‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 4)Chapitre 74 sur 84 · II. — VAISSIi.\UX NOURRICIERS · texte numérisé non relu

II. — VAISSIi.\UX NOURRICIERS

a) Artères bronchiques. — Les artères bronchiques sont au nombre de deux et viennent de l'aorte. Chacune d'elles, parvenue au poumon qui lui correspond, se place dans le bile à la partie postérieure de la bronche, abandonne alors de nombreux raniuscules aux ganglions lymphatiques, aux gros troncs vasculaires, au tissu sous-pleural et au conjonctit interstitiel, puis pénètre dans'le poumon et se divise en branches qui accompagnent les ramifications bronchiques. Ces branches, d'un faible calibre, fournissent des artérioles qui vont se distribuer les unes aux vaisseaux pulmonaires {vasa vasorum) et aux cloisons interlobulaires,Ies autres plus nombi'euses et plus importantes à la paroi des bronches on elles se capillarisent en formant deux réseaux, l'un profond pour les muscles et les glandes, l'autre superficiel plus serré pour la muqueuse.

Les artères bronchiques s'arrêtent aux bronches lobulaires, quelquefois môme en deçà. Tout le système bronchique intra-lobulaire reçoit son sang des artères pulmonaires (Le Fort, Zuckerkandl) dont le réseau capillaire communique d'ailleurs largement avec celui des bronches inter-lobulaires. Nous verrons en outre plus loin que les bronches de gros calibre elles-mêmes reçoivent également du sang de l'artère pulmonaire.

h) Veines bronchiques. — Les veines bronchiques ne cnrrespoinlent qu'à

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une partie du territoire des artères du même nom. Toutes celles qui naissentdes fines bronches vont en elïel se jeter dans les veines pulmonaires et même celles qui émanent des bronches plus volumineuses, du tronc bronchique y compris, s'anastomosent fréquemment avec ces dernières. Les recherches de Zuckerkandl surtout ont mis ces faits en lumière. D'après lui on peut partager les veines bronchiques proprement dites en deux groupes : veines bronchiques antérieures et veines bronchiques postérieures.

1" Les veines bronchiques antérieures sont placées sur la partie antérieure des deux grosses bronches et de la trachée. On peut les suivre jusque sur les bronches de 2" et de 3® ordre. Habituellement anastomosées entre elles, elles reçoivent leurs racines : des bronches primaires, des ganglions lymphatiques, de la face postérieure du péricarde et s'anastomosent avec les veines de la trachée ainsi qu'avec les veines du médiastin postérieur. Elles débouchent, adroite dans la partie supérieure de la veine azygos, à gauche dans une veine bronchique postérieure. Elles s'ouvrent aussi directement dans les gros troncs des veines pulmonaires.

2° Veines broiichiques postérieures. — En arrière du pédicule du poumon on rencontre généralement de chaque côté deux branches veineuses, l'une supérieure, l'autre inférieure. Ces veines, dont le trajet est indépendant de celui des artères bronchiques, s'anastomosent avec des veines médiastines et se rendent, à droite dans la grande azygos, à gauche dans l'hémi-azygos accessoire.

Anastomoses entre les artères du poumon. — 11 paraît bien établi aujourd'hui que les artères pulmonaires s'anastomosent avec les artères bronchiques, non pas uniquement par l'intermédiaire des réseaux capillaires mais par des branches assez volumineuses qui peuvent atteindre un calibre de 1/2 mm. et plus. Ces anastomoses découvertes par Ruysch, décrites ensuite par Haller, Reisseissen, Sœmmering, Huschke, C. Krause, Virchow, Hoyer, Kûttner, ont été niées par Dubrueil, Le Fort, Sappey et Llyrtl. Leur existence est maintenant hors de doute depuis les recherches de Zuckerkandl que nous résumons ici.

On doit distinguer deux catégories d'anastomoses, les superficielles et les profondes.

l" Les anastomoses superficielles s'observent de préférence sur la face interne du poumon et sont constituées par des vaisseaux sous-pleuraux, relativement longs, étroits et onduleux qui naissent de l'artère bronchique au niveau du bile, se dirigent vers le bord du poumon et après un certain trajet plongent brusquement dans son épaisseur pour aller s'unir à une branche interlobulaire de l'artère pulmonaire. On trouve aussi des branches anastomotiques semblables sur la face convexe. Elles viennent de l'artère bronchique et de l'artère œsophagienne et sont beaucoup plus courtes que les précédentes.

Le nombre de ces anastomoses varie. Il y en a habituellement deux sur la face interne et une troisième logée dans le repli pleural qui réunit le lobe inférieur avec le supérieur ou le moyen.

2° Les anastomoses profondes sont situées sur la paroi des ramifications bronchiques ou à côté d'elles. Elles ne commencent à apparaître que sur les bronches secondaires. On peut en distinguer plusieurs sortes selon qu'elles proviennent de l'artère pulmonaire, de l'artère bronchique ou de ces deux artères à

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la fois. S()ii\('iil riiiiasiiiiiiusc se l'ail |iai' une liraiiclii' (pic l'arlcfc |niiiii(inairc t'iivoie à line ])roiiclie et qui, sur celle-ci. se i'(''iiiiil à TaiMèrc hrniicliKjne (raiiicaii.x hroncliiques de l'artère pulmonaire).

En somme les bronches reiTji\'eiil du sanv M'ineii.x par l'arlerc piiliuoiiaire cl il est inexact de dire que les arlcres ijroiichiipies soul seules piN'posi'es à leur \'ascu]ansatioii. Nous avons déj;! vu (pii' les bi'onches iiilr.i-li)l)ulaires étaieiil irriguées par l'artère pulmonaire. Les hronches primaires seules sont e.xclusivement nourries pir les artères Itroucliiques et les bronches iulermédiaires rci'oivenl. i)ar ces deux sources, nu iiii''lan,!.;i' ih^ saufj- veineux etdi' sa n n' artériel.

