ARTICULATION DES OS DE LA JAMBE
c'est la portion j^rofoiide si épaisse du ligamciil [postérieur qui biseaute par frottement le bord externe de la poulie astragalienne (V. fig. 565).
Ligament interosseux. — Interposé aux deux os et empêchant tout contact direct entre eux, il est formé de trousseaux fibreux, descendant très obliquement des rugosités qui forment le fond de la gouttière tibiale vers la face interne de la malléole péroniére sur laquelle ses fibres s'avancent jusqu'au cartilage de la facette astragalienne; quebjues fibres, descendant du péroné vers le tibia, s'entrecroisent avec les précédentes. L'épaisseur de ce ligament est celle des surfaces en présence; son tissu dense est de couleur rongeàtre par mélange de vaisseaux et de graisse. Bien qu'il continue le ligament interosseux de la jambe, il ne lui ressemble en rien et mérite d'être décrit à part comme moyen d'union propre à l'articulation péronéo-tibiale inférieure.
Synoviale. — C'est un simple cul-de-sac de la synoviale libio-tarsienne ; il s'élève à une hauteur de 10 à 12 millimètres entre les deux os. Ce cul -de-sac est généralement subdivisé en deux chambres (V. fig. 570) par une grosse frange adipeuse, rougeùtre, qui se détache de la facette péroniére, occupe l'espace laissé libre entre les deux os, surtout à leur partie postérieure, et vient faire saillie dans l'angle externe de la mortaise tibio-péronière. î^e jeu de celte frange synoviale est intéressant à étudier.
Rapports. — I^'articulation pi'Tonr'O-lihialr' iiilV'i irnre est en rn])p(ii't on avant avec le tomlDii (lu pih'onior antérieur, et en arriri'e avec les Icnilons des pd'i'oniers latéraux.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères de l'articulation péronéo-tibiale inlV'rieure sont des branelies de la piM'onière antérieure, de la péroniére postérieure et de la tiliiali; antérieure. Les nerfs A iennent du tibial antérieur et ilu nerf sapliéne externe.
Mouvements. — Fléchissez le pied au maxinunii, ynuH conslalerez que la morlaisc tibio -pé'ronière s'élargit par la pén('^tration du coin astragalien, coin à base antérieure; le libia cl, le péroné s'écartent, les ligaments péronéo-tibiaux inliTieurs sont tendus et la grosse frange synoviale r(Milre dans Lintcrlignc péronéo-tibial. Au contraire, si par un mouvement d'extension l'ointe, vous amenez dans la mortaise f ibio-péroniérc la partie la moins large du coin astragalien, la mortaise se rc-trécit, le pi'roné se rapproche du tibia, les ligaments péronéo-tibiaux inférieurs sont relàchi'S, et la frange synoviale, expulsée de l'interligne péronéo-tibial, vient faire saillie dans l'angle exierne de la mortaise.
Ainsi, la mortaise tibio-péronière, élastique, s'accommode aux dimensions de l'astragale, assurant ainsi dans toutes les positions le contact entre les surfaces articulaires de l'articulation tibio-tarsienne. Au point de vue providentiel, on peut dire C[ue cette mortaise élastique court moins de risques cju'une mortaise formée d'une seule pièce. — Les mouvements de glissement dans l'articulation péronéo-tibiale supérieure sont lii''s à ces mou^'ements A'écartement et de rapprochement qui se passent dans l'articulation péronéo-tibiale in férieure.
LIGAMENT INTEROSSEDX DE LA JAKIBE
Analogue au ligament inlerosseux qui unit les os de l'avant-bras, mais notablement moins épais, il occupe l'espace ovalaire à grosse extrémité supérieure, qui sépare ceu.K-ci. Fixé ])ar son bord interne au bord externe du tibia, et j)ar son bord exierne à la crête longitudinale rpii sé[)are en deux versants la face interne du péroné, il est surtout formé de faisceaux descendant obliquement du tibia vers le péroné.
A son extrémité supérieure, au-dessous de l'articulation péronéo-tibiale supé-
AfiTHROLOGIE
rieure, il est percé d'un large orifice par lequel s'engagent les vaisseaux tibiaux antérieurs. Cet orifice est souventlimité en bas par une bandelette propre, dont quelques auteurs ont fait un ligament particulier : ligamentum capituli fibuhe de Barkow, ligamentum malleoli externi superius d'Arnold.
