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DU CENTRE OVALE

Avec Meynert, dont l’opinion sur ce point est restée classique, nous répartirons les fibres du centre ovale en trois groupes, savoir : 1“ les unes, destinées à relier, dans un même hémisphère, deux points de l’écorce plus ou moins éloignés l’un de l’autre, ce sont les fibres cTassociatio7i ; 2^" les fibres du second groupe, reliant l’un à l’autre les deux hémisphères cérébraux, ce sont les fibi'es conunissurales ; 3° les fibres du troisième groupe, mettant en relation la substance grise de l’écorce, soit avec les noyaux centraux, soit avec les portions du névraxe sous-jacentes à ces noyaux, ce sont les fibres de la couronne rayonna^ite ou fibres de projection.

1° Fibres d’association. — Les fibres d’association, nous venons de le voir, sont celles qui, dans un môme hémisphère, mettent en relation deux régions de l’écorce plus ou moins éloignées l’une de l’autre. Elles comprennent : 1° les fibres arquées; 2° le cingubini ; 3*^ le faisceau longitudmal supérieur; 4° le faisceau longitudinal inferieur ; le faisceau, unciforme ; 6“ le faisceau occipito- frontal.

a. Fibres arquées. — Les fibres arquées ou arciformes (fig. 782j, encore appelées fibres en U, prennent naissance au sommet ou sur le côté d’une circonvolution et vont se terminer, d’autre part, au sommet ou sur le côté de la circonvolution voi-

CERVEAU

Schéma des libres arquées ou arciformes.

1, fibres arciformes courtes, allant d'uair circonvolution à la circonvolution voisine. — Ü, fibres arciformes longues, allant d’une circonvolution à une circonvolution plus (-loignée.

sine, après avoir contourné la scissure intermédiaire : chacune d’elles, on le voit, revêt la forme d’un U, dont la partie moyenne embrasse dans sa concavité le fond de la scissure et dont les branches s’élèvent dans les deux circonvolutions contiguës. Ce sont là les fibres arciformes les plus courtes, mais il n’est pas rare de voir (fig. 782,2) ces fibres arciformes sauter une, deux, trois scissures ou même un plus grand nombre et unir deux circonvolutions, qui dans ce cas peuvent être très éloignées l’une de l’autre. On rencontre les fibres arciformes dans toute l’étendue de l’écorce, mais avec une abondance qui varie avec les régions. C’est dans l’insula de Reil qu’on les voit atteindre (Huguenin) leur plus grand développement.

b. Cingulum. — Le cingulum (fig. 783, 1), encore appelé faisceau de V ourlet, faisceau sous-jacent à la circonvolution limbique, occupe, comme son nom l’indique, la partie blanche de la grande circonvolution limbique (p. 780), c’est-à-dire de cette circonvolution semi-annulaire qui entoure

le hile de l’hémisphère et qui est formée, en haut par la circonvolution du corps calleux, en bas par la circonvolution de l’hippocampe. Ce faisceau renferme, au milieu d'un grand nombre de fibres arciformes, des fibres à long parcours, allant du lobe frontal à la partie antérieure du lobe temporo-occipital : elles se rattachent vraisemblablement, du moins chez les animaux osmatiques, à la fonction olfactive.

Au moment où il contourne le bourrelet du corps calleux, le cingulum reçoit un faisceau de renforcement provenant du lobe occipital.

c. Faisceau longitudinal supérieur. — Le faisceau longitudinal supérieur (fig. 783,2) remarquable par son volume, naît de l’écorce du lobe frontal. De là, il se porte en arrière, longe le bord supérieur du noyau lenticulaire, en embrassant à ce niveau le pied de la couronne rayonnante, et vient se terminer, en partie dans l’écorce du lobe occipital, en partie dans celle du lobe temporal.

d. Faisceau longitudinal inférieur. — Le faisceau longitudinal inférieur

Fig. 783.

Schéma des fibres d'association (d'après Meynert).

a, extrémité antérieure de l'iiémisphcre gauche. — 6, son extrémité postérieure. — c, scissure de Sylvius. — d, lobe temporal. — e, bourrelet du corps calleux.

1, faisceau longitudinal de la circonvolution limbique {cingulum). — 2, faisceau longitudinal supérieur [fasciculus arcuatus). — 3, faisceau longitudinal inférieur. — 4, faisceau unciforme. — 5, 5, fibres arquées ou arciformes.

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(tig. 783,3), se rend du lobe occipital à la pointe du lobe temporal. Il est constitué à la fois : 1° par de longues libres directes, qui s’étendent sans interruption d’une extrémité à l’autre du faisceau; par des fibres plus courtes, qui viennent h lui des parties avoisinantes et le quittent de nouveau après un trajet variable (Uuguexii\). D’après des recherches récentes de Flkciisig (1896), le faisceau longitudinal inférieur se mettrait en rapport, à sa partie antérieure, avec le thalamus et se terminerait, en arrière, sur la face interne du lobe occipital dans le centre visuel de l’écorce : il ne serait donc qu’une dépendance des radiations optiques de Guatiolet et, par conséquent, ferait partie de la couronne rayonnante. Phobst (1901) se range à cette opinion et, pour lui, le faisceau longitudinal inférieur serait constitué par des fibres de projection thalamo-corticales et cortico-thalamiques.

e. Faisceau occipilo-fronlal. — Ce faisceau est encore un faisceau d’association à long parcours, mettant en relation les trois lobes frontal, temporal et occipital. 11 prend naissance, en avant, dans l’écorce du lobe frontal et du lobe orbitaire. De

là, il se porte en arrière en passant le long du bord externe du noyau caudé, en dedans du pied de la couronne rayonnante. Arrivé à la partie moyenne de l’hémisphère, il s’infléchit en has et se déploie alors en un immense éventail, dont les fihres s’irradient dans toute l’étendue du lobe temporo-occipital depuis le pôle occipital jusqu’au pôle temporal. Cette portion en éventail du faisceau occipito - frontal descend sur le côté externe des deux prolongements postérieur et inférieur du ventricule latéral et c’est elle qui, d’après Déjeuine, constituerait le tapétum, formation que Ton rattache d’habitude au corps calleux. Le tapétum existe, en effet, comme nous l’avons vu précédemment dans les cas d’agénésie complète du corps calleux et, d’autre part, il ne présente aucune trace de dégénérescence à la suite de la section expérimentale de cet organe. 11 dégénère au contraire en conséquence de lésions corticales siégeant sur le lobe frontal ou sur le lobe occipital, que ces lésions soient pathologiques (Déje- RixE' ou expérimentales (Meuatow, chez le chien).

Fouel et O.NUFKowicz, (jui out les premiers décrit le faisceau occipito-frontal, ont cru devoir l'identilier au faisceau longitudinal supérieur. Déjeuine, qui s’élève contre cette manière de voir, fait remarquer avec raison que le faisceau occipito-frontal, longeant le bord externe du noyau caudé, passe en dedans de la couronne rayonnante, tandis que le faisceau longitudinal supérieur, plus superficiel, passe en dehors. Les deux faisceaux en question sont donc sépai'és, à leur partie mo\enne tout au moins, par toute l'épaisseur du pied de la couronne rayonnante et, de ce fait, semblent devoir être considérés comme indépendants l’un de l’autre.

f. Faisceau uncif orme . — Le faisceau unciforme (üg. 783, 4j, enfin, est situé à la partie inférieure et externe de l’hémisphère cérébral. 11 prend naissance dans le lobe orbitaire, principalement dans la portion orbitaire des deuxième et troisième circonvolutions frontales. De là, il se dirige d’abord en arrière vers le pôle de

Le faisceau occipito-frontal, vu ])ar sa face interne 4schématise d’après une ligure de Dejeiune).

1, couche opli(iue. — 2, noyau caudé. — 3, noyau amyj;clalien . — 4, scisssure de Sylvius. — 5, ïauiia semi-circulaiis. — 0, (i. faisceau occipito-boulal, avec 0’, sa partie répondanl au tapétum. — 7, faisceau unciforme.

l’insula. Puis, il se recourbe en bas et en avant, traverse la partie inférieure de l’avant-mur et vient se terminer dans la pointe du lobe temporal, au voisinage du noyau amygdalien.

2° Fibres commissuraies ou interhémisphériques. — Ces fibres à trajet variable, horizontales ou arciformes, ont pour caractère commun de traverser la ligne médiane et de se terminer, par l’une et l’autre de leurs extrémités, dans des régions homologues de l’écorce des deux hémisphères. Elles associent ces régions homologues dans un fonctionnement synergique et nous permettent de comprendre comment ces régions homologues peuvent se suppléer mutuellement dans les cas de lésions localisées à un seul hémisphère.

A ce système commissural appartiennent les trois formations suivantes : i® le corps calleux, lame large et épaisse, dont les fibres naissent de toutes les régions de l’écorce , à l’exception de la région ammonienne et de la partie antéro-inférieure du lobe temporal; 2° la commissure blanche antérieure, cordon à coupe arrondie ou plutôt elliptique, qui unit l’un à l’autre , d’une part les deux bulbes olfactifs, d’autre part les deux lobes temporaux; 3° les fibres de la lyre, formation dépendant du trigone, qui met en relation réciproque les deux régions de la corne d’Ammon {commissure inlerammonienne). Ces différentes commissures interhémisphériques ont été précédemment décrites fp. 816, p. 83:2 et p. 824), nous ne saurions y revenir sans tomber dans des redites inutiles.

Quant à la commissure postérieure, qui est placée au-dessous de la glande pinéale et qui semble constituée au premier abord par des fibres transversales unissant l’un à l’autre les deux hémisphères, elle ne renferme, comme nous l’avons déjà vu (p. 849), que des fibres entrecroisées qui, de la couche optique, descendent dans la calotte pédonculnire du côté opposé. Elle ne saurait, par conséquent, être rattachée au système commissural interhémispbérique. Ce sont de véritables fibres de projection.

3° Fibres de projection ou fibres de la couronne rayonnante. — Ce troisième groupe comprend toutes les fibres qui font partie de la couronne rayonnante, autrement dit toutes les fibres qui unissent l’écorce cérébrale aux masses grises sous-jacentes : noyaux opto-striés, isthme de l’encéphale, cervelet, bulbe et moelle épinière. Ce sont les fibres de projection de premier ordre de Meynert. Ces fibres

Schéma montrant, sur une coupe frontale du cerveau, le trajet et la terminaison des Irois groupes de fibres interhémisphériques.

