‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 128 sur 166 · III. — Septum lucidum ou cloison transparente · texte numérisé non relu

III. — Septum lucidum ou cloison transparente

Nous venons de voir que le trigone cérébral, fusionné avec le corps calleux à sa partie postérieure, s’écarte bientôt de ce dernier organe en se portant en bas et en avant (fig. 708). Il en résulte que le corps calleux et le trigone sont séparés l’un de l’autre, à leur partie antérieure, par un angle dièdre à ouverture antérieure. Dans cet angle dièdre s’insinue une lame nerveuse, verticale et médiane : c’est le septum lucidum ou cloison transparente. Elle est ainsi appelée à cause de sa minceur, qui permet aux rayons lumineux de la tra-

verser.

On peut le mettre à découvert de la façon suivante (fig. 7U7) : inciser latéralement le corps calleux à 15 millimètres à droite et à gauche de la ligne médiane, l’incision partant du genou et arrivant jusqu’au voisinage du bourrelet ; cela fait, réunir les deux incisions à leur partie postérieure et essayer, alors, de relever la portion moyenne des corps calleux ainsi isolé On constate qu’elle est retenue en bas par sa fusion avec le trigone cérébral d’abord, puis par une lame médiane, placée en sens sagittal, qui n’est autre que la cloison transparente. On l’incise au ciseau en rasant la face inférieure du corps calleux et on renverse ce dernier en avant. On a alors sous les yeux l’extrémité antérieure des deux ventricules et, entre les deux, le septum lucidum.

Cette préparation, en nous montrant le septum lucidum en place, nous fixe seulement sur sa situation. Pour bien voir sa forme et ses connexions périphériques, il importe de pratiquer, sur un cerveau entier, une coupe sagittale passant, non pas sui*-la ligne médiane (cette ligne intéresserait le septum), mais à quelques millimètres en dehors de cette ligne : la section, dans ce cas (fig. 708), rase la face latérale du septum et nous avons cette formation tout entière parfaitement en place sur le segment externe de la coupe.

1° Conformation extérieure. — Comme l’espace qu’il est destiné à combler, le septum lucidum affecte la forme d’un triangle

Fig. 707.

Le septum lucidum, vu d’en haut à travers une fenêtre faite à la partie antérieure du corps calleux.

1, corps calleux vu par sa face supérieure. — 2, partie moyenne de ce corps calleux (après incision indiquée dans le texte) soulevé et renversé en avant. — 3, 3’, ventricules latéraux sur le plancher desquels se voient le trigone. la couche optique et la tête du noyau caudé. — 4, septum lucidum, cloison sagittale située entre les deux ventricules. — 5, cavité du septum. — (J, bord supérieur du septum fixé sur la surface inférieure du coiqis calleux et détaché au ciseau du reste de la formation.

curviligne (fig. 708, 0) et nous présente, par conséquent, deux faces, trois bords et trois angles :

S(YSTÉME NERVEUX CENTRAL

a. Faces. — Les deux faces, l’une droite, l’autre gauche, contribuent à former la paroi interne de la portion frontale des ventricules latéraux. Elles sont planes, lisses et d’un aspect grisâtre.

b. Bords. — Les bords se distinguent en supérieur, antérieur et inférieur. — Le bord supérieur , horizontal et assez régulièrement rectiligne, s’unit à la face inférieure du corps calleux. — Le bord antérieur, également convexe, répond à la

^ ^ ^ portion réfléchie ou genou de ce même corps

7 12 i i calleux. — Lq bord, inférieur miQnn pos-

téro-inférieur, concave, s’unit à la face supérieure du trigone.

c. Angles. — Les trois angles sont antérieur, postérieur et inférieur. — V angle antérieur répond au genou du corps calleux. Il est arrondi et mousse. — L'angle postérieur , formé parla rencontre du bord supérieur et du bord postéro-inférieur, est au contraire très aigu. Il s’effile en pointe entre le corps calleux et le trigone et, sous le nom de queue du septum, se prolonge en arrière jusqu’au point où ces derniers organes arrivent au contact l’un de l’autre et se confondent. — L'angle inférieur répond au bord supérieur de la commissure antérieure, üe cet angle s’échappe, de chaque côté de la ligne médiane, un petit faisceau de fibres blanches à trajet descendant, qui, arrivé à la base du cerveau, se continue avec le pédoncule du corps calleux. Ce faisceau, que l’on désigne quelquefois en raison de ses relations sous le nom de pédoncule du seplum, n’est autre que la racine olfactive de la corne d’Ammon, que nous avons décrite plus haut (p. 8iî3) à propos des piliers antérieurs du trigone.

cA Fig. 708.

