‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 134 sur 166 · carotide interne. — 2, cérébrale moyenne · texte numérisé non relu

carotide interne. — 2, cérébrale moyenne

— 3, cérébrale antérieure. — 4, coimnunicanle antérieure. — 5, communicante postérieure.

— ü, artère vertébrale. — 7, tronc basilaire.

— 8, cérébrale postérieure. — spinale jiostérieure. — 10, spinale antérieure. — 11, cérébelleuse postéro-inférieure. — 12, cérébelleuse antéro-iuférieure. — 13, cérébelleuse supérieure. — 14, artères prolubéranlielles.

Fig. 806.

Schéma représentant le mode d’origine des artères encéphaliques.

1, aorte. — 2, tronc bracbio-céplialique. — 3, carotide interne gauche; 3’. carotide interne droite. — 4, 4’, vertébrales. —5, tronc basilaire. — ü, 6’, cérébrales postérieures. — 7, 7, cérébrales moyennes. — 8,8. cérébrales antérieures. — 9.

communicante antérieure. — 10, communicantes postérieures.

(La teinte rouge indique le système vertébral : la teinte noire, le système carotidien; XX, ligne de séparation des deux systèmes.

3^ Branches efférentes du polygone de Willis, leur classification. — Les dilféreiites’ brandies cérébrales (et elles sont nombreuses) qui émanent du polygone de AVillis constituent deux systèmes principaux, destinés ; le premier aux circonvolutions, le second aux noyaux centraux.

Nous cro3’ons devoir faire remarquer dès maintenant, saul à y revenir plus tard, que ces deux systèmes artériels, bien qu’aj^ant une origine commune, sont complètement indépendants l’un de l’autre dans leur distribution et que, « à la périphérie de leur domaine, comme le dit Ch.\rcot, ils ne communiquent sur aucun point )).

A ces importants systèmes des artères des circonvolutions et des artères des noyaux centraux, il convient d’ajouter deux nouveaux groupes d’une importance moindre, savoir : les artères destinées aux cavités ventriculaires et les artères destinées à cette portion de la base du cerveau qui unit l’un à l’autre les deux hémisphères.

Au total, la circulation artérielle du cerveau comprend quatre groupes d’artères, savoir :

Fig. 807.

Schéma représentant l’évolution des artères encéphaliques. (La légende est dans le texte.)

Les artères des circonvolutions ;

Les artères des noyaux centraux ;

3° Les artères ventriculaires ou choroïdiennes ;

Les artères de la hase.

Nous décrirons séparément chacun de ces quatre groupes.

Le développement, soit ontogénique, soit phylogénique, des artères encéphaliques nous apprend que c^est par une série de transformations successives que se trouve réalisé le polygone de Willis, tel que nous venons de le décrire comme constituant la disposition typique de l’homme adulte. Primitivement, la carotide interne est la seule artère qui apporte du sang à la masse encépha-

lique: la vertébrale n’existe pas. La carotide interne, en débouchant dans la cavité crânienne, se divise en deux branches terminales : l’une, antérieure ou craniale, qui se dirige en avant vers l’extrémité antérieure du cerveau; V^Mive,, postérieure ou caudale, qui se porte en arrière vers la moelle. La première de ces deux branches représente la cérébrale antérieure : tout près de son origine, elle fournit en dehors une collatérale qui, eii se développant ultérieurement, deviendra la cérébrale moyenne ou sylüienne. De même la branche postérieure abandonne, un peu après son origine, une collatérale analogue, qui deviendra la cérébrale postérieure. Notons bien ce fait, nettement représenté dans la figure 807 (A), que les deux artères cérébrale moyenne et cérébrale postérieure ne sont, à leur origine, que de simples collatérales, l’une de la branche craniale, l’autre de la branche caudale de la carotide interne.

un stade ultérieur (B), les deux cérébrales antérieures, jusque-là indépendantes, s’unissent sur la ligne médiane, soit à l’aide d'un réseau intermédiaire, soit à l'aide d’une simple branche, qui va transversalement de l’une à l’autre: cette anastomose transversale n’est autre que notre communicante antérieure. De leur côté, les deux branches caudales de la carotide interne, un peu en

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arrière de l'origine do lafutnre cérébrale postérieure, arriventau contact Tunedcrautre et se fusionnent en un tronc unique, impair et médian (pii constitue le tronc basilaire ou artère basilaire: ces deux: termes sont synonymes. A ce moment-là, nous voyons apparaître les deux artères vertébrales, mais des artères vertébrales minuscules marchant de bas en haut et aboutissant Tune et l’autre, par leur extrémité supéi'ieure, à la portion préterminale de l’artère basilaire, je veux dire à cette portion de l'artère basilaire qui répond à la limite séparative de la protubérance et du bulbe. De ce fait, l'artère basilaire se trouve maintenant divisée en deux parties: une partie supérieure, qui répond à la protubérance et qui est Vartère basilaire proprement dite, Vartère basilaire de la description classique ; une partie postérieure, qui longe le plan antérieur du bulbe et de la moelle et (pii n’est autre que le ti^onc spinal antérieur, lequel, comme on le sait, s’anastomose à droite et à gauche avec les artères segmentaires (branches spinales latérales de l’adulte).

Plus tard, la partie antérieure de la branche caudale de la carotide interne s'atrophie, diminue de volume. Et, alors, commr' si la carotide ne pouvait plus, par ce canal réduit, envoyer assez de sang à l’artère basilaire, la vertébrale augmente de volume et la supplée. Du même coup, l’artère basilaire, dans laquelle le sang circule maintenant de bas en haut, augmente elle aussi de volume et il en est de môme: 1“ de ses deux branches de bifurcation antérieures : 2® des deux cérébrab’S postérieures, qui semblent les continuer.

