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CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU

Pour prendre une notion exacte de la conformation intérieure du cerveau, la meilleure méthode est celle qui consiste à pratiquer sur cet organe une série de coupes successives, en allant de la convexité vers la base.

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

La première de ces coupes est une coupe horizontale, passant par un point quelconque de la face interne des hémisphères. Cette coupe nous présente, sur chacune des moitiés du cerveau, une iriasse blanche centrale, le centre ovale de Vieussens, circonscrite par une bordure fortement sinueuse et nulle part inter^ rompue, qui constitue la substance grise de V écorce ou manteau.

Si, au lieu de pratiquer notre coupe sur un point quelconque de la face interne des hémisphères, nous conduisons le couteau suivant un plan passant par la face supérieure du corps calleux {coupe de Vieussens) , nous retrouvons encore (lig. 692) sur chaque hémisphère notre masse blanche centrale. Mais la bordure grise, qui la circonscrivait tout à l’heure sur tout son pourtour, se trouve interrompue maintenant à sa partie interne pour livrer passage au coi^ps calleux : le corps calleux devient ainsi une large commissure, jetée entre le centre ovale d'un hémisphère et le centre ovale de l’hémisphère opposé.

Si nous enlevons le corps calleux (fig. 700), nous rencontrons les formations suivantes : 1° sur la ligne médiane, une lame de substance blanche placée horizontalement et de forme triangulaire ; elle est appelée trigone cérébral ou voûte à quatre piliers ; 2° de chaque côté de la ligne médiane, deux cavités larges et anfractueuses, qui s’étendent du lobe frontal au lobe occipital ; ce sont les ve7itricules latéraux, tapissés dans toute leur étendue par une membrane propre, la membrane épendijmaire ou épendyme.

Le trigone cérébral est complètement fusionné, en arrière, avec le corps calleux; mais il s’en sépare bientôt pour se porter en bas et en avant, le corps calleux conservant quelque temps encore sa direction horizontale. Cette disposition se voit très nettement (tîg. 691) sur les coupes sagittales du cerveau. Dans Tangle dièdre résultant de l’écartement réciproque de ces deux organes, vient s’interposer une lame nerveuse fort mince, placée en sens sagittal et occupant exactement la ligne médiane : c’est le septum iucidum ou cloison transparente.

Au-dessous du trigone (fig. 742j s’étale une lame cellulo-vasculaire, la toile choroïdienne supérieure, dans la partie postérieure de laquelle se loge une petite masse conoïde, la glande pinéale ou épiphyse. Au-dessous de la toile choroïdienne, enfin, nous rencontrons une nouvelle cavité (fig. 7o6, 1?>), celle-là impaire et médiane, c’est le ventricule moyen ou troisième ventricule .

Si nous nous reportons de nouveau dans les ventricules latéraux (fig. 756, 12 et 13), nous voyons, sur la partie antérieure de leur plancher, apparaître en saillie deux noyaux de substance grise : la couche optique en dedans et en arrière ; le corps strié en dehors et en avant. Ce sont les noyaux opto-striés ou noyaux centraux des hémisphères. La région qu’occupent les noyaux centraux est traversée de bas en haut par une lame de substance blanche fort importante ; c’est la capsule interne, laquelle se continue, d’une part, (en basj avec le pédoncule cérébral, d’autre part (en haut) avec le centre ovale.

Telles sont, sommairement énumérées et au fureta mesure qu’elles se sont présentées à nous dans notre dissection, les diverses parties constituantes du cerveau. Nous les étudierons dans l’ordre suivant ;

1° Le corps calleux ;

2° Le trigone cérébral ou voûte à quatre piliers ;

3° Le septum Iucidum o\x cloison transparente ;

4° Les veiitricules latéraux ;

5^ Le ventricule moyen ou troisième ventricule ;

6° V épendyme et liquide ventriculaire ;

CERVEAU

7° Les plexus choroïdes et toile choroïdienne ;

8° La glande pinéale ou épiphyse ;

9° Les noyaux centraux ou opto-striés ;

10° La capsule interne Qi région sous-thalamique ; l'U Le centre ovale.

§ I. — Corps calleux

Le corps calleux (allem. Balken, angl. corpus callosum) est une lame de substance blanche, de forme quadrilatère, qui s’étend transversalement d’un hémisphère à l’autre : c’est, comme nous l’avons déjà dit et comme nous l’établirons plus loin, une large commissure, jetée entre les deux moitiés du cerveau.

Cette commissure, qui fait défaut chez les vertébrés inférieurs, existe chez tous les mammifères, à l’exception des marsupiaux et des monotrèmes : elle acquiert ainsi, morphologiquement, la valeur d’un organe de perfectionnement.

Fi}?. 690.

Le corps calleux, vu en coupe frontale.

1, scissure interhémisphérique. — 2, circonvolution du corps calleux. — 3, corps calleux. — 5, septum lucidum. — 6, cavité du septum. — 8. ventricule latéral . — 9, couche optique. — 11, vaisseaux du septum.

1° Disposition générale. — Après avoir enlevé, comme il a été dit plus haut, la partie supérieure des hémisphères cérébraux (coupe de Vieussens), le corps calleux se présente à nous (fig. 692, 3, 3) sous l’aspect d’une lame de substance blanche, plus longue que large, se confondant à droite et à gauche avec la partie blanche des hémisphères ou centre ovale.

Vu en coupe frontale (fig. 690), il nous apparaît sous la forme d’une lame trans versale, situé au fond de la scissure interhémisphérique, au-dessus des deux ven tricules latéraux.

Vu en coupe sagittale (fig.

691, 1), il a la forme d’un arc à concavité inférieure, recouvrant, comme le ferait une voûte, les noyaux opto-striés et les' cavités ventriculaires.

Très volumineux à son extrémité postérieure, où il constitue le bourrelet du corps calleux (1”), il s’infléchit en bas, à son extrémité antérieure et, de ce fait, prend le nom de genou èl”).

Fig. 691.

Le corps calleux, vu en coupe sagittale.

