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ARTICULATION COMMUNE AUX TROIS MÉTACARPIENS MOYENS

Les trois métacarpiens moyens sont unis au carpe par une série d'articulations serrées que l'on classe d'ordinaire parmi les arlhrodies, bien qu'elles se rapprochent plus, par la forme de leurs surfaces articulaires, des articulations par emboîtement réciproque. Ces articulations, communiquant entre elles, se succèdent en plans brisés et forment un interligne articulaire fort complexe.

Surfaces articulaires. — Elles sont ainsi constituées de dehors en dedans : a) la face interne du trapèze présente une petite facette rectangulaire qui s'unit à angle droit avec une facette semblable du trapézo'ide, formant avec elle un angle dièdre dans lequel vient se loger l'apophyse externe du deuxième métacarpien. — h) La face inférieui'e du trapézoïde conformée en dos d^àne entre en contact avec la selle creusée sur l'extrémité supérieure du deuxième métacarpien. — c) L'apophyse interne du deuxième métacarpien juxtaposée à l'apophyse externe du troisième vient se loger dans une rainure dont les parois sont formées par le trapézo'ide et le grand os. — d) La face supérieure du troisième métacarpien entre en contact par une facette quadrangulaire avec la face inférieure du grand os. — e) La face inférieure de l'os crochu subdivisée en deux facettes s'articule avec la face supérieure des deux derniers métacarpiens. Il faut ajouter que l'apophyse externe du quatrième métacarpien s'articule aussi par son versant radial avec la face inférieure du grand os. Aucune de ces surfaces articulaires n'est parfaitement plane, toutes décrivent des courbes plus ou moins accentuées (V. fig. 521).

Considéré dans son ensemble et par la face dorsale, l'interligne carpo-métacarpien, assez simple dans sa partie interne, est surtout brisé dans sa partie

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externe par la pénétration dans le carjie de l'apophyse externe du deuxième métacarpien ; dans la première partie il décrit une courbe légère à concavité supérieure ; dans la seconde il représente assez bien un M très aplati.

Moyens d'union. — Les os de la seconde rangée du carpe sont unis aux trois niétacarpieas moyens par une capsule qui s'insère sur le rebord cartilagineux des deux surfaces articulaires ; cette capsule est renforcée par des ligaments paimaires, dorsaux et interosscux.

Ligaments palmaires. — Les ligaments qui unissent en avant les os de la deuxième rangée du carpe aux trois métacarpiens moyens afTectent la disposition suivante (V. fig. 523).

a) De la face palmaire du trapèze et non de la crête de cet os (A), part un faisceau large et puissant qui se dirige vers l'axe de la main et va s'insérer au deuxième et surtout au troisième métacarpien,

b) Un autre faisceau plus petit naît du Irapézoïde et se rend au troisième métacarpien.

c) Du grand os se détachent trois faisceaux qui vont aux deuxième, troisième et quatrième métacarpiens ; ces faisceaux, courts et profonds, sont beaucoup moins forts que les précédents.

d) De la base de l'apophyse unciforme de l'os crochu se détachent quelques faisceaux qui descendent très obliquement vers le troisième et le quatrième métacarpien. Ces faisceaux sont assez faibles étant snj)pléés par le ligament pisimétacarpien .

11 convient d'ajouter comme moyens d'union carpo-mélacarpiens : en dedans, le tendon bifurqué du grand palmaire qui va s'insérer [jar son tendon principal au deuxième métacarpien et par une expansion au troisième ; — en dehors, le ligament pisi-métacarpien, dont j'ai déjà parlé, qui descend verticalement et se réfléchit sur l'apophyse unciforme pour aller se fixer par ses trois branches aux troisième, quatrième et cinquième métacarpiens ; le ligament pisi-métacarpien est recouvert par le faisceau qui va de l'os crochu au cinquième métacarpien.

