‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 106 sur 166 · substance blanche. — 2, substance grise · texte numérisé non relu

substance blanche. — 2, substance grise

On voit des fibres nerveuses (cylindraxes) se rendant au cordon blanc et s’y divisant chacune en une branche ascendante et une branche descendante ; de l’une et l’autre de ces branches partent de nombreuses collatérales qui reviennent à la substance grise.

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dons médullaires sont des fibres très fines (fig. 467), qui se séparent à angle droit des fibres nerveuses des cordons et se portent ensuite vers la substance grise centrale, en suivant, sur le plan horizontal, un trajet convergent et plus ou moins radiaire. Arrivées dans la substance grise, elles se divisent, se subdivisent et, finalement, se résolvent chacune en une arborisation terminale libre. Les derniers ramuscules de cette arborisation offrent d’habitude, sur leurs parcours, de très nombreuses sinuosités, donnant naissance à angle droit à de petites pousses et se terminant par une nodosité (Gajal). Ils s’entremêlent avec les ramuscules des arborisations voisines d’abord, puis avec les autres fibres, d’origine et de signification diverses , qu’elles rencontrent dans la moelle (prolongements protoplasmiques des cellules nerveuses, arborisation cylindraxiles des cellules de Golgi type II, fibres de la névroglie, etc.)- 11 en résulte la formation, dans toute l’étendue de la substance grise, d’un vaste réticulum (fig.

468), à mailles très irrégulières et très étroites, absolument inextricable. Rappelons-nous toutefois que, quelque complexe que soit ce réticulum, ce n’est jamais un réseau au sens précis du mot : c'est un simple feutrage, et les arborisations terminales de nos collatérales n’en conservent pas moins leur indépendance jusqu’au bout. Elles se comportent donc exactement comme les arborisations terminales des fibres nerveuses dont elles émanent et, comme ces dernières, elles n’entrent en relations avec les éléments de la substance grise, cellules ou fibres, que par un simple contact.

2° Dispositions particulières des collatérales pour chacun des trois cordons médullaires. — Les collatérales des cordons médullaires présentent quelques caractères particuliers, suivant qu’elles émanent du cordon antérieur, du cordon latéral ou du cordon postérieur :

a. Collatérales du cordon antérieur. — Les collatérales du cordon antérieur ffig. 468, 4) sont les plus volumineuses de toutes (Gajal). Nées des fibres du cordon antérieur, notamment du faisceau pyramidal direct, elles se portent d’avant en arrière et viennent se terminer, pour la plupart, dans la corne antérieure du meme côté, en particulier tout autour des cellules motrices. Un certain nombre

Fig. 468.

Coupe transversale de la moelle dorsale d'un chien nouveauné, montrant la disposition générale des collatérales, des cordons (d’après Ramon y Gajal).

l, sillon collatéral antérieur. — 2, sillon collatéral postérieur. — 3, canal de l’épendyme. — 4, collatérales des cordons antérieurs, avec 4’ leur faisceau croisé. — o, collatérales du cordon latéral, avec 5’ et 5” deux faisceaux croisés passant dans la commissure grise. — 6, collatérales du cordon postérieur, avec : a, collatérales pour la corne postérieure (premier groupe) : 6, collatérales pour la corne antérieure (deuxième groupe) ; c, collatérales pour la colonne de Clarke troisième groupe) ; rf, collatérales pour la commissure (quatrième groupe).

d’entre elles, très visibles dans la figure 468 (4’), croisent la ligne médiane à travers la commissure antérieure et se rendent ensuite à la corne antérieure du côté opposé.

b. Collatérales du cordon latéral. — Les collatérales qui dérivent des fibres du cordon latéral (fig. 468, 5) se portent transversalement de dehors en dedans et se ramifient tout particulièrement dans la portion moyenne et la portion postérieure de la substance grise. Quelques-unes traversent la commissure grise en arrière du canal de l’épendyme et viennent se terminer dans la corne postérieure du côté opposé. Ces dernières collatérales sont très visibles sur la figure 468, où elles forment

deux faisceaux nettement distincts, les faisceaux désignés par les chiffres o' et 5'C

c. Collatérales du cordon postérieur. — Ces collatérales proviennent, pour la plus grande partie, des fibres radiculaires ou exogènes du cordon postérieur ; les a utres sont fournies par les fibres endogènes. Ramon Y Ga.ial les distingue en quatre groupes :

a) Les collatérales du premier groupe (fig. 468, a) proviennent, soit du rameau ascendant , soit du rameau descendant des fibres radiculaires, quelquefois des fibres radiculaires elles-mêmes avant leur bifurcation, comme cela se voit sur la figure 452. Elles traversent d’arrière en avant toute l’étendue de la corne postérieure et viennent se terminer dans la corne antérieure, tout autour des cellules motrices. Elles sont en rapport avec les mouvements réflexes : ce sont les fibres sensitivo-motrices de Ga.ïal, les fibres réfexQmotrices de Kôlliker. La figure 469 nous montre six de ces collatérales, qui émanent, les unes de la branche ascendante, les autres de la branche descendante de la fibre radiculaire 1, et qui se portent ensuite, suivant le trajet indiqué plus haut, vers les cellules motrices correspondantes de la corne antérieure. La figure 470 nous montre encore ces collatérales sensitivo-motrices ; mais l’une d’elles, indiquée par le chiffi-e 4, nous pi'ésente une disposition toute particulière : au lieu de se rendre directement à la cellule motrice de la corne antérieure, ses raniiücations terminales se perdent tout autour d’une cellule d’association (6;, la(]uclle, à son

Fii^'uies schématiques inonti-ant le mécanisme suivant lequel se produisent les mouvements réflexes ; Fie/. 469, mouvement réflexe par action directe de la fibre sensitive sur les cellules motrices ; jpfr/. 470, niouvement réflexe, avec intercalation d'une cellule d'associalion entre la fibre sensitive et les cellules motrices.

1, racine postérieure, avec ; 1' son ganglion: 2. sa brandie ascendante; 3, sa branche descendante. — 4, collatérales des deux brandies 2 et 3. — o, racines antérieures. — 6, cellule cordonale, recevant l'ébranlement nerveux d’une collatérale des racines postérieures et le transmettant, par ses collatérales, à six cellules motrices des cornes antérieures.

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tour, envoie des collatérales à un nombre plus ou moins considérable de cellules motrices. Grâce à cette cellule d’association, la collatérale 4 tient sous sa dépendance toutes les cellules motrices précitées : tous les muscles actionnés par ces cellules motrices entrent en contraction, sous l’influence de la seule excitation qu’apporte à la moelle la collatérale 4.

