LIGAMENTS UNISSANT LE COL DES COTES A LA COLONNE VERTÉBRALE
Un certain nombre de ligaments unissent à distance le col des cotes à la colonne vertébrale. Les uns, cervico-lransversaires, vont du col aux apophyses transverses (je dis cervico-transversaires et non costo-transversaires pour indiquer leur insertion sur le col de la côte et ne point les confondre avec les ligaments costo-transversaires que nous venons de décrire). — Un autre unit le col costal à la lame vertébrale correspondante, nous l'appellerons lamello-costal. — Enfin un dernier va du col au disque intervertébral et mérite le nom de v)éniscocostal.
ARTHROLOGIE
Ligament cervico-transversaire interosseux. — Le col des côtes est séparé de la face antérieure de l'apophyse transverse par un interstice que comblent de courts faisceaux fibreux allant d'un os à l'autre : l'ensemble de ces faisceaux forme le ligament cervico-transversaire interosseux, dit encore transversocoslal antérieur (V. tig. 600). Là où le col de la côte se trouve en regard
Lig. vertébral commun postérieur
t Capsule costo-
llg. trnmrersn-i'nstnl '■ . lAq. cevnco-traiisversaire
postérieur ' ■■ iiiterosfeuj:
£^alei/e lig interosseux coito-vertébral
Fig. 606. — Articulations dos côtes avec la colonne vertébrale, vue postérieure.
(La paroi postérieure du canal raohidien a été réséquée, et des coupes ont été pratiquées à différents niveaux pour bien montrer les ligaments de ces articulations).
et presque au contact du pédicule de la vertèbre, les faisceaux du ligament interosseux sont remplacés par un tissu cellulaire lâche, formant une sorte de séreuse à cette articulation rudimentaire.
Ligament cervico-transversaire intercostal. — Je décris sous ce nom le ligament décrit ordinairement sous le nom de transverso-costal supérieur : ce ligament s'étend, à travers l'espace intercostal, d'une apophyse transverse à la côte située au dessous, et non à la côte avec laquelle cette apophyse transverse s'articule (V. fig. 604). Cette seule considération légitime la dénomination que je crois devoir adopter dans le but d'éviter la confusion. Ce ligament révet la forme d'un plan fibreux losangique dont les faisceaux se dirigent obliquement du
ARTICULATIONS POSTÉRIEURES DU THORAX
bord inférieur et de la face postérieure d'une apoph^'se transverse au Ijord supérieur du col costal sous-jacent. 11 est épais et presque toujours dédoublé en deux plans: iin plan antérieur dont le bord interne limite avec le corps vertébral correspondant un orifice par lequel émerge le nerf rachidien sortant du canal de conjugaison, et un plan postérieur qui se sépare de l'an'^rieur en bas et se dirige plus obliquement en dehors pour gagner la tubérosilé de la côte.
La hauteurdes ligaments cervico-ti'ansversaires intercostaux est de8 à 1 0 mm.; leur largeur de 12 à 15. Leur bord interne délimite avec le corps vertébral un orillce, par lequel émerge le nerf racliidien dont le faisceau intercostal passe en avant du ligament, tandis que le faisceau dorsal passe en arrière. Le bord externe est continu avec une aponévrose qui se perd entre les muscles intercostaux externe etinterne.
Au niveau du dernier espace intercostal, le feuillet antérieur s'étend sous forme d'une lame aponévrotique dans toute la longueur de l'espace.
Entre la dernière côte et l'apopbvse costiforme de la première vertèbre lombaire, ce ligament est représenté par une lame assez épaisse ; plus bas, il s'élend comme une lame transversale entre les apophyses costiformes et est renforcée à sa partie postérieure par le faisceau intertransversaire. En dehors celiganient se continue avec un ligament résistant, le ligament lomho-costal , formé de faisceaux transversaux qui se détachent du sommet des apophyses costiformes et de faisceaux verticaux ou obliques, qui, nés du bord inférieur de la onzième et de la douziènie côte, descendent vers la crête iliaque et le ligament ilio-lombaire.
Ilenle désigne les faisceaux horizontaux qui paraissent prolonger en dehors les apophyses transverses sous le nom de côtes fibreuses. On peut dire, pour compléter l'analogie, que les faisceaux verticaux représentent les muscles intercostaux; ce ligament lomho-costal est recouvert en avant par le carré des lombes.
