RE.YU
1, vésicule optique. — 2, épiphyse.
— 3, pariétaux. — 4, hémisphères
cérébraux. — 5, lobe optique. — 6, cervelet. — 7, infundibulum. — 8, lobe olfactif. — 9,uerf optique. — 10, moelle.
systi:me nerveux gentRxM.
et se termine au-dessus de l’épiderme par un renflement vésiculaire légèrement aplati sur sa face libre ou face terminale (flg. 754, i). Or, l’examen histologique nous révèle dans cette vésicule sous -épidermique tous les éléments essentiels d'un œil , Vœü pinéal (flg. 755) : en avant, un cristallin ; 2° en arrière du
cristallin, une cavité centrale remplie de liquide, homologue du corps vitré des mammifères supérieurs; 3® tout autour de cette cavité, une rétine avec des bâtonnets; et enfin 4®, autour de cette rétine, des traînées de pigment représentant les rudiments d’nne choroïde. L’histologie nnus révèle, d’autre part, dans le pédicule non interrompu qui relie l’œil pinéal à l’encéphale, tous les éléments d’un nerf, le nerf pinéal.
L’épiphyse de l’homme et des vertébrés supérieurs, improprement appelée glande pinéale, est donc au point de vue morphologique le représentant considérablement atrophié de Xœü pinéal des lacertiens. [1 rentre ainsi dans le groupe des organes rudimentaires et il en a toute la signification. Il y a loin, comme le voit, de cette interprétation éminemment scientifique auxhypothèses, aujourd’hui ridicules, de Desc.\rtes et de Mage.ndie !
§ IX. — Noyaux centraux des hémisphères
(noyaux O P T O - s T R I Ê s )
Les hémisphères cérébraux ont été comparés par Gratiolet à deux bourses de substance grise, ouvertes seulement à leur partie inférieure et interne. C’est par cette ouverture, appelée hile de V héynispkère, que s’engage le pédoncule cérébral, amenant au cerveau les libres nerveuses de la moelle, du bulbe, du cervelet et de l’isthme.
De ces fibres, les unes, fibres directes, se portent directement vers la substance grise de l'écorce; les autres, fibres ganglionnaires, se jettent préalablement dans des noyaux ou ganglions de substance grise, qui sont situés au voisinage du hile, sur le trajet même du pédoncule. Ces masses grises, qui jouent à l’égard des fibres ganglionnaires le rôle de noyaux d’interruption, sont désignées sous le nom collectif de noyaux centraux des hémisphères. On les appelle encore les noyaux opto-striés.
Pour les mettre à découvert, il suffit, sur un cerveau reposant sur sa base, de faire la coupe de Vieussens d’abord, puis d’enlever le corps calleux, Ictrigone cérébral et la toile choroïdienne : c’est la préparation représentée dans la figure 756. Comme on le voit, ils sont placés immédiatement au-dessous sur le plancher du ventricule latéral. ^
Les noyaux centraux des hémisphères ou noyaux opto-striés se distinguent, pour chaque hémisphère, en couche optique et corps strié. Un faisceau de fibres blanches, constitué en grande partie par le pédoncule lui-même et appelé capsule interne, subdivise le corps strié en deux portions : l’une, faisant saillie dans le ventricule latéral, c’est \d. portion intra-ventriculaire du corps strié ou. noyau caudé ; l’autre, située en dehors du ventricule, c’est la portion extra-ventriculaire du, corps strié ou noyau lenticulaire. Il convient d’étudier séparément ces deux portions constitutives du corps strié.
Nous décrirons donc successivement :
1" La couche optique ou thalaynus ;
Le noyau caudé ;
3° Le noyau lenticulaire .
CERVEAU
Fig'. 756.
Les noyaux opto-stiâés, vus par leur face supérieure.
(Cette fijrure représente la préparation de la figure 742 (p. 857), dans laquelle on a enlevé le trigone cérébral et la toile choroïdienne. En outre, on a pratiqué sur la partie postérieure de l’hémisphère gauche une nouvelle coupe horizontale pour mettra à découvert le prolongement occipital du ventricule latéral.)
r, extrémités autérieureet postérieure de la scissure interhémisphérique. — 2, centre ovale de Vieussens. — 3, genou du corps calleux. — 4, 4’. son bourrelet, sectionné sur la ligne médiane. — 5, septum lucidum et sa cavité centrale.
— 6, piliers antérieurs du trigone. — 7, ses piliers postérieurs, devenant le corps bordant. — 8, prolongement antérieur ou frontal du ventricule latéral. — 9, son prolongement postérieur ou occipital. — 10, carrefour ventriculaire. — 11. ergot de Morand. — 12, noyau caudé. — 13, couche optique. — 14, sillon opto-strié, avec 14’ veine du corps strié. — 15, ventricule moyen. — 16, commissure grise. — 17, glande pinéale. — 18, commissure blanche postérieure
— 19, tubercules quadrijumeaux.
cules quadrijumeaux, en arrière et en dedans du noyau caudé, sur le trajet des pédoncules cérébraux dont elles occupent le côté supérieur et interne.
Elles forment à la fois la paroi latérale du ventricule moyen et le plancher des ventricules latéraux.
Les couches optiques (angl. optic thalamus, allem. Sehhügel) sont deux noyaux volumineux de substance grise, délimitant, de chaque côté, le ventricule moyen. Elles ont une coloration blanc grisâtre, rappelant assez bien la teinte café au lait.
Situation et dimensions. — Topographiquement les couches optiques sont situées (fig. 756) en dehors du ventricule moyen, en avant et en dehors des tuber-
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
Leurs dimensions sont les suivantes : leur longueur mesure de 35 à 40 millimètres ; leur largeur, de 18 à millimètres; leur hauteur, de 20 à 25 millimètres.
2° Conformation extérieure et rapports. — Envisagées au point de vue de leur conformation extérieure, les couches optiques revêtent l’aspect d’un ovoïde, dont la grosse extrémité regarderait en arrière et dont le grand axe serait obliquement dirigé d’arrière en avant et de dehors en dedans. Nous pouvons donc considérer à chacune d’elles : 1° quatre faces ; 2° deux extrémités.
A. Faces. — Les quatre faces se distinguent, d’après leur situation, en supérieure, inférieure, interne et externe.
a. Face supérieure . — La face supérieure, convexe, est nettement délimitée, en
dehors, par le sillon optostrié (fig. 757, 3), qui la sépare du noyau caudé ; en dedans, par le pédoncule antérieur de la glande pinéale {tænia thalami de quelques auteurs) , qui la sépare du ventricule moyen.
Cette face nous présente, tout d’abord, un sillon longitudinal qui se dirige obliquement d’arrière en avant et de dehors en dedans :
c’est le sillon choroïdien, ainsi appelé parce qu’il répond aux plexus choroïdes des ventricules latéraux. Ce sillon, plus ou moins marqué suivant les sujets, mais généralement bien visible.
Le
Fig-. 7o7.
(leu.v couches optiiiiies, vues par leur ïacc supérieure.
1, couche opliciue, avec : 1’ son tubercule antérieur ; 1”, son tubercule postérieur ou pulvinar. — 2, sillon des plexus choroïdes. — 3, sillon opto-strié. — 4, tète du noyau caudé. — 5, septum lucidum et sa cavité centrale. — 6, piliers antérieurs du trigone. — 7, commissure blanche antérieure. — 8, vulve. — h, commissur’e grise. — 10, troisième ventricule. — 11, glande pinéale. — 12, ses pédoncules antérieurs ou habenæ. — 13, commissure blanche postérieure. — 14, triangle de l’habénula. — 15, tubercules quadrijumeaux antérieurs (na^es) . — 16, tubercules quadrijumeaux postérieurs (testes).
divise notre face supérieure en deux parties : une partie externe, triangulaire à hase antérieure, qui contribue à former le plancher du ventricule latéral et qui, naturellement est tapissée par
l’épendyme; une partie interne, également triangulaire, mais à base postérieure, qui est étrangère à la formation du ventricule et sur laquelle reposent la toile choroïdienne supérieure et le trigone.
La face supérieure de la couche optique nous présente encore : à sa partie
antérieure, immédiatement en dehors du sillon choroïdien et tout près du trou de Monro, une saillie mamelonnée, toujours très marquée, c’est le tubercule antérieur de la couche optique (corpus album subrotundum de Vieussexs); à sa partie postérieure, en dedans du sillon choroïdien, une deuxième saillie, plus volumineuse que la précédente, mais moins nettement délimitée, c’est le tubercule postérieur de la couche optique ou pulcinar.
CERVEAU
haut.
1, ventricule moyen. — 2, commissure grise. — 3, couche optique, avec 3’, pulvinar. — 4, glande pinéale, avec o, ses pédoncules antérieurs ou habenæ. — 6, tubercules quadrijumeaux antérieurs. — 7, triangle de l'habénula. — 8, tubercule de l’iiabénula. — 9, petit sillon transversal séparant le triangle précité des tubercules quadrijumeaux .
A la partie postérieure et interne de cette face, de chaque côté de l’extrémité postérieure du ventricule moyen, se voit une petite région (fig. 7o8, 7), située en contre-bas, ayant la forme d’un triangle allongé dans le sens antéro-postérieur ; c’est le triangle de V habénula . Il mesure, en moyenne, 7 à 10 millimètres de longueur sur 3 ou 4 millimètres de largeur. — Son bord postérieur ou base, situé en arrière, est représenté par un petit sillon transversal, qui sépare le triangle en question du tubercule quadrijumeau antérieur correspondant. — Son bord interne, dirigé d’arrière en avant, répond au pédoncule antérieur ou habéna de la glande pinéale (d’où son nom de triangle de V habénula) . — Son bord externe, oblique en avant et en dedans, est constitué par la partie correspondante de la couche optique, qui, à ce niveau, forme un plan vertical tombant a pic sur la surface du triangle. — Son sommet, très effilé, répond à la partie moyenne du troisième ventricule et va même parfois jusqu’à son tiers antérieur.
La partie postérieure du triangle de l’habénula se relève en une sorte de saillie mamelonnée, tantôt sphérique, tantôt ovoïde, à grand axe antéro-postérieur, que nous appellerons le tubercule de Vhabénula. Au-dessous de lui se trouve un petit noyau de substance grise, le ganglion de Vhabénula.
Le ganglion de l’habénula, vu sur des coupes frontales de la couche optique (fig. 759,7), a la forme d'un triangle dont le sommet est dirigé en bas. 11 est constitué par des cellules nerveuses multipolaires, ordinairement de petites dimensions.
Des fibres qui en émanent, les unes se rendent au pédoncule antérieur de la glande pinéale, qu’ils contribuent à former ; d’autres vont peut-être an ganglion habénulaire du côté opposé, constituant ainsi un faisceau d'association entre les deux ganglions ; les autres, et c’est le plus grand nombre, se dirigent en bas et se condensent en un petit faisceau compacte, auquel Meynert a donné le nom de faisceau rétro-réflexe . Ce faisceau (fig. 759,8) descend le long de la face interne et de la couche optique, passe sur le côté interne le noyau rouge de la calotte, s’entrecroise sur la ligne médiane avec celui du côté opposé et, finalement, vient se terminer à la base du cerveau dans le ganglion interpéclonculaire, petite masse de substance grise, qui, comme l’indique son nom, se trouve située dans l’espace perforé postérieur (voy. p. 744). Le faisceau rétroréflexe de Meynert dégénère de haut en bas après destruction expérimentale du ganglion de l’habénula (Gudden) et, par conséquent, a vraisemblablement ses cellules d’origine dans ce dernier ganglion.