1, corps calleux, avec: 1’ son bourrelet; 1” son genou; 1”’ son bec. — 2, trigoiie cérébral. — 3, septum lucidum. — 4, couche optique. — 5, circonvolution du corps calleux, soulevée sur des écarteurs. — 6, sinus du corps calleux.

2° Dimensions. — Le corps calleux, comme toutes les parties constituantes du cerveau,

présente dans son développement des variations individuelles considérables

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Voici, d’après im certain nombre de mensurations, quelles sont ses dimensions moyennes :

a) Sa longueur, mesurée du bourrelet au genou, est de 8 à 10 centimètres;

Sa largeur, prise sur sa face supérieure (où elle est minima), mesure 18 à :20 millimètres en arrière, quelques millimètres de moins en avant ; sur sa face inférieure (où elle est maxima), elle atteint, suivant les points examinés, de 30 à 40 millimètres ;

y) Son épaisseur, qu’il est facile d’évaluer sur des coupes vertico-médianes, atteint son maximum à son extrémité postérieure, où elle mesure de 12 à 15 millimètres. De là, elle va en diminuant peu à peu et n’atteint plus, au voisinage du genou, que 10 ou 11 millimètres. Puis, elle augmente de nouveau de façon à atteindre, au niveau même du genou, les dimensions initiales ou, tout au moins, à s’en rapprocher beaucoup. A partir du genou, le corps calleux s’amincit rapidement et ne présente plus, à sa terminaison, que 2 ou 3 millimètres d’épaisseur.

3*^ Conformation extérieure et rapports. — Le corps calleux, en raison de sa forme quadrilatère, nous offre à considérer : 1° deux faces, l’une supérieure, l’autre inférieure ; 2^ deux bords ; 3° deux extrémités ; 4° quatre angles.

A. Face supérieure. — La face supérieure est convexe d’avant en arrière, plane ou légèrement concave dans le sens transversal. Cette face nous présente tout d’abord, sur la ligne médiane, un sillon longitudinal, plus marqué en arrière qu’en avant et improprement appelé raphé.

De chaque côté de ce sillon, se voient deux petits cordons longitudinaux longitudinales de Laxcisi;, de coloration blanchâtre, s’étendant, en sens sagittal, d’une extrémité à l’autre du corps calleux : ce sont les tractus blancs ou nerfs de Lancisi. Ces tractus, très variables dans leurs dimensions, mais ordinairement minuscules (l millimètre de largeur environj, ne sont unis au corps calleux que par un tissu conjonctif lâche ; ils se laissent, dans la plupart des cas, enlever assez facilement et, de ce fait, jouissent d’une indépendance relative. Nous indiquerons plus loin quelles sont leurs connexions et leur signiücation morphologique.

En dehors des tractus blancs de Lancisi, que l’on désigne encore sous le nom de tractus médians parce que chacun d’eux longe la ligne médiane (il serait mieux de les appeler tractus paramédians) , on en rencontre assez souvent deux autres, appelés tractus latéraux ou tractus gris : ce sont les limbi medullares de Lancisi. Ces derniers tractus se présentent sous la forme de deux petits cordons aplatis et de coloration grisâtre qui longent, toujours en sens sagittal, les hords latéraux du corps calleux. Ce sont les tæniæ tectæ (rubans cachés) ou les striæ obtectæ des anatomistes allemands : ils sont entièrement recouverts, en effet, par la circonvolution du corps calleux (fig. 693, 5’) et, pour les apercevoir, il faut soulever et renverser en dehors cette dernière circonvolution. Si on les suit alors d’avant en arrière, on les voit contourner le bourrelet du corps calleux et se continuer nettement avec le corps godronné (voy. Ventricule latéral). Si on les suit au contraire d’arrière en avant, on les voit diminuer graduellement de volume et se terminer en pointe sur la face inférieure de la circonvolution sus-jacente. Du reste, les tractus latéraux sont encore plus variables dans leur développement que les tractus médians, ils sont souvent peu visibles et confinés dans la région du bourrelet : dans bien des cas, même, ils se trouvent réduits à un simple liséré grisâtre ou gris rougeâtre situé tout au fond du sinus du corps calleux. Quand ils sont très développés, ils ne dépassent pas ordinairement

la partie moyenne ou même le tiers postérieur du corps calleux. Je les ai vus cependant, sur plusieurs sujets, se prolonger jusqu’à la région du genou. Le long de son bord interne, le tractus gris est relié çà et là au tractus blanc correspondant par des traînées irrégulières d’une substance grisâtre, souvent peu visible. Le long de son bord eKterne, il se continue manifestement avec la substance grise de la circonvolution du corps calleux.

C’est à l’ensemble des tractus blancs, des tractus gris, avec la substance gri-

Fig. 692.

Coupe horizontale des deux hémisphères, passant par la face supérieure du corps calleux

[coupe de Vieussens).

1, 1', extrémité antérieure et postérieure de la scissure hémisphérique. — 2, 2, centre ovale de Vieussens. — 3, 3, face supérieure du corps calleux. — 4, son extrémité antérieure ou genou. — 5, son extrémité postérieure ou bourrelet . — <j, tractus médians de Lancisi. — 6’ fasciola cinerea. — 7, 7, tractus latéraux [teniæ tectæ), formant la limite latérale superficielle du corps calleux. — 9, prolongement antérieur ou frontal du corps calleux (/’orce^s minor). — 10, son prolongement postérieur ou occipital [forceps major). — 11, scissure de Sylvius.

sâtre qui les unit les uns aux autres, qu’on donne le nom à’indusium griseum, &Hndusium gris ou, tout simplement, ddudusium. Ce voile mince de substance grise qui s’étale ainsi de dehors en dedans sur la face supérieure du corps calleux représente l’extrême limite de l’écorce cérébrale sur le côté interne de l’hémisphère ; et voilà pourquoi ils nous présentent, dans leur structure, les éléments caractéristiques de l’écorce ; c’est, comme nous le verrons plus tard, une circonvolution rudimentaire, une circonvolution avortée.

Abstraction faite des tractus médians et des tractus latéraux, la face supérieure du corps calleux nous présente dans toute son étendue, un système de stries trans-

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versales, indice manifeste de sa constitution fasciculée et de la direction transversale de ses faisceaux.