1. corps calleux. — 2, Irigone cérébral. — 3. commissure blanche antérieure. — On voit nettement que les fibres du trigone [en noir) se terminent dans la région de la corne d’Ammon. que les fibres de la commissure antérieure (en bleu) se rendent aux circonvolutions temporales, que les fibres du corps calleux enfin [en rouge) se terminent dans toutes les autres régions de l’écorce.

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de projection nous sont déjà en grande partie connues, et nous n’avons ici, pour compléter leur étude, qu’à indiquer leur trajet dans le Centre ovale. Nous les diviserons en quatre groupes ; 1° fibres cortico-slriées ; 2° fibres cortico-lenticulaires ;

fbres cortico-thalamiques ; 4° fibres cortico-pédonculaires .

A. Fiches cortico-striées. — Ces fibres vont de l’écorce au noyau caudé. Elles ont été décrites à propos de ce noyau (voy. Noyau caudé, p. 877).

B. Fibres cortico-lenticulaires. — Ces fibres vont de l’écorce au noyau lenticulaire ou, plus exactement, à ses deux segments internes (globus pallidus). Elles ont été décrites plus haut à propos de cet organe (voy. Noyau lenticulaire, p. 883).

C. Fibres cortico-thalamiques. — Les fibres cortico-thalamiques, qui relient l’écorce à la couche optique, ont été encore décrites à propos de la couche optique (voy. Couche optique, p. 874).

D. Fibres cortico-pédonculaires. — Je comprends sous ce titre toutes les libres qui, partant de l’écorce ou y aboutissant, entrent dans la constitution des quatre faisceaux fondamentaux de la capsule interne. Ce sont : iA les fibres du faisceau géniculé ; 2° \q?> fbres du faisceau p)yramidal ; 3® \q^ fbres du faisceau sensitif ; 4° les fbres du faisceau coriico-protubérantiel poslérieur ou faisceau de Meynert;

les fibres corlico-proiubéranlielles antérieures, lesquelles, on le sait, ne forment pas un faisceau distinct, mais sont intimement mélangées aux libres des deux faisceaux pyramidal et géniculé.

a. Faisceau géniculé. — Le faisceau géniculé (faisceau moteur volontaire pour la face et la langue), en débouchant de la capsule interne dans le centre ovale, s’incline en dehors poursuivre, à partir de ce point, un trajet à peu pi-ès horizontal. 11 vient se tenniner (lig. 787, V) dans le quart inférieur des deux circonvolutions frontale ascendante et pariétale ascendante, ainsi que dans le pli de passage fronto-pariétal inférieur ou opercule rolandique.

b. Faisceau pyramidal. — Le faisceau pyramidal (faisceau moteur volontaire pour le tronc et les membres, au sortir de la capsule interne, se porte en dehors et en liant, en s’irradiant surtout dans le sens frontal. Il vient se terminer, tout autour de la scissure de Rolando, dans les trois quarts supérieurs des deux circonvolutions frontale ascendante et pariétale ascendante, ainsi que dans le lobule paracentral.

Les centres corticaux du faisceau géniculé et du faisceau pyramidal constituent, dans leur ensemble, ce qu’on désigne indistinctement sous les noms de zone motrice de l'écorce, de zone excitable, de zone épileplogène : elle comprend, comme on le voit, la circonvolution frontale ascendante, la circonvolution pariétale ascendante, le lobule paracentral et le pli de passage fronto-pariétal inférieur ou opercule rolandique.

La zone motrice de l’écorce se subdivisant en plusieurs centres distincts (p. 799), centre moteur des membres supérieurs, centre moteur de la tête, centre moteur des membres inférieurs, etc., il est rationnel de penser que cette subdivision se poursuit dans le faisceau volontaire du centre ovale et de la capsule et que, en conséquence, ce faisceau volontaire comprend, lui aussi, une série de faisceaux fonctionnellement distincts, reliant chacun des centres corticaux à un groupe de muscles déterminés. Des observations cliniques, encore peu nombreuses, mais très précises, nous démontrent en effet (Pitres, Thèse de Paris, 1877) que « les

lésions isolées des différents faisceaux de fibres médullaires qui entrent dans la région fronto-pariétale du cerveau paraissent donner lieu à des troubles variables suivant le siège qu’elles occupent )), et nous pouvons considérer comme très probable que les « altérations destructives limitées de ces faisceaux détermineront des symptômes identiques à ceux que provoquent les lésions destructives des parties correspondantes des circonvolutions ».

c. Faisceau, sensitif. — Le faisceau sensitif qui occupe dans la capsule interne la partie toute postérieure du segment lenticulo-optique, comprend vraisemblablement dans sa masse, outre le faisceau sensitil proprement dit, un grand nombre de fibres sensorielles, notamment les fibres gustatives et lés fibres auditives. Quant aux fibres optiques, elles sont cantonnées, en arrière du faisceau sensitif, dans le segment rétro-lenticulaire de la capsule.

Le faisceau sensitif proprement dit ou ruban de Reil, arrivé dans le centre ovale, s’y comporte exactement comme le faisceau moteur. On pensait autrefois, et c’est Gilbeut Ballet qui, dans une excellente thèse, nous avait donné cette description, que le faisceau sensitif se divisait, à son entrée dans la couronne rayonnante, en deux faisceaux secondaires : un faisceau vertical ou ascendant (fig. 786,8), qui se rendait aux circonvolutions frontale ascendante et pariétale ascendante ; un faisceau horizontal, qui se dirigeait en sens sagittal vers le pôle postérieur de l’hémisphère et qui, chemin faisant, envoyait des irradiations terminales aux circonvolutions pariétales, temporales, occipitales et temporo- occipitales.

Au total, le faisceau sensitif horizontal se terminait dans toute la portion de l’écorce située en arrière de la zone motrice et voilà pourquoi sur notre figure 787, qui a été faite à une époque où l’opinion émise par Ballet était encore classique, nous avons jeté une teinte bleue uniforme sur toute la portion de l’hémisphère qui se trouve située en arrière de la pariétale ascendante.

Des observations plus récentes sont venues établir que, des deux faisceaux décrits par Ballet, le faisceau horizontal appartient à la voie optique et que, seul, le faisceau vertical doit être considéré comme représentant, dans le centre ovale, le faisceau sensitif de la capsule interne. Or, ce faisceau», envisagé dans son trajet sus-capsulaire (fig. 786), se comporte exactement, nous l’avons dit plus haut, comme le faisceau moteur volontaire : il s’irradie en un vaste éventail disposé dans le sens frontal et vient se terminer dans les deux circonvolutions prérolan-

Fig. 786.

Schéma représentant, sui* une coupe vertico-latérale de l’hémisphère gauche, le faisceau moteur, le faisceau sensitif et le faisceau des irradiations optiques.

1, couche optique. — 2, corps genouillé externe. — 3, lobe occipital. — 4, scissure de Rolando. — 5, circonvolution frontale ascendante. — 6, circonvolution pariétale ascendante. — 7, faisceau pyramidal (en Toupe), se rendant aux circonvolutions rolandiques. — 8, faisceau sensitif en bleu) se rendant aux mêmes circonvolutions. — f, faisceau des irradiations optiques (en bleu) se dirigeant vers le lobe occipital. — 10, carrefour sensitif.

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dique et post-rolandique, ainsi que dans les deux plis de passage qui les unissent Eiin à l’autre {opercule rolandique et lobule paracentral). Cette partie de l’écorce est donc l’aboutissant coininun des deux faisceaux moteur et sensitif et, de ce fait la zone motrice de tout à l’heure devient une zone mixte, zone mixte où les fibres des deux faisceaux précités se trouvent mélangées d’une façon plus ou moins intime : ce n’est plus la zone motrice, mais la Z07ie sensilivo-molrice de l’écorce {sphère tactile de Flechsig).

En ce qui concerne le trajet des libres sensorielles dans le centre ovale, nous n’avons encore, pour la plupart d'entre elles, que des notions peu précises et nianitestenient insul'lisantes. — Les fibres optiques, les seules dont le ti'ajet central soit assez bien connu, se dirigent d’avant en arrière et viennent se perdre sur les deux faces interne et inférieure du lobe occipital, en particulier dans le cunéiis (voy. chap. vi, Terminaisons réelles du nerf optique). — Les fibres olfactives ont pour principal ciuitre l'extréinité antérieure de la circonvolution de l’iiippocampe et la corne d'Vininon. Nous verrons plus loin, en étudiant les origines et terminaisons réelles des nerfs crâniens, qu'à ce centre principal viennent s’ajouter quelques centres accessoires. — Les fibres auditive^, qui sont la terminaison du ruban de Reil latéral et (|ui répondent au nerf cochléaire, viennent se terminer à la partie moyenne de la première temporale. — Quant’ au.x fibres gustatives, qui répondent au glosso-pbaryngien et à rintermédiaire de \Vrisl)erg, elles se rendent vraisemblablement, par un trajet encore inconnu, à la partie moyenne de la circonvolution de riiippocampe, où se trouverait situé, d'après certains auteurs, le centre gustatif. Nous avons déjà vu (p. 80i) que Fleghsig, contrairement à cette opinion, croyait devoir placer le centre gustatif dans la zone sensitivo-motrice ou sphère tactile.

d. Faisceau corlico-prolubêranliel postérieur ou faisceau de Meynert. — Le faisceau cortico-protiibérantiel postérieur ou faisceau de Meynert n’occupe que la partie tout inférieure de la capsule. 11 s’infléchit en dehors, passe horizontalement sous le noyau lenticulaire et vient se terminer dans les circonvolutions temporales : dans les deux premières, suivant les uns, dans la deuxième et la troisième suivant les autres.

e. Fibres corticQ-prolubéranlieUes antérieures. — Les fibres cortico-protubérantielles antérieures, intimement mélangées dans la capsule interne aux fibres du faisceau géniculé et du faisceau pyramidal, suivent exactement, dans le centre ovale, le même trajet que ces deux deiaiiers faisceaux. Comme eux, elles se rendent à l’écorce de la zone sensitivo-motrice et peut-être aussi h la partie toute postérieure des trois premières circonvolutions frontales.

.\u sujet des libres de projection et des libres d’association, voyez ce (jue nous avons déjà dit plus haut, à propos de récorce, d’après les recherclies de Elechsig, p. 802.

