MÉCANISME DES ARTICULATIONS DE LA TÊTE AVEC LA COLONNE VERTÉBRALE
Les mouvements si variés et si étendus de la tét,c sur la colonne vertébrale sont répartis entre deux articulations, roccipito-atloïdionne et l'atloïdo-axoïdienno.
Mouvements de l'articulation occipito atloïdienne. — Les mouvements principaux de celte articulation sont la flexion dans laquelle la tête s'abaisse vers le thorax et l'extension qui relève le front et le menton. Ces mouvements se passent autour d'un axe transversal qui répond à peu près au centre de courbure des condylcs occipitaux ; ils sont peu élendus. —
UNION DE LA TÈTE AVEC LA COLONNE VERTÉBRALE
Le luouvenicnt de llexion no dépasse guère 20o, car il est rapidement limité par les ligaments occipito-axoïdions et par les ligaments occipito-alloïdiens latéraux. — Le mouvement d'extension atteint environ 30», d'après des expériences faites sur trois tètes. — Ce peu d'étendue des mouvements propres de l'articulation occipito-atloïdienne (flexion et extension) nous amène à conclure que c'est surtout par les mouvements d'ensemble de la colonne cervicale que nous pouvons amener le menton au contact du sternum.
A ces mouvements principaux il faut ajouter des mouvements notables de (jlissement latéral. Dans ces mouvements qui s'effectuent autour d'un axe antéro-postérieur intracrànien, répondant au centre d'une courbe passant par le sommet de la convexité transversjile des deux condyles, les condyles glissent latéralement sur les cavités glénoïdes, l'un se rapproche de l'axe vertical médian, tandis que l'autre s'en éloigne. — L'inclinaison d(i la tête peut aller jusqu'au point que tout le poids se porte sur une seule articulation occipito-atloïdienne, connue il arrive à l'articulation coxo-fémorale dans l'attitude penchée.
La combinaison des mouvements latéraux avec les mouvements de flexion et d'extension permet un très léger mouvement de rotation et un mouvement assez étendu de circuniduction.
Mouvements de l'articulation atloïdo-axoïdienne.— Le mouvement principal et l'on pi'iil, pros(pi(.' dirt.' anii|no de ccllci aL'lii'iilalii)i), c'est la rota/ion. Dans ce mouvement l'atlas, faisant corps avec la tète, tourne sur l'axis autour de l'ajiophyse odontoïde. L'axe vertical
Sciiéiuas des mouvements des articailations de Fallas et de l'axis.
Fig. 60.3. — Vue d'en haut, le visage étant tourné \ ers la droite.
de ce u)ouvement passe par l'apophyse odontoïde autour de laquelle l'anneau syndesmoatloïdien toui'ue comme une roue autour de sou essieu, suivant la juste comparaison de Cruveilhier. I^e plan du mouvement n'est pas horizontal : il s'incline à la fois en avant et en arrière et l'on ne sauiuit mieux le comparer qu'à une hélice à deux branches. Nous avons vu en elïet que les surfaces articulaires, lorsque le visage est tourné directement on avant, entrent en contact par une crête transversale répondant à leur partie moyenne, tandis qu'en avant et en arrière de cette crête elles restent à distance l'une de l'autre (V.flg. 601). Dans ces conditions, lorsque l'atlas vient à tourner sur l'axis, il glisse et des-
ARTHRULOGIE
cend sur les versants de la crête axoïdienne : comme le centre du mouvement est à l'apophyse odontoïde, le mouvement a lieu en sens inverse de chaque côté : ainsi, si nous tournons la tète vers la droite, la masse latérale gauche de l'atlas descend le versant antérieur de la facette axoïdienne du même côté, tandis que la masse droite descend le versant postérieur de la facette axoïdienne droite ; ce mouvement est représenté dans le schéma (V. fig. 602). On comprend que dans ce double mouvement de descente l'atlas et par suite la tête s'abaissent d'autant ])lus que le mouvement de rotation est plus prononcé. Dans les mouvements de rotation la tète s'abaisse; elle atteint sa hauteur maxima lorsque le sujet regardant en face, les surfaces articulaires entrent en contact seulement par leur crête transversale. Sappey a donné de ce fait la démonstration expérimentale. ^
Nous avons noté la grande laxité de la capsule qui se prête à tous ces mouvements* t la présence des franges synoviales qui comblent l'espace angulaire qui sépare les surfaces articulaires en avant et en arrière.
