IV. — CONSTITUTION ,\NATOMIQUE DES POUMONS
Les poumons se composent : i" des ramifications bronchiques (arbre bronchique) ; 2° d'une quaulité de segments tous constitués de la môme façon, les labtdes pulmonaires, à chacun desquels aboutit un rameau bronchique ; ^"devaisseaux, les uns en rapport avec la fonction propre du poumon, c'est-à-dire avec la transformation du sang veineux en sang artériel, les autres réservés à la nutrition de l'organe; 4° de nerfs ; 5° de tissu conjonctif réunissant tous les éléments précédents.
A. — ARBRE BRONCHIQUE
Pour étudier l'arbre broncliique dans son ensemble il faut le (lébarrasîer du parenchyme dans lequel il est enfoui et pour cela ou bien employer la simple dissection ou bien, ce qui est à tous égards préfi'rable, détruire entièrement ce parenchyme. Seulement comme il ne serait pas possible d'y parvenir comniodt'njcnt sans faire disparaître en njrme temps les bronches elles-mêmes, on doit au préalable remplir celles-ci avec une substance capable de résistera la destruction. En procédant ensuite à la corrosion des parties molles on obtiendra ainsi un moule des ratnitications bronchiques. Les substances injectées ou coulées simplement par la trachée sont ou bien des alliages métalliques fusibles à une température inférieure à 1 00" ou bien des masses à la résine ou bien, et spécialement pour l'élude de l'arbre bronchique de petits animaux, le coliodion (cellouline). Il sera bon de pi'océder au remplissage des bronches en laissant les poumons en place car il est important de conserver leur orientation et leurs relations récipro(|ues. La destruction du tissu piihuonaire se fera rapidement, soit au moyen d'un acide concentré (IIGI), soit au moyen de la potasse, selon les cas. Enfin on peut réaliser par corrosion îles préparations qui montrent non seulement l'arbre bronchique mais encore les vaisseaux.
L'arbre bronchique est essenliellement constitué par une grosse bronche qui part de la trachée, atteint le poumon qui lui correspond au niveau du bile et s'enfonce dans sa profondeur. A partir de cet instant celle bronche émet des ramifications qui se distribuent aux dilTérents lobes, mais elle ne perd pas pour cela son individualité, et se continue au contraire, en diminuant seulement peii à pou de calibre, au travers du poumon, dans toute sa hauteur jusqu'au voisinage de sa base. Cette bronche qui est ainsi le tronc commun de l'arbre tout entier mérite les dénominations de bronche souche ou de tronc bronchique, sons lesquelles nous la désignerons indilïéremmeni.
Le tronc bronchique est donc décomposable en deux portions, une portion relativement courte extra-pulmonaire qui fait suite à la trachée et une por-
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tion intra-pulmonaire. Quant à ses ramifications elles sont toutes intra-pulmon aires.
1" — BRONCHE-SOUCHE. — Les deux bronches souches, dirigées en bas, en arrière et en dehors, s'étendent depuis la trachée jusqu'à la région de la base des poumons comprise entre la colonne vertébrale et le diaphragme en passant par le bile. Elles ne coïncident donc pas avec l'axe géométrique de ces organes mais sont en arrière de lui, à son côté dorsal. Leur trajet n'est ni recliligne ni symétrique. La bronche souche droite présente une courbure en forme de C allongé à concavité interne; la gauche une incurvation en S, dont la branche supérieure a sa convexité dirigée en dedans et la branche inférieure, beaucoup plus longue, sa convexité tournée en dehors. La première semble déterminée par le passage de la crosse de l'aorte sur le segment initial de la bronche; la seconde par le cœur. Ces courbures sont, du reste, plus ou moins accentuées suivant les sujets. De plus la bronche souche droite s'écarte moins du plan médian que la gauche et cette différence d'inclinaison se manifeste dès leur origine.