Septum lucidum, vu par sa face latérale droite.

(On a pratiqué sur le cerveau une coupe sagittale passant un peu à droite de la ligue médiane ; la figure représente le segment gauche, vu par sa face interne).

1, corps calleux, avec : 1’ son genou, 1”, son bec, — 2, trigone cérébral. — 3, couche optiipie. — 4, trou de Monro. — 5, plexus choroïdes. —0, septum lucidum. — 7, circonvolutions du corps calleux. — 8, commissure blanche antérieure.

a«, hh. cc, axes suivant lesquels ont été pratiquées les trois coupes représentées dans la figure suivante.

2° Cavité du septum. — Si on incise le septum lucidum, soit horizontalement, soit verticalement, on constate à sa partie centrale l’existence d’une petite cavité (fig. 709,6), que l’on a désignée à tort, nous verrons tout à l’heure pourquoi, sous le nom de cinquième ventricule ou ventricule de la cloison. Nous l’appellerons tout simplement caez/é du sejo/zzm, dénominations qui, tout en indiquant nettement sa situation, a le grand avantage de ne rien préjuger de sa nature.

Vue sur une coupe frontale (fig. 709, Gj, la cavité du septum nous apparaît sous la forme d’une petite fente triangulaire, dont la base dirigée en haut répond au corps calleux et dont le sommet dirigé en bas repose sur le trigone. Elle mesure, en moyenne, 3 centimètres de longueur surI2 millimètres de hauteur ; sa largeur, mesurée à sa partie supérieure où elle est maxima, est de 2 à 3 millimètres. Le plus souvent, la cavité du septum, s’arrête, en arrière, à la partie moyenne du corps calleux.

Dans certains cas, cependant, on le voit se prolonger jusqu’à l’extrémité postérieure de cette lame nerveuse, sous la forme d’un fin diverticulum, qui, arrivé au bourrelet, se termine par un sorte de dilatation de 10 à 12 millimètres de

longueur : c’est à cette dilatation qu’on donne le nom, bien impropre du reste, de ventricule de Verga.

On a agité pendant longtemps la question de savoir si la cavité du septum était isolée ou bien communiquait avec les véritables cavités ventriculaires, notamment avec le ventricule moyen. L’opinion qui tend à en faire une cavité complètement isolée a fini par prévaloir, et l’on ne cite plus aujourd’hui que pour mémoire la

Eig. 709.

Trois coupes frontales A, B, G. passant par les trois axes aa, bb, cc, de la figure précédente (segments antérieurs de la coupe, vus par leur face postérieure).

1, scissure interliémisphérique. — 2, circonvoluLiou du corps calleux. — 3, corps calleux. — 4, Irigoiie cérébral.

5, septum luciduni. — 6, cavité du seplum. — 7, ventricule moyen. — 8, ventricule latéral. — 9, conclie optique. - 10, commissure grise. — il, 11, vaisseaux du seplum.

fameuse fente décrite par Tarin entre la partie postérieure du cinquième ventricule et cette dépression, appelé vulve, qui se voit sur le bord antérieur du ventricule moyen. L’embryologie, du reste, a depuis quelque temps déjà fermé l’ère des discussions, en établissant nettement que la cavité du septum n’a et ne peut avoir aucune connexion avec la cavité centrale du névraxe embryonnaire.

3° Signification morphologique. — La cloison transparente se compose donc, en réalité, de deux lames latérales, l’une droite, l’autre gauche, séparées l’une de l’autre par une cavité intermédiaire. Demandons-nous, maintenant, quelle est la signification morphologique de ces différents éléments.

L’embryologie, nous répondant ici d’une façon très nette, nous apprend, tout d’abord que les lames du septum ne sont pas autre chose que des segments de la paroi cérébrale primitive et, d’autre part, que la cavité du septum qui les sépare n’est purement et simplement qu’une portion de la scissure inter-hémisphérique qui s’est isolée en cavité distincte dans le cours du développement. Les deux figures schématiques ci-dessus (fig. 710 et 711), que j’emprunte à Mathias Duval nous font assister, pour ainsi dire à leur formation.

