DÉFINITION ET POSITION DE L ANATÛMIE
de combiner ses observations et de coordonnor les éléments d'appréciation dont il dispose de la façon la plus favorable à la solution de chaque problème, de suppléer à leur insuffisance, d'apercevoir et d'éviter toutes les causes d'erreur qui le menacent dans l'observation des faits et dans leur interprétation. Il doit ])resque toujours se livrer à une critique ordinairement très ardue des travaux antérieurs, et être suffisamment familiarisé en outre avec les procédés descriptifs. En somme, les recherches d'anatomie comparative sont toujours difficiles et longues, mais leur attrait est une compensation pour celui qui les entreprend, surtout lorsqu'il s'agit d'expliquer des faits anthropologiques, d'acquérir et d'accroître la connaissance de soi-même et de ses semblables.
C'est principalement par la considération des fonctions des parties du corps étudiées que l'anatoniie comparative est guidée dans ses combinaisons C'est dans la physiologie que les faits anatomiques puisent leur signification. 11 en était ainsi déjà lorsqu'on regardait l'organe comme étant créé pour accomijlir une certaine l'onction et il ne s'agissait alors que de découvrir des relations anatomo-pliysiologiques réglées une l'ois pour toutes. L'horizon s'est singulièrement agrandi de ce côté depuis qu'il est devenu évident pour tout anatomiste que l'organe est créé par sa l'onction même, par voie de moililications graduelles. Cette vérité est à la base de la théorie transformiste et sert en quelque sorte do boussole en anatomie comparative. Laniarck nous a appris à chercher dans les variations des lonctions l'explication des variations organiques et à chercher dans des conditions extérieures aux organismes les causes des \ ariations l'onctionnelles Darwin a montré, d'autre part, la puissance de la sélection naturelle comme cause de transformations organiques. Et l'on est arrivé à considérer en définitive la i'ormalion des espèces comme un l'ait absolument analogue à la formation des races. Le champ de l'anatoniie comparative se trouve considérablement agrandi par la conception transformiste.
On peut envisager les transformations successives des êtres et de leurs parties constituantes non seulement dans le développement de l'individu, ou développement ontogéniqiie, ma\s encore \e développement phijlogeaique ou de l'espèce. A l'hérédité directe et atavique rapprochée des caractères anatomiques, s'ajoute la possibilité d'une transmission atavique lointaine de caractères ou même d'organes disparus du type actuel de l'espèce. On comprend alors la véritable signification de ces organes inutiles, rudimentaires et parfois même bien développés quoique inutiles, de ces anoiualies si fréquentes dont l'élude paraissait, il y a peu d'années, dénuée d'intérêt Tout cela commence à nous apparaître comme des vestiges d'états antérieurs et concourt avec la paléontologie k nous mettre sur la voie de la filiation des espèces actuelles.
L'étude des états successifs par lesquels passe un animal depuis le début de sa formation jusqu'à sa mort constitue ryln«/o»?i<? du dévelojjpement donl V Embryologie est une partie. Au point de vue de l'anatoniie comparative, la connaissance de l'étal typique à chaque âge sert à l'explication d'une foule de caractères individuels, souvent très importants au point de vue physiologique, et qui ne sont autre chose que des arrêts ou des excès de développements par rapport au développement typique. — La Tératologie est une autre division de l'anatomie, qui concerne les monstruosités ou déviations du type spécifique. C'est l'embryologie surtout qui contribue à l'explication des faits léralologiques, en montrant qu'ils résultent de la persistance d'une phase embryonnaire du développement normal ou en indiquant à quelle phase normale de ce déveloj)pement s'est produite la déviation dont on cherche la cause. L'embryologie appuie aussi fortement la doctrine transformiste puisqu'elle montre l'embryon humain, par exemple, passant par une série de transformations qui semble résumer la pliylogénic ou généalogie de l'espèce.
Comme l'ensemble de l'anatomie, l'embryologie et la tératologie peuvent être descriptives ou comparatives suivant qu'il s'cigit de décrire simplement des faits ou d'en chercher l'explication et les lois.
INTRODUCTION
Voici maintenant (juelqnes antres divisions importantes de l'anatomie faites à dilîérents points de vue :
L' A)iatoniie ano)-niale<iom\)ve\\d la tératologieet aussi l'étude des |)articnlarités irreyulieres pouvant être considérées non seulement comme s'écartaiit de la règle générale, mais encore comme troublant plus on moins la règle et comme étant pinson moins désavantageuses. (]es particularités sont souvent appelées des anomalies bien f|ue le terme anomal ne soit pas eu réalité synonyme d'anormal ; mais il est vrai que la distinction est dil'Iiuile à élabliravec précision. Ce qui est certain, c'est que la confusion surce point est complète |)ratiquement. (Jn donne le nom &'a)iomalies à toutes les monstruosités et en même temps à des variations qui s'écartent de la moyenne sans être pour cela irrégnlières. 11 y a des anomalies qui sont dites avec raison régressives ou réversives parce qu'elles rappellent desdispositions normaleschez des es[ièces ou des races moins élevées dans la série, et parce qu'elles sont même considérées comme des faits d'atavisme et de retour vers un état aulérieuret intérieur dans l'évolution de l'espèce. Mais on parie aussi d'anomalies progressives, constituées par des cara.c\èves de perfectio)inement, ou supposées telles, que leur rareté seule fait classer parmi les anomalies. Il y a sur ces divers points des réformes à faire dans la nomenclature anatomique, dont l'imperfection actuelle provient de ce f(ue l'on s'est occupé jusqu'ici, presque exclusivement, en anatomie descrij)tive, de décrire des types généraux |)lus ou moins absiraitsen négligeant les innombrables variations englobées dans ces types virtuels.
Les caractères individuels qui ne correspondent pas au type do la catégorie envisagée ne sont point pour ce seul l'ait des anomalies. Autour de l'état moyen ou typique dont les représentants doivent foi'mer dans chaque catégorie le groupe le plus nombreux, il existe d'autres élats qui s'ei écartent plus ou moins jusqu'à um; certaine limite au dessus et audessous. El l'è^le g j léralo, on doit ranger, tans l'anaiouiio norm île, tout au moins, l'étude de toutes les variations comprises entre les limites de ce ([ue l'on appiille, en statistique, « l'écart probable » .
L'anatomie anormale est en contact etseconfondsurdivers points avec l'anatomie pathologique, ou étude des altérations morbides des organismes. Ce sont là des pointsdevue plutôt, que des divisions, embrassant l'anatomie tout entière, et qu'il suffit d'indiquer pour faire entrevoir à l'étudiant en médecine, en même temps f[ue l'immense portée de la science anatomi([ue, la nécessité pour lui de ne point considérer comme accessoire l'étude de l'anatomie descriplive et normale de l'homme, qui doitservir de base, non seulement ii ses études de physiologie normale, mais encore à ses études pathologiques et cliniques.
Tl existe un cei'tain nombre de divisions de l'anatomie élablies d'api è^ les partips du orps étudiées. Ces parties sont des éléments analomiqiies ou des principes immidiats qui entrentd ms la c )m;)Oiitio,i des tissas et de hatneurs. Chaque tissu, envisagé dans l'ensemble du corps, constitue un système. Les différents systèmes s'associententi'e eux en plus ou mninsiirand nouibre id (hms des proportions variables pour former les organes. Une réunion d'or^M nés associés servant à une fonction plus générale que Cflle de chacun d'eux forme un appareil.
On a donné le nom d'ftnafox-ne (7f?r?fra/.e à l'étude des parties élémentaires