à) Portion extra-pulmonaire delà bronche-souche. Ses rapports. — Toute la portion du tronc bronchique comprise entre la trachée et le bile du poumon, ou plus exactement entre la trachée et la première branche collatérale émise par ce tronc est communément désignée sous le nom de bronche proprement dite. Ce n'est cependant, et nous insistons sur ce point, que la partie visible hors du poumon d'un conduit qui se prolonge au delà du bile. On peut toutefois, à cause de ses rapports spéciaux et cette restriction une fois faite, l'envisager à part.
Les deux bronches, à partir de la trachée, divergent sous un angle qui varie, selon Aeby, entre 06" et 90" (en moyenne, 70°, 4) et peut même, d'après nos observations, être beaucoup plus faible (30", 40°, 30°). Seulement cet angle n'est pas orienté symétriquement par rapport à l'axe de la trachée ou, ce qui revient à peu près au même, par rapport au plan médian. Ainsi la bronche droite fait avec ce plan un angle moyen de 24",8 (chiffres extrêmes 16''-40"'), alors que la bronche gauche s'en écarte de 43'',6 (Aeby).
Ces chiffres démontrent avec une entière évidence que l'opinion classique qui veut que, d'une part, l'angle de bifurcation de la trachée soit obtus et que, d'autre part, la bronche droite soit moins oblique que la gauche et tende à se rapprocher de l'horizontale, est absolument erronée. Quelques rares auteurs ont, à diverses époques, fait voir que celte description était juste l'inverse de la réalité (Engel, Fœrster, W. Krause, Aeby, Merkel), mais malgré tout l'ancienne erreur, tenace, a survécu et se retrouve dans la presque totalité des ouvrages d'anatomie, même dans les plus récents Pourtant un simple coup d'œil jeté sur un moule d'arbre bronchique aurait dû sni'fire à la dissipera jamais, en montrant que Vangle de bifurcation de la trachée est habituellement aigu; la bronche droite est plus oblique que la gauche et se rapproche souvent tellement de la verticale qu'elle semble faire suite à la trachée.
Chez l'enfant l'angle de divergence des deux branches est plus faible encore que chez l'adulte. D'après les mensurations d'Aebyet de Mettenheimer il serait
POUMONS 501
à peu près en moyenne de 50". L'inclinaison de la bronche droite sur lë plan niéiliaii est aussi moins accentuée, sa valeur est de 13".
Lonr/Hcur. — Le li'onc broncliique donne norinaleineiit naissance à sa première branche plus tôt à droite qu'à gauche, ce qui revient à dir e que la bronche droite, telle que la comprennent les classiques, est plus cou rte que la bronche gauche. Celle-ci altciut en moyenne 50 mm . (chillres extrêmes 37-58) et la première ne mesure que21 mm. (chiffres e.xlièmes 3-31) (Aebv). L'indication que nous donnons des chiffres e.xtrèmes montre l'étendue considérable des va-
Fig. 223. — Moule à l'alliatîo d'Arect de l'arbre lironcliii(ue d'un lininmc adulte. l'A gauche le métal n'a rempli i|u'incomplétcnienL les bronches). Vue antérieure.
riations de la longueui' des bronches cl rend e(inq>le des divergences fpie l'on remar([ue entre les auteurs.
Calibre. — Si la bi'oncho droile est plus cnuile que la gauchi', elle est, jiar contre, plus \'olumineuse. Sou dianièire transversal varie entre 13,5 mm. et 2! mm. (Aeby; — 12 mm. pour Sappev ; — 2i mm. selou ilcnle et Luschka), tandis que celui de la bronche gauche oscille entre 12.3 mm. cl 17 mm.(.\eby ; — 12 mm. à 14 mm. pour Sappey ; — 20 mm. selon Ilenle et l^uschka), l)'a|irès les recherches de M. See le diamètre moyen delà bronche droite (c'est-à-dire de
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ce conduit supposé cylindrique et non aplati comme il l'est en réalité) est chez l'homme de 14 mm., chez ia femme de 12 ; celui de la bronche gauche de 11, 6 mm. chez le premier, de 9 mm. chez la seconde.