Pendant que la partie postérieure de la hrancbe caudale acquiert ainsi un développement considérable, sa partie antérieure, celle qui précède l'émergence delà cérébrale postérieure continue à s'atrophier et devient cette artère sans importance qui. dans l'anatomie de l’adulte, prend le nom de communicante postérieure ou latérale.

Letype humain (lig. SOS, C) est maintenant constitué.

Comme on le voit, la carotide interne, qui est primitivement la seule artère encéphalique, perd peu à peu, au cours du développement, les parties postérieures de son domaine, que lui prend successivement une artère de formation plus récente, l'artère vertébrale.

Cesquehjues notions de morphogenèse, que le lecteur trouvera longuement développées dans deux excellents mémoires de Bkuth v de Wiuese (Arcli. de Biologie, t. XKl 1904, et Th, de Wniversité de Garni, 1905), nous permettent d’interpréter comme ils le méritent, les dilïérents éléments constitutifs du polygone de Willis.

a) La cérébrale antérieure représente la branche de bifurcation antérieure ou craniale de la carotide interne : la communicante antérieure, qui unit l’une à l'autre les deux cérébrales antérieures, n'existe pas au début ; elle est de formation secondaire.

[i) La cérébrale moyenne, quel que soit son volume, n'en a pas moins la signification d’une collatérale de la cérébrale antérieure ; la description classitiue, (jui en fait une branche terminale de la carotide interne, n’est donc pas exacte.

Y) Le tronc basilaire, impair et médian, qui répond à la protubérance et qui se bifurque en haut pour rejoindre les deux communicantes postérieures, résulte do la fusion sur la ligne médiane des portions moyennes des deux brancbes caudales de la carotide interne; le sang y circule primitivement d'avant en arrière (de la carotide vers la moelle) et ce n’est que plus tard, quand les artères vertébrales, de formation secondaire, se sont jointes à lui, s’on sont emparé, qu'il y circule d'arrière en avant (de la protubérance vers le cerveau).

O) La communicante postérieure, chez l’adulte, représente la portion initiale de la branche caudale de la carotide interne : fortement dégénérée, fortement réduite, elle n’est plus maintenant qu’un simple trait d’union entre la carotide interne ((jui a perdu son terrain postérieur) et la vertébrale (qui s’en est emparé).

£) Par contre, la cérébrale postérieure, primitivement minuscule, simple collatérale de la branche caudale de la carotide interne, est maintenant une artère très volumineuse, faisant suite à la branche de bifurcation correspondante du tronc basilaire. Mais, quelque importante qu’elle soit, (luebjue alimentée (|u'elle soit maintenant par le système vertébral, elle n’en conserve pas moins sa signification anatomique de branche collatérale de la carotide interne. Nous voyons, d'autre part, comme le fait remarquer fort justement B. de Wkiese, que l’artère cérébrale postérieure prend naissance; non pas à l’extréuiité antérieure du tronc basilaire et par voie de bifurcation de celui-ci, mais au point où la communicante postérieure se continue avec la branche de bifurcation correspondante du tronc basilaire. En d’autres termes, l’espèce de crosse qui. dans le polygone de Willis, s’étend de l’extrémité antérieure du tronc basilaire à la communicante postérieure, doit être luttacbée, morphologi(iuetnent, non pas à l'artère cérébrale postérieure. mais à l'artère basilaire : elle représente (la com[)araison (les deux figures A et C nous le montre nettement), au même titre que la communicante postérieui-e et le tronc basilaire, une portion de la branche caudale de la carotide interne. Sur ce point encore, la description classique n’est pas en harmonie avec les renseignements de la morpbog(mèse et devrait être modifiée.

A . — Artères des c i n c o n v o l u t i o n s

Les artères des circonvolutions proviennent de la cérébrale antérieure, de la cérébrale moyenne et de la cérébrale postérieure. Nous étudierons, tout d’abord.

CERVEAU

leur mode de distribution sur le manteau cérébral. Nous délimiterons ensuite leurs territoires respectifs. Nous indiquerons, enfin, leur mode de ramification dans la pie-mère et leur mode de terminaison dans la pulpe cérébrale.

Mode de distribution superficielle des trois artères cérébrales. — Trois grosses artères, avons-nous dit plus haut, alimentent les réseaux vasculaires des circonvolutions : la cérébrale antérieure, la cérébrale moyenne et la cérébrale postérieure. Étudions-les séparément.

A. Artèrc cérébrale antérieure. — L’artère cérébrale antérieure se dirige vers la scissure interhémisphérique, jette quelques fins rameaux sur la partie du lobe

Fig. 808.

Artères de la face interne de l’héniisphère (côté gauclit:).

