‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 184 sur 199 · DNION DE L'ATLAS ET DE L AXIS · texte numérisé non relu

DNION DE L'ATLAS ET DE L AXIS

Les deux premières vertèbres cervicales sont unies entre elles : 1° sur la ligne médiane ; — 2° sur les parties latérales.

1° Sur la ligne médiane, le corps de lapremière vertèbre cervicale, représenté par l'apophyse odonto'ide, est reçu dans un anneau ostéo-fibreux, formé par l'arc antérieur de l'atlas, et par un ligament étendu d'une masse latérale à l'autre, le ligament transverse. L'apophyse odonto'ide s'articule en avant avec la portion osseuse, en arrière avec la portion fibreuse de l'anneau. Nous aurons donc à étudier dans l'union de la première vertèbre cervicale et de son corps : a) l'articulation entre l'arc antérieur de l'atlas et la face antérieure de l'odontoïde, on dirticulation atloïdo-odontoïdienne ; — b) le ligament transverse, et son articulation avec la face postérieure de l'odontoïde, ou articulation syndesmoodontoïdienne.

2" Sur les parties latérales, l'atlas entre en contact par les surfaces articulaires inférieures de ses masses latérales avec les apophyses articulaires supérieures de l'axis, constituant ainsi l'articulation atloïdo-axoidienne proprement dite.

Enfin les deux vertèbres sont unies par des ligaments à distance que nous décrirons sous les noms de ligaments atloïdo-axoidiens antérieur et postérieur.

ARTICULATION ATLOIDO-ODONTOIDIENNE

L'articulation de l'arc antérieur de l'atlas avec la face antérieure de l'apophyse odontoide est une trochoïde.

Surfaces articulaires. — La face postérieure de l'arc antérieur de l'atlas présente, sur sa partie moyenne, une facette articulaire ovalaire, légèrement concave, à grand axe transversal.

UNION DE LA TKTE AVEC LA COLONNE VERTÉBRALE

La face antérieure de l'apoph)'se odoutoïde présente de son cùlé une facette articulaire, de dimensions plus grandes que celle de l'atlas ; elle est ovalaire, légèrement convexe, à grand axe vertical.

L'une et l'autre de ces surfaces sont encroûtées de cartilage; l'épaisseur de celui-ci est plus graude sur l'apophyse odoutoïde que sur l'atlas, elle atteint environ un millimètre. D'après Lusclika ce revêtement cartilagineux se composerait de deux couches : l'une superficielle fihro-cartilagi neuse, l'autre profonde formée de cartilage hyalin.

Moyens d'union. — Une capsule lâche réunit les surfaces en présence; elle s'insère sur tout le pourtour des facettes articulaires, si ce n'estau p(jle suj)érieur

IiilcrI. ail. odont. Copsiilc atl.-odnnl.

Fig. .'ÎOO. — Conpo horizontale des articulations atloïdo-nilonloïdienno et syndesmo-odontoïdiennc.

de la facette odontoïdienne, où elle remonte sur le ligament suspenseur de la de it avec laquelle elle se confond.

Synoviale. — Une synoviale tapisse la face interne de cette capsule ; en haut et en dehors elle répond à la capsule occipilo-atloïdienne ; ]ilus bas (die n'i^sl séparée de la synoviale syndesmo-odontoïdienue que par l'épaisseur de la capsule.

ARTICULATION SYNDESMO-ODONTOIDIENNE.

Ligament transverse ou demi-annulaire. — Le ligament iransverse forme la partie fibreuse de l'anneau qui enserre l'apophyse odoutoïde; étendu d'une masse latérale de l'allasà l'autre, il s'insère par ses deux extrémités sur le tubercule que j'ai décrit sous le nom de tubercule du ligament transverse (V. Osféologie, p. 290). Ce ligament, cylindrique au niveau de ses insertions, s'aplatit d'arrière en avant en se rapprochant de la ligne médiane; c'est alors une véritable bande avec une face antérieure concave, une face postérieure convexe, et deux bords : un supérieure! un inférieur.

