‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 105 sur 166 · SIG · texte numérisé non relu

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(On voit que, dans 1e cordon |)ostéricur, les zones 3 et 4, formées par des fibres endogènes, ont conservé leur intégrité ; tout le reste, constitué par des fibres radiculaires, est dégénéré).

MOELLE ÉPINIÈRE

lombaire, le faisceau endogène descendant est encore situé immédiatement en dehors de la ligne médiane, mais il a fui la périphérie : il occupe maintenant la partie moyenne du faisceau de Goll. Il nous apparaît, en coupe transversale, sous

la forme d’une petite bandelette (fig. 464, B), plane en dedans, convexe en dehors, située entre la commissure grise et le sillon médian postérieur, mais n’atteignant ni Lune ni l’autre. Réuni à celui du côté opposé, il forme un champ de forme elliptique, dont le grand axe est dirigé en sens sagittal : c’est le centre ovale de Flechsig. Rappelons, en passant, que, d’après les recherches de Fleghsig (voy. p. 538j cette région constituée par le centre ovale se myélinise à part. Le faisceau endogène descendant est donc individualisé de très bonne heure.

c. Dans la moelle dorsale inférieure : bandelette périphérique. — Au niveau de la moelle dorsale inférieure, notre faisceau endogène descendant s’est porté en arrière, tout contre la surface extérieure de la moelle. Il y revêt (fig. 464, C) la forme d’une bandelette allongée en sens transversal : c’est la bandelette périphérique dorsale. Son extrémité interne répond au septum médian. Son extrémité externe s’avance plus ou moins du côté de la corne postérieure : elle est située, d’ordinaire, à égale distance de la corne et du sillon médian postérieur.

d. Dans la moelle dorsale supérieure et dans la moelle cervicale : faisceau en virgule. — Au niveau de la moelle dorsale supérieure et de la moelle cervicale , le faisceau endogène descendant est représenté par le faisceau en virgule. Ce faisceau (fig. 465,2 et 464, D), bien décrit par ScHULTZE en 1883, est placé en plein faisceau de Burdach. Il commence à une faible distance de la commissure grise et, de là, se porte obliquement en arrière et en dehors, parallèlement à la corne postérieure. Il n’occupe, en général, que les deux tiers antérieurs du faisceau de Burdach. A son extrémité antérieure, il est relativement volumineux et arrondi ; puis, il va en s’effilant, comme le ferait une virgule (y), d’où le nom de faisceau en virgule, sous lequel le désignent aujourd’hui la plupart des neuro-pathologistes. La signification du faisceau en virgule de Schultze n’a été véritablement établie que

Fig. 464.

Le faisceau endogène descendant, vu successivement :

A, sur le cône terminal :

B, sur la moelle lombaire; G. sur la moelle dorsale inférieure ; D, sur la moelle dorsale supérieure.

i, corne postérieure. — 2, racines sensitives. — 3 sillon médian postérieur. — 4, faisceau triangulaire médian de Gombault et Philippe. — 5, centre ovale de Flechsig. — 6, bandelette périphérique dorsale. — 7, faisceau en virgule de Schultze.

Fig. 465.

La zone cornu-radiculaire et le faisceau en virgule de Schultze {schématique).

1, corne postérieure. — 2, faisceau en virgule. — 3, zone cornu-radiculaire. — 4, faisceau de Burdach. — 5, faisceau de Goll. — 6 et 6’ segment interne et segment externe de la zone de Lissauer.

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

dans ces dernières années. Primitivement, Schültze avait cru devoir le considérer comme formé par des fibres radiculaires à trajet descendant. Contrairement à cette opinion, ïooth d’une part, Gombault et Philippe de l’autre, en se basant à la fois sur des faits expérimentaux et sur des faits anatomo-pathologiques, ont soutenu que la virgule de Schültze avait exactement la même signification que la bandelette périphérique dorsale, le centre ovale de Flechsig et le triangle médian de la moelle sacrée : ce serait, au même titre que ces derniers faisceaux, un paquet de fibres endogènes descendantes. Cette opinion, qui a été successivement adoptée par Dufour, Sghaffer, Margulies et bien d’autres neuropathologistes, a été jusqu’ici l’opinion classique. Actuellement et à la suite de nouveaux faits, on tend à admettre (Déjerine, Sottas, Wallenberg, van Gehuchten) que la racine postérieure n’est pas sans prendre une certaine part à la constitution du faisceau en virgule. Ce faisceau aurait une double origine et, de ce fait, comprendrait deux autres ordres de fibres : des fibres d'origine médullaire ou endogènes ; des fibres d'origine radiculaire ou exogènes. Ces deux ordres de fibres, du reste, dégénéreraient l’un et l’autre, en sens descendant, les premières dans les affections de la colonne grise spinale, les secondes à la suite d’une lésion des racines.