Les collatérales du second groupe (fig. 468, b) traversent la substance de Rolande en une série de petits faisceaux méridiens et viennent former en avant d’elle, dans le noyau de la tête, un plexus extrêmement serré.

y) Les collatérales du troisième groupe (fig. 468, c) se rendent à la colonne de Clarke. Leurs fibrilles terminales, très fines, très serrées, se disposent en une série de petits plexus circulaires, entourant chacun une cellule nerveuse (fig. 468, 4). Les cellules nerveuses se trouvent contenues dans ces plexus comme dans un nid : ce sont les nids péricellulaires de quelques auteurs.

S) Les collatérales d,u quatrième groupe (fig. 468, d et 438, 6) sont des fibres commissurales transverses, allant d’un côté à l’autre de la moelle. Elles forment par leur ensemble un petit faisceau arciforme, à concavité dirigée en arrière, dont la partie moyenne répond à la partie la plus reculée de la commissure postérieure e les deux extrémités au faisceau de Burdach.

D . — Eléments de soutien de la moelle

La moelle épinière, comme tous les autres segments du névraxe, possède, outre ses éléments nerveux, un appareil de soutènement, que l’on désigne, depuis Virchow, sous le nom de névroglie. Il se compose, ici comme ailleurs, de deux sortes de cellules, toutes les deux munies de prolongements plus ou moins longs ; les cellules épendymaires et les cellules névrogliques. Nous avons déjà étudié (p. 478), dans les quelques pages que nous avons consacrées à l’anatomie générale des centres nerveux, les caractères généraux de ces deux formations. Nous devons donc nous borner ici à signaler les particularités , du reste peu nombreuses, qu’elle présentent dans la moelle épinière, ce qui nous permettra d’être bref.

1'’ Cellules épendymaires. — Les cellules épendymaires se disposent en couronne tout autour du canal de l’épendyme. Ce sont des cellules épithéliales (fig. 471), allongées en sens radiaire, présentant chacune deux prolongements : un prolongement central, très épais, très court, qui se porte vers la paroi du canal de l’épendyme et s’y termine carrément, à la limite même de la cavité épendymaire; un prolongement périphérique, beaucoup plus long, mais beaucoup plus grêle, qui plonge en rayonnant dans la substance médullaire et s’y ter-

ÜANs LA l'iGUKE A : 1, Canal central de la moelle. — 2, épithélium épendymaire. — 3j névroglie périépendymaire, avec 4, noyaux des cellules névrogliques.

Dans la figure B : 1, cellules névrogliques. — 2, noyaux cellulaires. — 3, cils vibratiles. — 4, prolongements externes.

L’épithélium épendymaire : A, vu en place sur une coupe transversale de la moelle; B, vu à l’état d’isolement à un grossissement plus fort (enfant de si.v ansj, d’après Sch.\ffeu.

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

mine, après ou sans bifurcation, à une distance pins grande du canal central; on peut parfois les suivre jusqu’à la surface extérieure de la moelle où ils se terminent, immédiatement au-dessous de la pie-mère par un petit renflement conique. Les cellules de l’épendyme sont surmontées, à leur extrémité interne, par un certain nombre de très fins prolongements qui, d’après Kôlliker, devraient être considérés comme des cils vibratiles : ils flottent librement dans la lumière du canal central.

Vues sur une coupe transversale de la moelle embryonnaire (fig. 47!2), les cellules épendymaires se disposent un peu différemment à la partie antérieure, à la partie postérieure et sur les côtés. — A la partie antérieure , les prolongements périphé-

Fig. 47l>.

Coupe horizontale de la moelle d’un embryon humain de 3 centimètres, pourmiontrer les cellules épendymaires et les cellules névrogliques en voie d’évolution (d’après Ketziüs].

1, canal central. — 2, sillon médian anterieur. — 3, sillon médian postéi-ieur. — 4, substance blanclie. — 5, substance grise. — 6, cône épendymaire antérieur. — 7, cône épendymaire postérieur (futur septum médian posténeurj. — 6, cellules épendymaires. — 9, 9’, cellules névrogliques à divers degrés de développement : la plupart d’entre elles ont perdu leur prolongement central et se sont plus ou moins écartées du canal épendymaire; quelques-unes, notamment celle qui est indiquée par le chiffre 9, ont déjà un certain nombre de leurs prolongements de nouvelle formation. — 10, cellules névrogliques (anciennes cellules épendymaires), orientées en sens radiaire par rapport au septum médian postérieur.

riques des cellules épendymaires, à la fois très épais et très nombreux, se portent de la paroi antérieure du canal de l’épendyme au sillon médian antérieur : les prolongements voisins de la ligne médiane suivent un trajet franchement sagittal : les autres, ceux qui sont latéraux, décrivent une légère courbe à concavité interne. Les prolongements antérieurs constituent, par leur ensemble, une formation d’aspect tout spécial (fig. 47:2, 6), à laquelle Retziüs a donné le nom àQCÔne épendymaire antérieur. — A la partie postérieure, nous retrouvons une formation analogue, quoiqu’un peu moins développée. Ici encore nous voyons un paquet de prolongements, plus ou moins tassés les uns contre les autres et tous dirigés en sens sagittal, relier la paroi postérieure du canal central au sillon médian postérieur de la moelle : c’est le cône épendymaire postérieur de Retziüs. Ce cône épendymaire

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postérieur persiste chez l’adulte et c’est lui, rappelons-le en passant, qui forme le septum médian postérieur de la moelle. On a longtemps considéré ce septum comme un prolongement de la pie-mère, qui s’insinuerait dans le sillon médian postérieur et s’étendrait de là, en comblant ledit sillon, jusqu’à la commissure grise. Mais le cylindre médullaire n’est nullement divisé, à sa partie postérieure, par une fente profonde. Le sillon médian postérieur est, comme nous l’avons vu, tout superficiel, et la cloison séparative qui lui fait suite en avant est formée tout entière par des éléments qui appartiennent en propre à la moelle : c’est, comme l’a démontré Lenhossék, une cloison névroglique, à la constitution de laquelle la pie. mère est entièrement étrangère. — Sur les côtés, les prolongements périphériques des cellules épendymaires sont plus fins et surtout beaucoup plus rares, beaucoup plus espacés que dans les cônes épendymaires antérieur et postérieur. Ils font même complètement défaut au niveau de- la région qui deviendra plus tard la corne postérieure et le cordon postérieur. Ce dernier fait s’explique par le développement : il est la conséquence de la réduction graduelle que subit le canal central dans le sens postéro-antérieur. Par suite de cette réduction, les cellules épendymaires, qui rayonnaient vers la corne postérieure et le cordon postérieur ont perdu peu à peu tout contact avec le canal et elles se transforment ultérieurement en de simples cellules névrogliques . Nous voyons nettement ces cellules sur la figure 472 et nous constatons que, tout en changeant de nature, elles ont conservé leur orientation primitive ; elles sont encore disposées en sens-radiaire, non plus par rapport au canal de l’épendyme, tel qu’il est maintenant, mais par rapport au septum médian postérieur.

