu le nom de tubercule de Morgagni (Voir la description du cartilage de ce nom); l'autre se voit tout à fait en arrière à l'union du repli aryléno-épiglotlique avec la lèvre de l'incisure interaryténoïdienne ; c'est le tubercule de Saiitorini.

ORGANES DE LA RESPIRATION

L'incisure interaryténoïdienne est comprise, comme son nom l'indique, entre les extrémités supérieures des deux cartilages aryténoïdes.

Les dimensions et la forme de l'orifice pharyngien du larynx varient non seulement suivant les sujets, l'âge et le sexe, mais encore chez, un même individu suivant les mouvements qu'effectuent, pendant la respiration, la phonation, ou la déglutition, les c. aryténoïdes et l'épiglotte. Lors d'une forte inspiration sa longueur atteint de 3 à 4 cm., sa largeur 1 l/2à2 cm., tandis que pendant l'émission de sons aigus, par exemple, toutes ses dimensions se réduisent considérablement.

L'incisure interaryténo'idienne présente également des différences notables

Fig. 164. — L'orifico pliaryngien du larynx vu d'en arrière et d'en liaut, la paroi du pharynx étant intacte (d'après Merkel).

d'aspect, selon que les cartilages qui la limitent sont rapprochés ou écartés l'un de l'autre.

La région située au-dessous et en arrière de l'orifice du larynx répond à la face postérieure des cartilages aryténoïdes et du muscle qui les recouvre. Elle a la forme d'un triangle à base inférieure quand, ces cartilages étant rapprochés, les lèvres de la rimule se touchent, et devient quadrilatère dans le cas contraire. Sa surface est inclinée obliquement en arrière et en bas. Ses bords latéraux se continuent avec la paroi interne des gouttières pharyngo-laryngées. Toute cette région est revêtue par la muqueuse pharyngienne séparée du muscle sous-jacent par une couche épaisse d'un tissu cellulaire très lâche, presque diffluent, qui lui permet de glisser facilement et de se plisser en tous sens. Cette couche sous-mu-

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queuse s'œdématic avec la plus grande facilité. Dans son épaisseur on rencontre, sur la ligne médiane, un grou])c imj)()rlaiit de glainles muqueuses.

La surface cricoïdienne se présente sous l'aspect d'une saillie eylindroïde, verticale, fortement proéminente dans la cavité du pharynx. Son bord supérieur forme eu se réunissant à la surface aryténoïdienne une sorte de bourrelet transversal. En bas elle se continue sans ligne de démarcation bien tranchée avec la paroi antérieure de l'œsophage.

La uuiqueuse de cette région, comme celle de la précédente, est unie au cartilage et aux muscles qu'elle recouvre par du tissu cellulaire lâche, qui s'infiltre et se gonfle aisément, aussi n'est-elle bien unie qu'à l'état frais et chez des sujets munis d'un larynx parfaitement sain.

B. — Régions latérales. — Les régions latérales de la surface postérieure du larynx, connues sous les noms de : sinus ou gouttières phanjngo-laryngées, sinus piriformes, sillons latéraux du ])harynx, sont situées symétriquement de part et d'autre de la région médiane. D'abord larges et déprimées en fossettes profondes elles atteignent en haut un plan horizontal qui passerait un peu audessus des tubercules de Morgagni ; en bas elles deviennent jteu à peu moins larges et moins profondes et se perdent finalement sur les parois latérales de l'extrémité inférieiu-e du pharynx.

Les gouttières pharyngo-laryngées sont limitées en haut par le re|ili pharyngoépiglottiqne ; en dehors sur toute leur hautoir par la face interne des plaques latérales du c. thyroïde; en dedans et successivement de haut en bas, par la face externe des replis arytéuo-épiglotticiues, ]iar les jtarties latérales des c. aryténoïdes et par le bord externe de la pla([iie du c. cricoïde.

La muqueuse qui tapisse ces gouttières glisse facilement sur les couches sousjacentes. Parfois elle est soulevée par le nerf laryngé supérieur et forme alors un petit repli oblic[ue en bas et en dedans, qui j)artage la zone supérieure excavée de la gouttière en deux fossettes superposées.

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