Tableau synoptique indiquant la constitution des cordons postérieurs

A) Fibres exogènes. . . .

/ a) Fibres ascendantes .

( b) Fibres descendantes.

i' 1“ Courtes [allant à la corne postérieure.)

V 2® Moyennes [allant à la colonne de Clarke). \ 3® Longues [allant aux noyaux du bulbe).

B) Fibres endogènes . .

' a) Fibres ascendantes .

b) Fibres descendantes.

/ jo Virgule de Schültze (dans la moitié supérieure de la moelle). ^ 2® Bandelette périphérique (dans la moelle dorsale inférieure).

) 3® Centre ovale de Flechsig (dans la moelle lombaire).

\ 4® Triangle médian (pour la moelle sacrée et le cône terminal).

¥ — Résumé de la sifstématïsalïon de la substance blanche.

1° Topographie de la substance blanche : division systématique de chacun des trois cordons. — En résumé, nous rencontrons :

a) Bans le cordon antérieur, deux faisceaux : le faisceau pyramidal direct et le faisceau-restant ou faisceau fondamental du cordon antérieur (faisceau d’association longitudinal antérieur de certains auteurs) ;

Dans le cordon latéral, cinq faisceaux : le faisceau cérébelleux direct, le faisceau pyramidal croisé, le faisceau de Gowers, le faisceau latéral profond et le faisceau-restant ou faisceau fondamental du cordon latéral (faisceau d’association longitudinal latéral de certains auteurs) ;

y) Dans le cordon postérieur, deux faisceaux (nous faisons abstraction du faisceau ventral et du faisceau endogène descendant, qui sont encore trop peu connus et qui, d’ailleurs, ne sont pas toujours nettement individualisés) : le faisceau de Burdach et le faisceau de Goll.

2° Systématisation plus simple. — De même que le cordon antérieur et le cordon latéral ne sont séparés par aucune limite naturelle et doivent, en conséquence, être réunis en un cordon unique, qui est le cordon antéro-latéral, de même aucune limite précise ne sépare l’un de l’autre le faisceau-restant du cordon antérieur et le faisceau-restant du cordon latéral. Ces deux faisceaux, malgré les libres radiculaires antérieures qui les traversent, sont à la fois contigus et conti-

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nus. D’autre part, ils ont la même valeur anatomique, l’un et l’autre étant formés essentiellement par des fibres d’association longitudinales.

Pour toutes ces raisons, nous réunirons ces deux faisceaux en un seul, que nous appellerons indistinctement le faisceau-restant du cordon antéro-latéral, le faisceau fondamental du cordon antéro-latéraf le faisceau d’association longitudinal antéro-latéral.

Mais ce n’est pas tout ; le faisceau latéral profond qui se moule sur la face externe de la colonne grise et que nous avons décrit comme un faisceau distinct possède exactement les mêmes éléments que le faisceau précédent et peut, par conséquent, lui être incorporé.

Nous arrivons ainsi, pour chaque moitié de la moelle, à une systématisation plus simple, que nous résumons dans le tableau suivant :

Cordons

Faisceaux

Cellules d’origine Lieu de terminaison

A) Cordon antérolatéral.

/ 1® F. pyramidal direct Écorce cérébrale

L 2® F. pyramidal croisé Écorce cérébrale

{ 3® F. cérébelleux direct Colonne de Clarke

r 4® F. de Gowers Substance grise spinale,

\ 5® F. fondamental antéro-latéral. Substance grise spinale.

B) Cordon postérieur.

il® F. de Burdach i® F. de GolL...

t Ganglion spinal [fibres exogènes) et subst.

f grise spinale [fibres endogènes)

^ Ganglion spinal [fibres exogènes) et subst. 1 grise spinale [fibres endogènes)

Cornes antérieures.

Cornes antérieures.

Écorce cérébelleuse- Écorce cérébrale.

Subst. grise spinale.

Subst. grise spinale.

Subst. grise spinale.