Ligaments dorsaux. — Courts et résistants, ils prennent insertion très près des surfaces articulaires et s'étendent plus ou moins oblifjuement des os de la deuxième rangéedu carpe à la base desquatre derniers méliicarpiens( V. fig. 'j2i).

a) Le deuxième métacarpien est uni par de petits ligaments au trapèze et au trapézoïde.

b) Le troisième métacarpien est uni au carpe par deux ligaments qui se détachent de son apophyse et divergent vers le trapézoïde et le grand os ; un autre ligament unit encore son extrémité supérieure au grand os. Ces ligaments sont recouverts par les tendons des deux radiaux.

c) Le quatrième métacarpien est uni au grand os et à l'os crochu par un ligament en V.

Ligament interosseux. — Le ligament interosseux situé entre le grandes, l'os crochu et le troisième métacarpien est, dit-on, une dépendance du ligament interosseux qui unit le grand os à l'os crochu; ce n'est pas ainsi que les dissections le montrent.

Ce ligament est constitué par deux faisceaux qui s'insèrent à la face interne

du grand os et à la face externe de l'os crochu, au-dessous du ligament interosseux qui unit ces deux os. De cette origine le ligament se porte directement en bas, se dégage de l'interligne des deux os sous la forme d'un cordon fibreux, et traverse l'interligne articulaire pour s'engager dans l'intervalle des troisième et quatrième métacarpiens; là, il chemine dans le canal osseux que ménagent, en se juxtaposant, les quatre facettes adjacentes des deux os, et s'insère enfin sur la face externe de la base du troisième métacarpien.

Ayant prisa cœur d'élucider'ce point trop négligé d'anatomie, j'en ai fait disséquer un certain nombre par M. Friteau ; au cours de nos dissections, nous avons observé fréquemment qu'une des branches du ligament contourne par

Os crochu -

Litj. hiteroaseux {croc/tu. gr, os)

Liff. inlerosseux carpo-'i' métac.

Fig. .523. — Ligament interosseux étendu entre le gi-anrt os, l'os crochu et le troisième

métacarpien, vue postérieure.

Le ligament interosseux entre l'os crochu et le grand os a été sectionné pour permettre l'écartement des deux os.

un trajet curviligne la facette du troisième métacarpien. La figure S2o montre ce ligament sous sa forme ordinaire, en V à ouverture supérieure, telle que nous l'avons rencontré le plus souvent (B).

Synoviale. — La synoviale revêt la face interne de la capsule fibreuse : on la voit pres(jue à nu entre les ligaments qui unissent les divers os : elle communique, entre le grand os et le trapézoïde, avec la synoviale médio-carpienne (C).

Les trois interlignes des os de la deuxième rangée carpienne, et les trois interlignes des quatre derniers métacarpiens forment autant de fentes s'ouvrant dans l'articulation carpo-métacarpienne, dont la cavité se prolonge entre ces différents os, jusf[u'au niveau des ligaments interosseux qui les unissent.

Rapports. — Les articulations carpo-métacarpiennes moyennes sont en rapport en avant avec le contenu de la grande gouttière carpienne, en arriére avec les tendons extenseurs.

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Mouvements. — C'est pour avoir rangé parmi les arlhrodies les articulations carponiélacarpiciiiies moyennes que l'on s'est accordé, chez nous du moins, à enseigner que ces articulations ne jouissaient que de mouvements de glissement peu étendus. Or, elles se rapprochent toutes, plus ou moins, de l'articulation par emboîtement réciproque. Les mouvements principaux que l'on y constate sont des mouvements de lle.xion et d'extension. Ces mouvements sont beaucoup plus étendus que ne le pourrait faire croire l'e.xamen du cadavre, sur lec(uel les articulations apparaissent si serrées : ils sont particulièrement étendus sur le cjuatrième métacarpien: le médius est moins mobile : l'index est presque immobile. On constate aussi des mouvements de latéralité qui permettent le rapprochement des deux métacarpiens voisins.

La combinaison des mouvements de lloxion avec ceux de latéralité permet le mouvement dans lequel les métacarpiens extrêmes se portent en avant et en dedans; la paume de la main s'excave, ses bords se relèvent, ainsi (|u'il arrive lorsque nous voulons i)uiscr del'eau dans cette coupe que Morris appelle la coupe de Diogène.