Braune et Stahel, par des mesures précises, se sont assurés que le rapport entre le calibre de la bronche droite et celui de la bronche gauche était comme 100 à 77,9. Ils ont montré de plus que, dans la majorité des cas et chez des individus normaux, le calibre de la trachée mesuré au voisinage de son extrémité
Fig. 226. — Le même moule que celui représenté par la figure 225, mais vu par son
profil droit.
distale est inférieur à la somme des calibres des deux bronches, dans le rapport de 100 (trachée) : 107,9 (et même plus, si l'on en croit Aeby). D'autres anatomistes ont prétendu au contraire que ces deux valeurs sont sensiblement égales et en réalité ceci serait vrai pour un grand nombre de cas.
Cette différence de calibre entre la bronche droite et la bronche gauche est en rapport avec la capacité plus considérable du poumon droit, car, ainsi que l'ont prouvé Braune et Stahel, il existe une relation étroite entre les bronches considérées comme voies conductrices de l'air et les poumons considérés comme espaces aériens.
La largeur plus considérable de la bronche droite et sa direction plus rapprochée de la verticale permettent de supposer que l'accès de l'air est plus facile
POUMONS
et que la ventilation est plus active dans le poiniion droit que dans le poumon gauche. Elles expliquent aussi pourquoi les corps éliangers s'introduisent de préiérence dans celte bronche.
Ra/iports. — Les bi onches, en s'associant aux vaisseaux et aux nerfs, constituent 1l!s pédicules des poumons.
J<;iles ont des rapports qui leur sont communs et d'autres qui sont particuliers il chacune d'elles (fig. 20'J, 210 et 220).
Les rapports communs sont à peu jtrès ceux que nous avons déjà mentionnés à proposdu hiledu poumon.
Chacune des deux branches de l'artèie pulmonaire, oblique en haut et en dehors, atteint la face antérieure de la bronche correspondante, elle oblique en sens inverse, et la croise à angle aigu pour venir se placer ensuite sur son bord supéro-extei iie.
Les veines pulmonaires sortent du hiie et se poi'tent transversalement en dedans
vers l'oreillette gauche. Elles sont en avant et au-dessous des bronches. L'artère et la veine bronchique courent sur la face postérieure de la bronche. Les lymphatiques et spécialement les ganglions sont irrégulièrement disséminés autour d'elle. Il existe toujours un ganglion volumineux ou un groupe de ganglions juste dans l'angle de bifui cation de la trachée.
Quant aux nerfs, le plexus pulmonaire est situé en arrière de la bronche, le plexus cardiaque au-dessous.
Les rapports spéciaux sont les suivants. La crosse de l'aorte est à cheval sur
Fig. 227. — L'éperon trachéal vu d'en haut par l'intérieur de la tracliée (d'après Ileller et V. Schrœlter).
Fig. 228. — Figures demi-scliématiques montrant trois types difïércnts d'éperon trachéal.
A, éperon carlilaa;ineux trachéal; 15, éperon cai-tilatrineux bronchique droit; C, éperon cartilagineux broncliique gauclie (d'après lieller et V. Sclu-œtter).
la bronche gauche, c'est-à-dire passe sur sa face antérieure puis se recourbe sur sa face supérieure et enfin descend en arrière d'elle. Dans tous les cas, selon Merkel, le vaisseau reste écarté de la face postérieure, tandis que généralement (pas toujours) il touche directement les faces antérieure et supérieure. Cette même bronche gauche est encore en rapport en arrière avec l'œsophage qui croise son origine.
La bronche droite est contournée, à peu près de la même façon, par la veine azygos qui, après s'èlre recourbée sur sa face supérieure, vient déboucher dans la veine cave supérieure. Celle-ci par le fait descend verticalement au-devant de la bronche.
Constitution analomiqiie et structure. — Il n'y a pas lieu d'étudier à part, à ce point de vue, la portion extra-piilmonaire de l'arbre bronchique. Nous la décrirons dans un paragraphe unique, en même tenips que le restant de la bronche souche et que ses ramifications.
Nous voulons seulement dire quelques mots de l'éperon trachéal [carina tracheœ) c'est-à-dire de la crête qui fait saillie dans la lumière de la trachée et séj)are les orifices bronchiques l'un de l'autre. Sa constitution et sa structure ont fait dernièrement l'objet d'un travail très étendu de Heller et v. Schrœtter auquel nous empruntons ces détails.