1, artère cérébrale antérieure. — 2, 2, rameaux destinés au lobe orbitaire, — 3, 3, artère frontale interne antérieure (double sur ce sujet). — 4, artère frontale moyenne. — 5, artère frontale externe postérieure. — 3’, 4’, 5, rameaux de ces trois dernières artères, passant sur la face externe de l’hémisphère. — 6, rameau se dirigeant vers le bourrelet du corps calleux. — a', a-, rameaux fournis à la pointe du lobe temporo-occipital par les branches descendantes de la sylvienne. — 6*, h-, branches antérieure, moyenne et postérieure de l’artère cérébrale postérieure.

orbitaire qui est comprise entre le gyrus rectus et le sillon cruciforme et se divise ensuite, au niveau du genou du corps calleux, en trois branches, que l’on distingue en antérieure, moyenne et postérieure :

a) La branche antérieure {artère frontale interne et antérieure de Duret), le plus souvent double ou même triple, se ramifie principalement dans, la portion antérieure de la circonvolution frontale interne.

f) La branche moyenne [artère frontale interne et moyenne de Duret) se dirige obliquement en haut et en arrière, abandonne quelques rameaux à la circonvolution du corps calleux et se ramifie ensuite sur la partie postérieure de la circonvolution frontale interne, non compris le lobule paracentral qui est le plus souvent irrigué par la branche suivante.

y) La branche postérieure {artère frontale interne et postérieure de Duret) chemine tout d’abord sur la circonvolution du corps calleux et abandonne à cette circonvolution, ainsi qu’au corps calleux lui-même, un certain nombre de rameaux le plus souvent très grêles : l’un de ces rameaux, plus long que les autres, longe le sinus du corps calleux, contourne le bourrelet et se termine alors, soit dans la glande pinéale, soit dans la toile choroïdienne. Après avoir fourni ces différents

IIG

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rameaux, la branche poste'rieure de la cérébrale antérieure croise obliquement la scissure calloso-marginale et vient s’épuiser dans le lobule paracentral et dans le riobule quadrilatère.

Les trois branches précitées de l’artère cérébrale antérieure ne se contentent pas d’irriguer la face interne de l’hémisphère cérébral. Leurs ramifications, arrivées au bord supérieur de l’hémisphère, contournent ce bord de dedans en dehors et descendent alors sur la face externe du cerveau, où elles se terminent dans les parties suivantes : sur la première circonvolution frontale tout entière, sur l’extrémité antérieure de la seconde, sur l’extrémité toute supérieure des deux circonvo-

Fig. 809.

La lace interne de l’Iiéniisplière gauche, avec indication de ses trois territoires artériels.

1, territoire de la cérébrale antérieure {en bleu). — 2, territoire de la sylvienne [en rouQc). — :i, territoire de la cérébrale postérieure {en jaune).

lutions frontale ascendante et pariétale ascendante et, entin, sur la partie du lobule pariétal supérieur qui borde la scissure interhémisphérique.

B. Artèue céuébr.vle moyenne ou sylvienne. — L’artère cérébrale moyenne ou sylvienne, oblique en haut et en dehors, se jette dans la vallée de Sylvius et ne tarde pas à atteindre le pôle de l’insula. L<à, elle s’infléchit en arrière (fig. 810, i), croise successivement le grand sillon de Tinsula et l’insula postérieur et arrive dans la rigole postérieure, qu’elle parcourt de bas en haut. Puis, elle contourne le pli de passage temporo-pariétal, en décrivant autour de lui une boucle qui m’a paru constante, et gagne l’extrémité postérieure de la scissure de Sylvius. Se redressant alors une dernière fois, elle s’échappe de cette scissure et se termine en formant Vartère du pli courbe. Dans ce long trajet, l’artère cérébrale moyenne abandonne de nombreuses branches collatérales, que nous diviserons, d’après leur direction, en ascendantes et descendantes :

a. Branches ascendantes. — Les branches collatérales ascendantes sont au nombre de quatre, savoir : 1° Vartère frontale inferieure, qui se détache de la sylvienne au niveau du pôle de l’insula et qui se distribue, par trois ou quatre

CERVEAU

rameaux, à la partie externe du lobe orbitaire, à la troisième circonvolution frontale ou circonvolution de Broca et à la partie moyenne de la deuxième circonvolution frontale ; 2° V artère frontale ascendante, qui se ramifie sur les deux tiers ou sur les trois quarts inférieurs de la circonvolution frontale ascendante, ainsi que sur le pied de la deuxième circonvolution frontale ; 3° V artère pariétale ascendante, qui se ramifie de même, sur les trois quarts inférieurs de la circonvolution pariétale ascendante ; 4° X artère pariétale inférieure, qui est souvent confondue avec la précédente et avec laquelle elle forme alors un tronc commun; oblique en haut et en arrière, elle se distribue au lobule pariétal inférieur et à la partie du lobule pariétal supérieur qui avoisine le sillon interpariétal. Avant de sortir de la scissure de Sylvius, les quatre branches collatérales ascendantes de l’artère cérébrale moyenne cheminent à la surface de l’insula et abandonnent à ce lohe un grand nombre de rameaux et de ramuscules, rameaux insulaires, à la fois très courts et très grêles.

b. Branches descendantes. — Les branches collatérales descendantes de la sylvienne sont au nombre de trois, quelquefois quatre.

Comme leur nom l’indique, elles descendent obliquement sur le lobe temporal et se ramifient sur la première circonvolution temporale, sur la deuxième et sur une partie de la troisième. Les rameaux les plus antérieurs gagnent la face inférieure de l’hémisphère et se terminent sur l’extrémité antérieure ou pointe du lobe temporo-occipital.

c. Branche terminale. — La branche terminale de la sylvienne n’est autre que X artère du pli courbe, dont il a été déjà question plus haut. Cette artère (fig. 811, 6), une fois sortie de la scissure de Sylvius, se porte d’avant en arrière et se distribue à la fois au pli courbe, à la partie la plus reculée du lobe temporal et à la partie antérieure du lobe occipital.

C. Artère cérébra.le postérieure. — L’artère cérébrale postérieure (fig. 813, 7), suivant à partir de son origine un trajet récurrent, contourne la face inférieure des pédoncules cérébraux, en suivant d’avant en arrière les parties latérales de la fente cérébrale de Bichat. En atteignant l’hémisphère, elle se partage en trois branches terminales, que l’on désigne, d’après leur direction, en antérieure, moyenne et postérieure :

a. Branche antérieure. — La branche antérieure (7’) se distribue à la partie

Fig. 810.

L’artère cérébrale moyenne et ses branches dans la scissure de Sylvius.

1, tronçon de la sylvienne. — 2, une artère destinée au lobe orbitaire. — 3, 4, artère frontale inférieure et artère frontale ascendante, naissant par un tronc commun 5, — 6, artère pariétale ascendante. — 7, artère pariétale inférieure. — 8, 8. 8, branches descendantes ou temporales. — 9, artère du pli courbe. — a, b, lobule antérieur et lobule postérieur de l’insula. — c, grand sillon de Tinsula. — d. rigole supérieure. — e, pli teroporo-pariétal. — f, f, opercule inférieur, fortement érigné en bas.

antérieure du lobe temporo-occipital, moins la pointe, qui est irriguée, comme nous venons de le voir, par la sylvienne.

Fig. 811.

Artères de la face externe de l’iiémisplière (côté gauclie).

i. artère destinée au lobe orbitaire. — '2, artère frontale inférieure. — 3, artère frontale ascendante. — 4, artère pariétale ascendante. — 5, artère pariétale inférieure. — G, artère du pli courbe. — 7, 7, 7, branches descendantes ou temporales de la sylvienne. — a', a-, a•^ artères fournies par les branches antérieure, moyenne et postérieure de ta cérébrale antérieure. — b\ b-, b^, artères tournies par la cérébrale postérieure.

b. Branche moyenne. — La branche moyenne (7”) se ramifie à la partie moyenne

Fig. 812.

Face externe de riiéinisphère gauche, avec indication de ses territoires vasculaires.

l. territoire de la cérébrale antérieure ien bleu). — 2, territoire de la sylvienne [en roufje). — -1, territoii'c de la cérébrale postérieure [en jaune).

de ce même lobe et jette en dehors, sur la face externe de 1 hémisphère, quelques

CERVEAU

rameaux ascendants, qui se perdent sur la dernière circonvolution temporale, la première et la seconde étant toujours irriguées, comme nous l’avons déjà dit, par l’artère sylvienne.

c. Branche postérieure. — La branche postérieure (7”’) est destinée au lobe occipital et se ramifie sur les trois faces de ce lobe : en dehors, sur la partie pos-

• Artères de la base de l’encéphale.

(Sur l’hémisphère droit, le lobe temporo-sphénoïdal a été en partie réséqué, pour mettre à nu le prolongement sphénoïdal du ventricule latéral et montrer l’artère choroidienne).

1, carotide interne, sectionnée à sa sortie du sinus caverneux. — 2, cérébrale antérieure. — 3, cérébrale moyenne ou sylvienne. — 4, artère choroïdienne. — 5, communicante antérieure. — 6, communicante postérieure. 7, cérébrale postérieure, avec : 7’ sa branche antérieure; 7”, sa branche moyenne; 7’”, sa branche postérieure. — 8, (roue basilaire.

— 9, artère cérébelleuse supérieure. — 10, artère cérébelleuse inférieure et antérieure. — 11, artères protubérantielles.

— 12, artère vertébrale. — 13, artère cérébelleuse inférieure et postérieure. — 14, artère spinale antérieure.

a, extrémité antérieure de la scissure interhémisphérique. — b, son extrémité postéi'ieure. — c, bulbe olfactif. — d, chiasma optique. — e, protubérance. — /■, bulbe rachidien. — g, cervelet, dont l’hémisphère gauche a été réséqué.

térieure des trois circonvolutions occipitales; en dedans, sur le cunéus ; en bas, sur la partie la plus reculée des deux circonvolutions temporo-occipitales.

2° Territoires vasculaires de l’écorce. — Gomme nous venons de le voir dans les descriptions qui précèdent, chacune des trois artères cérébrales se distribue à une portion déterminée de l’écorce : elle a, sur le manteau cérébral, son domaine particulier et, pour employer le terme aujourd’hui classique, son territoire. Chaque hémisphère nous présente donc trois territoires. Voyons qu’elles sont, pour chacun d’eux, sa situation et ses limites. Ces trois territoires sont nettement représentés, chacun par une teinte spéciale, dans les figures 809, 8L2, et 814.

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

, a. Territoire de la cérébrale antérieure . — Le territoire de la cérébrale antérieure {teinte bleue) occupe : 1° tout d’abord, la moitié interne du lobe orbitaire ; 2*^ toute la partie de la face interne de l’hémisphère qui est située en avant du cunéus ; 3° sur la face externe de l’hémisphère, la première circonvolution frontale, la partie antérieure de la seconde, l’extrémité supérieure des deux circonvolutions

La face inférieure du cerveau, avec indication de scs territoires vasculaires.

1, territoire de la cérébrale antérieure (en bleu). — 2, territoire de la sylvienne (en rouye). — 3, 3, territoire

de la cérébrale postérieure (en jaune).

frontale ascendante et pariétale ascendante et, enfin, la portion du lobule pariétal supérieur qui avoisine la scissure interhémisphérique.

h. Territoire de la cérébrale postérieure. — Le territoire de la cérébrale postérieure [teinte jaune) s’étend sur toute la surface du lobe temporo-occipital, moins la pointe. Il comprend en outre le cunéus, la partie postérieure des trois circonvolutions occipitales et la troisième temporale ou une portion seulement de cette dernière circonvolution.

c. Territoire de la cérébrale moyenne. — Le territoire de la cérébrale moyenne [teinte rouge), enfin, occupe tout le reste de l’hémisphère, c’est-à-dire la plus grande partie de la deuxième frontale, la troisième frontale tout entière (y compris la moitié externe du lobe orbitaire;, les deux tiers ou les trois quarts inférieurs des deux circonvolutions frontale ascendante et pariétale ascendante, la partie

CERVEAU

du lobule pariétal supérieur qui avoisine le sillon interpariétal, le lobule pariétal inférieur tout entier, le pli courbe, la partie antérieure des circonvolutions occipitales, les deux premières temporales, la pointe du lobe temporo-occipital et, enfin, les circonvolutions de l’insula et la région rétro-insulaire. Des trois territoires précités, ce dernier est de beaucoup le plus étendu. C’est aussi le plus important, en ce qu’il englobe dans ses limites la plus grande partie de cette région du manteau et de l’hémisphère, où la pathologie humaine a pu établir et localiser un certain nombre de centres d’innervation motrice, sensitive ou sensorielle.

Examinons maintenant la manière dont se comportent les ramifications des trois artères cérébrales à la surface du cerveau et dans l’épaisseur des circonvolutions.

3° Mode de ramification des artères cérébrales dans la pie-mère . — Ainsi que nous venons de le voir, les trois artères cérébrale antérieure, cérébrale moyenne et cérébrale postérieure se décomposentchacune en uncertain nombre '

de branches. Ces branches, à leur tour, se subdivisent en plusieurs rameaux et ramuscules, lesquels se terminent en un certain nombre d’arborisations. Ces arborisations terminales qui partent, non seulement des rameaux et des ramüscules, mais encore des branches et des troncs, s’observent surtout à la surface libre des circonvolutions.

Les artérioles, qui les constituent, présentent les trajets les plus divers (fig. 816) : rarement rectilignes, le plus souvent flexueuses ou même onduleuses, elles marchent à la rencontre les unes des autres, arrivent au contact, se croisent sous des angles toujours variables et semblent s’anastomoser ensemble pour constituer un vaste réseau. Ces anastomoses existent- elles en réalité, suffisamment nombreuses et suffisamment larges pour justifier ce mot de réseau appliqué à la circulation artérielle de la pie-mère cérébrale ? Les anatomistes ne sont pas d’accord à ce sujet et nous nous trouvons ici en présence de deux opinions absolument contradictoires.

Fig. 815.

Schéma représentant le mode de distribution des artères cérébrales, d’après Duret.

A, artère principale. — B, arborisation primaire. — C, C, arborisations secondaires. — 1, 1, 1, artères médullaires. — 2, 2, artères corticales. — 3, ramifications des artères corticales dans la pulpe cérébrale.

Pour Duret, les anastomoses entre artères voisines sont extrêmement rares : rares déjà pour les branches, elles deviennent plus rares pour les rameaux, plus rares encore ou même absentes pour les arborisations. Ces artères appartiendraient donc au type terminal, dans l’acception donnée à ce terme par Conheim, c’est-à-dire qu’elles se résoudraient en capillaires sans s’unir aux artères voisines. 11 résulterait, on le conçoit, d’une pareille disposition, que chacun des grands territoires vasculaires, que nous avons décrits plus haut, se diviserait en territoires secondaires, ceux-ci en territoires tertiaires, etc., territoires qui seraient d’autant plus indépendants qu’ils appartiennent à un vaisseau plus petit. 11 en résulterait

928 SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

aussi, au point de vue pathologique, que lorsqu’un de ces vaisseaux à territoire distinct vient h être oblitéré, une circulation suppléante aurait peu de chance de s’établir, d'où, comme conséquence, ischémie et ramollissement du territoire en

question.

Contrairement à ces conclusions, IIeubneh rattache le mode de distribution des artères dans la pie-mère au type anastomotique et décrit, dans l’épaisseur de cette membrane,, un double réseau : 1° un réseau superficiel, à la constitution duquel concourent tous les gros troncs qui s’échappent du polygone de Willis ; "2'" un réseau profond, formé par les branches issues du réseau superficiel ; « ces branches, dit- il, se résolvent dans la pie-mère en un fin réseau; toutes les artères principales fournissent à ce réseau, qui peut être alimenté par chacune de ces artères, naturellement par les branches éloignées avec plus de difficulté et tle lenteur que parles branches voisines. »

Si je m’en rapporte à mes propres recherches, les deux opinions contradictoires émises par DcuEr et par IIeuhner me pai'aissent également exagérées. Je n’ai jamais rencontré dans l’épaisseur de la pie-mère, soit chez l’adulte, soit chez le fœtus, un réseau aussi fin et aussi riche que celui que l’on trouve dans la description d’IlEUBNER. D’autre part, je ne ]>uis accorder le caj’actère de vaisseau terminal, ni aux troncs volumineux qui émanent du polygone de Willis, ni aux ramifications de ces troncs dans la pie-mère cérébrale. Les gros troncs, tout d’abord, s’anastomosent tous les uns avec les autres aux confins de leur territoire : j’ai toujours vu, sur un cerveau dont j’avais préalablement lié les trois communicantes, une injection au suif, poussée dans l’une des sylviennes, remplir successivement les trois territoires de l’hémisphère correspondant et les trois territoires de l’hémisphère opposé. Les régions de l’écorce où ces anastomoses m’ont paru être le plus nombreuses sont les suivantes : L la face externe des deuxième et troisième circonvolutions temporales, où plusieurs rameaux ascendants de la cérébrale postérieure (tîg. 817) s’anastomosent à plein canal avec des rameaux descendants de la sylvienne ; 2° la partie interne du lobe orbitaire, oii deux ou trois rameaux à dii-ection transversale ou oblique se terminent, d’une part dans la cérébrale antérieure, d’autre part dans les branches orbitaires de la sylvienne ; 3° la partie postérieure du lobe quadrilatère, oii Ton voit plusieurs rameaux de la cérébrale postéiâeure émerger de la scissure perpendiculaire interne et s’anastomoser à plein canal avec les ramifications les plus reculées de la céi-ébrale antérieure.

