UNION DE L'OCCIPITAL ET DE L'AXIS
L'occipital et l'axis, qui n'ont entre eux aucun conttict articulaire, sont unis à distance par de très forts ligaments.
Ces ligaments contenus dans le canal rachidien, dont ils tapissent la paroi antérieure, peuvent être divisés en deux groupes : les uns, allant de l'occipital
UNION DE LA TÊTE AVEC LA COLONNE VERTÉBRALE
au corps de l'axis, consliliieiit le ligament occipilo-axoldien ; — les autres unissant l'occipital à l'apophyse odontoïde, portent le nom de lUjamenis de la lient ou oecipito-odonto'idiens.
LIGAMENT OCCIPITO-AXOIDIEN
C'est une large couche fibreuse tapissant toulc la paroi antérieure du canal rachidien entre l'occipital et le bord inférieur du corps de l'axis; il est situé immédiatement en' avant du ligament vertébral commun postérieur, dont il forme la couche profonde. Il s'insère, en bas, sur toute la face postérieure du corps de l'axis, et, de là, se divise en trois faisceaux : le faisceau nioijen, très épais, large d'un centimètre, est formé de fibres verticales qui vont s'insérer dans le fond de la gouttière hasilaire, à un centimètre au-dessus du trou occi-
Licjament occijjito-cixoidien
Fig. û96. — Ligament, ocripito-axoïdien.
Les arcs postérieurs ont été réséqués pour montrer la paroi antérieure du canal rachidien ; d'autre part, les synoviales occipito-atloïdiennes et atloïdo-axoïdiennes ont été injectées.
pital; — les faisceaux latéraux sonl formés de filires oblif[uement ascendantes, qui vont s'attacher à la face interne des condyles, immédiatement au-dessous de l'orifice interne du canal condylieii antérieur.
Rapports. — Le ligament occipito-axoïdien est en rapport par sa face postérieure avec le ligamenL vertébral commun postérieur. — Sur la ligne médiane, sa face antérieure répond de lias en haut : i" à la brandie inférieure du ligament cruciforme; 2o à la branche horizontale (ligament transverse) de ce ligament, dont il est séparé par une bourse séreuse ou par une couche celluleuse ; 3o à la branche supérieure du même ligament, et au tissu cellulo-adipeu.Y c[ui comble l'espace compris entre l'atlas, l'apophyse odontoïde et l'occipital . — Sur les parties latérales, cette face antérieure est en rapport avec les ligaments occipitoodontoïdiens latérau.x, et les capsules occipito-atloïdiennes et atloïdo-axoïdiennes.
ARTHROLOGIE
Rôle. ■ — -Le ligament occipito-axoïdien se tend fortement dès que la tête se fléchit sur la colonne; si on le coupe au niveau de ses insertions supérieures, on constate que la flexion est plus étendue.
LIGAMENTS OGCIPITO-ODONTOIDIENS
[Ligaments de la dent)
Cet appareil ligamenteux comprend un faisceau médian, ligament occipitoodontoïdien médian, el deux gros faisceaux latéraux, ligaments occipito-odontoïdiens latéraux.
Ligament occipito-odontoïdien médian (ligament suspenseur de la dent,
Liy. occipito-odontoïdien niédiiin Liij. occipito-attoidien anlcnenr Bourse séreuse
Capsule al lijiito-otliinto:ili:'nne Lig. atloido-axiiïdien antérieur
Lig. oertéljral commua antérieur
Apophyse basilaire
Lig. vertébral commun postérieur
Liy, occipilo a.coïdien Lig. occipito- Irons ver. 'iaire
Ligamenl transverse Bourse séreuse
Jiitertiyiie sijndesmo-udontoidien /, /;/ // a nsverso-axo ' dien
Corps de l'axis
Fig. 597. — Coupe sagittale des articulations de la tète avec la colonne vertébrale.
ligamentum suspensorium posterior dentis de Luschka). — C'est un faisceau cylindrique, long de 10 à 1 2 millimètres, large de 2 à 5, allant du bord supérieur de la facette articulaire antérieure de l'apophyse odontoïde à la face antérieure de l'apophyse basilaire, immédiatement en avant du trou occipital. — Le développement de ce ligament présente de grandes variétés. Parfois réduit à quelques tractus celluleux, il se présente dans d'aulres cas sous la forme d'un cordon épais de 3 à 4 millimètres, véritable ligament suspenseur de la dent ; il se confonden avant avec les fibres supérieures de la capsule atloïdo-odontoïdienne (A).