Nous avons déjà indiqué, en anatomie générale, la constitution histologique des cellules épendymaires, leur origine ectodermique, leur transformation au cours du développement ontogénique. Le lecteur voudra bien se reporter, pour ces différents détails, à la page 487 . Nous ne saurions y revenir ici sans tomber dans des redites.

2° Cellules névrogliques. — Les cellules névrogliques, avec leurs prolongements innombrables, s’irradiant dans tous les sens et disposés en un riche réticulum, constitue l’élément essentiel de l’appareil de soutènement de la moelle épinière.

A. Forme, volume, constitution histologique. — (Voy. p. 481.)

B. Origine et développement. — Nous avons déjà dit, en anatomie générale, (p. 479) que les cellules névrogliques, quelles que soient leur forme et leur situation chez l’adulte, dérivaient, au même titre que les cellules^ épendymaires, des cellules épithéliales qui tapissent le canal médullaire primitif.

Elles ne sont que des cellules épendymaires modifiées et l’étude du développement de la moelle nous permet de suivre pas à pas les diverses phases de leur évolution. Tout d’abord, elles perdent peu à peu leur prolongement interne et, du même coup, leurs relations avec le canal central. Puis, c’est le prolongement périphérique qui subit, à son tour, l’atrophie régressive et cesse alors de relier à la pie-mère la cellule dont il dérive. Au fur et à mesure que s’atténuent et disparaissent les prolongements primitifs, d’autres prolongements s’échappent du protoplasma cellulaire, tout d’abord courts et peu nombreux, se multipliant dans la suite et acquérant peu à peu ce développement remarquable qui caractérise les cellules névrogliques de l’adulte.

Mais ce n’est pas tout.

Au cours de leurs transformations, les cellules en question émigrent de la région .

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

péri-épendymaire pour se rapprocher plus ou moins de la surface extérieure de la moelle : les unes restent dans la substance grise ; d’autres passent dans la substance blanche; un certain nombre, émigrant plus loin encore, se réfugient jusqu’au-dessous de la pie-mère. Les cellules névrogliques ne sont donc, nous le voyons maintenant, que des dérivés de l’épithélium épendymaire : ce sont des cellules épendymaires, qui ont perdu tout ou partie de leurs deux prolongements primitifs, qui les ont remplacés par des appendices de nouvelle formation, incomparablement plus nombreux, et qui, enfin, ont quitté la région du canal épendymaire pour se disséminer, à une distance plus ou moins grande de ce canal, sur les différents points de la moelle épinière. La figure 471 nous présente un certain nombre de cellules névrogliques encore embryonnaires, et nous y constatons très nettement (voy. la légende) les diverses transformations que nous venons d’indiquer. Nous ajouterons que, d'après Lenhossék, ces cellules névrogliques, non seulement se transforment, mais encore se multiplient. i

C. Mode de répartition de la névroglie dans la moelle épinière. — La névroglie se rencontre dans toute l’étendue de la moelle épinière. Nous l’envisagerons séparément sur les trois points suivants : 1° autour de la moelle; dans la substance

blanche ; o® da^is la substance grise.

a Autour de la moelle.

— Tout autour de la moelle la névroglie se dispose en une couche mince, mais partout continue, qui répond en dehors à la pie-mère, en dedans à la substance blanche de la moelle :

c’est la nécroglie corticale ou marginale (fig. 473). Son épaisseur, d’après Kolliker, varie de 22 à 45 g. Histologiquement, elle comprend : 1° des cellules névrogliques, de forme étoilée: 2° des fibres nécrogliques, se dirigeant, les unes parallèlement à la surface de la moelle, les autres perpendiculairement à cette surface.

b. Dans la siobstance blanche. — Dans les cordons blancs de la moelle (fig. 474), les cellules névrogliques, toujours fort nombreuses, appartiennent encore à la catégorie des cellules étoilées à prolongements longs. Us rayonnent dans tous les sens et, en s’entrelaçant avec les prolongements des cellules voisines, ils forment des systèmes de cloisons qui, elles aussi, présentent les directions les plus diverses : les unes, disposées en sens radiaire, s’étendent de la névroglie corticale, à laquelle elles font suite, jusqu’à la substance grise ; les autres se dirigent, par rapport à ces dernières, transversalement ou obliquement. Ces cloisons névrogliques, tantôt relativement épaisses {septa), tantôt relativement minces (septula), séparent les uns des autres les différents faisceaux et fascicules des trois cordons antérieur, postérieur et latéral. Elles servent, en outre, de soutien aux vaisseaux nourriciers de la moelle.

c. Dans la substance grise. — Dans la colonne grise centrale, les cellules névrogliques diffèrent de celles de la substance blanche en ce qu’elles sont plus rares, plus délicates, à prolongements plus courts. Elles se disséminent un peu partout

Fi^. 473.

Névroglie coj'ticale ou marginale de la moelle épinière (enfant de huit mois d'après Le.nhosskk).

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sur les différents points de la corne antérieure, de la corne postérieure et de la commissure grise. De plus, elles forment deux masses compactes, qui se distinguent nettement du reste de la substance grise par leur aspect pâle et leur transparence : ce sont la substance gélatineuse de Rolande et la substance gélatineuse centrate.

a) La substance gélatineuse de Rolande (fig. 417, b), que nous avons déjà étudiée en grande partie à propos de la topographie de la substance grise (p. 505), revêt la forme d’un croissant, dont la concavité dirigée en avant coiffe la tête de la corne postérieure. Elle varie beaucoup en dimensions suivant les segments de la moelle où on l’examine : sa surface en coupe horizontale représente, à la région dorsale, le quart seulement de la surface totale de la corne postérieure; elle en représente le tiers au niveau du renflement cervical et les deux cinquièmes au niveau du renflement lombaire. Son développement, comme l’a déjà fait remarquer Stil- LiNG, paraît donc être proportionnel à l’importance des racines postérieures correspondantes. Gela se conçoit, si l’on songe que la substance de Rolando renferme au sein de sa masse névroglique plusieurs groupes de cellules nerveuses (voy. p. 526), auxquelles se rendent un certain nombre de fibres radiculaires postérieures.