La figure 710 nous représente la coupe transversale du cerveau d’un embryon humain à la fin du troisième mois. Elle nous montre la pie mère descendant dans la scissure interhémisphérique et s’étalant au-dessus du ventricule moyen et des couches optiques en une lame horizontale, qui deviendra plus tard la toile choroïdienne . A ce stade de son évolution, la toile choroïdienne est, comme on le voit, en continuité directe avec la pie-mère qui tapisse la face interne des hémisphères.

Mais bientôt, la partie de l’hémisphère qui recouvre la future toile choroïdienne se soude sur la ligne médiane avec celle du côté opposé et donne ainsi naissance à une lame nerveuse, impaire et médiane, qui n’est autre que le irigone cérébral.

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

La toile choroïdienne se trouve, de ce fait, séparée de la pie-mère interhémisphériqiie. D’autre part, au dessus du trigone, la partie moyenne de la face interne des

Coupe schématique d'un embryon du troisième mois (d’après Mathias Du val).

Fig. 711.

Transformations délînitives des parties représentées dans la figure 710 (d'après M.vnuAs Düval).

1, paroi inférieure de la vésicule des couclies optiques. — 2. vésicule des couches optiques. — 3, ses parois latérales. — 4, sa paroi supérieure. — 5, fente de Mouro — G, cavité des vésicules des hémisphères. — 7, refoulement de la paroi cérébrale à la partie interne de la future corne sphénoïdale. — 8, paroi cérébrale. — 9, son épaississement pour la formation des corps striés. — 10, formation de la corne d’Ammon. — 11, région du trigone. — 12, région de la cloison transparente. — 13, région du corps calleux. — 14, refoulement de la paroi cérébrale par la pie-mère (plexus choroïdes) en dehors du trigone.

hémisphères s’épaissit, s’avance sur la ligne médiane, y rejoint la partie correspondante de l’hémisphère opposé et se fusionne avec elle. De cette fusion résulte

la formation d’une deuxième lame transversale jetée entre les deux hémisphères : cette deuxième lame, située au-dessus de la précédente, n’est autre que le corps calleux.

La figure 711 nous montre ces deux formations complètement développées : en i l , se voit le trigone ; en 13, le corps calleux. Cette figure nous fait voir très nettement que la scissure inlerhémisphérique, qui descendait primitivement jusqu’à la toile choroïdienne, puis jusqu’au trigone, s’arrête maintenant au corps calleux et se trouve divisée par ce corps calleux en deux parties parfaitement distinctes : 1® une partie supérieure ou sus-calleuse, qui est la scissure interhémisphérique de l’adulte ; 2° une partie inférieure ou sous-calleuse , enclavée entre les deux formations nouvelles précitées et complètement isolée de la surface des hémisphères. Cette deuxième partie n’est autre que la cavité centrale de notre septum lucidum, et les parois, fort minces, qui la limitent latéralement et qui représentent en réalité septum lucidum, pour mon- «ne poi'lion de la pai’oi cerebrale, conelituent ce que trer son mode de constitu- nous avons appelé plus haut les lamelles du septum. lion anatomique.

A, scissure interhémispliérique — a, cavité du septum. — 1, pie-mère cérébrale {en rou(jé). — 2, substance grise corticale. — 3, substance blanche du centre ovale. — l’. ,2', 3’, j)r* mière, deuxième et troisième couches de chacune des lamelles du septum. — 4, épendyme du ventricule latéral, formant leur revêtement externe. — 5, corps calleux. — G, trigone cérébral. — 7, ventricule moyen. — 8, couche oiuique.

CERVEAU

4® Constitution anatomique. — Ces quelques notions d’embryologie, en nous faisant connaître la signilication morphologique du septum lucidum et de sa cavité centrale, nous indiquent en même temps, et cela d’une façon très nette, quelle est sa constitution anatomique.

Le septum lucidum se compose de deux lames latérales absolument identiques (fig. 712) et, comme nous venons de le voir, chacune d’elles n’est autre chose qu’une portion de la paroi de l’hémisphère. L’une et l’autre de ces deux lames nous présentent, par conséquent, deux couches nerveuses : une couche interne^ formée par de la substance grise ; une couche externe, formée par de la substance blairche. La première de ces couches est une dépendance du manteau des hémisphères; la seconde, une dépendance du centre ovale.