A côté du mouvement de rotation, mouvement principal de l'articulation atloïdo-axoïdienne, il faut noter de très légers mouvements en avant et en arrière analogues à ceux qui se passent entre les autres vertèbres de la région cervicale. Bicliat et après lui Cruveilhier ont certainement exagéré en niant totalement les mouvements de flexion et d'extension : l'enclavement de l'apophyse odontoïde dans sa bague ostéo-fibreuse n'est point aussi serré qu'ils l'ont dit et permet de très légers mouvements de flexion et d'extension. Dans ces mouvements on voit l'espace anguleux qui sépare les surfaces en avant se fermer dans la llexion et s'ouvrir dans l'extension tandis que le postérieur fait le contraire.
Ce sont les ligaments odontoïdiens latéraux qui limitent les mouvements de rotation : le droit limite la rotation de la tête à droite, le gauche la rotation à gauche ; ce sont de véritables freins d'arrêt.
Henke et Krause ont défini plus exactement les articulations atloïdo-axoïdiennes en les considérant comme appartenant à deux pas de vis, ou à deux spires enroulées en sens inverse autour d'un même axe vertical qui répond à l'apophyse odontoïde, pivot articulaire ; à la spire enroulée à droite, appartiennent les surfaces articulaires qui entrent en contact lorsque la face tourne du côté droit, à savoir la partie postérieure delà facette gauche de l'atlas, en contact avec la partie antérieure de l'axis d'une part; la partie antérieure de la facette droite de l'atlas en contact avec la partie postérieure de la facette droite de l'axis, d'autre part. — L'inverse a lieu pour la spire enroulée à gauche.
Il est important de remarquer que ces mouvements que nous venons d'étudier séparément en les localisant dans leur articulation principale, se combinent, et sont solidaires à cause de la communauté de certains ligaments : aussi le mouvement de rotation qui tend un ligament odontoïdien latéral détermine par ce fait un glissement latéral dans l'articulation occipito-atloïdienne, et le mouvement de flexion qui tend les ligaments odontoïdiens diminue l'étendue des mouvements de flexion.
11 ne faut pas localiser dans la seule articulation atloïdo-axoïdienne la totalité du mouvement par lequel la face est tournée vers la droite ou vers la gauche ; en effet le mouvement de rotation limité à l'articulation atloïdo-axoïdienne ne dépasse guère 30o de chaque côté : or nous savons que dans son mouvement de rotation la tête décrit près d'un demicercle, soitlQO"; c'est qu'à la rotation dans l'articulation atloïdo-axoïdienne, s'ajoute la somme des rotations effectuées dans les divers segments de la colonne vertébrale.
Les mouvements de flexion et d'extension de la tête, surtout le premier, se passent surtout dans la colonne cervicale. Les mouvements d'inclinaison latérale, si limités dans l'articulation occipito-atloïdienne, nuls dans l'articulation atloïdonlxoïdienne, se passent presque exclusivement dans la colonne cervicale.
Equilibre de la tète sur la colonne vertébrale. — Les expériences des Weber, répétées par ilumphry, ont montré que la tête est en équilibre sur les condyles, et que les muscles de la nuque n'interviennent point pour le maintien de la tête dans cette situation.
La position ordinaire de la tête sur la colonne vertébrale est telle qu'elle repose en équilibre parfait sur les condyles occipitaux : il faut noter que, dans cette situation, le regard n'est point tout à fait horizontal, mais légèrement dévié en haut ; dans la position du regard horizontal, le centre de gravité tombe un peu en avant et provoque une distension des muscles de la nuque c[ui suffit au maintien de cette situation sans que leur contraction soit nécessaire. De même, lorsque le regard s'incline en bas, ce sont encore les muscles de la nuque qui interviennent, non, comme on le dit, par contraction, mais seulement par distension passive, agissant à la façon de ligaments actifs.
ARTICULATIONS POSTHRIEIJRES DU THORAX
ARTICLE DEUXIÈME