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II. — DU SQUELETTE FACIAL EN GÉNÉRAL

Les quatorze os que nous venons de décrire, réunis entre eux et au crâne, forment un ensemble squelettique, fixé à la partie antéro-inférieure du crâne : c'est le squelette de la face.

A première vue, le squelette de la face apparaît comme essentiellement formé de deux parties mobiles l'une sur l'autre, les deux mâchoires : c'est en etîet la fonction de mastication qui commande ses dispositions principales tant extérieures qu'intérieures ; il est creusé de cavités dans laquelles les organes des sens (vue, odorat, goût) sont reçus et abrités.

Beaucoup moins volumineux que celui du crâne, le squelette facial ne

rii,'. 4 30. — l'^acc antérieure fie la tète osseuse. •Squelette du crànc, rose ; squelette de la face, bleu.

forme guère que le quart du volume total de la tète. Dans son ensemble il re- ])résente une 'puramidc qiiadrarigxilaire, dont la hase dirigée en haut et en arriére est unie à la base du crâne, et dont le sommet dirigé en bas et en avant répond au menton ; les faces, au nombre de quatre, sont l'une antérieure, tve ■postérieure et les deux autres latérales.

FACE ANTÉRIEURE. — C'est la face daus l'acception vulgaire du mot. Limitée en bas par le bord inférieur du maxillaire inférieur, elle est limitée en haut par trois prolongements verticaux qui circonscrivent deux échancrures profondes : le prolongement médian est formé par les ajjophyses montantes du maxillaire supérieur et les os nasaux ; les prolongements latéraux sont constitués par les apophijses orbitaires des os malaires ; les échancrures ou croissants orhitaires.

OSTÉOLOGIE

lournent en haut leur concavité. L'articulation des proiongemenls latéraux el médian avec le frontal achève la formation des cavités orbitaires et commence le rattachement du squelette facial à celui du crâne.

La face antérieure présente de haut en bas sur la ligne médiane : u) la sulure médio-nasale ; — b) V échancrure nasale, cordiforme à pointe supérieure ; — c) Vepine nasale antérieure et inférieure ; — d) la suture qui réunit les deitx

Frontal

l'ariétiil.

Sphénoïde

Orbile -- Os )iLiial — Os lacrijmul —

Corn. moi/.

Ma la ire - — Cornet inférieur Apo. styloïde Maxillaire su]).

itarÀllaire inf

S(|iifk'tlo (le la trte, vue anlérii'inH

maxillaires supérieurs : — e) les Incisires ; — f) la sijmpliijse inoitonnière aboutissant à l'éminence mentonnière.

De chaque côté et toujours de haut en bas, on rencontre : a) le croissant orbifaire circonscrit dans sa moitié interne par l'apophyse montante du maxillaire supérieur et dans sa moitié externe par le malaire; — b) au-dessous la face antérieure du maxillaire supérieur, percée par le canal soiis-orbitaire, que surmonte la. suture maxillo-malaire ; cette face est creusée par la fosse canine dans sa partie moyenne et ])ar la fossette mijrl'iformc nu-dessous de l'échancruro

DU SÛUELET l'E FACIAL EN GÉNÉRAL 189

nasale; — c) ['arcade alréolaire ; — d) les dents supérieures et inférieures; — e) la face exierne du maxUlaire supérieur avec son iroii nienlonnler.

FACE POSTÉRIEURE OU INFÉRIEURE. — Elle se présente sous l'aspect d'une

Sitt na^n-nin.r. Os ilflSfjl

F . iiusnl

Fig. — .Massif facial supérieur, \uq aiilériciuc.

vaste e\ca\ alion, circonscrite en avant et sur les c('ilés par \o bord inférieur du maxillaire inférieur et le bord postérieur de ses brandies. Le fond de l'e.xcavalit)n est formé par la roùte palatine.

Sur la face postérieure, on reinar(pie:

l" Sur la liane médiane: a) la .s ysc n-;eiilijU)iiêre ■dvec les apopbyses

l'"ii,'. toU. — Massif fai-ial -iiiuM'ii'ur. \ ni' infi'iii.'un'.

géni ; — h) le^i incisives ; c) [n salure incdio-pulaline avec le Iroa palatin antérieur : — d) ['épi)ie nasale inférieure el 'postérieure ; — e) le hord postérieur du vo)}ier séparant les oriliccs postérieurs des fosses nas(él"s.

