VS
Fig. 479. — Coupo du gros orteil passant par l'articulation de la preniièrc plialange avec la seconde, chez un embryon humain de 45ii"ii.
Pd, extrémité distale delà première phalange ; — P.p, extrémité proximale de la deuxième phalange, — l-p, ébauche de la capsule, — in, son insertion sur le cartilage. Les surfaces articulaires sont discordantes (toutes deux convexes); la couche chondrogène a disparu a leur niveau et il n'existe plus entre elles qu'une lamelle, Im, extrêmement mince de la couche moyenne de la zone intermédiaire, cm, laquelle, sur les côtés, forme un amas triangulaire. La fente, a;, résultant probablement des manipulations auxquelles a été soumis l'embryon rend particulièrement nette cette lamelle qui est restée appliquée sur la 2' phalange. Dans l'articulation métacarpo-phalangienne du même orteil il n'en existe aucune trace.
parties latérales de la zone intermédiaire l'existence d'une couche dense formée d'éléments cellulaires orientés d'un cartilage à l'autre (l-p), et assez distincte, en dehors, du mésenchyme ambiant en dedans, de la couche moyenne de la zone
DÉVELOPPEMENT DES ARTICULATIONS
intorrnédiaire (cm). Celte couche se coiiliniie de ])art et d'uulre de l'articulation en partie avec la zone fibrillaire du périchondre,et, de plus, se fixe (in) sur la face externe des deux cartilages. C'est là l'ébauche de la capsule articulaire, c'està-dire d'un manchon fibreux, i)lnsou moins épais, (ixé à chacun des deux cartilages (plus tard des deux os) qu'il maintient en contact. En certains endroits cette capsule s'organisera en bandelettes, en cordons fibreux, les ligaments périarticulaires, ([ui tantôt continueront à faire corps avec elle, tantôt s'en sépareront comj)lètenicnt. Il convient de ranger dans cette catégorie de ligaments ceux que l'on appelle interosseux (ligaments croisés du genou, par exemple) et qui en réalité sont également périarticulaires (\^ 480, l.c).
Fig. 480,
Coupe vcrtii'aliî (Vuno. articulation du genou chez un onilii-yon luunain île i jmi"; la (/oujH' j>asse par l'espace inlercond ylieii.
F, fémur — /(, rotule dont l'extrémité supérieure se continue avec le tendon du triceps fémoral, et l'extrémité inférieure avec le ligament rotulien, — T. tibia. — Dans l'intervalle des trois os on voit : 1° la fente articulaire située en avant -f et en arrière -]-+ d'une masse de tissu clair et peu riche en cellules, La, ébauche du ligament adipeux ; — l" le cul-de-sac par lequel la fente se prolonge au-dessus de l'extrémité supérieure de la rotule pour former le cul-de-sac sous tricipital, es. t. ; — 3» l'ébauche du ligament croisé antérieur, l.c, — 4" une partie du ménisque interarticulaire externe, m.i.
En même temps que la capsule, et aux dépens de sa couche la plus interne, se ditférencie une membrane dont l'importance est considérable et que l'on appelle la synoviale. Ses dispositions et ses limites sont du reste en relation étroite avec l'extension qu'acquiert la fente articulaire. Celle-ci en effet ne s'étend pas seulement (V. fig. 476, 480, i-81) dans l'intervalle des extrémités articulaires, du moins dans la plupart des diarthroses ; mais, s'insinuantsur leurs faces latérales (V. fig. 480, 481), elle envoie suivant certaines directions déterminées des prolongements en forme de culs-de-sac plus ou moins étendus (c. s. i). D'ordinaire, la fissure ne passe pas entre la couche chondrogène et la zone fibrillaire
ARTHROLOGIE
du périchondre, mais dans l'épaisseur même de cette dernière de sorte qu'elle se trouve séparée de la couche chondrogène par une mince zone périchondrale. Les résultats de ce phénomène sont : l'agrandissement de la cavité articulaire ; en outre l'allongement du manchon capsulaire, dont les insertions eu certains points se font maintenant à une distance beaucoup plus considérable du niveau de l'interligne articulaire ; enfin, pour les os en contact, la possibilité de se déplacer les uns sur les autres dans des limites beaucoup plus étendues, puisque l'espace (virtuel bien entendu) dans lequel ils jouent est plus développé.
La couche périchondrale qui limite du côté du cartilage (de l'os plus tard) les prolongements latéraux de la fente articulaire, d'une part, et celle qui répond
Fig. 481.
Coupe verticale d'une articulation du genou chez Tcmbryon de la fig. précédente ; la coupe passe par le condyle externe du fémur, et atteint en outre la rotule Tî.
T, tubérosité externe du tibia. — P, péroné, — f.a, fente articulaire — l.r, ligament rotulien dont la face profonde est doublée par le tissu làclie du ligament adipeux, visiljle complètement sur la coupe précédente. On remarquera que la convexité du condyle fémoral n'est en rapport avec la surface plane du plateau tibial que sur une faible étendue,'et que, de chaque coté, il existe un amas triangulaire adhérant par sa pointe au tibia. Ces deux amas représentent la coupe du ménisque externe, m.!, atteint en avant et en arrière de sa circonférence.