Éperon trachéal (fig. 227 et 228). — Lorsqu'on regarde par l'intérieur de la trachée on aperçoit une crête sagittale plus ou moins large qui divise la cavité du tube en deux parties, droite et gauche, correspondant aux orifices des deux bronches.
Cette crête se relève en avant le long de la paroi antérieure de la trachée et s'élargit en même temps pour former le triangle antérieur de l'éperon. En arrière l'élargissement est habituellement moins accentué et constitue le triangle postérieur de V éperon.
Dans la majorité des cas l'éperon trachéal possède un substratum cartilagineux {éperon cartilagineux) mais il peut être exclusivement membraneux, les pièces cartilagineuses ne pénétrant ]>as dans son épaisseur, ou mixte, c'està-dire en partie cartilagineux et en partie membraneux. La charpente cartilagineuse elle-même dérive tantôt du dernier anneau de la trachée, tantôt des premiers anneaux bronchiques, de l'un d'eux seulement, droit ou gauche, ou des deux à la fois.
Sur 125 trachées qu'ils ont examinées les auteurs précédemment cités ont trouvé l'éperon cartilagineux dans 56 0/0 des cas, membraneux dans 33 0/0, mixtes dans 11 0/0. Parmi les éperons cartilagineux 27 0/0 dérivaient de l'anneau trachéal, 21 0/0 des anneaux bronchitpies (15 0/0 du 1'^'' anneau bronchique droit; 3 0/0 de l'anneau bronchique gauche et 3,5 0/0 à la fois de l'anneau bronchique droit et de l'anneau bronchique gauche).
Ajoutons enfin que l'éperon trachéal est fréquemment déplacé en dehors de la ligne médiane (Goodall, Semon, Heller et v. Schrœtter). C'est ainsi que, toujours d'après les mêmes auteurs, chez 57 0/0 des sujets il était situé à gauche ; 42 0/0 il coïncidait avec le plan médian et dans le restant des cas il était dévié à droite.
b) Portion intra-pulmonaire delà bronche-souche et ses ramifications.
— Le tronc bronchique, orienté comme nous l'avons indiqué précédemment, donne naissance à partir de son entrée dans le poumon à un certain nombre de branches qui s'échelonnent sur tout son trajet, lesbronches collatérales. Il est parfaitement démontré maintenant, grâce surtout aux recherches d'Aeby,que, contrairement à ce qu'on croyait autrefois et à ce qu'on répèle encore trop souvent aujourd'hui, ces branches ne se forment pas par voie dichotomique. Elles
POUMONS
s'iiii|il,ii)t('iil sur- les cùtés (le la IjiNinehe-souche qui garde snii iiu]é|)eii(Iaiice et continue son chemin jtour aller )ilus loin émettre de la même façon une auli'e branche et ainsi de suite, f.e mode de ramili(>ation estdonc purement monopodi- ([uc. [/('liuie du d(''velo|)penii'nl(iIis,Xaralh, Ilohinson, d llardiviller) et de l'état adulte (Aehv, liasse, Naratli) a mis ce fait hors de toute contestation. Il convient cependant de faire remarquer que, du moins chez l'homme adulte, si les |)remiéres bi'anches fournies par la bronche-souche appai'aissent nctlement comme des rameaux collatéraux, il n'en est pas tout à fait de même jionr celles qui naissent au voisinage de sa terminaison. Ici, en effet, la différence de calibre entre le tronc et la branche est souvent si indistincte qu'il est pre>(jue impossible de reconnaître celle-là de celui-ci et qu'on a l'impression d'une divi-
Fig. '22'^. — Miiiilc à l'alliage d'An'et de l'arbi-c liruiifliupie il iui i-liieii.