OSTÉOLOGIE

2° Sur les côtés, on trouve : a) la face interne du maxillaire inférieur avec son sillon mylo-hyoïdien et l'orifice du canal dentaire surmonté par l'épine de Spix ; — b) les dents ; — c) V arcade alvéolaire du maxillaire supérieur, circonscrivant la voûte palatine ; — d) les tiihérosités maxillaires masquées en partie par les apophyses pyramidales des os palatins.

La voûte palatine, formée dans ses deux tiers antérieurs par l'apophyse palatine du maxillaire supérieur, et dans son tiers postérieur par l'apophyse palatine du palatin, montre sur ce tiers postérieur le trou palatin postérieur, duquel se détachent trois gouttières. La plus externe est destinée à l'artère palatine ; la moyenne loge, avec les nerfs palatins, un rameau de l'artère palatine ; l'interne, ou postérieure, transversale, largo, répond à des veines.

La voûte palatine présente parfois au niveau de la ligne médiane un véritable bourrelet osseux (Gaumenwulst). D'après Kopernicki, Taretnetzlii^ Stieda, cette saillie osseuse serait plus fréquente chez les Péruviens et en France chez les Auvergnats.

FACES LATÉRALES Chacune. d'elles est essentielloment constituée p;ir la

l''ig. 440. — Face latérale de la létc osseuse. Squelette du crâne, rose; squelette de la face, bleu.

face externe de l'os malairo, la face postérieure de la pyramide maxillaire el la face externe de la hranche du maxillaire inférieur.

On y remarque : a) Vanfjle postérieur du malaire, dont les dentelures s'engrènent avec celles de l'apophyse zygomatique du temporal; h) Véchancrure sigmoïde dn maxillaire inférieur, conduisant dans la fosse ptérygo-maxillaire; cette échancrure se relève on avant avec l'apophyse coronoïde, en arrière avec le condyle. Entre le bord inférieur du malaire, continué en bas par le bord infé-

RÉGIONS COMMUNES AU CRANE ET A LA FACE

rieur de la pyraniido maxillaire, d'une pari, et le bord antérieur de la branche du maxillaire inférieur, d'autre part, une large ouverture conduit dans la cavité bucco-pharyngienne.

BASE. — La base du squelette facial apparaît hérissée sur son pourtour de |)rol()iigements par lesquels il va s'articuler avec le squelette crânien.

Ces prolongements sont au nombre de cinq : les moyens, nasal et orbitaire interne ont été signalés avec la face antérieure ; les prolongements externes, constitués par les apoiihyses zygomatiques des malaires, ont été également décrits. La partie moyenne de la base montre la large échancrure elhmoidale au fond de laquelle le vomer cloisonne la grande cavité nasale. Sur les côtés de l'échancrure elhmoïdale, la base est formée par la face supérieure des maxillaires supérieurs, planchers orbitairrs, Iraversés par la gnutliére et le canal sous-orbi(aires.

Architecture. — Sm-((ualorzc os (jui eiitreiii dans la conslilution de la l'ace, treize seulement, unis par des sutures harmoniques ou finement dentelées, forment ce qu'on peiil appeler le iiiaaxif mri.ri//rtire si/périeiir, creusé par le sinus maxillaire supérieur : le 14'. mâchoire inférieure, est mobile sur le maxillaire supérieurqui prend sur la base du crâne cinq points d'appui constitués par autant de parties renforcées de son squelette. Ce son! Ir.'S pih'pfs facidii.r ,

§ m. -- DESCRIPTION DE (JUELQUES RÉGIONS COMMUNES AT: CRANE ET A LA FACE.

.le décrirai successivement : l" les cavités orbitaires : 2" les fosses nasales ; 3" la fosse 'ptérygo-maxillaire .

CAVITÉS ORBITAIRES.

Les orbites sont deux cavités, symétriquement placées de chaque côté de la racine du nez, sur les confins de la face et du crâne. Chaque cavilé orbitaire a été comparée à une pyramide quadrangulaire; toutefois, tout en retenant celle comparaison, qui permet de distinguer les parois orbilaires comme faces de la pyramide, il est bon d'observer que la cavité orbitaire, modelée sur le globe de l'œil, tend à se rapprocher de la forme sphéroïdale.