B . — T O p O G R A p H I E DU CEN T RE O V A i. E

Le centre ovale étant composé de fibres fonctionnellement distinctes et les lésions destructives de cette portion du névraxe amenant des symptômes variables suivant le point qu’elles occupent, il y a un grand intérêt, pour le clinicien plus encore que pour le physiologiste, à diviser méthodiquement la masse blanche des hémisphères en régions anatomiquement distinctes, afin de pouvoir, le cas échéant, bien préciser le siège d’une lésion, que cette lésion soit diagnostiquée sur le vivant ou constatée à l’autopsie.

A cet effet, Pitres, auquel nous devons la première étude vraiment scientifique du centre ovale [Thèse de Paris, 1877), pratique sur les hémisphères (fig. 787j une première coupe transversale parallèle à la scissure de llolando et passant à O centimètres en avant de cette scissure, c’est la coupe préfrotitale. Il fait ensuite une deuxième coupe parallèle à la première et passant à 1 centimètre en avant de la scissure perpendiculaire interne, c’est la coupe occipitale. Ces deux

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coupes partagent notre hémisphère en trois portions : une portion antérieure ou préfrontale, une portion moyenne owfronto -parié laie, une portion postérieure ou occipitale.

La première et la troisième portions correspondent à la partie inexcitable du cerveau ; elles peuvent être lésées sans que la lésion détermine des troubles du côté de la motilité. Mais il n’en est pas de même de la portion fronto-pariétale. Celle-ci renferme à la fois la zone sensitivo-motrice corticale, les noyaux optostriés et la capsule interne, y compris le carrefour sensitif. Une lésion ne peut s’y

produire sans frapper, dans ses manifestations extérieures, la motilité volontaire ou la sensibilité. Cette région présente donc une importance tout exceptionnelle et mérite une description détaillée.

En conséquence. Pitres propose de lui faire subir quatre coupes successives, toujours parallèles à la scissure de Rolando et passant : la première sur le pied des trois circonvolutions frontales, c’est la coupe pédiculo- frontale; la deuxième, sur la circonvolution frontale ascendante, c’est la coupe frontale; la troisième, sur la circonvolution pariétale ascendante, c’est la coupe pariétale ; la quatrième, sur la partie postérieure ou pied des circonvolutions pariétale supérieure et pariétale inférieure, c’est la coupe pédiculo-pariétale .

En résumé. Pitres pratique sur chaque hémisphère (fig. 787) six coupes obliquo-transversales, parallèles à la scissure de Rolando et passant par des points parfaitement déterminés, indiqués ci-dessus.

Voici la description de chacune de ces coupes :

Face externe de l'hémisphère gauche, avec les localisations corticales et l’indication

des coupes de Pitres.

aa, coupe préfrontale. — bb, coupe pédiculo-frontale. — cc, coupe frontale. — dd, coupe pariétale. — ee, coupe pédiculo-pariétale. — coupe occipitale.

La teinte jainie indique de centre de Broca (centre du langage articulé, centre cortical de l’aphasie); la teinte verte, le centre cortical du faisceau géniculé; la teinte rouge, le faisceau pyramidal, aux fibres duquel se mêlent les fibres du faisceau sensitif et les fibres cortico-protubérantielles antérieures ;la teinte violette ei \d. teinte bleue indiquent des régions de l’écorce à fonctions encore indéterminées (zone latente de quelques auteurs, zone des centres d’association de Flechsig).

l, centre de l’écriture ou centre de l’agraphie. — II, centre du langage articulé ou centre de l’aphasie. — III, centre moteur du membre inférieur. — IV, centre moteur du membre supérieur. — V, centre moteur de la langue et d’une pai'tie de la face. — VI (pour les uns) et VII (pour les autres), centre de la cécité verbale. — VIII, centre auditif, à côté duquel se trouve le centre de la surdité verbale.

Fig. 787.

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1° Coupe préfrontale. — La coupe pré frontale est représen tée dans la figure cicontre (fig. 788). On y voit le centre ovale entouré de tous côtés par le liséré continu qui forme à sa périphérie la substance grise de l’écorce. Les faisceaux de fibres qui entrent dans la composition de cette région sont de provenances fort diverses. Mais, comme il n’existe, pour le moment du moins, aucune raison de supposer que ces différents faisceaux jouissent de fonctions différentes, Pitres les désigne en masse sous le nom de faisceaux préfrontaux du centre ovale.

2° Coupe pédiculo-frontale. — Cette coupe, représentée dans la figure 789, nous montre le plan de section des trois circonvolutions frontales (1, ^1, 3), de la partie antérieure du lobe de l’insula (4) et de l’extrémité postérieure des circonvolutions du lobe orbitaire (5). On y aperçoit aussi les deux noyaux du corps strié (13 et 15), ayant à peu près le même volume et séparés l’un de l’autre par la partie antérieure de la capsule interne (14). Deux lignes conventionnelles, partant du fond des sillons frontal supérieur et frontal inférieur et se dirigeant de là vers la capsule interne, divisent le centre blanc de cette région en trois triangles ; ces triangles, adossés l’un àl’aure, ont leur base en rapport avec les circonvolutions, tandis que leur sommet répond à la capsule interne, dont ils prolongent les irradiations.

Ei«:. 789. Fig. 790.

Coupe pédiculo-frontale, suivant bh de la ligure 787. La tnèiue, avec systématisation.

l, 2, 3, première, deuxième et troisième circonvolutions frontales. — 4, lobe de l'insula. — -o, circonvolutions orbitaires. — 6, extrémité antérieure des circonvolutions temporales. — 7, circonvolution du corps calleux. — 8, faisceau pédiculo-frontal supérieur. — 9, faisceau pédiculo-frontal moyen. — 10, faisceau pédiculo-frontal inférieur. — 11, faisceau orbitaire. — 12, corps calleux. — 13, noyau caudé. — 14, cap.sule interne. — 15, noyau lenticulaire. — I, centre de l’agrapliie. — II, centre de l'aphasie. — A, B, C, faisceaux, de signification diverse, se rattachant au système des libres d'association.

Fig. 788.

Coupe préfrontale, suivant aa de la ligure 787.

1,2, 3, première, deuxième et troisième circonvolutions frontales. — 4, circonvolutions orbitaires. — 5, circonvolutions de la face interne du lobe frontal.

— 0, centre ovale (faisceaux préfrontaux).

Chacun d’eux renferme le faisceau de fibres rayonnantes qui unit le pied de la circonvolution frontale correspondante aux régions centrales du cerveau et à la moelle. Et, comme il est utile, pour la commodité des descriptions, de donner un nom à chaque partie anatomiquement distincte, nous appellerons, avec Pitres : faisceau pédiculo-frontal supérieur (8), le faisceau de fibres qui, de la capsule interne, se

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porte vers le pied de la première circonvolution frontale; faisceau pédiculo-frontal moyen (9), celui qui se rend au pied de la deuxième circonvolution frontale ; faisceau pédiculo-frontal inférieur (10), celui qui aboutit au pied de la troisième circonvolution frontale.

3° Coupe frontale. — La coupe frontale, représentée dans la figure 791, nous montre le plan de section de la circonvolution frontale ascendante dans toute sa hauteur (1), le plan de section de l’insula (3) et, plus bas, celui des circonvolutions temporales et temporo-occipitales (4, 4', 4"). On voit que le noyau caudé (10) est

1, circonvolution frontale ascendante. — 2, pied de la pariétale ascendante. — 3. circonvolution de l’insula. — 4, 4’, 4”, première, deuxième et troisième circonvolutions temporales. — 5, faisceau frontal supérieur. — 6, faisceau frontal moyen. — 7, faisceau frontal inférieur. — 8, faisceau sphénoïdal. — 9, corps calleux. — 10, noyau caudé. —

II, couche optique. — 12, capsule interne. — 13, noyau lenticulaire. — 14, capsule externe. — 15, avant-mur. —

III, centre moteur du membre inférieur. — IV, centre moteur du membre supérieur. — V, centre moteur de la face. — D, faisceau pyramidal [en rouge). — G, faisceaux temporo-sphénoïdaux [en hleu). — E, faisceau géniculé (en vert).

beaucoup moins volumineux que dans la coupe précédente. Par contre, le noyau lenticulaire (13) est beaucoup plus développé ; il se présente sous la forme d’un triangle à sommet dirigé en dedans, avec ses trois segments parfaitement délimités. En dehors de lui, se trouve l’avant-mur (lo) ; en dedans, la capsule interne (12) et la couche optique (ll)v

Les portions du centre ovale que nous présente la coupe frontale se divisent en quatre faisceaux ; les trois premiers, sous-jacents à la circonvolution frontale ascendante, répondent aux tiers supérieur, moyen et inférieur de cette circonvolution et se distinguent, d’après leur situation, en faisceau frontal supérieur (5), faisceau frontal moyen (6) et faisceau frontal inférieur il). Le quatrième, situé au-dessous de la scissure de Sylvius et des noyaux opto-striés, répond au lobe temporal et prend le nom de faisceau sphénoïdal ou de temporo -sphénoïdal (8).

4'' Coupe pariétale. — La coupe pariétale (fig. 793) ressemble beaucoup à la précédente par son aspect général ; elle en diffère, cependant, en ce que le noyau lenticulaire et l’avant-mur y sont beaucoup moins développés. Le centre ovale s’y divise, comme précédemment, en quatre faisceaux disposés dans le même ordre, savoir : au-dessus des noyaux opto-striés, le faisceau pariétal supérieur (4), le

Fig. 791.

Coupe frontale, suivant cc de la ligure 787

Fig. 792.

La même, avec systématisation.

902 SYSTlUll': NERVEUX CENFRAL

faisceau pariétal moyen (5), le faisceau pariétal inférieur (6) ; au-dessous des

Fig. 793. Fig. 794.

Coupc pariétale, suivant dd de la figure 787. La iiiême avec systématisation.

1, circonvolution pariétale ascendante. — 2, circonvolutions de l’insula. — 3, 3’, 3”, première, deuxième et troisième circonvolutions temporales. — 4, faisceau pariétal supérieur. — 5, faisceau pariélal moven. — G, faisceau pariétal inférieur. — 7, faisceau sphénoïdal. — 8, circonyolulion de l’iiippocampe. — lU, 11, 12. 13, 14, 15, comme sur la coupe précédente. -- I II, centre moteur du membre inférieur. — IV, centre moteur du membre supérieur. — V, zone d’origine du laisceau géniculé. — VI 11, centre de la surdité verbale. — C, faisceaux temporo-sphénoïdaux {en bleu). — 1), I), I), 'aisceaux sensitivo-moteurs (en rouge jiour les deux faisceaux supérieurs, correspondant aux membres ; en vert pour le iaisceau inférieur, correspondant à la face.

