‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 28 sur 199 · IV. — VAISSEAUX ET NERFS DES OS · texte numérisé non relu

IV. — VAISSEAUX ET NERFS DES OS

1° Artères. — Les branches artérielles destinées aux os longs sont, les unes superficielles et pénètrent dans l'os par tous les points de sa surface, au niveau de la diaphyse aussi bien qu'au niveau des épiphyses ; les autres, ou mieux l'autre, car il n'y en a généralement qu'uneseule,ra)'f(?/'e nourricière, s'enfonce dans la diaphyse et se rend directement à la moelle.

Les premières forment d'abord un réseau à mailles serrées dans l'épaisseur du périoste et c'est de ce réseau que partent une multitude de branches délicates qui s'enfoncent dans la substance osseuse par les trous plus ou moins larges qu'on remarque à la surface des épiphyses, et par les orifices des canaux de Havers ou des canaux de Volkmann qui débouchent à la surface de la diaphyse.

Dans les canaux de Havers les artérioles perdent leur tunique musculaire et passent à l'état de capillaires, réduites qu'elles sont à un endothélium renforcé

STRUCTURE DES OS

par une enveloppe conjonctive. Leur flistrihiition et leur trajet sont les mêmes que ceux des canaux qui les contiennent.

Les branches épiphysaires sont surtout destinées à la moelle des aréoles du lissu spongieux et se comportent comme l'artère nourricière.

Celle-ci pénètre dans la diaphyse par le conduit nourricier et arrive dans le canalmédullaire. Dansce trajetelle fournit de fines ramificationsqui s'insinuent dans les canaux de Havers avoisinants et s'anastomosent avec le système artériel de la substance compacte. Une fois dans la moelle, l'artère nourricière se divise en donnant des branches extrêmement nombreuses qui se résolvent en un réseau capillaire très riche (|ui s'anastomose à la périphérie du canal médullaire avec les vaisseaux de Havers.

Dans les os courts, les dispositions sont à peu près les mêmes que dans les épiphyses, c'est-à-direque des artérioles issues du réseau périoslique s'enfoncent dans l'os et vont se capillariser dans les aréoles du tissu spongieux, fournissant en même temps des branches aux rares canaux de Havers, contenus dans leurs parois.

Dans les os plats (omoplate, os iliaque) on observe plusieurs artères nourricières desti moelle et des branches superficielles venues du périoste et plongeant dans la substance compacte. Dans les os du crâne les vaisseaux nourriciers sont très nombreux mais assez fins. On voit l'orifice par lequel ils s'enfoncent dans l'os au fond des sillons sinueux que les artères se creusent à la face interne du crâne.

2" Veines. — Le capillaire artériel contenu dans les canaux de Havers est généralement accompagné d'un vaisseau plus large que lui, constitué également par un endothélium entouré d'une gaine conjonctive. On considère ce vaisseau comme étant de nature veineuse.

Dans la moelle, c'est-à-dire dans le canal médullaire et dans les cavités du tissu spongieux épiphysaire, les capillaires vont se jeter dans des veines à parois très minces, spacieuses, dépourvues de valvules et disposées elles aussi en un réseau à larges mailles, anastomosé avec les veines de la substance compacte. Faisons remarquer en passant que c'est dans ces veines, parfois dilatés en véritables sinus, que s'accumulent, grâce au ralentissement du courant sanguin, les éléments précurseurs des globules rouges, les érythroblastes. Du réseau veineux partent les veinules elTérentes.

Celles-ci, d'après certainsauteurs, ne suivraient pasle trajet des artères, sauf les veines nourricières qui accompagnent l'artère du même nom. Quelques anatomistes au contraire prétendent que dans les os comme ailleurs il y a deux veinules pour chaque artériole. Quoi qu'il en soit, dans les os longs c'est principalement au niveau des épiphyses que les veines émergent , qu'elles viennent soit de la moelle, soit du tissu compact. Elles n'acquièrent de valvules qu'une fois arrivées dans le périosle.

Dans les os courts, les veines se comportent de la même façon que dans les épiphyses des os longs. Elles occupent quelquefois, comme c'est d'ailleurs aussi le cas dans les épiphyses, des canaux limités par une touche de tissu compact (vertèbres).

Dans les os plats, presque toutes les veinules vont déboucher dans de larges canaux dont le trajet est indépendant de celui des artères et qui sont en com-

OSTÉOLOGIE

munication avec les veines extérieures à l'os. Les os de la voûte du crâne possèdent des canaux de ce genre particulièrement développés (canaux veineux du diploé.