A son extréiTiilé inférieure qui s'effile en pointe, pour se continuer avec le ligament interosseux de l'articulation péronéo-tibiale inférieure, le ligament interosseux présente un autre orifice, oblique, plus petit pour les vaisseaux péroniers antérieurs.
Rôle. — Le ligament interosseiix tle la jambe ne saurait jouer le rôle d'agent de transmission des forces que nous avons assigné au ligament interosseux de l'avant-bras, puisque le tibia et le péroné sont très solidement unis par les ligaments de leurs articulations. A la jambe, son rôle, très réduit comme moyen d'union, est celui d'une cloison interosseuse fournissant une surface d'insertion aux muscles des régions antérieure et postérieure de la jambe : jambier antérieur, extenseur commun des orteils, extenseur propre du gros orteil, en avant ; — jambier postéi'ieur et long fléchisseur propre du gros orteil, en arrière.
§ VI. — ARTICULATION DE LA JAMBE AVEC LE PIED (articulation tibio-tarsienne)
C'est une trochléenne.
Surfaces articulaires. — a) Mortaise tihio-péronière. — Le péroné et le tibia, solidement unis, forment, par leur extrémité inférieure, une mortaise à grand a.xe transversal : le tibia et sa malléole forment la paroi supérieure et la paroi interne de cette mortaise, dont la paroi externe est constituée par la malléole péronière.
La paroi supérieure de la mortaise, concave d'avant en arrière (V. fîg. 565) présente dans le sens transversal une légère convexité qui s'accommode à la concavité de la trocblée astragalienne.
La pa/'oi interne, formée par la malléole libiale, a peu de hauteur; triangulaire à base antérieure, elle est plane ou très légèrement concave et répond à la facette interne de l'astragale; elle continue la paroi supérieure en formant avec elle un angle arrondi qui dépasse un peu l'angle droit.
La. paroi externe, formée par la malléole péronière, triangulaire, à grand axe vertical, à sommet inférieur, est convexe de haut en bas ; elle repose en partie sur la concavité de la facette astragalienne avec laquelle elle entre en contact. Cette paroi externe est unie à la paroi supérieure par un angle droit, au fond duquel on aperçoit l'hiatus de l'articulation péronéo-tibiale inférieure, fente bouchée par une grosse frange synoviale (V. p. 695, fig. 565 et 570). Au niveau de l'union des deux os, la mortaise estcomplétée en avant et en arrière par deux petits triangles fibreux, appartenant au bord inférieur des ligaments péronéolibiaux anlérieuretpostérieur : le ligament postérieur, 'fermant en arrière l'angle tibio-péronier, prend surtout part à la formation de la mortaise.
La mortaise tibio-péronière, large et évasée en avant, où elle mesure en moyenne 40 mm. transversalement, diminue de largeur en arrière où elle
ARTICULATION DE LA JAMBE AVEC LE PIED
mesure environ 35 mm. — Son rovèlemenl cartilagineux n'atleint. pas 2 mm. (l'épaisseur sur la paroi supéi'ieure, et ne dépasse guère 1 mm. sur les parois malléolaires ; la considération est intéressante : elle conduit à se demander de nouveau si c'est bien la loi de pression qui régie l'épaisseur des cartilages d'encroûtement.
h) Surfaces astragaliennes. - Dans la mortaise libio-péronière, joue un tenon astragalien, véritable segment de poulie, formé par trois facettes articulaires continues.
La facette supérieitrc, ([iii forme la gorge Irocliléouie, occu\)e. les trois quarts postérieurs de la face supérieure de l'astragale ; convexe d'avant en arriére, elle présente une concavité transversale très légère, qui répond à la convexité transversale relevée sur la paroi supérieure de la mortaise (A). Cette surface trocliléenne, «juadrilatère, est, comme la mortaise, plus large à sa partie antérieure qu'à sa partie postérieure; la diiîérence de largeur en avant et en arrière est de 4 à 5 mm. — De ses bords latéraux, dont cliacun représente un arc de cercle,
l'interne est mousse et plus bas que l'externe ; ce dernier, trancbant dans sa partie moyenne, est biseauté à ses deux extrémités par le frottement du bord inférieur des ligaments péronéo-tibiaux ; ce biseautage transforme la partie postérieure du bord externe en une véritable facette, le biseau astragalien, dont les limites sont nettement tranchées sur l'os revêtu de son cartilage.
