CH
dans les travées les plus délicates du tissu spongieux, excepté aussi dans certaines lames très minces de tissu compact, telles par exemple que les lamelles papyracées de l'ethmoïde, l'os unguis, quelques régions des os
palatins. Ces lames sont formées exclusivement de tissu osseux, c'est-à-dire de cellules avec substance fondamentale, non vascularisé. 11 convient toutefois de faire remarquer qu'elles peuvent être, de place en place, traversées par des vaisseaux qui ne leur appartiennent pas en propre.
Partout ailleursil est aisé de constater la présence des canaux de Havers (fig. 85, CH) et, par l'examen découpes orientées suivant les différents axes des os, de se rendre compte de leur disposition. Considérons une coupe transversale (fig. 85) de la diaphj'se d'un os long.
Nous verrons immédiatement, en l'examinant avec un grossissement faible, qu'elle est criblée de trous à contours le plus souvent circulaires, séparés les uns des autres par des intervalles variables occupés par la substance fondamentale et les ostéoplastes. Si maintenant, au lieu d'une coupe transversale, nous examinons une coupe du même os pratiquée au même niveau mais parallèle à son axe longitudinal, qu'elle soit radiale ou qu'elle soit tangentielle, nous remarquerons que l'aspect a changé. Nous avons maintenant sous les yeux une série de tubes, de canaux plus ou moins parallèles les uns aux autres, dirigés par conséquent , selon le grand axe de la diapliyse. De ci de là (fig. 85) ces canaux parallèles sont réunis entre eux par des canaux obliques ou transversaux (an),
La comparaison de ces deux coupes renseigne suffisamment sur l'agencement des canaux vasculaires. Elle montre que ce sontdes tubes cylindriques, irrégulièrement calibrés [leur diamètre oscille entre 9 et 400 p. (Kœlliker)], disséminés dans toute l'étendue de la substance compacte diaphysaire et formant un véritable réseau à larges mailles allongées.
Cette disposition des canaux de Havers se retrouve partout. Les diflérences d'une région à une autre portent :
1° Sur leur abondance qui peut être plus ou moins considérable. A ce point de vue on ne peut poser de règle fixe. Dans la substance compacte le nombre des canaux vasculaires varie de trois à quinze par millimètre carré. Quant à
Texture de l'os en coupes longitudinale et transversale combinées.
67/, canaux vasculaires de Havers orientés suivant l'axe longitudinal de l'os. — an, anastomoses transversales entre ces canaux. — o, o, abouchement des canaux de Havers à l'extérieur et dans le canal médullaire. — SH, systèmes de Havers. — Si, systèmes intermédiaires. — Spe, système fondamental externe. — Spi, système fondamental péri-méduUaire. — os, ostéoplastes.
STHUOTUHE DES OS
la substance spongieuse nous avons vu qu'elle n'en renferme que là où les lamelles et travées ont quelque épaisseur. Encore dans ce cas sont-ils toujours en petite quantité.
2° Sur leur orientation générale.
a) L'examen des coupes représentées par la fig. 85 nous a permis de reconnaître que dans la diaphyse des os longs (os des membres, côtes, clavicules), les canaux de Havers sont dirigés de préférence dans le sens longitudinal et réunis par des anastomoses transversales.
h) Dans les os plats, la plupart des canaux sont parallèles à la surface de l'os. Souvent ils divergent en éventail ou en étoile à partir d'un |)oint (bosses pariétale et frontale, angle antérosupérieur de l'omoplate).
c) Dans les os couris, leurlrajet ne paraît habiluellement soumis à aucune loi. 11 semble ce|)endant que dans certains cas il y ait une orientation générale prédominante (parallèle à l'axe du membre dans les osselets du carpe et du tarse).
Les canaux vasculaires qui viennent d'être décrits appartiennent auxgrou-
pes bien déterminés de lamelles os- ^^^^^ transversale du système lon.lanienlal seuses dont nous connaissons le dé- péripliérique (Humérus humain),
veloppement: les systèmes de Havers ; Canaux perforants de Volkmann.
c'est à eux qu'il convient de réserver
le nom de canaux de Havers. 11 en existe d'autres, ré])arlis dans des territoires différents des précédents ]Kir leur origine et dont il y «i lien de faire une catégorie distincte. Ce sont les canaux de Volkmann (fig. 86).
