PÉRIODE D ÉTAT
Considérations générales. — \ er> l.i deuxième année a|)rcsla naissance, le thymus, ari'ivé à son maximum de dévelop|iemenl, est un organe volumineux, logé dans le uu''diastiii antérieur et se prolongeant sur une longneui' variable dans la l'égion cervicale. Sa colorai ion, d'un rou^^^c veineux chez le nouNcau-né (Farret.Tli. l'aris, 1800) et rosée chez le fœtus, devient à celle période d'un blanc giis, lire, analogue a celle des ganglions lymjihaliques. A mesure ipie s'acceiituciipiit les phénomènes de l'inNolution , celle coloration tournera au jaune \tî\\i' de hi gr.iisse.
A Iravci s la mince capsule conjonctive qui l'entoure, le th\ mus laisse, comme
. l'extrémité inférieure de la glande a
tliidial. 77//////,, Thymus, crt/-., carotide
pi'imilive.
ORGANES DE LA RESPIRATION
les glandes, apercevoir un aspect extérieur lobule. On verra plus loin qu'il se compose d'un grand nombre de lobules primaires, de forme pyramidale, dont le sommet répond à l'axe longitudinal du lobe et la base à la surface extérieure de l'organe. On distingue en effet, à la surface du thymus, un grand nombre de petits champs polygonaux assez réguliers, mesurant 2 à 3 mm. dans tous les sens, dont chacun reproduit la base d'un lobule primaire.
La forme générale de la glande (fig. 261) est celle d'une pyramide quadrangulaire à base inférieure, à sommet bifide. La plus grande partie de celte py-
Fig. 261. — Tliyimis d'un enfant de 2 mois.
ramide est comprise dans la cage thoracique (thym, thorac), tandis que les extrémités supérieures répondent à la région cervicale (thym, cervical). En réalité le thymus se compose de deux lobes, l'un droit, l'autre gauche, appliqués l'un contre l'autre et séparés uniquement par la mince cloison résultant de l'adossemenl de leurs capsules. Ce plan de division est obliquement dirigé de gauche à droite et d'arrière en avant. Il n'est cependant pas rare de trouver les deux lobes réunis l'un à l'autre par un isthme plus ou moins étendu. Suivant que celle soudure porte sur les extrémités inférieures ou les [jarties moyennes des lobes, la forme du thymus varie de la forme de l'U à celle de l'U (Ammann).
Les deux lobes sonl le plus souvent inégalement développés : l'un d'eux empiète alors plus ou moins sur la face anlérieure de son voisin : on
THYMUS
|KMil ainsi |)ies(Hie toujoui's distinguer un lobo médian plus volumineux, et un lidje latéral plus réduit (Mettenheiiner).
Pris individuellement enfin, chaque lobe thymique possède la forme d'une massue à grosse extrémité inférieure. Les extrémités proximales, coniques, ont reçu le nom do cornes supérieures ; les extrémités distales, malgré leur volume et leur forme mousse, ont par opposition quelquefois reçu le nom de cornes Inférieures.
(Ibez le nouveau-né, la consistance du thymus est molle cl ])resque iluctuanteàcause de la quantité de liquide que cet organe renferme. Plus lard cette consistance se l aircrmira, en restant cependant toujours |)eu considérable (FarreA).
I^es )ue)}su rations du Ihymus ont donné entre les mains des auteurs des résultats peu coiicoi'dants. Ces variations proviennent vraisemblablement de ce fjue ces mensuiations on tété faites à des périodes dilTérentes de l'évolution de la glande. l">lles proviennent aussi des dilîérences individuelles qui, jiour cet organe, sont parliculieroment marquées.
l^n longueur le thymus mesure 40 à 50 mm. ; en largeur 20 à .30 selon Sappey et seulement 12 à li, d'après Testut (moyenne de 20 sujets). Cependant il arrive fréquemment que le diamètre transversal soit beaucoup plus réduit : le thymus se jirésente ;ilors comme un cordon très grêle. Dans d'autres circonstances, le diamètre transversal atteint le diamètre longitudinal.