Des frtcefies ZaferaZes de l'astragale, l'une, interne, répondant à la facette malléolaire interne, est, comme celle-ci, triangulaire, étroite, à grand axe antéropostérieur; — l'autre, externe, répondant à la malléole péronière, est, comme celle-ci, triangulaire, à sommet inférieur; elle présente de haut en bas une concavité qui l épond à la convexité de la facette péronière.
L'axe de la trochlée, comme celui de la mortaise, n'est point dans un plan parallèle au plan sagittal; cet axe est dirigé très obliipiement d'arrière en avant et de dedans en df^bors, comme la position du [)ied, normalement dévié en deliors, permettait de le prévoii'.
La courbe décrite par la surface astragalienne ajqîartient a un cercle, ou mieux h un p«.s de vis, dont le rayon est d'environ deux centimètres. La longueur de l'arc trocbléen est d'à peu près 12U" ; la longueur de l'arc déi i'it par la
ARTHROLOGIE
mortaise ne dépasse guère 80°, de telle sorte que, dans toutes les positions de la jambe sur le pied, une partie de la surface astragalienne reste libre de fout contact osseux et entre en rapport avec la capsule articulaire.
Le revêtement cartilagineux des trois facettes astragaliennes atteint à peine 2 mm. d'épaisseur.
Moyens d'union. — Ils sont représentés par une capsule fibreuse renforcée par des ligaments.
Capsule. — La capsule fibreuse qui s'étend, comme un manchon, du pour-
Liy. péronéo-calcanéen Lig. as/rag.-calc. Lig. cale, cuboïd. exlerne
Fig. 506. — Articulation tibio-tarsicnnc et articulations tarsiennes, vue externe.
tour de la mortaise au pourtour de la poulie astragalienne, est très serrée sur les côtés de l'articulation, très lâche au contraire en avant et en arrière. Ses insertions se font exactement au rebord des surfaces articulaires, si ce n'est à la partie antérieure où elles s'éloignent à près d'un centimètre du bord cartilagineux, tant sur la face supérieure du col astragalien que sur la face antérieure de l'extrémité tibiale. Nous avons déjà signalé que le revêtement cartilagineux envahissait parfois ces points.
En avant, la capsule est renforcée par des fibres qui descendent obliquement de dedans en dehors du tibia, vers l'astragale. Le faisceau principal va de la face
ARTICULATION DE LA JAMBE AVEC LE PIED
antérieure de la malléole interne à, la partie externe du col de l'astragale. La constitution de cette partie antérieure de la capsule, que quelques auteurs décrivent comme ligament antérieur, est jiarticuliére : elle est formée de feuillets suj)erposés séparés ])ar des couches graisseuses ; sur les côtés, elle se continue avec le faisceau antérieur des ligaments latéraux, et, comme ceux-ci, elle offre une couche superficielle qui dépasse l'astragale et va se fixer jusqu'au scajihoïde. A la jjartie poslériearef la capsule plus mince est seulement renforcée par
Liy. sca/i/io-\" cioi. Lig . tihin- onlcancen Fig. o67. — Arliculalion tihio-lursicnni:' ot articulalions (arsi('niirs, viif inlornc.
quelques trousseaux fibreux, obliques du tibia vers le péroné, intermédiaires au ligament péronéo-tibial postérieur et au ligament péronéo-astragalien postérieur. Entre ces faisceaux, la paroi articulaire n'est guère formée que par la synoviale dont nous décrirons plus loin les saillies bourgeonnantes (R).
Ligameiit latéi'ol externe. — 11 est formé de trois faisceaux, netloment distincts, qui se défachent de la malléole péronière jiour se ])orter en divergeant,, l'antérieur et le ])ostér'ieur vers l'astragale, le moyen vers le calcanéuin.
Le faisceau antérieur, pcro7iéo-astragaiien antérieur, aplati, quadrilatère, souvent divisé en deux faisceaux inégaux, se détache de la partie moyenne
ARTHROLOGIE
du bord anlérieur de la malléole péronlère, et va se fixer à l'astragale, non sur le col, mais immédiatement en avant de la facette péronière de cet os.