Fig. 793.

Coupe pédiculo-pariétale, suivant ee de la ligure 787.

1, lobule pariétal supérieur. — 2, lobule pariétal inférieur. — 3, 3', 3”, circonvolutions temporales. — 4, faisceau pédiculo-pariétal supérieur. — 5, laisceau pédiculo-pariétal inférieur. — G, faisceau temporospliénoïdal. — 7, circonvolution du corps calleux. — 8, circonvolution de riiippocampc. — 9, 10, 11, comme sur la coupe précédente. — VI, centre de la cécité verbale.

du centre ovale.

noyaux oplo-striés, le faisceau temporo-sphénoïdal (7).

5° Coupe pédiculo-pariétale. — Cette coupe est représentée dans la figure 795. Elle atteint la couche optique à son extrémité postérieure et la couronne rayonnante au niveau du carrefour sensitif. Le noyau lenticulaire et l’avant-mur ont disparu. Ici, le centre ovale se divise en trois faisceaux seulement, qui sont en allant de haut en Ijas : le faisceau pédiculo-pariétal supérieur (4), répondant h la circonvolution pariétale supérieure; \q faisceau pédiculo-pariétal inférieur (b), répondant- à la circonvolution pariétale inférieure et séparé du précédent par le sillon interpariétal ; le faisceau temporosphéno'idal, enfin (6j, occupant la portion de la coupe située au-dessous des noyaux opto-striés.

6° Coupe occipitale. — La coupe occipitale, représentée dans la figure 79h, ressemble beaucoup à la coupe préfrontale. Comme elle, elle est exclusivement formée h son centre par la masse blanche qu’entoure de toutes parts la substance grise de l’écorce. Ici

Coupe occipitale, suivant //' de la ligui'e

1, circonvoluUous occipitales. — 2, circonvolutions de la face interne du lobe occipital. — 3, faisceaux occipitaux.

CERVEAU

encore, aucun fait, soit physiologique, soit clinique, ne nous autorise actuellement à distinguer clans cette région des faisceaux jouissant de fonctions distinctes. Aussi n’établirons-nous aucune subdivision et réunirons-nous tous les faisceaux blancs que nous présente la coupe occipitale sous la dénomination commune de faisceaux occipitaux.

Telle est, d’après Pitrcs, la topographie du centre ovale. Il devient facile maintenant, grâce à une nomenclature aussi détaillée, de préciser les descriptions anatomiques et pathologiques qui se rapportent à la substance blanche des hémisphères. On sera peut-être tenté au premier abord de trouver cette nomenclature compliquée, surchargée de détails et, par suite, de dénominations. Je la trouve, pour ma part, aussi simple que méthodique et je me plais à lui reconnaître un mérite, à la fois bien précieux et bien rare dans les classifications de ce genre, celui d’établir ses divisions et ses subdivisions suivant des points de repère précis, presque mathématiques, et d’exclure ainsi l’arbitraire.

G. — Les faisceaux fonda3ientaux de la capsule interne

ÉTUDIÉS SUR LES COUPES DE PlTRES

Il nous reste maintenant pour terminer cette étude topographique du centre ovale, à reprendre les différentes coupes ci-dessus décrites, et à indiquer, sur chacune d’elles, la situation qu'occupent les faisceaux fondamentaux de la capsule interne :

1° Première coupe. — La première coupe ou coupe préfrontale isole la paitie antérieure du lobe frontal du reste de l’hémisphère. Cette portion du cerveau, portion préfrontale, renferme des fibres d’origine et de signification fort diverses, notamment celles du pédoncule antérieur de la couche optique. Elle ne contient aucune fibre d’origine pédonculaire.

2° Deuxième coupe. — La deuxième coupe ou coupe pédiculo-frontale nous présente encore, entre autres éléments, les irradiations du pédoncule antérieur de la couche optique. Peut-être renferme-t-elle aussi quelques fibres cortico-protubérantielles antérieures, disséminées vraisemblablement dans chacun des trois faisceaux pédiculo- frontaux.

Ancien faisce.iu de l’.\,phasie. — On décrivait autrefois sous le nom de faisceau de l’aphasie, un faisceau spécial qui, partant du centre de Bkoca (centre du langage articulé, centre cortical de l’aphasie), s’étendait de là jusqu’à la protubérance et peut-être même jusqu’au bulbe. Ce faisceau sur la deuxième coupe de Pitres, occupait le faisceau pédiculo-frontaï inférieur (fîg. 789,3) ; dans la capsule interne, il venait se placer à la partie postérieure du segment antérieur, immédiatement en avant du faisceau géniculé ; enfin, dans le pédoncule, il occupait la région du pied, longeant le côté interne du faisceau géniculé. Le faisceau de l’aphasie doit être rejeté aujourd’hui, 11 est établi en effet, que le centre de Brocan’apas de fibres de projection : ce n’est pas un centre moteur, mais un centre d’élaboration psychique, n’ayant aucune communication directe avec les noyaux bulbaires d’où émanent les nerfs destinés aux muscles phonateurs. Sans doute, le centre de Broca, comme tous les centres corticaux, émet des fibres (fig. 790, B), qui cheminent, quelque temps du moins, dans le faisceau pédiculo-frontal antérieur. Mais ces fibres, au lieu de descendre vers la capsule interne et le pédoncule, suivent une autre voie et, sans sortir de l’hémisphère, viennent se terminer dans d’autres centres corticaux, voisins ou éloignés : à ce titre, elles appartiennent au système des fibres d’association.

3*^ Troisième coupe. — La troisième coupe ou coupe frontale répond, en haut, à la zone motrice, en bas à la zone d’irradiation du faisceau cortico-protubérantiel postérieur. Elle nous présente cinq ordres de fibres, savoir : 1° des fibres du faisceau pyramidal, occupant les deux faisceaux frontal supérieur et frontal inférieur

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

(üg. 792, D) ; 2° des libres du faisceau géniculé, répondant au faisceau frontal supérieur (lig. 792, E) ; 3° des fibres sensitives, se disséminant à la fois dans les trois faisceaux frontaux et se mêlant aux fibres motrices ; 4° des libres cortico-protubérantielles antérieures, mélangées, comme les fibres sensitives, aux fibres propres des deux faisceaux pyramidal et géniculé ; 3° des fibres du faisceau cortico-protubérantiel postérieur, s’irradiant dans le faisceau temporo-sphénoïdal (fig. 792, G).

4° Quatrième coupe. — La quatrième coupe ou coupe pariétale répond encore, à sa partie supérieure, au faisceau pyramidal et au faisceau géniculé, qui s’irradient à la fois, le faisceau pyramidal dans les deux faisceaux pariétal supérieur et pariétal moyen (lig. 793, 4 et le faisceau géniculé dans le faisceau pariétal inférieur (lig. 793, 6) ; chacun de ces faisceaux renferme à la fois, intimement mélangées, des fibres motrices, des libres sensitives et probablement aussi un certain nombre de libres cortico-protubérantielles antérieures. A sa partie inférieure, la quatrième coupe renferme, comme la précédente, des irradiations du faisceau cortico-protubérantiel postérieur.

5° Cinquième et sixième coupes. — Enfin, sur les deux coupes suivantes, coupe pédiculo-pariétale et coupe occipitale, nous ne rencontrons plus, ni fibres motrices, ni fibres sensitives, ni libres cortico-protubérantielles. Ces deux coupes ne nous présentent, en fait de libres de provenance capsulaire, que des libres sensorielles, notamment les radiations du faisceau optique qui, comme nous le savons, se rendent à la face interne et à la face inferieure du lobe occipital.

ARTICLE V

ÉTUDE SYNTllÉTIOUE DES VOIES DE CONDUCTION CORTICO-SPINALES

Dans les pages (lui précèdent, nous avons suivi méthodiquement de bas en haut les dilférents faisceaux de libres nervumses qui, de la moelle, du bulbe, du cervelet et de l’isthme, remontent V(‘rs l’écorce cérébrale. Ces faisceaux étantcontinus, nous aurions dû, ce semble, respecter cette continuité et les accompagner directement depuis leur extrémité inférieuiM' jusqu’à leur extrémité supérieure. Les exigences d(‘s descriptions classiques ne nous l’ont pas permis : il nous a fallu les morceler, comme le névraxe lui-même, et étudier isolément chacun de leurs segments, segments tout artiliciels, au fur et à mesure qu’ils se sont offerts à nous dans la moelle, dans le bulbe, dans le cervelet, dans la protubérance, dans le pédoncule cérébral, dans la capsule interne et dans le centre ovale. Nous croyons être utile au lecteur en rapprochant ici toutes ces descriptions éparses et en étudiant les plus importants de ces faisceaux d’une façon synthétique, c’est-à-dire en les suivant sans interruption d’une extrémité à l’autre. Nous serons, du reste, aussi bref que possible, les descriptions précédentes nous dispensant d’entrer dans les détails. En outre, pour rendre cette étude synthétique plus profitable, nous suivrons maintenant nos conducteurs dans le sens physiologique, je veux dire dans le sens que suivent les incitations nerveuses elles-mêmes : les faisceaux sensitifs, de bas en haut (voie ascendanle) ; les faisceaux moteurs, de haut en bas (voie descendante).

CERVEAU

Nous examinerons successivement :

i° La voie ascendante ou sensitive ;

2° La voie descendante ou motrice.

Nous laisserons de côté, dans le présent article, les voies de conduction sensorielles, ces voies devant être décrites, dans le chapitre suivant, à propos des origines et terminaisons réelles des nerfs crâniens.

§ I. — Voie ascendante ou sensitive

Les diverses impressions recueillies à la surface des téguments ou dans la profondeur des organes par les nerfs sensitifs (neurones sensitifs périphériques) sont transmises par ces derniers aux cellules sensitives du névraxe (neurones sensitifs des centres). Ces cellules, nous le savons, occupent la colonne grise centrale de la moelle et du hulhe, où elles sont, tantôt éparses, tantôt réunies en groupe : quelle que soit leur disposition, elles constituent toujours, pour les nerfs précités, de véritables noyaux de terminaison (voy. plus loin, chap. vi). Les noyaux terminaux des nerfs sensitifs, auxquels aboutissent les cylindraxes des neurones périphériques, émettent d’autres cylindraxes, qui remontent vers le cerveau et transportent jusqu’à l’écorce les impressions reçues par les cellules dont ils émanent. Or, ces cylindraxes ascendants, pour gagner l’écorce cérébrale, suivent une double voie ; les uns s’y rendent directement par la protubérance, le pédoncule et la capsule interne; les autres, suivant un chemin détourné, passent par le cervelet. De ces deux voies, la première constitue la voie sensitive principale ou voie spino-corticale ; la seconde, la voie sensitive secondaire ou voie cérébelleuse. Nous les examinerons séparément :

1° Voie sensitive principale. — La voie sensitive principale, plus connue sous le nom de voie sensitive centrale, est l’ensemble des fibres qui, des noyaux terminaux des nerfs sensitifs, remontent directement vers l’écorce cérébrale.

Ces fibres, nous les connaissons : les unes proviennent des cornes postérieures de la moelle épinière, se dirigent obliquement vers la commissure antérieure, traversent la ligne médiane au niveau de cette commissure et viennent former dans la partie antérieure et superficielle du cordon latéral un faisceau compacte, le faisceau de Goioers (fig. 442,5), lequel remonte ensuite, en conservant toujours sa situation latérale et superficielle, jusqu’à la partie inférieure du bulbe;

Fig. 797.

Schéma montrant le mode ds constitution du ruban de Reil.

1. coupe (Ju bulbe passant uu peu au-fiessous du bec du calamus, avec 1’. sillon médian postérieur. — 2, noyau de Goll. — 3, noyau de Bnrdacb. — 4, portion initiale du ruban de Reil. — 5, entrecroisement sensitif. — 6, noyau du pneumogastrique. — 7, noyau du glosso-pharyngien. — 8, noyau du nerf vestibulaire. — 9, noyau du trijumeau sensitif. — 10, faisceau de Gowers, déjà entrecroisé dans la moelle. — H, portion interne du ruban de Reil, avec : a, sa portion spinale ou médullaire: h, sa portion bulbo-protubérantielle. — 12, portion externe ou latérale du ruban de Reil, formée par les fibres du nerf cochléaire, avec : c, sa portion croisée ; d, sa portion directe.

SYSTEM R NERVEUX CENTRAL

les autres naissent clans le bulbe (fig. 797,4), en partie des noyaux de Burdach et de Goll, en partie des noyaux terminaux des nerfs glosso-pharyngien, pneumogastrique, vestibulaire et trijumeau. Ces dernières fibres, de provenance bulbaire, se dirigent en avant et en dedans, s’entrecroisent sur la ligne médiane avec celles du côté opposé, atteignent la face postérieure du faisceau pyramidal et, là. se redressant pour devenir longitudinales et ascendantes, elles se portent vers la protu- ^ bérance : leur ensemble constitue le ruban

de Reil.

Peu après son entrecroisement (Schleifenkreuzung des anatomistes allemands), le ruban de lleil reçoit sur son côté externe le faisceau de Gowers correspondant, qui s’incorpore à lui et ne le quitte plus. Cette fusion du faisceau sensitif médullaire avec C le faisceau sensitif bulbaire une fois effec-

tuée, le ruban de Reil comprend tous les conducteurs sensitifs qui, des neurones périphériques, remontent vers le cerveau. D’autre part, tous ces conducteurs sont croisés : ceux qui forment le faisceau de Gowers se sont entrecroisés successivement dans toute la hauteur de la moelle épinière ; les autres, ceux qui forment le ruban de Beil proprement dit, se sont entrecroisés en bloc dans le tiers inférieur du bulbe.

Ainsi constitué, le ruban de Reil, représentant la voie sensitwe centrale, traverse successivement (fig. 798) le bulbe, la protubérance et le pédoncule cérébral. — Dans le bulbe, il a la forme d’un triangle, dont la base, dirigée en arrière, s’applique immédiatement contre le faisceau pyramidal. Du reste, les deux faisceaux, celui du côté droit

Fig 798.

Schéma montrant lo ruban de Reil suides coupes prati([uées à ditïérentes hauteurs : A, au niveau du tiers supérieur du hulbi' ; B, à la partie inférieure de la l>roluhérance ; C, à la partie moyenne de la protubérance ; 1), au niveau des tubercules quadrijumeaux inférieurs.

et celui du côté gauche s’adossent l’un à l’autre sur la ligne médiane.

1, quatrième vcnlricule, avec 1' (dans la lig. D), aqueduc de Sylvius. — 2, ruban de Reil, avec : 2’, sa portion externe ou latérale ; 2”, sa |)orlion interne ; 2”’. sa portion médiale. — .3. noyau latéral du ruban de Reil. — 4, faisceau pyramidal. — 5, faisceau d'association longitudinal. — 6, bandelette longitudinale postérieure. — 7, olive bulbaire. — 8, grand hypoglosse, avec 8', son noyau. — 9, noyau du facial. — 10, nojau du moteur oculaire externe. — 11, noyau du pathétique. — 12, pédoncule cérébelleux supérieur. — 13. tubercules quadrijumeaux inférieurs. — 14, racine supérieure du trijumeau moteur.

protubérantielle.

formant ainsi

comme une couche unique, qui s’étend d’une olive à l’autre et que certains auteurs, pour cette raison, désignent sous le nom de couche inlerolieaire. — Dans la protubérance, le ruban de Reil s’aplatit d’avant en arrière, en même temps qu’il s’élargit dans le sens transversal. D’autre part, il s’éloigne un peu du faisceau pyramidal ; on le rencontre constamment à la partie antérieure de la calotte Dans le pédoncule cérébral, il occupe encore la même situa-

CERVEAU

tion : nous le rencontrons à la partie inférieure de la calotte, immédiatement audessus du locus niger.

Envisagé au point de vue de son trajet ultérieur, le ruban de Reil (abstraction faite de sa partie externe, qui appartient <à la voie acoustique et dont nous n’avons pas à nous occuper ici) nous offre à considérer deux portions : une portion principale, représentant la presque totalité du ruban, et une portion médiale, toute petite, située sur le côté interne de la précédente.

La portion médiale, ainsi appelée parce qu’elle est voisine de la ligne médiane, passe dans le pied du pédoncule et s’y mêle peu à peu aux fibres internes et supérieures du faisceau pyramidal.

Sa signification fonctionnelle est encore fort obscure (voy. p. (591).

La portion principale envoie, elle aussi, un certain nombre de ses fibres dans la région du pied ; ces fibres, qui constituent le ruban du pied (Fussschleife de Hosel), viennent se placer à la partie externe du pied, immédiatement au-dessus du faisceau de Meynert(fig. 630, e); elles se rendent, d’après Hosel, à l’écorce des circonvolutions insulaires. Après avoir fourni les fibres du ruban du pied, la portion principale du ruban de Reil, parcourant d’arrière en avant la calotte pédonculaire, arrive à la région sousoptique et , là , se partage très probablement en deux faisceaux :

un faisceau direct ou cortical i Rindenschleife), qui gagne directement l’écorce ; un faisceau thalamique { Thalamusschleife) , dont les fibres pénètrent dans la couche optique et s’y terminent par des extrémités libres autour des cellules de cet organe. Ces cellules de la couche optique émettent d’autres fibres, qui, à leur tour, aboutissent à l’écorce. Par conséquent, qu’elles soient directes ou qu’elles s’interrompent dans la couche optique, les fihres sensitives du ruban de Reil vont toutes se terminer, en passant dans la capsule interne et le centre ovale, dans les deux circonvolutions pré- et post-rolandiques. Dans la capsule interne, elles occupent (fig. 781, e) le tiers postérieur du segment lenticulo-optique . Dans le centre

Fig. 799.

Schéma représentant dans son ensemble la voie sensitive centrale.

1, écorce cérébrale. — 2, couche optique. — 3, un tronçon du bulbe, avec les deux noyaux de Golletde Burdacti. — 4, un tronçon de moelle. — 5, faisceau de Gowers. — 6, un nerf sensitif bulbaire. — 7, racines postérieures des nerfs rachidiens, avec leur ganglion.

(On voit, ])ar ce schéma, que toutes les fibres constitutives de la voie sensitive centrale s’entrecroisent sur la ligne médiane : les nues (celles qui forment le faisceau de Gowers), dans la commissure antérieure de la moelle ; les autres (celles qui proviennent des noyaux de Goll et de Burdach), à la partie inférieure du bulbe ; d'autres (celles qui émanent des novaux sensitifs bulbaires), à difl'érentes hauteurs dans le bulbe.

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

ovale, nous les rencontrons, comme les fibres du faisceau pyramidal, sur les deux coupes III et IV de Pitres : sur la coupe 111 ffig. 79^2), dans les trois faisceaux

frontal supérieur, frontal moyen et frontal inférieur ; sur la coupe IV (fig. 794), dans les trois faisceaux pariétal supérieur, pariétal moyen et pariétal inférieur.

En résumé, toutes les fibres, dont l’ensemble constitue la voie sensitive centrale, se rendent à la zone sensitivo-motrice de l’écorce et, d’autre part, ces fibres sont croisées, je veux dire que chaque hémisphère tient sous sa dépendance la sensibilité de la moitié opposée du corps.

2° Voie sensitive secondaire ou cérébelleuse. — La

voie sensitive cérébelleuse est constituée, comme nous l’avons dit plus haut, par des fibres à trajet ascendant qui, des noyaux des nerfs sensitifs périphériques, se rendent au cervelet et, delà, <à l’écorce cérébrale. A la moelle, ces fibres prennent naissance dans les cellules de la colonne vésiculaire de Clarke. Suivant tout d’abord un trajet horizontal, elles se portent vers la partie postérieure et superficielle du cordon latéral, où elles forment, en se redressant vers le haut, le faisceau cérébelleux direct. Ce faisceau, que nous avons longuement étudié à propos de la moelle (p. 534) et du bulbe (p. 586), gagne la face latérale de ce dernier organe, passe dans le pédoncule cérébelleux inférieur et, finalement, vient se terminer dans l’écorce du vermis supérieur: comme son nom l’indique, c’est un faisceau qui ne change pas de côté. Il est à remarquer, cependant, que toutes les fibres constitutives du faisceau cérébelleux direct ne suivent pas la voie du pédoncule cérébelleux inférieur. Un certain nombre d’entre elles s’engagent dans la protubérance, en formant ce qu’on pourrait appeler le faisceau protubérantiel ou ventral du faisceau cérébelleux direct. Ce faisceau, auquel s’ajoutent peut-être quelques fibres du faisceau de Gowers (Patrick, Hoche), s’infléchit en haut et en arrière et aboutit finalement, comme la portion principale du faisceau cérébelleux direct, au vermis supérieur.

Dans sa traversée bulbaire, le faisceau cérébelleux direct est rejoint par des fibres de même valeur, les unes directes, les autres croisées, qui émanent des deux noyaux de Goll et de Burdach (voy. p. 594). Il reçoit probablement encore un certain nombre de fibres additionnelles, qui ont leur origine dans les divers noyaux terminaux des nerfs sensitifs bulbaires (pneumogastrique, glosso - pharyngien , vestibulaire et

Fig. 800.

Schéma, montrant dans son ensemble, la voie sensitive cérébelleuse ou spino-cérébellocérébrale.

1, écorce cérébrale. — 2, couche optique. — 3, uoyau rouge de la calotte. — 4, écorce cérébelleuse. — 5, no\ au dentelé du cervelet. — G, pédoncule cérébelleux inférieur. — 8, un tronçon du bulbe, avec les deux noyaux de Goll et de Burdach. — 9, un tronçon de moelle, vu l)ar sa face postérieure. — 10, faisceau cérébelleux direct.

CERVEAU

trijumeau) ; mais l’existence de ces dernières fibres n’a pas encore été nettement constatée.

L’écorce cérébelleuse et le noyau dentelé émettent à leur tour des fibres, à trajet ascendant par rapport au cerveau, qui se jettent dans les pédoncules cérébelleux supérieurs, s’entrecroisent sur la. ligne médiane avec celles du côté opposé et vont jusqu’à la zone sensitivo-motrice de l’écorce cérébrale, Soit directement, soit plutôt après interruption dans le noyau rouge de la calotte et le thalamus; Cette voie cérébello-cérébrale, est donc formée par une série de neurones disposés en chaîne (voy. p. 724), qui réunissent, avec différents relais, le cervelet au noyau rouge, le noyau rouge au thalamus et celui-ci à l’écorce cérébrale. Quelle que soit la complexité de cette voie, van Gehuchten n’hésite pas à la considérer comme la continuation vers le cerveau de la voie ascendante spino-cérébelleuse, formée par le faisceau cérébelleux direct et par les faisceaux de même valeur qui naissent du bulbe : « Elle ne sert pas uniquement, dit-il, à transmettre les excitations périphériques à l’écorce cérébrale. Nous la croyons principalement destinée à transmettre ces excitations périphériques à diverses parties importantes du névraxe (écorce cérébelleuse, couche optique), d’où partent alors des fibres descendantes ou motrices, par lesquelles l’organisme peut répondre, par voie réflexe, à ces excitations du dehors. Cette voie sensitive cérébelleuse servirait donc avant tout aux mouvements réflexes. »

§ IL — Voie descendante ou motrice

Les incitations motrices cérébrales, parties de l’écorce, se rendent aux noyaux d’origine des nerfs moteurs, soit crâniens, soit rachidiensi, lesquels, dans un deuxième temps, les transmettent aux muscles par les nerfs moteurs périphériques. Ces incitations, descendantes ou centrifuges, suivent elles aussi une double voie : les unes se portent directement, à travers le pédoncule cérébral et la protubérance, vers les noyaux d’origine des nerfs moteurs; les autres, suivant un chemin détourné, un chemin à la fois plus long et plus complexe, passent par le cervelet. Nous pouvons donc, avec van Gehuchten, admettre pour la conduction motrice, comme pour la conduction sensitive, deux voies différentes ; 1° une voie motrice principale ou cortico-spinale ; 2° une voie motrice secondaire ou cérébelleuse {coriico-cérébellospinale).

Voie motrice principale. — La voie motrice principale est constituée par des fibres qui proviennent des cellules pyramidales de l’écorce. Ces fibres, après un trajet plus ou moins long, viennent se terminer par des arborisations libres : les unes, dans les noyaux d’origine des nerfs moteurs bulbo-protubérantiels; les autres, dans les cornes antérieures de la moelle, qui sont les véritables noyaux d’origine des racines motrices des nerfs rachidiens. Les cellules nerveuses autour desquelles se terminent les fibres précitées émettent des cylindraxes qui, sortant de la moelle ou du bulbe, se portent vers les muscles et s’y terminent, comme on le sait, par des plaques motrices. La voie motrice, envisagée dans son ensemble (fig. 801), comprend donc deux ordres de neurones : des neurones centraux, qui relient l’écorce cérébrale aux noyaux d’origine des nerfs moteurs ; des neurones périphériques, qui vont de ces noyaux d’origine aux corps musculaires. Constatons, en passant, que les neurones périphériques, en dépit du nom qu’ils portent, ont leur corps cellulaire

SYSTl'CME NERVEUX CENTRAL

et une paiTie de leur cylindraxe situé dans les centres nerveux. Bien que les fibres de la voie motrice centrale aient toutes la même valeur morphologique, on les groupe d’ordinaire en deux faisceaux : 1"* un faisceau relativement petit, qui se

termine au bulbe et qui est le faisceau géniculé) 2° un faisceau beaucoup plus fort, qui se rend à la moelle et qui est le faisceau pyramidal.

Eig. 801.

Schéma représentant dans son ensemble la voie motrice principale.

1, écorce céi-éluab-. avec : a, cenire moleiir du membre inférieur 6. cenire moteur du inemln-e supérieur; c, zone d’oricine du faisceau fréniculé — ü, couche opli(|ue. — 3, entrecroisement des pyramides. — 4, faisceau pyramidal. — o, un tronçon de moelle, avec trois racines antérieures. — 0, un nerf moteur Inilbaire, avec Ü', son noyau d’origine. — 7, T, corps musculaires.

(On voit, parce schéma, que la voie motrice, soit cortico-bulbaire, soit corlico-spinale, se compose de deux neurones superposés ; 1“ un neurone central, (pii va de l’écorce à la cellule d'origine de la fibre motrice périphérique : 2“ un neurone périphéritjue, qui commence a cette cellule et qui. |)ar son cvlindraxe, va jusqu’aux muscles. On voit aussi que ce neurone périphérique, bien qu'il soit appelé périi)hérique. a son corps cellulaire et une partie de son cylindraxe situés à l'intérieur du névraxe).

.1 . Faisceau géniculé. — Le faisceau géniculé, ainsi appelé parce qu’il occupe, dans la capsule interne, la région désignée sous le nom de genou, est l’ensemble des fibres nerveuses auxquelles est dévolue la fonction de transmettre les incitations motrices cérébrales aux noyaux d'origine des nerfs moteurs bulbo-protubéranliels.

Ces libres proviennent de la partie inférieure de la zone sensitivo-motrice de l’écorce, c’est-à-dire du quart inférieur des deux circonvolutions frontale et pariétale ascendante et de l’opercule rolandique. De là, elles se portent d’abord en dedans, puis en bas et en arl’ière, pour gagner le bulbe.

FRles traversent successivement, pour se rendre à destination, le centre ovale, la capsule interne, le pédoncule cérébral et la protubérance annulaire. — Dans le cenire ovale ("fig. 792 et 794), nous le trouvons sur la troisième et sur la quatrième coupes de Pitres, où il constitue le faisceau frontal inférieur et le faisceau pariétal inférieur. — Dans la capsule interne (fig. 781, ù

occupe, comme son nom l indique, la région du genou, c’est-à-dire le point, saillant en dedans, où se réunissent le segment lenticulo-strié et le segment lenticulo-optique. En avant de lui, dans le segment lenticulo-strié, se trouvent les libres cortico-thalamiijues ou pédoncule antérieur de la couche optique;

CERVEAU

en arrière de lui, dans le segment lenticulo-optique, les fibres du faisceau pyramidal. — Dan?, le pédoncule cérébral (fig. 72o, g), le faisceau géniculé longe le côté interne de l’organe. Il est intimement mêlé aux fibres cortico-protubérantielles antérieures. — Dans la protubérance annulaire , il occupe le côté postérieur et interne du faisceau pyramidal. Le faisceau géniculé, jusque-là plus ou moins compacte, se partage alors en trois faisceaux secondaires, qui sont le faisceau masticateur, le faisceau facial et le faisceau du grand hypoglosse. Ces trois faisceaux, s’infléchissant en dedans, s’entrecroisent sur la ligne médiane avec les faisceaux homologues du côté opposé et viennent se terminer : le premier, dans le noyau moteur du trijumeau ou noyau masticateur ; le second, dans le noyau du facial ; le troisième, dans le noyau de l’hypoglosse. Il est probable, il est certain même que le faisceau géniculé envoie également des fibres au noyau ambigu, d’où s’échappent, comme on le sait, le spinal bulbaire et les faisceaux moteurs des nerfs mixtes. Ces dernières fibres sont, comme les précédentes, des fibres croisées.

Au total, toutes les fibres du faisceau géniculé traversent la ligne médiane, à la partie inférieure de la protubérance ou à la partie supérieure du bulbe, avant de se rendre aux noyaux moteurs auxquels elles sont destinées. Chaque hémisphère exerce donc son influence, en ce qui concerne les groupes musculaires innervés par les noyaux précités, sur les muscles du côté opposé.

B. Faiscüiaù pyramidal. — Le faisceau pyramidal, ainsi appelé parce qu’il forme, au niveau du hulbe, ces deux gros cordons que l’on désigne sous le nom de pyramides antérieures, comprend toutes les fibres de la voie motrice centrale qui vont de la zone sensitivo-motrice du cerveau à la moelle épinière : il a pour fonction de transmettre les incitations motrices cérébrales aux noyaux d’origine des racines antérieures des nerfs rachidiens.

