U. - D URE-MÈRE CRANIENNE
La portion crânienne de la dure-mère ou dure-mère crânienne est une sorte de sphère creuse, d’une part enveloppant la masse encéphalique, d’autre part tapissant la boîte crânienne, à laquelle elle sert de périoste interne. Elle nous offre à considérer, comme la dure-mère rachidienne, une surface externe et une surface interne :
1° Surface externe. — La surface externe s’applique exactement contre la paroi intérieure du crâne et adhère à cette paroi par des prolongements fibreux et vas-
SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
ciliaires, qui la rendent inégale et comme tomenteuse. Cette adhérence, du reste, est très variable suivant les points où on la considère. Elle est relativement faible dans la région de la calotte, où elle n’existe guère qu’au niveau des sutures. Elle est très forte, au contraire, au niveau de la base, principalement sur les points suivants : sur l’apophyse crista galli, sur le bord postérieur des petites ailes du sphénoïde, sur les apophyses clinoïdes antérieures et postérieures, sur le bord supérieur du rocher, dans la gouttière basilaire et sur le pourtour du trou occipital.
L’adhérence de la dure-mère crânienne n’est pas la même à tous les âges. — Chez Venfant, cette adhérence est intime au niveau des sutures, beaucoup moins forte sur tous les autres points malgré les innombrables vaisseaux que l’os, a cet âge, reçoit de son périoste interne. — Chez V adulte, elle est plus faible, surtout au niveau des sutures. — Elle s’exagère ensuite au fur et à mesure que l’âge augmente et l’on connaît les difficultés qu’on éprouve d’ordinaire, chez les vieillards, à détacher la calotte crânienne de la dure-mère sous-jacente : cela tient, tout d’abord, à l’existence de tractus fibreux très denses qui vont de la membrane fibreuse à l’os, puis au développement considérable des granulations de Pacchioni, qui se sont creusé, dans la paroi osseuse, des cavités plus ou moins considérables, où elles son^ comme incrustées.
C’est dans la région temporo-pariétale et dans la région occipitale que les adhérences ostéo-durales sont le plus faibles. Il y a là une zone spéciale où la duremère se laisse facilement décoller, non pas seulement par la pince de l’anatomiste, mais aussi par les épanchements sanguins qui se produisent à ce niveau à la suite d’une blessure de l’artère méningée moyenne. Cette zone, à laquelle Mauchant [Th. Paris, 1880) a donné le nom de zone décollable, s’étend : i“ d’avant en arrière, depuis le bord postérieur des petites ailes du sphénoïde jusqu’à 2 ou 3 centimètres de la protubérance occipitale interne; 2“de haut en bas, depuis le voisinage du sinus longitudinal supérieur jusqu’à la ligne transversale qui réunit le sommet
(les petites ailes du sphénoïde à la base du rocher. Elle mesure, en moyenne, 13. centimètres de longueur sur lïi centimètres de hauteur (M.auchant).
Comme la dure-mère rachidienne, la duremère crânienne abandonne aux nerfs et aux vaisseaux qui sortent du crâne des prolongements ou gaines (fig. 930), qui les accompagnent dans leurs trous respectifs; ils s’en séparent ensuite, au delà de ces trous, pour se continuer avec le périoste extra-cranien. Des prolongements de cette nature accompagnent : L le grand hypoglosse jusque dans la fossette condylienne antérieure ; 2® les trois nerfs pneumogastrique. glosso - pharyngien et spinal, ainsi que la veine jugulaire interne, jusqu’audessous du trou déchiré postérieur ; 3° les deux nerfs facial et auditif, jusqu’au fond du conduit auditif interne ; 4° le nerf maxillaire inférieur, dans le trou ovale; 5° le nerf maxillaire supérieur, dans le trou grand rond ; les filets olfactifs, jusque dans les fosses]nasales. Au niveau du trou optique et de la fente sphénoïdale, la dure-mère pénètre, à travers ces trous, jusque dans l’orbite, où nous la voyons, d’une part se confondre avec le périoste de cette
Fig. U30.
Schéma représentant les rapports des méninges avec les nerfs crâniens.
