‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 4)Chapitre 69 sur 84 · III. — CAf.ACTÈr.ES l'HVblnUES DES POUMONS · texte numérisé non relu

III. — CAf.ACTÈr.ES l'HVblnUES DES POUMONS

Volume et dimensions . — « Le volumedespoumonsesten raison directedes dimensions du thorax ; à l'aspect seul de la partie supérieure du tronc, oti peut donc juger de leur développement et ap|)récier d'une manière assez précise le degré d'énergie de l'hématose (Sappev). » Il ne faut pas oublier toutefois (|ue ces organes ne remplissent pas toute l'étendue de la cage thoracique.

Le volume des poumons sera, on le conçoit, très variable suivant les individus; il le sera aussi, chez un même individu, suivant qu'on le considère pendant l'inspiration ou pendant l'expiration. Pendant l'inspiration la cage thoracique se dilate, entraînant avec elle les poumons dont les trois dimensions, verticale, frontale et sagittale, s'allongent d'autant. Le volume total augmente mais suivant le type respiratoire (abdominal ou costal, costal supérieur ou costal inférieur) l'agrandissement se fait de préférence tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre. Dans l'expiration les phénomènes inverses s'observent et le volume du poumon se réduit proportionnellement au rétrécissement de la cage thoracique. Quelques chiffres suffiront à donner une idée de ces variations. Vides d'air les poumons, d'après Krause, auraient un volume de 094 à 879 cmc. et pleins d'air, mais en expiration, état dans lequel ils sont chez le cadavre après l'ouverture de la plèvre, un volume à peu près double, en moyenne de 1617 cmc. (Aeby). Fortement gonflés ils atteindraient 3688 cmc. selon lluschke, et même 6803 cmc. d'après Arnold (Henle).

Chez le nouveau-né qui a respiré le volume du poumon droit serait en moyenne de 38,4 cmc, celui du gauche de 29,3 (Aeby).

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Quant aux dimensions nous n'indi(juerons non pins que leur valeur moyenne.

I)'a|irès Sappev le diamètre vertical, cliez l'adulte, au niveau de la partie posléi'ieure (soi-disant bord postérieur) s'élè\'erait à 20 ou 27 oui. De là il diminui'rait rapidemonl d'avant en arrière. Le diamètre antéro-postérieur compris entre les parois dorsale et stei'nale du thorax augmente de liant en bas et ne dépasse pas dans sa jilns grande longueur lli ou 17 cm. (i Le I lausversal, étendu de la face interne des côtes au médiastin, se comjiorte diiréremment à droite et à gauche. A droite il augmente du ctil-de-s;ic supérieur de la plèvre jusqu'au niveau des 4^ et îl" espaces intercostaux oi'i il allcini une longueur moyenne de 9,3 à 10 cm., et diminue ensuite Ijrusquementet très notablement. A gauche, le diamètre transversal du poumon arrive à sa plusgrande longueur vers les 2^ et. 3'' espaces pour se réduire à 7 ou 7,,) cm,, et se comporte plus bas comme celui du côté opposé (Sappey). »

Chez l'enfant à terme, mais qui n'a pas res]iii é, le diamètre \ ertical en ari ière est à peu près le même à droite et àganche (G cm. environ) tandis qu'en avant il est toujours un peu plus considérable à gauchequ'à droite (5,5 cm. sui' :'>,2, moyenne de (]uatre observations). Les diamètres sagittal et frontal du jioumon droit (5,2 cm. et 3,8 cm.) sont toujours plus élevés que ceux du poumon gauche (i, 9 et 3,3) (Mettenheimer).