Envisagée au point de vue de ses rapports, cette face supérieure répond, sur la ligne médiane, à la grande scissure interhémisphérique et, par conséquent, au hord concave de la faux du cerveau, à l’arachnoïde et à l’artère frontale interne et postérieure, branche de la cérébrale antérieure. De chaque côté de la ligne médiane, elle est en rapport avec l’importante circonvolution du corps calleux, qui la recouvre, mais sans lui adhérer : elle en est séparée par une anfractuosité profonde de 8 à 12 millimètres, que Ton voit nettement en soulevant la circonvolution

(fig. 691) ou sur des coupes frontales (fig. 693, 4), et que nous avons déjà désignée (p. 770) sous le nom de sinus du corps calleux.

B. Face inférieure. — La face inférieure du corps calleux, légèrement convexe dans le sens transversal (voy. les coupes frontales), fortement concave dans le sens antéro-postérieur (voy. \q^ coupes sagittales), est fasciculée transversalement, comme la face supérieure. Sa portion médiane répond eh arrière au trigone cérébral et, en avant, au bord supérieur du septum lucidnm qui s’unit à elle. Ses parties latérales, comme nous le montre la figure ci-contre, s’étalent au-dessus des ventricules latéraux et constituent ainsi la face supérieure ou voûte de ces ventricules.

C. Bords. — Les bords sont au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche. Ils sont purement conventionnels, le corps calleux se fusionnant réellement sur les côtés avec la substance blanche du centre ovale. On admet d’ordinaire que ces bords répondent (fig. 693; : 1° du côté de la face supérieure, à la partie la plus profonde du sinus du corps calleux; 2*^ du côté de la face inférieure, à la partie externe de la cavité ventriculaire. Comme le bord externe de la cavité ventriculaire se trouve situé beaucoup plus en dehors que le sinus du corps calleux, le corps calleux, comme nous l’avons dit plus haut est plus large, beaucoup plus large, sur sa face inférieure que sur sa face supérieure.

JJ. E.\trémités. — Les deux extrémités du corps calleux se distinguent, comme nous l’avons déjà vu, en antérieure et postérieur (fig. 691 et 692 j ;

a. Extrémité postérieure . — L’extrémité postérieure (fig. 692, 3), arrondie et mousse, constitue le bourrelet du corps calleux ou splénium. Elle est séparée de l’extrémité occipitale du cerveau par une distance de 6 ou 7 centimètres. Examinée par la partie postérieure de la grande scissure interhémisphérique, elle nous apparaît sous la forme d’un gros cordon transversal, se rendant d’un hémisphère à l’autre. Nous avons déjà vu (nous nous contenterons de le rappeler ici en passant) que le bourrelet du corps calleux formait, à ce niveau, la lèvre supérieure de la fente cérébrale de Bichat : il repose sur les tubercules quadrijumeaux et sur la glande pinéale, qui constitue la lèvre inférieure de cette même fente.

Fig. 693.

Coupe verlico-transversalc ou frontale (in corps calleii.x; à sa partie antérieure, pour nionti-er ses ra])ports, ( laine part avec les circonvolutions, d'autrepart avec le ventricule latéral.

1, corps calleux. — 2. scissure inlerliémispliérique et faux du cerveau ; 2', sinus longitudinal supérieur. —.1, circonxolulion du corps calleux. — 4, sinus du corps calleux. — 5. Iractus médians de Lancisi. — 5’, IracUis latéraux [LiBniæ tectæ). — C, limites latérales de la fice supérieure ducorps calleux. — 0’, limites latérales de sa face inférieure. — 7, ventricules latéraux. — 8, septum lucidum et sa cavité centrale. — 9, noyau caudé.

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b. Extrémité antérieure . — L’extrémité antérieure (fig. 692, 4), plus mince que la précédente, n’est séparée de l’extrémité antérieure du cerveau que par une distance moyenne de 3 centimètres. Elle se recourbe en bas et en arrière, comme on le voit très nettement sur les coupes sagittales (fig. 691) en formant ce qu’on appelle le genou du corps calleux. Cette portion réfléchie du corps calleux se terniine un peu en avant du chiasma du nerf optique (voy. Conformation extérieure du cerveau, p. 738) par une extrémité étroite et mince, appelée bec ou rostrum.

La face inférieure du genou du corps calleux est croisée de haut en bas et d’avant en arrière par deux tractus blanchâtres, à direction longitudinale, l’un droit, l’autre gauche (^tig. 640, 8'), que l’on désigne à tort sous le nom de pédoncules du corps calleux. Ces tractus, en effet, n’ont avec la formation calleuse que de simples rapports de contiguïté. Ils sont la continuation des nerfs de Lancisi, ci-dessus décrits. Arrivés au niveau du hec, ils s’écartent l’un de l’autre et passent dans l’espace perforé antérieur, où ils contribuent à former la bandelette diagonale (p. 741). Nous la retrouverons plus loin (voy. p. 843)

Par sa face antéro-inférieure ou convexe, le genou du corps calleux répond à la base du cerveau : on le voit très nettement, sur un cerveau reposant par sa face convexe, en écartant l’un de l’autre les deux hémisphères (fig. 638, 2).

Par sa face postéro-supérieure ou concave, il contourne le septum lucidum et ferme, en avant, les ventricules latéraux.