[i) La substance gélatineuse centrale (fig. 419, 7) est située, comme son nom l’indique, au centre même de la colonne grise. Vue sur des coupes horizontales, elle entoure le canal de l’épendyme à la manière d’un anneau arrondi ou elliptique. C’est à sa partie interne que se disposent les cellules épendymaires, ci-dessus décrites, qui forment avec elle la paroi du canal. La substance gélatineuse centrale nous présente, comme la substance gélatineuse de Rolando, des cellules nerveuses, mais elles y sont extrêmement rares et cette région péri-épendymaire est presque exclusivement constituée par de la névroglie. Les cellules y sont remarquables, sinon par leur grosseur, du moins par la force et la longueur de leurs prolongements : ce sont les cellules-araignées géantes {Riesenspinnenzellen) de quelques auteurs. Leurs prolongements internes se disposent concentriquement (fig. 471) au canal de l’épendyme et entourent ainsi ce canal d’une sorte de collier névroglique.

§ V. — Filum terminale

Nous avons vu déjà plus haut (p. 494) que la moelle épinière ne se terminait réellement pas au cône terminal, mais que ce cône terminal se prolongeait en bas

Fig. 474.

Coupe longitudinale du cordon latéral d’une moelie de bœuf (liquide de Müller et carmin, d’après Kôlliker).

1, 1, cylindraxes des fibres nerveuses. — 2, 2, cellules névrogliques étoilées, envoyant leurs prolongements dans tous les sens. — 3, 3, réticulum névroglicjue.

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sous la forme dVm mince filament qui descendait jusqu’à la base du coccyx: c’est le fllum terminale ou fil terminal.

1° Situations et dimensions. -

représente symptomatiquement du cône terminal à la base du

Coupe sagittale du canal rachidien, pour montrer l’extréinité intérieure de la moelle et le ülum terminale (demi-schématique),

- Le fllum terminale qui fait suite à la moelle et la moelle caudale des animaux, s’étend du sommet coccyx. Sa longueur est, en moyenne, de 5 ou 6 centimètres chez le fœtus à terme, de 22 ou 23 centimètres chez l’adulte. Son diamètre varie de 1 à 2 millimètres.

2° Trajet et division. — Comme nous l’avons déjà vu, le filum terminale chemine tout d’abord au milieu des nerfs de la queue de cheval, dans le cul-de-sac inférieur de la dure-mèi-e (fig. 475, 4).

Arrivé au sommet de ce cul-de-sac, il le ‘traverse, ou plus exactement, la méninge fibreuse, jusque-là séparée du filum par un certain intervalle, s’accole à lui et l’accompagne jusqu’à sa terminaison. C’est cette expansion de la duremère, formant gaine au filum et lui adhérant d’une façon intime, qui constitue le ligament coccygien ou plutôt daro-coccygien.

Le filum nous présente, par conséquent, deux segments : l’un, supérieur, libre et flottant dans le cul-de-sac durai; l’autre, inférieur, emprisonné dans l’épaisseur du ligament duro-coccygien. Luschka, depuis longtemps déjà, avait distingué ces deux segments sous les noms respectifs d'interne et d'externe. Ces deux dénominations, on en conviendra, prêtent à confusion, les deux segments en question étant tous les deux médians et tous les deux également inclus dans la dure-mère. Nous leur substituerons celles, plus justes à notre avis, de segment supérieur et de segment inférieur.

Li, Lv, première cl cinquième vertèbres lombaires. — Su, deuxième sacrée. — 1, dure-mèi’e. — 2, cul de-sac durai (les nerfs de la queue de cheval ont été enlevés). — 3, extrémité inférieure de la moelle. — 4, portion du fdum située dans l’intérieur du cul-de-sac. — 5, portion du filum située audessous du cul-de-sac et ligament duro-coccygien. — 6, son attache au coccyx.

S'" Segment supérieur. — Le segment supérieur du fllum (4) mesure, en moyenne, 14 centimètres de longueur. Sa largeur, prise à 9 centimètres au-dessous du cône terminal, est de 90 g (Tour-

NEUXj.

Histologiquement, ce segment diffère beaucoup suivant les points où on l’examine. A sa partie supérieure, il nous présente encore tous les éléments que nous avons constatés au niveau du ventricule de Krause : un canal central, de la substance blanche, une enveloppe piale, une artère et une veine volumineuses et quelques autres vaisseaux de petit calibre. En arrière et sur les côtés, descendent les racines antérieurê et postérieure du nerf coccygien et quelques nerfs coccygiens accessoires, formant les 32® et 33® paires rachidiennes.

Au fur et à mesure qu’on s’éloigne du cône terminal, les éléments médullaires

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s’atténuent et finissent même par disparaître : le canal central, à 3 ou 4 centimètres au-dessous du sommet du cône ; la substance nerveuse, un peu plus bas, à 7 ou 8 centimètres. La partie inférieure du segment interne n’est plus constituée, par conséquent, que par des faisceaux conjonctifs à direction longitudinale, servant de substratum aux vaisseaux et aux nerfs précités.

4° Segment inférieur. — Le segment inférieur du filum (5) a une longueur moyenne de 5 ou 6 centimètres. Il diffère du segment supérieur par son aspect, qui rappelle celui des tendons, et aussi par sa force et sa résistance, qui sont beaucoup plus considérables. Il esta peine besoin défaire remarquer que le segment inférieur doit ces caractères à la gaine durale qui est venue s’ajouter à ses éléments propres. Au cours de son trajet, il est relié à la paroi antérieure du canal sacré par de minces tractus , qui sont la continuation du ligament sacro-dural antérieur.

Puis, arrivé à la partie inférieure du canal osseux, il se résout en un certain nombre de petites languettes divergentes , qui viennent se fixer, les unes sur lapremièrepiècecoccygienne, les autres sur la deuxième ou même sur la troisième.

Envisagé au point de vue de sa structure, le segment inférieur du filum nous présente encore, tout en haut (fig. 476, 1), les petits cordons nerveux qui constituent les rudiments des deuxième et troisième nerfs coçcygiens. Mais ces nerfs, entièrement dépourvus de fonctions, s’atténuent peu à peu et disparaissent. Le filum n’est plus formé, alors, que par des éléments conjonctifs : il n’est plus qu’une simple formation fibreuse.

Nous ajouterons que, à lo millimètres au-dessous du cul-de-sac durai et sur un parcours de 1 centimètre environ, Tourneux (1892) a décrit une sorte de tissu érectile, constitué par des daisceaux de fibres musculaires lisses, à direction longitudinale, tantôt épars, tantôt groupés au pourtour des cavités vasculaires.

§ Yl. — Vaisseaux de la moelle

■ La circulation artérielle et veineuse de la moelle nous est aujourd’hui assez bien connue, grâce aux travaux de Duret {Progrès médical, 22 novembre 1873), d’ÀDAMKiEWiGz (Wien, 1881 et 1882) et de Kdyi (Krakau, 1889). Dans ces dernières

Fig. 476.

Coupe horizontale du filum terminale, un peu au-dessous du sac durai (d’après Rauber).