Cette inégalité de v(dume entre les deux pou mous, déjà évidente au début de la période embryonnaire (voir le j)aragraphe concernant le d(''velo|)pement), |)ersiste après l'appai ition des mouvements respiratoires et chez l'adulte le poumon droit est encore, du moins dans la majorité des cas. plus volumineux (|ue le gauche. Son diauu^tre transversal, l'extension dans le sens horizontal de sa surface ext(>rne et l'aire de sa Ijase sont plus étendus que les dimensions correspondantes du poumon gauche. Seul, le diamètre vertical antérieur est un peu |)lus court à droite. (Jiu'bjuefois cependant le volume total du poumon gauche l'emporte sur celui du poumon droit. Aeby a constaté ce fait G fois sur 36 observations. Chez le nouveau-né qui a respiré le volume du poumon droit est à celui du poumon gauihe comme 100: 77,2 (Aeby) ou comme G: 5 (lluschke). L'accroissement des jioumons ne se fait pas d'une façon régulière et il résulte des tableaux d'Aeby (|u'il y a deux périodes pendant lesquelles il est |)lus considérable, l'une dans la 2'' moitié de la première année, l'autre à l'époque de la puberli'. .\u boni de la ])remièie année ils ont (juadiuplè de volume. Néannidins la dilTèrcnce de \(dume jiersiste, en s'atléuuant d'ailleurs. Ainsi, (liez l'adulti». le rapi)oii est (Miviron comme Ll : 10, le poumon droit cubant en mi)\-enne, chez l'homme, 873 cmc. (chillres extrêmes: 472-1280). le poumon gauche l't-i cmc. (chilfres extrêmes: 38G-102G) — (Aeby).

Les poumons sont, en outre, moins volumineux, chez la femme, d'une fa(;on générale, (|ue chez l'homme. La différence serait à peu près de 1/4 d'après Aeb\' (1017. 8 cmc. chez l'homme et 1290,.") chez la fennne) ou seulement de 1 10 pour Sa|)i)ey, « proportion, dit ce dernier, qui correspond à la dilTérence inovenne de la ca|)acité tlnu-acique entre les deux sexes «.

iJeux mots enfin su r u ne dei niei'e (|uestion , celle i| u i a I rai t au \ ol u me relatif des diiïérents lobes des poumons (Aeby). Les deux lobes du poumon gauche ont habituellement, chez l'adulte, homme ou femme, presque uneégaie importance (lobe sup(''rieur = 3G3 cmc, lobe inIV'rieur =381, en moyenne, chez

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l'hoinme ; — lobe supérieur = 294 cuic, lobe inférieur = 29U cmc, chez la femine). Il n'est pas rare, toutefois, devoir l'un, supérieur ou inférieur, dépasser de beaucoup l'autre. A droite le lobe inférieur comjjrend à lui seul presque la moitié du volume du poumon (408 cmc. sur 873 cmc.) ; l'autre moitié se partage entre le lobe supérieur et le lobe moyen, mais inégalement. Ce dernier est constamment le plus petit. De plus le lobe supérieur peut quelquefois atteindre les proportions du lobe inféi'ieur et même les dépasser. On comprend que l'orientation des scissures inter-lobaires se trouve sous la dépendance immédiate de ces variations dans le volume des segments des poumons qu'elles séparent.

Dans les premiers temps de développement les lobes supérieurs, droit et gauche, ont une extension relative beaucoup moins importante. Même chez le nouveau-né le lobe inférieurgauche est beaucoup plus volumineu.x que le supérieur et, à droite, le lobe moyen l'est presque autant que le supérieur. Les proportions définitives, telles qu'on les observe chez l'adulte, ne sont acquises que dans le courant de la 1''^' année.

Poids. — Il est impossible de déterminer rigoureusement le poids des poumons à cause de la quantité éminemment variable de sang, de sérosité et d'air c[u'ils renferment. Les évaluations sont donc approximatives. Il convient d'ailleurs de distinguer le poids absolu et le poids relatif à celui du corps, et le poids spécifique.

Poids absolu. — Il est de 60 à Cij gr. chez le fœtus à terme et s'élève en moyenne à 94 gr. (chilTres extrêmes 80-108 gr.) chez le nouveau-né qui a respiré (Sappey). Le rapport entre le poids du poumon droit et celui du poumon gauche serait chez ce dernier : 100 : 8'j (Braune et Stahel). Chez l'homme adulte il atteint 1320 gr.; 1050 gr. seulement chez la femme (C. Krause). D'après les pesées de Reid et Hutchinson, le poids du poumon droit de l'adulte serait de 720 gr. chez l'homme, de îilO gr. chez la femme; celui du gauche de G30gr. chez le premier, de 430 gr. chez la seconde, notîmann donne des chiffres un peu moins forts.

Poids relatif. — Le poids des poumons, chez l'enfant quia respiré est à celui du corps comme 1 : oO(Sappey) ; chez l'homme adulte ce rapport est plus faible. Il serait comme 1 : 3i selon Sappey; 1 : 40 ou 1 : oO selon Krause; comme 1 : 37 chez l'hoinme et 1 : 43 chez la femme (Ijuain, Reid et Hutchinsoi:). Ces données n'ont au surplus ([u'une valeur très restreinte car les principaux facteurs qui font varier le poids du corps, développement du squelc^tte, de la musculature, du tissu adipeux, etc., n'ont |)as d'influence déterminée sur la masse des poumons (Ilenle).