En outre, chaque lamelle possède un double revêtement : en dedans, du côté de la cavité centrale, c’est un revêtement conjonctivo-vasculaire (en rose dans la fig. 712), qui est l’homologue de la pie-mère ; en dehors, du côté du ventricule latéral, c’est un revêtement épithélial (en jaune dans la figure 712), qui n’est autre que la membrane épendymairo.

Au total, chacune des deux lamelles du septum lucidum se compose de quatre couches, qui sont, en allant de dedans en dehors : 1° un revêtement conjonctivovasculaire ; 2° une couche de substance grise; 3® une couche de substance blanche; 4° la membrane épendymaire des ventricules latéraux.

§ IV. — Ventricules latéraux

Au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche, les ventricules latéraux sont des cavités anfractueuses, situées de chaque côté de la ligne médiane et s’étendant, en longueur, du lobe frontal au lobe occipital. Ils représentent, au point de vue du développement, les cavités centrales des vésicules hémisphériques de l’embryo)!.

Envisagés au point de vue de leurs rapports réciproques, les ventricules latéraux sont complètement séparés l’un de l’autre. Mais chacun d’eux communique individuellement avec le ventricule moyen par le trou de Monro, de telle sorte qu’une injection, poussée par l’un quelconque des deux ventricules latéraux, pénètre également dans le ventricule opposé par l’intermédiaire du ventricule moyen.

Du lohe frontal, où il prend naissance, le ventricule latéral se dirige d’abord en arrière (fig. 713,1), jusqu’à l’extrémité postérieure de la couche optique. Là, changeant brusquement de direction, il se porte en bas, puis en avant, et vient se terminer dans l’extrémité antérieure du lobe temporal . Dans cette dernière partie de son trajet, le ventricule latéral contourne successivement

G DEVY â

Fig. 713.

Coupe sagittale de l’hémisphère cérébral gauche, pratiquée un peu en dehors de la ligne médiane, pour montrer les trois prolongements du ventricule latéral.

l, prolongement antérieur ou frontal du ventricule latéral.

— 2, son prolongement inférieur ou sphénoïdal. — 3, son prolongement postérieur ou occipital. — 4, carrefour ventriculaire.

— 5, corps calleux. — 6, coupe des noyaux opto-striés et de la capsule interne.

SYSTEME NEKVEUX CENTRAL

l’extrémité postérieure de la couche optique et la face inférieure du pédoncule cérébral, d’où le nom de canal circuni})édonciilaire lequel on le désigne quelquefois. Enfin, au niveau du point où il change de direction, le ventricule envoie vers l’extrémité postérieure du cerveau un diverticuliini horizontal et curviligne qui semble prolonger en arrière sa première direction.

Nous pouvons donc, pour faciliter la description, diviser le ventricule latéral en trois portions, savoir : une porlion antérieure ou frontale, qui s’étend de l’extrémité antérieure du ventricule jusqu’à la partie postérieure de la couche optique ;

wnQ portion postérieure ou occipitale, qui, de la partie postérieure de la couche optique, se porte dans le lobe occipital ; d'aune portion inférieure o\x sphénoïdale , qui comprend la portion réfléchie ou descendante de la cavité ventriculaire. Ces dilférentes portions, nettement isolées les unes des autres dans la plus grande partie de leur étendue, se réunissent toutes les trois au niveau de la partie postérieure de la couche optique. Nous donnerons à cette région commune aux trois portions du ventricule latéral le nom de carrefour ventriculaire : c’est une région schématiquement triangulaire (fig. 713, 4), aux trois angles de laquelle aboutissent les trois portions précitées.

A. — POUTION ANTÉIUEUKE OU FUONTALE

La portion antérieure ou frontale du ventricule latéral se dirige d’avant en

ai'rière , en décrivant une légère courbe à concavité externe. Elle mesure, en moyenne, 7 centimètres de longueur ; elle est horizontale, aplatie de haut en bas, beaucoup plus large en avant qu’en arrière.

On lui considère deux parois, l’une supérieure, l’autre inférieure ; deux bords, l’un externe, l’autre interne; et, enfin, deux extré^nités. Etudions successivement chacun de ces éléments :

1'^ Paroi supérieure. — La paroi supérieure ou voûte, légèrement concave, dans le sens postérieur, est formée par la face inférieure du corps calleux. Nous rappelerons, à ce sujet, que le prolongement en éventail que l’angle antérieur du corps calleux envoie dans le lobe frontal a reçu le nom de corne frontale.