1, centre nerveux. — 2, un nerf crânien. — 3. paroi crânienne. — 4, névrilème. — o, feuillet viscéral et 5’, feuillet pariétal de l’arachnoïde {en bleu). — G, dure-mère (en jaune). — 6’, périoste.
MÉNINGES
cavité, d’autre part fournir au nerf optique une gaine fibreuse {gaine durale du nerf optique), qui l’accompagne jusqu’au globe de l’œil.
Ces prolongements tubulaires, jetés par la dure-mère tout autour des nerfs crâniens, contribuent, on le conçoit, à augmenter encore lès adhérences de cette membrane avec la base du crâne.
2° Surface interne et ses prolongements. — La surface interne de la dure-mère est tapissée par le feuillet pariétal de l’arachnoïde, qui lui adhère d’une façon intime et lui communique cet aspect lisse et poli qui la caractérise. De cette surface
Fïg. 931.
La tente du cervelet, vue d’en haut.
1. tente du cervelet, avec : 1’, sa grande circonférence; 1”, sa petite circonférence. — 2, cervelet. — .3, isthme de l’encéphale. — 4, chiasma optique. — 5, carotide interne. — 6, artère basilaire. — 7, nerf moteur oculaire commun. — 8, nerf pathétique. — 9, nerf de la tente du cervelet. — 10, veine de Galien. — 11, sinus droit. — 12, coupe du sinus longitudinal inférieur, — 13, pressoir d’Hérophile. — 14, sinus latéraux. — 15. sinus pétreux supérieur. — IG, sinus caverneux. — 17, sinus coronaire. — 18, sinus sphénoïdal de Breschet, avec 18’, veine de Trolard, se jetant dans ce sinus. — 19, artèr. et veine méningées moyennes. — 20, artère et veine méningées antérieures. — 21, artère petite méningée. — 22 22’, veines devenant sinusiennes. — 23, veines de la tente du cervelet. — 24, coupe de la base de la faux du cerveau. — 25, coupe de son sommet au niveau de son insertion sur l’apophyse crista galli.
se détachent un certain nombre de prolongements ou cloisons, qui s’interposent entre les différents segments de la masse encéphalique, les isolent les uns des autres et les maintiennent dans leur situation respective, quelle que soit d’ailleurs la position occupée par la tête. Ces cloisons sont au nombre de quatre, savoir : D la te7ite du cervelet; 2° la faux du cerveau; 3° la faux du cervelet; 4'^ la tente de V hypophyse.
1U50 SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
A. Tente du ceuvelet. — La tente du cervelet (fig. 931, 1) est une cloison transversale, située à la partie postérieure de la cavité crânienne, entre le cerveau, qui est au-dessus, et le cervelet qui est au-dessous. Disons tout de suite qu’elle n’est pas horizontale, mais fortement inclinée (voy. fig. 933) de haut en bas et d’avant en arrière. Morphologiquement, elle affecte dans son ensemble la forme d’un croissant à ouverture antérieure et, par conséquent, nous offre à considérer deux faces, deux circonférences et deux exlrémUés :
a. Face supérieure. — La face supérieure n’est pas exactement plane ; plus élevée à sa partie moyenne que sur ses parties latérales, elle est formée en réalité par deux versants, qui s’inclinent l’un et l’autre de dedans en dehors et de haut en bas. Cette face donne insertion (voy. fig. 523), sur la ligne médiane, à la faux du cerveau et répond, sur les côtés, à la face inférieure des hémisphères cérébraux qui reposent sur elle.
b. Face inférieure. — La face inférieure, configurée en forme de voûte, recouvre la face supérieure du cervelet. Elle répond : L sur la ligne médiane, au vermis supérieur ; 2^ sur les côtés, à la face supérieure des hémisphères cérébelleux.
c. Circonférence postérieure. — La circonférence postérieure ou grande circonférence s’attache successivement : sur la protubérance occipitale interne, sur la portion horizontale de la gouttière latérale et sur le bord supérieur du rocher. Elle loge dans sa partie postérieure le sinus latéral, dans sa partie antérieure le
sinus pétreux supérieur.
