‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 180 sur 199 · ARTICULATION SACRO VERTÉBRALE · texte numérisé non relu

ARTICULATION SACRO VERTÉBRALE

Le sacrum s'unit à la dernière vertèbre lombaire : 1° par son cordas ; 2° par ses apophyses articulaires.

l^'itnion ducorps du sacrum avec la face inférieure du corpsde la cinquième lombaire est une amphiarthrose qui ne diffère en rien des autres amphiarthroses

ARTICULATIONS DES VERTÈBRES ENTRE ELEES 743

IdiubairoL-i. Nous y troiivûiis ou ellcl uu uiéuis({ue f)his liaul eu avaut qu'en arrière et comme moyens d'union, la partie inférieure des grands ligaments vertébraux communs antérieurs et postérieurs.

Uunion des apophyses articulaires est une arllirodie en tout semblable à celles des vertèbres lombaires ; la capsule y présente les mêmes faisceaux de renforcement que nous avons décrits aux lombes.

Le sacrum est encore uni à la colonne lombaire par deux ligamenis jaunes, un ligament siirépiiu'ux et uu lig;uiient interépiiu^ux.

ARTICDLATION SACRO-COCCYGIENNE

L'articulation sacro-coccygienne est une aniphiarthrose.

Surfaces articulaires. — Le sommet du sacrum présenle une facelle ovalaire à grand axe transversal, légèrement convexe; cetle facelle est rerue dans une facette concave de même forme creusée sur la base du cocc> x.

Un ligament interosseuXf dont l'épaisseur varie entie deux et cin(| millimètres chez l'enfant, unit ces surfaces articulaires. Ce ligament analogue aux dis- ([ues inlervei'tébraux est rapidement envahi par l'ossification, de sorte que vers quarante ans cette articulation, d'a])rès Sappey, est complètement ossifiée. Sa structure varie chez les dilTérenls individus: tantôt le noyau gélatineux central est très développé, l'articulation est alors très mobile; dans d'autres cas c'est la partie fibreuse qui prédomine, l'articulation est alors moins mobile. Il me parait vraisemblable «pie celle arlieulalion doit subir dans 1rs dei'iiicrs mois de la grossesse des modilications analogues à celles que nousavons notées dans les articulations du bassin : je n'ai pas eu l'occasion de m'en assurer.

Ligaments. — Les ligaments sacro-coccygiens se divisent en antérieurs et postérieurs. — Les ligaDients sacro-coccygiens antérieurs présentent deux ordres de fibres : les superficielles vont de la cinquième vertèbre sacrée à la pointe du coccyx et s'entrecroisent au ni\'eau de la troisième vertèbre coccvgienne avec celles du côté opposé; les fibres profondes, plus exici'nes, vont du sommet du sacrum à la ti'oisièn)e vertèbre coccygienne (V. fig. 5.'52).

ÎjCs ligaments sacro-coccygiois postérieurs comjtreniient deux faisceaux superficiels et uu faisceau profond. Les faisceaux superficiels ferment en partie l'ouverture du canal sacré ; ils naissent de la terminaison de la crête sacrée et se dirigent api'ès s'être entrecroisés vers les parties latérales de la deuxième pièce coccygienne. — Le faisceau profond, médian, qui ne serait d'après Luscbka que la terminaison de la dure-mère spinale, unit la dernière pièce du sacrum à la première pièce coccygienne.

Les cornes du sacrum et du coccyx sont unies eu arrière par deux bandelettes ligamenteuses qui forment lesi/^aments sacro-coccygiens latéraux (V. fig. 533).

MOUVEMENTS DES A1\TICULÂTI0NS DE LA COLONiNE VERTÉI3RALE

La colonne vcrtéijrale présente des lnou^■enlents de flexion eld'cx/eiis/o» , des mouvements (la rotation ou de torsion, des monxemcnis d'inclinaison latérale, et un mouvement de eircumduclion résultant de la combinaison de ces divers mouvements,

Cliaquc articulation vei'téljro-verlébrale a ses mou\'enjenLs propres, \ ai'ialjlcs ilaiis cliaque

ARTHROLOGIE

région, et les mouvements d'ensemble des divers segments de la colonne, comme les mouvements si étendus de la colonne entière, ne sont que la résultante ou pour mieux dire la totalisation des mouvements si limités de chacune des articulations vertébro-vertébrales. Il convient donc d'étudier d'abord les mouvements qui se passent dans chacune de ces articulations.