Les pi-emière.s bronches collatérales seules ont été fificurt^cs. — A. vue niiléi-ieure ; /?, vue latérale droite. (Par erreur les tirets correspondant a \. 1. V. II, V. 111, V. IV, dans la ligure A ont été prolongés trop loin, ius(iue sur la Ijronche soiiclie; ils doivent s'arrrter .sur les'collatérales).
sion dichotomique. 11 est paifois pour cetle raison diflicilede suivre exactement la branche-souche jusqu'à sa tei'minaison et de savoir au juste si l'on a affaire à elle ou bien à unecollatérale. A cet égard l'arbre bronchique d'animaux, tels que le chien, le chat et le lapin (pour ne parler (pie do ceux ([ue nous avons examinés) présente des dis|)ositious jdus régulières, plus typi(|ucs (lig. 225. 22G et 229).
Les branches collatérales |irimairesà leur tour émeticn t de nouveaux rameaux et de la mèm(> fai'on , c'est-à-dire ])ar division iiion(i|)odi(|iie. Ici aussi et [ilus encore, au fnret à mesure qu'on s'idoignc de l'drigine de la collatérale considérée, on rencontre des irrégularités qui conirarient la disposition originelle, typique.
Anatomie IV 33
ORGANES DE LA RESPIRATION
Des branches secondaires partent des bronches tertiaires, de celles-ci des bronches de 4*= ordre et ainsi de suite jusqu'aux dernières ramifications. Ce que nous avons dit plus haut se remarque toujours et l'on peut conclure, en définitive,que: le type de la ramification de l'arbre bronchique est monopodique, seulement plus dans une collatérale donnée ou s'éloigne de son origine d'une part et, d'autre part, plus on considère une bronche d'un ordre élevé plus on constate que ce type tend à disparaître et à faire place au mode dichotomique.
En outre, et ceci constitue encore un détail important, les bronches collatérales primaires s'échappent de la branche souche en formant avec l'axe de celle-ci un angle aigu, variable du reste et généralement d'autant plus aigu qu'on envisage des bronches plus inférieures. Les bronches suivantes se comportent de la môme façon mais il est facile de voir que leur angle d'origine, à partir des rameaux de ou 5*^ ordre, quelquefois même, mais rarement, plus tôt, tend à s'ouvrir (fig. 230). On aperçoit alors une foule de petites bronches qui se branchent àangle droit ou obtus, même en T, sur leur tronc générateur. 11 convient enfin de faire remarquer que souvent les bronches présentent peu après leur origine un coude brusque qui les fait dévier dans un sens perpendiculaire à leur orientation initiale (fig. 226).
2° BRONCHES COLLATÉRALES. — Aeby a montré que les bronches collatérales, notamment les bronches collatérales primaires, présentaient avec les branches de l'artère pulmonaire des rapports constants et tels qu'ils peuvent servir de critérium pour la détermination de la valeur et des homologies de ces bronches dans les différents territoires des deux poumons. Quoique les faits sur lesquels se fonde cette théorie et par suite cette théorie elle-même soient aujourd'hui vivement contestés, c'est elle qui servira de base à notre description et nous indiquerons ensuite dans un paragraphe spécial les objections qui lui ont été faites.
D'après Aeby l'arbre artériel du poumon n'est qu'une répétition de l'arbre bronchique. Ses i-amifications ne se font pas non plus par voie dichotomique mais par voie monopodique. Dans chaque poumon le tronc artériel (artère-souche), branche de bifurcation de l'artère pulmonaire, croise la face antérieure du tronc bronchique près de son origine, ainsi que nous l'avons vu, puis atteint son côté externe; se recourbe alors eu bas et le longe dans toute son étendue en se plaçant bientôt sur sa face postérieure, dorsale. Le tronc bronchique se trouve ainsi partagé en deux segments, l'un situé au-dessus de l'artère-souche, épartériel par conséquent ; l'autresitué au-dessous, hypartériel. Les bronches qui naîtront sur ce tronc seront alors dites épartérielles pu hypartérielles suivant les cas.