3° Variations régionales des différents faisceaux de

nant, nous examinons une série de coupes horizontales de la moelle (fig. 46ô), pour avoir, sur les faisceaux sus-indiqués, quelques notions complémentaires relatives à leurs variations de volume et à leur étendue verticale, nous constatons tout d’abord que :

a) Les deux faisceaux pyramidaux (2 et 2'), faisceaux moteurs volontaires, faisceaux à trajet descendant, s’atténuent graduellement de haut en bas et finissent par disparaître. Cette atténuation graduelle des deux faisceaux pyramidaux s’explique nettement par ce fait que les faisceaux en question, au cours de leur trajet, jettent continuellement des fibres dans les cornes antérieures et n’en reçoivent pas de nouvelles. On admet généralement que le faisceau pyramidal direct s’arrête à la partie inférieure de la moelle dorsale et le faisceau pyramidal croisé au voisinage de la quatrième racine lombaire. Tout récemment Déjerine et Thomas ont établi que ces deux faisceaux descendaient un peu plus bas : ils ont pu suivre (4 fois sur 5) le faisceau pyramidal direct jusqu’à la première racine lombaire inclusivement et le faisceau pyramidal croisé jusqu’à la troisième et à la quatrième paires sacrées.

Fig. 466.

Figure schématique, représentant cinq coupes transversales de la moelle, pratiquées à différentes hauteurs, d’après Flechsig),

A, au niveau de la sixième paire cervicale. — B, au niveau de la troisième paire dorsale. — C, au niveau de la sixième paire dorsale. — D, au niveau de la douzième paire dorsale. — E, au niveau de la quatrième paire lombaire.

1, sillon médian antérieur. — 2, faisceau pyramidal direct. — 2’ faisceau pyramidal croisé. — 3, faisceau cérébelleux direct. — 4, faisceau de Goll.

la moelle. — Si, mainte-

Fig. 466.

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

P) Le faisceau cérébelleux direct (3) fait son apparition au niveau de la huitième ou de la neuvième dorsale et, comme il reçoit continuellement des fibres au fur et à mesure qu’il s’élève, son volume s’accroît progressivement de bas en haut.

y) Le faisceau de Goivers, qui n’est pas représenté sur les coupes de la figure 466 empruntée à Flechsig, s’accroît lui aussi de bas en haut et pour les mêmes raisons. Il occupe toute la hauteur de la moelle, depuis la partie inférieure du renflement lombaire jusqu’au bulbe et à la protubérance.

ô) hQ faisceau fondamental antér O -latéral, que l’on pourrait encore appeler, en raison des fonctions qui lui sont dévolues, le faisceau d' association longitudinal anléro-latéral, conserve dans toute la hauteur de la moelle un développement à peu près invariable et cela se conçoit : au fur et à mesure que ses fibres rentrent dans la substance grise pour s’y terminer, il reçoit de cette même substance grise des fibres nouvelles qui compensent celles qu’il a perdues.il esta remarquer, cependant, qu’il augmente de volume au niveau des deux renflements cervical et lombaire.

e) Le faisceau de Golf formé de fibres longues, constamment grossi par les paquets que lui apporte chaque racine (voy. fig. 458), s’accroît de bas en haut, comme le faisceau de Gowers et le faisceau cérébelleux direct.

Quant au faisceau de Burdach, n’étant en grande partie qu’un liieu de passage pour des fibres radiculaires qui, en définitive, se rendent aux cornes postérieures, il ne s’accroît pas régulièrement. Il s’écarte peu de ses dimensions moyennes et ses variations, toutes locales, sont en rapport avec l’importance des racines postérieures correspondantes.

G. — CoLCATÉRAI. ES DES CORDONS MÉDULLAIRES

Chaque fibre des cordons médullaires, qu’elle soit ascendante ou descendante, abandonne, au cours de son trajet, un certain nombre de fibrilles, dites collatérales , qui se portent directement vers la substance grise, la pénètrent et s’y terminent. Ces collatérales, découvertes par Golgi en 1880 et particulièrement bien décrites en 1889 par Cajal, sont extrêmement nombreuses. Elles constituent ainsi un élément important dans la texture de la moelle et, si nous n’en avons rien dit jusqu’ici, c’est tout d’abord, parce que nous n’avons pas voulu compliquer encore notre description déjà fort complexe, puis parce qu’il nous paraissait peu rationnel de décrire, soit avec la substance grise, soit avec la substance blanche, des formations histologiques qui appartiennent à la fois à l’une et à l’autre, à la substance blanche par leur origine et à la substance grise par leur terminaison. Leur étude, mêlée à celle de la substance grise ou de la substance blanche, eût été nécessairement morcelée et, partant, fort difficile à suivre au milieu de descriptions extrinsèques. Elle sera, maintenant que les deux substances spinales nous sont bien connues, très courte et d’une facilité extrême.

l'* Disposition générale des collatérales des cordons. — Les collatérales des cor-

Fi". 467.

Un segment de moelle vu en long, pour montrer la disposition des collatérales.

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