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ARTICLE I DURE-MÈRE

La dure-mère, appelée encore quelquefois méninge dure ou membrane durale {pachy méninge , gTivtyç Toax.£ta des anciens anatomistes), est la plus super-

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

ficielle des trois méninges; c’est aussi la plus épaisse et la plus résistante. Elle s’étend sans interruption depuis la voûte du crâne jusqu’à la partie moyenne du canal sacré. Nous la diviserons, cependant, pour en faciliter l’étude, en deux portions :

i° portion inférieure ow rachidienne ;

2" Une portion supérieure ou crânienne.

§ 1. — Dure-mère rachidienne

La dure-mère rachidienne se présente sous la forme d’un cylindre creux, contenu dans le canal vertébral et renfermant à son centre la moelle épinière et le bulbe. Elle s’étend, en hauteur, depuis le trou occipital jusqu’à la deuxième ou troisième vertèbre sacrée. Sa capacité (fig. 940, 9), moins grande que celle du canal vertébral, est, d’autre part, beaucoup plus considérable qu’il nè le faudrait pour contenir la moelle épinière. Il en résulte : 1° que la moelle flotte librement dans le canal fibreux de la dure-mère ; 2*^ que ce canal fibreux n’occupe qu’une portion du canal vertébral. En d’autres termes, la moelle est séparée de son enveloppe fibreuse par un espace circulaire; la dure-mère, à son tour, se trouve séparée des parois osseuses par un espace analogue. Le premier de ces espaces est occupé, comme nous l’avons dit plus haut, par le liquide céphalo-rachidien : le second, appelé quelquefois espace épidural, est comblé par les plexus veineux du rachis et par une graisse demi -fluide, fortement infiltrée de sérosité chez le fœtus

et chez l’enfant. On considère à la dure-mère rachidienne : deux surfaces, l’une externe, l’autre interne; deux extrémités, l’une supérieure, l’autre inférieure.

D Surface externe. — Par sa

surface externe ou extérieure (fig.

940, 9;, la dure-mère rachidienne répond aux vaisseaux veineux et à cette graisse molle et presque diflluente dont nous avons parlé plus haut.

a) En arrière, elle ne présente pour ainsi dire aucune connexion, soit avec les lames vertébrales, soit' avec les ligaments jaunes.

En avant, au contraire, elle est reliée au ligament vertébral commun postérieur par un système de prolongements fibreux, que l’on rencontre de préférence à la région cervicale et à la région lombo-sacrée (voy. plus bas). Ces prolongements sont beaucoup plus rares et aussi beaucoup plus faibles à la région dorsale.

y) Sur les côtés, la dure-mère fournit aux nerfs racbidiens des prolongements en forme de gaines {gaines durâtes), qui les enveloppent de toutes parts (fig. 925, b ) et

Eig. 925.

Coupe horizontale passant par le trou de conjugaison pour montrer la gaine durale des racines rachidiennes {schématique).

1, moelle épinière. — 2, racines antérieures. — 3, racines postérieures. — 4, nerf racliitlien. — o. pie-mère. — 6, ligament dentelé. — 7, araclinoïde. — 8, dure-mère, avec : 8’, gaine durale des racines et du nerf racliidicns ; S”, cloison conjonctive, séparant les deux gaines radiculaires. — 9, espace sousarachnoïdien. — 10, trou de conjugaison. — il, périoste. — 12, tractus conjonctifs allant de la gaine durale au périoste.

MENINGES

lOol

les accompagnent jusqu’à leur sortie du trou de conjugaison. Chaque nerf rachidien, comme nous l’avons vu, possède deux racines, une racine antérieure ou motrice, et une racine postérieure ou sensitive, cette dernière munie d’un ganglion. Ordinairement chacune de ces racines traverse la dure-mère par un orifice spécial et reçoit d’elle une gaine fibreuse propre. Il existe donc, dans ce cas, pour chaque paire de racines, deux gaines durales, qui, pour être accolées, n’en sont pas moins indépendantes. Ces gaines se prolongent jusqu’au niveau du point où s’effectue la réunion de la racine motrice et de la racine sensitive et, là, elles se confondent peu à peu avec l’enveloppe conjonctive du nerf ou névrilème. Nous ajouterons que, au cours de leur trajet, les gaines durales des racines rachidiennes jettent des tractus conjonctifs, plus ou moins nombreux et plus ou moins résistants, sur le périoste qui tapisse le trou de conjugaison (fig. 925, 12).