Conformément à l'usage, je décrirai à l'orbite, pyramide quadrangulaire, quatre faces, quatre angles, une base et un sommet.

Faces. — Les faces de la pyramide constituent les parois de V orbite ; elles sont: supérieure ou cérébrcde, inférieure ou maxillaire, interne ou nasale, externe ou temporale.

La paroi supérieure, appelée encore voûte de l'orbite, est de figure triangulaire ; formée pour la plus grande partie par le frontal, elle est complétée en arriére par la petite aile du sphéno'fde. La voûte de l'orbite est concave ; la concavité, Irés légère en arriére, se prononce davantage en avant et surloul vers

OSTÉOLOGIE

l'angle externe où l'on peut voir une véritable excavation sans limites précises, la fosse lacrymale. Vers la partie antérieure et interne de la voûte, on remarque line |)eLile dépression assez souvent surmontée d'une épine osseuse, qui répond à l'insertion de la poulie sur laquelle se l'éfléchit le muscle grand oblique de l'œil. La voûte de l'orbite est mince, transparente, fragile.

Lapuro'i inférieure, ou plancher deVorhite, estaussi triangulaire. Au maxillaire supérieur, qui en constitue la plus grande partie, s'ajoutent en arrière la facette supérieure de l'apophyse orbitaire du palatin et l'os inalaire vers la partie antérieure et externe. Plan ou très légèrement concave, le plancher de l'orbite est incliné en avant et en dehors ; il devient assez souvent convexe, étant comme soulevé par le sinus maxillaire sous-jacent. Le i)lancher de l'orbite est traversé par le nerf maxillaire supérieur, auquel il oiïre dans sa moitié postérieure une gouttière continuée dans la moitié antérieure par un canal osseux qui va aboutir au trou sous-orbitaire. — Le plancher de l'orbite est plus mince que la voûte.

La paroi interne^ jjarallèlc au plan médian du coi'i)*, est légèrement cun-

Fig. iil. — Cavité oi'bitai l'C, vue aulorioiire.

vexe d'avant en arrière. J'IUe est consliluoc par l'unguis, l'os ])laiiuiii de l'elbmoïde et la partie latérale et antérieure du sphénoïde : les sutures qui unissent ces 0* sont verticales et parallèles. Sa minceur est extrême.

La paroi externe, h peu près plane et de ligure triangulaire comme les précédentes, est très obliquement dirigée en avant et en dehors. Elle est constituée dans ses deux tiers postérieurs par la grande aile du sphénoïde, dans son tiers antérieur par le malaire, et un peu par l'apophyse orbitaire du frontal. Dans la suture spliéno-malaire, on rencontre assez fréquemment de petits os isolés, ana-

RÉGIONS COMMUNES AU CRANE ET A LA FACE

logues aux os wormiens du crâne. Dans la partie nialaire, on remarque les orifices des conduits malaires. Tout près du sommet de cette face encadrée parles fentes sphénoïdale et sphéno-maxillaire, on peut voir de petites rugosités, qui donnent insertion à quelques faisceaux du muscle droit externe (cjjviedu muscle droit externe). La paroi externe estde toutes la plus épaisse.

Angles. — On désigne sous ce nom, aussi inexact que commode pour la description, les surfaces courbes par lesquelles lesquatre faces orbitaires se continuent.

Dans i'an(ile supérieur et hilerne, mi voit la suture ([ui unit l'etlimoïde et l'unguis au frontal : sur cette sulure sont placés les deux Irous ethnioiduux qui donnent passage aux artères et veines ethmoïdales (l'antérieur donne eu outre passage au filet etlimoïdal du rameau nasal). — L'angle supérieur e( interne cunduit au trou^ optique; vérilable canal osseux de 4 à 8 mm. de longueur, le raual optirjne, (diliqucnient dirigé, va croiser sou homologue vers le milieu de la selle turciqiie; il donne passage au nerf optique, et à l'artère ophthalmique, qui occupe la partie inférieure et externe du conduit.