En ce qui concerne les branches et les rameaux, les anastomoses sont encore ici fort nombreuses et certainement suffisantes pour ramener le sang ou une injection fine dans un territoire quelconque, dont l’artère principale a été oblitérée. Est-ce à dire que la suppression brusque d’une artère, soit par embolie, soit par

Fig. 816.

Mode de ramescence des artères corticales dans la pie-mère U'égion du ])li courbe).

1, aiicre du pli courbe, avec 1", 1”, ses deux branches de l)ifurcaliou. — 2, extrémité postérieu'c de la scissure de Sylvius. — 3, scissure parallèle 4, pli courbe. — o, lobule pariétal inférieur.

CERVEAU

thrombose, sera toujours inoffensive et passera comme inaperçue? Non : les faits anatomo-cliniques sont là pour nous dire le contraire. Mais, de ce qu’une embolie ou une thrombose détermine dans certains cas des désordres fonctionnels ou même des lésions anatomopathologiques . il faudrait bien se garder de conclure à l'absence des anastomoses précitées, anastomoses que l'on voit et dont V existence , par conséquent , est positive et indéniahle. Les désordres en question trouvent souvent leur explication dans une altération déjà ancienne des artères piemériennes ou même de la pulpe cérébrale sous-jacente; elles peuvent s’expliquer aussi par la petitesse des anastomoses ellesmêmes, ne permettant au sang d’arriver au territoire brusquement frappé qu’avec beaucoup de lenteur et en quantité insuffisante, lenteur et insuffisance dont s’accommode mal un tissu à la fois aussi actif et aussi délicat que l’écorce cérébrale.

4*^ Terminaisons des artères pie-mériennes dans la pulpe cérébrale. — Lorsqu’on soulève la pie-mère avec précaution, on voit s’échapper de sa face profonde comme une pluie de fines artérioles, qui tombent perpendiculairement sur la pulpe cérébrale sous-jacente et la pénètrent, pour s’y terminer et la nourrir. Ces artères, dites nourricières de la pulpe cérébrale, se divisent en deux groupes, les artères longues et les artères courtes :

a. Artères longues ou médullaires . — Les artères longues ou médullaires traversent la substance grise de l’écorce et arrivent dans la substance blanche sousjacente, où elles se terminent en affectant une disposition pénicillée. On en compte 10 à 15 sur la coupe d’une circonvolution de moyen volume ; 3 ou 4 seulement sur la face libre de la circonvolution ; 5 ou 6 sur chacune de ses faces latérales ou même dans le fond des scissures correspondantes. Toutes ces artères (fig. 818) se dirigent en droite ligne vers le centre de l’hémisphère et, comme elles ne communiquent les unes avec les autres que par de fins capillaires, chacune d’elles constitue un petit système indépendant.

Les artères médullaires descendent dans le centre ovale à une profondeur de 4 ou 5 centimètres ; elles se rapprochent ainsi beaucoup des noyaux centraux, mais n’entrent jamais en relation avec leurs artères. Nous ne saurions trop le répéter, le réseau artériel de l’écorce et celui des noyaux centraux sont complètement indépendants l’un de l’autre. Charcot fait observer avec raison qu’il existe sur les confins des deux systèmes, en plein centre ovale, une espèce de terrain neutre où les échanges nutritifs s’effectuent d’une façon moins énergique et où se développent de préférence certains ramollissements lacunaires séniles.

b. Artères courtes ou corticales. — Elles s’arrêtent (fig. 818, 5) dans la substance grise des circonvolutions et s’y résolvent rapidement en mailles capillaires.

Anastomoses de l’artère sylvienne avec la cérébrale postérieure sur la face libre de la troisième temporale (côté droit).

Ti,Tii, Tni, première, deuxième et troisième circonvolutions temporales. — 1, 2, 3, branches descendantes de l'artère sylvienne. — 4, 5, l)ranches de la cérébrale postérieure.

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

c. Réseaux capillaires des circonvolulions. — Les réseaux capillaires se présentent sous quatre aspects différents, correspondant chacun h une zone distincte.

Nous empruntons à Duret la description de ces différents réseaux :

a) Tout h fait à la superficie de la couche grise, il existe un réseau capil laire à mailles quadrangulaires, très larges et parallèles à sa surface. Ce réseau ne se voit bien que sur des coupes horizontales : il forme de très fines anastomoses entre les diverses artères qui pénètrent dans les circonvolutions. Il n’occupe guère qu’un demi -millimètre de la couche grise.

P) Les deux millimètres suhjacents de la substance corticale sont remplis par des mailles capillaires polygonales assez fines. Ce réseau est surtout formé par les artères corticales, qui se répandent dans toute son étendue par leurs ramuscules collatéraux et plus encore par leurs ramuscules terminaux. Les artères corticales sont innombrables et, toutes les deux ou trois mailles capillaires, on rencontre un de leurs ramuscules.

y) Le dernier millimètre environ de la couche grise est occupé par un réseau capillaire de transition ; ses mailles sont plus larges que celles de la couche supérieure ; mais elles sont beaucoup moins allongées (pie celles de la substance blanche, dans laquelle il se pi’olonge un peu, Jusqu’à ce qu’il s^y confonde entièrement.