Les disques intervertébraux sont les centres et les organes des mouvements qui se passent dans chaque articulation vertébro-vertébrale. La partie centrale, molle, de ces disques représente à la fois la cavité et le pivot sur lequel se meuvent deux vertèbres adjacentes ; la partie périphérique, fibreuse, du disque, joue le rôle d'un ligament qui limite les divers mouvements. Le noyau central, comprimé entre les surfaces articulaires et l'anneau fibreux, réagit par son élasticité. Monro considère ce noyau central comme un pivot mobile, un point d'appui liquide, sur lequel tournent les corps vertébraux : d'après cet auteur l'élasticité de la colonne serait due aux déplacements du noyau central (Cruveilhier).

Si l'on examine ce qui se passe sur une colonne vertébrale mise à nu, voici ce que l'on constate : dans le mouvement de flexion, on voit les corps vertébraux, par une sorte de bascule, se rapprocher les uns des autres en avant, tandis qu'ils s'éloignent en arrière; alors Jes ménisques, comprimés, diminuent de hauteur en avant, se rident et dessinent une saillie transversale, tandis qu'en arrière leur hauteur augmente et ils paraissent comme étirés; le grand ligament antérieur est plissé, le postérieur est tendu. — Si l'on vient à répéter les mêmes mouvements sur deux colonnes ayant subi l'une une coupe sagittale, l'autre une coupe frontale, on voit les déplacements et les déformations du noyau pulpeux et l'on constate en même temps que ce noyau vient faire sur la surface de la coupe une saillie qui témoigne de l'état de compression dans lequel il se trouve momentanément.

L'étendue des mouvements de chaque articulation vertébro-vertébrale est en raison de la hauteur du ménisque par rapport à la hauteur et à l'étendue en surface des corps vertébraux qu'il unit.

Il est aisé de comprendre que les mouvements d'articulations ainsi constituées ayant pour centre le noyau pulpeux peuvent s'effectuer dans toutes les directions ; en avant (flexion), en arrière (extension), latéralement (inclinaison) et dans toutes les directions intermédiaires. De plus à ces divers mouvements, s'ajoute un mouvement de ro/a^?o« ou torsion : ce mouvement dont l'axe vertical passe par le centre des disques et des corps vertébraux est très limité dans chaque articulation : il est d'ordinaire combiné avec le mouvement d'inclinaison latérale. Ajouté à ceux des articulations voisines il se traduit par un mouvement de torsion d'ensemble très appréciable.

Mais les vertèbres ne sont point unies que par leurs corps ; elles sont encore articulées par leurs apophyses articulaires : ce sont ces articulations des apophyses articulaires, articulations mobiles, vraies diarthroses qui règlent le sens et l'étendue des mouvements dans chacune des régions de la colonne vertébrale ; nous allons le voir en étudiant les mouvements dans chacune des régions de la colonne.

La région cervicale jouit d'une mobilité étendue dans tous les sens ; elle le doit à la hauteur relative de ses disques et à la direction des facettes de ses apophyses articulaires planes et situées dans un plan transversal obliquement descendant en bas et en arrière ; ce plan se rapproche d'autant plus de l'horizontale qu'on l'envisage sur une vertèbre plus inférieure.

Dans la région cervicale, tous les mouvements existent et ont tous une assez grande étendue : on remarquera que le mouvement d'extension est plus étendu que le mouvement de flexion. L'inclinaison latérale est plus étendue que dans toute autre région. Les mouvements de rotation ou de torsion sont également fort étendus surtout dans la partie inférieure de la région. Par contre les mouvements sont très limités entre la deuxième et la troisième vertèbre, ce cjui est dû à la minceur du disque qui unit ces deux vertèbres. La grande mobilité de la colonne cervicale est due également à l'existence des articulations latérales que nous avons décrites.