Les canaux de Volkmann caractérisent l'os d'origine périostique et se distinguent des canaux de Havers en ce qu'ils ne sont pas accompagnés de lamelles osseuses, Ils traversent simplement celles qu'ils rencontrent sur leur |)assage, d'où l'épilhète de per/or«)?fs qui leur est appliquée quelquefois. Un les trouve surtout dans le système lamellaire péripbérique, mais il y en a également dans les systèmes internes et intermédiaires de même que dans les os périostiques du crâne. En général beaucoup moins larges que les canaux de Havers. ({uoliiuefois même oblitérés, presque complètement, ou même tout à fait, ils se dirigent pour la plupart transversalement, peuvent se ramifier, et sont unis jiar des anastomoses longitudinales. Au total ils forment un système réticulé à mailles làcbes.
Canaux de Havers et canaux de Volkmann étant destinés à loger des vaisseaux doivent nécessairement, on le conçoit, s'ouvrir sur les confins du tissu osseux dans lequel ils sont creusés, pour permettre l'entrée ou la sortie de ces vaisseaux. Les canaux de Havers communiquent (fig. 8b) : 1° avec l'extérieur en déboucliant sous le périoste ; 2° avec les espaces médullaires dans lesquels ils s'ouvrent, soit brusquement soit après s'être élargis progressivement. — Les canaux de Volkmann aboutissent à la surface externe on à la surface interne
Fig. 86.
94 OSTÉOLOGIE
de l'os ; ils entrent également en communication avec les canaux de Havers.
Par contre, en certains endroits, les canaux de Havers peuvent se teftiiiner en cul-de-sac, ainsi : au-dessous des cartilages articulaires, au niveau de l'insertion des ligaments ou des tendons.
SUBSTANCE FONDAMENTALE. — La substance fondamentale du tissu osseux se présente, chez l'adulte, sous la for me de lamelles épaisses de quatre à dix (jl juxtaposées et groupées en systèmes distincts. Chaque lamelle elle-même résulte de l'accolement de fibrilles, ou faisceaux de fibrilles, réunies ou non par un ciment. De plus certains systèmes lamellaires renferment dans leur épaisseur des fibres conjonctives, fibres de Sharpey, et des fibres élastiques. Ces faits ont permis àKœlliker de distinguer deux catégories de substance fondamentale : 1° la substance lamelleuse ])roprpnient dite ; 2° la substance fibro-lamelleuse (à fibres de Sharpey).
Nous étudierons en premier lieu le mode de groupement des lameWes osseuses, puis leur constitution qui est la même dans les deux variétés indiquées cidessus. Nous verrons ensuite ce qui a trait aux fibres de Sharpey et aux fibres élastiques.
Mode de groupement des lamelles. — Des coupes transversales et longitudinales, de la diaphyse d'un (is long nous montrent d'abord la structure lamelleuse de la substance fondamentale et ensuite la manière dont les lamelles sont agencées.
On voit sur une coupe transversale (fig. 83) que le tissu compact est délimité sur chacune de ses deux faces ])ar une couche continue (ou à peu prés) de lamelles superposées. L'une de ces couches est externe, -périphérique ou encore sous-périostique (Spe) ; l'autre est interne, adjacente au canal médullaire, pérlmédiillaire (Spi) par conséquent ; ces deux couches constituent les systèmes fondamentaux externe et interne. Dans l'intervalle compris entre ces deux systèmes on aperçoit, autour de cliacun des canaux de Havers, ici coupés en travers, des lamelles circulaires disposées en stratifications concentriques. Chacun de ces groupes est un système de Havers (SH). D'ordinaire les systèmes de Havers étant circulaires et tangents les uns aux autres il reste entre eux des espaces plus ou moins larges, triangulaires bu polygonaux. Ces espaces sont comblés par des groupes lamellaires parfaitement indépendants des systèmes de Havers et qui ont reçu le nom de systèmes intermédiaires ou interstitiels (Si).
L'aspect d'une coupe longitudinale est complètement différent du précédent. Les lamelles qui étaient sectionnées toutes en travers sont ici atteintes dans le sens de leur longueur. Seuls les systèmes fondamentaux se présentent de la même manière. Les lamelles de Havers forment des bandes étroites, stratifiées, parallèles aux canaux vasculaires. Les systèmes intermédiaires sont les moins nets parce que, à cause même de leur répartition irrégulière, ils sont coupés suivant des sens très différents ; avec un peu d'attention on parvient cependant sans peine à les reconnaître.