Le diamètre antéro-pnstérieur mesure, selon Sappey, 8 à 10 mm., 1 2 à 14 mm., d'après ïestut.
11 n'est pas rare de rencontrer des tbymus très augmentés de volume. Dans ces conditions la glande mesure en longueur jusqu'à 08 mm. et de 40 à 6'j mm. de largeur (Ammann). D'une façon générale, la taille, le volume et le poids varient dans le même sens que le poids du sujet (Farret).
Les pesées ont donné des résultats aussi peu concordants. A la naissance, le thymus, d'après Haller, pèse environ •) gr. ; 8 à 12 d'après llaugsted ; 10 à 20 selon Merkel ; 5 à 2o d'après Kœiliker et Friedieben (moyenne 13 gr. 7) , 0 à 8 gr. selon Sappey, et seulement Ij gr. d'après Testut. Toutefois les thymus augmentés de volume [jeuvent atteindre des poids beaucoup plus considérables (00 grammes).
Rapports. — Les rapporis du lh)'iuus sont naluicllement variables selon r[u'il s'agit du lliymus thoraciiiue ou du Ihymus cervical.
Par sa face aiUérieure, la portion thoraci(jue de l'organe répdud au manubrium et au corps du sternum depuis l'ouverture su|)érieure du thorax jus- (|u'à la haulcur du .3" espace inlercoslal. Ces i-apjiorls toutefois peuveni éire plus étendus, rar on voit assez souvent descendre |)lus lias et |us(|ne sur le dia|)hragme (Hibemont, Farret) l'extiémilé iiifériiMiie du llivmiis. Imi haul, la glande est séparée de la face postérieure du manubrium par les in-erli( ns des m. slerno-thyroïdiens sous lesquels elle se piolonge dans la région cerx icale.
En arrière, le thymus recouvre les gros vaisseaux du cieur. F.n bas sa /Wcr postérieure se trouve en rapport immédiat avec le tronc de Tarière iiulrnonaire à gauche et à droite avec l'aorle ascendante (tig. 2til). Sur un |ilan plus profond, elle répond à la bronche gauche et enfin à l'o'snjdicige. .\ un uixcau
Anatomie IV 30*
ORGANES DE L.\ RESPIRATION
plus élevé, le Ihvmns répond immédiatement au tronc v. brachio-céphalique gauche et par son bord droit au tionc veineux droit. D'une façon moins immédiate, il répond au tronc artériel brachio-céphalique et à gauche à la carotide primitive. A ce niveau, le thymus contracte parfois des rapports avec la trachée en envoyant en arrière des prolongements glandulaires jusqu'à la naissance des bronches (Metlenheimer).
Les deu.x faces latérales du thymus répondent aux faces internes des poumons. A droite, le thymus répond en outre au n. phrénique droit et au som-
- Piiricarde ..Aorte
- . r. cav. sup.
...Bronc/ie rir.
Aorte--- -' - - Œsop/iage
Fig. 262. — Coupe transversale de la région thoracique du nouvoau-né (d'après Metteiilieimcr).
met du péricarde. A gauche, ce rapport n'existe pas, le nerf de ce côté se trouvant sur un plan plus postérieur.
Les cornes inférieures répondent au péricarde qui les sépare du ventricule et de l'oreillette droits. J'ai déjà dit que l'extrémité inférieure du thymus peut descendre plus bas et jusqu'au diaphragme : les rapports de celte glande et du cœur sont donc très variables et en relation avec le degré du développement de l'organe.
Les cornes supérieures remontent plus ou moins haut dans la région cervicale. Elles restent généralement séparées du hord inférieur du corps thyroïde par une distance de 5 à 10 mm. Mais, contrairement à ce qui est généralement répété dans les classiques, l'extrémité supérieure du thymus peut remonter assez haut pour atteindre cette glande (May r, Luschka, Kœlliker,Mettenheimer).
