CHAPITRE TROISIÈME
POUMONS
Les poumons sont au nombre de deux, Tun droit cl l'autre jiauche. Entourés chacun par une séreuse, lu plèvre, qui assure leur indépendance, au-dessus du diaphragme qui les sépare des viscères abdominaux et débordés de toutes parts iulérieurement par les jiaiois du thorax, ils n'occupent qu'une partie, la plus considérable il est vrai, île la cavité thoracique. Une cloison verticale tendue de la colonne vertébrale au siernum les isole complètement l'un de l'autre. Cette chdson, \e médiastin ou espace moyen du thorax (par opposition aux fspaces latéraux ou jtulmonaires) doit son existence à la présence d'un certain nombre d'organes iuqjqrtants tels que le cœur et les gros vaisseaux, la trachée, l'œsophage, etc., groupés de l'açon à remplir respare inter-|iuliiionciire que limite de part et d'autre une lame séreuse, dépendauh' de la plèvi e. Du médiastin s'échappent de chaque côté les organes, brom lies, vaisseaux et nerfs qui vont s'enfoncer dans l'intérieur du poumon et représ(MiteuL son pédii nie.
J. — r.ONFir.URATION EXTliRlEUP.R I-T HAPPOIITS
Chez l'ailultc ou chez rcnlaiil qui a rcspii'i'^ la l'nruic i i'i.'lh' des poumons, colle qu'ils ont quand la cavité thoracique est intacte, s'eilace dés rpTon (uix i e celle-ci, bien davantage encore lorsqu'on les a enlevés. A l'état normal, en ellcl, ci.'s organes remplissent exactement l'espace qui leur est réservé dans la cage thoracique. Sur le vivant cet espace augmente et diminue alternativement d'ampleur pendant les différentes pliases de l'acte respiratoire, mais les poumons, grâce à la pression négative qui exei'ce sur leur surface une sorte d'aspiration tandis qu'au dedans d'eux l'air atmosphérique tend sans cesse aies distendre, suivent rigoureusement ces variations et ne perdent à aucun moment le contact avec les plans mobiles qui les enferment. Sur le cadavre cette juxtaposition étroite persiste, naturellement : la cage thoracique et les poumons sont seulement, par rapport à ce qu'ils peuvent être chez le vivant, dans un état de resserrement maximum ou comme on dit, d'expiration forcée.
Il n'en est plus ainsi dès que la paroi thoracique. ou plus exactement dés que la cavité des plèvres est ouverte, car alors, le vide pleural n'existant plus, les poumons obéissent à leur élasticité et se rétractent. La forme qu'ils acquièrent à ce monu'nt reproduit du reste, dans ses traits essentiels, celle qu'ils avaient auparavant mais se modifie aisément à cause du peu de résistance qu'oppose l'organe aux pressions accidentelles. 11 est donc indispensable, plus commoile en tout cas, pour acquérir des notions exactes sur la configuration des poumons ou bien, avant d'ouvrir la cage thoracique, de les tixer par l'injection d'un liquide convenable (solution aqueuse d'acide cln-omique par exemple) ou bien après les avoir extraits, de leur rendre la tension qu'ils ont perdue soit en les insufllant modérément, soit en les remplissant par la trachée avec une substance solidillable (gélatine, cire..., etc.). Les coupes totales de cadavres congelés sont particulièrement instructives. Des moulages au plâtre des cavités pleurales fourniront également des objets d'étude très démonstratifs.
Chez le fœtus ou chez le nouveau-né qui n'a pas respiré et enfin dans certains états
ORGANES DE LA RESPIRATION
pathologiques (hépatisation) les poumons sont compacts, ne se déforment pas quand on les enlève et peuvent, dès lors, être examinés tels quels sans opération préalable.
La forme du poumon ne peut être comparée à un solide géométrique que d'une façon très approximative. On dit habituellement qu'il représente un cône irrégulier dont on aurait retranché, suivant la hauteur, à peu près la moitié. Dans ces conditions on lui considère un sommet arrondi qui correspond à l'orifice supérieur du thorax ; une hase oblique et concave qui se moule sur la région correspondante du diaphragme ; une face externe, costale, convexe ; une face interne, médiastine ou cardiaque, concave; un bord postérieur ; un bord antérieur et un bord inférieur.