Grâce à ces coupes, on peut se représenter ainsi la texture de la diaphyse d'un os long : deux cylindres creux concentriques représentent les sysièmes fondamentaux. L'espace compris entre eux est rempli, d'une part par des cylindres
STHIjC'l'UHK DRS OS
plus petits, les syslèiuesde Havers serrés les uns confre les autres couinie des tubes de verres groupés ou faisceau, d'autre part par des segments de cylindres occupant les interstices laissés libres entre ces derniers. Enfin chacun de ces cylindres ou segments de cylindi'es pris isolémenlest constitué par des lamelles minces, emboîtées les unes dans les autres, ou simplement contiguës.
Tel est le groupement scbémati((ue des lamelles osseuses dans la substance compacte. (Juelques détails complémentaires méritent d'être signalés.
1° I/existence de systèmes de Ilavers transversaux ou oblicjues correspondant auxanastomoses tendues entre les canaux vasculaires longitudinaux compli(|ue souvent les images,
2° Les divers systèmes sont nettement séparés les uns des autres, souvent même (systèmes intermédiaires) subdivisés en territoires secondaires par des lignes irrégulières fortement accusées (fig. 87).
Nous savons, grâce à Tétude du développement, que, parmi ces territoires secondaires, les uns sont d'origine |)érii)stique, les autres n'étant que des vestiges de systèmes de ilavers appartenant à des générations plus anciennes.
3" Les lamelles des systèmes de Ilavers ne décrivent pas toujours des courbes complètes. Parfois un certain nombre desegments lamellaires courljes (fig. 87j se superposent en un endroit de la périphérie d'un système qui perd ainsi sa configuration circulaire.
4° Les lamelles des systèmes intermédiaires d'origine périostique sont , en certains endroits, en continuité avec les lamelles périphériques. De plus, leur courbure est assez exactement parallèle à celle de ces dernières, ce qui n'a rien d'étonnant puisque ces systèmes, fondamental externe et intermédiaires périostiques, ont une origine commune.
Lenombre des lamelles qui prennent part à la composition des divers systèmes est très variable suivant les os et suivant les régions de chaque os. C'est ainsi (|ue dans les systèmes de Ilavers, il oseille entre .3 et 20, ou plus. Quant aux systèmes fondamentaux, notons, avant tout, qu'en certains points ils peuvent faire défaut, surtout l'interne. Leur épaisseur est en fout cas soumise à de grandes variations, le nombre des lamelles pouvant ètie de 100 (Kielliker).
Les lamelles intermédiaires sont parfois abondantes (8, 10 et plus), ailleurs réduites à 2 ou 3 seulement ; et même, en lieaucoup d'endroits des diaj)liyses, les systèmes de Ilavers sont si serrés les uns contre les autres (|u'il n'y a place I)Our rien entre eux.
Dans les épiphyses des os longs et dans les os courts, l'écorce de tissu compact ]iossède un système fondamental périj)hérique habituellement très mince. Dans l'intérieur des travées du tissu spongieux, on rencontredes systèmes de Ilavers formés d'un petit nombre de lamelles, et la surface même de ces travées est limitée par des lamelles qui en suivent les sinuosités.
Enfin dans les os plats, les systèmes fondamentaux jiériphériques se disposent sur les deux faces de l'os. Pour le reste, la texture est la même que dans le tissu spongieux.
Constitution des lamelles. — L'opinion la ]>lus généralement iéi)andue aujourd'hui, repoussée cependant par un certain nombre d'hislologistes, est que les lamelles de la substance fondamentale sont constituées par de fines
OSTÉOLOGIE
fibrilles groupées en fascicules délicats, lesquels s'accolenl pour former de minces feuillets.