T Paroi inférieure. — La paroi inférieure ou plancher (fig. 700) est beaucoup plus complexe. Elle est constituée par un certain nombre de formations, de valeur fort diffe-

Moule en plâtre des cavités ventriculaires, vu d’en haut.

a.tt’, a”, les trois prolongements frontal, occipital et spénoïdal du ventricule latéral gauche. — h, ventricule moyen ou troisième ventricule. — c, quatrième ventricule. — d, origine du canal central de la moelle. — 1, angle inférieur du quatrième ventricule. — 2, son angle supérieur. — 3, reccssus latérales. — afiueduc 4, de Sylvius. — •'i. cul-de-sac sus-pinéal. — G, vulve. — 7, carrefour ventriculaire.

CERVEAU

Fig. 713.

Le même, vu par sa face latérale gauche.

a’, a" a’”, prolongements frontal, occipital et sphénoïdal du ventricule latéral gauche. — b, troisième ventricule.

1, trou de Monro. — 2, vulve. — 3, cul-de-sac sus-optique. — 4, infundibulum. — 5, commissure grise. — 6, anus. — 7, aqueduc de Sylvius. — 8, cul-de-sac pinéal. — 9, cul-de-sac sus-pinéal. — 10, carrefour ventriculaire. — 11, empreinte du noyau caudé. — 12, sillon opto-strié. — 13, empreinte de la couche optique.

rente, que nous allons rapidement énumérer (nous aurons à les décrire plus tard), en allant de dehors en dedans :

a) A sa partie externe tout d’abord, le plancher ventriculaire est formé par une masse grise, ou plutôt gris rougeâtre, légèrement saillante, c’est le noyau caudé du corps strié. Le noyau caudé représente assez bien une virgule, dont la grosse extrémité ou tête est dirigée en avant, dont la petite extrémité ou quelle s’effile et se prolonge en arrière jusqu’au carrefour ventriculaire. La queue va même beaucoup plus loin : arrivée au carrefour, elle s’infléchit de haut en bas, puis d’arrière en avant et gagne la voûte du prolongement

sphénoïdal (fig. 716, 6’), qu’elle contribue à former et où nous la retrouverons.

P) En dedans du noyau caudé, se trouve la couche optique, autre noyau de substance grise, contrastant par sa blancheur relative avec la teinte gris rougeâtre du noyau précédent. La couche optique, disons-le en passant, n’entre dans la constitution du ventricule latéral que parla moitié externe de sa face supérieure.

y) En dedans de la couche optique, le plancher ventriculaire est formé par la face supérieure du trigone cérébral (fig. 700, 5). Rappelons ici l’existence, entre l’extrémité antérieure de la couche optique et la partie correspondante du trigone, du trou de Monro, qui fait communiquer a ce niveau la portion frontale du ventricule latéral avec le ventricule moyen.

S) Le bord latéral du trigone, oblique en avant et en dedans, est longé dans toute son étendue par deux cordons rougeâtres, de nature cellulo-vasculaire ; ce sont les plexus choroïdes des ventricules latéraux, sur lesquels nous aurons à revenir dans l’un des paragraphes suivants.

s) Enfin, entre la couche optique et le noyau caudé, existe un sillon, généralement très marqué, que nous désignerons sous le nom de sillon opto-strié. Ce sillon (fig. 700, 11), oblique en avant et en dedans, décrit une légère courbe à concavité

dirigée en dedans et en arrière. 11 nous présente successivement, en allant des parties superficielles vers la profondeur, les trois formations suivantes : la lame cornée, la veine du corps strié, le tænia semi-circularis . — La lame cornée

Fig. 716.

Vue d’ensemble des noyaux opto-striés et du tænia semi-circularis.

1, couche optique. — 2. habena. — 3, pilier antérieur du trigone. — 4, commissure blanche antérieure. — 5, 5, tænia semi-circularis. — ■ 6, noyau caudé, avec 6’, sa portion réfléchie. — 7, coupe du pédoncule cérébral. — 8, circonvolution de l’hippocampe, avec 8’, son crochet. — 9, corps bordant. — 10, corps godronné, avec 10’, bandelette de Giacomini. — 11, prolongement sphénoïdal du ventricule latéral.