D’après Edinger. le ganglion de l'habénula, rudimentaire chez l’homme, mais plus développé chez les mammifères, devrait être rattaché à la fonction olfactive.
b. Face inférieure, région sous-thalamique . — La face inférieure de la couche optique, plus large en arrière qu’en avant, adhérente dans toute son étendue (fig. 762), repose sur le pédoncule cérébral, principalement sur l’étage supérieur
Fig. 7o9.
Coupe vertico-transverbale de la couche optique, au niveau du triangle de l’habénula, pour montrer le faisceau de Meynert.
1, couche optique. — 2, noyau rouge de la calotte avec 2’, ses faisceaux efférents. — 3. corps de Luys. — , 4, locus niger. — 3, pied du pédoncule. — 6, bandelette optique. — 7, ganglion de l'habénula. — 8. faisceau rétro-réflexe de Meynert. — 9, ganglion interpédonculaire. — 10, ventricule moyen. — lï, faisceau longitudinal, Tuoe des origines de la bandelette longitudinale postérieure.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
de ce pédoncule ou calotte. La couche optique répond là à une région spéciale, que nous désignerons, en raison de sa situation, sous le nom de région sous-optique ou sous-thalamique .
La région sous-thalainique, ainsi appelée parce qu’elle se trouve située au-dessous de la couche optique ou thalamus, représente à ce niveau la calotte pédonculaire, mais la calotte pédonculaire considérablement amoindrie par la perte successive d’un grand nombre de faisceaux. Forel, qui a soigneusement étudié cette région [Arch. f. Psychiatrie, 1877), lui distingue trois couches qui se superposent de haut en bas, dans l'ordre suivant : la couche dorsale, la zona incerta, le corps sousthalatnique ou corps de Luys.
a. Couche dorsale. — La couche dorsale (fig. 760, 13) est directement appliquée contre la lace inférieure de la couche optique. Elle renferme, comme éléments anatomiques, des libres longitudinales très fines, qui se dirigent d’arrière en avant, mais dont la provenance est encore incertaine. Tandis que Meynert les considère comme une dépendance de la bandelette longitudinale
postérieure, Forel croit devoir les rattacher aux faisceaux efférents du noyau rouge de la calotte, au pédoncule cérébelleux supérieur par conséquent. 11 me paraît naturel de considérer ces fibres comme appartenant au système du faisceau d’association longitudinal qui, de la moelle, remonte à la couclie optique. On les voit, en elfet, pénétrer dans la couche optitiue, en se confondant graduellement avec la lame métlullaire externe et avec la couche grillagée.
b. Zona incerta. — La zona incerta de Forel (14), située au-dessous de la couche dorsale, s’étend en travers depuis la substance grise intra- ventriculaire jusqu’au côté interne de la capsule interne. Elle est la continuation de la formation réticulaire de la calotte et elle est constituée, comme elle, par des fibres nerveuses diversement entrecroisées et par de la substance grise irrégulièrement éparse. En avant, la zona incerta se perd dans la substance innominée (p. 884).
c. Corps sous-thalamique. — Le corps sous-tbalami(iue ou corps de Luys, du nom de l’anatomiste (jui l’a découvert et décrit dès 1863, se })résente on coupe sous la forme d’une lentille de coloration gris jaunâtre, dis[)Osée borizontalement au-dessous de la zona incerta (fig. 760,15). 11 mesure de lü à 12 millimétrés de largeur, sur 3 ou 4 millimètres d’épaisseur.
Nous pouvons, morphologiquement, lui considérer deux faces et deux extrémités. — De ‘àc.'&.deux faces, la supérieure, convexe, répond à la zona incerta; l'inférieure, également conve.xe, est bordée par un liséré de substance noire, qui n’est autre que l’extrémité antérieure du locus niger — De ses deux exiréniilés l’une, interne, regarde le ventricule moyen ; l’autre, l’exterue, arrive au contact de la capsule interne. Chacune d’elles laisse échapper un petit faisceau de fibres blanches, dont les connexions ne sont pas encore nettement établies ; les unes, celles qui naissent de l’extrémité externe, paraissent se rendre à la partie interne du noyau lenticulaire ou globus pallidus ; les autres, celles qui s’échappent de l’extrémité interne, se dirigent en dedans vers la substance grise et la base du cerveau et forment, selon toutes probabilités, la commissure de Meynert., que nous avons déjà décrite (p. 742) à propos des formations commissurales de la base du cerveau.
. Quant à sa constitution anatomique, le corps de Luys est formé par un réticulum de névroglie très dense et très compacte, emprisonnant dans ses mailles des amas de cellules nerveuses. Ces cellules sont petites, de forme nucléaire, et donnent naissance à un réticulum très fin, qui constitue avec celui des cellules voisines un réseau inextricable (Luys).
Ki-. 7ÜU.
Coupe vcrtico-transvei’sale de la couche oplique pour montrer la région sous-thalamique.
a, portion frontale du ventricule latéral. — b. sa portion spliénoïdale. — c, ventricule moyen. — d, scissure de Sylvius. — e, bandelette optique. — /", circonvolution de fliippocampe.
1, lame médullaire interne de la couche optique. — 2, lame médullaire externe et couche grillagée. — 3, noyau interne de la couche optique. — 4, sou noyau e.vterne. — b. son noyau supérieur. — 6. noyau caudé, avec 6’ sa portion réfléchie — 7. T uoyau lenticulaire (pùtnm&n et qlohus pallidus). — 8, avant-mur. — 9, capsule externe.
— 10, capsule interne. — 11. pied du pédoncule. — 12. locus niger. — 13. couche dorsale de la région sous-thalamique. — 14. zona incerta.
— 13, corps de Luys. — 16, extrémité antérieure du noyau rouge <le la calotte. — 17, commissure grise.
CERVEAU
La signification anatomique du corps de Luys est encore fort obscure. Cette formation paraît appartenir exclusivement à l’ordre des primates. Chez le chien, chez le lapin, ainsi que chez d'autres mammifères, Forel n’a rencontré à son lieu et place que de simples traînées de cellules nerveuses à contours irréguli rs et indécis.
c. Face interne. — La face interne de la couche optique est fusionnée, dans son tiers postérieur, avec cette portion de l’isthme qui répond aux tubercules quadrijumeaux. Dans ses deux tiers antérieurs, elle est entièrement libre et elle contribue alors à former la paroi latérale du ventricule moyen. Elle est limitée, en bas, par le sillon de Monro (p. 848), en haut par le pédoncule antérieur de la glande pinéale. C’est de cette face, on s’en souvient, que se détache la commissure grise (p. 854), qui unit l’une à l’autre les deux couches optiques. La face interne de la couche optique est tapissée par l’épendyme, lequel est doublé, à ce niveau, par une mince couche de substance grise dépendant de la substance grise intra-ventriculaire.
d. Face externe. — La face externe, adhérente dans toute son étendue, n’est visible que sur les coupes. L’examen des coupes frontales (fig. 762) et horizontales (fig. 779) nous apprend qu’elle est convexe à la fois dans le sens vertical et dans le sens antéro-postérieur. Cette face répond successivement, en allant de haut en bas (fig. 762) : 1° tout en haut, au tænia semi-circularis, qui la sépare du noyau caudé ; 2° au-dessous du tænia semi-circularis, au segment postérieur de la capsule interne, qui fait corps avec elle.
loge en grande partie dans la concavité que lui offre la tête
B. Extrémités. — Des deux extrémités de la couche optique, l’une est antérieure, l’autre postérieure ;
a. Extrémité antérieure . — L’extrémité antérieure de la couche optique, plus ou moins arrondie, se
du noyau caudé. Elle est contournée de haut en bas par les piliers antérieurs du trigone, qui se portent vers les tubercules mamillaires, et nous rappellerons à ce sujet qu’elle forme, avec ses piliers antérieurs, un orifice ovalaire, le trou de Monro (voy. p. 821). Elle est, en outre, croisée transversalement par la commissure blanche antérieure qui se rend de l’un à l’autre des deux noyaux caudés.
b. Extrémité postérieure . — L'extrémité postérieure (fig. 761), plus volumineuse que l’antérieure, regarde en arrière et en dehors.
Elle fait saillie dans le carrefour du ventricule latéral et, là, se trouve croisée obliquement, comme nous l’avons déjà vu, par les plexus choroïdes du ventricule latéral et par les piliers postérieurs du trigone, qui, de la portion frontale du ventricule, descendent dans la portion sphénoïdale.
A la partie tout inférieure de l’extrémité postérieure de la couche optique, sur le point où cette extrémité se continue avec la face inférieure, se voient deux saillies
semi-ovo'ïdes, que l’on désigne sous le nom de corps genouillés. Ils d’après leur situation respective, en interne et externe. — Le corps genouülé
Fig. 761.
La couche optique du côté gauche, vue postérieure.
1. coupe de l’isthme. — 2, pédoncule cérébral. — 3. sillou latéral de l’isthme. — 4, ruban de Reil. — 5. pulvinar. — 6, corps genouillé interne. — 7, corps genouillé externe. — 8, tubercule quadirjumeau antéiieur, avec 8’ son bras conjonctival, — 9, tubercule quadrijumeau postérieur, avec 9’ son bras conjonctival. — 10, tractus peduncularis transversus. — il, bandelette optique. — 12, noyau caudé. — 13, sillon opto-strié. — 14, nerf pathétique.
se distinguent
SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
interne (fig. 7GI, 6j, le plus petit des deux, est directement en rapport avec la partie latérale de l’isthme. Il est grisâtre et affecte une forme ovalaire à grand axe transversal : il mesure, en mo^^enne, 7 millimètres de largeur sur 4 millimètres de hauteur. Son côté antérieur donne naissance à la racine interne de la bandelette optique. De son côté postérieur se détache un petit cordon médullaire qui l’unit au tubercule quadrijumeau postérieur : c’est le bras postérieur des tubercules quadrijumeaux ou bras conjonctival postérieur. Nous l’avons déjà signalé à propos des tubercules quadrijumeaux. — Le corps genouillé externe (fig. 761, 7) est situé en dehors et en avant du précédent, immédiatement au-dessous du pulvinar, qui le dépasse en arrière et le surplombe. Il diffère du corps genouillé interne, par sa forme qui rappelle celle d’un cœur (à base supérieure), par son volume qui est plus considérable, par sa coloration qui est blanc grisâtre plutôt que grisâtre. Comme lui, il donne naissance à deux prolongements : un prolongement antérieur, qui n’est autre que la racine externe de la bandelette optique ; un prolongement postérieur, qui l’unit au tubercule quadrijumeau antérieur, c’est le bras antérieur des tubercules cquadrijumeaux ou bras conjonctival antérieur (voy. Tubercules cquadrijumeaux).
Rauber a décrit entre les deux corps genouillés interne et externe un petit faisceau blanc qui les unit l’un à l’autre : ce faisceau, qui est plus visible chez le fœtus que chez l’adulte, est le faisceau inter genouillé de Rauber.
3^ Constitution anatomique. — Les couches optiques sont constituées en majeure partie par de la substance grise, paraissant former au premier abord une masse compacte et homogène. Luvs, cependant, a cru devoir diviser cette masse en quatre noyaux ou centres, savoir : R un centre antérieur ou olfactif, qui recevrait les fibres du nerf olfactif par l’intermédiaire du tænia semi-circularis ; 2° un centre moyen ou optique, en rapport avec la réception des impressions visuelles; 3° un centre postérieur ou auditif, en rapport avec les impressions auditives ; 4^^ un centre médian ou sensitif, situé en dehors du centre moyen, auquel viendraient aboutir toutes les impressions se rattachant à la sensibilité générale. Une pareille S}’stématisation de la couche optique est malheureusement tout hypothétique, tant au point de vue anatomique qu’au point do vue physiologique. Il n’existe, en effet, entre les divers centres précités, aucune ligne de démarcation visible à l’œil nu ou au microscope.
En réalité, voici ce que l’on constate quand on examine attentivement une coupe vertico-transversale passant par la partie antérieure de la couche optique (fig. 762j. Tout d’abord, on voit sur la face supérieure une mince couche de substance blanche, que l’on désigne sous le nom de stratum zonale. C’est grâce à ce mince revêtement de substance blanche que la couche optique, quoique presque entièrement constituée par de la substance grise, nous apparaît avec une coloration plus pâle que celle du noyau caudé.
On constate ensuite la présence de deux lames de substance blanche, qui se dirigent verticalement de la face inférieure à la face supérieure. Ces deux lames médullaires se distinguent en externe et interne. — La lame médullaire externe {^) limite la couche optique en dehors. Du côté de la capsule interne, elle se confond avec cette dernière sans ligne de démarcation aucune. Du côté de la couche optique, elle se résout en un système de tractus transversaux et obliques qui s’entrecroisent dans tous les sens et disparaissent graduellement dana la substance grise; L’ensemble de ces tractus blanchâtres diversement entrecroisés forme là, à
CERVEAU
la partie externe de la couche optique, une zone d’un aspect tout spécial, connue sous le nom de couche grillagée owcouche réticulée {Gitterschicht des anatomistes allemands. La lame médullaire interne (1), située en pleine couche optique, s élève obliquement de la face inférieure à la face supérieure, en se contournant deux fois sur elle-même à la manière d’un S italique. Cette lame divise nettement la masse grise qui constitue la couche optique en deux noyaux, l’un externe, 1 autre interne. Mais ce n est pas tout : au moment où elle s’infléchit en dehors pour gagner la face supérieure de la
couche optique , la lame médullaire ?
interne laisse échapper, par son 'côté interne, un prolongement qui se dirige obliquement en haut et en dedans et atteint la face supérieure de la couche optique au niveau du bord latéral du trigone; ce prolongement isole ainsi la partie supérieure du noyau interne en un petit noyau spécial, qui se voit très nettement sur la figure 762.
Au total, la couche optique, vue en coupe frontale, nous présente trois noyaux parfaitement distincts : 1° un noyau interne, situé entre la lame médullaire interne et le ventricule moyen ; 2® un noyau externe , situé en dehors du précédent, entre la lame médullaire interne et la lame médullaire externe ; 3® un noyau antérieur ou supérieur, qui répond au tubercule antérieur de la couche optique et qui s’enfonce à la manière d’un coin entre les deux précédents. C’est à ce dernier noyau, on s’en souvient, qu’aboutit le faisceau de Vicq-d’Azyr ou portion ascendante des piliers antérieurs du trigone.
Si nous examinons maintenant une coupe horizontale de la couche optique (fig. 779,6), nous retrouvons nos deux lames médullaires : l’une externe, se
confondant plus ou moins avec la capsule interne ; l’autre interne, située en pleine couche optique et se divisant, comme tout à l’heure, à son extrémité antérieure, en deux branches divergentes. Nous retrouvons aussi nos trois noyaux externe, interne et antérieur : ils sont sans doute un peu différents dans leur forme, allongés dans le sens antéro-postérieur, tandis qu’ils l’étaient tout à l’heure dans le sens vertical, mais ils ont exactement la même situation et les mêmes limites.
Fig. 762.
Coupe frontale des noyaux opto-striés, passant par la commissure grise.
a, portion frontale du ventricule latéral. — h, sa portion spltfnoïdale. — c. ventricule moyen. — d, scissure de SylviuS. — e, bandelette optique. — /■, circonvolution de l’hippocampe.
1, lame médullaire externe et couche grillagée, — 3. noyau interne de la couche optique. — 4, son noyau externe. — 5, son noyau supérieur. — 6, noyau caudé, avec 6’ sa portion réfléchie. — 7, 7’, noyau lenticulaire (pMteî/ien et globus pallidus). — 8, avant-mur. — 9, capsule externe. — 10, capsule interne. — 11, pied du pédoncule. — 12, locus niger. — 13, couche dorsale de la région sous-thalamique. — 14. zonaincerta. — 15, corps de Luys. — 16, extrémité antérieure du noyau rouge de la calotte. — 17, commissure grise.
4® Structure microscopique. — Les couches optiques se composent, comme tous noyaux de substance grise, de fibres et de cellules nerveuses :
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
. a. Fibres nerveuses. — Les fibres constituent l’élément fondamental des lames médullaires interne et externe ; mais on les rencontre encore dans les trois noyaux, incomparablement plus nombreuses dans le noyau externe que dans les deux autres.
b. Cellules nerveuses. — Les cellules nerveuses sont, d’après Marchi, grandes ou petites, à forme irrégulière, triangulaires ou étoilées, ne formant jamais de groupes distincts, mais irrégulièrement disséminées dans les différentes régions de l’organe. Les grandes cellules, dont le diamètre est de 50 à 60 [x, possèdent, comme la plupart des cellules nerveuses, deux ordres de prolongements', des prolongements protoplasmiques, et un prolongement cylindraxile . Les prolongements protoplasmiques au nombre de 4 à 6, sont à la fois plus gros, plus longs et plus rigides que ceux des cellules du corps strié. Quant au prolongement cylindraxile, il a la même disposition que dans les cellules de Golgi type I ; après avoir émis un certain nombre de collatérales, il va se continuer avec une fibre nerveuse.
5*^ Connexions. — La couche optique est en relation par de nombreux faisceaux: 1° avec le pédoncule cérébral : S"* avec la bandelette optique ; 3° avec le corps strié ; 4° avec V écorce cérébrale.
a. Avec le pédoncule cérébral. — Les fibres qui relient la couche optique au pédoncule, quoique de valeur fort différente, peuvent être désignées sous le nom générique de fibres thalamo-pédonculaires. Elles sortent de la couche optique par
ses deux faces inférieure et externe et s’engagent immédiatement après dans l’étage supérieur du pédoncule ou calotte. Ces fibres, qui ont été déjà décrites à propos du pédoncule et sur lesquelles nous reviendrons à propos de la capsule interne, sont : les fibres du pédoncule cérébelleux supérieur; les fibres du noyau rouge ; 3® les fibres du faisceau d’association longitudinal; 4° une portion des fibres du ruban de Reil.
b. Avec la bandelette optique. — Voy. plus loin (p. 984), Terminaisons réelles du nerf optique.
c. Avec le corps strié. — Ces connexions thalamostriées sont établies : 1° par une multitude de fibres, qui, partant les unes du noyau caudé, les autres du noyau lenticulaire, traversent horizontalement le genou et le segment postérieur de la capsule interne et aboutissent à la face externe de la couche optique; par des faisceaux plus volumineux qui, de la face inférieure du noyau lenticulaire, se rendent à la face inférieure de la couche optique. Ces derniers faisceaux font partie de Vanse pédonculaire, que nous étudierons plus loin.
d. Avec V écorce cérébrale. — Les fibres, qui relient la couche optique à l’écorce cérébrale, constituent les fibres thalanio -corticales ou cortico-thal ami que s . Nées des points les plus divers de la
couche optique, elles rayonnent vers les différentes régions du centre ovale en constituant un vaste éventail, que l’on désigne quelquefois sous le nom de cou-
Schéma montrant, sur une coupe de Flechsig, les trois pédoncules de la couche opti(iue.
1, noyau caudé. — 2. noyau lenticulaire. — 3, couche opli(|ue, avec : 4, sou pédoncule antérieur ; 5, son pédoncule postérieur ; 6. 6, son pédoncule inférieur. — Ce pédoncule inférieur 6 est vu en coupe dans la ligure 775).
CERVEAU
Tonne rayonnante du thalamus. Ces fibres, qui se rendent aux régions les plus diverses de l’écorce, forment trois faisceanx principaux, qui constituent les pédoncules de la couche optique. On les distingue, d’après leur direction, en antérieur, postérieur et inférieur :
a) Le pédoncule antérieur (fig. 763,4) sort de la couche optique au niveau de son extrémité antérieure. Se portant obliquement en avant et en dehors, il parcourt dans toute son étendue le segment antérieur de la capsule interne et s’irradie alors vers l’écorce du lobe frontal.
P) Le pédoncule postérieur (fig. 763, 5) tire son origine du pulvinar et du corps genouillé externe. Il représente les radiations optiques de Gratiolet. Suivant un trajet antéro-postérieur, il traverse la partie la plus reculée du segment postérieur de la capsule externe, arrive dans le lobe occipital et, finalement, se termine à la pointe et à la face interne de ce lobe.
y) he pédo7îcule inféiHeur (fig. 763,6) naît de la face interne et de la face inférieure de la couche optique. Obliquement dirigé en bas et en dehors, il longe la face inférieure du noyau lenticulaire et vient se perdre dans les circonvolutions du lobe temporal et dans celles de l’insula. Le pédoncule inférieur de la couche optique contribue à former Vanse pédonculaire de Gratiolet. Nous le retrouverons donc tout à l’heure en étudiant cette dernière formation. Il nous faut auparavant, décrire les deux portions du corps strié.
B . — Noyau caudé
Le noyau caudé (angl. nucléus caudalus, ail. Schweifkern) fait saillie dans la portion frontale du ventricule latéral : c’est le noyau intra-renWiculaire du corps strié.
Situation. — 11 est situé sur le plancher des ventricules latéraux, immédiatement en avant et en dehors de la couche optique. Sa couleur, plus foncée que celle de la couche optique, est d’un gris rougeâtre.
Ses dimensions sont les suivantes ; sa longueur est de 65 à 70 millimètres ; sa largeur, qui est de 15 à 20 millimètres à sa partie antérieure, diminue graduellement en allant d’avant en arrière, et ne mesure plus, à sa partie postérieure, que 3 ou 4 millimètres.
Il suffît, pour le mettre à découvert, de faire la coupe de Vieussens et d’enlever ensuite le corps calleux (voy. fig. 756).
• 2° Conformation extérieure et rapports. — Vu par sa face supérieure ou ventriculaire (fig. 756, 12) le noyau caudé nous apparaît sous la forme d’une virgule (^), dont la grosse extrémité ou tête est dirigée en avant et en dedans, la petite extrémité ou queue en arrière et en dehors. Aplatie de haut en bas, il nous offre à considérer : 1° deux faces ; 2° deux bords ; 3° deux extrémités.
A. Faces. — Les deux faces se distinguent en supérieure et inférieure :
a. Face supérieure . — La face supérieure, convexe, contribue à former le plancher de la portion frontale du ventricule latéral. Elle présente une coloration gris rougeâtre, tranchant nettement sur les parties blanches environnantes. Cette face est recouverte, dans toute son étendue, par l’épendyme. Elle est parcourue, dans certains cas, par des veines, volumineuses, qui suivent un trajet transversal ou oblique et aboutissent finalement à la veine du corps strié.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
b. Face inférieure . — La face inférieure est partout adhérente et, par consé- (juenL ne peut être vue que sur des coupes. Convexe dans le sens transversal, concave au contraire dans le sens antéro-postérieur, elle répond dans toute son étendue à la capsule interne, qui la sépare du noyau lenticulaire.
B. Bords. — Les bords, à leur tour, se distinguent en interne et externe :
a. Bord externe. — Le bord externe, à peu près rectiligne, mais cependant un peu concave en dehors, limite à sa partie externe la cavité ventriculaire. Il répond au corps calleux, au moment où ce dernier, perdant son individualité anatomique, se confond avec le centre ovale.
b. Bord interne. — Le bord interne, fortement concave, embrasse dans sa concavité la partie correspondante de la couche optique. Il en est séparé cependant, comme nous l’avons déjà vu (p. 831), par le sillon opto-strié et par les trois formations anatomiques que renferme ce sillon, savoir : la layne cornée, la veine du corps strié et le tæyiia seyni-circularis.
C. Extrémités. — Des deux extrémités du noyau caudé. Tune est antérieure , l’autre postérieure :
a. Extréynité antérieure. — L’extrémité antérieure ou tête, régulièrement
arrondie, repose à la fois sur la masse blanche du lobe frontal et sur la substance grise de l’espace perforé antérieur, avec laqiudle elle se continue. Elle s’étend jusqu’à l’extrême limite du ventricule latéral et se trouve contournée, à ce niveau, par le genou du corps calleux. La tête du noyau caudé est très rapprochée de la ligne médiane, très rapprochée par conséquent de son homologue du côté opposé : elle n’en est séparée, en effet, que par le septum lucidum et par la mince couche de substance grise qui se trouve située au-dessous du septum.
b. Extrémité postérieure. — L’extrémité postérieure ou queue s’effile graduellement en gagnant la région du carrefour ventriculaire (fig. 764,6’). Arrivée là, elle s’infléchit en bas et en avant et descend alors dans la portion sphénoïdale du ventricule en contournant le pédoncule cérébral. La queue du noyau caudé prend part ainsi à la constitution de la voûte de cette portion du ventricule (fig. 721, B, 7), entre le tænia qui est eti dedans et le tapétum qui est en dehors. On peut la suivre, dans la plupart des cas. jusqu’à l’extrémité même de la cavité ventriculaire, où on la voit prendre contact avec le noyau amygdalien.
3*^ Structure. — Étudié sur des coupes, soit verticales ( Tig. 7o9), soit horizontales (fig. 779, o), le noyau caudé revêt toujours une coloration grise uniforme, indice manifeste d’une structure présentant sur tous les points de l’organe des caractères identiques. Il renferme, comme la couche optique, des cellules et des fibres :
a) Les cellules yierveuses que l’on rencontre dans le noyau caudé sont, d’après
Fig. 764.
Le noyau caudé, vu par son côli' iuiernc.
1. couclift oplique. — 2, lial)éna. — 3, pilier antérieur du tribune. — 4. commissure lilauche antérieure. — fl, fj. tmiiia semi-circularis. — 0, noyau caudé, avec 6’, sa portion rédécliie. — 7. coupe du pédoncule cérchral.
— 8, circonvolulion de ITiippoeampc, avec 8’, son crochet.
— 1), corps bordant. — lü. corps godronné, avec 10’, bandelette de Giacomini. — 11, prolongement sphénoïdal du ventricule latéral.
Marchi, de SO à 60 ;jt. Leur protoplasma est granuleux et pigmenté, surtout chez les sujets adultes. Leurs prolongements protoplasmiques, au nombre de 4 à 8 pour chaque cellule, se dirigent dans tous les sens. Leur prolongement cylindraxile, toujours unique, tantôt se continue avec une fibre nerveuse (cellules de Golgi, type 1), tantôt se ramifie et s’épuise surplace (cellules de Golgi, type II). Cette dernière disposition est ici particulièrement fréquente.
(i) Les fibres nereeuses du noyau caudé ne sont pas mieux connues que celles de la couche optique : les unes, orientées en sens sagittal, se portent vers la tête ou vers la queue du noyau; les autres, suivant un trajet transversal ou plus ou moins oblique, se dirigent vers la face inférieure de l’organe.
4° Connexions. — Le noyau caudé entre en relation : 1® avec le pédoncule cérébral; 2° avec \q noyau lenticulaire ; 3° avec la couche optique ; 4° avec V écorce cérébrale.
a. Avec le pédoncule cérébral. — Les connexions du noyau caudé avec le pédoncule cérébral sont peu nombreuses. Elles sont établies par des fibres qui, partant de la face inférieure du noyau caudé, descendent vers le noyau lenticulaire, traversent celui-ci au niveau de ses lames médullaires et se jettent alors dans l’anse pédonculaire (p. 884), qui les conduit jusqu’à la région sous-optique et, de là, à la calotte du pédoncule cérébral.
b. Avec le noyau lenticulaire. ' — Les fibres qui unissent le noyau caudé au noyau lenticulaire, /? ères lenticulo-caudées, sont situées en majeure partie dans le segment antérieur de la capsule interne (fig. 781) : en quittant le noyau caudé, elles se portent transversalement en dehors et se jettent dans la partie correspondante du noyau lenticulaire. D’autres fibres lenticulo-caudées, celles-ci à trajet vertical, s’échappent de la face inférieure du noyau caudé et descendent dans le noyau lenticulaire, notamment dans le globus pallidus.
c. Avec la couche optique. — Ces connexions ont été déjà indiquées à propos de la couche optique (voy. Couche optique, p. 874).
d. Avec V écorce cérébrale. — Les fibres qui relient le noyau caudé à l’écorce ou fibres cortico-striées, décrites parMEYNERT, niées à tort par Wernicke, partent du bord externe du noyau caudé (fig. 773, 7) et rayonnent de là vers le lobe pariétal et le lobe frontal. Ces fibres dégénèrent à la suite de destructions expérimentales de l’écorce des circonvolutions rolandiques (Bianchi), de l’écorce du lobe frontal (Marinesco). Nous ajouterons que Ramon y Gajal a vu, chez de jeunes mammifères, les fibres du faisceau pyramidal, en passant à côté du noyau caudé, jeter dans ce noyau un certain nombre de fines collatérales.
G. — Noyau lenticulaire
Le noyau lenticulaire (ang. nucléus lenticularis, dWcm. Linsenkern) un amas de substance grise faisant partie, au même titre que le noyau caudé, du corps strié. Il doit son nom de noyau lenticulaire (de lens, lentis, lentille) à ce que, vu sur une coupe sagittale de l’hémisphère passant par son grand axe, il est circonscrit en haut et en bas par deux bords convexes, revêtant de ce fait l’aspect d’une lentille biconvexe. Le noyau lenticulaire diffère du noyau caudé en ce qu’il n’est pas visible sur le plancher ventriculaire : c’est, par opposition au noyau ventriculaire (nom que nous avons donné au noyau caudé), le noyau extrac entriculaire du corps strié.
SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
1° Situation et dimensions. — Topographiquement, le noyau lenticulaire se trouve situé au-dessous et un peu en dehors du noyaucaudé et, par suite, en dehors et au-dessous de la portion frontale du ventricule latéral. 11 baigne en plein dans la substance blanche du centre ovale.
Pour le mettre à découvert, on fait tout d’abord la même préparation que pour le corps calleux : on pratique la coupe de Vieussens et on enlève le corps calleux et le trigone. Puis, à l’aide d’une spatule ou d’une lame de scalpel, on enlève peu à
peu par raclage la substance blanche qui se trouve placée sur le côté externe du noyau caudé; entre ce noyau caudé et le lobe de l’insula, on voit bientôt apparaître de la substance grise : elle appartient au noyau lenticulaire . Il faut alors, poursuivant l’opération, dégager cette substance grise de toute la masse blanche qui la recouvre en avant et en arrière :
c’est un travail long et délicat, mais relativement facile sur des cerveaux qui sont encore sufüsamment mous, je veux dire qui n’ont séjourné que trois ou quatre Jours, dans les liquides durcissants.
Le dégagement une fois terminé, on a sous les yeux (lig. 765) la partie supérieure du noyau lenticulaire, mais la partie supérieure seulement, sa partie inférieure descendant jusqu’au voisinage de la base du cerveau : c’est un noyau de grandes dimensions comme les précédents, allongé d’avant en arrière, plus volumineux à son extrémité antérieure qu’à son extrémité postérieure, longeant le côté externe du noyau caudé, mais situé à un niveau un peu inférieur. Il a, du reste, la même coloration fondamentale que le noyau caudé.
Envisagé au point de vue de ses dimensions antéro-postérieures, le noyau lenticulaire mesure, en mo^^enne, o centimètres de longueur, soit 2 centimètres de moins que le noyau caudé, qui le déborde à la fois à sa partie antérieure et à sa partie postérieure. Gomme on le voit sur notre figure 765, il répond assez exacte-
Fig. 76'j.
Le noyau lenticulaire, vu en place (sur le côté inféro-externe du noyau caudé), après enlèvement par le grattag»' au scalpel de la portion du centre oval (jui la recouvre.
1, bomi-olol du cor|)s calleux. — 1’, son genou. — 2, trigone cérébral, vu d’en liaut, avec 2’, ses piliers antérieurs. — 3, couclie o|)tique. — 4, trou de Monro. — 5, plexus choroïdes du ventricule latéral. — (i, sillon opto-sl rié. avec ü’, veine du corps strié. — 7, septum lucidiim, avec 7’, cavité du septum. — 8, noyau caudé. — 9, capsule interne. — 10, novau lenticulaire. — II, avant-mur. — 12, scissure de Svlvius. — 13, lobe de l'insnla. — 14, prolongement occipital du ventricule latéral. — 15, grande scissure interliémisphéri(|ue.
CERVEAU
ment, par sa situation et par sa longueur, à la fosse sylvienne et au lobe de l’insula qui la comble.
2° Conformation extérieure et rapports. — La préparation que nous venons d’indiquer pour mettre à découvert le noyau lenticulaire, si elle nous fixe nettement sur sa situation, ne nous renseigne que très incomplètement sur sa conformation extérieure. Elle nous apprend bien que la masse grise est allongée d’avant en arrière, mais elle ne nous dit nullement si elle est aplatie, cylindrique, prisma-
tique. Ces notions complémentaires ne peuvent nous être données que par une coupe frontale passant par la partie moyenne du noyau. Cette coupe, elle est représentée dans la figure 766, dite coupe de Charcot. Le noyau lenticulaire nous apparaît alors sous la forme d’un triangle, dont la base regarde en dehors, le sommet en bas et en dedans. Nous pouvons donc, maintenant, envisager le noyau lenticulaire comme ayant la forme d’un prisme triangulaire, disposé en sens antéro-postérieur et, de ce fait, lui considérer : 1° trois faces ; 2° trois bords ; 3° deux extrémités.
A. Fages. — Les trois faces se distinguent, d’après leur orientation, en inférieure, inteime et externe :
a. Face inférieure. — La face inférieure, horizontale, repose dans la plus grande partie de son étendue sur le centre ovale du lobe temporo-occipital. Tout à fait en avant, elle se fusionne, d’une part avec la portion horizontale de l’avant-mur
Coupe vertico-trans versai e ou frontale du cerveau, passant par les tubercules mamillaires (segment antérieur de la coupe vu par sa face postérieure).
1, grande scissure interhémisphérique. — 2, corps calleux. — 3, trigone. — 4, 'couche optique, avec 4’, commissure grise. — 5, 5’, noyau caudé. — 6, noyau lenticulaire, avec a, b, c, ses trois segments externe, moyen et interne. — 7, avant-mur. — 8,8, capsule interne. — 9, capsule externe. — 10, lobe de l’insula. — il, ventricule moyen. — 12, ventricule latéral, avec 12’, son prolongement sphénoïdal. — 13, région sous-lhalamique. — 14, bandelette optique. — 15, tubercule mamillaire, avec 15’, le faiceau ascendant de Vicq-d’Azyr. — 10, noyau amygdalien. — 17, pédoncules antérieurs de la glande pinéale. — 18, 18, scissure de Sylvius.
SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
(p. 7G8), d’autre part avec la substance grise de l’espace perforé antérieur. Cette face inférieure est croisée obliquement par la commissure blanche antérieure (p. 851), qui se creuse sur elle une gouttière plus ou moins profonde, le canal de la coymnissiire blanche.
b. Face interne. — La face interne, ou mieux supéro-interne, regarde, comme son nom l’indique, en haut et en dedans. Elle est en rapport, dans toute son étendue, avec une lame de substance blanche : c’est la capsule interne, qui la sépare de la couche optique et du noyau caudé.
c. Face externe. — La face externe, légèrement convexe en dehors, est en rapport, elle aussi, avec une lame de substance blanche (fig. 766, 9), qui a reçu le nom de capsule externe et qui la sépare de l’avant-mur (7). La capsule externe, beaucoup plus mince que l’interne, n’est reliée au noyau lenticulaire par aucun élément anatomique : elle lui est tout simplement accolée et s’en sépare assez facilement par la dissection. Pour cette raison tout anatomique, on voit assez fréquemment, dans les hémorragies de la région, le sang se collecter entre la capsule externe et le noyau lenticulaire, comme s’il existait à ce niveau une véritable cavité. Sur un plan plus extérieur, la face externe du no^^au lenticulaire est en rapport avec une lame grise, Vavant-77iur, lequel répond au lobe de l’insula. Entre l’avant-mur et l’écorce des circonvolutions insulaires s’interpose une mince couche blanche, que l'on désigne sous le nom décapsulé exlrê7ne.
B. Bords. — Les bords du noyau lenticulaire, au nombre de trois, se distinguent en supérieur inféineur el interne :
a) Le bord supéiHeur et le bord mféiHeur sont tous les deux convexes. Us convergent réciproquement l’un vers l’autre et se réunissent h la fois à l’extrémité
antérieure et h l’extrémité postérieure du noyau.
p) Le bo7ul intei'ne, au lieu d’être rectiligne, est coudé de façon à former un angle fortement obtus, dont l’ouverture regarde en dehors et dont le somm('t répond à peu près à la partie moyenne du noyau lenticulaire. Cette disposition est bien visible sur les coupes horizontales de l’hémisphère passant au voisinage du bord précité (fig. 779,4).
C . Extrémités. — Des deux extrémités du noyau lenticulaire, l’une est antérieure, l’autre es>i postéineure :
a. Extrémité postérieure. — L’extrémité postérieure, très amincie, ne dépasse ordinairement pas, sur l’axe antéro-postérieur du cerveau, le point qui correspond à la circonvolution postérieure de l’insula. On voit nettement, sur des coupes vertico-transversales, que cette extrémité postérieure, au lieu de rester
Fig. 707.
L'cxli’éiuit(> posléfieure du noyau lenticulaire, vu sur une coupe frontale de riiéniisphèn' gauchi* passant ]>ar le corps genouillé externe.
1, corps calleux. — 2, couche opU<|ue. — 3, 3’, noyau caude,
— 4, extrémilé postérieure du noyau lenticulaire. — 3, avantmur. — 6, corps "ehouillé externe. — G' corps genouillé interne,
— 7, champ de Wernicke. — 8, pédoncule cérébral, avec 8’, locus niger; 8” noyau rouge. — 9, faisceau de Meynert.— 10, prolongement sphénoïdal du ventricule latéral. — 11, circonvolution de I hippocampe. — 12, faisceau longitudinal inférieur, coupé
n travers.
CERVEAU
compacte, se dissocie en un certain nombre de prolongements longitudinaux, régulièrement superposés dans le sens vertical (fig. 723,13 et 767,4). Ces prolongements s’effilent progressivement d’avant en arrière et, finalement, se terminent en pointe dans le centre ovale. Nous allons y revenir dans un instant.
b. Extrémité antérieure. — L’extrémité antérieure du noyau lenticulaire, irrégulièrement arrondie, se fusionne graduellement, à sa partie inféro-externe, avec l’extrémité correspondante du noyau caudé (fig. 771, 4).
Pour se rendre un compte e.xact des rapports réciproques des deux noyaux du corps strié, il
Coupe vertico-transversale de l’hémisphère gauche, passant par la commissure antérieure.
Fig. 769.
Coupe vertico-transversale du même hémisphère, passant à 15 millimètres en avant de la précédente.
Fig. 770.
Coupe vertico-transversale du môme hémisphère, passant à 15 millimètres en avant de la précédente.
1, corps calleux, avec 1’ son bec. — 2, septum lucidum et sa cavité centrale. — 3, extrémité antérieure du ventricule latéral. — 4, bord externe. — 3, noyau caudé. — 6, noyau lenticulaire. — 7. capsule interne : on voit, dans la ligure 770, les faisceaux les plus antérieurs de cette capsule s'appliquer contre le côté externe du noyau caudé : quelques-uns sont même emprisonnés dans la substance propre de ce noyau. — 8, avant-mur. — 9, capsule externe. — 10, circonvolution du corps calleux. — 11, commissure blanche antérieure. — 12, espace perforé antérieur.
importe d’examiner méthodiquement une série régulière de coupes frontales, portant sur les différents points de cet organe.
Si nous examinons ces coupes en allant d’arrière en avant, nous constatons, tout d’abord, que les deux noyaux caudé et lenticulaire sont complètement isolés l'un de l’autre par la capsule interne (fig. 766). — Plus loin, un peu en avant de leur partie moyenne, nous voyons les deux noyaux se fusionner par leur partie inférieure, et envoyer en même temps l’un vers l’autre, sur toute leur hauteur, une série de prolongements, en forme d'épines, qui donnent à leurs bords un aspect dentelé. — Plus loin encore, ces dentelures s'unissent par leurs pointes aux dentelures opposées, constituant ainsi de véritables traînées anastomotiques entre le noyau lenticulaire et le noyau caudé (fig. 768 et 769). Ces traînées de substance grise traversent obliquement la capsule interne, qui se trouve ainsi fragmentée, à ce niveau en une série de faisceaux superposés, plus ou moins volumineux. — Si nous examinons des coupes plus antérieures encore, nous voyons le noyau lenticulaire s’atténuer graduellement en hauteur et en largeur et, finalement disparaître d’une façon complète : les faisceaux capsulaires se trouvent alors appliqués sur le côté externe du noyau caudé (fig. 770, 7), cjui reste seul et qui persiste quelque temps encore.
Les notions acquises dans cet examen de coupes sériées nous autorisent à considérer le corps strié, dans son ensemble,
Figure schématique représentant noyaux opto-striés et la capsule interne du côté gauche.
I, couche optique, vue par sa face supérieure. — 2, noyau caudé. — 2' sa queue, avec 2”, sa portion réfléchie. — 3, noyau lenticulaire. — 4, sa fusion avec la tête du noyau caudé. 3, pédoncule cérébral. — 6, capsule interne. — 7,7, 7, ses irradiations dans le centre ovale.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
comme ayant la forme d’un fer à cheval ou d’un U majuscule (voy. fig. 771), dont la cavité serait tournée en arrière (n) : sa branche inférieure, ou plutôt inféro-externe, représenterait le noyau lenticulaire : sa branche supéro-interne, le noyau caudé ; sa portion moyenne, dirigée en avant, répondrait à l'union des deux noyaux; entre ses deux branches, enfin, s’engageraient les faisceaux de la capsule interne.
3° Constitution anatomique. — Le noyau lenticulaire est loin d’être homogène comme son congénère, le noyau caudé. Si nous jetons les yeux sur une coupe vertico-transversale de l’hémisphère, passant par la partie moyenne du noyau lenticulaire (fig. 766, 6), nous constatons tout d’abord la présence, dans ce noyau, de deux lames de substance blanche à direction verticale, allant sans interruption de sa face supéro-interne à sa face inférieure. Ce sont les lames médullaires du noyau lenticulaire. On les distingue, d’après leur situation, en interne et externe. L’externe
est naturellement plus grande que l’interne. Toutes les deux sont légèrement courbes, à concavité dirigée en dedans et en bas.
Les deux lames médullaires interne et externe divisent la masse grise du noyau lenticulaire en trois segments (fig. 772), qui se superposent dans le sens transversal : un segment interné, qui est le plus petit ; un segment externe, qui est le plus grand ; un segment moyen, qui, comme volume, tient le milieu entre les deux autres. Ces trois segments, nettement délimités par les lames précitées, se distinguent encore les uns des autres par leur coloration, qui est relativement foncée pour le segment externe, plus pale pour le segment moyen et plus clair encore pour le segment interne. Le segment externe a reçu de Burd.\ch le nom de putamen; les deux autres segments, ensemble, celui de globus pallidus. Riussaud a proposé la dénomination de globus medialis pour désigner le segment interne.
La différence de coloration des trois segments constitutifs du noyau lenticulaire est due à la présence, dans l’intérieur de ce noyau, de tractus blanchâtres à direction transversale, qui rayonnent du sommet vers la base et dont le nombre diminue au fur et à mesure qu’on s’éloigne dusommet : le segment interne est le plus clair, parce que c’est celui des trois qui est le plus riche en tractus blancs ; par contre, le segment externe est le plus foncé, parce que c’est lui qui en renferme le moins. Les fibres nerveuses qui forment ces tractus proviennent de la capsule interne et pénètrent dans le noyau lenticulaire en suivant un trajet horizontal. La plupart d’entre elles se terminent dans les cellules mêmes du noyau lenticulaire. Les autres pénètrent dans les lames médullaires qui séparent les uns des autres les trois segments du noyau et, se redressant alors pour devenir verticales et ascendantes comme des lames elles-mêmes, elles sortent du noyau lenticulaire et gagnent l’écorce cérébrale. On conçoit, dès lors, que le deuxième segment du noyau lenticulaire renferme moins de tractus blancs que le segment interne ; il ne possède pas.
Fig. 772.
Le 2ioyaii lenticulaire, vu en coupe verlicotransversale ou frontale (même orientation ([ue dans la figure 766).
1, 1’, lames médullaires interne et externe. — 2. putamen. — 3, globus pallidus. avec ; .3’, son segment externe ; 3”, son segment interne {(/lohus 7ne(tîalis de huissArn). — 4, avant-mur. 5, circonvolutions insulaires. — 0, capsule interne. — 7. capsule externe. — 8, capsule extrême. — 0, anse lenticulaire.
CERVEAU
en effet, ceux qui se sont terminés dans ce dernier segment et ceux qui se sont échappés par la lame médullaire interne. Pour la même raison, le putamen est moins riche en tractus blancs que le segment moyen, ne possédant ni ceux qui se sont terminés dans le segment moyen ni ceux qui ont quitté le noyau lenticulaire par la lame médullaire externe.
Nous ajouterons, en ce qui concerne les divers segments du noyau lenticulaire, que le putamen, beaucoup plus volumineux que le globus pallidus, déborde ce dernier en avant, en arrière, en haut et même en bas. Il en résulte que, quand on débite un hémisphère en coupes sériées, c’est le putamen qui apparaît toujours le premier, que les coupes soient horizontales ou vertico-transversales, pratiquées de haut en bas ou de bas en haut, d’arrière en avant ou d’avant en arrière. Le globus pallidus ne se montre que sur les coupes suivantes.
4° Structure anatomique. — Histologiquement, le noyau lenticulaire nous présente, à peu de choses près, les mêmes éléments que le noyau caudé ; des fibres nerveuses et des cellules nerveuses.
Toutefois, les fibres à myéline y sont beaucoup plus abondantes : elles y forment même, comme cela a été dit plus haut, de gros faisceaux visibles à l’œil nu.
Quant aux cellules nerveuses, elles nous présentent encore les deux types décrits par Golgi. Les cellules du type II (celles dont le cylindraxe se ramifie sur place) y sont même proportionnellement plus abondantes que dans le noyau caudé.
5° Connexions. — Le noyau lenticulaire présente à peu près les mêmes connexions que le noyau caudé. 11 est en relation : 1° avec le pédoncule cérébral; 2° avec le noyau caudé \ 2° avec la couche optique ; 4° avec V écorce cérébrale.
a. Avec le pédoncule cérébral. — Les connexions du noyau lenticulaire avec le pédoncule sont établies par des fibres qui s’échappent du noyau par sa face inférieure et se jettent ensuite dans l’anse pédonculaire (voy. plus bas) .
b. Avec le noyau caudé ^ ■ — Les relations du noyau lenticulaire avec le noyau caudé ont déjà été indiquées à propos de cette dernière formation (voy. Noyau caudé, p. 877).
c. Avec la couche optique. — Ces connexions ont encore été décrites à propos de la couche optique (voy. Couche optique, p. 874).
d. Avec Vécorce cérébrale. — Les fibres qui unissent l’écorce cérébrale au noyau lenticulaire, fibres cortico -lenticulaires , ont été décrites par Foville, par Meynert et par Hugüenin. Elles proviennent de plusieurs points de l’écorce (fig. 773). Nous signalerons tout d’abord des fibres d’origine frontale et pariétale, qui se mêlent aux fibres de la capsule et abordent le noyau lenticulaire par sa face supéro-interne. A ce premier faisceau, qu’on pourrait appeler descendant, il convient d’ajouter un fais-
Fig. 773.
Schéma représentant les connexions des deux noyaux du corps strié avec l'écorce cérébrale.
1, couche optique. — 2, noyau caudé. — 3, noyau lenticulaire. — 4, 4, capsule interne. — 4’, capsule externe. — 4”, capsule extrême. — 5, avant-mur. — 6, insula de Reil. — 7, faisceau cortico-strié. — 8, faisceau cortico-lenticulaire descendant. — 9, faisceau cortico-lenticulaire ascendant. — 10, faisceau cortico-lenticulaire transverse .
systi^:me nerveux central
ceaii asceyidant qui, partant des circonvolutions de la face inférieure de Eliémisphère, s’élève vers la face supérieure du globus pallidus. Enfin, d’après Meynert,
Fig. 774.
Anse pédonculaire, vue par sa face inférieure.
1, protubérance annulaire. — 2, pédoncules cérébraux. —.3, tubercules inamillaires. — 4. face inférieure du noyau lenticulaire se fusionnant, en 4’, avec la tète du noyau caudé. — 5, et o’, corps genouillés interne et externe. — 6, bras antérieur des tubercules ([uadrijuineaux. — 7. bandelette optique, coupée et réclinée du côté droit pour laisser voir l'anse pédonculaire. — 9, chiasina. — 10, tuber cinereum.
l’écorce des circonvolutions insulaires émettrait des libres à trajet transversal, qui se porteraient vers le noyau lenticulaire, contourneraient son bord supérieur et se mêleraient alors aux fibres, décrites plus haut, d’origine pariétale.
Anse pédonculaire ou substance innomi-
née . — Si, sur un cerveau reposant sur sa surface convexe, nous enlevons la bandelette optique (fig. 774), nous rencontrons iinniédiaternent au-dessous d’elle, sur le point où le pédoncule cérébral va pénétrer dans Théinisphère,un nouveau cordon transversal qui, comme la bandelette opti(|ue elle-même, se dirige d'un côté à l autre du pédoncule cérébral. Ce nouveau cordon (fig. 774, 8), entièrement dissimulé au-dessous de la bandelette optique, est l’auxe pédonculaire de GK.\Tior.ET, la subsLance innominée des anatomistes allemands. Son extrémité externe, plongeant dans l’hémisphère, vient sc placer au-dessous du noyau lenticulaire. Quant à son extrémité pédoncule et arrive ainsi à la face infé*
interne, elle contourne de bas en haut le bord interne du
Fi-ï. 77Ô.
Coupe frontale des noyaux opto-striés, pour montrer le mode de constitution de l’anse pédonculaire.
1, corps calleux. — 2, ventricule latéral. — 3, ventricule moyen. — V, substance grise intraveutriculaire. — o, trigone cérébral, avec 3’. ses piliers antérieurs sectionnés transversalement — 6, cliiasma. — 7, bandelette opti<[ue. — 8, circonvolution de 1 bippocarnpe et noyau amvgdalien. — 9, 9’, couebe optiijue. avec ses deux noyaux interne et externe. — 10, noyau caudé. — 11, 11. 11. tes trois segments du noyau lenticulaire. — 12, capsule interne. — 13. avant-mur. — U, capsule externe. — 15. circonvolution de l'insula. — 16, coupe de la cominissure blanclie antérieure. — 17, anse [lédonculairc, avec ses (juatre •couches :a. première couebe ou anse lenticulaire [en bleu); ô, deuxieme couche (en rouge); c, d. troisième et quatrième couches (en jaune), constituant le pédoncule inférieur <.ie la couebe optique.
rieiirede la couche optique.
La constitulion anatomi([ue de l’anse pétlonculaire est fort complexe.
iMeyneht lui décrit quatre couches distinctes et régulièrement étagées ; il les désigne sous les noms de première, deuxième, troisième et quatrième couches, en allant de haut en bas. c'est-à-dire des régions profondes vers les régions superficielles. Ces (|uatre couches sont nettement indi(|uécs sur la figure 775, (|ui représente une coupe vertico - transversale des noyaux opto-striés.
a. Première couche ou anse teniiculaire. — La [tremière couche (fig. 775, a], (tirée te me lit appliquée contre le noyau lenliculaire, a re<;u le nom tVanse lenlicii taire. Elle est formée par un faisceau de fibres, ({ui jiroviennent en grande parfie d(‘S lames médullaires interne et externe du noyau lenticulaire ; ces libres ont leur origine, les unes dans le noyau lenticulaire, les autres au-dessus du noyau lenticulaire, dans le noyau
caudé, ou même dans Técorce cérébrale. Les libres constitutives de l’anse lenticulaire, une lois
CERVEAU
dégagées du noyau lenticulaire, cheminent transversalement de dehors en dedans jusqu’au côté interne du pédoncule. Là, elles s’infléchissent en arrière et se rendent aux régions les' plus diverses; 1° à la couche optique tout d’abord; 2° au corps de Luys. que nous avons décrit plus haut (p. 870) dans la région sous-thalamique ; 3° à la formation réticulaire de la calotte du pédoncule cérébral ; 4° au noyau rouge de la calotte, et, par l’intermédiaire du noyau rouge, au pédoncule cérébelleux supérieur et au cervelet.
b. Deuxième couche. — Elle est formée par un amas de cellules nerveuses, que l’on peut suivre; fo du côté externe, jusqu’à la partie la plus externe du noyau lenticulaire; 2° du côté interne, jusqu’à la substance grise de l’espace perforé antérieur. Meynert faisait de cette masse grise le noyau d’origine de la bandelette longitudinale postérieure: elle recevait, par son extrémité externe, un faisceau descendant qui , à travers la capsule externe, provenait du lobe pariétal (coloré en rouge dans la figure 775) ; d’autre part, elle émettait, par son extrémité interne, un faisceau descendant, qui passait dans la calotte pour y devenir la bandelette longitudinale postérieure. Nous avons vu précédemment (p. 669) que la bandelette longitudinale postérieure s’arrêtait très probablement au niveau de l'extrémité antérieure de l’aqueduc de Sylvius.
c. Troisième et quatrième couches. — La troisième et la quatrième couches (colorées en jaune dans la fig. 775) sont primitivement formées par un seul et même faisceau, qui n’est autre que le pédoncule inférieur de la couche optique (p. 874). Les fibres qui constituent ce faisceau proviennent de l’écorce de la région sylvienne, principalement du lobe temporal^et de l’insula. Elles croisent de dehors en dedans la face inférieure du pédoncule cérébral et arrivent ainsi à son côté interne. Là, elles se redressent en haut vers la. couche optique et se divisent alors en deux plans, l’un externe, l’autre interne : le plan externe [troisième couche de l’anse pédonculaire) pénètre dans le noyau interne de la couche optique et se perd vraisemblablement dans la substance grise de ce noyau ; le plan interne [quatrième couche de l’anse pédonculaire) remonte le long de la face interne de la couche optique (fig. 776) et se confond, en atteignant sa face supérieure, avec le stratum zonale qui revêt cette dernière face; ce faisceau, comme nous le montre la figure précitée, passe en dehors du pilier antérieur du trigone et en dedans du faisceau de Vicq-d’Azyr.
' § X. — Capsule interne
On donne, depuis Bürdach, le nom de capsule interne à cette lame de substance blanche (fig. 766, 8), qui s’étale sur la face supéro-interne du noyau lenticulaire, entre ce noyau d’une part, le noyau caudé et la couche optique d’autre part. Elle recouvre le noyau lenticulaire en dedans, comme la capsule externe la recouvre en dehors, de là son nom.
A. — Mode de conformation et rapports
Pour prendre une notion exacte de la situation, de la forme et des rapports de la capsule interne, il importe de l’examiner successivement sur deux coupes, Tune frontale {coupe de Charcot), l’autre horizontale {coupe de Flechsig).
1° La capsule interne, vue sur une coupe frontale. — La capsule interne nous apparaît très nettement et dans toute sa hauteur sur une coupe frontale passant par les tubercules mamillaires, de Charcot, fig. 766, 8j : c’est une lame blanche
se portant obliquement en haut et en dehors, entre le noyau lenticulaire, qui est en dehors, la couche optique et le noyau caudé, qui sont en dedans.
son pédoncule inférieur.
1, couche optique. — 2, pilier antérieur dn trigone. — 3, trou de Monro. — 4, tubercule mamillaire. — b, faisceau ascendant de Vicq-d’Azyr. — 6, pédoncule antérieur de la glande pinéale. — 7, commissure antérieure. — 8, nerf optique, sectionné et légèrement érigné en bas pour laisser voir : 9, le pédoncule inférieur de la couche optique (en jaune). — lu, coupe du pédoncule cérébral, avec ses trois couclies : a, pieil ; 6, locus niger ; c, calotte.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
A son extrémité inférieure elle se continue avec le pédoncule cérébral, qui lui fournit la plus grande partie de ses éléments.
A son extrémité opposée, elle se confond de même avec la substance blanche
du centre ovale. A ce niveau, les fibres qui la constituent, jusque-là enserrées dans l’étroit passage que leur ménagent les noyaux opto-striés, se déploient en un vaste éventail et divergent alors dans tous les sens pour se porter vers la substance corticale ou elles se terminent. C’est là couj'onne rayonnante de Reil, et nous pouvons définir cette couronne rayonnante : l’ensemble des fibres de la capsule interne, dégagées des noyaux opto-striés et rayonnant, en plein centre ovale, vers le manteau des hémisphères. On donne quelquefois le nom de pied de la couronne rayonnante à la partie toute supérieure de la capsule interne, au moment où elle va former la couronne.
La couronne rayonnante, bien que continuant la capsule interne, appartient topographiquement au centre ovale et nous la retrouverons dans le paragraphe suivant en étudiant cette dernière partie de la masse encéphalique.
Fig. 777.
La capsule interne vue sur une coupe frontale passant par la coinniissure grise.
a, portion frontale du ventricule latéral. — b, sa portion sphénoïdale. — c, ventricule moyen. — </, scissure de Sylvius.— e, bandelette optique. — /', circonvolution de l’hippocampe.
1, lame médullaire evterne et couche grillagée. — 3, noyau interne de la couche optique. — 4, son no\au externe. — 5, son noyau supérieur. — 0, noyau caudé, avec 6’ sa portion réfléchie. —7, 7', noyau lenticulaire(y;«^a»ie« et ylobus pallidus. — 8, avant-mur. — 0, capsule externe. — lü, capsule interne. — 11, pied du pédoncule. — 12, locus niger. — 13, couche dorsale de la région sous-thalamique. — |1 4, zona incerta. — 15. corps de Luys. — 1 6, extrémité antérieure du no\au rouge de la calotte. — 17, commissure grise.
2*" La capsule interne, vue sur une coupe horizontale. — Si, maintenant, nous examinons notre capsule interne sur une coupe horizontale de l’hémisphère passant un peu au-dessus de la scissure de Sylvius [coupe de Flechsig^ , fig. 779, 1 , 2 et 3), nous constatons tout d’abord que la lame blanche en question, au lieu de s’étaler suivant un plan
^ Biuss.\l’d a modifié légèrement la coupe de Flechsig. Tandis ([ue cette dernière coupe est horizontale et se pratique de la face e.vterne de l’hémisplière vers sa face interne, Briss.\ud propose
de porter directement le couteau sur la face interne et de le diriger suivant un plan, oblique en bas et en arrière, qui passerait à la fois par le milieu de la tête du noyau caudé et par le point de réunion du tiers supérieur de la couche opti({ue avec ses deux tiers inférieurs. La décortication du cerveau étant susceptible de modiiier les rapports qui existent normalement entre la scissure de Sylvius et les noyaux opto-striés, on risque avec le procédé de Flechsig, surtout ([uand il s’agit d’encéphales ramollis, de taire passer la section soit au-dessus, soit au-dessous du point qui est le plus favorable pour l’étude des lésions de la capsule interne. Avec le procédé de Bhiss.4Uü, qui intéresse immédiatement la couche optique et le corps strié, on est toujours certain de tomber sur le point
Face interne de Fhémisphère gauche.
coupe de
XX, coupe de Flechsig. - Brissaud
sus-indiqué, sur ce qu’on pourrait appeler la région utile.
CERVEAU
unique, comme on pourrait le croire par la seule inspection des coupes frontales, s’infléchit sur elle-même, de façon à se développer suivant deux plans différents et à former ainsi dans son ensemble un angle dièdre ouvert en dehors. Cet espace angulaire est comblé parle noyau lenticulaire qui, comme nous l’avons vu, s’avance vers la capsule à la manière d’un coin ; il est à peine besoin de faire remarquer que la forme, ci-dessus indiquée, de la capsule interne est déterminée par la forme même du noyau lenticulaire qui, par sa partie moyenne saillante, refoule la partie moyenne de la capsule en dedans.
Ainsi disposée, la capsule interne nous présente : 1° deux segments principaux, l’un antérieur, l’autre postérieur ; 2° une portion intermédiaire, appelée genou.
a) Le segment antérieur (fig. 779, 1), comme nous le montre nettement la coupe de Flechsig, se dirige obliquement d’arrière en avant et de dedans en dehors. Il est compris entre le noyau lenticulaire, qui est en dehors, et le noyau caudé, qui est en dedans : on l’appelle, pour cette raison, la portion lenticulo-striée de la capsule interne. Sa longueur est environ de 2 centimètres.
P) Le segment postérieur (fig. 779,2), se dirige obliquement d’avant en arrière et de dedans en dehors. Il se trouve compris entre le noyau lenticulaire, qui est en dehors, et la couche optique, qui est en dedans : de ce fait, il a reçu le nom de portion lenticulo- optique de la capsule interne. Cette portion lenticulooptique est plus étendue que la portion lenticulo-striée : sa longueur mesure, environ 3 ou
Fig. 779.
Coupe horizontale de Flechsig (hémisphère gauche).
centimètres. Gomme nous le montre nette-
1, segment antérieur de la capsule interne.
— 2, son segment postérieur. — 3, son genou.
— 4, noyau lenticulaire. — 5, o, noyau caudé. — 0, couche optique. — 7, prolongement antérieur du ventricule latéral. — 8, son prolongement postérieur ou occipital. — 9, septum lucidum et sa cavité centrale. — 10, piliers antérieurs et 10’, piliers postérieurs du trigone. — 11, corps calleux.
— 12, avant-mur. — 13, capsule externe. — 14, lobe de l’insula. — 15, scissure de Sylvius.
ment la figure 779, le segment postérieur de la capsule interne déborde en arrière, de 10 à 12 millimètres, l’extrémité postérieure du noyau lenticulaire : Déjerine a donné à cette portion toute postérieure de la capsule le nom de poî^tion rétrolenticulaire. La portion rétro-lenticulaire, nettement délimitée en dedans par la couche optique et par la queue du noyau caudé, se confond en dehors et en arrière, sans ligne de démarcation aucune, avec la substance blanche du centre ovale.
y) Le genou, portion intermédiaire de la capsule interne, se trouve à l’union du segment antérieur et du segment postérieur. Ces deux derniers segments, comme on le voit sur la figure 779, tous les deux obliques, mais en sens inverse, se rencontrent et se confondent en un point qui correspond au sommet de l’angle dièdre formé par la couche optique (6) et le noyau caudé (5) : c’est à cette portion moyenne de la capsule, saillant fortement en dedans, que l’on donne le nom de genou. Topo-
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
graphiquement le genou répond exactement, sur la coupe de Flechsig (fig. 779, 3), d’une part an sommet du noyau lenticulaire, d’autre part à l’espace angulaire précité qui sépare la couche optique du noyau caudé.
La capsule interne nous étant maintenant bien connue au point de vue de sa situation, de sa forme, de ses rapports, de sa topographie, voyons quels sont les éléments anatomiques qui entrent dans sa constitution.
B. — Constitution anatomique
La capsule interne, lieu de passage entre l’écorce cérébrale et les portions souscérébrales du névraxe, renferme des fibres très différentes par leur origine, par leur direction et par leur valeur anatomique. Nous les diviserons en trois groupes, savoir : 1° fibres unissant entre eux les noyaux opto-striés ; 2° fibres unissant ces mêmes noyaux opto-striés à l’écorce cérébrale ; 3° libres d’origine pédonculaire.
1° Premier groupe : fibres unissant entre eux les noyaux opto-striés. — Ces
fibres nous sont déjà connues : nous les avons décrites, en effet, dans les pages C ^ qui précèdent, à propos de chacun des
trois noyaux thalamique, caudé et lenticulaire.
Ce sont d’abord des fibres ihalamostriées , qui, partant en majeure partie du noyau lenticulaire, quelques-unes seulement du noyau caudé, se portent transversalement en dedans pour se jeter dans la parlie externe de la couche optique. Ces fibres se disséminent dans le segment postéri('ur de la capsule et dans le genou.
Nous signalerons, ensuite, dans le même groupe, des libres qui unissent le noyau caudé aux deux segments internes (globus pallidus) du moyau lenticulaire.
Ces libres, fibres lenticulo-striées, sont les unes transversales, les autres verticales. Elles se cantonnent, en majeure partie, dans le segment antérieur de la capsule interne.
Eig. 78U.
Schéma indiquaiU le mode de conslUiitioii de la cai)sule iideriic.
U noyau caudé. — 2, noyau lenliculaii e avec ses trois segments. — 3, couche optique. — 4, noyau rouge de la calotte. — 5, .5, pédoncule cérébral. — (î, G, capsule interne.— 7, 7, couronne rayonnante. — A. fibres directes (en noir). — B, B, fibres ganglio-pédonculaires (en bleu). — C, C, C, C, fibres corlico-gangiionnaires {en rouge).
La ligne ponctuée yy indique la limite séparative du pédoncule et de la ca})sule interne ; la ligne ponctuée xx, la limite séparative de la capsule interne et de la couronne rayonnante {pieO de la courontie rayonnante).
2° Deuxième groupe : fibres unissant les noyaux opto-striés à l’écorce cérébrale. — Ce deuxième groupe comprend toutes les fibres qui se rendent des noyaux opto-striés à l’écorce cérébrale, en empruntant la capsule interne dans une partie plus ou moins étendue de leur parcours. Ces fibres, que nous désignerons sous le nom générique de fibres cor tico- ganglionnaires ou corlico-nucléaires, nous sont encore en grande partie connues. Elles sont naturellement de trois ordres : fibres émanant du noyau caudé ou cortico-slriées, émanant du noyau lenticulaire
ou cortico-lenticiilaires, fibres émanant du thalamus ou cor tico-thalamiques. a. Fibres coriieo-striées. — Les fibres cortico-striées s’échappent du noyau
CERVEAU
caiidé le long de son bord externe. Elles forment,, dans leur ensemble, un large eVentail qui se confond, immédiatement après son origine, avec la couronne rayonnante. Ces fibres cortico-striées n’appartiennent donc à la capsule que par leur portion initiale et elles occupent la partie toute supérieure de cette capsule.
b. Fibres cortico-lenticulaires . — Les fibres cortico-lenticulaires émanent de la face supéro-in terne du noyau lenticulaire et occupent, après leur sortie du noyau, le côté externe de la capsule.
c. Fibres corlico-thalamiques . — Les fibres cortico-thalarniques , qui pour se rendre à l’écorce ont à traverser la capsule interne, se groupent en deux faisceaux principaux, qui ne sont autres que le pédoncule antérieur et le pédoncule postérieur de la couche optique. Tous les deux, dans leur traversée capsulaire, ont une direction horizontale. — Le pédoncule antérieur (fig. 781,7) qui se rend au lobe frontal, naît de l’extrémité antérieure de la couche optique et, de là, se dirige obliquement en avant et en dehors. Il traverse d’abord le genou de la capsule; puis, il passe dans le segment antérieur et le parcourt dans toute son étendue. — hQ pédoncule postérieur 786, 8j, qui comprend les radiations optiques et se rend au lobe occipital, s’échappe de l’extrémité postérieure de la couche optique, principalement du pulvinar et du corps genouillé externe. Se portant ensuite obliquement en arrière et en dehors, il traverse la partie la plus reculée de la capsule, cette région que nous avons désignée plus haut, avec DLierune, sous le nom de segment rétro-lenticulaire .