d. Circonférence antérieure. — La circonférence antérieure ou petite circonférence, do forme parabolique, s’étend au-dessus de la gouttière basilaire et forme, avec l’extrémité antérieure de cette dernière, un orifice allongé d’avant en arrière : c’est le foramen ovale de Pacchioni (fig. 931). Cet orifice répond à l’isthme de l’encéphale et, plus particulièrement, aux tubercules quadrijumeaux et aux pédoncules cérébraux.
e. Extrémités. — Les extrémités ou pointes de la tente du cervelet répondent, à droite et à gauche, aux bords latéraux de la selle turcique, et s’y terminent de la façon suivante (fig. 931).
a) La circonférence antérieure ou petite circonférence (1), arrivée au sommet du rocher, passe audessus de cet os, un peu en dehors de l’apophyse clinoïde postérieure, et vient se fixer sur le sommet et sur le bord externe de l’apophyse clinoïde antérieure. En même temps, elle abandonne latéralement une expansion très résistante, qui descend vers l’étage moyen de la base du crâne et s’y fixe solidement, depuis la face antérieure du rocher jusqu’à la fente sphénoïdale. Plus exactement, elle se continue, à ce niveau, avec la dure-mère qui revêt la fosse sphénoïdale. Cette expansion fibreuse, disons-le en passant, n’est autre chose que la paroi externe du sinus caverneux.
S) La circonférence postérieure ou grande circonférence (2) longe, comme nous l’avons vu, le bord supérieur du rocher. Au niveau de la dépression de Gas-
Fig. 'J32.
Mode d’attache de la tente du cervelet sur les apophyses cliiioïdes.
a. fosse sphénoïdale de la hase du crâne. — 6, apophyse clinoïde antérieure.
— c, apophyse clinoïde postérieure.
I, circoul'éreuce antérieure de la lente du cervelet. — 2, sa circonférence postérieure. — O, paroi supérieure du sinus caverneux. — 4. paroi latérale de ce même sinus. — 5, diajihragine de l’hypophyse.
— 6, lige du corps pituitaire. — 7, carotide interne.
II, nerf optiijue. — 111, nerf moteur oculaire commun — IV, nerf pathétique.
— VI, nerf moteur oculaire externe.
(Le tracé en pointillé indique les origines et le parcours intra-dural du nerf de la tente du cervelet.)
MENINGES
ser, elle se soulève et abandonne momentanément ce bord pour former une espèce de pont, au-dessous duquel s’engage le trijumeau. L’orifice ovalaire que recouvre ce pont nous conduit dans une petite cavité aplatie d’avant en arrière (fig. 933, 1), qui répond à la dépression de Gasser et qui est formée par un dédoublement de la dure-mère : c’est la cavité de Meckel {caviun Meckelii), dans laquelle se logent le ganglion de Gasser et la portion initiale de ses trois branches efférentes, l’ophthalmique, le maxillaire supérieur et le maxillaire inférieur. Au delà de l’orifice d’entrée de la cavité de Meckel, la circonférence postérieure de la tente, continuant son trajet, passe au-dessous de la circonférence antérieure, qu’elle croise en X, et finalement vient s’insérer sur l’apophyse clinoide postérieure. Au moment d’atteindre cette apophyse, elle envoie deux expansions ou cloisons : l’une postérieure, oblique en bas et en arrière, qui ferme l’espace compris entre le rocher et le bord latéral de la lame quadrilatère du sphénoïde ; l’autre antérieure, plane et horizontale, qui comble tout l’espace compris entre la circonférence antérieure de la tente et les deux apophyses clinoïdes correspondantes.
De la description qui précède, il résulte que, de chaque côté de la selle turcique et à la hauteur même des deux apophyses clinoïdes, s’étale une petite région de forme triangulaire (fig. 932), dont les trois côtés sont constitués comme suit : 1® le côté externe, par le prolongement de la petite circonférence de la tente du cervelet, qui va s’attacher à l’apophyse clinoïde antérieure et qui se présente le plus souvent sous la forme d’une corde saillante et fortement tendue; 2° le côté postérieur, par le prolongement de la grande circonférence de la tente, qui va s’insérer à l’apophyse clinoïde postérieure ; 3*^ le côté interne, enfin, par une ligne fictive qui réunirait l’une à l’autre les deux apophyses clinoïdes du même côté. C’est dans faire de ce petit triangle que disparaissent les deux nerfs moteur oculaire commun et pathétique (fig. 811, III et IV), pour se rendre l’un et l’autre dans la paroi externe du sinus caverneux.
