‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 15 sur 199 · Stades successifs du développement · texte numérisé non relu

Stades successifs du développement

1. Attache d'une villosité au tissu maternel ; celui-ci renferme un simple réseau capillaire.

2. Le tissu de la caduque prolifère le long des villosités dans l'espace intervilleux qu'il tend à remplir.

3. Le tissu de la caduque, dont le réseau capillaire est fortement dilaté, remplit presque totalement l'espace intervilleux.

4. Tout l'espace intervilleux est occupé par les vaisseaux maternels ; il reste seulement çà et là quelques ilôts de tissu maternel.

e/i, membrane du chorion. — «, villosités. — a, reste de la sérotine. — b, cloisons placenlaires intercotylédonaires. — c, ilôts placentaires. — /, espaces intervilleux.

déchire dans l'épaisseur de sa couche spongieuse; ce qui reste de la couche spongieuse régénérera la muqueuse utérine.

Les rapports du chorion touffu avec la caduque sérotine sont bien plus complexes que ceux qu'on vient de voir et encore imparfaitement connus d'ailleurs, si bien que la structure du placenta n'est pas complètement élucidée.

Le chorion touITu se compose d'une membrane, la membrane du chorion, supportant des villosités extrêmement ramifiées et réunies en bouquets en cotylédons. Chaque villosité renferme un axe connectif, dans lequel court une branche des artères ombilicales divisée en capillaires qui se réunissent à

leur tour en une veine unique; la viilosité est revêtue d'abord par les deux assises épithéliaies que nous lui connaissons, et demeure à la naissance vraisemblablement tapissée au moins par l'une d'elles. A l'extrémité des vi I lo sit és et de leurs branches, l'épithélium chorial épaissi forme des sortes de boutons, par l'intermédiaire desquels les villosités se fixeront à la muqueuse ; les extrémités des villosités ainsi conformées portent le nom de crampons.

D e q u e 1 1 e fa ç o n maintenant s'établissent les relations du chorion touffu ainsi constitué avec le tissu maternel? C'est ce que la ligure 4G est destinée à faire comprendre.

On conçoit que les villositésen s'accolant par leurs extrémités à la surface de la muqueuse utérine laisseront entre elles et leurs branches d'une part, la muqueuse utérine et la membrane du chorion d'autre part, des espaces qui pourront porter le nom d'espaces interviUeux (fig. 46, 1 et 2, i). Si maintenant non seulement les villosités vont au-devant du tissu utérin, mais que celui-ci bourgeonne en s'élevant le long des villosités (fig. 46, 2), les villosités et le (issu de la caduque pénétrant réciproquement comme les doigts étendus des deux mains enlacées, il arrivera que l'espace intervilleux se trouvera de plus en plus complètement rempli par le tissu utérin (fig. 40, 3). Mais nous savons d'autre part que pen-

Placenta humain.

Face fœtale (A). Face utérine (B) Naegele).

(d'aprc'>

NOTIONS D'EMBRYOLOGIE

danl l'évolution gravidique de ce dernier, les capillaires subissent une dilatation de plus en plus considérable (comp. 1, 2, et 3), repoussant devant eux et annihilant le tissu décidual ; les travées du réseau capillaire de plus en plus dilatées deviendront à un moment donné confluentes et le réseau se transfor-

mera en de vastes lacs sanguins (fig.

46, 4) que nous avons déjà appelés plus haut sinus placentaires et dans lesquels plongeront les villosités. Il pourra rester toutefois çà et là quelques masses de tissu maternel, épargnées par l'ectasie vasculaire, soit sous forme de prolongements de la caduque figurant des sortes de^cloisons placentaires incomplètes (fig. 46, 4, b), soit sous l'aspect d'îlots cellulaires (c).

Bien qu'au premier abord ce processus paraisse différer beaucoup de celui que nous avons décrit ci-dessus pour les mammifères en général, toutefois il peut lui être comparé assez aisément.

Les couches cellulaires épithéliales qui revêtent les villosités c horia 1 es peuvent être comparées à l'ectoplacentn. Les bourgeons ectoplacentaii'es et les extrémités des villosités se fixent d'une façon essentiellement la même au tissu utérin. Seulement, plus tard, il y a cette différence entre les deux développements, que chez l'homme les villosités se laissent entourer par les sinus placentaires très développés, tandis qu'ailleurs c'est l'ectoplncenta qui va envelopper les vaisseaux maternels. Le résultat final paraît d'ailleurs êire le même; cardans l'un et l'autre cas les vaisseaux de la mère, dépouillés de leur endoihélium au moins sur la plus grande partie de leur surface, sont tapissés directement par l'épithélium chorial ou ectoplacentaire.