Anastomoses entre les veines du poumon. — Nous avons (léjà dil anlérieu rcmeut (pi'iine partie des \'eiues issues des jicii'ois des bronches allaient se jeter dans les veines pulmonaii'es. ZnckerUaudl a montré que celles qui ])ro\'eiiaient des bronches de ])remi(M' ordre, et mciiie du tronc bronchique dans sa portion c\lia-piilmouairc. s'a uasicunosa ien t également avec ces veines. Il en résulte doiii' que la plus giauile partie du sang r[ui l'cvient de l'arbre bronchique, sang veineux pai' cDiisi' jiient, se ili''\-ei'se dans des suies oii circule du sang artériel.

Anastomoses des veines pulmonaires avec les veines du médiastin postérieur. — Lorsque, dit ZuckerUandI. on iiijecle les ))oumons par b^s \einc> pulinoiialres a\('c une masse ])i''nélranle. on rem])lit non seulcnn'ul les \eincs propres ilii poiiiiion mais encore les veines de l'iiisophage, de l'aorle, du di;i- |)hragine. de la plèvre, du ])éi'icarde, ciiliii le- rainilicalions de la veine poi'Ie. Tous ces vaisseaux s'anastomoseiil donc enirc eux. Il cxisie en clTct dans le mediaslin posiérieui' u n plexus \cinciix Irès iNAcloppi'', |)riiicipalcmcnl au jionrtoiw de l'aorte, ])ar l'inlermédiaii'i' duquel les \'ei nés des organes qui com|)osent el entoureutcette région communiquentenlre elles. Les braïudies qui le constituent provienneiil : de la p iT'Iiou I hr)racii|iie de r(esopliagc. du diajibragme, des ])arois de l'aorle. des broiicbes et du réseau sous-pleural.

La conclusion générab" qui découle de ces laits est que le sang artériel ipii est ramené au cicur |»ar les \-eines jinl luonairi^s reiil'(U'nu' normalement, chez, l'adullc. uiiccerlaine pi'opoi'tiou de sang N'cincux.

2" Lymphatiques. — Les vaisseaux lymphaliipies soul très abondants et très développés dans le poumon. Ou les dislingue en sHper/iCic/.s f)U sous-pleuraux el profoluh.

IwCS Ivmpbaliipies su|>erliciels l'ormeui à la siiilacc du poumon un réseau doul les ti'oncs elîéi'cu ts. mnn is de valvules. \iiiil se jcicr au nombre de i à o dans les gaii,L:lioii^ du liilc. It'apres la majorili'" di's auteurs ce réseau sous-pleurai s'anastomose avec Ic^ l\ iiiphaliques jjrol'onds dans loiile r(''lendnede la péri - |)hérie de roi-gane ; pour d'anli'cs. au coulraire, d ne cmumuiiique avec eux qu'au niveau du liile el par l'iiilerm(''diairc dc^ Ironcs Icriiiiiiaiix donl il vient d'être question.

Les lympbaliques prol'ontls ont ('[édix isés p;ir Ciranchcr en ly iii|dialiques du système aérien el en lymphatiques du svstème vaseulaire. Les premiers naissent par des réseaux dans l'épaisseur des parois des ramifications bronchiques el spécialement dans leur muc|ueuse (Teichmann). Leur existence dans la paroi des conduits alvéolaires et des alvéoles eux-mêmes, quoiqm^ admise par (juclques

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analoinistes, n'est cependant pas cerlaine. Miller et tout récemment encore Teichmann affirment qu'il n'y en a pas dans les alvéoles. Miller a pu les suivre jusque sur la bronche terminale tandis que pour Teichmann ils ne dépassent pas les fines bronches de 1,5 mm. à 2 mm.

Les lymphatiques ^■asculaires ont pour racines des troncs situés sur la terminaison des l)ionches (Miller). L'un de ces troncs suit le rameau de l'artère pulmonaire, de la profondeur vers le bile, en s'unissant successivement à de nouveaux lymphatiques de même origine, de façon à constituer des troncs plus volumineux. Les plus petites artères ne sont accompagnées que d'un vaisseau lymphatique; les plus larges en possèdent deux situés ii l'opposé l'un de l'autre et anastomosés par des branches.

La veinule qui longe la bronche terminale est, de son côté, longée par deux petits troncs lymphatiques qui confluent de la même manière que les précédents et donnent naissance ainsi à des branches plus considérables, plus nombreuses sur les grosses veines que sur les petites (Miller ).

Les deux systèmes péri-aérien et péri-vascul;iire communiquent largement ensemble.

Parvenus au nixeau du bile les troncs lym|)liatiques. superficiels et profonds, se jettent dans des ganglions groupés autour de la bronche souche, les graii- (^iions pithrio?iaires ou broncho-pulmonaires. Ces ganglions, nombreux et de volume variable, sont situés les uns en dehors du poumon, les autres dans l'épaisseur même de son parencbyuie. Ils ne pénètrent cependant pns à une profondeur de plus de 3 ceutiuièii'cs (Sa])pey). Leur coloration chez l'adulte est grise, brune ou uuMue noire, par suite de la ])résence dans leur intérieur de granulations pigmentaires ou charbonneuses qui y sont déposées par la lymphe venue des pouuions. De plus ces ganglions sont très fréquemment le siège d'altérations de toute nature.

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