Le faisceau moyen, péronéo-calcanècn, cordon aplati, long de 3 à 4 centimètres, large de 5 millimètres, s'attache, non au sommet de la malléole, mais au bord antérieur et à la face externe de la malléole, près du sommet, sur lequel il se réfléchit (G) pour se porter presque horizontalement en arrière et en bas vers la face externe du calcanéum, où son attache laisse une empreinte visible sur l'os sec (V. Ostéologie, fig. 253 et 254).
Lig. tibio-asirag. puit. ---
Lig. tibio-calcanoen -—
Lig. astrag.-calc. pnst.
■ ■ Lig. péron.-tib. post.
Li'j. péroniJu-astr. post.
... Lig, péroiiéo-calcanéen
Fig. o68. — Articulations tibio-tarsicnne et pûronéo-tibiale inférieure, vue postérieure.
Le faisceau postérieur , péronéo-astragalien postérieur, horizontal et transversal, très fort, trapézoïde, visible seulement par la face postérieure de l'articulation, se détache de la partie inférieure de la fossette que l'on remarque sur la face articulaire de la malléole péronière, immédiatement en arrière du revêtement cartilagineux, et va se fixer par sa base élargie à la face postérieure de l'astragale jusqu'au gros tubercule (os trigone) qui limite en dehors la gouttière du fléchisseur propre du gros orteil. Ce faisceau, profondément situé, est extrêmement fort ; pour le bien voir, il faut dégager les tendons
ARTICULATION DE LA JAMBE AVEC LE PIED
péronierset leurgaîiie; encore n'aperçoit-on que la tranche ou bord postérieur de ce trapèze ligamenteux situé dans un plan horizontal.
Ligament latéral Interne. — En forme de A, d'où son nom de ligament deltoïde, c'est un éventail fibreux, irradiant de la malléole interne pour aller se lixer par sa base élargie, curviligne, au scaphoïde, à l'astragale, au calcanéum et au ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur. Disposé suivant le même type que le ligament latéral externe, il présente aussi trois faisceaux : moins distincts qu'en dehors, ils sont cependant faciles à reconnaître.
Le faisceau antérieur, tlhlo-antragalien antérieur, large, mince, quadrilatère, part du bord antérieur de la malléole interne, et va se fixer par ses libres superficielles à la face supérieure du scaphoïde, et par ses fibres profondes à la face externe de l'astragale, tout près de la facette tibiale ; il est ainsi divisé eu deux plans séparés par une couche graisseuse.
Le faisceau, moyen, tiblo-calcanéen, se détache de la face cutanée de la malléole, tout près du sommet, et va s'attacher à la petite apophyse du calcanéum. Les fibres antérieures de ce faisceau se fixent sur le ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur; ses fibres postérieures descendent, en arrière de la petite apophyse du calcanéum, jusque dans la gouttière calcanéeiine. Sous le faisceau moyen et séparée de lui par un peu de tissu graisseux, se trouve la capsule fibreuse, dont quelques-uns ont fait une couche profonde du ligament.
Le faisceau po'itérleur, tlhlo-astragaJlen postérieur, se fixe solidement à la large empreinte que présente le sommet bifurqué de la malléole interne; de là, il se dirige en dehors, en bas et un peu en arrière pour prendre son attache inférieure sur l'empreinte ovalaire que présente la face interne de l'astragale au-dessous de la facette tibiale (V. fig. 243, 246 et 568).
Le faisceau libio-astragalien postérieur, homologue du péronéo-astragalien postérieur, transversal comme lui, est le plus fort des trois faisceaux du ligament latéral interne: sa largeur est de deux centimètres, et son épaisseur d'un centimètre et demi. Il est décrit dans nos classiques comme couche profonde du ligament latéral interne : à vrai dire, il continue le plan deltoïdieu commencé par les deux autres faisceaux, et, comme ceux-ci, il apparaît dès qu'on a enlevé la gaine du jambier postérieur qui lui adhère intimement. Point n'est besoin de recourir à une section du tibia pour prendre complète connaissance de ce faisceau, situé sur le même jdan que les autres, mais beaucoup plus épais.