L'angle supérieur et externe répond h. la fosse lacrymale dans sa partie antérieure ; eu arrière, il est mieux constitué par la fente sphénoïdale. La fenle sphénoïdale a la forme d'une massue à grosse extrémité postérieure, ou mieux celle d'une virgule ; interrompue par l'épine du muscle droit externe (spùur musculi externi), elle conduit dans l'étage moyen du crâne. La fente sphénoïdale livre passage aux vaisseaux et nerfs de l'orbite, l'artère exceplée ( Voy. lig. 442).

iV. palhiil. flroit xii/i.

i ',.-2. — Selii'uin lic^ l.-i, \'on[r >p!iriinï(lalp et du somiiiol, ilo l'orliite.

Ij' angle inférieur et iufei-ne répond à la suture du maxillaire supérieur avec l'unguis et l'ethuioïde, et tout à l'ait en arrière à la suture qui réunit l'ethmoïde à l'apophyse orbitaire du palatin.

Vangle i^ifériear et exter)ie S'il con^l'dué dans son tiers antérieur par le malaire, dans ses douK tiprs postérieurs par la fente sphéno-maxillaire, comhlC'C

OSTÉOLOGIE

à l'état frais par nue iiieiiibrane fibreuse dans laquelle passe un tilel du nerf maxillaire supérieur. Elle conduit dans la fosse ptérygo-niaxillaire et dans son arrière-fond.

La fente sphéno-niaxillaire étroitedans sa partie moyenne s'élargit à ses deux extrémités : son extrémité antérieure arrondie est formée par une petite languette osseuse qui dépend du maxillaire supérieur.

Base. — La base de l'orbite, irrégulièrement quadrilatère, regarde en avant, en deborset un peu en bas. Son contour est constitué : en baut, par l'arcade orbitaire du frontal avec ses deux apophyses orbitaires ; en dehors, j)ar le bord concave du malaire ; en bas par le maxillaire supérieur ; en dedans par la ci ète de l'os unguis (A). La partie inférieure du contour est légèrement en retrait sur la partie supérieure. — Les parties latérales sont concaves en avant, l'e.xterne surtout; on peut s'en assurer en regardant un crâne de profil. — Le contour présente à la partie supérieure l'échancrure ou trou siis-orbilaire, et est traversé à la partie inférieure par le canal sous-orhitaire, qui débouche au-dessous du bord inférieur par le trou sous-orbitaire.

Sommet. . — Le sommet est placé par les uns au trou optique, de telle sorte que l'axe prolongé irait croiser celui du côté opposé au niveau de la selle lurcique ; poiirles autres il répond à l'angle interne de la fente sphénoïdale; dans ce cas les axes prolongés en arrière se rencontreraient dans le trou occipital.

Au point de vue anatomique le sommet de l'orbite est mieux placé an trou optique, autour duquel rayonnent les muscles de l'œil.

Dimensions. — Les dimensions de la cavité orbitaire varient sui\ ant les individus, l'âge, la race, et les points de repère adoptés pour les mensurations. Gayat (.\nnales d'Oculist. 1 8"3| nous a donné des chiffres très précis ; il nous parait suffisant de dire que la profondeur moyenne est de 40 à 43 mm chez l'homme, de 40 miu. environ cliez la femme.

Le diamètre horizontal est de 40 mm. en moyenne; il l'emporte de o mm. environ sur le diamètre vertical.

Chez l'enfant, les dimensions de la cavité orijilaire, tout en étant moins grandes que chez l'adulte, sont considérables relativement à celles des autres cavités de la l'ace, ce qui est en rapport avec le développement précoce de l'œil. D'après Zinn, l'axe de la cavité orbitaire serait horizontal chez l'enfant. Gomme dill'érences se,>:ueilos, il faut noter que, chez la femme, les contours de l'orbite sont plus arrondis que ciicz l'homme.

Varia. — .-V. — La fosse du sac lacrymal interrompt le contour orbitaire : la partie inférieure se continue avec la crètc lacrymale antérieure (maxillaire supérieur), tandis que la partie supérieure descend par une ligne rugueuse vers la crête lacrymale appartenant à l'iinguis. L'anneau osseux, i[ui formait le contour orbitaire, est ainsi brisé et la fosse du sac lacrymal e.st logée dans l'écartemont de ses deux branches.

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