‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 152 sur 199 · LIGAMENTS PROPRES A L'OMOPLATE · texte numérisé non relu

LIGAMENTS PROPRES A L'OMOPLATE

On décrit sous le nom de ligaments propres à l'omoplate: 1° un large plan fibreux qui va de l'acromion à l'apophyse coraco'ide, le ligament acroniio-coraco'idien; — 2" une bandelette fibreuse qui transforme en trou l'échancrure coracoïdienne de l'omoplate, le ligament coracoidien.

Ligament acromio-coracoïdien. — C'est un éventail fibreux, de forme triangulaire ; par son sommet tronqué, il s'attache à la partie inférieure du sommet de l'acromion, quelquefois même sous la face inférieure de cette apophyse ; par sa base il s'insère atout le bord acromial de la coraco'ide. L'épaisseur de ce plan fibreux n'est pas uniforme ; elle est beaucoup plus grande vers son bord antérieur; sa partie moyenne, amincie, est souvent perforée de trous par lesquels s'engagent de petits pelotons adipeux que les mouvements de l'articulation scapulo-humérale sous-jacente fait entrer et sortir.

La face supérieure du ligament acromio-coi'aco'ùlien répond au muscle deltoïde, auquel elle est unie par un tissu cellulaire dense ; la face inférieure répond à la capsule articulaire, dont elle est séparée par le tendon du muscle sus-épineux ; une large bourse séreuse dite acromio-coracoïdienne, s'interpose entre elle et la capsule humérale. Le bord antérieur du ligament, sensible au travers des parties molles, est continué par une lamelle fibreuse sous-deltoïdienne ; son bord postérieur, caché sous la clavicule, se continue avec l'aponévrose du muscle sus-épineux.

ARTICULATIONS DES OS DE LA CEINTURE SCAPULAIRE

Le ligament acromio-coracoïdicn coiulile l'i^cliancruro comprise entre l'arromion et la coraroïde ; ainsi est formée une ^'oûto ostéo-libreuse qui surmonte et complète la cavité glénoivle si petite pour recevoir la grosse tète de l'humérus (V. articulation scapulohunnM'ale).

Ligament coracoïdien. — C'est une bandelette fibreuse qui coiivertil en trou l'écliaiicrurc coracoïclicnae. î^e trou ainsi limité est subdivisé en deux par un trousseau fibreux, plus petit, sus-jacent et antérieur au précédent. L'artère susscapulaire passe au-dessus du ligament supérieur ; le nerf passe entre les deux faisceaux; sous le faisceau inférieur passe une grosse veine.

Le ligament coracoïdien se continue avec le ligament conoïde par ses fibres supérieures.

Weitbrocht (Syndosmologie, Tab. II, fig. 7, 1742) représente deux faisceaux au ligament coracoïdien ; cette description a été reprise par Ilenle, et dans une rt'cente communication (Société anatomiqne, avril 1892), M. Paul Delbct a vérifié cette disposition.

Quelques anatomistes décrivent avec Henic un troisième ligament propre à l'omoplate, le lif/amentin» fransoefsum inferius (Henle) : on rencontre, en effet, prolongeant on dohoi-s le bord externe de l'épine une couche celluleusc qui va se perdre en dehors sur la capsule bumérale : elle ménage avec le rebord de la cavité glénoïde un orifice par leijuel liassent des rameaux vasculaires. Cette couche celluleusc, qui ne me parait pas mériter le nom de ligament, est fort bien représentée dans l'atlas de Fr. Arnold (Abhildungcn der Gelenke und Bœnder, Stuttgart, 18'52).

Gruber a rencontré un autre faisceau ligamenteux, superposé au ligament coracoïdien, et allant du bord supi'riour de romoplntcau Ijord postérieur de l'extréiuité^ externe de la clavicule.

11 n'est point rare d'observer l'ossification du ligament coracoïdien : elle devient d'autant plus fréquente qu'on observe des omoplates ayant appartenu à des sujets plus avancés en âge ; sur trente omoplates de ma collection qui présentent des lésions d'arflu'ite sèche ou d'ostéite, je l'observe vingt-doux fois. Elle devient excessivement rare si on la recherche sur des sujets jeunes. Ce ne sont guère les caractères d'une anomalie révcrsive ; aussi je ne puis partager l'avis des anatomistes qui voient, avec Sutton, dans l'ossification du ligament coracoïdien, « le retour aune disposition ancestrale ».

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