Chez l'homme les deux arbres bronchiques, droit et gauche, sont asymétriques et cela tient à ce que la bronche-souche droite fournit une collatérale primaire épartérielle qui n'existe pas à gauche. L'as\'métrie ne porte que sur ce point : absence à gauche d'une bronche épartérielle qui existe à droite. Toutes les autres bronches sont hypartérielles et dans leur ensemble symétriquement disposées. Ces branches hypartérielles s'agencent le long du tronc bronchique en deux séries, l'une ventrale, la seconde dorsale, et dans chaque série on compte normalement (^ttatre branches. Ainsi le tronc bronchique droit émet d'abord une bronche épartérielle, puis quatre bronches ventrales auxquel-
POUMONS
les correspondent quatre bronches dorsales. Le tronc bronchique gauche ne donne que quatre bronches ventrales et quatre dorsales. A gauche comme à droile ces bronches ventrales et dorsales sont toutes hyparlérielles.
Les bronches ventrale et dorsale de chaque paire ne naissent pas à la même hauteur mais au contraire alternent, la première étant située sur un niveau plusélevé que la seconde. De plus, le point d'émergence des branches ventrales tend à devenir de plus en plus externe, celui des branches dorsales de plus eu plus interne au furet à mesure qu'on se rapproche de l'extrémité du tronc bronchique. En d'autres tei nies chacune de ces séries se dispose le long du tronc suivant un demi-tour de spire très allongée et l'espace qui les sépare est occupé en dehors puis en arrière par le tronc artériel pulmonaire, en dedans et en avant par les veines pulmonaires.
Les bronches dorsales sont, d'une façon générale, plus courtes et moins volumineuses que les ventrales.
Outre les branches collatérales primaires typiques il en existe d'autres qui s'é- ^'"i " Ramification d une bronche de 2- ordre ' chez un cnlant nouveau-ne (Préparation par corro-
chappent de la bronche sou- sion, iimitii).
che le long de son bord an-
téro-interne et s'observent surtout dans sa moitié inférieure. Ces « bronches accessoires », comme les appelle Aeby, sont pour la plupart inconstantes et présentent, quand elles existent, un développement très variable. L'uned'entre elles mérite une mention spéciale à cause de sa constance, de son volume et de sa signification. C'est la &roî!c/ie cardiaque qui se détache en dedans de la bronche souche à environ un demi-centimètre au-dessous de la 1"" bronche hypartérielle ventrale. Nous verrons plus loin pourquoi on l'appelle ainsi.
Distribution des bronches collatérales (dg. 231 à 233). — 1» Arbre bronchique droit. — l^a brouche éparlévielle, longue d'environ 1 cm., décrit une courbe ouverte en haut; elle pénètre dans le lobe supérieur (droit) et se divise en deux branches l'une antérieure qui se dirige en haut, en avant et en dehors, l'autre, postérieure, qui s'incline en haut, en arrière et en dehors. Chacune d'elles se partage l\ son tour en deux rameaux: l'antérieure en un rameau presque vertical, la bronche du sommet ou bronche apiccde droite de liasse et un rameau antéro-latéral, horizontal.
Le territoire de la bronche épartérielle et de ses ramifications conquend le lobe supérieur (du poumon droit) tout entier.
ORGANES DE LA RESPIRATION
La r*^ bronche liypartérielle ventrale droite, oblique en bas et en dehors, se partage bientôt en une branche antéro-interne et une branche postéro-externe située sur un plan un peu plus inférieur. Toutes deux sont légèrement obliques en bas et en avant. Leurs ramifications s'orientent dans la même direction. Les plus internes décrivent une courbure à concavité interne. Cette bronche ventrale se distribue au lobe moyen.
Le lobe inférieur droit reçoit, avec la terminaison de la bronche sonche, les 3 dernières br. Ivjpartériellcs ventrales e[ tontes les hypartérieUes dorsales, en outre les bronches accessoires el notamment la bronche cardiaque . Toutes ces bronches ont une direction générale oblique en bas, en arrière et en dehors. La
Fig. 231. — L'arbi'e broncliique chez l'homme et sa distribvition ilansles différents lobes du poumon. Vue antérieure (d'après liasse).
bronche cardiaque se distribue k la partie antéro-interne du lobe inférieur qui confine au erreur. Chez certains Mammifères ce territoire du poumon droit constitue un lobe distinct, le lobe cardiaque, tandis que chez l'homme son individualité primitive n'est plus attestée que par l'existence d'une bronche collatérale primaire particulière, à laquelle on a conservé le nom de bronche cardiaque.