1, filum. — 2, nerf coccygien d’un côté, avec: 2’ sa racine motrice : 2 ’, sa racine sensitive, présentant, sur la coupe, des cellules nerveuses éparses qui lorment son ganglion. — 3, ne f coccygien du côté opposé, avec : 3’ sa racine motrice ; 3”, sa racine sensitive sectionnée au-dessous de son ganglion. — 4, veine. — 5, artère. — 6, 6, 6, troncules nerveux, représentant les rudiments des deuxième et troisième nerfs coccygiens (32® et 33® paires). — 7, 7, tissu conjonctif.

ANATOMIE HUMAINE. — T. Il, 6® ÉDIT,

SYSTÈ3IE NERVEUX CENTRAL

années la question a été reprise et complétée, chez un grand nombre de mammifères, en Allemagne par Hoche (1899) et Hoffmann (1900 et 1901), en Italie par PitzoRNo (1903) et Sterzi (1903).

A . — Artères

A l’exemple d’AoAMKiEwicz, nous étudierons tout d’abord le mode de formation du réseau qui entoure la moelle; nous décrirons ensuite les nombreuses artères qui, de ce réseau, pénètrent dans la moelle elle-même.

1° Réseau extra-médullaire. — A la constitution du réseau extra-médullaire concourent trois ordres d’artères, savoir : les artères spinales antérieures, \qs> artères spinales postérieures, les artères spinales latérales.

A. Artères spinales antérieures. — Les artères spinales antérieures (fig. 477), au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche, se détachent des vertébrales un peu en arrière du point oii ces artères se réunissent pour former le tronc basilaire.

De là, elles se portent au-devant du bulbe et se fusionnent bientôt sur la ligne médiane pour constituer le tronc spinal antérieur. Ce tronc longe de haut en ba& le sillon médian antérieur et se termine, d’ordinaire, au niveau de la cinquième paire cervicale. Au-dessous de ce point, le tronc spinal antérieur est continué par un tronc analogue dépendant des artères spinales latérales (voir plus bas).

On voit fréquemment le tronc spinal antérieur, au cours de son trajet, se diviser une ou plusieurs fois en deux branches latérales qui, après un certain parcours, se réunissent de nouveau, formant ainsi (fig. 477) au-devant du sillon médian antérieur, une série d’ellipses vasculaires superposées.

B. Artères spinales postérieures. — Les artères spinales postérieures (fig. 478)^ également au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche, naissent des vertébrales un peu en arrière des précédentes et gagnent immédiatement la face postérieure du bulbe et de la moelle, en se plaçant de chaque côté du sillon médian postérieur.

Chacune d’elles se divise bientôt en deux branches : Tune, interne, qui chemine sur le faisceau de Burdach en dedans des racines postérieures ; l’autre, externe, qui vient se placer en dehors de ces mêmes racines. Ces deux branches se portent verticalement en bas, parallèlement au sillon médian postérieur et s’arrêtent, comme les spinales antérieures, à la partie inférieure de la moelle cervicale.

Plus bas, elles sont remplacées par des artères de même calibre et de même direction, fournies par les spinales latérales.

C. Artères spinales latérales. — Les artères spinales latérales (fig. 477 et 478), ainsi appelées parce qu’elles abordent la moelle par ses côtés, ont les origines les plus diverses.

a. Origine. — Elles naissent successivement : au cou, de la vertébrale et de la cervicale ascendante; au thorax, des artères intercostales; aux lombes, des artères lombaires; au bassin, des artères sacrées (voy., en Angéiologie, ces différentes artères).

b. Mode de distribution. — Chacune des artères spinales latérales s’engage dans le trou de conjugaison avec le nerf rachidien correspondant et, lorsque celuici se partage en ses deux racines, elle se divise, elle aussi, en deux branches, qui suivent : l’une, la racine antérieure, pour aboutir au sillon médian antérieur; l’autre, la racine postérieure pour gagner le sillon collatéral postérieur.

a) hdi première ^ arrivée sur la ligne médiane, se bifurque et fournit un rameau ascendant et un rameau descendant : un rameau ascendant, qui s’anastomose par inosculation avec le rameau descendant de l’artère similaire située au-dessus; un rameau descendant, qui s’anastomose également à plein canal avec le rameau ascendant de l’artère similaire située au-dessous.

P) La seconde, c’est-à-dire celle qui arrive à la face postérieure de la moelle en suivant la racine postérieure, se divise de même, au niveau du sillon collatéral, en rameaux ascendants et rameaux descendants : des rameaux ascendants, qui s’anastomosent avec les rameaux descendants de l’artère similaire située au-dessus ; des rameaux descendants, qui s’unissent aux rameaux ascendants de l’artère similaire située au-dessous. Il n’est rien de plus variable que ce mode de bifurcation de la branche artérielle qui suit la racine postérieure : tantôt il existe deux rameaux ascendants et deux rameaux descendants qui cheminent, l’un (c’est l’interne) en dedans des racines, l’autre (c’est l’externe) en dehors de ces mêmes racines; tantôt, il n’y a qu’un rameau ascendant et un rameau descendant et, dans ce cas, il se trouve situé en dedans des faisceaux radiculaires, sur le faisceau de Burdach par conséquent. Il convient d’ajouter que, lorsque les rameaux sont doubles, l’interne est ordinairement plus volumineux que l’externe.

Comme on le voit par cette description, malheureusement trop

Fig. 477.

Circulation artérielle de la moelle, face antérieure (d’après Adamkiewicz) .

Fig. 478.

Circulation artérielle de la moelle, face postérieure (d’après Adamkiewicz) .

l, arlère vertébrale. — 2, artère vertébrale et tronc basilaire. — 3, artère cérébelleuse postérieure et inférieure. — 4, artère spinale antérieure. — 5, la môme, s’anastomosant avec le rameau ascendant de l’artère spinale latérale C. — 7, artère spinale postérieure, avec : 8, sa branche externe ; 9, sa branche interne. — 10, 11, deux artères spinales latérales, suivant le trajet des racines postérieures.

(Les lettres majuscules C, D, L, S, désignent les paires nerveuses cervicales, dorsales, lombaires et sacrées ;

Co, paire coccygienue). .

SYSTExME NERVEUX CENTRAL

schématique, les branches antérieures des artères spinales latérales forment audevant de la moelle un tronc médian, qui continue le tronc spinal antérieur, déjà épuisé à la région cervicale. Les branches postérieures, à leur tour, remplacent et continuent, au-dessous de la moelle cervicale, les artères spinales postérieures, issues des artères vertébrales.

c. Nombre. — Les artères spinales latérales sont très variables en nombre, et il s’en faut de beaucoup que chaque racine emporte avec elle un rameau artériel.

a) En avant, sur les racines antérieures, il existe, d’un côté ou de l’autre, un rameau seulement toutes les trois ou quatre paires nerveuses (Adamkiewicz). Le nombre total de ces rameaux varie de trois à dix dans toute la hauteur de la moelle. On en rencontre un généralement, au niveau de la dixième ou de la onzième paire dorsale, beaucoup plus volumineux que les autres, qui irrigue la moelle dans une étendue de 14 à 15 centimètres: c’est la grande artère spinale d’AüAMKiEwicz (fig. 477j. Elle est plus fréquente à gauche qu’à droite.