6) Le réseau capillaire de la substance blanche est constitué par des mailles à parois plus Unes, mais plus allongées (pie celles des réseaux de la couebe grise proprement dite. Leur largeur est trois ou quatre fois celle du diamètre des mailles de la couche giûse. Ce réseau est disposé dans le sens des principaux faisceaux de libres nerveuses, que ces mailles semblent entourer.

U. — Artères des noyaux centraux ou artères uanm^lionnai res

Les artères des noyaux centraux, comme celles destinées aux circonvolutions, proviennent des trois artères cérébrale antérieure , cérébrale moyenne et cérébrale postérieure. Nous décrirons tout d’abord leurs caractères généraux. Nous indiquerons ensuite la part que prend chacune des artères cérébrales précitées à l’irrigation des noyaux opto-striés.

1® Caractères généraux des artères nucléaires. — Les artères nourricières de la couche optique, du noyau lenticulaire et du noyau caudé (artères ganglionnaires ou nucléaires), proviennent toutes des trois troncs précités et s’en détachent dans

Artères des circonvolutions (d’après Dl’het).

1, 1 , artères mûitullaircs. — 1’, I '. îrrou|)e d’arlcres médullaires, situé entre deux circouvolulious voisines. — 2, 2, artères corticales ou de la substance grise. — A, réseau capillaire à mailles ])olygonales plus serrées, silué dans la substance grise. — C, réseau de transition a mailles j)lus larges. — D, réseau capillaire de la substance t)lanclie.

CERVEAU

le polygone de Willis, tout près de l’origine de ces troncs par conséquent (fig. 819).

Envisagées au point de vue de leur mode d’origine, les artères nucléaires naissent isolément, quoique sur des points très rapprochés les unes des autres, et s’engagent ensuite , pour atteindre les noyaux centraux, dans les trous de l’espace perforé antérieur et de l’espace perforé postérieur.

Elles forment ainsi, au niveau de ces deux espaces perforés, des bouquets d’artérioles isolées et parallèles, qui rappellent , suivant la comparaison pittoresque d’HEUBNER, ces groupes de jeunes rejetons que l’on voit, dans les forêts, pousser à la base des arbres. La figure 820, où les artères nucléaires sont encore beaucoup moins nombreuses que sur la préparation ellemême, nous donne une idée assez exacte de cette disposition.

De leur origine aux trous des espaces perforés , où elles disparaissent, les artères nucléaires ne s’anastomosent jamais entre elles. Elles sont entièrement indépendantes et, cette indépendance, elles la conservent jusqu’à leur terminaison, tous les anatomistes s’accordent sur ce point. On peut les injecter séparément, sans jamais pousser l’injection dans les artères voisines : ce sont des artères terminales par excellence.

2^ Part qui revient à chacune des trois artères dans l’irrigation des noyaux centraux. — Nous examinerons successivement les diverses branches que fournissent à l’écorce cérébrale chacune des trois artères, cérébrale antérieure, cérébrale, moyenne et cérébrale postérieure :

A. Branches fournies aux noyaux centraux par la cérébrale antérieure. — La cérébrale antérieure émet, tout près de son origine, plusieurs ramuscules, qui traversent de bas en haut l’espace perforé antérieur et viennent se perdre dans la tête du noyau caudé. Ces artères, dites striées antérieures, m’ont paru constantes; mais elles sont très variables dans leur volume et surtout dans leur nombre.

B. Branches fournies aux noyaux centraux par la cérébrale moyenne . — La cérébrale moyenne ou syl vienne abandonne de même, presque immédiatement après son origine, un gros bouquet d’artérioles (fig. 820), destinées principalement aux deux noyaux du corps strié. Ces artérioles s’engagent, comme les précédentes, dans les trous de l’espace perforé antérieur et se partagent alors en deux

1, tronc basilaire. — 2, cérébrale postérieure. — 3, carotide interne. — 4, cérébrale moyenne. — 5, cérébrale antérieure. — 6, communicante antérieure. — 7, communicante postérieure. — a, branches ganglionnaires fournies par la cérébrale antérieure. — b, branches ganglionnaires fournies par la cérébrale moyenne. — c, branches ganglionnaires fournips par la cérébrale postérieure {optiques inférieures). — c’, autres branches ganglionnaires de la cérébrale postérieure {optiques postérieures).

SYSTEME NERVEUX CENTRAI

groupes : les artères striées internes et les artères striées externes (iïg. 821,4 et 5) :

a. Artères striées internes. — Les artères striées internes (4) se rendent tout d’abord aux deux segments internes du noyau lenticulaire (globuspallidus), qu’elles abordent par la base et qu’elles traversent de bas en haut en leur abandonnant, chemin faisant, un certain nombre de ramuscules.

Elles arrivent ainsi à la capsule interne. Poursuivant alors leur trajet, elles traversent cette capsule interne en suivant une direction oblique en haut et en dedans et, finalement viennent se terminer les unes dans le noyau caudé (ce sont les artères lenticulostrièes) , les autres à la partie externe de la couche optique (ce sont les artères lenticulooptiques).

b. Artères striées externes. — Les artères striées externes (5), situées en dehors des précédentes,

se portent vers le segment extenie du noyau lenticulaire (putamen). Elles gagnent

ensuite la capsule interne, les unes en traversant ce segment, les autres en le contournant par sa face externe, et elles se subdivisent alors en deux groupes secondaires, l’un antérieur, l’autre postérieur (lig. 822; : 1° les artères du groupe antérieur, artères lenticulo-striées , traversent le segment antérieur de la capsule interne pour venir se terminer, comme les artères striées internes, dans le noyau caudé ; 2° les artères du groupe postérieur, artères Leuliculo-o/diques, répondent au segment postérieur de la capsule interne et se terminent à la partie externe et antérieure de la couche optic que. Pai'ini les artèi-es du groupe anté-

Eig. 820.