Ligaïuent la)}iello cost(d de Trolard (lamello-transversaire de Bourgery et Jacob). — C'est un faisceau ligamenteux, quelquefois double, qui, né de la partie inférieure de la lame, se dirige transversalement en dehors et vient s'insérer sur la face postérieure du col de la côte, immédiatement au-dessus du ligament interosseux cervico-transversaire (V. fig. 60G).
Ligament ynénisco-costal. — 11 se détache delà face postérieure du col de la côte et se dirige horizontalement en dedans, parallèlement au bord supérieur de l'apophyse transverse, pénètre dans le canal vertébral, par le trou de conjugaison et se fixe sur la face postérieure du ménisque correspondant. Son insertion sur la côte se fait entre les insertions des ligaments cervico-transversaires et interosseux. De force très variable, il est situé sous la face profonde du ligament vertébral commun postérieur (V. fig. G06) ; parfois il se continue avec celui du côté opposé. — .Te ne crois pas que ce ligament ait été décrit chez nous ; Meyer l'a étudié dans la série animale; Luschka lui a donné le nom de ligamentum colli costx postlciun.
Ligaments inie rtransversaires (articulo-transversaire de Bourgery). — Ce sont des trousseaux fibreux de force très variable allant d'une ;ipopbyse transverse à l'apophyse transverse sous-jacente (V. Ilg. G05); ces trousseaux fibreux.
ARTHROLOGIE
dits intertransversaires, sont confondus avec les tendons d'origine du muscle transversaire épineux.
Trolard insiste sur la force de ces ligaments à la colonne lombaire, où ils forment de véritables cordons descendant de la base d'une apophyse transverse au tubercule mamillaire de la vertèbre sous-jacente.
§ II. — ARTICULATIONS ANTÉRIEURES DU THORAX
Les articulations antérieures du thorax comprennent les articulations : aj des pièces sternales entre elles ; — 6/ du sternum avec les cartilages costaux; — cj des cartilages costaux avec les côtes; — dj des cartilages costaux entre eux.
ARTICULATIONS STERNALES
Le sternum de l'adulte est composé de trois pièces : poignée ou manubrium, corps, appendice xiphoïde, qui sont le plus souvent articulées entre elles; ce sont ces articulations que nous décrirons sous le nom à'artictdations sternales.
ARTICULATION STERNALE SUPÉRIEURE. — La première pièce du sternum est unie au corps par une articulation qu'il convient de classer avec Sappey au nombre des diarthro-amphiarthroses ; elle se présente en effet à des degrés divers de développement : tantùtamphiarlhrose analogue à l'union des corps vertébraux, tantôt diarthrose de la variété arthrodie. Maisonneuve, dans un excellent travail (Recherches sur la luxation des deux premières pièces du sternum, Arch. gén. Paris, juillet 1842, p. 249), a établi ces divers états de l'articulation sternale supérieure.
L'interligne transversal répond à l'union des deuxièmes cartilages costaux avec le sternum.
Les surfaces articulaires planes, ovalaires, à grand diamètre transversal, revêtues d'une couche de cartilage hyalin, d'épaisseur variable, sont unies par un fibro-cartilage. Ce fibro-cartilage, comparable aux disques invertébraux, présente, surtout vers sa partie centrale, une consistance plus molle, un aspect lamelleux, et une couleur blanchâtre, tranchant nettement avec la couleur bleuâtre du cartilage de revêtement. Il se continue en dehors avec le ligament interosseux de la deuxième articulation chondro-sternale.
Dans une seconde variété, il existe, entre les revêtements cartilagineux hyalins des facettes de la poignée et du corps, une cavité articulaire, en forme de fente; dans ces cas, plus fréquents chez la femme et chez les sujets d'âge avancé (Maisonneuve), l'articulation présente les caractères d'une arthrodie véritable.
Un manchon fibreux, qui n'est autre que le périoste se continuant d'une pièce sternale à l'autre, sert de capsule à l'articulation ; il est renforcé par des faisceaux appartenant aux ligaments chondro-sternaux, qui s'entrecroisent en avant et en arrière de l'articulation.