E . Angles. ~ Les angles du corps calleux sont au nombre de quatre, deux antérieurs et postérieurs :

a. Angles antérieurs. — Les angles

antérieurs (fig. 692, 9j répondent à l’extrémité antérieure du ventricule latéral : ce sont les cornes frontales du corps calleux. En avant du ventricule, les fibres calleuses qui constituent ces angles s’irradient dans le lobe frontal, en formant un large faisceau de forme triangulaire dont le bord interne est concave. Le bord interne du faisceau gauche et le bord interne du faisceau droit, en se regardant par leur concavité, forment un ensemble (fig. 694, 4) qui a été comparé par les anciens anatomistes aux deux branches d’une pince ou tenaille (forceps) : de là ~

le nom de forceps anterior ou forceps

minor, sous lequel on dénomme les irradiations frontales du corps calleux. Nous verrons tout à l’heure qu’il existe, à la partie postérieure du corps calleux; un autre forceps, le forceps major.

b. Angles postérieurs . — Les angles postérieurs du corps calleux forment à leur tour deux prolongements similaires, mais plus étendus, lesquels se subdivisent immédiatement après leur origine en deux portions, l’une postérieure, l’autre inférieure et externe :

a) portion postérieure, se portant en arrière, s’étale horizontalement au-dessus du prolongement occipital du ventricule latéral, en formant la voûte de ce

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prolongement ventriculaire (fig. 692,10) : c’est la corne occipitale du corp?, calleux .

Les fibres qui en partent s’irradient vers l’écorce du lobe occipital, en formant un large faisceau à concavité interne, que l’on désigne, par opposition au forceps anterior ou minor, sous le nom de forceps posterior ou forceps major (fig. 695, 8).

P) La portion inférieure et externe, située en dehors de la précédente (fig. 695, 9j, s’infléchit en bas et recouvre, à leur partie supéro-externe, le prolongement sphénoïdal et le prolongement occipital du ventricule latéral :

c’est la corne sphénoïdale du corps calleux ou tapétum. Nous verrons plus loin que le tapétum, que tous les auteurs jusqu’ici ont rattaché au corps calleux, doit être considéré, en partie, sinon en totalité, comme une dépendance du faisceau d’association occipito - frontal (voy. Centre ovale). Le tapétum existe, en effet, sur les cerveaux où le corps calleux ne s’est pas développé et, d’un autre côté, il reste intact, à la suite d’une section pratiquée sur le corps calleux et amenant la dégénérescence de celui-ci.

Fi^. 695.

Le foi'ceps major et le tapétum, vus par leur côté interne.

(La paroi interne du prolongement occipital du ventricule latéral a été enlevée par une section sagittale passant par la partie externe de la circonvolution de l’iiippocampe. Le corps calleux et la voûte de ce prolongement ventriculaire ont été érignés en haut ; la couche optique a été, elle aussi érignée en haut. Le plancher ventriculaire a été fortement érigné en bas).

1, bourrelet du corps calleux. — 2, couche optique. — 3, pédoncule cérébral. — 4, circonvolutions de Lhippocampe, renfermant le faisceau longitudinal inférieur. — 5, corne occipitale. — fi, plancher du prolongement sphénoïdal de ce môme ventricule latéral, avec : a. corne d’Ammon ; b. le corps bordant ; c, le coiqis godronné. —

8, forceps major, formant le toit du prolongement occipital. —

9, tapétum, formant en 9’, la paroi externe du prolongement occipital et en 9”, la partie externe du prolongement sphénoïdal.

Fig. 696.

Schéma indiquant, sur une coupe horizontale, la direction des fibres du corps calleux.

a, «, extrémité aniérieure du cerveau.

b. b, extrémité postérieure.

4° Constitution anatomique et connexions.

— Le corps calleux proprement dit, je veux dire le corps calleux sans les tractas de Lancini qui cheminent à leur surface se compose essentiellement de fibres nerveuses à direction transversale.

On admet généralement aujourd’hui que ces fibres, en passant du corps calleux dans le centre ovale des hémisphères, rayonnent dans tous les sens pour aller se terminer dans la substance grise de l’écorce cérébrale. On a encore admis, avec Meynert, que chacune d’elles se terminait, à droite et à gauche, dans des points symétriques. Les deux figures cicontre (fig. 696 et 697), qui représentent, la première une coupe horizontale, la seconde

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Line coüpe frontale du cerveau, indiquent nettement le chemin parcouru par les fibres du corps calleux : on voit qu’elles décrivent pour la plupart des anses régulières, dont la concavité se dirige en avant pour les fibres antérieures, en arrière pour les fibres postérieures, en haut pour les fibres supérieures, en bas pour les fibres inférieures.

U résulte d’une pareille disposition : 1° que chaque fibre du corps calleux, prise à part, relie l’une à l’autre deux régions homologues du manteau cérébral ; 2° que le corps calleux, dans son ensemble, doit être considéré comme une vaste commissure jetée entre les deux hémisphères et destinée vraisemblablement à les associer dans leur fonctionnement, soit physiologique, soit morbide.

Il est à remarquer, toutefois, qu’il est quelques régions de l’écorce qui ne reçoivent ni n’émettent de fibres calleuses. De ce nombre sont la région de la corne d’Ammon et la partie antéro-inférieure du lobe temporal : nous verrons plus loin que les deux régions ammoniennes sont reliées l’une à l’autre par les fibres transversales qui constituent la lyre (voy. Trigone cérébral) ; quant à la partie antéro-inférieure du lobe temporal, elle est, de

même, mise en relation avec celle du côté opposé par la commissure antérieure . Beevor avait émis l’opinion que le cunéus était, lui aussi, sans connexion avec les fibres du corps calleux; mais Djéjerine, en s’appuyant sur des faits de dégénérescence secondaire, a démontré qu’il n’en était rien et que le cunéus, comme toutes les autres circonvolutions occipitales, émettait et recevait des fibres calleuses.

Fig. 697.

Schéma indiquant, sur une coupe vertico-transversale ou frontale, la direction des fibres du corps calleux.

a, a, convexité du cei’veau. — 66, région de la base.