Divers procédés permettent de constater l'existence et l'arrangement de ces
fibrilles. Par exemple, une coupe transversale (fig. 87) ou longitudinale d'un os sec, infiltrée de baume du Canada, fait voir que les systèmes lamellaires quels qu'ils soient résultent de la superposition de bandes étroites, dont l'épaisseur varie et qui, le plus souvent, se montrent alternativement claires et sombres. On reconnaît, en faisant usage d'un grossissement suffisant, que les bandes claires sont finement striées dans le sens de leur" longueur, lamelles striées {Is), tandis que les bandes sombres sont ponctuées, grossièrement granuleuses, ?«)7!e/?es/}oncf»ecs (Ip). Ces bandes représentent les surfaces de section des feuillets fibrillaires; les stries, dans les bandes claires, la coupe en long; les ponctuations, la coupe en travers des fibrilles ou fascicules de fibrilles. Nous verrons plus loin que les canalicules par suite, les fibrilles se trouvent
Fig. 87. — Coupe transversaje d'os sec (Humérus humain) infiltrée à chaud de haume du Canada.
C/i, canal vasculaire de Havers. — Is, lamelles claires finement fibrillaires. — Ip, lamelles ponctuées et striées en travers. — M, lamelle homogène limitant la lumière du canal de Havers. — Si, lamelles des systèmes intermédiaires voisins.
lamelles :
osseux passent au travers de:
écartées à leur niveau et, sur les coupes traitées comme il a été dit plus haut, cet écartement se manifeste sous l'aspect d'étroites stries claires, visibles dans les deux ordres de lamelles, mais particulièrement dans les lamelles ponctuées qu'elles découpent en petits champs grenus.
La conclusion qui découle de l'examen d'une coupe telle que celle qui vient d'être décrite est que l'orientation des fibrilles varie d'une lamelle àl'autre. En
fait, on observe une foule de combinaisons (Ebner, Kndliker). Tnntùl ce sont
Fis.
88. — Lamelles du système fondamental externe d'un humérus décalcifié.
Les fibrilles osseuses ou faisceaux de fibrilles se croisent a angle droit. Les champs ovalaires représentent les coupes des can.ilicules osseux (d'après
K(CLLIKEB).
STHUCrUBE DliS OS
ibn'Iles longitudinales et de fibrilles
des couches alternantes de (fig. 87) ; tantôt les fibrilles d'une lamelle croisent celles de la
est superposée sous un angle plus ou moins ^
aigu ; tantôt enfin il y a un parallélisme presque complet entre les faisceaux de plans successifs. Dans le cas le plus fréquent, selon Kœlliker, les fibres des deux lamelles adjacentes, dans un système de Ilavers, se recouvrent à angle droit, et celles de chaque lamelle forment avec l'axe du canal de llavers un angle de 45» (fig. 89).
Une question importante, encore à l'étude, est celle de savoir quels sont les rapports des fibrilles entre elles. V. Ebner admet qu'elles sont unies par un ciment interfibrillaire et inlerfasciculaire qui serait le substratum des sels calcaires, tandis que les fibrilles ellesmêmes, de nature collagène, ne seraient pas calcifiées. Kœlliker paraît au contraire disposé à nier l'existence de ce ciment, auquel cas l'imprégnation calcaire siégerait sur les fibrilles.
Un dernier détail est à noter. La couche la plus
transversales imelle qui lui
Fig. 89.
Portion d'un système lamellaire de Havers (l'émur) isolée et vue do face.
Les fibrilles osseuses se croisent a angle droit. On aperçoit le canal de Havers et quelques ostéoplastes (d'après Kœlliker).
interne des systèmes de
Fig. 90.
Portion dune'coupe d'humérus humain décalcifié.
On a représente une série de lamelles fondamentales externes, un vaisseau perforant sans système lamellaire, de nombreuses fibres de Sharpey' (faisceaux de fibrilles) et des ostéoplastes (d'après Kcélliker).
t'ibres de Sharpey du pariétal (homme adulte) isolées par dissociation (d'après Kœlliker).
Havers, celle qui limite immédiatement la lumière du canal, présente des caractères dilférents de ceux des autres lamelles (fig. 87. //)). Elle est claire,
OSTÉOLOGIR
Fig. 92.
Fibres de Sharpey en coupes transversale-: (fémur humain) clans un s vstème intermédiaire.
Os, ostéoplastes logés dans les intersiicos des libres.
presque homogène et offre une résistance considérable à l'action des réactifs qui inodifierit ou même détruisent le reste de la substance osseuse.