Structure. — Chaque lobe thymique est entouré de toutes parts par une capsule conjonctive mince et délicate. Par sa face externe, cette membrane d'enveloppe contracte avec les parois du médiastin antérieur et le péricarde pariétal quelques adhérences qui maintiennent l'organe dans la situation qu'il occupe. Par sa face interne, la capsule donne naissance à de fines cloisons qui séparent les lobules les uns des autres et sert de soutien aux vaisseaux thymiques.
THYMUS
La surface extérieure du tliynuis se laisse en eiïet décomposer en champs polygonaux irréguliers ou lobules. Le scalpel ou les ciseaux permettent même de séparer partiellement les lobules les uns des autres en détruisant les cloisons conjonctives qui leur sont interposées. Le thymus se présente alors sous
forme d'un chapelet de grains irréguliers et inégaux greffés par un ])édicule ou liile sur un axe longitudinal uniijiip (fig. 203). Cette tige fut longtemps considérée comme le canal excréteur de l'organe, dans lequel s'ouvraient les conduils excréteurs des lobules. On sait aujourd'hui que cet
Axe
' Loljitli's.
Fif,'. 26.3. — Fragiiii'iit d'un lliymus de veau dont les lobules ont été séparés par la disseelion (li'après Kœlliker).
["'ig. 2(i4. — Cdupe d'un foUii-ulc du tliyniu? faible icrussissi.'uii'nt.
Z, Zone marginale. /.
Zone médullaire.
axe comme l'organe tout entier est |ilein et rjuc le Ihymus est totalement dépourvu de canal excrélour.
Cha({ue lobule est lui-inéiiie tlécouiposahle en éléments plus petits ou foUïcalcs. Sur coupe (fig. 204), le follicule s(> montre à un faible grossissement formé de deux zones concentriques, l'une j)ériphérique ou marginale, très granuleuse et opaque, l'autie centrale ou médullaire, plus claire.
i^a zone marginale esl lormée ])ar un réticulum identique et continu ;i celui (jui forme la zone médullaire. Sun a[q)ai-i'uce granuleuse est due à une ])r(q)(ii'tioii très considérable de cellules lyniphn'ides contenues dans les mailles du réseau. Ces éléments se mulliplieiil d'une fa(;on active nuiis particulièiement dans la région la plus externe qui iloil être considérée comme \'à zone d' accro]!>-
ORGANES DE LA RESPIRATION
sèment des follicules. Dans la zone médullaire les éléments lymphoïdes sont beaucoup plus rares et par suite le réseau de soutien beaucoup plus visible. Ce réticuluni est très irrégulier ; ses travées sont formées de cellules anastomosées les unes avec les autres. A leur surface, sont des noyaux qui se distinguent de ceux des lymphocytes par leur taille beaucoup plus grande, leur pauvreté en substance chromatique. Les mailles du réseau sont aussi très
irrégulières et très inégales.
Outre les quelques cellules lymphoïdes qu'elles contiennent, elles présentent quelques éléments dont le protoplasma est chargé de pigment sanguin et quelques cellules géantes.
Les corps concentriques de Hassall sont des éléments caractéristiques du thymus. Ce sont des corpuscules arrondis (fig. 6) dont les parois épaisses sont imbriquées les unes sur les autres. Au centre se trouvent quelques petits éléments dont la nature n'est pas exactement connue. Tels qu'ils sont, ces corps concentriques ont été comparés aux perles des tumeurs épilhéliales. Leur oric. c, corps concentrique de Hassall. cap, capill. . , . .„ .
sanguin, c. e, noyaux des cellules du réseau. gine et leur signihcation ont
fait l'objet de nombreuses recherches, sans que l'on soit aujourd'hui entièrement encore fixé sur ces questions.