Mouvements. — Les deux premières pièces sternales l'oriaent en s'imissantun angle très obtus, saillant en avant : c'est l'angle de Louis. On observe dans cette articulation de légers mouvements d'inflexion en avant et en arrière : les premiers diminuent l'ouverture de l'angle, augmentée parles seconds. Ces mouvements, liés à l'ascension du thorax et à la
ARTICULATIONS ANTÉRIEURES DU THORAX
projection en avant du sternum dans l'inspiration, sont surtout remarquables cluez la femme. — Maisonneuve a pu réunir six ras de luxation de la seconde pièce du sternum sur la première.
Varia. — Luschka a constaté que, chez le nouveau-né, le iibro-cartilago intermédiaire est constitué principalement par des faisceau-ï élastiques et ne contient point de cellules cartilagineuses; celles-ci n'apparaîtraient que A-ei's la huitième année. — L'ankylose par ossification de l'articulation slernale supérieure est assez rare : elle ne survient que dans l'extrême vieillesse.
ARTICULATION STERNALE INFÉRIEURE. — L'appendicc xi](hoïde jdiiiiitivoinent cartilagiiieu.\ s'ossifie assez tard ; lorsque rossification est complète, vers cinquanle et soixante ans, l'appendice est soudé au corps du sternum. CAie/. l'adulte, une mince lame cartilagineuse subsiste enlre les deux pièces, créant ainsi une synclutudrose.
ARTICULATIONS CHONDRO-STERNALES.
Les cartilages costaux des vraies côtes vieunents'unir avec les bords latéraux du sternum par des articulations qui se présentent à des degrés divers d'organisation et appartiennent à l'ordre des diarthro-amphiarthroses. Ces articulations sont au nombre de sept, de cliaque côté.
Surfaces articulaires. — Du colé du sternum, nous trouvons, sur les bords de l'os, les ccliaiicntrcs costales, cavités anguleuses formées par la convergence de deux facettes, au fond desquelles on retrouve les cartilages de soudure des pièces qui composent primitivement l'os. Au nombre de sept de chaque C(Mé, elles sont séparées par les écliancrures intercostales. Gomme la hauleur de celles-ci diminue très rapidement de haut en biis, les écliancrures costales inférieures sont très ra])|)rocliées ; les trois dernières sont contiguës. Ces écliancrures sont d'abord nettement anguleuses ; à l'âge adulte, quand les pièces sternales sont complètement fusionnées, les écliancrures inférieures deviennent des excavations plus ou moins arrondies ; la deuxième, qui répond à la soudure de la poignée avec le corps du sternum, garde toujours sa forme anguleuse. C'est cette articulation du deuxième cartilage avec le sternum qui doit être prise comme type pour la description de ces articulations.
Du côté des cartilages costaux, nous trouvons une téte anguleuse, formée de deux versants séparés par une crête ; cette tête est reçue dans l'angle rentrant formé par les écliancrures costales.
Un fibro-cartilage, mince, revêt les facettes articulaires.
Moyens d'union. — Ils sont constitués par une capsule que des ligaments viennent renforcer en avant et en arrière, et par un ligament intraarticulaire.
Capsule. — C'est un manchon fibreux constitué par la continuité du péricliondre costal avec le périoste sternal ; ses faisceaux principaux sont parallèles au grand axe de la côte ; elle est renforcée en avant et en arrière par des ligaments.
I/igament raijoniié antérieur. — 11 est formé de faisceaux qui divergent de l'angle cartilagineux vers le pourtour de l'échancrure sternale; les fibres supé-
ARTHROLOGIE
rieures et inférieures s'entrecroisent avec celles des ligaments voisins ; les fibres moyennes vont s'entrecroiser sur la ligne médiane avec les ligaments du côté opposé. Les faisceaux du ligament rayonné, . entremêlés avec les fibres tendineuses des grands pectoraux, forment avec le périoste épais du sternum une couche fibreuse épaisse de plusieurs millimètres sur la face antérieure de cet os, surtout dans sa moitié inférieure.