2° Surface interne. — La surface interne ou intérieure, lisse et polie, répond au feuillet pariétal de l’arachnoïde, qui lui adhère d’une façon intime. Sur cette surface encore, nous rencontrons un système de prolongements conjonctifs qui, ici, relient la dure-mère à la pie-mère : en avant et en arrière, ce sont de simples filaments, de 3 à 4 millimètres de longueur, à direction antéro-postérieure; sur les côtés, c’est une véritable membrane, le ligament dentelé, qui occupe toute la hauteur de la moelle et que nous décrirons plus loin (p. 1068) à propos de la piemère. Tous ces prolongements, on le conçoit, ont pour résultat immédiat de fixer la moelle au centre du canal fibreux que lui forme la dure-mère. Ils sont revêtus, à leur passage dans la cavité arachnoïdienne, d'une couche endothéliale dépendant de l’arachnoïde.

Latéralement, à droite et à gauche, la surface interne de la dure-mère nous présente les orifices, ci-dessus mentionnés, dans lesquels s’engagent les racines antérieures et les racines postérieures des nerfs rachidiens. La disposition de ces orifices est très variable : tantôt il n’existe qu’un seul orifice pour les deux racines correspondantes; tantôt, comme nous le montre la figure 926, il en existe deux, l’un antérieur pour la racine antérieure, l’autre postérieur pour la racine postérieure. Dans ce dernier cas, les orifices sont séparés l’un de l’autre par une languette fibreuse à direction verticale et plus ou moins développée : large dans certains cas de 1 ou 2 millimètres, elle est, dans d’autres, excessivement étroite et affecte alors la forme d’un bord tranchant.

D’ordinaire, les vaisseaux sanguins qui vont à la moelle ou qui en viennent passent par les mêmes orifices que les racines nerveuses. On en voit quelques-uns, cependant (j’en ai fait représenter un dans la figure 941,7), qui traversent la dure-mère par des orifices spéciaux, placés plus ou moins loin de ceux qui livrent passage aux faisceaux nerveux radiculaires.

Fîr. 926.

;he du sa( par sa face interne, pour montrer les orifices de sortie des racines rachidiennes {région thoracique).

1, dure-mère. — 2, vertèbres dorsales, vues en coupe sagittale. — 3, apophyse transverse. — 4, 4’, racines antérieures et racines postérieures, s’engageant dans leurs orifices de sortie. — 5, 5, cloisons verticales, séparant l’orifice antérieur de l’orifice postérieur.

3*' Extrémité supérieure. — A son e’strémité supérieure, la dure-mère rachidienne se fixe solidement sur la face postérieure du corps de l’axis et sur le pourtour du trou occipital, au niveau duquel elle se continue avec la dure-mère cra-

sysïi:mi^: nruveux central

nienne. Un peu au-dessous du trou occipital, elle présente deux, orifices latéraux, l’un droit, l’autre gauche, pour le passage des artères vertébrales.

4=* Extrémité inférieure. — L’extrémité inférieure (fig. 927, 4) répond au canal sacré. Elle renferme, non plus la moelle, laquelle s’arrête à la hauteur de la deuxième vertèbre lombaire, mais le paquet de nerfs qui en proviennent et dont

Fi- «Ji>7.

Cul-de-sac durai et dernières paires raelddiennes.

(Du côté droit, les racines de cliaque nerf sacré sont, ainsi (ine leurs gaiiïlions, revêtues de leur gaine dur.ile ; du côté gauche, celte gaine a été réséquée et les racines des cinq nerfs sacrés sont mises a nuj.

1, sacrum, vue postérieui’e. — 2, cocc\\. — .S. canal sacré, dont la paroi postérieure a été enlevée pour montrer les dernières pair(‘S rachidiennes. — 4, dure-mère, donc la partie postérieure a été résé- (jiiée et à la face interne de laquelle adhère le feuillet pariétal de 1 arachnoïde. — 5, teuillet viscéral de celte dernière memhrane. — t), (ilum terminale de la moelle (segment supérieur;, avec 6 son segment inférieur ou ligament duro-coccvgien. — 7, (pieue de cheval. — Lv, cinquième paire lombaire. — S'i, Su, Sm, Siv. Sv, première deuxième, troisième, quatrième et cinquème paires sacrées. — Co, paire coccygienne.

Le lig'ameut sacro-tlural, vu par sa lace latérale fgauche (le cul-de-sac durai et le li-amcnt coccygten sont fortement érignés en arrière et à droite).

1, cinquième lombaire. — 2, sacrum, scié en sens sagittal un peu à gauche, de la ligne médiane. — 3, coccyx. — 4, cnl-de-sac durai, injecté au suif. — filum terminale de la moelle, avec 5’, son insertion coccygienne.— 0, ligament sacro-dural. — 7. ligament vcrtébal commun [lostérieur, unissant enti'e elles les diverses pièces du sacrum. — 8, paires rachidiennes.

l’ensemble constitue la queue de cheeal. Très large d’abord, elle s’atténue ensuite et s’effile à la manière d’un entonnoir ou d’un cornet. Finalement, elle se termine par un cul-de-sac, que l’on désigne sous le nom de cul-de-sac durai f'fig. 927 et 928 j.

La résection de certaines parties du sacrum s’étant introduite depuis quelque temps dans la pratique chirurgicale, il est très important de savoir h quel niveau se trouve le cul-de-sac durai. Les recherches d’anatomie topographique entreprises sur ce point par Pfitzner, par Wagner, par Trolard et, plus récemment, par Lin-

MENINGES

PAüLT, s’accordent à établir que le sommet du cul-de-sac répond, dans la grande majorité des cas, chez l’adulte, à la partie inférieure de la deuxième vertèbre sacrée, quelquefois à la partie moyenne de cette deuxième vertèbre sacrée, quelquefois, mais plus rarement, à la partie supérieure de la troisième. La disposition chez l’enfant est à peu de chose près la même que chez l’adulte : le cnlde-sac, chez lui, descend peut-être un peu plus bas, mais de quelques millimètres seulement; il s’arrête presque toujours à la partie supérieure de la troisième sacrée.

En rapportant la situation du cul-de-sac durai à la partie postérieure du canal sacré,

Chip.ault, sur onze sujets, a toujours vu sa pointe répondre à la première apophyse épineuse sacrée. Nous ajouterons que les rapports du cul-de-sac durai avec le canal sacré ne sont que légèrement modifiés par la position du sujet : en effet, le cul-de-sac ne descend ou ne monte que de quelques millimètres, suivant que le corps se met en extension ou en flexion forcée.

Nous avons dit plus haut que la duremère se terminait par le cul-de-sac durai.

En réalité, elle s’étend beaucoup plus bas.

Au niveau du sommet du cul-de-sac, elle s’applique contre le filum terminale, en lui formant gaine (fig. 929;, et, sous le nom de ligament coccygiendelamoelle[Yoj. p.560j, descend jusqu’à la partie postérieure de la première vertèbre coccygienne.

Dans toute la hauteur du cul-de-sac durai, les prolongements fibreux, que nous avons signalés plus haut entre la face antérieure de la dure-mère et le ligament vertébral commun postérieur, deviennent à la fois plus nombreux et plus épais. Ils forment là, dans leur ensemble, une sorte de cloison médiane, toujours incomplète et plus ou moins fenêtrée (fig. 928, 6; : c’est le ligament sacro-dural {ligament antérieur de la dure-mère de Tkolacd). Comme nous le montre nettement la figure 928, les faisceaux les plus inférieurs de cette cloison se détachent, non plus du cul-de-sac iuimême, mais du filum terminale qui lui fait suite et, d’autre part, viennent se fixer sur la dernière vertèbre sacrée ou même plus bas sur la première pièce du coccyx.

Fig. 929.

Le cul-de-sac durai, ouvert en arrière.

1, dure-mèi'e. — 2, 2’, feuillet pariétal et feuillet viscéral de l’arachnoïde. — 3, filum terminale. — 4, espaces sous-arachnoïdiens (lac spino-terminal),

— 5, ligament duro-coccygien. — 6, nerf coccygien.

— 7, 7, les dernières paires sacrées.

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