AQUEDUC DE SYLVIUS
L’aqueduc de Sylvius (fig. 600, 5 et 602, 1) est un canal longitudinal, qui fait communiquer le quatrième ventricule avec le ventricule moyen du cerveau ou troisième ventricule.
Direction et trajet. — Il prend naissance en arrière, dans l’angle supérieur du quatrième ventricule, au-dessous du sommet de la valvule de Vieussens. De là, en suivant le plan médian, il se porte obliquement de bas en haut et d’arrière en avant, faisant avec le plan horizontal un angle de 50 à 55°. Sa longueur est, en moyenne, de 15 millimètres.
2° Rapports. — L’aqueduc de Sylviiis, dans toute Eétendue de son trajet, chemine dans la portion dorsale de l’isthme de l’encéphale.
a) paroi inférieure ou plancher se trouve située au-dessus de la calotte pro-
tuhérantielle et pédonculaire . Elle répond aux noyaux d’origine du pathétique et du moteur oculaire commun.
,S) Sa paroi supérieure ou voûte est formée successivement, en allant d’arrière en avant : 1° par les tubercules quadrijumeaux postérieurs ;
par les tubercules quadrijumeaux antérieurs ; 3*^ par la commissure blanche postérieure , que surmonte la base de la glande pinéale.
Envisagé au
3° Configuration intérieure.
point de vue de sa configuration intérieure, l’aqueduc de Sylvius est, tout d’abord, mal calibré. Relativement large à son origine ou extrémité postérieure , il va en se rétrécissant jusqu’à sa partie moyenne. Puis, il s’élargit de nouveau de façon à présenter, au niveau de sa terminaison ou extrémité antérieure, ses plus grandes dimensions.
Au point de vue de sa forme, Taqueduc de Sylvius, tout en se rattachant au type d’un canal triangulaire, varie beaucoup suivant le point qu’on examine (fig. 60i).
Ces variations locales se voient très nettement sur des coupes frontales sériées
de la région (fig. 601 j. — C’est ainsi que, à son extrémité postérieure, il a la forme d’un T ou plutôt d’un triangle curviligne à base supérieure. — Plus en avant, sous les tubercules quadrijumeaux postérieurs, il prend la forme d’une fente, orientée
L'aqueduc de Sylvius. vu en coupe sagittale.
1, bourrrelet du corps calleux. — ü, 2’, toile choroïdienne. — 3, glande pinéa'e. — 4, commissure blanche postérieure. — 3, aqueduc de Sylvius, avec 3’ son origine antérieure ou anus. — 6, ventricule moyen. — 7, quatrième ventricule. — 8, pédoncule cérébral. — 9, protubérance. — 10, tubercules quadrijumeaux.
Fig. 601.
en sens sagittal, relativement large à sa
partie moyenne et creusée en sillon à ses deux extrémités (fig. 601,3). — • Au niveau des tubercules quadrijumeaux antérieurs, il ressemble à un cœur de carte à jouer, dont la base, dirigée en haut, forme le toit de l’aqueduc. Ce toit, convexe en bas à sa partie moyenne, se relève au niveau de ses bords : il forme ainsi, à droite et à gauche, deux l ecessus latéraux, qui sont vraisemblablement les homologues atrophiés des diverticulums que l’aqueduc, chez les oiseaux, envoie dans les lobes optiques. — Enfin à son extrémité, antérieure, l’aqueduc de Sylvius revêt de nouveau la forme d’un triangle à base supérieure.
Coupe transversale de l’aqueduc de Sylvius, pratiquée à différents niveaux (d’après Gerl.vch).
1, au voisinage de la commissure postérieure. — .2, à la partie moyenne des tubercules quadrijumeaux antérieurs. — 3. à la partie antérieure des tubercules quadrijumeaux postérieurs. — 5, au niveau du sommet de la valvule de Vieiissens.
4'" structure substance grise de Taqueduc. — Envisagé au point de vue de la constitution de sa paroi, Taqueduc de Sylvius est tapissé, tout d’abord, par la membrane épendymaire. 11 est entouré, en outre, sur tout son pourtour, par une couche de substance grise, toujours très développée, que l’on désigne sous le nom de substance grise de V aqueduc ou de substance grise centrale. Si nous suivons
ISTHME DE L’ENCEPHALE
de haut en bas ce manchon de substance grise, nous le voyons, à son extrémité inférieure, se continuer avoc la substance grise du plancher du quatrième ventritricule et, par l’intermédiaire de cette dernière formation, avec la substance grise centrale de la moelle. Si nous le sui vons maintenant de bas en haut, nous le voyons se continuer de même, à son extrémité supérieure, avec la substance grise du troisième ventricule.
Du côté postérieur ou dorsal, la substance grise de l’aqueduc répond à la substance grise des tubercules quadrijumeaux et se confond avec elle sur plusieurs points. Du côté antérieur ou ventral, elle confine à la formation réticulaire de la calotte : elle en est séparée par places (fig. 593j par la bandelette longitudinale postérieure (4) et par les fascicules, plus ou moins épais (5), qui constituent la racine supérieure du trijumeau.
Histologiquement, la substance grise de l’aqueduc se compose d’un grand nombre de cellvles nerveuses, de forme et de dimensions fort variables, irrégulièrement disséminées dans un lacis de fibres nerveuses, pour la plupart excessivement fines. — Les cellules, malgré leur nombre considérable, ne se groupent jamais en noyaux distincts (Kôlliker). Les cylindraxes qui en émanent se terminent, pour la plupart, dans la substance grise de l’aqueduc elle -même; quelques-uns seulement, se portant en haut et en arrière, passent dans la masse grise des tubercules quadrijumeaux. Sghütz, dans un travail récent, fait terminer un certain nombre de ces cylindraxes, à tort d’après Kôlliker, dans les noyaux des nerfs protubérantiels. — Quant aux fibres, elles sont orientées dans les sens les plus divers. Schutz, sous le nom de faisceau longitudinal dorsal, a décrit dans la substance grise centrale un faisceau compacte, qui s’étendrait de la substance grise du troisième ventricule jusque dans la substance grise de la moelle épinière. Mais, ici encore, Kôlliker [Handb., p. 335) s’élève contre les conclusions de Schutz et conteste l’existence de ce faisceau.
ARTICLE VIII