Sur la /ace jjoste'nettre des articulations chondro-sternales, on trouve aussi quelques trousseaux fibreux passant du cartilage sur le sternum et s'entrecroi-
Fig. 607. — Articulations antérieures du thorax.
sant avec les faisceaux verticaux du périoste. Je pense avec Sappey que ces renforcements postérieurs ne méritent guère le nom de ligament rayonné postérieur qui leur a été donné quelquefois.
Je ne crois pas devoir rattacher à ces articulations les ligamen ts intercostaux décrits sous des noms divers (lig. intercartilaginea, propria cartilaginum costalium, s. corruscantia, s. nitentia) ; leur développement très variable suivant
ARTICULATIONS ANTIÎRIEURES DU THORAX
la force et l'épaisseur des muscles inlercoslaux ne permet pas de les séparer de ces m-iiscles.
Ligament ml: raarLiculai rc {dit iiiterosseux). - — C'est une lame fibro-cartila^i;! ■ neuse qui s'étend de la crête costale au cartilage qui forme le fond de l'écliancrure costale. 11 divise ainsi la cavité articulaire en deux chambres, l'une su])érieure, l'antre inférieure. Ce ligament est plus ou moins épais, et par suite les cavités articulaires qu'il sépare sont plus ou moins grandes ; souvent les deux cavités sont inégales et l'une d'elles ])eut même disparaître ; paifois il l'sl incomplet et n'est plus représenté quepar de minces tractus ; parfois au contraire il s'élargit et comble l'interligne : la double artlirodie devient ainsi une amphiarthi'ose. C'est dans l'articulation du deuxième cartilage coslal qu'on le retrouve le plus souvent sous la forme typique de lame hoi izontale séparant deux cavités articulaires.
On ne manquera pas de remarquer l'extrême analogie qui rapproche les articulations costo-vertébrales et les articulations chondro-sternébi'ales.
CARACTÈRES PROPRES A QUELQUES ARTICULATIONS CHONDRO-STERNALES.
La première articulation cliondro-sternale dill'ére des autres en ce qu'elle est constituée par la continuité directe du cartilage costal avec le sternum dans une large échancrure duquel il est reçu ; elle peut être assimilée, comme le remarque Sappey, à toutes les articulations chondro-costales. Le même auteur rattache à cette articulation deux petits ligaments qui, suivant le bord supérieur du cartilage en avant et en arrière, conq)lètent avec lui et consolident l'échancrure chondro-sternale dans laquelle est reçue l'extrémité interne de la clavicule (\^ fig. 607) ; ces ligaments sont toujours très développés, on peut les comparer aux ligaments antérieur et postérieur de l'articulation péronéotibiale inférieure, fermant et consolidant la mortaise tibio-péronière. Rarement il existe une cavité articulaire.
Lescinqiiième, sixième et septième articulations chondro-sternales n'olfrent plus la forme anguleuse que l'on retrouve sur les articulations supérieures ; les contours de l'angle cartilagineux et de l'échancrure qui le reçoit sont arrondis; leurs cavités articulaires disparaissent assez fréquemment. Ala septième appartiennent quelques trousseaux fibreux, les ligaments costo-xiphoidicyis,(\\\i descendent obliquement de l'extrémité sternale du septième cartilage costal sur la face antérieure de l'appendice xiphoïde où les fibres internes s'entrecroisent avec celles du côté opposé (V. fig. 607).
Il n'est point très rare de voir les deux dernières côtes passer au-devant de l'appendice xiphoïde et venir s'articuler entre elles sur la ligne médiane. J'ai présenté une pièce de ce genre à la société anatomique.
Vaisseaux et nerfs. — Les liranclies perforantes île la inamiiiaire interne vascularisent les articiilalioiis clKiiidrd-sternales, r|iii recdivenl li.'ur innei'\ation des netl's intereostaux.
Mouvements. -- Analogues à ceux des arlieulations coslo-veiiébrales, ils sont toutclois bcaueouji plus réduits.
ARTHROLOGIE
ARTICULATIONS COSTO-CHONDRALES.
L'extrémité antérieure de chaque côte s'unit au cartilage correspondant d'une façon toute \)a\'lic\iUère, par continuité.
L'extrémité costale présente pour cette union une fosse semi-ovoïde, à grand axe vertical, à surface inégale. L'extrémité correspondante du cartilage pénètre dans cette fossette.
La continuité du périoste avec le périchondre achève cette union.