à la capsule articulaire, d'autre part, continues d'ailleurs l'une avec l'autre, se différencieront pour donner naissance à la synoviale, laquelle dans tout son trajet juxtacapsulaire adhère étroitement à la capsule elle-même et ne peut en être séparée par la dissection. La synoviale est une membrane, dont nous verrons plus tard la constitution histologique, qui sécrète ou laisse transsuder un liquide visqueux, lasj'novie, qui lubréfieles surfaces cartilagineuses et en faciliie le glissement.
BOURRELETS MARGINAUX ET MÉNISQUES INTERARTIGULAIRES. Lorsque
les surfaces articulaires ne se correspondent pas, c'est-à-dire lorsque l'une d'elles est convexe et l'autre plane (V. fig. 481), elles s'écartent naturellement
DÉVELOPPEMENT DES ARTICULATIONS
l'une de l'autre sur les cùtés, liniilant ainsi un espace de forme laire à base périphérique, sur une coupe, eu réalité une sorte de prismatique fpii règne sur tout le pourtour de l'articulatidn. Celle gouttière se trouve comblée par la zone intermédiaire dont la couche moyenne est considérablement épaissie (V. fig. 481, m.i). La fente articulaire simple vers le centre de l'articulation, là où les deux surfaces articulaires sont tangentes, se prolongera en dehors de côté M et d'autre de l'épaississement qui occupe lagout- tière, entre chacune des couches chondrogènes et - '
la couche moyenne, se bifurquera en quelque sorte ' |
pour isoler cette dernière entre deux divei licules ^ /
(V. fig. 482). L'amas prismatique ainsi délimité ■ --- ..
s'organise eu tissu fibreux ou tibro-cartilagineux / et devient un ménisque interarticulaire (arlicu- ' lation du genou). On comprend aisément com- . f '. ment, grâce à cette dis]»osiiion, la concordance « , «ii entre les surfaces articulaires est rétablie, chacune ,|| C^^ d'elles coïncidant exactement avec la face corres- M lM
pondante du ménisque. pj„ |gc>
Dans d'autres cas et par un processus analogue,
i.rennent naissance des bourrelets marginaux, ^'^"'l «^'''^^''^ti'!»'^ '''^stin.^e à 1 . expliquer le mode de produc-
isolés seulement d'un côté (bourrelets glénoïdien tion des ménisques iiUerarliet cotyloïdien) ; ils rétablissent l'harmonie entre culairos. les surfaces articulaires, ou en augmentent l'étendue. D'autres fois enfin se développent de simples replis, des reliefs irrégulièrement configurés dont la signification est la môme que celle des formations précédentes.
§ IV. — SYNARTIIROSKS
Il est une dernière catégorie d'articulations dont il convient d'indiijuer le mode de développement: ce sont les synartltroses. Ces articulations s'observent exclusivement au crâne et à la face, c'est-à-dire entre les os qui ne sont pas précédés d'une ébauche cartilagineuse. Ces os, ainsi qu'on l'a vu, se forment et s'accroissent au sein d'une éljauche continue de nature conjonctive, indépendamment les uns des autres. Ils tendent donc à se rapprocher par leurs bords; à une certaine é|ioque, ils arrivent tous à se juxtaposer. Alors certains d'entre eux se soudent, le tissu qui leur dimne naissance et qui les séparait s'ossifiant complètement (os frontaux) ; d'antres restent accolés sans se fusionner et s'engrènent de diverses manières (sutures dentées, écailleuses, etc.). Ils sont nuiintenus dans leur situation réciproque non seulement grâce à la conformation spéciale qu'acquiert l'os sur ses bords, mais encore grâce à un vestige du tissu dans lequel ils se sont développés, qui persiste entre eux. Plus tard seulement, à une époque variable pour chacun d'eux, les os du crâne se fusionnent avec leurs, voisins par suite de l'ossification du tissu qui les séparait.
Les divers phénomènes qui viennent d'être décrits se manifestent pendant le
ARTIIROLOGIE
cours de la vie foetale. L'apparilioii do la fonte articulaire, qui marque le stade essentiel de la formation des diarthroses, a lieu à des époques différentes pour chaque articulation. Sur des embryons humains de trois mois et demi à quatre mois (parfois même à une époque moins avancée), toutes les articulations sont parfaitement constituées. Les surfaces articulaires possèdent les traits les plus caractéristiques de la configuration qu'on leur reconnaît chez l'adulte ; la cavité articulaire présente à peu de chose près la même extension, les mêmes limites, par rapport aux organes qu'elle isole, que celles qu'elle aura après son complet développement. Enfin les capsules, ligaments, ménisques etc., existent tous sous la forme et avec les rapports qu'ils gardent ensuite, seulement ils sont encore en voie de ditTérenciation au point de vue histologique et n'acquèreront que beaucoup plus tard leur constitution définitive.