On voit que les deux ligaments latéraux, construits sur un même type, présentent trois faisceaux homonymes par leur situation et leurs insertions :
„ . . \ péronéo f
un laisceau antérieur < .... r astracralien.
/ tibio \ °
un faisceau moyen ! ^^*^!°! I calcanéen.
I tibio \
r ■ . ' • \ Pt'i-onéo ;
un taisceau postérieur I i[\){q \ astragalien.
ARTHROLOGIE
Synoviale. — J^a synoviale qui s'attache au pourtour des revêtements cartilagineux forme en avant et en arrière, sous les parties lâches de la capsule, deux culs-de-sac.
Le cul-de-sac antérieur est parfois subdivisé en deux ou trois gros bourgeons par des fibres capsulaires profondes ; quand l'injection a été faite sur une pièce entière, il présente deux bourgeons latéraux répondant au bord antérieur des deux malléoles, tandis que sa partie moyenne est bridée et déprimée par les tendons du jambier antérieur et des extenseurs des orteils.
Le cul-de-sacpostérieurappa.raiit, après injection, hérissé de gros bourgeons sortis par l'interstice des fibres capsulaires postéi'ieures ; j'ai constaté maintes fois la communication de ces bourgeons avec les gaines synoviales des tendons fléchisseurs et péroniers.
Sur les parties latérales, la synoviale, bridée par la capsule, n'entre point en rapport avec le faisceau moyen des ligaments latéraux.
J'ai déjà parlé du cul-de-sac que la synoviale envoie entre le péroné et le tibia, et montré (V. fig. 565) la fente par laquelle il s'ouvre dans la cavité articulaire.
En avant, une masse adipeuse soulève la sj'noviale en une grosse frange parallèle à rinlerligne.
Rapports. — L'articulation tibio-tarsienne est en rapport en avant avec les tendons des muscles jambier antérieur, extenseur propre du gros orteil, extenseur commun dos orteils et péronier antérieur, glissant dans leurs gaines synoviales, bridés par le ligament annulaire antérieur du tarse. Entre l'extenseur propre et l'extenseur commun cheminent le nerf tibial antérieur et l'artère homonyme qui prend le nom de pédieuse à partir de l'interligne. — En dehors, l'articulation répond aux tendons des muscles péroniers latéraux qui passent sur le faisceau moyen du ligament latéral externe ; — en dedam, elle répond au jambier postérieur qui glisse sur les faisceaux postérieur et moyen du ligament latéral interne ; — en arrière, elle entre en rapport avec le fléchisseur commun des orteils et le fléchisseur propre du gros orteil entre lesquels cheminent les vaisseaux et le nerf tibial postérieur.
Artères. — L'artère tibiale antérieure fournit trois ou quatre petites branches qui abordent la face antérieure de l'articulation. La malléolaire interne (branche de la tibiale antérieure) donne des rameaux qui traversent le faisceau tibio-astragalien antérieur. — La tibiale postérieure fournit quelques branches qui perforent les faisceaux moyen et postérieur du ligament latéral interne. — La péronièrc postérieure vascularisc la partie postérieure et externe de l'articulation. — Enfin la malléolaire externe, ou la péroniôre antérieure, envoient de petits vaisseaux à la partie antéro-externe de la capsule.
Nerfs. — Ils viennent du saphène interne (plexus lombaire) et du tibial antérieur (plexus sacré).
Pig. .o60. — Synoviale de l'articulation tibio-tarsienne, vue postérieure.
ARTICULATION DE LA JAMBE AVEC LE PIED
Essai de mécanique articulaire. — L'articulation du picil avec la janil)e et les articulations clos principaux segments du pied entre eux, montrent une grande solidarité dans les mouvements : toutes concourent plus ou moins à l'exécution des mouvements d'ensemble que pi'ésente le segment terminal du membre inférieur.
Le pied possède, dit-on, trois mouvements fondamentaux: lo des mouvements de rotation autour d'un axe transversal, par lequel le pied s'étend ou se fléchit sur la jambe ; 2o un mouvement de rotation autour d'un axe vertical par lequel la pointe du pied se porto en dedans (adduction) ou en dehors (abduction) ; — 3o un mouvement de rotation autour d'un axe antéro-postérieur par lequel ses bords s'élèvent ou s'abaissent.