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estime lamelle blanchâtre, large de 2 à 3 millimètres, occupant toute l’étendue du sillon opto-strié. On la considère généralement comme une simple dépendance de la membrane épendymaire, qui se serait épaissie à ce niveau. Elle est constituée, en réalité, par un petit paquet de fibres nerveuses longitudinales, qui dépend du tænia semi-sircularis et qui est recouvert en haut, du côté du ventricule, par l’épithélium de la membrane épendymaire. — La veine du corps strié chemine d’arrière en avant au-dessous de la lame cornée, recueillant sur son passage de nombreux affluents que lui envoient la couche optique et le corps strié. Arrivée à l’extrémité antérieure de la couche optique, elle s’infléchit en dedans et s’engage au-dessous du trigone (voy. Veines du cerveau), pour aboutir aux veines de Galien. — Le tænia semi-circularis ou bandelette demi-circulaire (fig. 716, o) est un petit ruban de fibres nerveuses, situé au-dessous de la veine du corps strié. Parti de l’extrémité antérieure de la couche optique, où il prend naissance, ce ruban parcourt le sillon opto-strié dans toute son étendue. Puis, se recourbant en bas et en avant, il se porte vers l’extrémité antérieure de la portion sphénoïdale du ventricule. Il embrasse ainsi à la manière d’un lien l’espèce de gerbe, qui, du pédoncule cérébral et de la couche optique, rayonne vers les hémisphères. Finalement, le tænia aboutit à un noyau de substance grise, le noyait amygdalien, qui, comme nous l’avons vu (p. 782j, occupe l’extrémité antérieure de la circonvolution de l’hippocampe.

Rien n'est moins élucidé que le mode d’origine des fibres du tænia semi-circularis à l’extrémité antérieure du sillon opto-strié. A côté des anatomistes qui les font naître de la couche optique, il y en a d’autres, comme Meynkkt, qui les font dériver du noyau caudé. Foville considérait le

tænia comme un faisceau semi-circulaire, dont les deux extrémités répondaient l'une et l’autre à l’espace perforé antérieur. Longet admettait, à son tour, une division du tænia en deux faisceaux, dont l’un pénétrait dans la couche optique, l’autre s'unissait au pilier antérieur du trigone. ScHW.^LUE, dans sa Nervenlehre, décrit la bandelette en question comme provenant à la fois : U des piliers antérieurs du trigone; 2“ du fond de la portion frontale du ventricule, en avant de la commissure blanche antérieure. Je me range

c.de:w

Fig. 717.

Origines du tænia semi-circularis.

1. couche opti(iue. — 2. pédoncule antérieur de la glande pinéale. — 3. pilier antérieur du trigone, sectionné en haut — V, coupe de la commissure blanche antérieure. — 3, 3', tænia semi-circularis. — 6, un faisceau aberrant de cette bandelette. — 7, étalement du tænia à l'extrémité antérieure du sillon opto-strié. — 8, fibres se rendant au trigone. — 9, fibres paraissant aller à la commissure. — 10, fibres se perdant sur le plancher ventriculaire li. — 12, veine du corps strié réséquée sur presque toute sa longueur pour laisser voir le tænia semi circularis. — 13, noyau caudé, avec 13’, sa portion réfléchie.

tète du noyau caudé ; quelques-unes de ses

enüèrement à celte dernière opinion. Tout récemment. sur un sujet où le tænia semi-circularis était beaucoup plus développé et surtout beaucoup plus superliciel que d’habitude (lig. 717), j’ai vu nettement ce faisceau se diviser, au niveau du trou de Monro , en deux faisceaux secondaires : l’un, le faisceau interne, se jetait dans le pilier antérieur du trigone et faisait corps avec lui ; l’autre, le faisceau externe, s’éparpillait en forme d’éventail en avant de la commissure antérieure et disparaissait dans la substance grise qui se trouve entre le septum lucidum et la fibres cheminaient à la surface même du noyau

caudé et se terminaient probablement dans l’épaisseur de cet organe.

3° Bord externe. — Le bord externe de la portion frontale du ventricule latéral est légèrement courbe, à concavité externe. Il est formé par la rencontre du corps calleux avec la partie externe du noyau caudé.

4° Bord interne. — Le bord interne est constitué tout d’abord, à sa partie postérieure, par la ligne d’union du corps calleux avec le trigone. Puis, lorsque ces deux formations se séparent pour suivre une direction différente, il est formé par le septum lucidum, qui isole l’un de l’autre, comme nous l’avons déjà vu, les deux

CERVEAU

ventricules latéraux. Mais, à partir de ce point, le bord interne du ventricule acquiert les proportions d’une véritable face et, comme la hauteur du septum s’accroît graduellement d’arrière en avant (fig. 718), cette face est d’autant pins élevée qu’on se rapproche davantage de l’extrémité antérieure du ventricule.