3° Lymphatiques. — La présence de vaisseaux lymphatiques dans les os est problématique, et malgréquelques faits isolés rapportés par d'anciens auteurs, on la nie communément aujourd'hui. Parcontre,il semble que l'on doive admettre l'existence d'un système d'espaces lympliatîques plus ou moins bien délimités, pourvus parendroits d'une paroi endothéliale et permettantlacirculation des sucs nutritifs dans toute l'étendue de la substance osseuse. Les recherches de Budge, Schwalbe et Rauber autorisent à conclure dans ce sens. Ces lymphatiques se rencontreraient de préférence autour des vaisseaux (espaces périvasculaires) et en outre à la surface de l'os ainsi qu'à la périphérie du canal médullaire (espace périmédullaire de Schwalbe).

4o Nerfs. — Tous les os, à l'exception peut-être des osselets de l'ouïe et desos sésamoïdes (Kœlliker), possèdent des nerfs.

Dans les os longs, l'artère nourricière est accompagnée d'un tronc nerveux assez volumineux pour être visible à l'œil nu. Ce tronc pénètre dans le canal médullaire et se divise, comme l'artère elle-même, en ramifications de plus en plus fines qui suivent généralement le trajet des arlérioles, mais dont le mode de terminaison n'est pas connu.

Au niveau des épiphyses, les nombreux vaisseaux qui s'enfoncent dans l'os sontaccompagnés également de filets nerveux qui se ramifient dans la moelle du tissu spongieux.

Outre ces nerfs, il y en aurait aussi d'autres pénétrant dans le tissu compact de la diapbyse avec les artérioles qui se rendent dans les canaux de Ilavers, mais il ne semble pas absolument démontré qu'ils se poursuivent dans toute l'étendue de ceux-ci.

Dans presque tous les os courts (vertèbres, astragale, calcanéum^ cuboïde, cunéiforme, scaphoïde) et dans les os plats (os coxal, omoplate, sternum, os de la voûte du crâne), on a observé des filets nerveux qui se distribuent au tissu spongieux, en même temps que les vaisseaux.

En somme, on sait aujourd'hui que les os sont relativement riches en nerfs ; on sait également (jueces nerfs proviennent, les uns de la moelle épinière, les autres du grand sympathique, qu'ils sont formés de fibres à myéline et de fibres deRemak, mais on n'est pas exactement renseigné sur leur destination (beaucoup sont sans doute des nerfs vaso-moteurs), et l'on ne connaît rien de leur mode de terminaison.

Le périoste renferme une assez grande quantité de nerfs, mais la plupart sont destinés aux os. Les nerfs qui lui appartiennent en propre sont plus ou moins abondants suivant les endroits ; ils sont logés dans le même plan que les vaisseaux dont ils ne suivent pas toujours le trajet. Leur mode de terminaison n'est pas mieux connu que celui des nerfs des os. Kœlliker semble cependant avoir constaté l'existence de terminaisons libres. Enfin, on a décrit (Kœlliker, Rauber) des corpuscules de Paccini dans certaines régions du périoste; au niveau des apophyses transverses des premières et deuxième vertèbres cervicales, de

CONSTITUTION GÉNÉRALE DU SQUELETTE 107

l'extrémité postérîeiirede la première côte, et àdilTérents endroits des épiphyses des os longs (Toldl).

ARTICLE CINQLÎIKMR

CONSTITUTION GÉNÉRALE DU SQUELETTE

Le sqneleltehuniainse corn pose essentiellement d'une série de j)iéces ossenses, \es vertèbres, su perposées en une colonne qni répond an plan médian diicorps, la colonne vertébrale. — IJe la parlie moyenne de celte Cdionne se délaclient des arcs osseux, arcs costaux, qui s'incurvent et viennent s'unir en avant en un os médian, le sternum, circonscrivant ainsi nne cage osseuse, le thorax. — A la partie supérieure de I.i colonne, les vertèbres subissent des modifications profondes : leurs arcs postérieurs s'élargissent et se soudent formant ainsi une boite osseuse, /e crô/ie, qui continue en liant le canal médullaire circonscrit parles arcs postérieurs des vertèbres moyennes ; leurs arcsantérieuis s'unissent en un massif osseux, la face. — A la|)artie inférieurede la colonne vertébrale, les vertèbres se soudent en un os impairou médian. \e sacrion , au delà duquel la colonne se termine par un os composé de quelques vertèbres atrophiées, le coccyx.

Toutes ces parties, rattachées au sy^itèine vertébral, constituent le squelette du tronc.

De longues pièces osseuses, placées bout à bout, forment \o squelette des membres, distingués en Ihoracique (supérieur ou antérieur) ei abdominal (inférieur ou postérieur). Le squelette des membres est uni au s([uelette du tronc pardes os qui entourent plus ou moins celui-ci, constitiumt la ceinture sqnclettique des membres. La ceinture squelettiiiue du membre supérieur est formée de deux os : la davicuie et Vomopla.te. Celle du membre inférieur est formée d'un seul os, l'os iiicïQffte; les deux os iliaques, réunis entre eux en avant et articulés en arrière avec la colonne vertébrale, circonscrivent un entonnoir osseux, le bassin.

