‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 189 sur 199 · ARTICULATIONS DES CARTILAGES COSTAUX ENTRE EUX · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS DES CARTILAGES COSTAUX ENTRE EUX

[Articulations chondro-chondrales.J

Les cartilages des sept premières côtes vont s'articuler avec le sternum et restent en général indépendants, étant séparés par les espaces intercostaux. Les cartilages des cinq dernières côtes se comportent différemment : ceux des huitième, neuvième et dixième côtes se portent en haut et en dedans vers la ligne médiane et, rejoignant par leur extrémité effilée le cartilage sous-jacent, forment le rebord cartilagineux du thorax. En même temps qu'ils s'unissent ainsi par leurs extrémités au moyen d'un tissu fibreux, les cartilages s'articulent entre eux par leurs bords.

Ces articulations chondro-chondrales sont, en général, au nombre de trois: la première unit le sixième au septième; — la deuxième unit le septième au huitième; — la troisième unit le huitième au neuvième. Mais il n'est point rare de rencontrer une quatrième articulation entre le neuvième et le dixième.

Les surfaces articulaires de ces articulations sont formées par les bords cartilagineux aplatis : chaque cartilage s'élargit au niveau du point où il rejoint le cartilage voisin, en même temps que son bord s'aplatit par contact avec ce cartilage. Dans d'autres cas, on voit une sorte d'apophyse se détacher du bord inférieur du cartilage et se porter vers le bord du cartilage sous-jacent avec lequel elle s'articule par son extrémité aplatie.

Le périchondre, passant d'un cartilage à l'autre, forme une capsule articulaire, laquelle est tapissée intérieurement par une membrane synoviale.

A la place de ces articulations, on ne trouve dans certains cas qu'un tissu fibreux assez lâche pour permettre des mouvements entre les cartilages qu'il unit.

Mouvements. — Ces articulations, dont l'existence peut être regardée comme constante, témoignent de l'étendue et de l'incessante répétition des mouvements de glissement qui se passent entre les cartilages costaux dans la dilatation et le retrait du thorax. Dans l'inspiration, le cartilage inférieur glisse en avant et un peu en haut ; dans l'expiration, le glissement a lieu en sens inverse.

MOUVEMENTS d'eNSEMBLE DU THORAX

Formée d'arcs ostéo-cartilagineux articulés en arrière et en avant avec deux colonnes osseuses, la cage thoracicjuo présente entre ces différentes pièces des mouvements dont le résultat principal est d'augmenter ou de diminuer sa capacité. Ces mouvements, en rapport avec le changement de volume des poumons, s'efTectuant d'ordinaire sans l'intervention de la volonté, se distinguent de ceux des autres parties du corps par le caractère rythmicjue cju'ils présentent et parce qu'ils se continuent sans interruption depuis la naissance jusqu'à la mort.

ARTICULATIONS ANTRHIEURES DC THORAX

Tous les mouvements partiels des diverses articulations du thorax se fontlent en deux mouvements principaux : Vd. dilatation, qui répond à l'inspiration, et le resserrement qui répond à l'expiration. — La dilatation est le résultat de l'élévation des côtes : étant donné que les côtes viennent s'articuler obliquement sur l'axe vertébral, le premier efi'et de leur élévation sera l'agrandissement des espaces qui les séparent et la projection en avant de leur extrémité antérieure ou sternale ; il est en effet démontré que lorsque deux tiges parallèles, implantées obliquement sur un axe, sont redressées, l'espace qui les sépare est accru et l'extrémité de chaque tige s'éloigne de l'axe.

Ainsi les dimensions du thorax sont accrues dans le sens vertical et dans le sons antéropostérieur. Comme d'ailleurs le plan des arcs costaux, articulés à leurs extrémités avec deux colonnes osseuses, forme avec le plan sagittal médian un angle aigu ouvert en bas, l'élévation de cliaque arc agrandissant cet angle pour le rapprocher de la perpendiculaire au plan médian, éloigne de ce plan médian cliacun des points de l'arc et agrandit ainsi le diamètre transversal du thorax.

Ainsi par le seul fait du jeu ilcs côtes les dimensidus du thorax sont accrues dans les trois diamètres : transverse, vertical et antéro-postérieur.

Le mouvement inverse, abaissement, resserre la cage dans ses trois <liauiètres.

Dans ces mouvements d'ensemble, la colonne dorsale seule reste fixe ; on ne la -^-oit guère se redresser que dans les inspirations forcées.

La courbure de l'arc costal lui-même subit des modifications au cours de ces mouvements : quand le sternum est projeté on a\'ant, dans l'inspiration, la dislance qui sépare les articulations costo-vertébrales des articulations cliondro-costales est accrue, ce qui ne saurait se faire sans un certain redressement de l'arc costal. Ce redressement est surtout manifeste au point de jonction des portions osseuses et cartilagineuses do chaque arc; l'angle oMus que forme la côte obliquement descendante avec le cartilage obliquement ascendant s'ouvre plus largement: donc, dans chaque arc costal, la courbure suivant les faces et la courbure suivant les bords diminuent dans l'inspiration.

On voit combien sont conqiliqués les niou\ emcnls d'ascension, d'exccntricili' et de redressement des arcs costaux.

Page 1