5° Extrémités. — Les extrémités de la portion frontale de notre ventricule latéral sont au nombre de deux, l’une antérieure , l’autre postérieure :

a) Vextrémité antérieure répond au genou du corps calleux, qui ferme le ventricule sur ce point. Elle est distante, en moyenne, de 30 millimètres de l’extrémité antérieure du lobe frontal.

(3) Vextrémité postérieure aboutit au carrefour ventriculaire et, là, entre naturellement en relation avec la partie correspondante des deux autres portions occipitale et sphénoïdale.

B. — Portion postérieure ou occipitale

La portion postérieure, du ventricule latéral, appelée encore quelquefois cavité digitale ou ancyroïde, se détache du carrefour et, de là, se porte horizontalement en arrière en décrivant une courbe à concavité interne.

Cette portion se rétrécit graduellement au fur et à mesure qu’elle s’éloigne du carrefour et se termine en pointe au voisinage de l’extrémité postérieure du cerveau. Son développement paraît être en rapport avec celui du lobe occipital. Elle présente à ce sujet, du reste, de nombreuses variations suivant les individus et aussi, sur le même individu, suivant le côté où on l’examine : celle du côté gauche est généralement (dans les deux tiers des cas d’après Engel) plus étendue que celle du côté droit. La cavité digitale, vue sur une coupe frontale de l’hémisphère (fig. 719, 3), se présente le plus souvent sous la forme d’une fente obliquement dirigée de haut en bas et de dedans en dehors. Nous pouvons donc lui considérer, comme à la portion frontale : 1° deux parois, l’une supéro-externe, l’autre inféro-interne ; 2° deux bords-, 3° deux extrémités.

1° Paroi supéro-externe. — La paroi supéro-externe ou voûte est concave. Elle est formée par les faisceaux du forceps major et du tapétum (voy. Corps calleux) et, plus en dehors, par les radiations optiques.

Fig. 718.

La paroi interne du prolongement occipital du ventricule latéral, vu de face.

(Le ventricule a été ouvert par en haut ; puis, sa paroi externe a été enlevée par une coupe oblique descendant jusqu’au voisinage du plancher).

i, bourrelet du corps calleux. — 2, pôle occipital. — 3, prolongement occipital du ventricule latéral, avec 3’ son plancher. — 4, bulbe de la corne postérieure. — 5, ergot de Morand. — 6, petite saillie longitudinale intermédiaire aux deux saillies précédentes. — 7, 7’, corps bordant et corne d’Ammon disparaissant dans le prolongement sphénoïdal du ventricule. — 8, 8, vaisseaux ventriculaires.

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

2° Paroi inféro-interne. — La paroi inféro-interne, que Ton désigne quelquefois sous le nom de hase, est convexe et très rapprochée, sur certains points, de la face

interne de l’hémisphère. En parcourant cette paroi de haut en has (fig. 718), on rencontre deux saillies blanches, dirigées d’avant en arrière et superposées ; une ■'" saillie supérieure , appelée bulbe de la ^ corne postérieure ; une saillie inférieure, ^ connue sous le nom ôé ergot de Morand : a. Bulbe de la corne postérieure. — Le bulbe (4) occupe la partie toute supérieure de la paroi inféro-interne. Elle n’est autre que le relief que fait dans la cavité ventriculaire le forceps major du corps calleux.

h. Ergot de Morand. — Au-dessous du bulbe et occupant toute l’étendue antéropostérieure de la corne occipitale, se voit une saillie conoïde de coloration blanche, ayant à peu près la même direction et la même forme que la cavité qui la contient (fig. 718, 5). Cette saillie a été bien décrite au siècle dernier (1744) par Morand, qui l’a comparée à un ergot, d’où le nom d'ergot de Morand que lui donnent aujourd’hui la plupart des anatomistes. On l’appelle encore petit hippocampe, par opposition à une saillie similaire, le

grand hippocampe, que nous rencontrerons tout à l’heure dans la portion sphénoïdale du ventricule latéral.