Varia. — A. — De la crête du trapèze partent seulement, quoi qu'on en ait dit, des faisceaux fibreux appartenant à la gaine du gran<l palmaire; ils ne peuvent être comparés comme force au puissant ligament c[ui va de la face palmaire du trapèze aux deuxième et troisième métacarpiens en passant sous le tendon du grand palmaire.

B. — Le ligament inferosseux unissant l'os crochu et le grandes au troisième métacarpien, no doit pas être confondu avec une cloison celluleuse qui, de l'intervalle des grand os et os crocliu, descend sur la base du quatrième métacarpien, subdivisant cette base en deux facettes cartilagineuses dont l'interne, de beaucoup la plus grande, s'articule avec l'os croclui. Celte cloison celluleuse contient quelques fibres ligamenteuses qui laissent la trace de leur insertion sur la base du quatrième métacarpien. Beaucoup d'auteurs ont confondu cloison et ligament. Un repli de la synoA'iale tapisse les deux faces de cette cloison cellulo-fibreuse et enveloppe en même temps le ligament interosseux en V. Les auteurs qui parlent du ligament interosseux sans l'avoir vu ne lui accordent d'autre importance que de cloisonner la grande articulation carpo-métacai'pienne, il n'en est rien : le ligament existe bien avec la forme et les dispositions que je lui ai décrites.

Ce ligament en Va été fort bien décrit par Weitbrecht (Syndesmologia, 1742, sectio secunda, ligamenta artuum superiorum, page 71): « soluto ac remoto osse metacarpi annularis, ad latus capituli ossis metacarpi medii internum, egregium Uganientum vecluin perpendiculare conspicitur satis tenax etnonnunquam duplicatum : etc. ».

C. — La cloison ccllulo-fdjreuse, dont j'ai parli' dans la remarque précédente, est très rarement couqjlète, comme on l'admet généralement ; à ce ni\ ean, la synoviale présenteune frange rougeàtre qui va et vient dans les mouvements.

Depuis il n'en a plus été question si ce n'est ilans le remarquable trait)' de Sappey: les autres le mentionnent comme une cloison cellulaire négligeable; d'aucuns représentent à sa place un ligament intermétacarpien transversal.

ARTICULATION CARPO-MÉTACARPIENNE DU POVSC-E. [ArtlCulcUlon ivapCZO-

métacarpleniie).

C'est une articulalion ptir eniboîtcment réci|)rof[ue, complèteiupiii isolée des autres articulations cai'iio-Miétaciu pieniies et reniarquable par Tctondue de ses mouvements.

Surfaces articulaires. La facétie inférieure du trapèze, quadrilatère, allongée transversalement, regarde en bas, en dehors et un peu en avant; elle présentç une convexilé antéro-postéricure trèsprononcée, et une concavité transversale beaucoup moindre.

La facette du premier métacarpien revêt la forme d'un ti iangle à base postérieure, dont les angles sont très arrondis ; elle présente une convexilé transversale, notablement plus prononcée que la concavité transversale de la facétie trapi'zienne ; tandis ([ne sa concavité antéro-postéricure paraît ap[iarlenir à une courbe de nièaio rayon (jui' la convexité antéro-postéi'ieure de la Facelte du tra-

ARTHROLOGIE

pèze. La facette métacarpienne est beaucoup plus étendue que celle du trapèze sur laquelle elle se meut.

Chaque surface articulaire est revêtue de cartilage hyalin.

Moyens d'union. — Un ligament capsiilaire s'étend du pourtour de la facette trapézienne au pourtour delà facette métacarpienne. On ne décrit point de faisceaux de renforcement à cette capsule ; seuls, Morel et Mathias Duval disent qu'elle est plus forte aux parties antérieure et postérieure qu'aux parties latérales.

Il existe cependant un ligament postëro-externe, très fort et très long; il va du tubercule de la face postérieure du trapèze au tubercule médian de la face dorsale du métacarpien (V. fig. Îjl8) ; c'est lui qui limite le mouvement d'opposition du pouce. En dedans de ce ligament, la capsule très amincie est doublée par les tendons extenseurs.

La capsule est encore renforcée en avant j»ar quehjues fibres allant de la face antérieure du trapèze au tubercule médian de la face antérieure du métacarpien; ce ligament antérieur se tend quand le pouce est porté en extension.