Les fibres qui constituent le faisceau pyramidal ont leur origine dans la partie moyenne et la partie supérieure de la zone sensitivo-motrice de l’écorce ; dans les trois quarts supérieurs des deux circonvolutions frontale ascendante et pariétale ascendante ; dans le lobule paracentral et probablement aussi (Flechsig) dans la portion de la circonvolution frontale interne qui avoisine ce dernier lobule. Les faits anatomo-cliniques nous permettent d’établir dans cette vaste région au moins deux centres particuliers, le premier en rapport avec les mouvements du membre supérieur, le second en rapport avec les mouvements du membre inférieur : le centre des mouvements du membre supérieur, situé immédiatement au-dessus de celui qui donne naissance au faisceau géniculé, occupe les deux quarts moyens (Charcot et Pitres) des deux circonvolutions frontale ascendante et pariétale ascendante ; le centre des mouvements du membre inférieur, situé au-dessus du précédent, comprend le lobule paracentral et le quart supérieur des deux circonvolutions frontale ascendante et pariétale ascendante.

Suivies dans leur trajet descendant, les fibres constitutives du faisceau pyramidal traversent successivement le centre ovale, la capsule interne, le pédoncule cérébral, la protubérance annulaire, le bulbe et la moelle. Examinons-les rapidement sur ces différents points ;

a. Dans le centre ovale, nous les rencontrons à la fois sur la troisième et sur la quatrième coupe de Pitres : sur la troisième, elles constituent les deux faisceaux frontal supérieur et frontal moyen (fig. 792, D, D) ; sur la quatrième, elles forment les deux faisceaux pariétal supérieur et pariétal moyen (fig. 794, D, D). — Les fibres destinées au membre supérieur et dont la destruction (d’un seul côté)

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

aura pour conséquence une paralysie motrice du membre supérieur du côté opposé {monoplégie brachiale), occupent naturellement, sur les troisième et quatrième

coupes, le faisceau frontal moyen. — Les fibres qui se rendent au membre inférieur et dont la destruction unilatérale déterminera une monoplégie de la jambe du côté opposé, occupent de même le faisceau frontal supérieur sur la troisième coupe et le faisceau pariétal supérieur sur la quatrième.

b. Dans la capsule interne (fig. 781 ,c) le faisceau pyramidal répond aux deux tiers ou aux trois quarts antérieurs du segment postérieur ou lenticulooptique. Il est situé entre le faisceau géniculé, qui est en avant, et le faisceau sensitif ou ruban de Reil, qui est en arrière. A ses fibres propres se trouvent mêlées un certain nombre de fibres cortico -protubérantielles antérieures.

c. Dans le pédoncule cérébral (fig.

7:25,/*), le faisceau pyramidal occupe la partie moyenne (les trois cinquièmes moyens d’après Déjerine) de la région du pied. Il remplit tout l’intervalle c.ompris entre le faisceau géniculé, qui est en dedans de lui, et le faisceau de Meyiierl, qui est en dehors.

d. Da7is la protubérance annulaire (lig. 568, 3), il est représenté par le plan inférieur des übrps longitudinales. Mais, tandis que dans le pédoncule cérébral il était tout à fait superficiel, il est séparé ici de la face antérieure de la protubérance par de volumineux paquets de fibres transversales {stratum superflciale pontis) , qui proviennent des pédoncules cérébelleux moyens. Nous rappellerons, en passant, que les fibres pyramidales qui, dans la partie supérieure de la protubérance, forment un grand nombre de fascicules distincts (fig. 567, 1i) se condensent, dans la partie inférieure de l’organe, en un faisceau compacte (fig. 568, 3) placé un peu en dehors de la

ligne médiane. Nous rappellerons encore que le faisceau pyramidal, dans sa traversée protubérantielle, envoie un grand nombre de collatérales aux noyaux du pont.

Schéma représentant les deux faisceaux j)yraniidaux depuis l’écorce cérébrale jiisiiu’à la moelle et aux racines antérieures.

A, l'aisocau pyramidal du côté droit lauite). — B, faisceau j)\ramidal direct du côté jrauclie (c/i rouf/e).

a, a’, faisceau pjramidal croisé et laisceau pyramidal direct du côté droit. — b, b\ faisceau pvranddal croisé et faisceau pyramidal direct du côté gauche.

1. /oiie motrice de l’écorce. — capsule interne. — 3, entrecroisement des pyratnides. répondant à l'axe transversal XX. — 4. un tronçon de la moelle cervicale, vu ])ar sa face antérieure. — o, partie intérieure do la moelle dorsale. — C, (j, racines ant'-rieures du côté droit. — G', G’, racines antérieures du côté gauche.

On voit, pai' ce schéma, <|ue, <l’un côté comme de l’autre : 1® le faisceau puramidal croisé s'entrecroise en totalité au niveau de la décussation des pyramides : 2® le faisceau Pljramidal direct s’entrecroise, pai|uels par paquets, dans toute la hauteur de la moelle épinière. Eu définitive, toutes les tihres motrices issues d’un hémisphère, qu elles siii\enl le trajet du faisceau croisé ou celui du faisceau direct, aboutissent aux racines antérieures du côté opposé.)

CERVEAU

c. Dans le bulbe, le faisceau pyramidal, redevenant superficiel, forme de chaque côté de la ligne médiane la pyramide antérieure et conserve cette situation antérieure et superficielle jusqu’au niveau de l’entrecroisement médian connu sous le nom de décussation des pyramides. Là, ses fibres se partagent en deux paquets nettement distincts (fig. 802) ; 1° l’un, plus petit {a\ ô’), descend directement dans le cordon antérieur de la moelle du côté correspondant, c’est le faisceau pyramidal direct ou faisceau de Turck, situé, comme nous l’avons vu, sur le côté du sillon médian antérieur; 2» l’autre, beaucoup plus important (a, ô), s’entrecroise sur la ligne médiane avec celui du côté opposé ; puis, s’infléchissant en dehors et en arrière, il décapite les cornes antérieures, et, sous le nom de faisceau pyramidal croisé, vient se placer à la partie postérieure du cordon latéral de la moelle (fig. 442, 2), entre le faisceau cérébelleux direct, qui est en dehors, et le faisceau fondamental, qui est en dedans.

f. Dans la moelle^ la voie motrice centrale est donc représentée par deux faisceaux distincts : le faisceau pyramidal direct ou antérieur, qui occupe la partie interne du cordon antérieur et le faisceau pyramidal croisé ou latéral, qui se trouve situé à la partie postérieure du cordon latéral. Nous avons déjà indiqué, h propos de la moelle (p. 551), quelle est l’étendue verticale de ces deux faisceaux : nous n’y reviendrons pas ici. Leur mode de terminaison est le suivant : les fibres constitutives du faisceau pyramidal croisé, arrivées à la région où elles doivent se terminer, s’inclinent en avant et en dedans, pénètrent dans la corne antérieure et s’y résolvent chacune en une arborisation terminale, dont les fibrilles, entièrement libres, enlacent les cellules radiculaires de cette corne ; quant aux fibres du faisceau pyramidal direct, elles franchissent la ligne médiane successivement, paquets par paquets, et viennent, elle aussi, se terminer à des hauteurs diverses autour des cellules radiculaires de la corne antérieure. ^

En résumé, toutes les fihres constitutives de la voie motrice centrale, qu’elles suivent le faisceau direct ou le faisceau croisé, se rendent après entrecroisement sur la ligne médiane, dans les cornes antérieures de la moelle épinière et, là, se terminent par des arborisations libres autour des cellules motrices ou radiculaires. Gomme, d’autre part, ces cellules donnent naissance aux racines antérieures ou racines motrices des nerfs rachidiens, c’est aux racines motrices et aux muscles innervés par elles qu’aboutissent, en dernière analyse, les deux faisceaux pyramidaux: celui du côté gauche, aux muscles du côté droit; celui du côté droit, aux muscles du côté gauche. Nous pouvons donc appliquer au faisceau pyramidal la formule déjà énoncée à propos du faisceau géniculé, à savoir que chaque hémisphère cérébral tient sous sa dépendance la motilité de la moitié opposée du tronc et des membres. Rappelons, en terminant, que, au faisceau pyramidal, voie motrice volontaire, s’ajoutent un certain nombre de fibres descendantes, voie motrice réflexe, qui proviennent du noyau rouge de la calotte et qui, après entrecroisement sur la ligne médiane au niveau du pédoncule cérébral, descendent dans la moelle, où elles occupent, comme le faisceau pyramidal croisé, Ja partie postérieure du cordon latéral (voy. p. 534).

Variations volumétriques des deux faisceaux pyramidal direct et pyramidal croisé. — Nous avons déjà indiqué, à propos du bulbe, les variations de volume que peuvent présenter, suivant les sujets, le faisceau pyramidal direct et le faisceau pyramidal croisé. Nous n’y reviendrons pas ici (voy. p. 582).

Importance comparative du faisceau destiné au membre supérieur et du faisceau destiné au membre inférieur. — Blocq et Ozanoff [Gaz. des Hop. 1892) sont arrivés, par une méthode qu’il serait trop long d’exposer ici, à calculer comparativement le nombre de fibres nerveuses que

.\NATOMIE HUMATNE- — T. Il, 6® ÉDIT. 115

914 SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

rcnlornient le l'aisceau pyramidal croisé et le faisceau pyramidal direct sur les deux points suivants de la moelle épinière: 1“ au-dessus du renllement cervical ; 2<> au-dessous de ce même renllement cervical. Sur le premier point, le nombre de libres que renferment, pour une moitié delà moelle, les deux faisceaux pyramidaux direct et croisé, est de 7'J 131. Sur le deuxième point au-dessous du renllement cervical, ce nombre n'est plus que de 30 554,

Ces 30 554 libres sont naturellement destinées aux muscles du tronc et du membre inférieur Pour savoir quel est le nombre de libres pyramidales que reçoit le membre supérieur, il n’y a qu’à soustraire du chilfre 79 131 (qui représente l’ensemble des fibres destinées au tronc et aux deux membres) le chilfre 30 554 (qui représente le nombre de libres destinées au tronc et au membre inférieur) : or ce nombre (79 131 — 30 554) est 48 577.

Au total, les deux membres supérieur et inférieur sont reliés à la zone motrice de l’écorce le

premier par 48 577 libres, le second par 30 554.

Gomme on le voit, le nombre de libres pyramidales qui se rendent au membre supérieur l’emporte de beaucoup (de 18 023) sur celui qui est destiné au tronc et au membre inférieur. Blocq et Ozanoff trouvent une explication de cette différence dans le rôle différent qui est dévolu, dans la locomotion chez l’homme, aux membres thoraciques et aux. membres pelviens ; les premiers, on le sait, sont surtout utilisés pour les mouvements intelligents et conscients qui nécessitent une grande intervention cérébrale; les seconds sont principalement employés pour les actes automatiques de la marche, qui demandent une intervention cérébrale beaucoup moindre. 11 est donc tout naturel que les fibres qui mettent en relation les muscles des membres avec la zone motrice soient plus nombreuses pour le membre thoraci(iue que pour le membre pelvien.