L’artère cérébrale antérieure et l'artère sylvienne, vues à la base du cerveau (injection au suif).

a, nerf optique, érign6 en arrière. - h, lobe orl)ilairc. — c, picrnere du lobe leiuporo-occipilal. ériguée eu arrière. — 1, carotide interne. — 2. cérébrale antérieure, avec 2’, couimuuicaute antérieure. — 3, cérébrale moyenne ou sylvienne. — 4. 4, bouquet d’artérioles fournies par celte dernière aux circonvolutions voisines et aux noyaux opto-slrié.s : ces dernières traversent les trous de l'espace j)crforé antérieur. — 5, veine basilaire, avec (i, son afilueut ventriculaire.

Fig. 821.

Coupe frontale de riiémisphère gauche, passant immédiatement en arrière du ebiasma. pour montrer les branches centrales ou ganglionnaires de l’artère sylvienne.

a, scissure de Sylvius. — b, noyau lenticulaire. — c, noyau caudé. — d, couche optique. — e, ventricule latéral. — /■, ventricule moyen. — g, ebiasma.

1, carotide interne. — 2, cérébrale antérieure. — 3, sylvienne. — 4, artères striées internes. — 5, artères striées externes, avec .V, artère de riiéinorrhagie cérébrale.

A, territoire de la cérébrale antérieure. — li, territoire de la sylvienne. — C, territoire de la cérébrale postérieure.

CERVEAU

rieur, il en existe ordinairement une, plus volumineuse que les autres, que l'on voit contourner le segment externe du noyau lenticulaire (fig. 821, 5’), puis pénétrer dans ce segment, traverser la partie antérieure de la capsule et finalement aboutir au noyau caudé. C’est à cette branche que Charcot a donné le nom à'arlère de l' hémorragie cérébrale : l’observation clinique a, en effet, démontré que c’est sur le trajet de ce vaisseau que se produisent, avec une sorte de prédilection, les épanchements sanguins de la région.

Cérébrale antérieure

C. Branches fournies aux noyaux centraux par la cérébrale postérieure. — La cérébrale postérieure ne fournit aucune branche au corps strié. Par contre, elle envoie à la couche optique de nombreuses artères (fig. 823), que nous distinguerons, avec Duret, en optiques inférieures, optique postérieure et interne, optique postérieure et externe :

a. Artères optiques inférieures. — Les artères optiques inférieures, en nombre variable, naissent de la cérébrale postérieure au niveau du bord antérieur de la protubérance. Elles pénètrent ensuite de bas en haut dans les trous de l’espace perforé postérieur, arrivent ainsi au-dessous de la couche optique et, finalement, viennent se distribuer à la face interne de cet organe ainsi qu’aux parois latérales du ventricule moyen.

b. Artère optique postérieure et interne. — L’artère optique postérieure et interne naît de la cérébrale postérieure, un peu en dehors du groupe précédent. Elle pénètre dans la substance cérébrale au niveau du bord interne du pédoncule et se distribue à la partie postérointerne de la couche optique. Chemin faisant, elle abandonne cons-

tamment quelques ramuscules au pédoncule cérébral.

c. Artère optique postérieure et externe. — L’artère optique postérieure et externe se détache de la cérébrale postérieure vers la partie moyenne de la courbe que décrit ce tronc artériel autour du pédoncule.

Elle s’insinue immédiatement dans la fente cérébrale de Bichat et aborde la couche optique entre le corps genouillé interne et le corps genouillé externe. Elle se distribue, comme son nom l’indique, à la partie postéro-externe de cet organe :

CérébraLé joosté^

Fig. 822.

Les artères des noyaux centraux, examinées sur une coupe de Flechsig (schématique).

a, a, noyau caudé; b, noyau lenticulaire; c, couche optique. 1, 1, artères striées antérieures. — 2, artères lenticulo-striées. — 3, artères leuticulo-optiques. — 4, artère optique inférieure ou interne. — 5, artère optique postéro-interne, — 6, artère optique postéro-externe.

3° Résumé. — En résumé (fig. 822).

a) Le noyau caudé reçoit deux groupes d’artères, savoir : 1° les artères striées antérieures, provenant de la cérébrale antérieure et se distribuant à sa partie antérieure ou tête; 2° des branches des artères striées internes et striées externes, qui émanent de la sylvienne et qui abordent sa face inférieure, après avoir traversé

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

successivement le noyau lenticulaire et la capsule interne ; l’artère de l’hémorragie cérébrale (Ghaucot) est la plus importante de ce groupe.

Le noyau lenticulaire reçoit de la sylvienne : 1° les artères striées externes pour son segment externe (putamen) ; 2° les artères striées internes pour ses deux segments moyen et interne (globus pallidus).

y) La couche optique, à son tour, reçoit trois groupes d’artères : i° les artères optiques externes ou lenticulo-optiques, destinées à sa partie antérieure et externe; 2° les artères optiques inférieures, se distribuant à sa face interne; 3° les artères optiques postérieures, au nombre de deux, l’une postéro-interne, l’autre postéroexterne, destinées, comme l’indique suffisamment leur nom, à sa partie postérieure, üe ces trois groupes artériels, le premier est fourni par la cérébrale moyenne ou sylvienne; les deux derniers proviennent de la cérébrale postérieure.

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