Poids spécifique. — Le poumon qui a respiré est plus léger que l'eau et par conséquent surnage quand on le plonge dans ce liquide. Son poids spécifique oscille entre 0,3i5 et 0,746 (Rauber); 0,356 et 0,625 (Sappey). Au contraire le poumon qui n'a pas respiré, vide d'air, tombe au fond du vase rempli d'eau dans lequel on l'immerge. Son poids spécifique, qui représente le poids spécifique propre du parenchyme pulmonaire baigné de sang, varie alors entre 1,045 et 1,056 d'après Krause ; il atteint en moyenne 1,008 selon Sajtpey. Héeemmenl, Wilmart a prouvé par le calcul que le poids spécifique du paren-

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chyme net (c'pst-à-dire cnmplèleinent dépotiil Ir do gaz) du poumon qui a parfaitement res|)iié élait le même, ou à très peu de chose prés, que celui du parenchyme qui n'a pas respiré (1,008) et que, de plus, ce poids spécifique élait le mèuie, ou presque le même, que celui du sang (lOGO).

Ces diiréreiicps dans la manière dont se comporte le poumon suivant qu'il a ou n'a |)as respiré, pour mieux dire, qu'il renferme ou ne renferme pas d'air, sont pi'aliipiemeut im|)orlantes. « I.orsqu'on veut constater, dit Sappey, si les poumons d'un enfant mort-né contiennent ou ne contiennent pas de l'air, il suffit de les détacher et de comparer leur poids avec celui de l'eau ; s'ils se précipitent, l'air n'a pas encore |iéiuM rédans leur épaisseur, etl'enfant, par conséquent, n'a pas res|)iré ; s'ils surnagent, ils contiennent de l'air, et l'enfant a très probablement respiré. Mais on ne saurait l'affirmer avec certitude ; car l'air dont ils sont remplis pourrait avoir été introduit, après la mort, par voie d'insufflation ; et si la moi't était déjà éloignée, les poumons pourraient être redevables aussi de la légèreté qu'ils présentent aux gaz provenant de la décomposition putride. Néanmoins ce mode d'évaluation de leur poidsspécifique, destiné surtout à éclairer la justice sur la viabilité de l'enfant au moment de sa naissance, est encore le plus sùrde tous ceux qui ont été mis en usage. 11 est connu depuis longtemps sous le litre de dociinasie pulmonaire Jiijdroslaliqne. r>

Capacité. — Cetlequestlon ayantsurtoulun intérêt physiologiquenous en résumerons seulement ici les points princi]ianx, d'après les « Nouveaux éléments de physiologie humaine » de Beaunis.

Le volume de la masse gazeuse contenue dans les poumons varie suivant l'état d'inspiration ou d'expiration dans lequel se trouvent les poumons et suivant l'amplilnde de ces deux actes. Dans les inspirations les plus profondes, le volume de la masse gazeuse chez un homme vigoureux, bien conformé, peut être évalué à 4,070 cmc. Mais pour bien comprendre les phénomènes respiratoires, il faut fractionner cette masse gazeuse eu portions correspondantes aux divers actes respiratoires. On psut à ce point de vue la diviser en quatre parties.

c() RiJsidti respiratoire, air résidaal. — C'est la quantilé d'air qui reste dans les poumons après une expiration la plus forte possible et (pii ne peut s'en échapper que ([uand le poumon se vide compictoment, c'est-à-dire après l'ouverture de la plèvre. Ce résidu est évalué à 1200 cmc. en moyenne (1200 à 1700 d'après Davy et Gréhant, 18n0 d'après Frédéricq et Nuel).

b) Réserve respiratoire. — C'est l'air qui lesle dans les ])Oumons, en sus du résidu res|)iraloire, après une expiration ordinaire. Cette réserve peut être estimée à IGUO cmc. (12iS à 180i d'après Landois).

c) Quantité normale d'air inspiré ou expiré. — Cette quantité est de 500 cmc.

d) Air complémentai)'e. — C'est l'excès d'air que nous inspirons dans les inspirations les plus profondes possibles en sus de la quantité normale. Cette quantité est de lOTOcmc.

Les quantités b-\~c-{-d constituent la paitie vai'iable de la masse gazeuse. Leur ensemble, égal à 3770 cmc, forme la capacité vitale (Ilutchiiison) et la capacité vitale ajoutée au résidu respiratoire fournit le volume total maximum

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de l'air des poumons qui est donc, eu moyenne, de 4970 cmc. (3650 selon Frédéricq et Nuel).

La capacité vitale qui est donc, chez un homme vigoureux, d'environ 3770 cmc. (elle varie de 2 litres 1/2 à 4 litres) est plus faible chez la femme, 2300 cmc. environ.

Chez l'enfant de 3 ans la capacité vitale est de 400 cmc. ; elle augmente de 23,4 cmc. par an de 13 à 33 ans et diminue de la même quantité par an de 33 à 63 ans (Landois).

La capacité vitale augmente avec la taille (Hntchinson) et la circonférence de lapoitrine (Arnold). Chez l'adulte elle s'accroît de 60cmc. (40 chez la femme) par centimètre de taille. Elle varie avec le poids du corps, diminuant de 37 cmc. par chaque accroissement de 1 kilo quand ce poids dépasse de 7 0/0 la moyenne normale. Elle varie enfin avec la position sociale, le genre d'occupation et sous certaines influences telles que l'état du tube digestif, etc.

(Pour les détails le lecteur voudra bien se reporter aux Traités de physiologie).

Couleur. — Lasurfaceextérieure des poumonsest lisse, humide etbrillante, surtout lorsqu'ilssontgontlés, etelle doitcet état à la présence du feuillet séi'eux qui la recouvre partout. Sa couleur dépend de la proportion variable de trois éléments répartis dans le parenchyme pulmonaire: le sang, l'air et le pigment. Elle varie essentiellement avec l'âge. Chez le fœtus, le poumon est rouge, lie de vin, c'est la couleur même du sang.

Chez l'enfant nouveau-né qui a respiré et pendant les premières années de la vie, il prendune teinte rose, plus ou moins vive, d'autant plus pâle que la quantité d'air qui le gonfle est plus considérable.

A partir d'un certain âge la couleurdevient grisâtre, bleue ou ardoisée, voire même noire par places. Cette modification résulte de l'apparition de dépôts pigmenlaires de plus en plus abondants et de plus en plus étendus. Amassé dans le tissu conjonctif interstitiel, le long des vaisseaux et notamment des petites artères (Koschlukolf), le pigment dessine à la surface des poumons des champs polygonaux plus ou moins complets, de 05 mm. à 10 mm. de diamètre, correspondant à la base des lobules pulmonaires. H forme aussi des taches irrégulières disséminées on confluentes, que l'on rencontre particulièrement sur le sommet et le long de la fac3 vertébrale. Souvent la face costale présente, d'après lluschke, des bandes transversales, alternativement claires et foncées. Les premières répondent aux espaces intercostaux, les secondes aux côtes. (Pour la nature, l'origine et la répartition du pigment voir plus loin.)

Consistance. — La consistance des poumons (qui ont respiré) est molle, spongieuse. Lorsqu'on les comprime, ils s'affaissent et ne reprennent ensuite qu'en partie leur configuration et leurs dimensions jjrimitives.

Si la compression est brusque et forte, elle s'accompagne d'un bruit de crépitation tout particulier que l'on attribue communément à la rupture de vésicules, déchirées par l'air expulsé de force, et qui est peut-être dù simplement, en grande partie du moins, au brusque déplacement de cet air. D'ailleurs le tissu pulmonaire, malgré sa faible consistance, possède, lorsqu'il est sain, une

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grande cnhésion. On ne réussit à le déchirer que difficiloment et il résiste parfaitement, de l'avis de tous les auteurs, aux pressions élevées expéiimenlales (insulllalion, m:^me forcée) ou physiologicjues (toux, elfort) de l'air qui remplit ses alvéoles.

Elasticité. — L'une des propriétés les plus remarquables du poumon est son extiènie élaslicilé. Dans les conditions normales, la pression atiiiospliérique s'exerçant sur la face interne des vésicules pulmonaires lait équililiie à celte élasticité, mais dès que la plèvre est ouverte l'équilibre est roinpu, la piession péripliériqiie contrebalançant la pression intérieure, et le poumon se rétracte en chassant l'air qu'il conlient. L'élasticité pulmonaire joue un rôle essentiel dans la respiration.

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