B. Faux du cerveau. — La faux du cerveau ou grande faux (fig. 934, 1) est une cloison verticale et médiane, située dans la grande scissure hémisphérique et séparant l’un de l’autre les deux hémisphères cérébraux. Sa hauteur, mesurée d’un bord à l’autre, est en moyenne de 50 millimètres à son extrémité postérieure, de 12 à 15 millimètres seulement au niveau de son extrémité antérieure. La faux cérébrale rappelle assez bien, par sa forme, l’instrument dont elle porte le nom et nous présente, en conséquence, deux faces latérales, deux bords, une base et un sommet:
a. Faces latérales. — Les faces latérales, verticales et régulièrement planes.
Fig. 933.
Le cavum de Meckel, vu d’en haut, après incision et renversement en dehors de sa paroi supérieure.
1, cavité de Meckel (le ganglion de Gasser a été enlevé). — 2, orifice qui y donne entrée. — 3, sa paroi supérieure, incisée et érignée en dehors- — 4, 4, trijumeau. — 5, oplithalmique. — 6, maxillaire supérieur. — 7, maxillaire inférieur. — 8, carotide interne. — 9, nerf optique, avec 9’, sa tente. — 10, moteur oculaire commun. — 11, pathétique. — 12, moteur oculaire externe.
(La ligne pointillée x indique quelle est la situation de la petite cil-conférence de la tente du cervelet.)
-IXATOMIE IIUM.VIXE. — T. II, 6® ÉDIÏ.
1058 SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
regardent l’iine à droite, l’autre à gauche. Chacune d’elles est en rapport avec la face interne de l’hémisphère correspondant. Il n’est pas rare de rencontrer dans le tiers antérieur de la faux du cerveau, un certain nombre d’éraillures, quelquefois même de véritables fenêtres (lig. 934), qui, intéressant la continuité de la cloison fibreuse, permettent aux deux hémisphères d’arriver réciproquement au contact l’un de l’autre.
b. Bord supérieur. — Le bord supérieur (fig. 934, 4), fortement convexe, occupe la ligne médiane, depuis la protubérance occipitale interne jusqu’au trou borgne.
Elle répond donc successivement, en allant d’anâère en avant, à la gouttière longitudinale et à la crête frontale qui fait suite à cette gouttière. Le long de ce bord chemine le sinus longitudinal supérieur (fig. 934, 10).
c. Bord inférieur. — Le bord inférieur (fig. 934, o), concave, mince et tranchant, répond à la face supérieure du corps calleux; mais il ne repose directement sur lui qu’à la partie postérieure. En avant, il perd tout contact avec cet organe et s’en écarte de plus en plus, au fur et à mesure qu’on se rapproche du genou. 11 existe donc, à ce niveau, entre le corps calleux et le bord inférieur de la faux du cerveau, un espace triangulaire à sommet postérieur, dans l’aire duquel les deux hémi-
Les deii.K faux du cerveau et du cervelet, vues par leur face latérale droite.
1, taux (lu cerveau, avec ; 2, .-on sommet, inséré sur 2’, lapopliysc crisla galli ; .3, sa base; 4, son bord supérieur ou grande circonférence; 5, son bord inférieur ou petite circonférence. — (i, faux du cervelet, avec : 7, sa base; 8, son sommet. — t>, coupe de la lente du cervelet. — lü, sinus longiludinal supérieur, avec 10’, une veine cérébrale devenant sinusienne. — 11, sinus longitudinal inférieur. — 12, sinus droit. — 13, veine de Galien, avec 13’, veine basilaire. — 14, sinus occipital postérieur. — 15, pressoir d'Iléropbile. — 16, corps calleux. — 17, circonvolution du corps calleux. — 18, circonvolution frontale interne. — 19, coupe du cervelet. — 2ü, coupe de la protubérance. — 21, coupe du bulbe. — 22, axis. — 23, apophyse basilaire de l’occipital. — 24, sinus sphénoïdal. — 25, sinus frontal.
MