‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 129 sur 166 · C. — Portion inférieure ou sphénoïdale · texte numérisé non relu

C. — Portion inférieure ou sphénoïdale

La portion inférieure ou sphénoïdale du ventricule latéral, aplatie de bas en haut, se porte obliquement en bas, en avant et en dedans. Elle décrit dans son ensemble une longue courbe dont la concavité, dirigée en haut et en avant, embrasse le pédoncule cérébral et la couche optique (fig. 713, 2). Nous considérerons encore à la portion sphénoïdale du ventricule : 1° deux parois, l’une supérieure, l’autre inférieure ; 2° deux bords, l’un externe, l’autre interne ; 3° deux extrémités.

1° Paroi supérieure. — La paroi supérieure ou voûte (fig. 721, B) regarde en bas et en dedans.

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

On y rencontre successivement, en allant de dehors en dedans : le tapétum, la portion réfléchie de la queue du noyau caudé, la portion inférieure du tænia semi-circLilaris, la face inférieure de la couche optique doublée du pédoncule cérébral.

Nous avons déjà vu à propos du corps calleux (p. 816), et nous croyons devoir le rappeler ici en passant, que le tapétum, qui forme la partie supéro-externe de la paroi ventriculaire, doit être rattaché, en grande partie sinon en totalité, au faisceau d’association occipito-frontal, que nous décrirons plus loin en étudiant le centre ovale.

2° Paroi inférieure. — La paroi inférieure ou plancher (fig. 721, A) nous présente trois saillies longitudinales, curvilignes et concentriques les unes aux autres. Ce sont, en allant de dehors en dedans, la corne d’Ammon, le corps bordant, le corps godronné :

A. Corne o’Ammon. — La corne d'Ammon, encore appelée grand hippocampe ou pied d'hippocampe (fig. 721,A,1) occupe la partie la plus externe du plancher ventriculaire.

a. Forme. — Elle nous apparaît sous la forme d’un relief cylindroïde, de coloration blanche, plus volumineux en avant qu’en arrière, qui s’étend depuis le carrefour jusqu’au sommet de la portion sphénoïdale du ventricule. Elle mesure de 45 à 50 millimètres de longueur et décrit, dans son ensemble, une forte courbe à concavité interne.

b. Signification morphologique. — La corne d’Ammon répond à un sillon profond de l’écorce, qui sépare le corps godronné de la circonvolution de l’hippocampe et que nous étudierons plus loin sous le nom de s^7/on de V hippocampe; c’est ce sillon qui, en refoulant la paroi cérébrale du coté de la cavité ventriculaire (voyez la coupe transversale représentée dans la ligure 723), détermine la saillie de la corne d’Ammon. Celle-ci acquiert ainsi la même signification que l’ergot de Morand : elle est V expression ventriculaire dun sillon périphérique, qui est ici le sillon de l’hippocampe.

c. Rapports. — La corne d’Ammon, en raison de sa forme et de son orientation, nous offre à considérer comme la- portion sphénoïdale du ventricule elle-même :

deux faces, Tune supérieure, l’autre inférieure; 2° deux bords, Tun interne, Tautre externe ; 3® deux extrémités. Tune antérieure, l’autre postérieure.

a) Sa face supérieure, convexe et libce, fait dans la cavité ventriculaire une forte saillie, que Ton désigne quelquefois sous le nom daloeus. On y distingue, à sa partie antérieure, quatre ou cinq bosselures irrégulières, circonscrites par des sillons transversaux ou obliques, toujours peu profonds. Ces sillons et ces bosselures sont bien visibles sur la figure 721.

■p) Sa face inférieure, adhérente, repose sur la circonvolution de Tbippocampe, dont la partie correspondante a reçu, pour cette raison, le nom de lit ou suhiculurn de la corne d’Ammon.

y) Son bord externe, convexe, répond au bord externe de la cavité elle-même. On observe quelquefois, le long de ce bord, une saillie surnuméraire, tantôt minuscule, tantôt très développée, que Ton désigne indistinctement sous les noms divers d hippocampe accessoire, de cuissart (Malagaune;, d éminence collatérale (Meckel). Cette saillie, quand elle existe, est déterminée par le sillon temporo-occipital interne ou collatéral qui, plus profond que d’habitude, refoule la substance blanche de l’hémisphère dans la cavité du ventricule.

CERVEAU

S) Son bord interne, concave, donne attache an corps bordant que nous décrirons tout à l’heure ; les deux formations sont intimement fusionnées.

e) Quant aux deux extrémités de la corne d’Ammon, Vexlréyniié antérieure, arrondie et gloloLileuse, se confond insensiblement avec la substance blanche du

La voûte et le plancher des deux prolongements spénoïdal et occipilal du ventricule latéral [hémisphère Qauche).

-{La voûte a été séparée du plancher par une coupe horizontale intéressant la totalité de l’hémisphère : la partie A de la fi°:upe, rentermant le plancher est restée en place ; quant a la partie B, en rapport avec la voûte, elle a été renversée en dehoi'S en tournant autour de l’axe xx, faisant charnière).

A) Partie droite de la figure (plancher) : a, noyau amygdalien. — b, pilier postérieur du trigone. — c, corps calleux. — d, tapétum. — e. extrémité antérieure et extrémité postérieure de l’hémisphère. — 1, corne d’Ammon. — 2, corps bordant, avec 2’, sa crête épendymaire. — 3, corps godro-nné, avec 3’, la bandelette deGiacomini. — 4, circonvolution de l’hippocampe — 5, son crochet. — G, ergot de Morand. — 7, pointe du lobe temporal. — La ligne ponctuée indique le contour de la partie gauche de la figure, quand elle était en place.

B) Partie gauche de la figure (voûte) : a, b, c, d, e, f, comme pour le plancher. — 1, tubercule mamillaire. — 2, coupe du pédoncule cérébral, avec 2’ sa face inférieure. — 3, bandelette optique, avec 3’ et 3”, sa racine interne et sa racine externe. — 4, corps genouillé interne. — corps genouillé externe. — 6, partie réfléchie du tænia semicircularis. — 7, jiartie réfléchie du noyau caudé. — 8, voûte du prolongement occipital du ventricule. — 9, nerf optique. — 10, bandelette olfactive.

lobe temporal. U extrémité postérieure répond à la région du carrefour, où elle s’unit à la fois au corps calleux, au pilier postérieur du trigone et à la base de l’ergot de Morand.

d. Structure. — Pour la structure de la corne d’Ammon, voyez plus loin page 843.

B. Corps bordant ou fimbria. — Le corps bordant C07ys fraiigé, bande-

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leite ou tænia de V hippocampe) est une bandelette de substance blanche, qui longe le côté interne de la corne d’Ammon (fig. 721, A, 2).

a. Forme et rapports. — Allongé d’arrière en avant, aplati de haut en bas, le. corps bordant nous offre à considérer : 1° deux bords (externe et interne) ; 2‘^ deux faces (supérieure et inférieure).

a) Son bord externe se confond avec la partie correspondante de la corne d’Ammon,

(3) Son bord interne, entièrement libre, répond à la partie latérale de la fente

cérébrale de Bichat.

y) Sa face inférieure repose sur le corps godronné, mais sans lui adhérer.

ô) Sa face supérieure nous présente, dans toiite sa longueur et dans le voisinage du bord externe, une crête souvent très accusée (fig. 723, 3’), que nous appellerons crête épendymaire , parce que c’est à son niveau que la membrane épendymaire, qui revêt le plancher du ventricule, se réfléchit de has en haut pour aller tapisser la voûte. La figure 723 nous montre très nette ment cette disposition. Elle nous montre, en même temps, que la cavité ventriculaire ne s’ouvre pas dans la fente cérébrale de Bichat, mais se trouve fermée à ce niveau par la crête épendymaire du corps bordant et par l’épendyme qui la double et la continue.

b. Connexions antérieures et postérieures. — Si,

maintenant, nous envisageons le corps bordant au point de vue de ses connexions, nous constatons que, en arrière., il fait suite, comme nous l’avons vu (p. 822j, au pilier postérieur du trigone. En avant, il se confond avec le crochet de la circonvolution de l’hippocampe.

c. Structure. — Le corps bordant, comme le trigone qu’il continue et dont il n’est qu’une dépendance, est constitué exclusivement par de la substance blanche et, pour spécifier, par des fibres longitudinales qui suivent exactement la même direction. Pour la signification de ces fibres, voy. plus loin, Trigone cérébral.

Fig. 722.

Le plancher du prolongenient sphénoïdal du ventricule latéral vue d’en haut (même orientation (jue dans la fig. 721.

1, bourrelet du corps calleux. — 2, grande scissure interliémisphérique. — 3, pilier postérieur du trigone, — 4, corne d’Ammon. — 5, éminence collatérale. — 6, corps bordant, avec 6’, sa crête épendymaire. — 7, corps godronné. — 8, sillon de l’iiippocampe. — 9, circonvolution de l’iiippocampe, avec 9’, son crochet. — 10, bandelette de Giacomini. — 11, centre ovale. — 12, noyau amygdalien. — 13, prolongement occipital du ventricule latéral, avec l’ergot de Morand.

C. Corps godronné. — Le corps godronné {corps denté, fascia dentata) est un petit cordon de substance grise, qui se dispose, comme le corps bordant, le long

du bord concave de la corne d’Ammon (fig. 721, A, 3). Il se dissimule en grande partie dans l’angle dièdre que forment, d’une part le corps bordant (qui est audessus), d’autre part la circonvolution de Thippocampe (qui est au-dessous). Il suffît, pour le mettre à découvert, de soulever légèrement le corps bordant.

a. Forme et rapports. — Le corps godronné nous apparaît alors (fig. 724, 23) sous la forme d’un cordon grisâtre ou gris rougeâtre, qui suit exactement la concavité de la corne d’Ammon et qui est solidement fixé à cette saillie par sa partie externe. Sa partie interne, libre, nous présente de douze à vingt échancrures verticales, qui, en fragmentant sa masse en autant de petites saillies ou bosselures, lui donnent, dans son ensemble, l’aspect d’une collerette irrégulièrement plissée.En haut, le corps godronné est recouvert en grande partie, comme nous l’avons vu, par le corps bordant.

En bas, il est séparé de la circonvolution de l’hippocampe par un sillon très étroit, mais très profond, le sillon de V hippocampe (fig. 723, 6).

b. Connexions antérieures et postérieures . — Les connexions antérieures et postérieures du corps godronné ont été soigneusement étudiées, en 1883, par Giacomini. J’ai contrôlé sur un grand nombre de cerveaux les recherches du professeur italien :

elles sont exactes.

a) En avant (fig. 724, 23), le corps godronné s’engage dans l’étroit sillon {sillon de Vuncus) qui sépare la circonvolution de l’hippocampe de son crochet et il se prolonge jusqu’à la partie la plus antérieure de ce sillon.

Arrivé là, il s’infléchit en dedans, sort du sillon et devient de nouveau visible à l’extérieur . Il contourne alors de bas en haut la face interne du crochet de l’hippocampe et disparaît, en s’atténuant de plus en plus, sur la face supérieure de ce crochet (fig. 725 et 726). Cette extrémité antérieure du corps godronné nous apparaît nettement, dans la plupart des cas, sous la forme d’une petite bandelette d’aspect gélatineux, d’une couleur cendrée, large d’un millimètre à un millimètre et demi. Nous l’appellerons, du nom de l’anatomiste qui l’a à la foi^ découverte et bien décrite, la bandelette de Giacomini.

P) Voyons maintenant comment se comporte le corps godronné à son extrémité postérieure. Au moment où le corps bordant se redresse (fig. 724, 23j pour contour-

Fig. 723.

Coupe transversale du prolongement sphénoïdal du ventricule, pratiquée au niveau des corps genouillés, pour montrer les relations de la circonvolution de rhippocampe avec la corne d’Ammon, avec le corps bordant et avec la crête épendymaire.

1, cavité ventriculaire, avec son revêtement épendymaire. — 2, corne d’Ammon, avec 2’ sa couche blanche ou alvéus. — 3, corps bordant, avec 3’ sa crête épendymaire. — 4, membrane épendymaire, fermant le ventricule du côté de la fente cérébrale de Bichat. — 5, corps godronné, — 6, sillon de I hippocampe, séparant le corps godronné de la circonvolution de l’hippocampe 7. — 8, couche blanche, revêtant cette circonvolution [subiculum). — 9, lame blanche centrale de la substance grise de l’écorce. — 10, circonvolutions temporoocccipitales. — 11, tapétum. — 12, faisceau longitudinal coupé en travers. — 13, terminaison postérieure du noyau lenticulaire. — 14, queue du noyau caudé. — 15, corps genouillés interne et externe.

ner la couche optique et se continuer avec l’angle postérieur du trigone, le corps godronné change d’aspect : de bosselé qu’il était, il devient lisse et uni; il change aussi de nom et devient le fasciola cinerea. Sous ce nouvel aspect et sous ce nou-

Fig. 724.

Le hile de rhéiiiisphère et son contenu (côté gauche) pour montrer les connexions du corps bordant et du corps godronné.

1, corps calleux, avec : (i, sou genou; h, son bec ; c, son bourrelet. — 2, seplum lucidum. — 3, trigone. — 4, commissure blanclie antérieure. — 5, lamelle sus-optique. — (5, tubercule mamillaire. — 7, tuber cinei’eum. — 7’ corps pituitaire. — 8, coupe du cliiasma. — *9. infundibuîum. — 10, coupe du pédoncule cérébral, avec 10’, locus nigei. — 11, commissure blanche postérieure. — ■ 12, couche optitpie, avec 12, pulviuar. — 13, commissure grise. — 14, habéna.

— 13, Irou de Monro. — 16, noyau caudé. — 17, sillon opto-strié et tænia semi-circularis. — 18, scissure callosomarginale. — 19, sinus du corps calleux. — 20, circonvolution du corps calleux. — 21, circonvolution de I hippocatupe, avec 22, son crochet et la bandelette de Giacomini. — 23, corps godronné. — 24, fasciola cinerea. — 23, corps bordant.

— 26, circonvolutions rudimentaires.

veau nom, il se porte obliquement en haut et en dedans vers le bourrelet du corps calleux, le contourne de bas en haut, arrive sur sa face supérieure et se continue alors comme nous l’avons déjà vu (p. 818), avec les tractus longitudinaux de Lancisi, à la fois avec les tractus médians et avec les tractus latéraux. Le fasciola cinerea

Fig. 725.

Corps godronné et bandelette de Giacomini, dans ses rapports avec la circonvolution de riiippocampe (hémisphère gauche, vu par son côté interne).

Fig. 726.

La même, la circonvolution de rhippocampe ayant été fortement érignée en bas pour montrer l’origine de la bandelette de Giacomini.

1, circonvolution de l’hippocampe. — 2, crochet ou uncus. — 3, bandelette de Giacomini. — 3’ sa continuité avec 4, le corps godronné. — 5, corps bordant, avec 5’ sa crête épendy maire.

n’est donc que la portion toute postérieure du corps godronné : c’est un petit cordon de l à 2 millimètres de largeur, légèrement contourné en S italique, ordinairement très pâle, mais se détachant nettement cependant, grâce à sa coloration

CERVEAU

grise, sur les parties blanches sous-jacentes. Tandis que le corps godronné présentait avec le corps bordant des rapports immédiats, le fasciola cinerea, par suite du changement de direction du corps bordant, est séparé maintenant de cette dernière formation par un espace triangulaire à sinus dirigé en arrière ; c’est le triangle sous-calleux, ainsi appelé parce que le bourrelet du corps calleux en forme la base. Le fasciola cinerea est encore séparé, à sa partie postérieure, de la circonvolution de l’hippocampe par un nouvel espace, de 1 centimètre de largeur environ, dans lequel on observe assez fréquemment trois ou quatre petites saillies irrégulières : ces saillies, déjà signalées par Zuckerkandl et par Retziüs et étudiées à nouveau par Giacomini, paraissent être les homologues rudimentaires des circonvolutions sous-calleuses, qui sont si développées chez certains animaux.

c. Résumé. — En résumé, le corps godronné, examiné à un point de vue purement descriptif, comprend trois portions : 1° une portion moyenne, répondant au corps bordant ; c’est sa portion principale, le corps godronné proprement dit ; 2° une portion antérieure, la bandelette de Giacomini, qui se perd sur le crochet de l’hippocampe ; 3° enfin, une portion postérieure, le fasciola cinerea, qui se continue, par-dessus le bourrelet du corps calleux, avec les tractus de Lancisi.

d. Structure. — Pour la structure du corps godronné, voyez plus loin page 846.

3^ Bord externe. — Le bord externe du prolongement sphénoïdal du ventricule latéral résulte de la réunion de sa voûte avec son plancher. Il est concave en dedans et décrit un trajet sensiblement parallèle à celui de la scissure de Sylvius.

4° Bord interne. — Le bord interne répond à la partie latérale de la fente cérébrale de Bichat. Mais il s’en faut de beaucoup que les limites qu’on assigne d’ordinaire à cette fente soient les mêmes que celles du ventricule.

Nous avons dit plus haut (p. 746) que, sur les côtés, la fente cérébrale de Bichat avait pour lèvre supérieure le pédoncule cérébral et pour lèvre inférieure la circonvolution de l’hippocampe. Or, la cavité ventriculaire ne dépasse pas en dedans les limites de la c?xte épendymaire , que nous avons décrite sur la face supérieure du corps bordant. L’épithélium épendymaire, en effet, après avoir recouvert de dehors en dedans la corne d’Ammon, se réfléchit en haut, au niveau de cette crête, pour aller tapisser la voûte du ventricule (fig. 727, 4). Il en résulte que le bord interne de notre prolongement sphénoïdal répond, en réalité, à la crête épendymaire du corps bordant. Mais il en résulte aussi, comme corollaire, que le corps bordant, le corps godronné et la circonvolution de l’hippocampe, contrairement à ce que Ton a enseigné longtemps, se trouvent complètement en dehors de la cavité ventriculaire.

En conséquence, la description que nous avons nous-même donnée plus haut de ces trois formations anatomiques, en suivant en cela l’exemple des auteurs classiques, est manifestement déplacée : cette description appartient, en réalité, on le comprend maintenant, à l’histoire des circonvolutions (voy. plus bas) et non à celle des ventricules.

5° Extrémités. — Les deux extrémités de la portion sphénoïdale du ventricule latéral se distinguent en postérieure et antérieure :

a) V extrémité postérieure répond à la partie postérieure de la couche optique, où elle se confond naturellement avec le carrefour ventriculaire.

P) V extrémité antérieure répond à la pointe du lobe temporal, dont elle n’est séparée que par une distance de 15 à 20 millimètres. C’est un étroit cul-de-sac,

ANATOMIE HUM/VINE. — T. II, 6o ÉDIT.

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

limité en avant et en haut par le noyau amygdalien, en dedans par la portion 13 antérieure du crochet de l’hippo-

campe.

Coupe transversale du prolongement sphénoïdal du ventricule, pratiquée au niveau des corps genouillés pour montrer les relations de la circonvolution de l'hippocampe avec la corne d’Ammon, le corps bordant et la crête épendymaire.

1, cavité ventriculaire, avec son revêtement épendymaire, — 2, corne d'Ammon. avec 2' sa couche blanche ou alvcus. — 3, corps bordant, avec 3’, sa crête épendymaire. — 4, membrane épendymaire, fermant le ventricule du côté tle la fente cérébrale de Bicliat. — o, corps godronné. — 6, sillon de l liippocampe, séparant le corps godronné de la circonvolution de l liippocampe 7. — 8, couche blanche revêtant cette circonvolution isubicutum). — 9, lame blanche centrale de la substance grise de l'écorce. — 10, circonvolutions temporo-occipitales. — 11, tapétum. — 12, faisceau longitudinal, coupé en travers. — 13, terminaison postérieure du noyau lenticulaire. — 14, queue du noyau caudé. — 13, 13, corps genouillés interne et externe.

La grande circonvolution limbique et la circonvolution godronnée vues sur la face interne de l’hémisphère gauche.

Signification anatomique delà corne d’Ammon, du corps bordant et du corps godronné ; nouvelle circonvolution limbique. — Pour se rendre un compte exact des rapports respectifs des trois saillies que nous venons de décrire, corne d' Ammon, corps bordanl et corps godronné, il importe de pratiquer sur ces saillies une coupe verticotransversale , perpendiculaire à, leur direction. Cette coupe, représentée dans la ligure ci-contre (lïg. 7:27), nous montre : R que la corne d’Ammon, formée sur sa face libre ou ventriculaire par de la substance blanche [alveus), est constituée à son centre par de la substance grise ; 2“ que le corps bordant n’est qu’une dépendance do la couche blanche de la corne d’Ammon ; 3“ que le corps godronné n’est, à son tour, qu’une dépendance de la couche grise de cette môme corne d’Ammon ; 4« que la circonvolution de l’iiippocampe est tapissée, à sa partie supérieure, par une mince couche de substance blanche [subiculum) , qui s’atténue graduellement de dedans en dehors et finit par disparaître dans la couche grise de la corne d’Ammon ; que le sillon de riiippocampe, intermédiaire à la circonvolution de riiippocampe et au corps godronné, se prolonge jusque dans la substance grise de la corne d’Ammon; 6“ que la couche blanche de la corne d’Ammon et du corps bordant se continue avec la substance blanche du centre ovale ; 7" que la substance grise du corps godronné, de la corne d’Ammon et de la circonvolution de rhip])0(;ampe forme une seule et même couche qui se rattache bien évidemment à la substance grise de l’écorce cérébrale.

Du même coup, apparaît la signification morpliologique de la formation ammonienne et de la disposition en apparence si complexe de cette région. Avec Mathias Du val.

nous devons admettre ici deux circonvolutions distinctes, l’une inférieure, la circonvolutio7i de l'hippocampe ; l’autre supérieure, la circonvoluLion godronnée, cette dernière toute rudimentaire, tant à sa partie moyenne qu'à ses deux extrémités.

Un sillon profond, le sillon de V hippocampe, sépare ici comme ailleurs

Celte figure demi-schéinalique nous montre nettement ; 1“ la conlinuilé de la circonvolution de l’iiippocampe avec la circonvolulion du corps calleux [grande circonvolution limhigue de Bi-.oca;; 2“ en dedans de cette circonvolution, une circonvolulion incluse formée par le corps godronné, les tractus de Laucisi et les pédoncules du corps calleux circonvolution godronnée).

i. grand lobe limbique. — 2, corps godronné. — 3, tractus de Lancisi. — 4, origine des pédoncules du corps calleux. — 3, corps bordant. — 6. trigone. — 7, faisceau ascendant de Vicq-d’Azyr.

CERVEAU -

les deux circonvolutions voisines et c’est ce sillon, nous l'avons déjà dit plus haut, (pii, en refoulant la paroi cérébrale vers la cavité ventriculaire, détermine la saillie ammonienne.

Les formations ammonienne et godronnée se rattachent donc l'une et l’autr(! au type des circonvolutions de l’écorce et si. dans cette région, la disposition anatorni(|ue nous paraît irrégulière et par cela même d’une interprétation difficile, il faut chercher la raison do ces particularités dans la situation toute spéciale de la circonvolution de l’iiippocampo et de la circonvolution godronnée, lesquelles forment, à la face interne de riiémisphère. la limite extrême du manteau et doivent fatalement se ressentir du voisinage du hile et du pédoncule qui s’y engage. L’écorce cérébrale paraît être gênée à ce niveau dans sa lit)re expansion; do là, la réflexion en arrière de la circonvolution de rhippocampe et la formation de son crochet; de là, aussi, les dimensions si profondément rudimentaires de la circonvolution godronnée ; do là, enfin, 1 étroitesse et l'oblitération apparente du sillon qui sépare l'une do l'autre ces deux circonvolutions.

Une dernière conclusion découle des descriptions qui précèdent : c’est que la Çjrande circonvolution limbique de Broca (circonvolution du corps calleux et circonvolution de rhippocampe réunies, voy. p. 78^) ne circonscrit pas directement le hile de riiémisphère. Incluse dans cette circonvolution, se trouve une circonvolution nouvelle, moins développée sans doute, mais également semi-annulaire ; c’est la circonvolution godronnée, très nette au-rlessous du corps calleux et représentée, au-dessus de cet organe, par les tractus de Lancisi [indusium gris), que continuent en avant les pédoncules du corps calleux et la bandellette diagonale. Toute rudimentaire qu’elle est, cette dernière circonvolution forme réellement le pourtour du hile de l’hémisphère et c’est pour elle, plutôt que pour les deux circonvolutions précitées, qu’on devrait, ce me semble, réserver le nom de circonvolution limbique.

6° Structure de la corne d’Ammon. — La corne d’Ammon, nous l’avons dit plus haut, n’est autre chose qu’une portion de la paroi cérébrale, qui a été refoulée dans la cavité ventriculaire par le sillon de l’hippocampe. Nous devons donc rencontrer dans cette formation les mêmes éléments que dans la paroi cérébrale. La saillie que forme la corne d’Ammon nous présente, en effet, deux parties : une partie supérieure, de couleur blanche, partie relativement mince, qui représente la substance blanche sous-corticale, c’est Valvèus-, une partie inférieure, beaucoup plus épaisse, qui représente V écorce.

Examinons-les séparément. Et, d’abord, l’écorce.

A. Écorce. — L’écorce de lacorne d’Ammon, quoique présentant des particularités structurales qui lui appartiennent en propre, n’en est pas moins constituée suivant le type fondamental qui caractérise les autres régions de l’écorce. Elle nous présente trois couches qui sont, en allant des parties superficielles vers les parties profondes, du sillon de l’hippocampe vers l’alvéus

Fig. 7‘29.

Schéma indiquant, sur une coupe frontale, le mode de constitution de la corne d’Ammon et du corps godronné.

(Ce schéma a été construit d’après la figure 727, p. 842).

1, ventricule, avec son revêtement épendymaire. — 2, plexus choroïdes. — 3, corps bordant ou fimbria, avec 3’, sa crête épendymaire. — 4, corps godronné. — 5, sillon de l’hippocampe. — 6, circonvolution de rhippocampe. — 7, pie-mère. — 8, couche des grains (stratum granulosum). — 9, fibres mousseuses. — 10, cellules pyramidales. — 11, alvéusde la corne d’Ammon. — 12, stratum convolutum. — 13, stratum lacunosum. — 14, subiculum. — (Pour les autres indications, se reporter à la figure 727).

844 SYSTÈME NEKVEÜX CENTRAL

(fig. 7ï20) : l°la couche moléculaire: 2° la couche des cellules pyramidales ; 3° la couche des cellules polymorphes.

a. Couche moléculaire . — La couche moléculaire (fig. 730, 1), remarquable par son épaisseur, représente à elle seule les deux tiers environ de l’écorce ammonienne. Elle répond au sillon de Thippocampe et, de ce fait, se trouve directement en contact avec la pie-mère. Nous y rencontrons, comme éléments cellulaires, des cellules à cylindraxes multiples ou cellules de Gajal, qui, on le sait, caractérisent la couche moléculaire de l’écorce ; mais, de l’avis de Cajal lui-même, ces cellules à type spécial sont très rares. Par contre, nous constatons dans cette couche la présence d’un grand nombre de cellules fusiformes, triangulaires, étoilées, appartenant à la catégorie des cellules de Golgi à cylindraxe court

Ce qui caractérise essentiellement la couche moléculaire de la corne d’Ammon, c’est qu’elle possède trois plexus de fibres nerveuses superposées, qui l’ont fait diviser en trois zones. Ce sont, en allant de dehors en dedans : 1® le stratum convolutum [zone enroulee) , qui répond au réseau d’Exner et qui, comme ce dernier, est formé en grande partie par des fibres à direction tangentielle ; 2° le stratum lacunosum (zone lacunaire) , appelé

parce qu’il présente de nombreux espaces lymphatiques; il est principalement constitué par les collatérales protoplasmiques qu’émettent, dans leur trajet ascendant, les tiges principales des cellules pyramidales situées dans la couche suivante; 'éd\Q stratum radiatum (zone radiée), qui renferme un riche plexus de fibrilles protoydasmiques ou nerveuses, de provenances les plus diverses, et qui est traversé en sens radiaire (d’où son nom) par les tiges protoplasmiques ascendantes des cellules pyramidales.

b. Couche des cellules pyramidales.

— La couche des cellules pyramidales (fig. 730, II) représente ici, par une sorte de condensation, les couches II et III des autres régions de l’écorce (voy. p. 789). Elle renferme des cellules pyramidales qui, pour la plupart, appartiennent à la variété des cellules pyramidales à grandes dimensions ou cellules géantes. Ces cellules, du reste, ont les mêmes caractères morphologiques que celles, ci-dessus décrites, de la région rolandique. — Leur sommet, dirigé du côté du sillon de l’hippocampe, donne naissance à une tige protoplasmique principale qui se porte en ligne droite vers la zone moléculaire et qui, après avoir fourni chemin faisant de nombreuses collatérales, se termine par un panache de fibrilles garnies d’épines latérales : ces prolongements protoplasmiques, par leur mode de ramification un peu spécial, rappelleraient, d’après Manoué- LiAN (1901), ce qu’on voit dans le bulbe olfactif. — Leur base, à son tour, laisse

Coupe transversale de la corne crAniinon d’un lapin de huit jours (imité de Caj\i,).

1, couche moléculaire, avec : a, stratum convolutum ; b. stratum lacunosum ; c, stratum radiatum. — II, couche des cellules pyramidales. — 111, couche des cellules polymorphes. — IV. substance blanche ou alvéus.

1, cellule pyramidale. — 2, cellule à cylindraxe ascendanl. — ü. cellule à cylindraxe horizontal, ramifie entre les corps des cellules pyramidales. — 4, cellule dont le prolongement cylindraxile, disposé en arc. vient se terminer dans le plexus interpyramidal. — 5, cellule à cylindraxe court du stralum radiatum — 6, cellule du stalum lacunosum. — 7, cellule du stratum convolutum.

(Les cylindraxes sont indiqués par le signe -f-)

CERVEAU

échapper un cylindraxe qui se dirige vers la couche des' cellules polymorphes et qui, après avoir traversé cette couche, passe dans l’alvéïis.

c. Couche des cellules polymorphes. — La couche des cellules polymorphes {stratic7n oriens de certains anatomistes), bien décrite par Sala et par Schaffeh, renferme trois ordres de cellules (fig. 730,111) ; des cellules à cylindraxe descendant, des cellules à cylindraxe horizontal, des cellules à cylindraxe ascendant. — Les cellules à cylindraxe descendant, dont le cylindraxe se porte vers l’alvéus, ne sont vraisemhlahlement que des cellules pyramidales, qui ont quitté leur habitat ordinaire et émigré dans cette couche. — Les cellules à cylindraxe horizo7ital, fusiformes, triangulaires ou étoilées, sont caractérisées par ce fait que leur cylindraxe se ramifie sur place et s’épuise dans la couche polymorphe : ce sont des cellules de Golgi à cylindraxe court.

— Les cellules à cylindraxe ascendant sont de deux ordres : les unes, semblables aux cellules de Martinotti (p. 794), emettent un cylindraxe ascendant, qui gagne la couche moléculaire et s’y termine Chez les autres {cellules à cylmdraxe arqué de Gajal), le cylindraxe se rend encore à la couche moléculaire ; mais, au lieu de s’y terminer, il retourne, après s’être infléchi en arc, dans la couche précédente et s’y résout en une riche arborisation dont les fibrilles englobent les cellules pyramidales.

Une variété intéressante de cellules pyramidales est celle dans laquelle la base des cellules donne naissance, comme le sommet, à un panache protoplasmique : ce sont les cellules arboriformes ou encore à panache oppositopolaire. La figure ci-contre, que j’emprunte à Kamony Gajal, nous en montre deux. Comme les arbres, ces cellules possèdent, à chacun de leurs deux pôles (base et sommet), un faisceau de ramifications protoplasmiques disposées en panache : un faisceau descendant, comparable aux racines de l’arbre ; un faisceau ascendant, comparable à ses rameaux. Les cellules arboriformes ne se trouvent pas seulement dans la corne d’Ammon : on les rencontre encore dans la zone olfactive du lobe sphénoïdal du cerveau.

Cellules pyramidales de la circonvolution amonienne, arboriformes ou à panache opposito-polaire (d’après Gaj.^l).

B. Alvéüs. — Quant à l’alvéus, mince couche blanche interposée entre la couche des éléments polymorphes et la membrane épendymaire, il représente, comme nous l’avons déjà dit au début de notre description, la substance blanche qui est immédiatement sous-jacente à l’écorce.

Il est constitué par des fibres à myéline, les unes fines, les autres de gros calibre, qui proviennent, pour la plupart, des cellules pyramidales et de quelques cellules polymorphes de la corne d’Ammon.

Le trajet ultérieur de ces fibres n’est pas encore bien élucidé. On peut admettre, cependant (fig. 7i9) : 1° que celles qui avoisinent le corps bordant se rendent à ce dernier organe et, de là, dans les piliers postérieurs du trigone ; 2° que les autres, celles qui répondent à la circonvolution de l’hippocampe, contournent de dehors en dedans et de haut en bas la face ventriculaire de la corne d’Ammon^ pour aboutir à la couche blanche qui constitue le suhiculum de la circonvolution de l’hippocampe.

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

C. Résumé. — En résumé, la corne d’Ammon, tout en étant constituée sur le même type que les autres régions du manteau, en diffère principalement par la simplicité plus grande de sa couche polymorphe, par la réduction considérable des couches qu’occupent les cellules pyramidales, enfin par le développement et la complexité relative de sa couche moléculaire.

7° Structure du corps godronné

taire, appartient, de ce fait, à

la formation grise corticale

Le corps godronné, circonvolution rudimenc’est, comme nous le montre la ligure 727 (5), cette portion de l’écorce qui délimite, en haut, le sillon de l'hippocampe. Ga.ial décrit au corps godronné les trois couches suivantes (lig. 732), qui correspondent exactement aux trois couches ci-dessus décrites de la corne d’Ammon : la couche molécu-

laire ; 2° la couche des grains ; 3® la couche des cellules polymorphes.

a. Couche moléculaire. — La couche moléculaire, la plus superficielle des trois, est immédiatement sous-jacente à la piemère. Elle renferme, outre quelques cellules pyramidales émigrées de la couche suivante, des cellules de Golgi à cylindraxe court. Ramony Cajal distingue ces dernières cellules en deux groupes : cellules superficielles, de volume réduit, ovoïdes ou fusiformes; cellules profondes, beaucoup plus massives, de forme triangulaire ou étoilée. Leur cylindraxe se ramifie toujours sur place, je veux dire se termine, par des arborisations libres, dans la couche moléculaire elle-même. La couche moléculaire du corps godronné renferme ici , comme dans les autres régions de l’écorce, un système de fibres tangentielles, semblables par leur direction, mais très différentes par leur origine et leur nature ; elles constituent, par leur ensemble, le plexus marginal de

3lEYXEin'.

Coupe transversale du corps godronné tl un lapin de huit joufs (imité de Cajal).

1, couche moléculaire. — 11, couche des grains. — 111, couche des cellules polytnorphes. — IV, couche moléculaire de la corne d’Ammon.

1, 2, cellules de la couche moléculaire. — 3, grain déplacé. — 4, gi-ain. — 5. pyramide à cylindraxe ascendant. — 6, cellule à cylindraxe ascendant, constituant les plexus supragranulaire et intergranulaire de C.aj.xl. — 7, autre cellule dont le cylindraxe ascendant se ramitie dans la couche moléculaire. — 8, 8, 8, cellules à cylindraxe descendant, allant à l’alvéus.

(Les cylindraxes sont indiqués par le signe

b. Couche des grains. — La couche des grains {stratum granulosum) représente ici la couche ou les couches des cellules pyramidales. Elle est essentiellement constituée par de petites cellules ovoïdes ou grains, qui, morphologiquement, sont les analogues des cellules pyramidales de l’écorce cérébrale (Golgi, Sala). On rencontre toujours, du reste, à côté des cellules ovoïdes précitées, de véritables cellules pyramidales, qui sont exactement semblables aux cellules homonymes des autres régions de l’écorce.

Les grains émettent du côté de la couche moléculaire dQs, prolongements protoplasmiques, qui rappellent plus ou moins les panaches terminaux des cellules pyramidales.

Du côté opposé, s’échappe un cylindraxe ascendant, qui gagne tout d’abord la

CERVEAU

couche des cellules polymorphes, y abandonne un certain nombre de collatérales et passe alors dans la partie avoisinante de la corne d’Ammon, où il se termine. Le cylindraxe des grains présente cette particularité structurale intéressante (fig. 729, 9), qu’il se renfle de loin en loin en de petites nodosités, d’où partent en rayonnant une série de prolongements fins et courts. Ces renflements, en forme de rosace, sont de tous points semblables à ceux que nous avons déjà signalés sur les fibres mousseuses de l’écorce du cervelet. Les cylindraxes des grains sont donc de véritables fibres mousseuses et il n’est peut-être pas inutile de faire remarquer que le corps godronné est la seule région du manteau où se rencontre cette disposition, aussi singulière qu’inexpliquée. D’après Gajal, les fibres mousseuses du corps godronné ne dépasseraient pas, dans la corne d’Ammon, la couche des cellules pyramidales : elles s’y termineraient par des arborisations libres, destinées à se mettre en rapport avec le corps et la tige des cellules précitées. Pour Sala et ScHAFFEu, au contraire, elles se rendraient à l’alvéus.

c. Couche des cellules polymorphes. — La couche des cellules polymorphes, qui constitue la couche la plus profonde du corps godronné, confine à la première couche ou couche moléculaire de la corne d’Ammon. Aucune ligne de démarcation bien nette ne sépare, à ce niveau, les deux formations. Nous rencontrons dans cette couche trois ordres de cellules, savoir : 1° des cellules de Golgi à cylindraxe court ; 2° des cellules à cylindraxe ascendant, qui rappellent exactement les cellules homonymes que nous a présentées la couche polymorphe de la corne d’Ammon; 3° des cellules à cylindraxe ascendant. Les cylindraxes de ces dernières cellules, suivant la même direction que ceux des grains, se rendent à la corne d’Ammon et, de là, à l’alvéus ou au corps bordant.

Voyez, au sujet de la portion sphénoïdale du ventricule latéral et plus particulièrement au point de vue des deux formations ammonienne et godronnée : Zugkerkandl, Beitrag zur Morphologie des Gehirns, Zeitschr. f. Anatomie, 1877; — Retzius, Notiz über die Windungen an der unteren Flàche des Spleniu7n Corporis callosi beim Menschen u. bei Thieren, Arch. f. Anatomie. 1877 ; — M. Duval, La corne cVAmmon, morphologie et embryologie, Arch. de Neurologie, 1882; — Giagomini, Benderella delV ippocampa nel cervello umano e di alcuni animali, Giornale délia R. Accademia di Torino. 1S83; — Du mèru:, Fascia denlata del grande ippocampo nel cervello umano, ibid., 1883 ; — Sala. Zur Anal, des grossen Seepferde fusses, Arch. f. wiss, ZooL, 1891 ; — ScHAFFER, Beitrag zur Histologie der Ammonshorn formation. Arch. f. mikr. Anat., 1892; ^ — Gajal, Eslructura del asta de Ammon y fascia dentata, Anal.de la Soc. esp. de Hist. nat., 1893.

§ V. — Ventricule moyen

Le ventricule moyen ou troisième ventricule est une cavité impaire et médiane, située entre les deux couches optiques, qui forment en grande partie ses parois latérales, au-dessous du trigone et delà toile choroïdienne supérieure, qui le séparent des ventricules latéraux. Embryologiquement, il représente la cavité centrale de la première vésicule encéphalique, qui s’est rétrécie par le fait du développement, sur ses parties latérales, des deux couches optiques. Le troisième ventricule communique (fig. 733) avec le quatrième par l’intermédiaire de l’aqueduc de Sylvius ; il est relié, d’autre part, aux deux ventricules latéraux par les trous de Monro, d’où le nom de cavité commune aux ventricules que lui avait donné Vésale. Envisagé à un point de vue purement descriptif, le ventricule moyen affecte la forme d’un entonnoir, dont la portion évasée ou base serait dirigée en haut et qu’on aurait fortement aplati dans le sens transversal. Nous pouvons donc lui considérer : 1° deux parois latérales, l’une droite, l’autre gauche ; 2® deux bords.

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

l’un antérieur, l’autre postérieur ; 3° une hase, située en haut ; 4*^ un sommet, dirigé en bas. Nous rattacherons au ventricule moyen la commissure grise, qui, en pleine cavité ventriculaire, s’étend d’une couche optique à l’autre.

1° Parois latérales. — Au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche, les parois latérales du ventricule moyen (fig. 733) sont verticales et de forme triangulaire. Un sillon antéro-postérieur, le sillon de Monro (il), étendu du trou de Monro à l’aqueduc de Sylvius, divise chacune de ces parois en deux parties, l’une supérieure, l’autre inférieure.

La partie supérieure , de forme ovalaire à grand axe antéro-postérieur, n’est autre que la face interne de la couche optique ; elle mesure de 8 à 10 millimètres de hauteur.

Fig. 733.

Ventricule moyen, vu sur une coupe sagittale (côté gauche de la coupe).

1, corps calleux (bourrelet), avec I’, sou "enou. — • 2, protubérance — 3, pédoncule cérébral. — 4, toile cboroïdienne — 5, trigone cérébral, avec 5’, ses piliers antérieurs. — ti, ventricule moyen. — 7, glande piuéale, avec 7’, ses habenæ. — 8, commissure blancbe postérieure. — 9, a([ueduc de Sylvius. — 10, trou de Monro. — 11, sillon de Monro. — 12, coucbe optique, avec 12’ commissure grise. — 13, commissure blanctie antérieure. — 14, lamelle susopli(jue. — 15, cliiasma optique. — 16, 16, tuber cinereum. — 17. tige pituitaire. — 18, corps pituitaire. — 19, tubercules mamilllaires. — 20, espace perforé postérieur. — 21, septum lucidum. — 22, carrefour olfactif. — 23, artère cérébrale antérieure. — 24, tronc basilaire. — 23, cervelet. — 26, quatrième ventricule.

hvipartie inférieure, haute de 13 millimètres environ, revêt la forme d’un triangle dont la base, dirigée en haut, répond naturellement au sillon de Monro : elle est formée par ce vaste amas de substance grise que nous avons déjà rencontré à la base du cerveau, entre le bec du corps calleux et la protubérance, et que l’on désigne indistinctement sous les noms divers de tuher cinereum, de substance grise de la base, de commissure grise de la base, de substance grise du troisième ventricule. Nous allons, tout à l’heure, retrouver cette substance grise sur les bords antérieur et postérieur, à la constitution desquels elle prend une large part.

2“ Bord postérieur, commissure blanche postérieure. — Le bord postérieur du ventricule moyen (fig. 734) se dirige obliquement en bas et en avant : son inclinaison sur l’horizontale est de 40 à 45°. 11 nous présente successivement, en allant de haut en bas :

CERVEAU

1° La base de la glande pinéale, que nous décrirons plus loin, à propos de cette dernière formation (voy. Glande pinéale) ;

‘"2° Au-dessous et un peu en avant de la glande pinéale, une espèce de cordon blanc, dirigé transversalement et disparaissant, à droite et à gauche, dans les couches optiques : c’est la commissure blanche postérieure. Nous allons y revenir dans un instant ;

3° Immédiatement au-dessous de la commissure blanche postérieure, une dépression ou fossette circulaire, Vanios (fig. 734,

10), au fondde laquelle vient s’ouvrir l’aqueduc de Sylvius ;

4° Au-dessous de l’anus, une partie blanche, inclinée en bas et en avant (fig. 734, 3), appartenant au pédoncule cérébral ;

5° Plus bas, une lame grise, qui n’est autre que la substance grise de l’espaceperforé postérieur;

6° La partie supérieure des deux tubercules mamillaires (fig.

733, 19) , unis l’un à l’autre sur la ligne médiane ;

7° Enfin, une nouvelle lame grise, qui fait suite à la précédente et qui appartient autuber cinereum déjà décrit (p. 742j à propos de la base du cerveau; cette lame grise nous conduit jusqu’au sommet de notre ventricule moyen.

Commissure blanche postérieure . — La commissure blanche postérieure est, comme nous venons de le voir, une sorte de cordon transversal situé entre la base de la glande pinéale et l’anus, allant d’une couche optique à l’autre. Ses connexions et sa signification anatomique, malgré les recherches de Darkschewitsch, de Rechterew, d’EDiNGËR, de Probst, ne sont pas encore nettement élucidées. Il paraît acquis cependant que, contrairement h l’opinion ancienne, le cordon hlanc qui porte ce nom n’est nullement une commissure transversale unissant l’une à l’autre deux régions symétriques du cerveau. La plupart des neurologistes admettent aujourd’hui que les fibres constitutives de la commissure blanche postérieure pro-

Fig. 734.

Le bord postérieur du ventricule moyen, vu de face sur une coupe frontale oblique passant à la fois un peu en avant de la commissure blanche postérieure et par le milieu du corps pituitaire.

1, scissure inlerliémisphérique. — 2, corps calleux. — 3, trigoiie. — 4, ventricule latéral. — 5, toile choroïdieniie. — 6, plexus choroïdes. — 7, ventricule mo^eu. — 8, glande pinéale, avec 8’, prolongement au-dessus d’elle du ventricule moyen. — y, commissure blanche postérieure. — 10. anus. — 11, pédoncules cérébraux. — 12, couche optique. — 13, saillies des tubercules mamillaires. — 14, lame grise répondant à l’espace interpédonculaire. — 15, autre lame répondant au tuber cinereum. — 16, tige du corps pituitaire. — 17, corps pituitaire. — 18, veines de Galien.

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

viennent, en partie tout au moins, de la couche optique, s’entrecroisent sur la ligne médiane avec les fibres similaires du côté opposé et, s’infléchissant alors en bas et en arrière, disparaissent dans la calotte pédonculaire. On ne connaît, du reste, ni

les groupes cellulaires où elles prennent origine, ni ceux dans lesquelles elles se terminent.

Déjà, en 1874, Paulowsky [Zeilschr. f. v'issensck. Zoologie, p. 28i) a cherché à établir que le faisceau en question était constitué essentiellement par des fibres qui, partant d’un héndsphère, s'entrecroisent sur la ligne médiane avec des fibres homologues du côté opposé et descendent ensuite dans ta calotte du pédoncule cérébral. Du côté de riiémisphère, ces libres proviendraient des points les plus divers : du lobe frontal, du lobe temporal, de Tinsula. de la couche optique et même de la glande pinéale. Du côté du pédoncule, elles viendraient se mêler aux fibres du ruban de Reil.

Plus récemment, un élève de Flechsig, L. Darksghewitsch [Neurolog. Centralblatt, 1885) a repris la question et, utilisant à ce sujet la coloration d’encéphales de fœtus d’un certaiïi âge à l’aide de la méthode de Weigert, il a été amené à conclure, lui aussi, que les fibres de la commissure postérieure pénétrent dans la calotte. Pour lui, la plupart de ces fibres se jettent, non pas dans le ruban de Reil, comme l’admet Pau- LovvsKv, mais bien dans la bandelette longitudinale postérieure (p. 66'J) : elles entrent, par conséquent, en relation intime avec les nerfs moteurs de l’œil et tout particulièrement avec le nerf oculo-moteur commun. Quelques-unes d’entre elles iraient même se terminer dans deux petits amas de cellules ganglionnaires, qui se trouvent situés de chaque côté de l’aqueduc de Sylvius et qui forment là, au-dessus du noyau classique de l'oculo-moteur commun, un petit ganglion accessoire de ce dernier nerf, le ganglion de Darkscheioitsch .

Bechterew, à son tour, a été amené, par des recherches analogues, à diviser la commissure postérieure en deux faisceaux distincts, l’un supérieur ou dorsal, l’autre inférieur ou ventral. — Le faisceau inférieur ou ventral, qui se développe le premier et qui possède déjà sa myéline sur dos fœtus de 28 centimètres, tire son origine, en partie du ganglion de l’habénula, en partie de la glande pinéale, et vient réellement se terminer, comme l’a établi Darksciiewitsch, dans les noyaux du moteur oculaire commun, principalement dans le noyau supérieur. — Quant au supérieur ou dorsal, qui ne fait son apparition ([ue beaucoup plus tard, il proviendrait des segments postérieurs de la couche optique et se disperserait ensuite à la manière d’un éventail dans la formation réticulaire du pédoncule.

Lrobst (IDOü), en utilisant la méthode des dégénérescences, admet en outre l’e.vistence, dans la commissure postérieure : 1° d’un certain nombre de fibres de la partie interne du ruban de Reil ; 2“ d’une partie de fibres du pédoncule cérébelleux supérieur qui, après entrecroisement, se rendent à la couche optique. Le même observateur a constaté, après section de la commissure postérieure, que les fibres de cette commissure descendent dans la calotte jusrju'au bord supérieur de la protubérance, mais pas au delà.

Fig. 735.

La commissure blanche postérieure, vue d’en haut.

f, couclie optique, avec f’, le pulvioar.

— 2, tubercules quadrijumeaux antérieurs. — 2’ tubercules quadrijumeaux postérieurs. — 3, commissure blanche postérieure. — 4, aqueduc de Sylvius. — 5, commissure grise. — 6, glande pinéale.

— 7, ses prolongements antérieurs ou babenæ. — 8, ses prolongements inférieurs. — 9, triangle de l'Iiabenula.

3® Bord antérieur, commissure blanche antérieure. — Le bord antérieur (fig. 733) se dirige également en bas et en avant, mais en se rapprochant sensiblement de la verticale. 11 est beaucoup plus irrégulier que le précédent, comme on peut le voir sur la figure 733, qui représente une coupe verticale et médiane de notre ventricule.

Si nous le suivons de haut en bas, en le regardant de face (fig. 736j, nous le voyons formé tout d’abord par les piliers antérieurs du trigone, qui s’écartent l’un de l’autre en interceptant un espace angulaire à sinus dirigé en bas. En avant de ces piliers et un peu au-dessous du point où commence leur écartement, se voit un cordon blanc se dirigeant transversalement d’un côté à l’autre : c’est la commissure blanche antérieure . Nous allons y revenir.

La commissure blanche antérieure et les deux piliers du trigone circonscrivent, sur la ligne médiane, une petite fossette triangulaire, appelée vulve : elle est très

CERVEAU

8ol

visible (fig. 736, 8) quand on regarde de face le bord antérieur du ventricule. C’est dans le fond de cette fossette que venait s’ouvrir, pour les anciens anatomistes, le prétendu canal chargé de mettre en communication la cavité centrale du septum lucidum et le ventricule moyen. Nous avons déjà dit (p. 828), en nous basant sur les données embryologiques, que ce canal, non seulement n’existait pas, mais ne pouvait pas exister.

Au-dessous de la vulve, le bord antérieur du ventricule est successivement constitué : d’abord , par la lamelle sus-optique (fig. 733, 14); puis, par le chiasma des nerfs optiques, qui forme, avec la lame précédente , un petit cul-de-sac ouvert en haut, le recessus options ; et, enfin, par la partie antérieure du tubercinercum. Toutes ces formations nous sont déjà connues :

elles sont, en effet, extérieures en même temps qu’intérieures et, de ce fait, sont nettement visibles à la base du cerveau (voy.

Commissure blanche antérieure . — De tous les éléments que nous a successivement présentés le bord antérieur du ventricule .moyen, la commissure blanche antérieure est le seul que nous n’ayons encore rencontré nulle part et nous devons, avant d’aller plus loin, indiquer sa forme, ses dimensions, ses rapports et sa signification anatomique.

C’est, comme nous l’avons dit plus haut, un cordon blanc transversal, situé en avant des piliers antérieurs du trigone, un peu au-dessous de l’angle inférieur du septum lucidum. 11 est à peu près de la grosseur du nerf optique. Sa coupe (fig. 733, 13) n’est pas exactement circulaire, mais elliptique à grand axe dirigé de haut en bas : elle mesure, en moyenne, 4 millimètres dans le sens vertical, 3 millimètres à 3 millimètres et demi dans le sens antéro-postérieur. Ces chiffres présentent, du reste, des variations individuelles considérables.

Le bord antérieur du ventricule moyen, vu de face sur une coupe frontale passant à la fois par le sommet du trigone et par le milieu du corps pituitaire.

1, scissure iuleriiémisphérique. — 2, corps calleux. — 3, septum lucidi ventricule latéral. — 5, ventricule moven. — G, trigone, avec G', ses pili

um. ■ — 4,

eu. — ü, trigone, avec G', ses piliers antérieurs. — 7, commissure blanche antérieure. — 8, vulve. — 9, lamelle sus-optique.

— 10, recessus opticus. — 11, chiasma optique. — 12. sommet de l’infundibulum répondant au tuber ciuereum et a la tige du corps pituitaire. — 13, corps pituitaire.

— 14, couche optique. — lo, noyau caudé. — 16, face inférieure de riiémisphère. — 17, espace perforé antérieur, avec (sur le côté droit) l’artère sylvienne. — 18, bandelette olfactive. — 19, bulbe olfactif.

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

AYie sur la ligne médiane, la commissure blanche antérieure affecte une direction

nettement transversale. Mais, en s’écartant du trigone pour se porter en dehors, elle s’infléchit graduellement en arrière et en bas (fig. 737, l). Elle traverse d’abord la tête du noyau caudé. Elle s'engage ensuite au-dessous du noyau lenticulaire et se creuse, à la face inférieure de cette dernière formation, une gouttière plus ou moins profonde, que Giutiolet a signalée depuis longtemps déjà sous le nom de canal de la co^nmissure antérieure. Finalement, elle s’épanouit en éventail et gagne les circonvolutions du lobe temporal, où elle se termine.

La commissure blanche antérieure représente donc dans son ensemble (fig. 737j un long fer /à cheval, dont la convexité serait dirigée en avant : un fer à cheval dont la portion moyenne, la seule libre, est située sur le bord antérieur du troisième ventricule et dont les deux extrémités, étalées chacune en forme d’éventail, répondent, à droite et à gauche, aux circonvolutions temporales. Les libres qui la constituent jouent, par rapport à ces circonvolutions, un rôle analogue à celui que remplit le corps calleux pour les circonvolutions supérieures des hémisphères : elles relient celles du côté droit à celles du côté gauche et les associent ainsi dans leur fonctionnement.

Outre ces libres commissurales transversales admises depuis longtemps par tous les anatomistes, Meyneht a encore décrit dans la commissure blanche antérieure un nouveau système de fibres provenant des bulbes olfactifs. Ces fibres olfactives devraient elles-mêmes, d’après Meyweut, se subdiviser en deux groupes (fig. 738) : les unes, fibren transversales, réunissant l’un à l’autre les deux bulbes olfactifs ; les autres, filrres entrecroisées, se rendant d’un bulbe olfactif au lobe temporal du côté opposé. Nous aurons naturellement l’occasion de revenir sur cette disposition anatomique, à propos de la terminaison réelle des neids olfactifs fvoy. chap. vi). Nous devons nous borner ici à

Fig. 737.

Coupe horizontale de riiémisphère gauche, passant par la commissure blanche antérieure.

1, commissure blanche anterieure. — 2, 2, 2, ses irradiations dans le lobe temporal. — .3, cou[)e du trigone. — 4, extrémité antérieure du ventricule latéral. — o, portion sphénoïdale de ce même ventricule. — 6. ti’ noyau caudé et noyau lenticulaire. — 7, couche opti(|ue. — 8, capsule interne. — 8’, la partie la plus inférieure de son s- gment antérieur.

Fig. 738.

Clïiasma olfactif.

1, bulbe olfaclif. — 2. bandelette olfactive. — 3, commissure blanche antérieure. — 4, 4, écorce du lobe temporal. — 5, chiasma olfactif, constitué par : a, fibres entrecroisées {en noir). —

b. fibres commissurales antérieures (en rowje). —

c, fibres commissurales postérieures (en bleu).

la signaler.

4° Sommet. — Le sommet du troisième ventricule, encore appelé infundibuluin, est situé, naturellement, à la réunion des deux bords antérieur et postérieur. Il se

CERVEAU

dirige en bas et en avant et se termine dans la moitié supérieure de la tige pituitaire (fig. 733,17).

Ce n’est que dans des cas très rares qu’on le voit occuper toute la hauteur de cette tige et descendre alors jusque sur la glande pituitaire.

5'^ Base. — La base du ventricule moyen, fortement allongée. dans le sens antéro-postérieur, se trouve circonscrite (fig. 739) : 1° en avant, par l’angle antérieur du trigone cérébral ; 2° en arrière, par la glande pinéale ; 3° latéralement,^drr les pédoncules anté-

par une extrémité plus ou moins effilée,

rieurs de cette glande ou habenæ, que l’on voit cheminer sur la couche optique suivant la ligne d’union de sa face avec sa face ex-

E.BOULFriAZ

Fig. 739.

Le ventricule moyen, vu d’en haut, après ablation du trigone et de la toile choroïdienne.

1, couche optique, avec : 1’, son tubercule antérieur; 1”, son tubercule postérieur ou puloinar. — 2, sillon des plexus choroïdes. — H, sillon opto-strié. — 4, tète du noyau caudé. — 5, septum lucidum et sa cavité centrale . — 6, piliers antérieurs du trigone. — 7, commissure blanche inférieure. — 8, vulve. ^ — 9, commissure grise. — 10. troisième ventricule. — 11, glande pinéale. — 12, ses pédoncules antérieurs ou habenæ. — 13, commissure blanche postérieure. — 14, triangle de i’habénula. — 14, tubercules quadrijumeaux antérieurs [nuées) . — 16, tubercules quadrijumeaux postérieurs [testes).

supérieure terne.

On lit, dans la plupart des traités classiques, que la toile choroïdienne supérieure ferme le ventricule au niveau de sa base. Une pareille description n’est pas rigoureusement exacte. En réalité, la voûte du ventricule moyen est

constituée (fig. 740) par la membrane épendymaire , qui s’étend horizontalement d’une couche optique à l’autre. Il convient d’ajouter que cette partie de l’épendyme, véritable membranatectoria du troisième ventricule, est réduite dans la plus grande partie de son étendue à sa couche épithéliale et, d’autre part, qu’elle est intimement unie à la face inférieure de la toile choroïdienne. Nous devons faire remarquer, en passant, l’analogie frappante qui existe entre cette disposition et celle que nous avons constatée dans la région du toit du quatrième ven-

. Fig. 740.

Coupe frontale des ventricules moyens et latéraux [schématique) .

1, corps calleux. — 2, trigone. — 3, noyau caudé. — 4, couche optique. — 5, pédoncules antérieurs de la glande pinéale. — 6, lame cornée. — 7, veine du corps strié. ■— 8, tænia semi-circularis. — 9. 9. ventricules laléi-aux. — 10. ventricule moyen. — 11. feuillet supérieur de la toile choroïdienue. — 11’ son feudlet inférieur. — 12, plexus choroïdes des ventricules latéraux. — 13, plexus choroïdes du ventricule mojen. — 14, espace sous-arachnoïdien. — 13, veines de Galien. — 16, épendyme [en jaune).

tricule, où nous avons vu, de même, la membrane épendymaire se réduire à sa couche épithéliale {inembvana tectoria du quatrième ventricule) et s’appliquer contre la toile choroïdienne inférieure.

La figure 740 nous montre nettement, sur une coupe frontale du cerveau, que la membrana tectoria (en jaune), véritable toit du ventricule moyen, est renforcée par les trois formations suivantes, qui s’étagent au-dessus d’elle dans l’ordre suivant : sur un premier plan, la toile choroïdienne supérieure ; sur un deuxième plan, le trigone ; sur un troisième plan, le corps calleux.

6° Commissure grise. — On désigne sous ce nom une lame nerveuse, de coloration grisâtre, qui s’étend, en pleine cavité ventriculaire, de la face interne d’une couche optique à la face similaire de la couche optique du côté opposé (fig. 739, 9).

a. Dimensions et forme. — Son diamètre transversal mesure en moyenne 5 ou 6 millimètres, son diamètre antéro-postérieur 8 à 10 millimètres, son épaisseur 3 ou 4 millimètres seulement. Elle est généralement quadrilatère, avec une face supérieure à peu près plane, une face inférieure plus ou moins convexe, deux extrémités latérales fusionnées avec la couche optique et deux bords, l’un antérieur, l’autre postérieur, tous les deux légèrement concaves.

b. Variétés. — La commissure grise présente, dans sa configuration et même dans son existence, des variations individuelles fort nombreuses : elle peut être lamelleuse, prismatique triangulaire, cylindroVde, etc. 11 n’est pas extrêmement rare de la voir double et, d’autre part, elle fait complètement défaut dans une proportion de 15 à 20 p. 100.

Tenchi.vi [Aleneo medico-parmense, 1887, qui a soigneusement étudié la coininissure grise sur 100 sujets, 50 lioinines et 50 femmes, est arrivé aux résultats suivants :

1® Poids moyen de l'encépliale ....

^ Absence de la commissure grise.

" ( Poids moyen de rencé[)liale . .

^ ^ Duplicité de la commissure grise

t l*oids moyen de l'encépliale. . .

CHEZ l’homme 1 305 gr.

15 fois.

1 390 gr.

5 fois.

1 282 gr.

CHEZ LA EEMME

1 223 gr.

7 fois.

1 295 gr.

11 fois.

1 104 gr.

On voit par ces dilférents chitïres, ({ue la commissure grise fait plus souvent défaut chez l'homme que chez la femme et que par contre, sa duplicité s’observe de préférence dans le sexe féminin. On voit aussi, et c’est en cela que les recherches de Tenchini sont intéressantes, que, dans l'im ou l’autre sexe, l’absence de la commissure grise coexiste avec une masse encéphalique bien supérieure à la moyenne, tandis que l’existence d’une commissure double correspond à un abaissement du poids moyen de l’encéphale.

Macedo (1887), qui a examiné à l’École de médecine de Lisbonne 215 cerveaux humains, a constaté, sur 43 d’entre eux, l’absence de la commissure grise, soit une proportion de 20 p. 100. Comme Tenchini, il a vu que l’anomalie était plus fréquente chez l’homme (22,4 p. 100) que chez la femme (13,5 p. 100 seulement). Mais, ce qu’il y a de curieux dans les observations de Maceuo, c’est que « la caractéristique dominante des individus privés de commissure, c’est de relever dans leurs actes psychiques une singulière précipitation, accompagnée d’une certaine désharmonie entre les impressions internes et externes ». Ce seraient, d’après l’auteur, des déséquilibrés, des désharmonisés, psychiquement parlant.

c. Constitution anatomique. — Envisagée au point de vue de sa structure, la commissure grise comprend dans sa masse deux groupes d’éléments : des cellules et des fibres. Les cellules appartiennent toutes à la névroglie. Quant aux fibres, elles paraissent être, au premier abord, de nature nerveuse : mais, d’après les recherches de Villkr (Th. Nancy, 1887), ces fibres ne s’étendraient pas d’une couche optique à l’autre, comme on l’a enseigné jusqu’ici et comme le laisse supposer, du reste, le nom de commissure donné à l’organe qui nous occupe. En sortant d’une couche optique, les fibres en question se dirigent transversalement vers

CERVEAU

la ligne médiane ; puis, elles se réfléchissent sur elles-mêmes, en formant une anse et, revenant sur leurs pas, elles pénètrent de nouveau dans la couche optique. La disposition étant la même des deux côtés, on voit que les fibres de la commissure représentent, dans leur ensemble, deux U couchés qui se regarderaient par leur partie moyenne (o c).

La commissure grise possède, en outre, de nombreux vaisseaux et est enveloppée, dans toute son étendue, par une couche épithéliale dépendant de l’épendyme ventriculaire.

§ VI. — Épendyme et liquide y entrigulaire

Les ventricules cérébraux, de même que le quatrième ventricule et le canal central de la moelle, sont tapissés par une membrane extrêmement mince et délicate, à laquelle on donne le nom à'épendyme. Leur cavité renferme constamment un liquide séreux et transparent, le liquide ventriculaire .

Fig. 741.

Structure de la commissure grise, vue sur une coupe horizontale (d'après Viller).

1, commissure grise. — 2, couche optique. — 3, venlricule moyen. — 4, épendyme.

1° Épendyme. — On donne le nom d’épendyme (de £Tr£v§uco, revêtir) à la membrane qui tapisse les parois des cavités ventriculaires. C’est la membrane ventriculaire de certains auteurs.

a. Disposition générale. — Si nous suivons cette membrane de haut en bas, du (Cerveau vers la moelle, nous la voyons tapisser tout d’abord les trois portions ou prolongements des ventricules latéraux, s’engager alors dans le trou de Monro et, arrivée dans le ventricule moyen, revêtir les différentes parois de ce ventricule. Elle descend, enfin, dans l’aqueduc de Sylvius, pour se confondre, au delà de ce conduit, av^ec la membrane similaire qui tapisse le quatrième ventricule et, au delà de ce ventricule, le canal central de la moelle.

La membrane épendymaire présente ainsi deux surfaces : une surface adhérente, reposant sur les éléments nerveux, et une surface libre, répondant à la cavité du ventricule. Cette dernière est régulièrement lisse et constamment hunaide, baignée qu’elle est par le liquide intra-ventriculaire.

L’épendyme, considéré dans son ensemble, forme un revêtement continu et, de ce fait, la cavité centrale du névraxe est close de toutes parts. Il existe un point, cependant, au niveau duquel cette cavité est ouverte : c’est l’extrémité inférieure du quatrième ventricule, où l’on voit un orifice elliptique, le trou de Magendie, interrompre la continuité de l’épithélium épendymaire et faire communiquer cette cavité avec les espaces sous-arachnoïdiens. Nous avons déjà décrit cet orifice (voy. p. 715) et nous avons fait remarquer, à ce sujet, que les angles latéraux de ce même ventricule présentaient chacun un orifice analogue, mais beaucoup plus petit, les trous de Lusckka.

b. Structure. — Histologiquement, l’épendyme se compose essentiellement de cellules épithéliales, reposant sur une couche plus ou moins épaisse de névroglie. Ces cellules, disposées sur une seule rangée, diffèrent chez l’embryon et chez l’adulte. Chez l’embryon, ce sont des cellules cylindriques (voy. p. 479), avec un prolongement central, qui fait saillie dans la cavité ventriculaire, et un prolongement périphérique, qui se porte en sens radiaire jusqu’à la surface extérieure du

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

névraxe. Chez l’adalte, les cellules épendymaires sont plutôt cubiques que cylindriques. Leur extrémité interne nous présente un mince plateau cuticulaire, mais le prolongement central fait maintenant défaut. Ouant à leur extrémité externe, elle donne encore naissance à un prolongement périphérique ; mais, de l’avis de la plupart des histologistes, ce prolongement, au lieu de s’étendre jusqu’à la piemère, se termine par une extrémité libre à une faible distance de la cavité ventriculaire.

2° Liquide ventriculaire. — Les cavités ventriculaires sont remplies par le liquide ventriculaire. Mais, à l’état normal, la quantité de ce liquide est toujours très faible. Elle s’exagère dans certains états pathologiques et on la voit, dans Thydrocéphalie, atteindre des proportions considérables. Le liquide ventriculaire se confond, tant par sa composition chimique que par ses caractères extérieurs, avec le liquide céphalo-rachidien, que nous étudierons plus tard à propos des méninges.

^ \1I. — Formations ghoroidiennes

La pie-mère s’insinue dans l’intérieur ou, plus exactement, dans l’épaisseur du cerveau, en formant ti-ois prolongements : deux prolongements pairs et latéraux, disposés sous forme de cordons, ce sont les plexus choroïdes ; un prolongement impair et médian, affectant la forme de membrane, c’est la toile choroïdienne supérieure. Les plexus choroïdes et la toile choroïdienne, qui constituent par leur ensemble ce qu’on pourrait appeler les furrnalions choroïdiennes {pie-mère interne de certains auteurs), complètent au même titre l’étude des cavités ventriculaire. Ils sont, du reste, entièrement connexes chez l’embryon plus encore que chez l’adulte et nous avons tout avantage à les rapprocher dans notre description.

1° Plexus choroïdes. — Les plexus choroïdes (fig. 742) sont deux cordons rougeâtres et granuleux, occupant successivement les deux portions sphénoïdale et frontale des ventricules latéraux.

A. Situation ET trajet. — Partis de l’extrémité antérieure de la fente cérébrale de Bichat, oii ils se continuent avec la pie-mère externe, ils pénètrent dans la portion correspondante du ventricule latéral, cheminent d’avant en arrière sur la face supérieure de la corne d’Ainmon, qu’ils recouvrent en grande partie, et arrivent ainsi à la région du carrefour.

Là, ils forment dans la plupart des cas un renflement, de forme et de dimensions variables, le glome choroidien iglomus choroideus des anatomistes allemands), qui peut avoir jusqu’à 5 millimètres d’épaisseur et qui s’avance plus ou moins dans le prolongement occipital du ventricule.

Poursuivant ensuite leur trajet, les plexus choroïdes contournent de bas en haut l’extrémité postérieure de la couche optique, longent d’arrière en avant les bords latéraux du trigone (fig. 700,12) et arrivent ainsi jusqu’à la partie supérieure du trou de Monro. S’infléchissant alors en dedans, ils s’engagent audessous du trigone et se continuent avec la toile choroïdienne supérieure et ses plexus.

B. Forme. — Les plexus choroïdes affectent donc dans leur ensemble (fig. 743, 9) la forme d’un U ou d’un fer à cheval, dont la partie moyenne embrasse par sa

CERVEAU

concavité l’extrémité postérieure de la couche optique et dont les deux branches se trouvent situées : l’inférieure, dans la portion sphénoïdale du ventricule latéral ; la supérieure, dans la portion frontale de ce même ventricule (fig. 744, 13). Us sont, d’ordinaire, beaucoup plus volumineux à leur origine qu’à leur terminaison.

C: Rapports avec l’épendyme. — 11 est important de faire remarquer que la face libre des plexus choroïdes, celle qui regarde la Cavité ventriculaire, est revêtue' d’une couche continue de cellules épithéliales dépendant de l’épendyme. Il en

Fig. 742.

Plexus choroïdes et toile choroïdienne après ablation du corps calleux et du trigone.

Cette préparation est la môme que celle représentée dans la figure 700 (p. 820), sur laquelle on a enlevé le trigone cérébral après section de ses piliers antérieurs et postérieurs.

i, 1’ scissure interliémisphérique. — 2, noyau caudé. — 3, septum lucidum et sa cavité centrale. — 4, portion antérieure du ventricule latéral. — 5, portion postérieure de ce même ventricule. — 6, couclie optique. — 7, sillon optostrié. — 8, plexus choroïdes des ventricules latéraux. — 9, toile clioroïdienne. — 10, tubercules quadrijumeaux. — 11, piliers antérieurs du trigone, érignés en avant. — 12, ses piliers postérieurs.

résulte que les plexus ne sont pas réellement contenus dans les ventricules, mais cheminent constamment en dehors d’eux. Par conséquent, l’expression dont nous nous sommes servis plus haut, en disant que les plexus pénètrent dans le ventricule latéroÀ, expression que l’on retrouve, du reste, dans tous les traités didactiques, est impropre et consacrerait une erreur, si elle était prise au pied de la lettre. Pour la même raison, il n’est pas exact de dire que les plexus choroïdes passent par les trous de Monro ; ils passent au-dessus, séparés qu’ils sont de ces orifices par l’épithélium épendymaire. L’embryologie, du reste, en nous faisant assister au développement des plexus choroïdes, nous montre la pie-mère refoulant

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

devant elle 1 épendyme, mais ne perforant jamais cette membrane et restant toujours, par conséquent, en dehors de la cavité ventriculaire.

D. Structure. — Envisagés au point de vue de leur structure, les plexus choroïdes sont essentiellement constitués par des artérioles, des veinules et des lacis de capillaires de différents calibres, irrégulièrement pelotonnés sur eux-mêmes. Leur stroma se compose de quelques fibres de tissu conjonctif et d’une substance

Fig. 743.

Vue d’ensemble des plexus choroïdes des ventricules latéraux.

1, bourrelet du corps calleux. — 2, ventricule latéral. — 3, trigoiie, soulevé sur nue sonde cannelée. — 4, lyre. — 5, pilier postérieur, avec 5’ sa branche externe. — G, corne d’Ammon. — 7, corps bordant ou fimbria, en dedans duquel se voit le corps godronii'^. — 8, crochet de l’iiippocampe, avec 8’ noyau aniygdalien. — 9, plexus choroïdes des ventricules latéraux, (portion supérieure), avec 9’, leur portion intérieure; 9” gloruc choroïdien. — 10, scissure interhémisphérique.

homogène interposée séparant les capillaires par des espaces égaux à une ou deux fois leur diamètre (Pouchet et Tourneux).

E. Vaisseaux. — Les artères destinées aux plexus choroïdes des ventricules latéraux proviennent de deux

Fig. 744.

Les plexus choroïdes, vus par leur côté interne.

1, pédoncule cérébral, avec 1’ locus niger. — 2, commissure blanche postérieure. — 3, tubercule maniillaire.

— 4, infundibulum. — 5, pilier antérieur du trigone. — G, commissure blanche antérieure. — 7, couche 0|)lifpie. avec 7’ son tnbercule antérieur ; 7”, région du pulvinar.

— 8, triangle de l’habénula. — 9, pédoncule antérieur de la glande pinéale (habenæ). — 10, commissure grise.

— 11, trou de Monro. - 12, sillon de Monro. — 13, plexus choroïdes. — 14, tænia semi-circularis.

sources : pour leur partie inférieure, de l’artère choroïdienne antérieure, branche de la carotide interne; pour leur partie supérieure, de la choroïdienne postérieure latérale, branche de la cérébrale postérieure (voy. plus loin fig. 823). — Les veines aboutissent pour la plupart à une veine spéciale, la veine des plexus choroïdes, laquelle se jette dans la veine de Galien.

Dès 1854, Faivre affirme que les plexus choroïdes « ont un rapport intime avec la sécrétion du liquide céphalo-rachidien ». Cette opinion est successivement adoptée par Luschka (1855), Kings- BURY (1897), B'indlay (1897), Galeotti (1897), Stuünicka (1900). Tout récemment, Pettit et Girard (1902). après une étude minutieuse, à la fois histologique et physiologique, des plexus choroïdes des vertébrés, se sont rangés, eux aussi, à cette manière de voir. Pour eux, les cellules épithéliales qui revêtent ces formations vasculaires seraient des cellules sécrétoires, chargées de la production du liquide cérébro-spinal (liquide ventriculaire ou liquide céphalo-rachidien) ; histologiquement, ils ont constaté dans ces cellules un-certain nombre de caractères rappelant ceux des cellules glandulaires ; expérimentalement, ils ont pu faire varier leur activité par l’administration de substances douées de propriétés hypersécrétantes. Les plexus choroïdes seraient donc des appareils glandulaires d’un type spécial, intermédiaire à la glande à sécrétion externe et à la glande à sécrétion interne ; ils pourraient être, de ce fait, considérés comme « des glandes à sécrétion externe, mais à destination interne ».

2^" Toile choroïdienne supérieure. — La toile choroïdienne supérieure (fig. 742, 9), ainsi appelée pour la distinguer de la toile choroïdienne inférieure, qui s’étale

QERVEAÜ

au-dessus du quatrième ventricule, est située immédiatement au-dessous du trigone, qu’elle sépare de la couche optique et du ventricule moyen.

A. Conformation extérieure et rapports. — La toile choroïdienne supérieure se présente à nous, quand on a enlevé le corps calleux et le trigone, sous la forme d’une, membrane mince et transparente, s’étendant horizontalement d’une couche optique à l’autre. Elle a, comme le trigone, la forme d’un triangle à base postérieure et, par conséquent, nous offre à considérer : 1° deux faces, l’une supérieure, l’autre inférieure ; 2° deux bords latéraux ; 3° une base ; 4" un sommet.

a. Face supérieure . — La face supérieure, convexe d’avant en arrière, concave dans le sens transversal, répond dans toute son étendue au trigone cérébral, auquel elle est unie par de minces tractus conjonctifs et par quelques vaisseaux.

b. Face inférieure. — La face inférieure repose, par ses parties latérales, sur la face supérieure des couches optiques. Par sa partie moyenne, elle recouvre le troisième ventricule, dont elle est séparée cependant par la membrane épendymaire, qui lui adhère intimement et qui se trouve réduite ici à sa couche épithéliale.

La toile choroïdienne, comme les plexus choroïdes, est donc située en dehors des cavités ventriculaires.

Sur cette face inférieure, on remarque deux traînées longitudinales de granulations rougeâtres : ce sont les plexus choroïdes du ventricule moyen (fig. 740, 13). Ces plexus se dirigent d’arrière en avant en longeant la ligne médiane. Arrivés au sommet de la toile choroïdienne, ils s’infléchissent en dehors et se confondent, au niveau des trous de Monro, avec les plexus choroïdes des ventricules latéraux. Les deux plexus choroïdes du ventricule moyen sont fréquemment fusionnés sur la ligne médiane en un cordon unique.

c. Bords latéraux. — Les bords latéraux de la toile choroïdienne se confondent avec les plexus choroïdes des ventricules latéraux (fig. 745), qui leur forment ainsi une bordure saillante et qui ne sont, du reste, qu’une dépendance de la toile, comme le démontre le développement.

d. Base. — La base occupe la partie moyenne de la fente cérébrale de Bichat. Elle se continue là, entre le bourrelet du corps calleux et les tubercules quadrijumeaux, avec la pie-mère externe.

e. Sommet. — Le sommet répond à l’angle antérieur du trigone et, plus particulièrement, au point de bifurcation de ses piliers antérieurs: La toile, à ce niveau.

B’ig-. 745.

La toile choroïdienne et les plexus choroïdes du ventricule latéral, vus d’en haut.

1, tronc commun ou ampoule des veines de Galien. — 2, veines de Galien. — 3, veine du corps strié. — 4, veines des plexus choroïdes. — 5, veine du septum. — 6, veine de la couche optique et du trigone. — 7, veines de la corne d’Ammon. — 8, veines de l’ergot de Morand. — 9, veines cuuéo-limbique. — 10, veines du centre ovale. — 11, veines des tubercules quadrijumeaux.

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

se bifurque en deux moitiés latérales : chacune de ces divisions est arrondie et s’encadre exactement dans la courbe que forment, en s’unissant l’un à l’autre, le plexus choroïde du ventricule latéral et le plexus choroïde correspondant du ventricule moyen.

B. CoxXSTiTUTioN ANATOMIQUE. — Goiume la toile choroïdienne du quatrième ventricule, la toile choroïdienne du ventricule moyen se compose de deux feuillets superposés (fig. 746) : un feuillet supérieur il), tapissant le trigone; un feuillet inférieur [T] recouvrant la lame épithéliale qui constitue le vrai plafond du ventricule moyen. Ces deux feuillets se fusionnent à leur e:?||rémité antérieure.

Us s’écartent, au contraire, à leur extrémité postérieure, pour se continuer, le feuillet supérieur avec la pie-mère cérébrale, le feuillet inférieur avec la piemère de l’isthme et, par cette dernière, avec la pie-mère cérébelleuse.

Entre les deux feuillets de la toile choroïdienne s’insinue, comme nous le montre la figure 746, le tissu conjonctif des espaces sous-arachnoïdiens, au sein duquel cheminent de nombreux vaisseaux artériels et veineux.

La toile choroïdienne, étant une simple invagination de la pie-mère, présente la même structure fondamentale que cette dernière membrane (voy. Pie-mère).

C. Vaisseaux. — Les artères de la toile choroïdienne supérieure, toujours très petites et fortement flexueuses, proviennent de trois sources : des cérébelleuses supérieures, des cérébrales postérieures et des artères choroïdiennes. Elles affectent pour la plupart une direction antéro-postérieure (voy. Cerveau). — veines (lig. 745), beaucoup plus importantes, se résument en deux troncs principaux, l’un droit, l’autre gauche : ce sont les veines de Galien. Ces veines, auxquelles aboutissent de nombreux affluents, seront décrites plus tard (voy. Art. VI, Circulation du cerveau).

Fig. 746.

Coupc sagittale du cerveau, pour montre i’ le mode de constitution de la toile choroïd.ienne.

1, corps calleux. — 2, trigone. — 3, septum lucidum. — 4, ventricule moyen. — o, aqueduc de Sylvius. — G, épendyme (e/i jaune). — 7, feuillet su])érieur de la toile choroïdienne (en rouge). — 7’ son feuillet inférieur (en rouge). — 8, espaces sous-arachnoïdiens. — 0, glande pinéale.

§ Vlll. — Glande pinéale ou épiphyse

La glande pinéale est un petit corps grisâtre, impair et médian, qui se développe à la partie postérieure et supérieure du ventricule moyen. On l’appelle encore epiphyse (de Itti, sur, etcpùw, je pousse, excroissance supérieure, par opposition à l’hypophyse, excroissance inférieure, que nous avons déjà décrite à la base du cerveau), dénomination qui est surtout usitée en anatomie comparée.

1° Situation. — La glande pinéale se trouve située au-dessous du bourrelet du corps calleux qui la surplombe (lig. 746, 9;, entre les deux tubercules quadrijumeaux antérieurs, qui lui forment une sorte de gouttière, le lit de la glande pinéale. Elle est maintenue en position, par ses adhérences avec la pie-mère d’abord, puis par

CERVEAU

un certain nombre de prolongements qui, partant de sa base, vont ensuite se terminer sur des formations voisines.

2° Dimensions et poids. — Envisagée au point de vue de ses dimensions, la glande pinéale est de la grosseur d’un pois ordinaire. Elle mesure, en moyenne, 7 à 8 millimètres de longueur sur 4 à 6 millimètres de largeur.

Elle pèse ordinairement de 20 à 25 centigrammes.

Son poids spécifique est, d’après Engel, de 1,047 à 1,050.