On distingue à l’ergot de Morand : Lune face externe, libre, convexe et arrondie, qui fait saillie dans le ventricule; une face interne, adhérente, qui se fusionne avec le plancher de la cavité digitale ; 3° un sommet, dirigé en arrière, légèrement arrondi dans la plupart des cas ; 4° une base, enfin, correspondant au carrefour ventriculaire et s’y continuant, à la fois, avec le corps calleux et avec la corne d’Ammon ou grand hippocampe. On rencontre parfois, entre le bulbe de la corne postérieure et l’ergot de Morand, une petite saillie intermédiaire (fig. 718, 6) qui les sépare l’un de l’autre.

Au point de vue de sa signification morphologique, l’ergot de Morand, que l’on

Fig. 719.

Le prolongement occipital du ventricule, vu sur une coupe frontale passant par la partie postérieure du corps calleu.v (hémisphère gauche, segment postérieur de la coupe).

1, bourrelet du corps calleux. — 2, scissure calcarine.

— 3, ventricule. — 4, ergot de Morand. — 5, bulbe.

— 6, saillie longitudinale intermédiaire aux deux saillies précédentes. — 7, tapétum. — 8, l'aisceau optique. —

— 9, faisceau longitudinal inférieur.

Coupe transversale du lobe occipital passant par l'ergot de Morand.

1, prolongement occipital du ventricule latéral. — 2, ergot de Morand. — 3, scissure calcarine. — 4, bord externe de l’hémisphère. — o, centre ovale. — G, éminence collatérale. — 7, 7’ faisceaux de fibres coupés eu travers.

considère improprement comme étant une circonvolution retournée, n’est autre chose qu’une portion de la paroi hémisphérique, qui a été refoulée vers le ventricule par le creusement de la scissure calcarine. Ce fait nous est nettement démontré par les coupes vertico-transversales

CERVEAU

de l’hémisphère qui passent par la portion occipitale du ventricule : on constate en effet, sur ces coupes (fig. 720, 2), que la scissure calcarine s’étend jusqu’à la partie centrale de l’ergot de Morand et on constate aussi, en examinant un certain nombre de cerveaux, que cette saillie est d’autant plus prononcée que la scissure calcarine s’avance davantage du côté de la cavité ventriculaire. L’ergot de Morand n’est donc autre chose, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi, que Vexpre^sion ventriculaire de la scissure calcarine \ et cela est si vrai que, si l’on enlève soigneusement la pie-mère dans le fond de la scissure calcarine et qu’on frictionne alors avec le doigt l’ergot de Morand, en cherchant à le repousser en dedans, on voit peu à peu s’affaisser la saillie en même temps que se comble la scissure.

L’ergot de Morand a été regardé bien longtemps par Owen comme une disposition caractéristique de l’espèce humaine. Huxley a démontré péremptoirement, avec pièces à l’appui, que l’ergot de Morand existe aussi, quoique atténué, dans plusieurs espèces simiennes. L’observation nous démontre, d’autre part, qu’il fait défaut chez l’homme dans une proportion de 5 p. 100.

3° Bords. — Les deux bords de la cavité digitale se distinguent en bord supérieur et bord inférieur :

a) Le bord supérieur revêt la forme d’un sillon longitudinal, situé entre le bulbe et la paroi supéro-externe.

P) Le bord inférieur n’est lui aussi, dans la plupart des cas, qu’un simple sillon linéaire, délimité en dehors par la paroi supéro-externe, en dedans par l’ergot de Morand. Sur certains sujets, cependant (fig. 720, 2), ce dernier bord est occupé par une saillie blanche {éminence collatérale de Meckel) et, de ce fait, transformée en une véritable face : la coupe du ventricule, dans ces cas, a la forme d’un triangle. Cette saillie, quand elle existe, se trouve située immédiatement au-dessous de l’ergot de Morand. Elle répond au sillon temporo-occipital interne ou sillon collatéral de la face inférieure de l’hémisphère.

4° Extrémités. — Des deux extrémités du prolongement occipital du ventricule latéral, l’une est antérieure, l’autre postérieure :

a) V extrémité antérieure (fig. 713), qui représente la partie la plus développée du prolongement occipital, répond à la région du carrefour ventriculaire.

P) V extrémité postérieure (fig. 713), effilée en pointe, est séparée du pôle occipital de l’hémisphère par une distance qui varie naturellement avec le développement même de la cavité ventriculaire : cette distance est, en moyenne, de 25 millimètres. Mais elle est souvent beaucoup moindre : on rencontre des cerveaux où le sommet du prolongement occipital arrive jusqu’à 5 ou 6 millimètres de l’écorce.

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