P) En arrière, sur les racines postérieures, les branches artérielles destinées à la moelle sont un peu plus nombreuses : on en compte, en moyenne, deux pour trois paires nerveuses, soit un total de quinze à vingt pour toute la moelle. Par contre^ elles sont généralement plus grêles que les antérieures et l’on en trouve toujours un certain nombre qui s’épuisent sur la racine elle-même sans aller jusqu’à la moelle.

ü. Cercle périmédullaire. — Quoi qu’il en soit du nombre et du volume des rameaux anastomotiques fournis par les artères spinales latérales, la moelle est parcourue de haut en bas par cinq colonnes artérielles (fig. 479) : une, antérieure, qui occupe le sillon médian antérieur ; quatre postérieures (deux à droite, deux à gauche), qui, de chaque côté de la ligne médiane, longent le sillon collatéral postérieur. Ces dernières, fréquemment anastomosées entre elles, forment, le long des racines postérieures, un véritable réseau, le réseau radiculaire postérieur .

Les deux réseaux radiculaires postérieurs, le droit et le gauche, sont reliés l’un à l’autre par des anastomoses transversales, qui croisent le sillon médian postérieur. D’autre part, chacun d’eux est mis en relation avec le tronc spinal antérieur par des branches, également horizontales, qui cheminent entre les deux ordres de racines et qu’on désigne pour cette raison sous le nom ayiastomoses inter-radiculaires. 11 résulte d’une pareille disposition que, sur une coupe transversale (fig. 479), la moelle est entourée d’un cercle artériel complet.

C'est de ce cercle, cercle périmédullaire , que partent les nombreuses artères destinées à l’intérieur même de la moelle.

2° Artères intra-médullaires. — Les artères intra-médullaires, disons-le tout de suite, sont des artères terminales au sens anatomique du mot, c’est-à-dire qu’elles ne s’anastomosent jamais entre elles au cours de leur trajet (Kadyi, Sterzi). Nous les diviserons, avec Düret, en trois groupes, savoir (fig. 479) : les artères médianes, les artères radiculaires et les artères périphériques.

A. Artères médianes. — Les artères médianes, ainsi appelées parce qu’elles pénètrent dans les sillons médians, se distinguent en antérieures et postérieures :

a. Artères médianes antérieures. — Les artères médianes antérieures {artères centrales de Kadyi) parcourent d’avant en arrière le sillon médian antérieur (fig. 479), en jetant un certain * nombre de rameaux collatéraux dans le faisceau pyramidal direct (!’).

MOELLE ÉPINIÈRE

Arrivées au fond du sillon, elles s’infléchissent en dehors, les unes à droite, les autres à gauche et pénètrent alors dans la moitié de moelle qui leur est destinée. C’est là, d’après Kadyi, la disposition ordinaire. Plus rarement, comme l’a vu Adam- KiEwiGz, elles se divisent en deux branches divergentes, l’une droite, l’autre gauche, qui s’engagent chacune dans la moitié de moelle correspondante.

Quoi qu’il en soit, les artères spinales antérieures, une fois arrivées dans la moelle, abandonnent quelques ramusculés à la partie antérieure de la commissure (substance blanche et substance grise), puis se terminent en fournissant chacune trois ordres de rameaux, savoir ; 1® un rameau récurrent (1”), qui se porte dans la

Artères intra-médullaires, vues sur une coupe horizontale.

Côté gauche de la figure. — a, racines antérieures. — b, racines postérieures. — c, artère spinale antérieure. — d, d’ les deux branches de l’artère spinale postérieure, — e, anastomose transversale entre les spinales postérieures du côté gauche et celles du côté droit. — /, anastomose transversale entre les spinales postérieures et la spinale antérieure.

— g, g' canaux veineux antérieurs, l’un médian, l’autre latéral. — h' h\ canaux veineux postérieurs, l’un médian, l’autre latéral. — 1, artère médiane antérieure, avec 1’. ses rameaux pour le faisceau de Türck ; 1” son rameau récurrent pour la corne antérieure ; 1”’, son rameau postérieur pour la corue postérieure ; 1””, son rameau anastomotique ascendant.

— 2, artère médiane postérieure. — 3, 3, artères radiculaires antérieures. — 4, 4, artères radiculaires poslérif^ures. — 5, artères périphériques du cordon antérieur. — 6, artères périphériques du cordon latéral. — 7, artères périphériques du cordou postérieur. — 8, artère interfuuiculaire.

Côté droit de la figure. — Du cité droit de la figure, les lignes en pointillé et les différentes teintes indiquent les différents territoires vasculaires de la moelle. Les chiffres romains qui servent à les désigner, indiquent en même temps les artères qui les alimentent et qui sont représentées, sur le côté gauche de la figure, par des chiffres arabes de même valeur. Ainsi le territoire 1 est alimenté par l’artère l ; le territoire II, par l’artère 2 ; le territoire III, par l’artère 3 ; etc.

partie interne des cornes antérieures ; 2® un rameau postérieur (1”’). destiné à la base des cornes postérieures et notamment à la colonne de Clarke, c’est V artère de la colonne de Clarke; 3*^ des rameaux verticaux (!””), les uns ascendants, les autres descendants ; ce sont les artères anastomotiques longitudinales centrales d’ADAMKiEwicz, dénomination mauvaise, puisque, comme nous l’avons dit tout à l’heure en nous basant sur les recherches de Kadyi et de Sterzi, les anastomoses entre artères intra-médullaires n’existent pas.

b. Artères médianes postérieures. — Les artères médianes postérieures (fig. 479,2) cheminent d’arrière en avant le long du septum médian postérieur, jettent che-

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

min faisant quelques fins rameaux dans la partie interne des faisceaux de Goll, envoient un ou deux ramuscules à la partie interne de la colonne de Clarke et, finalement viennent se terminer dans la commissure grise, en arrière du canal de l’épendyme.