A la région dorsale, les mouvements sont en général peu étendus, conmie permettait de le prévoir la faible hauteur des disques intervertébraux : cependant les parties extrêmes participent à la mobilité des régions voisines. Les surfaces des apophyses articulaires, planes dans un plan frontal, s'opposent à tout mouvement do glissement en avant ou en arrière; par contre leur conformation permet le glissement dans le plan frontal, c'est-à-dire l'inclinaison latérale, d'ailleurs rapidement arrêtée parla rencontre des côtes. Je viens de dire que les surfaces articulaires étaient planes dans un plan frontal, cela n'est point tout à fait exact; en réalité l'interligne très légèrement concave en avant appartient à un cercle dont le centre serait vers le centre du corps vertébral correspondant ; aussi observe-t-on un mouvement de rotation assez étendu dans la région dorsale. Ce mouvement de torsion s'associe à l'inclinaison latérale dans la scoliose.

UNION DE LA TÈTE AVEC LA COLONNE VERTEBRALE

Dans la région lombaire, les iiioin eincnls de ilexion et ircxlension sont très étendus, surtout entre la troisième et la quatrième, et entre la quatrième et la cinquième ; les mouvements de latéralité sont aussi possibles ; par contre les surfaces articulaires des arcs postérieurs, emboitées l'une dans l'autre, paraissent s'opposer à toute espèce de mouvement d'inclinaison latérale ou de rotation. Morris a prétendu que ces mouvements étaient possibles, grâce à la laxité extrême des capsules des apophyses articulaires « dont les surfaces no sont pas en contact, dit-il, des deux côtés à la fois ». Or, je viens de vérifier ce fait sur trois colonnes vertébrales (deux hommes, une femme): après avoir immobilisé la colonne dorsale et l'articulation sacro-iliaque, je n'ai pu constater le moindre mouvement de rotation dans la colonne lombaire ; de plus, des coupes pratiquées à différents niveaux m'ont montré que le contact dans les articulations des apophyses articulaii'es était parfait des deux côtés et simultanément.

Les mouvements de l'ar/icu/alioji mcro-vcrlébrale mxii identiques à ceux qui se passent entre deux quelconques des vertèbres lombaires ; ils sont seulement plus étendus, surtout les mouvements de ilexion et d'extension, en raison de l'épaisseur plus grande du disque. Les changements d'inclinaison du bassin qui se produisent quand on passe de la station debout à la position assis ont surtout pour centre cette articulation.

Dans la station debout, la colonne est raccourcie par le tassement des ménisques; on remarquera que les articulations des apophyses articulaires présentent un allongement dans le sens vertical, en rapport avec ce mouvement : cela est surtout marqué à la colonne lombaire où la synoviale offre un cul-de-sac supérieur très développé.

J'ai déjà insisté sur les modifications que l'atrophie des corps vertébraux amène dans l'union des arcs au niveau de la colonne lombaire ; de même que l'on voit survenir, par le fait de ce tassement, de véritables articulations entre les apophyses épineuses, de même les articulations des apophyses articulaires subissent une sorte de déplacement, de descente qui les conduit à empiéter sur les lames vertébrales. Ces modifications se remarquent chez la plupart des sujets âgés ; elles sont en rapport avec les ujodifications de courbure que l'âge et l'exercice de certaines fonctions déterminent dans la colonne vertébrale.

§11. — UNION DE LA TÈTE AVEC LA COLONNE VERTÉBRALE (articulations de l'occipital, de l'atlas et de l'axis)

Les articulations de la partie supérieure de la colonne vertébrale s'éloignent de la disposition générale. Ces modifications sont en rapport avec l'union solide et néanmoins très mobile, de la tête avec la colonne.

La tête s'articule par l'un de ses os, l'occipital, avec les deux premières vertèbres cervicales : nous décrirons donc l'union : a) de l'occipital et de Vatlas ; 2° de ïocclpital et de Vaxis. — De plus, les deux premières vertèbres s'articulent par un mode tout particulier, formant ['articulation atloldo-axoidienne.

Page 1