Fibres homolatérales du faisceau pyramidal croisé. — Si, comme nous l’avons dit plus haut, le faisceau pyramidal croisé ou latéral de la moelle épinière n’est ({ue l’ensemble des fibres pyramidales (jui, au niveau du collet du bulbe, ont franchi la ligne médiane, la destruction du faisceau pyramidal, sur un point quelcom[ue de son trajet encépbali(iue, doit déterminer une dégénérescence totale du faisceau pyramidal croisé du côté opposé à la lésion et, d’autre part, laisser intact le faisceau pyramidal croisé du côté correspondant.

Or, depuis longtemps déjà (1881-1884), Pitues a signalé l’existence, dans la moelle de vieux hémiplégi([ues, d’une dégénérescence frappant à la fois, ([uoique d’une façon fort inégale , les deux faisceaux pyramidaux croisés ; la lésion était naturellement beaucoup plus importante sur le faisceau du côté opposé à la lésion. Cette double dégénérescence, toutefois, n’était pas constante : elle n’existait environ que dans le (juart des cas. Comme conclusion, Pitres estimait que, sur de nombreux sujets, le faisceau pyranudal, au niveau du collet du bulbe, tout en jetant la plus grande partie de ses fibres dans le cordon latéral du côté opposé, en envoyait un certain nombre dans le cordon latéral du côté correspondant.

L’expérimentation, entre les mains de Fk.\nck' et Pitres, Sheruington, Lowenthal, Sandmeyer, Muratow, Mott, etc., a pleinement confirmé sur ce point, chez le chien et le singe tout au moins, les enseignements de l’anatomie pathologi<iue. La destruction du centre cortical des mouvements des membres, pratiquée sur un seul hémisphère, détermine chez le chien une dégénérescence descendante dans les deux faisceaux pyramidaux de la moelle. On sait que le chien, comme les animaux du reste, ne possède pas de faisceau de Türk. Werthelmer et Lepage, par une autre méthode, sont arrivés aux mêmes résultats : ces deux expérimentateurs, après avoir pratiqué chez le chien une hémisection transversale de la moelle cervicale gauche, excitent la circonvolution sigmoïde droite et l’animal, en réponse à cette excitation, remue ses membres droits. 11 faut donc qu’un certain nombre de fibres du faisceau pyramidal droit se rende directement, je veux dire sans entrecroisement, dans le bulbe, à la moitié droite de la moelle.

Fig. 803.

Schéma moulranl la manière dont sc comporte le faisceau i)vramidal en passant du bulbe à la moelle.

I. un tronçon <ie moelle cervicale, vue antérieure. — 2. i. faisceau pyramidal droit et faisceau pyramidal ?rauche. — 3. 3. faisceau pyramidal croisé. — 4. 4. faisceau pyramidal direct. — o, b, faisceau de fibres liomolatérales. se rendant, sans changer de côté, au faisceau pyramidal croisé.

CERVEAU

Dans un travail récent (1896), Rothminn admet, lui aussi, pour l’avoir observé dans ses expériences, que l'extirpation unilatérale des centres corticaux moteurs amène, au niveau de la moelle, une double dégénérescence ; l’une dans le faisceau pyramidal du côté opposé, l’autre dans le faisceau pyramidal du côté correspondant. Mais l’explication qu’il en donne est toute différente de celle formulée parles auteurs précédents. Les deux dégénérescences, dit-il, sont loin de se comporter de la même façon : l’une, celle du côté opposé à la lésion corticale, est permanente, définitive ; l’autre, celle du côté correspondant à la lésion, n’est que transitoire et disparaît plus ou moins complètement au bout de quelques mois. Gela tient à ce que les deux dégénérescences relèvent d’un processus très différent et voici ce qui se produirait d’après Rothmann ; les flores de la pyramide dégénérée, en s’entrecroisant dans le bulbe avec les fibres de la pyramide saine, compriment ces dernières, et c’est cette compression qui détermine, chez elles, des troubles nutritifs, aboutissant d’une façon plus ou moins rapide à la dégénérescence anatomique et fonctionnelle. Le même fait, ajoute Rothmann, doit se produire également chez l’homme et si, chez lui, la dégénérescence en question ne disparaît pas comme chez l’animal sur lequel on expérimente, il faudrait en chercher la raison dans les altérations que présente, chez la plupart des hémiplégiques, le système vasculaire du névraxe, ayant pour conséquence une nutrition défectueuse et peu favorable à la répartition des lésions.

Gomme on le voit, l’opinion émise par Rothmann est la négation absolue des fibres directes, cidessus mentionnées, qui, de la pyramide bulbaire, descendent dans le faisceau pyramidal latéral du même côté. Mais cette opinion est tout hypothétique et, à ce titre, elle doit céder le pas aux faits d’observation directe. Or, Déjerine et Thomas (1896), dans deux cas de destruction unilatérale du faisceau pyramidal, le premier chez un enfant à la suite de lésion corticale, le second chez un adulte à la suite de lésion capsulaire, ont nettement constaté que la pyramide, au niveau du collet du bulbe, fournit, outre les deux faisceaux pyramidal direct et pyramidal croisé, un troisième paquet de fibres qui se rendent au faisceau pyramidal latéral du même côté- Ces fibres sont les fibres homolatérales du faisceau pyramidal latéral.

11 est donc établi que, sur certains sujets tout au moins, (peut-être sur la plupart des sujets, peut-être chez tous, les observations ne sont pas encore suffisamment nombreuses pour nous fixer à cet égard), chaque pyramide antérieure du bulbe se partage, à la partie inférieure de cet organe, en trois faisceaux, savoir (fig. 803) ; 1“ le faisceau pyramidal direct ou antérieur (faisceau de Türk), qui, sans changer de côté, vient occuper dans la moelle la partie interne du cordon antérieur; 2o le faisceau pyramidal croisé ou latéral, qui, après entrecroisement sur la ligne médiane, se porte à la partie postérieure du cordon latéral du côté opposé; 3o le faisceau de fibres homolatérales, qui vient grossir le faisceau pyramidal latéral du même côté. Ce faisceau pyramidal latéral renferme donc des fibres croisées et, mélangées à ces dernières, un certain nombre de fibres directes ou homolatérales. L’existence de ces fibres homolatérales nous explique pourquoi la destruction du faisceau pyramidal dans son trajet encéphalique détermine, non seulement une hémiplégie du côté opposé, mais encore, du côté correspondant à la lésion, une certaine faiblesse musculaire et une exagération des réflexes.

2° Voie motrice secondaire ou cérébelleuse. — Les fibres de la voie motrice cérébelleuse, nous l’avons dit plus haut, se rendent aux cornes antérieures de la moelle en passant par le cervelet. Ces fibres, comme celles de la voie principale, proviennent de la zone sensitivo-motrice de l’écorce et ne sont que les prolongements cylindraxiles des cellules pyramidales. Nous les avons décrites précédemment (p. 672 et 726) sous le nom de fibres, cortico-protubérantielles antérieures. Elles traversent successivement le centre ovale, la capsule interne et le pédoncule cérébral, intimement mélangées, dans toute l’étendue de leur trajet, aux fibres des deux faisceaux pyramidal et géniculé. En quittant le pédoncule, elles passent dans la protubérance et elles s’y terminent, chacune par une arborisation libre, autour des noyaux du pont. Jusqu’ici la voie est directe.

Ces cellules des noyaux du pont donnent naissance à de nouvelles fibres, lesquelles, s’inclinant en dedans, gagnent la ligne médiane, s’y entrecroisent avec celles du côté opposé, passent dans le pédoncule cérébelleux moyen, pénètrent avec lui dans le cervelet et, finalement, viennent se terminer, toujours par des arborisations libres, dans l’écorce de cet organe.

A son tour, l’écorce cérébelleuse émet des fibres descendantes, bien décrites par Marghi (voy. p. 536 et 651j, qui, par le pédoncule cérébelleux inférieur, se rendent au bulbe et à la moelle, où elles se disséminent dans les différents faisceaux du cordon antéro-latéral. Après un parcours, naturellement variable pour chacune

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

im

d’elles, elles s’infléchissent vers la corne antérieure, pénètrent dans cette corne et

s’y résolvent en des arborisations lerminales, lesquelles, se comportant exactement comme les arborisations terminales du faisceau pyramidal, enlacent les cellules motrices d’où émergent les racines antérieures des nerfs rachidiens. Ces fibres cérébello-spinales, comme l’établissent les recherches expérimentales de Marchi, sont en grande partie directes; un petit nombre seulement franchissent la ligne médiane et, par conséquent, sont croisées.

Comme on le voit, la voie motrice cérébro-cérébello-spinale est constituée par une chaîne deux fois interrompue, autrement dit par trois neurones : un premier neurone cérébro - protuhérantiel ou cérébro-ponlique , dont le corps cellulaire n’est autre que la cellule pyramidale de l’écorce cérébrale et dont le cylindraxe se rend aux noyaux du pont; 2° un deuxième neurone ponlo-cérébel- Itux , qui relie les noyaux du pont à l’écorce cérébelleuse ; 3° un troisième neurone, dit cérébellospinal, qui, de l’écorce cérébelleuse, descend vers les noyaux moteurs du bulbe et dans les cornes antérieures de la moelle.

La voie motrice cérébelleuse

Fig. 804.

Schéma représentant, dans son ensemble, la motrice cérébelleuse oü cérébro-S])inale.

1, écorce cérébrale, — 2, couclie optique. — 3, noyau du pont. — i, écorce cérébelleuse; i’, pédoncule cérébelleux mo\en; 4” pédoncule cérébelleux inférieur. — 5, voie cérébelleuse descendante. — 6, un tronçon de moelie, vu par sa face postérieure. — 7. une racine antérieure des nerfs rachidiens. — 8, faisceau pyramidal direct. — 0, faisceau pyramidal croisée

est, comme la voie motrice principale, une voie croisée. Elle paraît avoir pour fonction, moins de transmettre aux muscles les

incitations motrices volontaires, que d’associer et de coordonner les mouve-

ments.

AKTIGLL VI

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