Friedleben considère les corps concentriques comme des follicules en voie d'atrophie. Berlin, Paulizki, Cornil et Ranvier, Afanasiew constatent qu'ils sont en rapport avec les vaisseaux sanguins ; ce dernier auteur, allant plus loin, les fait dériver de 1 cndothélium vasculairo : cet endolhélium s'épaissit, prolifère et obture complètement la lumière du vaisseau. His et Stieda considèrent les corps concentriques comme les vestiges de l'ébauche épitliéliale du thymus. Hermann et Tourneux se rangent à l'interprétation de Kœlliker, d'après laquelle, les corps concentriques sont formés par un dépôt successif de couches d'une substance amorphe autour des cellules épithéliales.
Le thymus renferme aussi d'après Remak, Watney, des vésicules tapissées par un épithélium cubique assez régulier, muni de cils vibratils. Ces vésicules sont analogues à celles qui ont été rencontrées dans le corps thyro'ide et seront décrites avec ces dernières.
Chaque follicule thymique est parcouru par un réseau abondant de capillaires sanguins. Ceux-ci proviennent de la division des vaisseaux qui abordent le lobule au niveau de son bile.
Vaisseaux sanguins. — a) Artères. — Ces artères thymiques proviennent surtout des mammaires internes. Accessoirement le thymus reçoit quelques
ce
Fig. 265.
THYMUS
rameaux vasculaires des thyroïdiennes inférieures, des péricardiques et des diaphragmatiques supérieures.
h) Veines. — Les veines thymiques sont peu volumineuses mais très nombreuses. Les plus importantes se jettent dans le tronc veineux brachio-céphalique gauche. D'autres se rendent aux veines mammaires internes, thyroïdiennes inférieures et diaphragmatiques supérieures.
Vaisseaux lymphatiques. — La disposition des capillaires lymphatiques dans le thymus rappelle celle des ganglions ordinaires. Les vaisseaux émergeants sont tributaires des ganglions retro-slernaux.
Nerfs. — Les nerfs sont dans le thymus assez abondants : ce sont vraisemblablement des nerfs vasculaires. Ils proviennent du sympathique. Leur centre d'origine semble être dans le ganglion cervical supérieur et le premier thoracique.
:]o PÉRIODE DE RÉGRESSION
Durant cette période de son involution, le thymus décroît lentement de volume ; la durée de cette phase, l'époque précise où elle commence et oi'i elle finit sont encore très mal connues. Kœlliker et Ecker placent le début de cette involution au cours de la 20*^ année. Pour Simon elle se fait de la 8'^ à la 12*^ année; pour Friedleben, Sappey, Ammann — et c'est l'opinion la plus généralement admise — l'involution thymique commence durant la 2'- année de la vie extra-utérine.
La durée du phénomène est aussi mal connue que réi')oque de son début. D'une façon générale on sait que l'involution se poursuit très lentement pendant la jeunesse et s'accentue après la puberté. On place entre la 15^ et la 23° année le terme ultime du phénomène.
On a longtemps admis que cette régression était totale. On sait aujourd'hui qu'il peut persister jusque dans l'âge le plus avancé des vestiges du thymus. Sussdorf le premier signala ce fait chez les vieux animaux. D'autres auteurs, Luschka, Meckel, Watney ont retrouvé de semblables vestiges chez l'homme mais d'unefaçon inconstante, tandis fjue Sap|)ey et plus rècernmenl Waldeyer les considèrent comme absolument constants. Ces' vestiges, d'après ce dernier auteur, se présentent sous forme d'une masse graisseuse, de taille, de forme, de couleur et de consistance très variables. Ce corps thymique est compris dans le médiastin antérieur, derrière le manche du sternum, au-devant des gros vaisseaux.
Les processus histologiques de la régression de cet organe consistent essentiellement dans une prolifération abondante du tissu conjonctif et des vaisseaux et surtout dans une formation de cellules adipeuses. Les diverses proportions du conjonctif et de la graisse impriment aux vestiges des caractères très variables de consistance et d'aspect.
Les lobules thymiques subsistants peuvent devenir le substratum d'une reviviscence. On a signalé des cas assez nombreux où le thymus atteignait chez l'adulte des dimensions plus considérables que celles (ju'il a normalement chez
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l'enfant. Ces cas de reviviscence sont généralement en rapport avec des phénomènes pathologiques.