3° Conformation extérieure et rapports. — La

glande pinéale a été comparée tour à tour à une pomme de pin, à un cône à base dirigé en avant : de là les noms divers de glande pinéale, de corps pinéal, de conarium, sous lesquels on l’a désignée. On lui considère une partie moyenne ou corps, une extrémité antérieure ou hase, une extrémité postérieure ou sommet :

a. Corps. — Le corps, un peu aplati de haut en bas, est lisse ou légèrement grenu. Il est en rapport : en haut, avec les veines de Galien et le bourrelet du corps calleux ; en bas, avec le sillon longitudinal, qui sépare l’un de l’autre les deux tubercules quadrijumeaux antérieurs; sur les côtés, avec les plexus choroïdes du ventricule moyen, qui lui sont unis par de nombreux tractiis, soit conjonctifs, soit vasculaires.

b. Base. — La base, dirigée en avant, se dédouble en deux lamelles transversales, l’une supérieure, l’autre inférieure. Ces deux lamelles sont séparées l’une de l’autre par un sillon plus ou moins profond, que l’on désigne sous le nom de cul-de-sac pinéal. Le cul-desac pinéal, comme nous le montre la figure 748, n’est qu’un simple diverticulum du ventricule moyen.

c. Sommet. — Le sommet de la glande pinéale, dirigé en arrière et en bas, est tantôt pointu, tantôt arrondi et mousse. Il flotte librement, au-dessus des tubercules quadrijumeaux, dans les espaces sous-arachnoïdiens.

9 c F\g. ni.

La glande pinéale, vue en place, après ablation du corps calleux

1, ventricule moyen. — 2, commissure grise. — 3, couche optique, avec 3’, pulvinar.

— 4, glande pinéale, avec 5; ses pédoncules antérieures ou liabenæ. — 6, tubercules quadrijumeaux antérieurs. — 7, triangle de l’habénula. — 8, tubercule de l’habénula.

— 9, petit sillon transversal séparant le triangle précité des tubercules quadrijumeaux.

Fig. 748.

Coupe sagittale de la glande pinéale, pour montrer ses rapports avec la toile choroïdienne et avec l’épen- B [dyme.

¥ Rapports avec la toile choroïdienne. — Certains auteurs placent la glande pinéale entre les deux feuillets de la toile choroïdienne supérieure. Cette description est inexacte ; la glande pinéale répond exclusivement au feuillet inférieur de la toile et n’a aucun rapport immédiat avec le feuillet supérieur.

Si, sur une coupe sagittale (fig. 748), nous suivons d’avant en arrière le feuillet inférieur de la toile choroïdienne, nous le voyons s’insérer sur la face supérieure de la glande, recouvrir ensuite ses parties laté-

1, corps calleux. — 2, 2’, feuillets supérieur et inferieur de la toile choroïdienne (en ?’OM^e). — 3, glande pinéale. — 4, commissure blanche postéripure. — 5, ventricule moyen.

— 6, épendyme [en jaune). — 7, culde-sac sus-pinéal. — 8, cul-de-sac pinéal. — 9, anus. — 10, aqueduc de Sylvius.

raies, son sommet et sa face inférieure, et, enfin, se réfléchir en arrière pour s’étaler au-dessus des tubercules quadrijumeaux.

Il est à remarquer que l’insertion de la toile choroïdienne à la face supérieure de la glande pinéale se fait, non pas sur toute l’étendue de cette face, mais sur son tiers moyen ou son tiers postérieur (fig. 748, 3). Il en résulte qu’il existe audessus de la glande pinéale, entre sa base et la toile choroïdienne, un nouveau diverticulum du ventricule moyen, affectant encore la forme d’un cul-de-sac : c’est le cul-de-sac sus-pinéal (7). Ce cul-de-sac est tapissé, tout naturellement, par l’épithélium épendymaire.

5" Connexions ; pédoncules de la glande pinéale. — La glande pinéale est reliée au cerveau par un ensemble de faisceaux nerveux qui naissent de sa base. Ces faisceaux, appelés pédoncules de la glande pinéale, sont au nombre de six, trois de

chaque côté. Ils se distinguent en antérieurs, moyens et inférieurs :

a. Pédoncules antérieurs. — Les pédoncules antérieurs (fig. 749, 7), encore appelés rênes ou habenæ de la glande pinéale, se séparent de la lamelle supérieure de la base. Ils se dirigent d’abord en dehors jusqu’au côté interne d’une petite région triangulaire, que nous décrirons plus loin (p. 869), cà propos de la couche optique, sous le nom de tria7igle de l’habénula.

S’infléchissant alors en avant, ils longent la couche optique, où on peut facilement les suivre grâce a leui‘ relief et aussi à leur couleur blanche et brillante. Sur les couches optiques, les pédoncules antérieurs de la glande pinéale occupent exactement l’angle de réunion de leur face supérieure avevc leur face interne et, par conséquent, limitent sur ce point la cavité ventriculaire.

Arrivés à l’extrémité antérieure de la couche optique, ils se mêlent aux piliers antérieurs du trigone et descendent avec eux jusqu’à la substance grise de la base du cerveau.

La valeur anatomique des pédoncules antérieurs est encore fort obscure. Pour plusieurs auteurs, le faisceau issu de la glande pinéale recevrait, au moment où il change de direction, un faisceau de renforcement provenant du ganglion de Ehabénula.

b. Pédoncules inoyens. — Les pédoncules moyens (fig. 749, 8) naissent, comme les pédoncules antérieurs, de la lamelle supérieure de la base. Ils sont peu développés et souvent même peu visibles. Se portant directement en dehors, ils longent le bord supérieur de la commissure blanche postérieure et, après un trajet très court, disparaissent dans l’épaisseur de la couche optique.

c. Pédoncules inférieurs. — Les pédoncules inférieurs (fig. 749, 9j, généralement très grêles, se détachent de la lamelle inférieure. Ils descendent, tout d’abord, au-devant de la commissure blanche postérieure. Puis, ils se recourbent en dehors et, comme les précédents, pénètrent dans la couche optique, où ils se terminent.

Fijr. 749.

La glande pinéale et ses pédoncules, vus par la partie antérieure et supérieure.

1, couclie optique, avec 1’, le pulvinar. — 2, tubercules quadrijumeaux antérieurs, — 2', tubercules (|uadrijumeaux postérieurs. — 3, commissure blanche postérieure. — 4, aqueduc de Sylvius. — 5, commissure grise. — ü, glande pinéale, avec : 7, ses pédoncules antérieurs ou habenæ ; 8, ses pédoncules moyens ; 9, ses pédoncules inférieurs. — 10, triangle de l’iiabénula.

CERVEAU

6° Constitution anatomique. — Envisagée au point de vue de sa structure, la glande pinéale nous offre à considérer : 1° une enveloppe; 2° un tissu propre.

A. Enveloppe. — L’enveloppe, très mince, est formée par du tissu conjonctif et des vaisseaux. C’est une dépendance de la pie-mère. De sa face profonde partent de nombreuses cloisons, d’épaisseur variable, qui pénètrent dans l’épaisseur de la peau, s’y divisent et s’y anastomosent. Elles circonscrivent ainsi un grand nombre de petites loges, rondes ou ovales sur les coupes et communiquant plus ou moins largement les unes avec les autres. C’est dans ces loges que se dispose le tissu propre.

B. Tissu propre. — La glande pinéale est essentiellement formée par deux ordres d’éléments : des fibres et des cellules. Ces éléments ont reçu des histologistes les interprétations les plus diverses. Les recherches les plus récentes (CioNiNi, Dimitrova) s’accordent à démontrer qu’ils sont de nature névroglique.

a. Fibres. — Les fibres, toujours nombreuses, sont parfois isolées, flexueuses avec les fibres voisines : mais, le plus souvent, elles se groupent en faisceaux (fig. 750) plus ou moins volumineux et courant un peu dans tous les sens. Elles affectent avec les cellules des rapports

très étroits et, à ce sujet, on peut les ranger en deux groupes : les unes appartiennent en propre aux cellules, sont des produits de la différenciation de son protoplasma, avec lequel elles demeurent en continuité ; les autres émanent d’éléments plus ou moins éloignés et n’ont avec le corps cellulaire que des relations de contiguïté. Enfin, il est possible qu’il y en ait d’autres entièrement libres (Dimitrova).

b. Cellules. — Les cellules de la glande pinéale présentent les formes les plus variées : on en voit d’arrondies, d’allongées, de coniques, de quadrangulaires, de polyédriques par pression réciproque. Leui» protoplasma renferme parfois des granulations de volume variable : ces granulations sont,

dans certains cas, tellement abondantes qu’elles remplissent complètement la cellule ; le plus souvent, elles sont beaucoup moins nombreuses, se groupant sur un

Fi?. 750.

Coupe de la glande pinéale destinée à montrer l’abondance et l’arrangement des fibres névrogliques, ainsi que leurs relations avec les cellules, coloration par la méthode de Weigert (d’après Dlmitrova).

s’entrecroisant sous des angles divers

Fig. 751.

Cellules à protoplasme granuleux de la glande pinéale du bœuf (d’après Mii® Dimitrova).

a, cellule ayant tout sou protoplasme rempli de granulations. — 6, cellule ne présentant qu’une mince couche périphérique de grains. — c, une cellule à vacuole. — rf, cellule vésiculeuse remplie de petits grains noirs.

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

seul point de la cellule, tantôt au centre, tantôt à la périphérie. Le noyau, ordinairement unique, est relativement très volumineux ; il est arrondi ou légèrement allongé, occupant le plus souvent une situation excentrique; son contenu est tantôt clair, tantôt plus ou moins foncé.

Les cellules de la glande pinéale renferment pour la plupart des enclaves, grains ou boules, qui se développent tantôt dans le protaplasma, tantôt dans le noyau lui-même (fig. 752). La nature et la destinée de ces formations nous sont totale-

Fig. 7ü2.

l'no cavité pruveiiaiit de la

lande pinéul', bœuf ((ra])fès M»® Dimitkon a)

ilu

ment inconnues.

Outre les cellules que nous venons de décrire, cellules à prolongements plus ou moins nombreux et plus ou moins ramiliés, cellules franchement névrogliques. on en rencontre d’autres qui sont entièrement dépourvues de prolongements et, de ce

fait, présentent des caractères plus ou moins épithélioïdes. Ces cellules épithélioïdes sont, du reste, quant au protoplasma et au noyau, peu ou point différentes des cellules précédentes.

Il paraît rationnel de les considérer comme des cellules névrogliques restées à l’état embryonnaire, c’est-à-dire dont le protoplasma ne s’est pas différencié en prolongements fibrillaires.

c. Autres éléments. — M“® Dimituov.\ a décrit, dans la glande pinéale du bœuf, du veau, du mouton et du chien, des cavités, les unes très petites et perceptibles seulement avec un fort grossissement, les autres volumineuses, tapissées intérieurement par une rangée de cellules cubiques ou cylindriques (lig. 752). Elles sont toujours situées dans les espaces clairs, c’est-cà-dire pauvres en cellules, et les libres névrogliques ne sont pas plus condensées autour d’elles qu’ailleurs. Ces cavités sont tantôt vides, tantôt comblées par un dépôt linement granuieux. Leur signiücation

morphologique est encore des plus obscures. Dimi- TuovA émet l’hypothèse ({u’elles représentent des vestiges du bourgeonnement primitif : si on admet, en elfet, que le cul-de-sac épipbysaire, chez les oiseaux et les mammifères, produit des bourgeons qui restent cnœux chez les premiers et deviennent ensuite pleins chez les seconds, on pourrait expliquer par des arrêts de développement partiels l’existence des cavités ci-dessus décrites.

La glande pinéale, outre les cellules et les libres signalées plus haut, nous présente encore, du moins chez le bœuf et le veau (on n’a pu encore les rencontrer dans d’autres espèces), un certain nombre de fibres musculaires striées (Nicol.as, Dimituova). Elles sont, du reste, très rares et se rencontrent de préférence dans les parties superlicielles de la glande.

La glande pinéale renferme aussi du })igmenl : il est contenu, soit dans les cel-

La cavilé est circonscrite sur tout son pourtour par une coïKïlie de cellules, les unes c> lindri(pies, les auli’cs irrégulières; on voit en a, a, <|ualre cellules présentani un prolongement protoi)lasmi(iue, dont l'une est limitée de cliaipie côté par une fibre fine.

Concrétions de la glande pinéale sur un lioumie de 65 ans (d’après Toua-

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