3° Troisième groupe : fibres d’origine pédonculaire. — Le pédoncule cérébral fournit à la capsule ses principaux éléments et l’on a pu dire, non sans raison, que cette dernière était la continuation du pédoncule. Pour nous rendre un compte exact de la part que prend le pédoncule cérébral à la constitution de la capsule interne, nous ne saurions mieux faire que d’étudier la manière dont se comporte cette colonne nerveuse en abordant le hile de l’hémisphère. Le pédoncule cérébral, avons-nous dit plus haut (p. 721), se compose de deux étages, l’étage supérieur où. calotte et l'étage inférieur owpied. Examinons-les séparément :
A. Terminaison supérieure de la calotte. — La calotte pédonculaire, on ne l’a pas oublié, comprend quatre faisceaux de fibres longitudinales, savoir : le faisceau d’association longitudinal, la bandelette longitudinale postérieure, le pédoncule cérébelleux supérieur et le ruban de Reil.
a. Terminaison du faisceau d'association longitudinal. — Le faisceau d’association longitudinal, continuation du faisceau fondamental antéro-latéral de la moelle, arrivé à la partie inférieure de la couche optique, s’infléchit en haut et pénètre dans l’épaisseur de ce dernier organe. Il n’a donc rien à voir avec la capsule interne.
b. Terminaison de la bandelette longitudinale postérieure. — La bandelette longitudinale postérieure, qui n’est qu’une dépendance du faisceau précédent, se termine vraisemblablement, comme nous l’avons vu, dans un noyau spécial qui se trouve situe dans la paroi du troisième ventricule et tout à côté de l’orifice antérieur de l’aqueduc de Sylvius. Elle, non plus, n’a rien à voir avec la capsule interne.
c. Terminaison du pédoncule cérébelleux supérieur. — Le pédoncule cérébelleux supérieur, immédiatement après sa sortie du noyau rouge, se porte en haut et en avant et se termine dans la partie inférieure de la couche optique. Hosel, contrairement à cette opinion, le faisait aller directement au segment postérieur
systi^:me nerveux central
de la capsule et, de là, aux circonvolutions rolandiqnes. Mais cette manière de voir est rejetée parla plupart des neurologistes.
d. Terminaison du ruban de Reil. — Le ruban de Reil ou, plus exactement, la portion interne du ruban de Reil (rappelons, en passant, que la portion externe forme le faisceau acoustique, p. 602). est le faisceau le plus important de la calotte. On sait que c’est le faisceau sensitif, chargé de transporter au sensorium commune 7 les impressions diverses recueillies à
la périphérie par les nerfs sensitifs spinaux et bulbo-protubérantiels. Arrivées à l'extrémité antérieure du pédoncule cérébral, les fibres constitutives de ce faisceau se partagent en deux groupes ; les unes {ruban thalamique , Thalamusschleife des anatomistes allemands), qui s’engagent dans la partie inférieure de la couche optique ; les autres cortical, Rindenschleife
des anatomistes allemands) . qui passent dans le segment postérieur de la capsule interne et, de là, se rendent aux circonvolutions de la région rolandique. De ces deux ordres de fibres, les dernières seules [fibres cortico-pédonculaires) contribuent à former la capsule; les premières (fibres thalamopédoncnlaires) ne lui appartiennent point.
B. Tekmin.uson suimîiueuue du pied du PÉDONCULE. — Le pied du pédoncule cérébral , abstraction faite des deux faisceaux que lui envoie la calotte (faisceaux que nous avons déjà décrits à propos du pédoncule et sur lesquels nous ne reviendrons pas ici, voy.
p. 727), nous présente trois faisceaux, qui sont en allant de dehors en dedans: 1® le faisceau cortlco -protubéranliel postérieur ou faisceau de Meynert, qui relie l’écorce cérébrale aux noj^aux protubérantiels et qui occupe environ le cinquième externe du pied du pédoncule; 2° le faisceau pyimmidal, faisceau moteur volontaire, qui se rend aux. cornes antéi'ieures de la moelle et de là, par l’intermédiaire des i-acines motrices rachidiennes, aux muscles du cou. du tronc et des membres; 3° le faisceau génicule, autre faisceau moteur volontaire, qui s’arrête dans les noyaux moteurs du bulbe et tient ainsi sous sa dépendance la motilité volontaire des muscles de la langue et d’une grande partie des muscles de la face.
Fi^. 781.
ScluMua inonlrant, sur une coupe horizontale de Flechsig, la syst(^inatisalion fonctionnelle de la ea])sule interne (même oiâenlation (juc dans la ligure 779).
(Au-dessous de la coupe cérébrale, on a reproduit une coupe Iraiisversale du pédoncule cérébral correspondant, avec la sy^témalisalion fouclionuelle , telle qu'elle a été rei)résenlée dans la figure 779, page 887).
1, couclie opli(|ue. — 2, 2’, noyau caudé. — .3, noyau lenticulaire. — 4, avant-nuir. — 5, insula de Reil. — 0, ventricule latéral. — 7, pédoncule antérieur de la couche opti(pie. — 8, pédoncule postérieur de la couche optique OJ faisceau des irradiations oplique,s.
rt, segment antérieur de la ca|)su'e interne, ne renfermant aucun faisceau d’origine pédoncu'aire. — b. faisceau géuiculé \en vèvt). avec fibres corlico-protubérantielles anté rieures. — c, faisceau pyramiiial {en 7'OUfie), avec fibres corlico-protubérantielles antérieures. — d, faisceau corticoprotuliérantiel postérieur ou faisceau de Meynert. — e, ruban de Reil. carrefour sensitif.
CERVEAU
Quant aux fibres cortico-protubérantiell&s antérieures, nous avons vu (p. 726) qu’elles ne formaient pas un faisceau distinct, mais étaient intimement mélangées aux fibres des deux faisceaux pyramidal et géniculé.
Les trois faisceaux cortico-protubérantiel postérieur, pyramidal et géniculé, passent tous les trois dans la capsule interne,
C. Situation dans la capsule interne des fibres d’origine pédonculaire. — Au total, quatre faisceaux du pédoncule cérébral, l’un provenant de la calotte, les trois autres appartenant au pied, prennent part à la constitution de la capsule interne et il ne nous reste plus qu’à indiquer la situation qu’ils y occupent (voy. fig. 781).
a. Faisceau géniculé. — Le faisceau géniculé {b, en vert) occupe le genou de la capsule et c'est à sa situation au niveau du genou^ comme nous l’avons déjà fait remarquer précédemment, qu’il doit son nom de géniculé. Il s’y trouve mêlé : 1® avec les fibres cortico-protubérantielles antérieures ; 2® avec la portion initiale du pédoncule* antérieur de la couche optique ; 3° avec les fibres qui unissent la couche optique au noyau lenticulaire.
b. Faisceau pyramidal. — Le faisceau pyramidal (c, en rouge), qui fait suite en arrière au faisceau géniculé, se place dans le segment postérieur de la capsule, dont il occupe environ les deux tiers antérieurs. Comme le faisceau géniculé, il renferme, intimement mélangées avec ses fibres propres, un certain nombre des fibres cortico-protubérantielles antérieures.
c. Faisceau sensitif. — Le faisceau sensitif ou ruban de Reil cortical {d, en bleu) occupe, dans la capsule interne, le tiers postérieur du segment lenticulo-opLique, Il se trouve compris entre le faisceau pyramidal, qui occupe les deux tiers antéi ieurs de ce même segment, et le faisceau des radiations optiques, qui traverse horizontalement le segment rétro-lenticulaire de la capsule.
Le faisceau sensitif, à la partie inférieure de la capsule, ne comprend encore dans sa masse que les conducteurs delà sensibilité générale elles fibres sensorielles du tact, de l’ouïe et du goût.
Mais plus haut, à la partie supérieure de la capsule, il prend contact avec le faisceau des radiations optiques qui, comme nous l’avons vu, traverse horizontalement le segment rétro-lenticulaire. Il existe donc, dans cette région rétro-lenticulaire, au point où s’effectue la^rencontre du faisceau sensitif et du faisceau optique, une région importante dans laquelle se rencontrent, plus ou moins mélangées les unes aux autres, les fibres de la sensibilité générale et les différentes fibres sensorielles (moins les fibres olfactives) : c’est le carrefour sensitif de Charcot ; je l’ai indiqué par le signe + dans la figure 781. On conçoit sans peine qu’une destruction de la capsule sur ce point aura pour conséquence une anesthésie complète dans la moitié du corps opposée à la lésion.
d. Faisceau cortico-protubérantiel postérieur. — Le faisceau cortico-prolubérantiel postérieur ou faisceau de Meynert diffère 'des faisceaux précédents en ce qu’il ne parcourt pas la capsule interne dans toute son étendue, je veux dire qu’il ne remonte pas de son extrémité inférieure à son extrémité supérieure.
Arrivé à la partie externe de la région sous-thalamique, ce faisceau s’infléchit en dehors, passe horizontalement au-dessous du noyau lenticulaire et vient se terminer dans le lohe temporal, dans la première et la seconde temporales suivant les uns, dans la deuxième et la troisième temporales suivant les autres.
Le faisceau de Meynert ne fait donc que traverser la partie tout inférieure de la capsule interne et voilà pourquoi nous ne le voyons point sur la coupe de Flechsig.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
11 se trouve placé un peu au-dessous de cette coupe et aucune de ses fibres n’est intéressée par elle. Je Tai représenté en pointillé sur la figure 781.
D. RésumiL — En résumé, la capsule interne nous présente, en fait de fibres d’origine pédonculaire :
1° Au niveau du genou, le faisceau géniculé ;
Dans son segment postérieur, le f aisceau piyramidal, qui occupe les deux tiers antérieurs de ce segment, et le faisceau sensitif, qui en occupe le tiers postérieur.
Le segment antérieur de la capsule, formé en grande partie par les fibres corticothalamiques, ne renferme aucun des faisceaux constitutifs du pédoncule.
Les trois faisceaux précités d’origine pédonculaire, en quittant la capsule interne, passent dans le centre ovale, à propos duquel nous les retrouverons. Nous aurons alors à les suivre, à travers la substance blanche des hémisphères, jusqu’à leur terminaison dans l’écorce.
§ XI. — Substance blanche des hémisphères ou centre ovale
Les noyaux opto-striés et la capsule interne qui les traverse ne représentent ({u’une partie relativement restreinte de la bourse hémisphérique. Le reste est occupé par une masse blanche, dont l’ensemble constitue le centre ovale. Nous comprendrons donc, sous le nom de centre ovale, toute la masse de substance blanche qui forme le centre des hémisphères cérébraux et qui sépare les noyaux opto-striés des circonvolutions. Le centre ovale est entièrement dépourvu de cellules nerveuses ; toutes les cellules qu’on y rencontre appartiennent à la névroglie. Il est essentiellement constitué par des fibres à myéline; mais ces fibres, si elles sont identiques par leur structure, diffèrent beaucoup les unes des autres, comme nous allons le voir, par leur origine, leur trajet, leur terminaison et leur valeur anatomique.
A. — Val ELI U anato.mioue et .mode d'agencement des fibkes