L’application de la méthode de Golgi à l’étude du corps calleux a révélé à Ramon y Cajal que les fibres constitutives de cet organe naissaient suivant une double modalité (fig. 698) ; les unes, et ce sont vraisemblablement les plus nombreuses, émanent des cellules pyramidales de petites dimensions ou peut-être aussi des cellules polymorphes, et ne sont que la continuation des cylindraxes de ces cellules; Zes autres naissent, un peu au-dessous de l’écorce, des fibres de projection ou d’association et peuvent être considérées comme de simples collatérales de ces dernières fibres. Quelle que soit leur origine, qu’elles soient fibres cylindraxiles directes ou simples collatérales d'autres fibres du centre ovale, les fibres calleuses traversent la ligne médiane et vont se terminer dans l’écorce du côté opposé par les arborisations libres. Chemin faisant (et c'est là encore un fait nettement établi par les recherches de Cajal), elles émettent vers le haut un certain nombre de collatérales qui, comme la branche mère, gagnent l’écorce et s’y résolvent en arborisations terminales libres. Grâce à ces collatérales, le champ d’action de chaque fibre calleuse est beaucoup plus étendu que celui qu’occupe sa cellule d’origine et, de ce fait, le théorème de Meynert, faisant des fibres calleuses des commissures transversales jetées entre les points symétriques des deux hémi-

Fig. 698.

Schéma montrant, sur une coupe frontale du cerveau, la disposition probable des fibres commissurales (d’après Cajal).

1, corps calleux, avec : 2, fibre cylindraxile directe ; 3, collatérale d’une fibre de projection; 4, collatérale d'une fibre d’association. — o, collatérale des fibres calleuses. — 6, deux fibres de projection. — 7, deux fibres de la commissure antérieure.

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sphères, ne saurait être pris à la lettre. Si nous le conservons, nous devons ajouter, à titre de correctif, que le territoire terminal d'une libre calleuse est incomparablement plus vaste que son territoire d’origine, d’où cette conclusion, formulée par Cajal, que la fibre calleuse est un . système d’association transversale très complexe, dans lequel la fibre, née par exemple d’un point de l’iiémisphère. peut se mettre en rapport de contact, non seulement avec les cellules symétriques du côté opposé, mais aussi avec de nombreuses autres cellules de diverses régions et couches de l’écorce. Cette manière de voir est en parfait accord avec ce fait que la destruction expérimentale d'une région déterminée de l’écorce (Muratow chez le chien) détermine, sur l’hémisphère du côté opposé, la dégénérescence d’une région qui est toujours plus étendue que la région expérimentalement détruite.

5° Signification anatomique des tractus de Lancisi. — Les tractus de Lancisi, tractus latéraux et médians, sont des formations entièrement indépendantes de la formation calleuse. Les éléments qui les constituent ont une signification tout autre que celle, ci-dessus décrite, que nous présentent les fibres transversales du corps calleux.

a. Tractus latéraux. — Les tractus latéraux ou tractus gris renferment de la substance grise à leur surface et de la substance blanche dans leur profondeur. Les éléments histologiques (fibres et cellules nerveuses) qui les constituent représentent, morphologiquement, des éléments de l’écorce cérébrale. Ils se continuent, sur le côté externe du tractus, avec les éléments similaires qui entrent dans la constitution de la circonvolution du corps calleux. Gomme le corps godronné, auquel ils font suite, les tractus gris doivent être envisagés comme constituant une circonvolution à l’état rudimentaire. Nous y reviendrons plus loin (voy. p. 843).

b. Tractus médians ou nerfs de Lancisi. — Quant aux tractus médians ou tractus blancs, ils sont formés par des fibres antéro-postérieures ou longitudinales, sur lesquelles se trouvent des traînées irrégulières de cellules nerveuses.

Tous les anatomistes sont d’accord sur ce point. Mais les divergences commencent quand il s’agit d’établir les connexions antérieures et postérieures de ces fibres.

D’après Luys, les tractus de Lancisi feraient suite en arrière aux corps godronnés (voy. plus loin. Ventricules latéraux) et viendraient se perdre, en avant, dans l’amas de substance grise qui occupe la partie inférieure du septum lucidum.

Pour Meyneut et Hügüenin, ils partiraient de la substance blanche qui recouvre la circonvolution de l’hippocampe et aboutiraient, d’autre part, à la partie antérieure de l’écorce de la circonvolution du corps calleux : les tractus de Lancisi ne seraient ainsi qu’une longue anastomose, reliant cette dernière circonvolution au système de la corne d’Ammon.

Giacomum, qui a bien étudié les connexions des tractus de Lancisi, les fait dériver en arrière, comme les tractus latéraux, de l’extrémité supérieure du corps godronné (fig. 699; et les fait terminer, en avant, dans les pédoncules du corps

Fig. 699.

Les nerfs de Lancisi et les tæniæ tectæ, vus à leur partie postérieure, avec leurs connexions avec le fasciola cinerea.

(La partie postérieure de la circonvolution du corps calleux a été réséquée suivant le plan sagittal et érignée en haut.)

1, corps calleux, avec 1', son bourrelet. — 2, trigone cérébral. — 3, 3, circonvolution dn corps calleux. — 4, circonvolution de l’iiippocampe. — 5, pli temporo limbiquc. — 6, corps godronné. — 7, fasciola cinerea. — 8, nerfs de Lancisi ou tractus blancs. — 9, tæniæ tectæ ou tractus gris.

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calleux, lesquels, comme nous l’avons déjà vu, se jettent dans la bandelette diagonale et, de là, dans la circonvolution de Thippocampe.

Je me range pour ma part à cette manière de voir et, avec le savant professeur de Turin, je considère le corps godronné, les tractus de Lancisi, les pédoncules du corps calleux et la bandelette diagonale comme constituant une seule et même formation : c’est, comme nous le verrons plus tard, une circonvolution rudimentaire, incluse dans la grande circonvolution limbique de Broca. Chez les rongeurs (souris, rats, etc. j, où les nerfs de Lancisi sont beaucoup plus développés que chez l’homme, Ramon y G.^jal a constaté, dans ces formations, la présence de plusieurs couches de cellules nerveuses qui, par leur disposition, rappellent exactement, quoique notablement simplifiées et rapetissées, les diverses couches de l’écorce cérébrale.

§ II. — TrIGONE cérébral ou VOUTE A QUATRE PILIERS

Le trigone cérébral (allem. et angl. fornix), que l’on désigne encore sous le nom de voûte à quatre piliers (voûte à trois pili ers des anciens auteurs), est une lame de substance blanche (fig. 700, 5) impaire et médiane, qui se trouve située immédiatement au-dessous du corps calleux,

1° Disposition générale et dimensions. — Pour le mettre à découvert, il suffit, le corps calleux une fois étudié, de l’enlever ou bien, après l’avoir convenablement incisé, de le renverser soit sur les côtés, soit en avant et en arrière. Le trigone, qui est au-dessous, nous apparaît alors (fig. 700, 5) sous la forme d’une lame blanche triangulaire, à hase postérieure, reposant sur les couches optiques et, entre les couches optiques, sur le ventricule moyen, dont il constitue la voûte. 11 mesure, en moyenne, 40 à 42 millimètres de longueur sur 38 à 40 millimètres de largeur à la base. Son épaisseur est de 3 ou 4 millimètres.

2° Conformation extérieure et rapports. — Aplati de haut en bas et, d’autre part, ayant la forme d’un triangle isocèle disposé horizontalement, le trigone cérébral nous offre à considérer : 1® deux faces, l’une supérieure, l’autre inférieure ; 2® trois bords ; 3° trois angles.

A. Face SUPÉRIEURE. — La face supérieure, fortement convexe dans le sens antéropostérieur, est plane ou légèrement concave dans le sens transversal. Ses rapports sont importants :

a) En arrière, dans son tiers postérieur environ, elle répond immédiatement au corps calleux et se confond avec lui d’une façon intime. La zone d’union (fig. 700, 6) entre le corps calleux et le trigone est délimitée, en avant, par une ligne régulièrement courbe à concavité dirigée en arrière.

[3) En avant, dans ses deux tiers antérieurs, la face supérieure du trigone est séparée du corps calleux par un intervalle qui s’accroît graduellement (fig. 701) en allant d’arrière en avant. Dans cette partie indépendante, la face supérieure du trigone donne insertion, sur la ligne médiane, au bord inférieur du septum lucidum (voy. Septum lucidum). De chaque coté de la ligne médiane, elle est entièrement libre et concourt alors à former le plancher du ventricule latéral : sur elle s’étale la membrane épendymaire.

B. Face inférieure. — La face inférieure repose dans toute son étendue sur la toile choroïdienne, qui la sépare à la fois des couches optiques et du ventricule

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moyen. Cette face adhère, mais faiblement, à la membrane sous-jacente, grâce à un tissu conjonctif lâche et â quelques vaisseaux, qui vont de l’une à l’autre de ces deux formations.

C. Bouds. — Au nombre de trois, les bords du trigone se distinguent en bord postérieur et bords latéraux :

a. Bord postérieur. — Le bord postérieur n’est pas libre : il se confond avec

Coupe liorizontale des deux hémisphères, passant par la face inférieure du corps calleux.

(Celui-ci a été enlevé dans presque toute son étendue, pour montrer les venti-icules latéraux et le trigone cérébral).

1, I. extrémités antérieure et postérieure de la scissure interhémisphérique. — 2, portion droite du corps calleux, érignée en haut et en dehors. — 3, genou du corps calleux. — 4, son bourrelet. — 5, trigone cérébral, avec : 5’ 5’, ses piliers antérieurs ; 5”, 5” ses piliers postérieurs. — 6, fusion du trigone avec le bourrelet du corps calleux. — 7, septum lucidum et sa cavité centrale. — 8, ventricule latéral. — 9, noyau oaudé. — 10, couche optique. — 11, sillon ,opto-strié — 12, plexus choroïdes des ventricules latéraux. — 13, trou de Monro, dans lequel on a introduit la pointe d’une sonde cannelée. — 15, scissure de Sylvius.

(Les deux lignes ponctuées 14 et 14 indiquent les limites latérales du prolongement occipital du ventricule latéral, lequel, à ce niveau, se trouve situé au-dessous de la coupe).

l’extrémité postérieure du corps calleux et entre, par conséquent, dans la constitution du bourrelet.

b. Bords latéraux. — Les deux bords latéraux, minces et tranchants, se dirigent obliquement d’arrière en avant et de dehors en dedans (fig. 700). ils sont longés par les plexus choroïdes des ventricules latéraux et se placent exactement dans l’angle dièdre que forment ces plexus choroïdes avec la toile choroïdienne.

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Abstraction faite de la toile choroïdienne, les bords latéraux du trigone reposent dans toute leur étendue sur la face supérieure de la couche optique.

A leur partie la plus antérieure, cependant, au moment où ils s’infléchissent pour devenir descendants, ils s’écartent légèrement de la couche optique et perdent momentanément le contact avec l’extrémité antérieure de ce noyau gris. Il en résulte la formation, à ce niveau, d’un petit orifice, arrondi ou ovalaire, qui fait communiquer le ventricule latéral avec le ventricule moyen : c’est le trou de Monro (fig. 700,13).

On voit, par les lignes qui précèdent, que cet orifice est formé : 1® en arrière, par la couche optique; 2° en avant, par le bord latéral du trigone, soulevé et disposé en arc (fig. 701, 1). C’est à la partie antéro-supérieure du trou de Monro, mais en réalité en dehors du trou, que passent les plexus choroïdes des ventricules latéraux, pour

venir se continuer avec la toile choroïdienne : ces plexus choroïdes sont, en effet, séparés du trou de Monro par leur revêtement épendymaire.

Fig. 701.

Le trou de Monro, vue externe par le ventricule latéral.

1, trigone cérébral, avec i’, son pilier antérieur gauche. — 2, couche optique. — 3, trou de Monro. — 4, noyau caudé. — 5, sillon oplo-strié. — 6, 7. deux veines volumineuses allant du corps strié à la veine de Galien. — 8, septum lucidum. — 9, veine choroïdienne allant à la veine de Galien. — 10, plexus choroïdes du ventricule latéral.

D. Angles et piliers.

Les

angles

du

trigone sont au nombre de trois, l’un antérieur, les deux autres postérieurs :

di. Angles postérieurs, piliers postérieurs.

— Les deux angles postérieurs (fig. 700,5”) se recourbent en bas et en dehors en formant deux bandelettes , que l’on désigne sous le nom de piliers postérieurs du trigone. Ces bandelettes ou piliers postérieurs s’engagent dans la portion sphénoïdale des ventricules latéraux. Nous y reviendrons dans un instant et indiquerons alors comment ils s’y terminent.

b. Angle antérieur, piliers antérieurs. —

L’angle antérieur, examiné par en haut et lorsque le trigone est en place, nous paraît être la terminaison antérieure de cet organe.