Mais, en étudiant avec attention les mouvements sur un pied vivant on s'aperçoit vile qu'il est impossible d'obtenir une adduction pure, j'entends sans élévation du bord interne, et réciproquement que l'élévation du bord interne est toujours accompagnée d'un mouve-
Fig. .570. — Coupe frontale des articulations tibio-tarsiennc et asti'agalo-calcanéenne.
ment d'adduction do la pointe ; en d'autres termes, on constate que les mouvements de latéralité (adduction et abduction) sont toujours combinés avec les mouvements de rotation autour de l'axe antéro-postérieur. On est alors obligé de conclure que ces mouvements ont été artificiellement isolés, et qu'il convient de les réunir en un mouvement unique. Le nom qui m'a paru le meilleur pour désigner ces mouvements du pied, résultant de la combinaison des mouvements d'abduction et d'élévation des bords, est celui de iiiourements de toraion en dedans et de lorsion en dehors.
Il semble cependant que si l'on vient à prendre appui sur l'un des bords du pied, l'autre bord puisse s'élever sans que cette élévation soit accompagnée d'adduction de la pointe ; ce n'est là qu'une apparence: en étudiant de près ce mouvement, on pourra s'assurer que la rotation s'exécute alors, mais comme elle ne peut plus se faire dans le pied Jixé par son contact avec le sol, elle se fait dans la jambe; on voit, quand le bord interne du pied s'élève, la malléole interne se porter en avant.
En somme, les mouvements du pied se réduisent à deux : des mouvements de llexion et d'extension, et des mouvements de torsion en dedans ou en dehors. Ces mouvements se passent dans deux articulations distinctes : les premiers dans la tibio-tarsienne, les seconds dans les articulations sous-et pré-astragalicnnes.
Aux deux mouvements fondamentaux du pieil, il en faut ajouter un troisième, moiire-
ment de circumduction dans lequel la pointe du pied décrit un cercle : ce mouvement résulte de la combinaison des deux mouvements de flexion et de torsion ; il est impossible sans le concours des deux articulations dans lesquelles se passent ces mouvements. Pendant la circumduction, le pied passe de l'extension extrême à la flexion extrême, en même temps que ses bords s'élèvent alternativement.
Si l'on compare les articulations de la main avec l'avant-bras et les articulations du pied avec la jambe, on voit qu'au poignet comme au cou-de-pied, il y a deux articulations principales répondant à deux mouvements principaux; mais, tandis qu'à la main, les deux articulations prennent une part presque égale aux deux variétés de mouvements, au pied les deux mouvements sont répartis dans deux articulations: dans la tibio-tarsienne, se passent les mouvements de flexion et d'extension à l'exclusion de tous les autres ; dans les articulations sous-astragaliennes se passent uniquement les mouvements de torsion.
Mouvements qui se passent dans l'articulation tibio-tarsienne. — Les seuls mouvements qui se passent dans cotte charnière toujours serrée sont des mouvements de flexion et d'extension. Dans la flexion, la poulie astragalienne glisse d'avant en arrière et s'enfonce dans la mortaise tibio-péronière, et la face dorsale du pied se rapproche de la face antérieure de la jambe. Dans l'extension, la poulie astragalienne glissant d'arrière en avant tcml à sortir de la mortaise.
Ces mouvements s'effectuent autour d'un axe transversal qui passe par le corps de l'astragale et répond à l'axe du cylindre ou pas de vis auquel appartient la poulie astragalienne.— J'ai déjà fait observer que cet axe n'était point exactement transversal mais qu'il s'inclinait un peu en dehors et en arrière par son extrémité externe; c'est pour cette raison que le plan des mouvements du pied, perpendiculaire à cet axe, n'est point exactement sagittal. — L'étendue de ces mouvements est assez grande : de la flexion à l'extension extrême le pied décrit un arc qui varie de 70 à 90 degrés.
Dans les mouvements d'extension, les fibres antérieures de la capsule et les faisceaux antérieur et moyen des ligaments latéraux sont tendus :, c'est la tension de ces faisceaux qui limite le mouvement. Dans l'extrême extension le bord postérieur de la mortaise vient entrer en contact avec la face supérieure du tubercule externe (os trigone) de la face postérieure de l'astragale : lorsque, par suite delà conformation, des surfaces, ce contact s'établit, la face supérieure du tubercule devient intra-articulaire et apparaît revêtue d'une épaisse couche de fibro-cartilage.