Fibres de Sharpey. — Les fibres de Sharpey, appelées aussi fibres perforantes, sont des fibres de tissu conjonctif logées en certaines régions dans l'épaisseur de la substance fondamentale, au milieu des lamelles qu'elles accompagnent ou traversent; nous avons vu qu'elles caractérisaient la variété de substance dite fibro-lamelleuse. Nous connaissons leur origine et avons appris qu'elles n'existent que dans l'os périostique. En d'autres termes, on les rencontre, chez l'homme, exclusivement dans le système fondamental externe et dans les systèmes intermédiaires d'origine périostique. Elles font défaut dans les lamelles des systèmes de Havers, ainsi que dans les lamelles fondamentales périmédullaires.
La direction de ces fibres varie. Dans les os longs ou plats il yen a de longitudinales, d'autres transversales, mais en majorilé elles sont obliques. Suivant les cas et suivant le sens des coupes qu'on a pratiquées, on les aperçoit sectionnées en tra vers (fig. 90) ou étalées sur une certaine longueur (fig.
91). Elles se présentent alors, ou bien sous l'aspect de champs circulaires plus ou moins larges qui sont des coupes transversales de fibres ou de faisceaux de fibres ; ou bien sous celui de fibres tantôt rectilignes, tantôt ondu leuses. Il n'est pas rare d'en A'oir qui se ramifient en formant des sortes d'arborisations. Le diamètre des fibres perforantes oscille entre 1 ou 2 p et 20 à 30 p (Kœlliker).
Leur abondance est également soumise à de grandes variations. Très nombreuses dans les points du squelette qui sont recouverts d'un périoste donnant attache à des fibres musculaires.
Fig. 93.
.'•iasliques dans les lamelles fondamentales d'un humérus humain.
La coupe a été traitée par l'acide acétique. Des fibres de Sharpey, renferment des fibres éla.siiques; quelquesunes en sont dépourvues (d'après Kœlliker).
Fibres
STRUCTURE DES OS
elles manquent au contraire totalement en d'autres endroits. 11 y a des régions où elles sont en si grande quantité qu'il ne reste pour ainsi dire plus de place pour la substance osseuse. On ne distingue pas de lamelles et les cellules osseuses, en petit nombre, sont resserrées dans les interstices qu'elles délimitent (fig. 92).
Il reste à connaître maintenant l'état dans lequel se trouvent les fibres de Sbarpey. A ce sujet l'accord n'est pas fait entre histologisles. Les uns prétendent ([u'elles sont toutes imprégnées de sels calcaires; les autres afllimenl qu'elles ne sont jamais calcifiées; d'autres enfin déclarent, ce qui paraît exact, que les unes ne sont pas calcifiées et que les autres le sont partiellement. Les fibres volumineuses, qui semblent plutôt êfi'e des faisceaux de fibrilles, appartiendraient à cette dernière catégorie (Kœlliker).
Fibres élastiques. — Les fibres élastiques, constantes dans les os longs, paraissent faire défaut dans les os plats. On les observe exclusivement dans les lamelles fondamentales externes et dans les systèmes intermédiaires. En certains endroits (fig. 93) elles sont très abondantes et forment alors une sorte de réseau assez serré.
Parmi ces fibres les unes accompagnent les fibres de Sharpey et suivent leur direrfiou ; les autres ont un trajet indépendant.
.su -H
CELLULES ET CAVITÉS OSSEUSES. — Les coupcs qui iious out servi pour l'étude de la substance fondamentale vont nous r(Miseigner sur les dispositions des cavités osseuses ou ostéoi)lastes. lies cellules doivent, cela va sans dire, être examinées sur des pré|)arations d'os frais.
Sur une coupe d'un os sec quelconque ( fig. 94) on aperçoit, disséminés dans foule l'étendue des divers systèmes lamellaires, de petits corps noirs, allongés, de la péripbcrio desquels rayonnent en tous sens une quantité
Coupt
Fiar. 91.
transversale île la fiiapliy<e d'un humérus humain.
.S//, systèmes de Ilavers. — Si, système iiUerinéiliairc. — O.s. osléoplastes et caiialicules osseux anastomosés entre eux et avec ceux considérable de fies ostéoplastes voisins. Les plus internes ti s'ouvrent ilans le canal , , vasculaire. — cr, canalicules récurrents- — cl, confUient lacunaire. — prolongements de- M, lamelle homoKéne.
licats égale m e n t
noirs. Ce sont lit les cavitésosseuses. Elles paraissent noires parce qu elles
ont
OSTÉOLOGIE
remplies d'air qui réfléchit totalement la lumière, d'où leur opacité quand on regarde la coupe par transparence.
Les ostéoplastes ont une forme générale lenticulaire ou ovoïde avec des contours déchiquetés, épineux, par suite de la présence des prolongements canaliculés qui en partent. Ils sont ordinairement situés dans l'épaisseur même des lamelles, quelquefois aussi entre elles, aplatis suivant leur direction. Il y a dans leurs dimensions des écarts notahles suivant les régions; pour ne parier que de leur longueur, elle varie de 22 à 52 fx.
Les canalicules irradient de toutes parts de la périphérie de la cavité, si abondants qu'ils forment une sorte de chevelure. Les uns se dirigent au travers des lames dont ils écartent les fibrilles: les autres s'insinuent entre elles et courent parallèlement à leur surface.
A côté de canalicules très longs il en existe de très courts. Il en est de rectilignes; d'autres sont onduleux; d'autres encore après un certain trajet se coudent brusquement, marchent en zigzags ou changent de direction et reviennent sur leurs pas. Beaucoup se divisent, se ramifient d'une façon plus ou moins compliquée. Ils s'anastomosent fréquemment, ceux émanant d'un même ostéoplaste entre eux; ceux d'un ostéoplaste donné avec les canalicules des ostéoplastes voisins.
En certains endroits les canalicules osseux se terminent en cul-de-sac, c'est ce qui arrive pour beaucoup de ceux qui sont sous-jacents aux cartilages articulaires. Ailleurs ils s'ouvrent à l'extérieur : soit à la surface de l'os, soit dans les canaux de Havers (fig. 94, ci), soit enfin dans les espaces médullaires.
a) Dans les systèmes de Havers, les ostéoplastes sont disposés suivant des courbes concentriques, ainsi qu'on peut en juger en examinant des coupes transversales de ces systèmes. Sur des coupes longitudinales ils sont agencés en files parallèles entre elles et au canal de Havers.
Les canalicules émanés de leurs faces passent au travers des lamelles; ceux qui sont issus de leurs extrémités se glissent entre elles. Les plus rapprochés du canal de Havers s'ouvrent dans son intérieur : ceux qui rayonnent à la périphérie du système, ou bien s'anastomosent avec les canalicules du système de Havers, ou de l'intermédiaire voisin; ou bien (ce) par un trajet rétrograde (canalicules récurrents) rentrent dans le système dont fait partie l'osléoplaste dont ils proviennent.
b) Dans les systèmes fondamentaux et intermédiaires les cavités osseuses et leurs canalicules affectent vis-à-vis des lamelles des rapports identiques à ceux que nous venons de signaler dans les systèmes de Havers. Rappelons que, quand les espaces intermédiaires sont très réduits et remplis de fibres de Sharpey, les ostéoplastes sont rares et de forme très irrégulière (fig. 91, os).
c) C'est dans le tissu spongieux que les ostéoplastes se montrent avec les dimensions les plus variées et les contours les plus capricieux. Pour le reste les dispositions sont les mêmes.
Notons en terminant l'existence dans les divers systèmes lamellaires de cavités étroites, fentes presque oblitérées que Ranvier décrit sous le nom de confluenls lacunaires (fig. 94, cl) et considère comme des ostéoplastes atrophiés, peut-être en voie de disparition.
STRUCTURE DES OS
Cellules osseuses. — Au dedans des ostéoi)lastes sont logées des cellules, les cellules osseuses (fig. 05, A), dont l'existence à 1 état adulte normal n'est plus aujourd'hui contestée par personne, car les cellules supposent forcément les cavités et inversement. Ce qui est encore l'objet de controverses c'est la forme sous laquelle se présentent ces éléments. On' tend cependant de plus en plus à admettre qu'ils remplissent complètement, ou presque, la cavité, et qu'ils envoient des prolongements dans les canalicules. Ces prolongements occupent peut-être toutes les ramifications eanaliculaires et s'anastomosent avec ceux des cellules voisines. Le fait toutefois n'est pas clairement démontré.