Le placenta à terme est une masse discoïde, très spongieuse, du diamètre de

Fig. 48.

Coupe verticale demi-schématique du placenta à terme.

am, amnios. — cli, chorion avec les vaisseaux ombilicaux. — vi. villosités choriales avec leurs vaisseaux. — sp. .sinus placentaires ou espaces sanaui-raaternels. — c, reste de la couche compacte de la caduque. — p, prolongements ou cloisons intraplacentaires. — sp, couche spongieuse. — m, rnusculeuse.

NOTIONS D'EMBRYOLOGIE

15 à 20 cm., épaisse de 3 à 4, el pesant oOO gr. La surface tournée vers le fœtus est lisse, revêtue qu'elle est par l'aninios ; la surface utérine est au con-

2° Il est soucié au chorion (c/i) qui renferme la lumière de gros vaisseaux ombilicaux. 3° Vient ensuite une couche très épaisse, formée par une multitude d'îlots de tissu qui ne sont autres que les sections en tous sens des innombrables villosités choriales, baignées de toutes parts dans le sang maternel des sinus placentaires {vielsp); cette C(juclie provient de la transformation caverneuse de la majeure partie de la couche compacte primitive, et de son envahissement par les villosités fœtales. 4" Le reste de la couche compacte est représenté par une bande mince (c), de laquelle s'élèvent des prolongements ou « cloisons intraplacentaires » (p) contribuant ù séparer en lobes la face profonde du placenta, et à réunir les villosités en groupes ou cotylédons. 5° Au-dessous se trouve la couche spongieuse i)rimitive (sp), très amincie, avec ses lacunes d'origine glandulaire. 6° Elle re{)ose à son tour sur la couche musculeuse {m). Ces dernières assises sont riches en vaisseaux puissants, veineux et artériels. Les artères utéroplacenlaires, très sinueuses, pénètrent dans les cloisons intraplacentaires, perdent peu ù peu leurs tuniques sauf l'endothélium et s'ouvrent en biseau dans les sinus placentaires ; les veines utéro-placentaires, très larges fentes dirigées parallèlement à la surface du placenta, rectilignes, paraissent déboucher dans les sinus par l'intermédiaire de nombreux tubes très courts.

A la naissance, la caduque placentaire de même que la caduque vraie se déchirent suivant uneligne passant par la couche spongieuse. Le placenta et les enveloppes de l'œuf (amnios, chorion, caduques vraie et réfléchis) forment ensemble le délivre, qui demeure quelque temps dans la cavité utérine et est expulsé peu après que le fo'tus est venu au monde.

A. — D'après ce que nous connaissons des premières périodes de l'ontogénie, nous pouvons nous représenler la marche de la différenciation histologique pendant ces périodes de la façon suivante.

Dans la morula et la blastula, les cellules sont toutes semblables et aucune différence extéi ieure notable ne les dislingue l'une de l'autre. II n'y a donc qu'un seul tissu, qui coïncide avec le germe tout entier lui-même.

Au stade de gastrula, de ce tissu uni(|ue ont pris naissance deux non veaux tissus, disposés sous forme de feuillets, c'est-à-dire de membranesépithéliales ; ce sont les feuillets externe et interne ou encore l'ectoderme ou l'entoderme. A ces tissus agencés en feuillets é[)ithéliaux et disposés ainsi sous une forme tout à fait primitive (tissus arcliiblasticpies)i[ faut ajouter le parahJaste, ([ui a pris une forme nouvelle, non épilhéiiale.

Aux stades ultérieurs, le nombre de feuillets a été porté à trois, et l'on peut penser qu'à ces trois feuillets correspondent trois tissus, ectodermique, entodermi(jue et mésodermique, aux(iuels il l'aul ajouter le tissu mésenchymaleux au-

PRINCIPES DK L'HISTOGENÈSE.

NOTIONS D'EMBRYOLOGIE

quel fait défaut l'arrangement en membrane épithéliale. De ces tissus primordiaux dériveront les tissus définitifs, de la façon qui est indiquée dansle tableau ci-dessous :

1° Epidémie avec ses annexes (poils, ongles, plumes, écailles, etc.); et aussi épithélium de certaines muqueuses, la muqueuse buccale

(avec l'émail), la muqueuse anale, etc.

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