CIRCULATION DU CERVEAU
Le mode de distribution des vaisseaux sanguins dans la masse encéphalique a été bien étudié dans ces derniers temps, en France par Durei’, en Allemagne par
CERVEAU
Heubner. C’est le 7 décembre 1872 que le médecin allemand a publié, dans le Medical Centralblatt, le résumé de ses recherches sur la circulation du cerveau; et, par une coïncidence vraiment remarquable, c’est encore le 7 décembre 1872 que Dühet communique à la Société de Biologie de Paris les résultats de ses travaux sur la circulation du bulbe et de la protubérance. Un mois plus tard • (janvier 1873j, ce dernier anatomiste envoie au Mouvement médical une note sommaire sur la circulation du cerveau. Enfin, en 1874, il publie dans les Archives de physiologie son long mémoire sur la circulation de l’encéphale, en même temps qu’HEUBNER nous donnait, dans son livre sur les Altérations syphilitiques des artères cérébrales, une description détaillée de ces artères.
Si nous rappelons ici toutes ces dates, c’est pour établir par des chiffres qu’il n’y a pas lieu de soulever, comme on l’a fait très souvent, soit en faveur de Duret, soit en faveur d’HEUBNER, une question de priorité. Les recherches de ces deux anatomistes sont contemporaines : tous les deux les ont poursuivies simultanément dans des pays différents et bien certainement à l’insu l’un de l’autre. Ces recherches, on en conviendra, n’en sont pour nous que plus précieuses : elles se servent mutuellement de contrôle.
Nous étudierons successivement :
i® Les artères ;
2° Les veines ;
3® Les voies lymphatiques.
§ I. — Artères
lo Provenance des artères du cerveau. — Quatre gros troncs artériels pénètrent dans le crâne pour se distribuer à la masse encéphalique. Ce sont : en avant, les deux carotides internes ; en arrière, les deux vertébrales.
Les deux artères vertébrales, marchant à la rencontre l’une de l’autre, contournent le bulbe et se réunissent sur la ligne médiane en un tronc commun, le tronc basilaire. Celui-ci chemine d’arrière en avant au-dessous de la protubérance et se partage, au niveau du bord antérieur de ce dernier organe, en deux branches terminales et divergentes, les artères cérébrales postérieures .
De leur côté, les deux carotides internes, après avoir fourni l’ophthalmique, se résolvent chacune en un bouquet de quatre branches divergentes : la cérébrale antérieure, la cérébrale moyenne, la choroïdienne antérieure et la communicante postérieure. — \jd. cérébrale antérieure se dirige en avant et en dedans et s’unit, peu après son origine, avec son homonyme du côté opposé à l’aide d’une anastomose transversale, de 1 à 3 millimètres de longueur seulement, la communicante anterieure . — La cérébrale moyenne se dirige en dehors et disparaît bientôt dans la vallée syl vienne. — La choroïdienne antérieure , oblique en arrière et en dehors, se porte dans les plexus choroïdes des ventricules latéraux. — Quant à la communicante postérieure, elle se dirige en arrière et un peu en dedans pour se réunir à l’artère cérébrale postérieure et relier ainsi l’un à l’autre le système antérieur ou carotidien au système postérieur ou vertébral (fig. 805 et 806).
2° Le polygone de Willis. — Il résulte de ces différentes anastomoses la formation à la base du cerveau, d’un circuit artériel entièrement fermé : c’est Vhexagone ou.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
plus exactement, V heptagone de Willis{de euxà., sept, et ywv[a, angle), le circuit en question possédant en réalité sept côtés.
Il est constitué de la façon suivante (fig. 805) : en avant, par les deux cérébrales antérieures, unies l’une à l’autre par la communicante antérieure ; en arrière, par les deux cérébrales postérieures ; sur les côtés, par les deux communicantes postérieures ou latérales. L’alimentation des réseaux sanguins du cerveau est donc bien assurée. Un seul tronc, au besoin, aurait pu suffire : or, il en existe quatre, tous
reliés ensemble par des anastomoses à court trajet et le plus souvent fort larges.
On conçoit dès lors que l’un de ces troncs puisse s’oblitérer par le fait d’une embolie ou être supprimé par une ligature, sans que cette diminution dans le nombre des voies 'd’apport amène toujours et nécessairement une perturbation grave dans le fontionnement de l’encéphale. Et en fait, sur les 241 cas de ligature des carotides réunis parLEFOKT, nous n’en trouvons que 75 qui aient été suivis d’accidents cérébraux.
Fig. 805.
Polygone arlériel de Willis.