Il n’en est rien cependant : lorsqu’on soulève le trigone par sa base, pour prendre

une idée exacte de la manière dont se comporte cet angle antérieur, on le voit se bifurquer (fig. 739,6), et donner naissance à deux cordons divergents, qui se dirigent obliquement en bas, en dehors et en arrière : ce sont les piliers antérieurs du trigone. Le trigone possède donc deux piliers en avant comme en arrière et, de ce fait, mérite bien la dénomination de voûte à quatre piliers, de préférence à celle de voûte à trois piliers, que lui donnent encore certains

Fig. 702.

Le trou de Monro, vue interne par le ventricule moyen.

1, trigone cérébral, avec 1’, son pilier antérieur gauche. — 2, couche optique, avec 2’, commissure grise. — 3, trou de Monro. — 4, commissure blanche antérieure. — 5, substance grise intraventriculaire. — 6, sillon allant du trou de Monro à l'aqueduc de Sylvius. — 7, lamelle sus-optique. — 8, septum lucidum. — 9, toile choro'ïdienne du ventricule moyen soulevée pour laisser voir. — 10, plexus choroïdes des ventricules latéraux. — il, circonvolution de la face interne de l'hémisphère.

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anatomistes. Voyons maintenant comment se terminent ces différents piliers.

c. Trajet et terminaison des piliers du trigone. — Les piliers du trigone se terminent à une assez grande distance du point où ils prennent leur origine. C’est dire qu’ils ont un long trajet. Ce trajet, du reste est assez simple :

a) Les piliers postérieurs se dirigent obliquement de haut en bas, de dedans en dehors et d’arrière en avant et se partagent, immédiatement au-dessous du bourrelet du corps calleux, en deux branches ou bandelettes secondaires, l’une externe.

Fig. 703.

Le trigone cérébral, vu en ])lace avec ses piliers postérieui-s se pi'olongeant dans la portion sphénoïdale du ventricule latéral.

(Sur ce cerveau on a d'abord [)ratiquc la coupe de Vieussens. Puis, ou a enlevé le corps calleux (en sectionnant le septum luciduni) pour laisser voir le ti’igone cérébral; on a incisé dans sa longueur tout le noyau caudé et enlevé toute la portion de l'iiémisplière qui recouvre le prolongement spbéno'ïdal du ventricule latéral. Ceci fait, on a fortement écarté cliaque liémisphère de la ligne médiane pour avoir sous les yeux, vu d’en haut, le plancher de ce prolongement spliénoïdal du ventricule).

1 et r, bourrelet et genou du corps calleux. — 2, septum lucidum, avec 2’, sa cavité centrale. — 3, trigone cérébral, avec 3’, ses piliers postérieurs dercendant dans le prolongement sphénoïdal du ventricule latéral et s’y fusionnant avec les formations blanches de ce prolongement. — 4, trou de Monro. — 5, couche optique. — 6, noyau caudé. — 7, plexus choro'ïde du ventricule latéral, avec a, sa portion supérieure ; 6, sa portion inférieure ; c, sa portion moyenne se prolongeant dans la portion occipitale du ventricule (glomus). — 8, une grosse veine allant à la veine basilaire. — 9. corne d’Ammon. — 10, corps bordant. — 11, corps godronné. — 12, circonvolution de rhyj)pocampe, avec 12’, son crochet. — 13, bandelette de Giacomini. — 14, ergot de Morand. — lo, scissure de Sylvius. — lü, Ib’, grande scissure interhémisphérique.

l’autre interne (Tig. 703, 5’ et o”j. — La bandelette externe, fort courte, se jette sur la corne d'Ammon (voy. Ventricules latéraux) et se confond avec la substance blanche de cette saillie ou alvéus. — La bandelette interne se continue, sans ligne de démarcation aucune, avec le corps bordant (p. 837j et se prolonge ainsi, par cette dernière formation, jusqu’au crochet de la circonvolution de Thippocampe.

vj Les piliers antérieurs ont un trajet beaucoup plus complexe. Contournant de haut en bas l’extrémité antérieure de la couche optique, ils passent en arrière de

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la commissure blanche antérieure, s’engagent dans la substance grise du plancher du troisième ventricule et atteignent bientôt le côté externe et postérieur des tubercules mamillaires, que nous avons déjà vus, à la base du cerveau se juxtaposer l’un à l’autre sur le côté interne des pédoncules cérébraux. Se portant alors en bas et en avant (fig. 704, 5), puis en haut et en arrière, ils remontent vers la face interne de la couche optique, pénètrent dans l’épaisseur de cet organe et, finalement, viennent se perdre dans son tubercule antérieur. Gomme on le voit, les piliers antérieurs du trigone décrivent autour des tubercules mamillaires une sorte de huit de chiffre et,- du même coup, ils se trouvent divisés, grâce à ce changement de direction, en deux portions ; une portion descendante (c’est Vanse descendante) qui, partant de l’angle antérieur du trigone, aboutit au côté externe et postérieur du tubercule mamillaire ; une portion ascendante (c’est Vanse ascendante) qui, partant du côté interne et antérieur de ce même tubercule mamillaire, vient se terminer au tubercule antérieur de la couche optique.

Cette dernière portion (fig. 706,11), presque tout entière incluse dans la couche optique est connue sous le nom de faisceau de Vicqd' Azyr. On a cru cependant longtemps que l’anse descendante et l’anse ascendante des piliers antérieurs du trigone étaient en continuité directe et ne formaient qu’un seul et même faisceau. Contrairement à cette opinion, Gudden, en se basant sur des faits de dégénérescence expérimentale, a établi que les deux faisceaux en question sont entièrement indépendants et entrent en relation, le faisceau descendant avec le noyau externe du tubercule mamillaire (voy. Tubercules mamillaires) , le faisceau ascendant ou faisceau de Vicq-d’Azyr avec le noyau interne.