La partie interne de la capsule présente aussi quelques fibres de renforcement. En dehors, la capsule est mince, étant suppléée par le tendon du long abducteur du pouce ; ce tendon est séparé du ligament postéro-externe par une petite bourse séreuse qui communique quelquefois avec la synoviale articulaire.

Synoviale. — La synoviale qui double la capsule est lâche; elle présente quelques franges au niveau de finterligne articulaire.

Rapports. — L'articulation trapézo-métacarpienne est recouverte en avant par les insertions des muscles t.hénaricns ; en arrière, par les tendons extenseurs du pouce ; en dehors, par le tendon du long abducteur ;en dedans, elle est en rapport avec l'insertion du premier interosseux dorsal et l'artère radiale qui traverse la base du premier espace interosseux pour gagner la paume de la main.

Mouvements. — Le premier métacarpien est de tous le plus mobile. Il peut se porter en dehors (abduction) et en dedans (adduction).

Le mouvement d'adduction, qui le rapproche du deuxième métacarpien est plus étendu que le mouvement d'abduction; un muscle puissant, l'adducteur du pouce, y préside ; au cours de ce mouvement, le premier espace interosseux devient plus étroit et les muscles qui le remplissent viennent l'aire saillie à la face dorsale et à la paume de la main ; au contraire, l'abduction agrandit le premier espace interosseux.

Le pouce peut encore se porter vers la paume de la main (flexion), ou en sens opposé (extension). A première vue, la flexion parait très étendue; il n'en est rien si l'on considère ce qui se passe uniquement dans l'articulation trapézo-métacarpienne. En effet, la flexion ayant pour siège cette articulation, est assez vite limitée par la rencontre du tubercule antérieur du métacarpien avec la crête du trapèze; la flexion du pouce s'acliève par un mouvement additionnel se passant dans l'énartlirose scapho-trapézienne.

La flexion combinée avec l'adduction constitue le mouvement d'opposition.

La circumduction est le résultat delà succession de tous ces mouvements.

ARTICULATION CARPO -MÉTACARPIENNE DU CINQUIÈME DOIGT

L'articulation du cinquième métacarpien avec la facette interne de la face inférieure de l'os crochu, trop souvent confondue dans une description commune avec les autres, doit être mise à part : elle présente de grandes analogies avec l'articulation carpo-métacarpienne du pouce. Comme celle-ci c'est une articulation par emboîtement réciproque.

Surfaces articulaires. — A la convexité frontale de la facette de l'os crochu

ARTICULATIONS DE LA MAIN

répond une concavité frontale du cinquième métacarpien ; tandis qu'a la concavité saiiitlalo de l'os crochu le métacarpien oppose une convexité sagittale.

Moyens d'union. — La capsule tibreuse de cette articulation est renforcée en dedans par un ligament partant dë la face postérieure de l'os crochu pour gagner le tubercule interne du métacarpien (V. fig. 523 et 524). Le ligament pisi-métacarpien lui tient lieu de renforcement antérieur. En dehors, l'articulation communique largement avec l'articulation carpo-mélacarpienne commune aux trois métacarpiens moyens.

Synoviale. — Elle est commune avec la grande s3'iiovia]e carpo-métacarpienne.

Rapports. — L'articulation nnci-métacarpiennc est recouverte en avant parles muscles liypotlii'>narieiis, en arrière par le tendon du cubilal postérieur.

Mouvements. — Le einquiénie niétaearpien est, après celui du pouce, le pins mobile. Tandis (pit; Il's métacarpiens moyens ont des mouvements de lle.xion et d'extension très limités, le cinquième peut se mouvoir dans tous les sens, sauf en dehors où ses mouvements sont limités par le contact avec le quatrième. Mais la lle.xion, l'extension, l'adduction et la circumdni-lion ont une assez grande étendue.

CONNEXIONS DES MÉTACARPIENS ENTRE ECX

Les mélacarjiiens s'articulent entre eux par leurs bases; leurs extrémités anlérieurcs ou tètes sont unies à dislance j)ar des ligaments qui empêchent leur écartemeal ; ces ligaments seront décrits avec les articulations métacarpo-phalangiennes.

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