MEMBRANES SÉREUSES DU CŒMJR
Ces membranes sont au nombre de deux : l’une, appelée le péricarde, revêt la surface extérieure du cœur ; l’autre, désignée sous le nom df endocarde, tapisse la surface intérieure de ses quatre cavités.
ARriGLi: premiek
PÉRICARDE
Le péricarde (de r.z^A, autour^ et y.apo'a, cœur) est un sac fibro-séreux, enveloppant le cœur et l’origine des gros vaisseaux qui en partent. Il se compose de deux parties bien distinctes, quoique intimement unies : une partie externe, de nature
fibreuse, formant ce qu’on appelle le péricarde fibreux ou sac fibreux du péricarde; 2° une partie interne, véritable membrane séreuse, que nous désignerons sous le nom de péricarde séreux ou péricarde proprement dit. De ces deux enveloppes, l’une fibreuse, l’autre séreuse, la première, très forte et très résistante, constitue pour le cœur un appareil de protection; la seconde, très mince, mais partout nettement différenciée, est destinée, comme toutes les séreuses, à favoriser ses mouvements.
§ I. — Péricarde fibreux ou sac fibreux du péricarde
Le sac fibreux du péricarde mesure environ de 12 à 14 centimètres de hauteur. Sa largeur, qui atteint 13 ou 14 millimètres au niveau du quatrième espace inter-
PERICARDE
costal (où elle est maxima), n’est plus, au niveau du deuxième espace, que de 7 ou 8 centimètres. Son épaisseur, représentée par son diamètre antéro-postérieur, varie, comme sa largeur, suivant les points que l’on considère : elle est de 9 ou 10 centimètres au niveau de la base, de 6 ou 7 centimètres au niveau du sommet.
Vu en place, après ablation du plastron sterno-costal, le péricarde nous apparaît sous l’aspect d’un cône creux, dont la base serait dirigée en bas et qui serait aplati dans le sens antéro-postérieur. Il nous offre donc à considérer : 1° une hase) 2° un sommet; 3® deux faces, l’une antérieure, l’autre postérieure; 4® deux bords latéraux, l’un droit, l’autre gauche.
Nous allons étudier successivement chacune de ces régions, que nous examinerons à la fois au point de vue de sa configuration extérieure et de ses rapports.
1° Base. — La base repose sur la convexité du diaphragme, à laquelle elle adhère dans une étendue qui varie de 9 à 11 centimètres dans le sens transversal, de O ou 6 centimètres dans le sens antéro-postérieur.
Ces relations intimes du péricarde avec le diaphragme n’existent pas chez les animaux, où le cœur, comme on le sait, repose sur le sternum et les côtes sternales.
Elles sont pour ainsi dire spéciales à l’homme et doivent être considérées comme la conséquence du passage de la station quadrupède à la station verticale.
La zone d’adhérence du péricarde au diaphragme, zone d'adhérence phrénopéricardique, répond à la foliole moyenne du centre phrénique, qu’elle déborde, à gauche, de 25 à 30 millimètres, quelquefois plus.
Elle revêt, dans son ensemble (fig. 83, 7), la forme d’un ovale irrégulier, dont la grosse extrémité est située à droite et dont le s'rand
Fig. 72.
Cœur dans le péricarde, vue antérieure.
1, le péricarde sectionné à sa partie antérieure et érigné pour montrer : 2, la face antérieure du cœur recouverte par le feuillet viscéral de la séreuse. — 3, cul-de-sac supérieur du péricarde. — 4, attaches du sac fibreux du péricarde sur le diaphragme 5 (ligament phréno-péricardique antéx’ieur).
6, veine cave supérieure. — 7, artère pulmonaire, avec 7’, ses branches. — 8, aorte. — 9, oreillette droite. — 10, auricule gauche.
axe se dirige obliquement d’arrière en avant et de droite a gauche. On peut encore, pour faciliter la description, la comparer à un triangle curviligne, dont les trois côtés seraient antérieur, droit et gauche : le bord antérieur, dirigé transversalement, passe généralement à la limite antérieure de la foliole moyenne ; le bord gauche, fortement oblique d’arrière en avant et de droite à gauche, passe un peu en avant (10 millimètres en moyenne) de l’échancrure postérieure du centre phrénique; le bord droit, enfin, beaucoup plus court que le bord gauche, légèrement oblique en
ANGÉIOLOGIE
arrière et en dedans, répond assez exactement à la ligne d’union de la foliole moyenne avec la foliole droite. Le bord droit et le bord gauche se rencontrent réciproquement un peu à droite de la ligne médiane, sur le côté interne de l’orifice quadrilatère qui livre passage à la veine cave inférieure.
Nous avons vu plus haut que, au niveau de la zone triangulaire que nous venons de décrire, le péricarde adhérait au diaphragme. Il convient d’ajouter que cette adhérence n’est pas uniforme, mais varie beaucoup suivant les points que l’on considère. Tout à fait en arrière, les deux formations fibreuses sont simplement reliées l’un à l’autre par une couche de tissu conjonctif lâche, qui se laisse facilement injecter et déchirer. Cette couche conjonctive devient de plus en plus dense au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la partie postérieure de la zone phréno-péricardique. Au niveau du bord antérieur et dans la moitié antérieure du bord droit, elle a totalement disparu et, à ce niveau, il y a fusion intime des éléments fibreux du centre phrénique avec ceux du péricarde : cette ligne de fusion entre les deux formations fibreuses est nettement marquée sur la figure 8:2, par un gros trait noir.
2° Sommet. — Le sommet du sac fibreux du péricarde est dirigé en haut, du côté de la fourchette sternale. Tronqué et ouvert, il embrasse les gros vaisseaux, artères et veines, qui s’échappent du cœur et se confond insensiblement avec la tunique externe de ces vaisseaux.
La ligne d’union du sommet du péricarde avec les vaisseaux cardiaques est fort irrégulière; elle présente, du reste, des variations individuelles considérables. — En avant, le péricarde, se termine ordinairement : sur l’artère pulmonaire, au niveau ou un peu au-dessus de sa bifurcation ; sur l’aorte, au niveau ou un peu au-dessus de l’émergence du tronc hrachio-céphalique. — En arrière, il remonte jusqu’au niveau de la branche droite de l’artère pulmonaire. Là, la membrane fibreuse se divise en deux feuillets (fig. 74) : un feuillet profond, qui s’engage au-dessous de l’artère pulmonaire droite et se confond avec la paroi de ce vaisseau ; un feuillet superficiel, qui se jette sur la face postérieure de cette même artère pulmonaire droite et remonte ainsi jusqu’à la crosse de l’aorte où il se termine. — Sur les côtés, enfin, le péricarde se confond, à des hauteurs diverses, avec les parois des veines pulmonaires et des deux veines caves.
J’ai mesuré sur 6 sujets, 3 hommes et 3 femmes, l’intervalle compris entre l’origine des vaisseaux et leur fusion avec le péricarde. Je résume les résultats de ces mensurations dans le tableau suivant, où chaque chiffre représente, pour le vaisseau en regard duquel il est placé, la portion de ce vaisseau qui se trouve contenue dans le sac péricardique.
Obs. I.
Obs. II.
Obs. III.
Obs. IV.
Obs. V.
Obs. VI.
ÿ 56 ans
^ 29 ans
ÿ 68 ans
^ 62 ans
Ç 38 ans
Ç 7 ans