Le mouvement de flexion est limité par la tension des faisceaux postérieurs des ligaments latéraux ; dans ce mouvement le faisceau moyen du ligament latéral interne est aussi tendu. — On répète beaucoup que la flexion est limitée par le contact du bord antérieur de la mortaise avec la face supérieure du col astragalien ; rien n'est moins exact: lorsque ce contact entre les deux os se produit, comme cela arrive quelquefois, ce contact répété fait apparaître les facettes cartilagineuses dont j'ai signalé la présence anormale sur la face supérieure du col astragalien et sur la face antérieure du tibia. (V. Rem. A, p. 70Sj. Je saisis ànouveau cette occasion de répéter que ce ne sont point des contacts osseux qui limitent les mouvements articulaires, mais la tension des ligaments et souvent avant celle-ci la distension de certains muscles, véritables ligaments actifs. C'est ainsi qu'à la tibio-tarsienne le mouvement de flexion est normalement limité par la tension du triceps sural, qui est tendu bien avant les faisceaux postérieurs des ligaments ; il est facile de s'assurer du fait sur une jambe dont on aura disséqué les articulations en ménageant le triceps.
Dans la station debout, le pied faisant angle droit avec la jambe, la mortaise tibio-péronière repose sur le segment moyen, le plus élevé, de la poulie astragalienne. Par quel artifice l'homme peut-il garder comme il le fait, longtemps et sans fatigue, une telle position, alors que le moindre déplacement du centre de gravité suffît pour faire osciller la jambe en avant ou en arrière sur cette roue astragalienne. Sont-ce les faisceaux postérieurs distendus des ligaments latéraux de l'articulation tibio-tarsienne, qui empêchent la jambe de glisser en avant ? Non, car l'observation démontre que ces ligaments sont relâchés ; et le fait que la flexion peut aller au delà de l'angle droit vient à l'appui de l'observation. — Sommes-nous redevables du maintien de cet équilibre instable à une lutte éveillée et incessante entre les muscles extenseurs et fléchisseurs, ou bien à la contraction active de l'un de ces groupes ? Non encore, car cette contraction, d'aiflcurs facile à constater, amènerait rapidement la fatigue. — Si l'on tient compte : lo que, pendant le sommeil, le pied forme avec la jambe un angle très ouvert en avant; et 2o que cette position moyenne, répond au repos parfait des muscles extenseurs et fléchisseurs, on est amené à conclure que, dès que nous mettons pied à terre, le pied se plaçant à angle droit sur la jambe, les muscles fléchisseurs (jumeaux et soléaire) subissent une distension qui les allonge et met en jeu leur élasticité. C'est cette distension passive des muscles fléchisseurs qui s'oppose à la chute du corps en avant et permet de garder la station verticale.
ARTICULATIONS DU PIED
Varia. — • A. — Dorilinairo, la surface (wlirulnire de la poulie axiragalienne se tormino fur la face supérieure (la col astragalien ]:mr un bord concave on avant ; quelquefois le revêtement cartilagineux s'avance sur le col; dans ces cas, on voit aussi le cartilage du tibia déborder sur la face antérieure do l'os; ces deux avancées cartilagineuses entrent en contact dans la flexion extrême.
B. — 11 ne m'a pas paru que les faisceaux qui doublent les parties antérieure et poslérieui'e delà capsule tibio-larsienne méritassent d'être détachés sous les noms de ligaments antérieur et postérieur.
La réflexion et le glissement du faisceau pèronéo-calcanéen sur le sommet de la malléole ont déterminé l'apparition d'une toute petite bourse séreuse on ce point.
§ VII. — ARTlClTLATiOXS DU PIED
Les articulations du pied coiiipreimeiil : 1° celles des os du tarse entre eux ou articulations tarsiennes ; — 2'' celles du tarse avec le métatarse ou articulations tarso-niétatarsiennes ; — 3" celles des métatarsiens entre eu.x ou «r/iculations métatarsiennes ; — i" celles du métatarse avec les premières plialanges, ou articulations métalarso-phalangiennes ; — celles des j)lialanges entre elles, ou arlicululions phatanyicnncs.
ARTICULATIONS TARSIENNES