2° ârbre bronchique gauche. — hapremière bronche hypartérielle ventrale et ses ramifications sont destinées au lobe supérieur. Elle affecte d'abord un trajet oblique en avant et en dehors puis se recourbe et se divise en deux branches : l'une antérieure et inférieure suit le trajet primitif, l'autre supérieure et postérieure se réfiéchit en haut.
La première par sa distribution répond seule à la 1'"'' bronche ventrale droite,
POUMONS
mais plie csL plus volumineuse qu'elle. Elle émet, entre aul res collalérales, un rameau interne el inférieur qui paraît répondre à une bronche cardiaque ganchc. Quant à la seconde elle se comporte tout à fait comme la bronche épartérielle, ou plus exactement comme sa branche apicale. On jieul ])our cette raison la désigner sous le nom de bronche apicale gauche. Cette bronche apicale se ramifie dans les régions supérieure, postérieure et antérieure de la pointe
h'ig. i'Ai. — L'arbre bronchique delà figure 231. Vue latérale ilroite (d'après liasse).
du poumon (liasse), et la branche antéro-inférieure dans toutes les autres parties du lobe supérieur.
Le lobe inférieur du poumon gauche reçoit toutes les autres bronches collatérales 'primaires, c'est-à-dire les trois dernières bronches ventrales et les quatre dorsales, dont la situation et la distribution sont les mêmes que du côté droit.
liasse s'est particulièrement attaché à préciser l'orientation des branches collatérales du tronc bronchique et de leurs ramifications. Il montre que chez l'adulte elle obéit à des règles bien déterminées. C'est ainsi qu'à gauche on reconnaît deux systèmes dirigés l'un en haut, en avant et en dehors, l'autre en bas et en arrière; à droite trois systèmes, le premier tourné en haut et en dehors, le 2^ en bas, en avant et en dehors, le 3s en bas et en arrière. Chacun de ces systèmes correspond à un lobe. Cette orientation, variable suivant les territoires de l'arbre bronchique, serait en rapport avec le sens des mouvements dos dilïérents points de la cage thoracique, et résulterait des dépla("ements inspiratoircs et expiratoires de celle-ci. Chez l'entant qui n'a pas respiré, les dispositions ne sont pas les mêmes, du moins en ce qui concerne les voies accessoires. Dès la première inspiration le système bronchique se développe^ s'accroissant surtout de la base vers la pointe qui, au moment de la puberté, prend un accroissement considérable (ce fait peut expliquer la grande vulnérabilité du sommet à cette période de la vie), et en même temps ses branches acquièrent petit à petit leur orientation détinitivo.
Les limites de cet ouvrage ne nous permettent pas d'entrer dans plus de détails au su-
ORGANES DE LA RESPIRATION
jet des observations de Basse et nous nous bornerons à en indiquer l'importante conclusion. L'étude des phases du développement et des transformations de l'arbre bronchique tend à prouver que la direction principale des voie? respiratoires était primitivement orientée en bas et en arrière et l'on peut en conclure que chez les ancêtres de l'Homme la respiration diaphragmatique jouait le rôle principal. Ensuite s'est développé le système des branches latérales descendantes dans une proportion toujours croissante de haut en bas. Il s'ensuit que la respiration thoracique entre en jeu et dans une mesure de plus en plus importante, surtout dans les régions inférieures du thorax, beaucoup moins dans les supérieures. Peu à peu cependant le segment supérieur du thorax prend part à la respiration cl nous voyons enfin apparaître le type respiratoire propre à l'homme.
Les voies aérifères subissent une évolution entièrement parallèle à celle de la respiration et des mouvements respiratoires.
Nous ajouterons seulement que l'opinion de Hasse n'est pas unanimement acceptée. Wiedersheim notamment croit que la respiration thoracique représente, dans la phylogé-
Br. apic.
Br. card.
gauche