UNION DE LA TÊTE AVEC LA COLONNE VERTÉBRALE
Rapports. — Le ligament oecipifo-odontoïdien médian est en rappoii en avant o^vcc la partie supérieure de la capsule atloïdo-odontoïdienne qui se confond avec lui, et s'en sépare plus bas en laissant un espace angulaire occupé par un prolongement de la synoviale de cette articulation. Une couche cellulo-graisseuse, contenant quelques veines, sépare cette couche ligamenteuse du ligament occipito-atloïdien antérieur, — En arrière, le ligament occipito-odontoïdien médian est séparé de la branche supérieure du ligament cruciforme par du tissu cellulo-adipeux renfermant quelques veines.
Rôle. — Le ligament occipito-odontoïilion médian est formé de tissu conjonctif riclie en libres élastiques ; il contient parfois, chez l'adulte, un cylindre cartilagineux, particularité sur laquelle H. Muller s'est appuyé pour faire de ce ligament le vestige du disque intervertébral, séparant la dernière vertèbre céplialique du corps de l'atlas, représenté par l'apophyse odondoïde.
Varia. — A. — On rencontre assez fréquemment un autre petit faisceau, inséré, en avant du précédent, près du bord supérieur de la facette articulaire de l'apophyse odontoïde, et se terminant, soit sur l'occipital, soit sur le ligament occipito-atloïdien antérieur. Ce faisceau a été décrit par Barkow sous le nom de ligamentum dentis antieum, et par Luschka sous le nom de ligamentum suspensorium dentis anterior ; il ne me parait être autre chose que la partie supérieure de la capsule atloïdo-odontoïdienne.
Ligaments occipito-odontoïdiens latéraux (ligamenta alaria dentis). — Au
Lig. occipito-odontouUen médian
Lig. transverso-a.coïdien
Fig. 598. — Ligaments occipito-odontoïdiens, vue poslZ-rieurc. Le ligament transverse a été réséqué en partie.
nombre de deux, ces ligaments sont de gros cordons fibreux, courts et puissants, insérés sur une facette qui occupe les parties latérales de la moitié supérieure de l'apophyse odontoïde ; ils se dirigent presque transversalement en dehors pour aller s'attacher sur la face interne des condyles occipitaux, où leur insertion laisse une empreinte remarquable que nous avons étudiée en ostéologie (A).
Rapports. — Les ligaments occipito-odontoïdiens latéraux répondent : en a-^-ant, à l'articulation atloïdo-odontoïdienne, et au tissu cellulo-adipeux qui les sépare de la membrane obturatrice antérieure; — en arrière au bord supérieur et à la bi'anche supérieure du ligament transverse, et au ligament occipito-axoïdien : — en bas et en dehors à la capsule occipito-atloïdienne.
ARTHROLOGIE
Rôle. — Ces ligaments, dont l'épaisseur est considérable, limitent les mouvements de rotation de la tête et de l'atlas sur l'axis : lorsqu'en effet on tourne la tète d'un côté ou de l'autre, le ligament opposé au côté vers lequel le menton est dirigé se tend et empêche une rotation plus étendue. D'après Humphry, ils contribuent en outre à maintenir la tête et à empêcher ses inclinaisons sur la colonne. Nous avons également constaté que, dans les mouvements de l'occipital sur l'atlas, le ligament occipito-axoïdien ayant été sectionné, les ligaments occipito-odontoidiens latéraux interviennent pour limiter la llexion.
Varia. — A. — La face postérieure de l'apophyse odontoide peut être divisée en trois plans : l'inférieur, regardant franchement en arrière, est articulaire et répond au ligament transverse ; les deux supérieurs, convergeant en arrière et en haut vers une crête mousse, médiane, sont occupés par des facettes lisses, irrégulièrement circulaires, d'un diamètre moyen de 7 millimètres. Ces facettes répondent à l'insertion des ligaments odontoïdiens latéraux ; leur bord antérieur est séparé de la surface articulaire antérieure de l'odontoïde par une dépression ou de très légères rugosités, qui marquent l'insertion de la capsule atloïdo-odontoïdienne.
Quelques fibres, nées de l'occipital au-dessus des ligaments occipito-odontoïdiens latéraux, passent au-dessus de l'apophyse odontoide, et vont s'insérer au point correspondant du côté opposé, décrivant une arcade à concavité supérieure au-dessus des ligaments latéraux (V. fig. 598). Ce faisceau occipito-occipital n'est pas constant; tantôt il reste en contact avec les ligaments odontoïdiens latéraux, tantôt il s'en détache vers la ligne médiane, laissant au-dessus du sommet de l'apophyse odontoide une fente comblée par une fine toile celluleuse.