On trouvera à la fln de l'ostéologie tout ce qui a trait au nombre des os, à leur longueur, à tour poids, etc. De in:;iiie, les oijservations relatives à rossification de chaque os, à la situation de son conduit nourricier, aux lois qui régissent la nutrition cl l'afcroissenient des os, seront traitées après la description particulière de eliaf[uc os. Il nous a paru que ces points seraient étudiés avec plus de fruits, lorsque le lecteur saura reconnaître et placer l.es os lient il doit être question — Pour le présent, nous traiterons seulement di;s géni'ralités qui ont trait à la conformation extérieure et intérieure des os.

CONFORMATION IvKTÉRlEURE DES OS

La conformation extérieure des os est variée et irrégulière : on peut cependant, après un rapide examen du squelette, reconnaître que les pièces osseuses qui la composent peuvent être groupées en trois types : les fis longs, les os larges, les os courts.

Les os longs présentent tous un corps et deux extrémités. — Le corps est ordinairement prismatique ou cylindrique ; les extrémités, généralement plus

OSTÉOLOGIE

volumineuses que le corps, présentent des surfaces lisses par lesquelles l'os entre en contact avec les os voisins; ce sont les surfaces articulaires. Le corps est encore appelé diaj3/))/se; les extrémités sont aussi désignées sous le nom d' épiphijses ; la plus rapprochée du tronc est l'extrémité proximale ; la plus éloignée est ['extrémité dtstale. Nous savons déjà comment le mode de développement de ces os aux dépens de pièces primitivement séparées vient légitimer ces dénominations et ces divisions.

Les os larges on plats circonscrivent les cavités du tronc (crâne, thorax, etc.) ; ils ont deux faces : l'une, qui répond à la cavité, est en général concave : c'est la face interne ; — l'autre, répondant à l'extérieur, est dite face externe.

Les os courts se rattachent tous plus ou moins à la. forme cubique, et présentent un plus ou moins grand nombre de facettes articulaires.

La directio7i des os est déterminée par la situation qu'ils occupent relativement à l'axe et aux divers plans du corps.

La couleur des os est d'un blanc rosé chez les jeunes sujets, plus mat chez les adultes, jaunâtre chez les vieillards.

Apophyses des os. — On rencontre à la surface des os des éminenccs affectant des formes très diverses ; elles sont désignées sous le nom générique d'apophyses et se présentent sous lesformes de protubérance, épine, crête, etc. Bichat les divisait en apophyses d'insertion, d'impression et de réflexion, suivant qu'elles étaient destinées à (il vaut mieux dire déterminées par) l'insertion d'un organe, muscle ou ligament, ou par la pression d'un organe, ou par sa réflexiou.

On doit réserver le nom d'épiphyses à celles de ceséminences qui, à l'exemple des extrémités des os longs, se sont développées par des points osseux primitivement séparés du corps de l'os.

Cavités des os. — Les cavités qui creusent plus ou moins la surface des os peuvent être réparties en deux groupes : les unes, creusées et aplanies par la pression d'un os voisin, constituent les cavités articulaires, de formes diverses : on les rencontre surtout aux extrémités des os longs. — Les autres, non articulaires, répondent à l'insertion ou au passage d'un organe, et prennent l'aspect "de cavités digitales, de gouttières, de sillons. Une place spéciale doit être réservée aux cavités qui creusent certains os de la face et du crâne ; désignées sous le terme de sinus ou cellules, elles présentent cette particularité de communiquer plus ou moins directement avec l'air extérieur : on les appelle cavités d'agrandissement.

Trous de passage. — Certains os sont perforés par des trous ou canaux qui livrent passage à des vaisseaux ou à des nerfs; ces canaux sont quelquefois formés par plusieurs os.

Conduits de nutrition. — On voit, à la surface des os, les orifices, plus ou moins gros, de conduits dans lesquels passent les vaisseaux sanguins ou les sucs nourriciers de l'os. Ils sont étagés en trois ordres, suivant leur diamètre.

1" ordre. — Sur tous les os longs on remarque, vers la partie moyenne du corps, l'orifice d'un canal qui s'engage obliquement dans l'épaisseur de l'os : c'est le trou ou mieux le conduit nourricier, dans lequel passe l'artère nourricière principale de l'os.

CONSTITUTION GÉNÉRALE DU SQUELETTE

2^ ordre. — Sur toutes les extrémités des os longs, et sur les faces des os plats, on trouve de nombreux trous ; en général larges et arrondis, ils livrent passage à des veines.

S"" ordre. — Les trous de cet ordre, beaucoup plus petits, résultent du passage de vaisseaux sanguins de moindre calibre ; excessivement nombreux, ils sont répandus surtoutes les surfaces osseuses, et ne peuvent guère être vus qu'a la loupe (sur le vivant, après le décollement du périoste, ils se révèlent par un piqueté sanguin).

Nous avons vu (Voy. Structure des os) que les canalicules osseux viennent aussi, en nombre presque infini, s'ouvrir à la surface de l'os.

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