‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 4)Chapitre 5 sur 84 · APPAREIL PULMONAIRE · texte numérisé non relu

APPAREIL PULMONAIRE

lii [larol voiilralc du pharynx, en niéinc temps qu'il se pédiculise cl n'est plus relié au pharynx que par un (ractus épithélial assez grêle. 11 descend ainsi de plus en plus bas, par un mouvement de translation purement passif, qui rcsullc de la détlexion de la lètc de l'embryon et de l'allongement par conséquent de la région cervicale. Dans la règle, le tractus épithélial qui relie la glande thyroïde au pharynx disparaît, et l'organe se trouve désormais isolé. Le lieu d'implantation du pédicule de la glande sur la paroi de la cavité pharyngienne persiste comme une dépression placée entre le tubercule impair et la i)ortion fusionnée des deuxième et troisième arcs, que l'on trouvera par conséc|uent plus tard sur le dos de la langue, entre la pointe et la base, au sommet du V lingual ; nous connaissons donc maintenant la signification de cette dépression, que nous avons appelée déjà fovamcn cœcum. Le pédicule peut excej)tionneliement persister, soit dans sa portion proximale, voisine de la langue (conduit lingual), soit dans sa partie distale unie à laglande thyroïde (conduit Ihyroïdien). Le bourgeon thyroïdien, du lem|)s qu'il s'isole, se divise en deux lobes latéraux, reliés cependant par un isthme médian (fig. 10).

Pour former la glande thyroïde, chacune des ébauches thyroïdiennes latérales, qui se présente comme une vésicule épithéliale piriforuie, s'unit à l'un des lobes de l'ébauche médiane, dans lequel elle s'enfonce, accompagnée par la glandule thyroïdienne. L'ébauche thyi'oïdiciine latérale disparaît ensuite, sans que l'on puisse décider catégori(}uement si elle a pris l'éellcment pai't avant de dis])araître à la formalinn de la masse du tissu thyroïdien. Ce tissu prend du reste naissance de la façon suivante. Chacun des lobes de la thyroïde bourgeonne et émet des prolongements épiihéliaux sinueux. Ceux-ci s'anastomosent vraisemblablement entre eux pour constituer un réseau de cordons épiihéliaux, dans les mailles duquel paraissent des capillaires sanguins offrant une disposition également réticulée. Les cordons épiihéliaux, d'abord pleins, se creusent ensuite d'une lumière. Çà et là la lumière se dilate ; les cordons s'étranglent, et ainsi prennent naissance des vésicules thyroïdiennes, caractéristiques du tissu thyroïdien, indépendantes les unes des autres.

Appareil pulmonaire. — L'appareil pulmonaire est, comme l'ébauche médiane de la glande thyroïde, un diverticule de l'intestin antérieur, qui pierul naissance sur la paroi ventrale de celui-ci en arrière de la thyroïde médiane.

Il se forme, aux dépens de cette partie de l'intestin antérieur qui deviendra plus lard le pharynx, une gouttière plus profonde et plus large en arrière, atténuée au contraire en avant. La gouttière pulmonaire (fig. 11 et fig. 13,j)) se sépare ensuite, par des bourrelets latéraux, du jtharynx, cette séparation procédant d'arrière en avant (de la queue vers la tète). Ainsi prend naissance un diverticule sacciforme du pharynx, qui communique d'abord sur toute sa longueur avec le tube intestinal, mais dont la communication s'oblitère ensuite d'arrière en avant el ne persiste qu'à rexirémité antérieure (fig. 13, j)). Le diverticule figure alors un tube aveugle, le tiihe fudmonaire ou cul-de-sac aérien, appendu à l'intestin antérieur ; ce (jui reste de ce dernier, après le départ du tube pulmonaire, deviendra \ç pharynx et l'œsophage (jjh, oc).

Le tube pulmonaire pousse ensuite deux cœcums, qui sont l'ébauche des deux

DÉVELOPPEMENT DU TUBE DIGESTIF

poumons droit et gauche (fig. M, D, p", p' ; fig. 12, p, p). La portion demeurée impaire deviendra le larynx avec la trachée (tr).

Le larynx et la trachée résultent de l'allongement intercalaire de la portion impaire de l'ébauche pulmonaire, ainsi que de la persistance de l'orifice par lequel cette ébauche s'ouvre dans le pharynx. Nous connaissons déjà (v. p. 10) la plupart des formations embryonnaires qui entrent dans la constitution du larynx : la furcala, l'orifice laryngien ; la production de l'épiglotte, des replis ary-épiglottiques, des cartilages aryténoïdes aux dépens delà furcula a déjà été examinée ; le cartilage thyroïde du larynx dérive probablement de laquatrième paire d'arcs branchiaux ; quant au cartilage cricoïde, il paraît se former aux dépens d'éléments étrangers à l'appareil branchial.

D'autre part, les deux cœcums pulmonaires, qui résultent de la bifurcation de rébauche impaire primitive, sont le rudiment des bronches et des deux poumons. A cet elfet ils se comportent de la façon suivante. Dans une première période, ils se ramifient et poussent des diverticiiles creux, qui se ranii-

Fig. II. Fig. 12.

Fig. 11. — Quatre coupes transversales de l'ébauclie pulmonaire chez un embryon

de lapin de 10 jours.

pharynx. — oe, œsophage qui lui fait suite. — p, partie impaire de l'appareil pulmonaire (larynx et trachée). — p', p', les deux tubes pulmonaires. — a, a, aortes.

Fig. 12. — Coupe frontale de l'appareil pulmonaire chez un embryon de lapin de 12 jours.

ph, pharynx. — t>-, trachée. — p,p, tubes pulmonaires. — pl, pl, cavités pleurales. — fc, fp. feuillets viscéral et pariétal de la plèvre. — bp, bp, bourgeons ou éminences pulmonaires, logeant les tubes pulmonaires. — a, a, aortes.

fient à leur tour ; les extrémités des rameaux terminaux se renflent en vésicules ; en un mot, le développement du poumon se fait d'abord à la manière d'une « glande acineuse vraie », l'ensemble de la ramification ayant la figure d'une grappe de raisin. A cette période s'en ajoute une autre, caractéristique du développement du poumon, dans laquelle la glande acineuse pulmonaire primitive prend une disposition en rapport avec la fonction respiratoire.

Dans la première période, chaque cœcum pulmonaire se dilate à son extrémité libre, tandis que sa portion initiale demeure étroite, et forme l'ébauche de l'une des deux bronches principales. Puis l'extrémité dilatée bourgeonne ; mais ce bourgeonnement est asymétrique, car du cœcum droit naissent trois bourgeons, tandis que le cœcum gauche n'en fournit que deux. Chacun des bourgeons se comporte ensuite de la même façon que le cœcum principal ; sa

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