‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 27 sur 199 · TIL — MOELLE DES OS · texte numérisé non relu

TIL — MOELLE DES OS

La plupart des cavités dont sont creusés les os renferment une substance spéciale, semi-tluide, que l'on appelle la moelle des os. On la trouve dans le canal diaphysaire des os longs, dans les aréoles du tissu spongieux et dans les canaux vasculaires du tissu compact, mais seulement dans les plus larges. Un grand nombre de canaux de Havers de calibre moyen ou petit n'en contiennent point.

La moelle se présente sous des aspects dilîérents suivant les os et même, dans le même os, suivant les endroits. On distingue : 1° la moelle rouge; 2° la moelle jaune ou ad\peme ; 3° la moelle grise ou muqueuse. Ces variétés de coloration dépendent de la proportion, plus ou moins considérable selon les cas, de sang, de graisse et de matière amorphe, sans qu'il y ait de différence structurale essentielle entre ces trois formes.

Dans tous les os du fœtus et du nouveau-né, la moelle est rouge parce qu'elle est très riche en globules sanguins et dépourvue presque totalement de graisse. Puis elle devient jaune, c'est-à-dire graisseuse, et cette transformation s'opère progressivement .

STRUCTURE DES OS

Chez l'adulte, on ne rencontre de moelle rouge que dans le tissu spongieux des os plats, les corps des vertèbres, les os de la base du crâne, le sternum et les côtes. La moelle jaune s'observe partout ailleurs dans les os longs et courts.

[^a moelle grise, muqueuse, n'existe, chez l'hotnme, que dans les os du crâne et de la face en voie de développement.

Structure de la moelle des os. — La moelle des os est constituée : 1° par une cli;irpenle de tissu coiijuaclif servant de support à des vaisseaux et à des nerfs; 2" |)ar des éléments cellulaires, de la graisse libre et un li([uide interstitiel.

l^e tissu corijonctif, surtout abondant dans la dia|)hyse des os longs, est rare, ou même peut l'aire iléraut, dans les cavités du tissu spongieux. 11 accompagne les vaisseaux auxquels il fournit un revètenM'nt plus ou moins épais selon leur importance, et en dehors d'eux forme un réseau assez lâche de fibrilles enlrecroiséesavec cellules fixes étoilées. Sur la paroi des grands espaces médullaires il est souvent disposé en une couche plusdense que l'on a voulu considérer, à tort du reste, car il n'y a jamais de membrane continue, comme une sorte de périoste interne.

Les éléments cellulaires peuvent être partagés en deux catégories : les cellules adipeuses et les cellules médullaires.

a) Les cellules adipeuses extrêmement nombreuses dans la moelle jaune (celle-ci [)eut renfermei' jusqu'à 9G 0/0 de graisse) sont disséminées en petits groupes dans la moelle rouge. Leurs

caractères sont identiquement ceux des cellules adipeuses que l'on rencontre dansie tissu cellulaire. (Juant àleurorigino elle est très probablement double. Les unes dérivent des éléments cellulaires de la charpente conjonctive, les autres de la transformation graisseuse de cellules médullaires. — Outre la graisse contenue dans ces cellules, il y aurait aussi dans la moelle, d'après Kœlliker, de la graisse libre sous forme de granulations.

b) On peut désigner sous lenom générique de cellules médullaires tons les éléments qui sont logés dans les mailles du réseau conjonctif. A celégard les cellules adipeuses non dérivées de cellules conjonctives méritent d'en faire partie : nous n'avons pas àen parler de nouveau. Ouant aux autres, elles se subdivisent en plusieurs catégories qui tantôt se distinguent les unes des autres par des caractères morphologiques bien tranchés, tantôt au contraire sont reliées entre elles pardes formes de passage insensibles. Toutes ces variétés sonten rapport avec les fonctions de la moelle. Pendant la période du développement elle joue, ainsi que nous l'avons vu, un rôle capital dans l'édification et dans raccroissement de la substance osseuse. De plus, à un certain moment, elle se charge d'une fonction qu'elle conserve chez l'adulte et qu'elle partage avec

Fig. 95.

Deux cellule.s a novan boiirtîeonnant de la moelle des os.

OSTEOLOGIE

d'autres organes, celle de fournir les éléments Qgurés du sang, globules rouges et globules blancs. La moelle des os, en d'autres termes, est un organe hématopoïétique, et des plus importants.

Ces attributions différentes indiquent assez que l'on doit trouver dans la moelle des éléments de divers ordre en rapport, les uns avec le rôle qu'elle remplit vis-à-vis de l'os, les autres avec la fonction bématopoïétique. Les premiers ont été décrits à l'article : Développement ; quant aux seconds leur étude sera faite à propos du sang. Ici nous nous bornerons à une

r, réticulum. — ^. îeucoblaste. — ici. en division indirecte. — er, simple énumération. érythroblaste. — e'r\ id. en division. — gl, globules sanguins. ~ ^ , , .

cnh, cellule à noyau bourgeonnant. — CV, capillaire veineux. Un observe dans la

moelle :

l°De petits éléments arrondis, auxquels on réserve d'babitude le nom de cellules médullaires, etque Robin adécritssous le nom de médullocèles. Beaucoup de ces éléments ne sont autre chose que des globules blancs complètement développés, et en possèdent tous les caractères ; d'autres (fig. 96, ?) sont des éléments formateurs de globules blancs (leucoblastes) ou de globules rouges (cellules rouges de Neumam, érythroblastes de Lœwit, er);

2° Des cellules à noyaux multiples, les myéloplaxes de Robin ou ostoclastes de Kœlliker ;

3° Des cellules à noyau bourgeonnant (fig. 97, cnb, et fig. 96).

Fig. 97. ■ ^ >

Coupe de la moelle épiphysaire du féniur de lapin, âgé de iS jours (d'après 0. van der Stricht).

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