3° Constitution anatomique. — 11 suffit de jeter un simple coup d’œil sur le trigone et principalement sur sa face inférieure, pour constater l’existence, dans cette lame nerveuse, de deux ordres de fibres, les unes longitudinales, les autres transversales :

a. Fibres longitudinales. — Les fibres longitudinales, de beaucoup les plus nombreuses, se condensent pour former deux bandelettes, l’une droite, l’autre gauche, qui occupent les parties latérales du trigone (fig. 705, En suivant ces bandelettes d’arrière en avant, on constate tout d’abord qu’elles font suite aux piliers postérieurs. On les voit ensuite se diriger obliquement l’une vers l’autre, se rapprocher graduellement et, finalement, s’accoler sur la ligne médiane, jusqu’à l’angle antérieur du trigone. Nous les voyons alors se séparer de nouveau au delà de cet angle et, sous le nom de piliers antérieurs , descendre isolément vers les tubercules mamillaires. Ces deux bandelettes rappellent donc dans leur ensemble (fig. 705) la forme d’un x italique : elles représentent, en effet, deux courbes ou croissants, adossés par leur partie moyenne et séparés au contraire, au niveau de leurs extrémités, par deux espaces angulaires, l’un antérieur, l’autre postérieur.

Fig. 704.

Face interne de la couche optique avec, à sa partie antérieure, le pilier antérieur du trigone.

1, pédoncule céi’ébral, avec 1’, locus niger. — 2, commissure blanche postérieure. — 3, tubercule mamillaire. — 4, infundibulum. — 5, pilier antérieur du trigone. — 6, commissure blanche antérieure. — 7, couche optique, avec : 7’ son tubercule antérieur ; 7”, région du pulvinar. — 8, triangle de l’habénula. — 9, pédoncule antérieur de la glande pinéale yhabena). — 10, commissure grise. — 11, trou de Monro. — 12, sillon de Monro. — 13, plexus choroïdes. — 14, tænia semi-circularis.

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Schéjiia de la constitution anatomique du trigonc.

1. fibres Iransvers^les. — 2. fibres longiliidinales, allant à 3, le tubercule maniillaire. — 4, faisceau ascendant de Vic-d’Azyr, se rendant au tubercule antérieur de la courbe optic|ue, — a, a piliers antérieurs.

— h, 6’, piliers postérieurs.

C’est dans l’espace angulaire postérieur que se disposent les fibres transversales du trigone.

b. Fibres transversales. — Les fibres transversales, très visibles quand on

regarde le trigone par sa face inférieure, s’étendent régulièrement d’une bandelette à l’autre, en décrivant de légères courbes à concavité postérieure. Ces fibres (tig. 705, i) ont été comparées par les anciens anatomistes aux cordes d’une lyre : voilà pourquoi leur ensemble est désigné encore aujourd’hui sous le nom de fibres de la lyre ou, tout simplement, de lyre, àe, psalterium, de corpus psalloïdes.

¥ Connexions des fibres du trigone. — Les fibres longitudinales et les fibres transversales du trigone ont une signiücation différente et il convient de les examiner séparément :

a. Connexions de fibres longitudinales. — Les fibres longitudinales du trigone prennent naissance, ainsi que nous l’avons vu plus haut, en partie dans la corne d’Ammon, en partie (par le corps bordant) dans Tex- Iréniité antérieure de la circonvolution de l’hippocampe. De là, elles contournent de has en haut et d’arrière en avant la couche optique correspondante et viennent aboutir au noyau externe du tubercule niamillaire : ce sont donc des libres d’association unilatérales, reliant, dans un même

hémisphère, la région de l’écorce (écorce de la corne d’Ammon) à un noyau de la base (tubercule mamillaire) .

Mais toutes les fibres longitudinales du trigone ne se rendent pas au tubercule mamillaire. Au moment où le pilier antérieur s’infléchit en bas pour gagner le tubercule mamillaire, il abandonne, par sa face antérieure, un faisceau spécial qui, déjà signalé par FoviLLE, a été décrit à nouveau, en 1888, par ZuGKERKÂNDL SOUS le nom de faisceau olfactif de la corne d' A mm on {Riechbündel des Ammonshornes) . Ce faisceau, que j’ai représenté schématiquement dans la figure ci -contre (lig. 706,7”), longe de haut en bas le bord postéro-inférieur du septum lucidum, passe en avant de la commissure blanche antérieure, arrive à la base du cerveau entre le bec du corps calleux et l’espace perforé et, là, se divise en deux ordres de fibres : les unes, ce sont les moins nombreuses, se portent dans la bandelette olfactive, en suivant la racine blanche interne; les autres se jettent

Fig. 706.

Schéma, montrant le faisceau olfactif de la corne d’Ammon.

1, genou du corps calleux. — 2, scpluin lucidum. — 3, couche optique. — 4, pédoncule cérébral. — 5, espace perforé antéi’ieur. — 5’, scissure de Sylvius. — 6, bandelette olfactive, avec : 6’, racine blanche interne ; 6”, racine blanche externe. — T, trigone cérébral, avec : 7’, son pilier antérieur; 7\ faisceau olfactif de la corne d’Ammon. — 8, tractus blancs de Lancisi. — 9, fibres allant à la bandelette diagonale. — 10, tubercule mamillaire avec ses deux noyaux. — 11. faisceau de Vicq d'Azyr. — 12, circonvolution du corps calleux. — 13, carrefour olfactif. — 14, crochet de

riiippocampe. — 15, commissure blanche antérieure.

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dans la bandelette diagonale avec le pédoncule antérieur du corps calleux et par cette bandelette, aboutissent à la circonvolution de Thippocampe.

b. Connexions des fibres transversales. — Les fibres transversales du trigone dont l’ensemble, comme nous l’avons déjà dit, constitue la lyre, vont d’une corne d’Ammonà l’autre. La lyre devient ainsi une large commissure jetée entre les deux cornes d’Ammon : c’est la commissaire inter ammonienne . On l’a vue persister dans certains cas d’absence congénitale du corps calleux.

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