B. Artères radiculaires. — Les artères radiculaires pénètrent dans la moelle, en suivant, comme leur nom l’indique, le trajet des racines. Elles se divisent, comme ces dernières, en antérieures et postérieures :

a. Artères radiculaires antérieures. — Les artères radiculaires antérieures (fig. 479,3) se distribuent à la tête de la corne antérieure.

h. Artères radiculaires postérieures. — Les artères radiculaires postérieures (fig. 479,4) ont un trajet beaucoup plus complexe. Elles fournissent trois groupes de rameaux (Duret), qui sont situés : les uns, au milieu des faisceaux radiculaires, ce sont les rameaux moyens ; les autres, en dedans ou en dehors de ces mêmes faisceaux, ce sont les rameaux internes Qi les rameaux externes. — Les rameaux moyens se distribuent à la substance gélatineuse et à la corne postérieure qui lui fait suite. — Les rameaux externes contournent en dehors la substance gélatineuse et s’épuisent en fins ramuscules dans la partie externe de la corne correspondante. — Les rameaux internes, enfin, pénètrent en plein dans le faisceau de Burdach et s’y épuisent en grande partie.

C. Artères périphériques. — Sous le nom d’artères périphériques (fig. 479,6), nous désignerons, avec Duret, toutes les artères qui pénètrent dans la moelle par des points autres que ceux que nous venons de signaler. On en compte ordinairement de huit à dix sur une coupe transversale de la moelle. 11 en existe constamment une ou deux dans le septum névroglique qui sépare le faisceau de Goll du faisceau de Burdach : ce sont les artères inter funiculaires d’ADAMKiEwicz. Les artères périphériques cheminent de dehors en dedans en sens radiaire. Elles sont principalement destinées à la substance blanche.

3° Réseaux capillaires. — La disposition des réseaux capillaires dans la moelle varie avec la région examinée :

a. Dans la substance grise. — La substance grise présente sur presque tous les points un riche réseau, développé surtout au niveau des groupes cellulaires.

C’est ainsi que, dans la corne antérieure, les trois colonnes ganglionnaires décrites plus haut sont entourées d’un réseau à mailles très fines et quadrilatères. La colonne de Clarke possède un réseau plus riche encore : Adamkiewicz, à la suite d’injections heureuses, a pu voir entre les mailles de ce réseau un deuxième réseau beaucoup plus fin, auquel il donne le nom de réseau intercapillaire. — Dans les cornes postérieures, le réseau vasculaire se caractérise par des mailles allongées dans le sens antéro-postérieur. — La commissure grise, à son tour, nous présente un riche réseau capillaire qui se continue latéralement avec celui des cornes. — Quant à la substance gélatineuse, qui, d’après certains auteurs, serait entièrement privée de vaisseaux, elle possède, elle aussi, un réseau capillaire à mailles fines qui a été parfaitement étudié par Kadyi et par Pitzorno. Ce dernier a même décrit tout autour du canal central un petit cercle vasculaire qui se trouve placé immédiatement au-dessous de l’épendyme, le cercle sous-épendy maire.

h. Dans la substance blanche. — La substance blanche est beaucoup moins vasculaire que la substance grise. Les vaisseaux qui lui appartiennent en propre

MOELLE EPINIERE

affectent, en général, la même direction que les faisceaux au milieu desquels ils cheminent.

Kadyi a signalé l’existence, entre les artères et les veines de la moelle épinière, de canaux de communication beaucoup plus volumineux que les capillaires. Sont-ce là des canaux analogues à ceux décrits par- Sucquet sous le nom de canaux dérivatifs '-1 Sterzi, de son côté, a rencontré, dans la moelle des oiseaux, des artérioles qui les continuaient directement avec de petites veines.

B. — V EINES

Des réseaux capillaires de la moelle partent des veinules, lesquelles, en se réunissant, forment des veines, les veines médullaires. Nous les étudierons successivement : 1® dans la moelle ellemême, veines intramédullaires; 2® à la surface de la moelle, veines périmédullaires. Nous décrirons, enfin, sous le nom de voies efférentes, les veines qui, du réseau périmédullaire , se rendent aux réseaux extra-rachidiens.

1® Veines intramédullaires. —

Les veines médullaires prennent naissance à la fois dans la substance grise et dans la substance blanche. De leur origine, elles suivent un trajet plus ou moins radiaire qui les conduit à la surface de l’organe. Elles y arrivent par les points les plus divers :

a) Les unes sortent parle sillon médian antérieur ou parle sillon médian postérieur, ce sont les veines médianes antérieures et lesremes médianes postérieures, homologues des artères de même nom ;

P) Les autres s’échappent au niveau de l’émergence des racines antérieures et des racines postérieures, ce sont les veines radiculaires antérieures et les veines

Fig. 480.

Circulation veineuse de la moelle; face antérieure (d’après Adamkiewigz).

Fig. 481.

Circulation veineuse de la moelle, face postérieure (d’après Adamkiewigz) .

Fig. 480. — 1, 2, 3, rameaux radiculaires suivant le trajet des racines antérieures. — 4, autre l’ameau radiculaire répondant à la septième dorsale, avec 4’ son rameau de bifurcation supérieur. — 5, veine médiane antérieure.

Fig. 481.— 1, veines du bulbç. — 2, 2’, veines radiculaires, suivant le trajet des racines postérieures. — 3, branche supérieure de bifurcation de la veine radiculaire, répondant à la douzième dorsale. — 4, veine médiane postérieure. — 6, 6 veines longitudinales, longeant les racines postérieures.

(Les lettres majuscules C, D, L, indiquent les paires nerveuses, cervicales, dorsales et lombaires.

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

radiculaires, postérieures, correspondant encore aux artères de même nom.

y) Il y en a, enfin, un grand nombre qui débouchent à la surface de la moelle sur des points autres que ceux signalés ci-dessus : nous les comprendrons sous le nom collectif de veines périphériques. Elles répondent encore ici aux veines de même nom.

2° Veines périmédullaires. — Arrivées à la surface de la moelle, les veines médullaires s’y anastomosent en un vaste réseau, le réseau périmédullaire, qui enveloppe la moelle dans toute son étendue. Les veines qui le constituent, infiniment variables dansleur direction et dans leur volume, se condensent en six canaux longitudinaux, que nous distinguerons en antérieurs et postérieurs.

a) Des trois canaux antérieurs, fun longe le sillon médian antérieur, c’est la veine médiane antérieure . Les deux autres, plus petits, suivent, à droite et à gauche, l’émergence des racines antérieures : ce sont les veines latérales antérieures.

P) Les trois canaux postérieurs présentent une disposition analogue : l’un d’eux, la veine médiane postérieure, occupe la ligne médiane ou, si l’on veut, le sillon médian postérieur. Les deux autres, les veines latérales postérieures, se disposent le long de la ligne d’émergence des racines postérieures.

3® Voie efférente. — Les veines efférentes du réseau périmédullaire se portent vers les trous de conjugaison, en suivant, les unes, les racines antérieures, les autres, les racines postérieures des nerfs rachidiens. Ici, comme pour les artères, toutes les racines ne sont pas accompagnées par des veines : on compte, en général, une veine efférente pour deux racines, quelquefois seulement une veine pour trois racines.