A. — Sommet (fig. 216 el 221 à 224). — Ainsi que l'a fait justement remarquer Luschka il serait sans intérêt de considérer comme sommet seulement le point le plus élevé du poumon. Il faut comprendre sous ce nom toute la partie de l'organe située au-dessus d'un plan horizontal passant par l'origine du bord antérieur, c'est-à-dire par le bord supérieur de la 2" côte. Ainsi délimité le sommet se présente sous l'aspect d'un cône mousse dont la hauteur atteint à peu près le 1/7 de la hauteur totale du poumon.
La surface supéro-externe est bombée. Elle est traversée dans son tiers supérieur par un sillon plus ou moins prononcé suivant les sujets, orienté de dedans en dehors el déterminé par le passage de l'artère sous-clavière. En dehors on remarque une autre gouttière, variable également, inclinée en arrière et en haut et qui répond à la 1''^ côte. En arrière le sommet est convexe transversalement ou bien, quelquefois, oiîre une arête verticale pinson moins accentuée. En dedans et des deux côtés l'artère sous-clavière creuse sur sa surface une empreinte oblique en haut et en arrière. A droite on voit en outre un sillon plus large, dû au contact du tronc veineux brachio-céphalique droit.
Une importante question est celle qui a trait à la situation du sommet vis-àvis de la clavicule et de la première côle. En ce qui concerne ses rapports avec la clavicule on peut admettre avec Pansch que chez un sujet à thorax bien conformé, debout et respirant paisiblement, le sommet déborde la clavicule de 1 à 3 cm , de telle sorte qu'un plan rasant horizontalement la face supérieure de cet os, au voisinage de son extrémité sternale (dans la pratique un instrument piquant ou un projectile) atteindra sûrement le poumon. Topographiquement l'extrémité supérieure de celui-ci appartient donc à la région latérale et inférieure du cou.
Du reste on comprend aisément que la hauteur dont le poumon dépasse la clavicule doit varier avec la position de cet os. On sait qu'il occupe un niveau plus ou moins élevé suivant les individus et que, de plus, il s'élève ou s'abaisse lors des mouvements respiratoires ou des déplacements du membre supérieur. Pendant une forte inspiration ou quand les épaules se haussent le sommet du poumon peut ainsi ne plus déborder la clavicule, tandis que dans les conditions opposées il est démasqué dans une étendue qui peut atteindre jusqu'à 5 cm. (Pansch). D'après Merkel ce maximum est loin d'être aussi élevé et ne serait pas supérieur à 3,5 cm.; tout au plus, mais très rarement, à 4 cm. Merkel conteste formellement la possibilité d'une élévation plus considérable telle
POUMONS
que celle de 6,5 cm. reconniio par Eirlihorsf, (par la percussion) dans un cas d'emphysème.
De ce fait que le sommet du puumon déborde la clavicule il ne faut pas conclure qu'il fait saillie hors des limites de la cavité thoracique par l'orilice que circonscrit la première côte. La plupart des auteurs admettent cependant, sans toutefois être d'accord sur les chilTres, qu'il déjiasse cet os : de iO à 15 mm. au niveau de sa partie moyenne ([-.usclika) ; de 12 à 15 mm. (Sa])pey) ; de 3 à 4 cm. (Ricliet) ; même de 5 (Cruveilhicr). Ces derniers chill'res sont très exagérés et l'on s'explique mal commejit ils ont pu être obtenus. En réalité le sommet du poumou ne s'élève que de très j)eu au-dessus de la première côte, et seulement au voisinage de son milieii. En arrière il ne s'élend pas au delà de son col et s'arrête même qiiel([uefois à la hauteur du bord inférieur de celui-ci. De là sa surlace, décrivaut une légère courbure, s'incline en avant el en bas, comme la cote elle-même et vient aboutir à la face ])Ostérieure de son extrémité
Seal. ant.
; — Seal. moy.
Ono-lii/oï, ^ I
i .- Plc.riis bru.
A. sous-clav.
7" Vert. cfr.
apo, transi).
Plexus bru.
côte.
2"" cùlc.
-Scalè.-ant.