La face aiilcfieure, concave ti'ansversalement, est en rapport par sa partie moyenne avec la facette articulaire postérieure de l'apo()hyse odoutoïde; ces

ARTHROLOGIE

deux surfaces en contact sont revêtues d'une couche cartilagineuse, épaisse de 6 à 8 dixièmes de millimètre.

La face postérieure est en rapport avec les fibres profondes du ligament occipito-axoïdien ; elle en est séparée sur la ligne médiane par une bourse séreuse constante, mais de dimensions variables (V. fig. 597 et 599).

Du bord supérieur du ligament transverse se détachent des fibres qui se réunissent en un faisceau aplati. Ce faisceau, décrit par certains auteurs comme formant la couche profonde du ligament vertébral commun postérieur, est en réalité formé de fibres propres appartenant au ligament transverse et mérite bien, d'après ses insertions, le nom iVoccipito-trmisiiersaire.W s'insère, en elTet, à la face postérieure de l'apophyse basilaire, tout près du bord antérieur du trou occipital. Il n'est pas rare de voir ce faisceau s'arrêter au sommet de l'apophyse odontoïde : je possède deux cas de cette anomalie : dans l'une toutes les fibres

Fig. 000. — Ligamont transverse, vue postérieure.

s'arrêtent à ce sommet; dans l'autre elles forment deux faisceaux, le faisceau postérieur se continuant jusqu'à foccipital. C'est sur cette pièce que j'ai pratiqué la coupe représentée fig. 597.

Du bord inférieur du ligament transverse se détache une languette fibreuse qui vient s'insérer à la partie moyenne de la face postérieure du corps de l'axis. C'est le ligament transverso-axoïdien.

Ces deux ligaments forment avec le ligament transverse une sorte de croix, ce qui explique pourquoi on donne à cet appareil ligamenteux le nom de ligament cruciforme ; on décrit alors les ligaments occipito-transversaire et transverso-axoïdien sous les noms de branches supérieure et inférieure du ligament cruciforme.

Remarquons que le ligament transverse forme avec la face postérieure de l'arc antérieur de l'atlas une sorte d'entonnoir évasé en haut, dans lequel est reçue l'apnphyse odontoïde.

UNION DE LA TÈTE AVEC LA COLONNE VERTÉBRALE

Synoviale. — La synoviale s'insère là où se termine le cartilage; elle ailecte la forme d'un vaste sac qui se prolonge sur les faces latérales de l'apophyse odontoïde et qui vient se réfléchir sur la capsule qui la sépare de la synoviale atloïdo-odontoïdienne. — Il estfréquent de voir cette synoviale communiquer par un trou arrondi avec la synoviale des articulations atloïdo-axoïdiennes. • — Henle signale également un prolongement supérieur, qui m'a semble constant dans les cas où tout ou partie de la branche supérieure du ligament cruciforme va s'insérer au sommet de l'apophyse odontoïde. — J'ai également observé la communication de la synoviale syndesmo-odontoïdiennc avec la synoviale atloïdo-odontoïdienne.

ARTICULATION ATLOIDO-AXOIDIENNE.

Celte articulation est une diarthrose du genre arthrodie.

Surfaces articulaires. — Elles sont formées jtar les facettes articulaires inférieures des masses latérales de l'atlas, et par les apophyses articulaires supérieures de l'axis.

Les surfaces articulaires de l'allas regai'denten bas et en dedans; sur un os frais, revêtu de son cartilage, elles sont légèrement concaves dans le sens transversal et nettement convexes dans le sens antéro-postérienr ; le revêtement cartilagineux accentue cette convexité sagittale qui existe aussi sur l'os sec.

Les surfaces articulaires de l'axis, tournées en haut et en dehors, sont, sur l'os frais, franchement convexes d'avant en arrière et très légèrement convexes dans le sens transversal.