Ces veines efférentes sont de dimensions très variables, les unes relativement volumineuses, les autres vraiment minuscules, à peine visibles. L’observation démontre à ce sujet, d'une part que celles qui accompagnent les racines postérieures sont plus développées que celles qui longent les racines antérieures, d’autre part que c’est sur les racines des nerfs lombaires qu’elles présentent leur maximum de développement.

Au niveau des trous de conjugaison, les veines efférentes du réseau périmédullaire se jettent dans les grosses veines qui occupent ces trous {veines de conjugaison) et, par leur intermédiaire, dans les veines extrarachidiennes : au cou, dans les veines vertébrales ; au dos, dans les veines intercostales ; aux lombes, dans les veines lombaires ; au niveau du bassin, dans les veines sacrées latérales.

Voyez, au sujet de la circulation de la moelle épinière : Auamkiewicz ; Die Blutgefasse des menschl. Rückenmarkes. 8itz. d. Akad d. Wiss., Wien, 1881 et 1882 ; — Kaüyi, Ûeber die Blutgefasse des menschl. Bückenmarkes, Denksclir. d. math.-naturw. Klasse d. Akad. d. Wiss., Krakau, 1889; — Hoche, Vergl.-anal. über die Blatversorgung der Hückenrnarksubslanz. Zeitschr. f. Morphol. U. Anthrop., 18.J9 ; — Hofmann, Zur Yergl.-anal. der Gehirn- und Rückenmarksarterien der Vertebraien, Zeitschr. f. Morph. u. Anthrop. 1900 (pour les veines, même recueil 1901) , — PiTzoRNO, Di alcune parlicolarità sopra la fme vascolarizzazione délia medulla spinalis, Monit. Zool., 1903; — Sterzi, I vasi sanguigni délia midolla spinale degliuccelli, Arch. di Anat. e di Embriol., 1903.

G . — Voies i. y m p h a t i (^) u e s

La moelle épinière, comme les autres segments du myélencéphale, est entièrement dépourvue de canaux lymphatiques vrais. La lymphe y chemine, d’une part, dans les interstices qui séparent les uns des autres les différents éléments histolo-

MOELLE EPINIERE

giques, d’autre part dans un système de canaux spéciaux qui, sous le nom de gaines perimsculair es, se disposent tout autour des artères. Ces voies lymphatiques ont été déjà décrites à propos des centres nerveux en général. Nous n’y reviendrons pas ici (voy. p. 485).

A consulter, au sujet de la moelle épinière, parmi les travaux récents (1891-1908), outre les mémoires indiqués ci-dessus (p. 568) ; Schaffer, Vergl. anat. Untersuch. u. Rückenmarksfaserung, Arch. f. mikr. Anat., 1891 ; — Oddi e Rossi, Sur les cours des voies afférentes de la moelle épinière, Arch. ital. de biologie. 1891 ; — Singer u. Münzer, Beilr. z. Anat. d. Centralnervensy stems, insbesondere des Rückenmarkes, Wien, üenkschr., 1891 ; — Lavdowskv, Vom Aufhau d. Rückenmarkes , Arch. f. mikr. Anat., 1891 ; — Laghi, Contrib. allaistogenesi d. nevrogliad. midoUospinale del polio, Atti d. soc. tosc. d. sc. nat., 1861 ; — Kaiser, Die Functionen der Ganglienzellen des Halsmarkes , Haag, 1891 ; — van Gehuchten, La structure des centres nerveux : la moelle épinière et le cervelet, La Cellule, 1891 : — Held, Die Beziehunqen des Vorderseitenstranges zu Mit tel u. Hinterhirn, Abh. d. math.- Klass. d. Kônigl. Sâchsischer Gesellsch. d. Wiss., Leipzig, 1892; — Breglia, Osservaz. sulla comparsa délia mielina in alcuni fasci dei cordoni del midollo spinale, Giorn. d. Assoziazione d. natural. e medici, 1892 ; — Mingazzini, Sulla fina strutlura del midollo spinale delV uomo, Riv. sper. di Freniatria, 1892 ; — Retzius, Zur Kenntniss der ersten Entwicklung der nervôsen Elemente im Rückenmark des Hühncliens, Biol. Untersuch., 1893 ; — Du même, Die nervôsen Elemente im Rückenmark der Knochenfische, Biol. Untersuch., 1893 ; — Tanzi, Sur les courbes de la moelle épinière chez l'homme, Riv. sper. di Fren., 1893 ; — Paladino, Dei limiti precisi fra il nevroglio e gli elementi nervosi del midollo spinale. Bull, délia R. Accad. med. di Roma, 1893 ; — van Gehuchten, Les éléments nerveux moteurs des racines postérieures, Anat. Anz., 1894 ; — Willianson, The direct pyramidal tracts of the spinal cord, Brit. med. Journ , 1893 ; — Collins, Dispositions et fonctions des cellules de la moelle cervicale, The New York med. Journal, 1893 ; — Brissaud, De la névroglie dans la moelle normale et dans la syringomyélie, Rev. neur., 1894 ; — Moorhead, Level of termination of spinal cord., Trans. of the roy. Acad, of Med. Ireland, 1894; — Pigk, Asymétrie des moitiés de la moelle, kWg. Zeitsch. f. Psych., 1894 ; — Beghterew, Fazsceaw olivaire de la portion cervicale de la moelle, Neurol. Centralbl., 1894; — Du MÊME. Die sensiblen Bahnen im Rückenmarks, Neurol. Centralbl., 1894 ; — Du même, Ueber ein besonderes intermédiares in den Pyramiden-seitenstrangbahnen befndliches Fasersystem. Neur. Centralbl., 1895 ; — Gabri, A proposito delle cellule radicolari posteriori di Lenhossék y Cajal. Monit. ZooL, 1895 ; — Kraus, The histological conformation of the medull., Journ. of nervous and. mental diseases, New-York, 1895 ; — Martin, Contribut. à l’étude de la structure interne de la moelle épinière chez le poulet et chez la truite, La Cellule, 1895 ; — Athias, Cellules nerveuses en développement dans la moelle évinière du têtard de la grenouille, Journ. de T Anat., 1895 ; — VAN Gehughten, La moelle épinière de la truite, La Cellule, 1895 ; — Déjerine et SpIller, Contrib. à l’étude de la texture des cordons postérieurs de la moelle épinière, etc.. Soc. Biol., 1895; — Déjerine et Sottas, Sur la distribution des fibres endogènes dans le cordon postérieur de la moelle et sur la constitution du cordon de Golt, Soc. Biol., 1895.

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SYSTEME NERVEUX CENTRAL

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