11 ne faut pas confondre ces éléments cellulaires, conslitués couuiie partout ailleurs par un corps protoplasmique et un noyau, avec les formations considérées jadis à lort comme des cellules et connues sous le nom de cellules de Virchow. Ces soi-disant cellules, que l'on peut isoler en dissociant par exemple des os macérés dans des acides concentrés, sont des cor|)s étoilés creux munis de prolongements canaliculés (fig. 95, B), don t on connaît maintenant la véritable signification : la couche de substance fondamentale qui circonscrit directement la cavité de l'ostéoplasle et des canalicules offre une résistance toute spéciale aux réactifs(à peu près du reste comme la zone qui borde les canaux de Ilavers), de telle sorte qu'on parvient à ramollir et à dissoudre toute la substance osseuse ambiante en gardant intactes ces portions réfractaires. On arrive de cette manière à isoler de véritables coques d'ostéoplastes dont la forme est exactement celle que possètlent ceux-ci, mais qui n'ont rien de commun avec les cellules incluses dans leur intérieur. Cette coque de substance fondamentale différenciée est tout a fait comparable à la capsule d'une cellule cartilagineuse, c'est une capsule osseuse.
§ II. — PÉRIOSTE
Le périoste est une membrane fibro-élastique riche en éléments cellulaires, en vaisseaux et en nerfs, qui recouvre toute la surface des os, sauf les endroits revêtus decartilage. Cette membranejoue un rôle capital dans le développement; par les vaisseaux qu'elle renferme, destinés presque tous à la substance osseuse, elle assure la nutrition de celle-ci.
Les caractères phy>iqu es du périoste sont variables suivant les diverses régions du squelette. Tantôt il est épais, blanchâtre et brillant comme une lame tendineuse; tantôt il est mince et transparent. Son adhérence à l'os sous-jacent n'est pas non plus la même partout : très prononcée au niveau des aspérités, des crêtes, etc., elle devient telle en certains points, notamment là où se fixent des tendons ou des ligaments, qu'il est très difficile de le détacher. Elle est plus faible au niveau de la diaphyse des os longs que sur les épiphyses et les os courts.
Fis. 95.
A. Cellules osseuses étoilées, envoyant des proloDgements dans lescànalicules osseux ; — a droite les proloiiccements sont libres d'un côté, la substance osseuse n'ayant pas été ligurée à cet endroit.
fi. Cellule de Vircliow isolée par macération et renfermant un vestige informe de la cellule osseuse proprement dite.
La surface externe du périoste n'est unie généralement avec les parties molles ambianles que d'une façon assez làclie, mais p irlout où un ligament, un tendon ou une lame aponévrotique viennent s'attacher, les connexions entre ces organes et le périoste sont intimes. De plus, dans les endroits où une muqueuse tapisse un os, le périoste fait corps avec elle (fibro-muqueuse), ainsi qu'on peut le constater par exemple dans les fosses nasales et ses cavités annexes et dans l'oreille moyenne.
Structure du périoste. — Le périoste à l'état adulte est formé de deux couches, externe et iiileriie, souvent, il est vrai, mal délimitées l'une vis-à-vis de l'autre. La couche externe, superficielle, est composée de faisceaux conjonclifs orientés suivant diverses directions, de préférence longitudinaux dans le périoste des os longs; de fibres élastiques; de vaisseaux abondants et de nerfs. On v rencontre aussi des cellules adipeuses.
La couche interne, moins vasculaire que l'externe, est caractérisée, d'une part par sa richesse en fibres élastiques fines disposées en un réseau dans les mailles duquel sont logés de minces faisceaux conjonctifs et d'autre part par la présence d'éléments cellulaires arrondis, appliqués immédiatement sur la surface de l'os. Ces éléments constituent le blastème sous-périostal (01 lier)- ou couche ostéogèno, et jouent un rôle prépondérant dans l'ossification. Tant que l'os n'a pas atteint son complet développement, ils sont abondants et forment une zone plus ou inoins épaisse entre la partie membraneuse du périoste et l'os. Après cette période ils deviennent plus rares, et disparaissent par places. Certains auteurs prétendent même que leur existence, chez l'adulte, est très contestable.
Le tissu conjonctif périostique se continue extérieurement avec celui des organes environnants, muscles, ligaments... etc., ce qui explique l'union plus ou moins solide de ceu.x-ci avec le périoste. Son adhérence à la substance osseuse est assurée par les fibres de Sharpey et les fibres élastiques qui s'enfoncent dans les lamelles périphériques et aussi par les innombrables vaisseaux qui du périoste pénètrent dans l'os.