La convexité antéro-postérieure des surfaces articulaires est due à une crête mousse transversale qui divise chaque surface en deux versants ou pentes. 11 résulte de cette disposition que les surfaces ne se correspondent pas ; de plus, contrairement à cequi se passe d'ordinaire dans l'économie humaine, la concordance n'est point rétablie par un ménisque fibro-cartilagineux. Loi'sque la tête regarde directement en avant, les surfaces articulaires se touchent uniquement par leur crête transversale, semblables à deux bateaux renversés reposant l'un sur l'autre par leur quille (V. fig. GOl) ; elles sont séparées en avant et en arrière par un intervalle haut de 2 à 5 umi. Lorsque l'atlas exécute un mouvement de rotation sur l'axis, l'une des crêtes atloïdiennes descend le versant antérieur de la surface axoïdienne, tandis que l'autre crête des(;end le versant postérieur de la surface axoïdienne du coté opposé. D'après Henke, les deux segments en contact décrivent un mouvement en pas de vis, dont l'un s'enroule de droite à gauche, et l'autre de gauche à droite,

Les surfaces articulaires sont revêtues par une couche de cartilage, dont l'épaisseur, plus considérable vers le centre, atteint 1 centimètre 1/2 à 2 centinjètres.

Moyens d'union. — Lîne capside fibreuse, lâche, maintient ces surfaces en contact. Elle prend ses insertions à distance du rebord cartilagineux, s'avançant en dehors, tant sur l'atlas que sur l'axis, jusqu'ci la base des apophyses transverses.

En dedans cette'capsule est renforcée par une baïule fibreuse, allant de la

ARTHROLOGIE

partie postérieure de la face interne des masses latérales de l'atlas à la partie supérieure de la face postérieure de l'axis ; cette bande fibreuse appartient en réalité au ligament occipito-axoïdien ; elle est connue sous le nom de ligament latéral inférieur d'Arnold (V. fig. 598).

Synoviale. — Une synoviale tapisse la face interne de la capsule. Elle envoie quelquefois un prolongement qui communique avec la synoviale de l'articulation syndesmo-odontoïdienne. Nous avons presque constamment observé un autre prolongement qui s'étalait au-devant du col de l'apophyse odontoïde, jusqu'à la rencontre de la capsule atloïdo-odontoïdienne. Des replis synoviaux pénètrent en avant et en arrière dans l'intervalle que laissent entre elles les surfaces articulaires. — Quelquefois la synoviale communique avec la synoviale syndesmo-odontoïdienne.

Rapports- — La capsule se confond en avant avec le ligament atloïdo-axoïdien antérieur, et en arrière avec le ligament atloïdo-axoïdien postérieur. — Elle est en rapport en dehors avec l'artère vertébrale, en avant avec le muscle long du cou, en dedans avec le ligament vertébral commun postérieur

LIGAMENTS A DISTANCE ATLOIDO-AXOIDIENS.

Ligament atloïdo axoidien antérieur. — L'arc antérieur de l'atlas est uni à la face antérieure du corps de l'axis par une lame fibreuse très mince, qui s'insère en haut sur le bord inférieur de l'arc de l'atlas, en bas sur la face antérieure du corps de l'axis. Sur la ligne médiane, cette sorte de membrane obturatrice présente un renforcement, déforme triangulaire à sommet supérieur, né du versant inférieur du tubercule antérieur de l'atlas ; latéralement elle vient se confondre avec les fibres des capsules atloïdo-axoïdiennes.

Ce ligament répond en avant au muscle long du cou dont le sépare une couche celluleuse.

Ligament atloïdo-axoïdien postérieur. — Ce ligament se présente sous la forme d'une mince couche fibreuse étendue du bord inférieur de l'arc postérieur de l'atlas aux lames et à la base des apophyses épineuses de l'axis.

De chaque côté de la ligne médiane, ce ligament est renforcé par une bande de tissu élastique, reconnaissable à sa couleur jaunâtre et représentant le premier des ligaments jaunes. Plus en dehors il est perforé par le deuxième nerf cervical : grand nerf sous-occipital d'Arnold (V. fig. 594).

Par sa face antérieure, il répond à la dure-mère dont il est séparé par les plexus veineux intrarachidiens ; en arrière il répond au grand oblique, et au grand droit postérieur. — Sur les parties latérales il se confond avec les capsules de l'articulation atloïdo-axoïdienne.

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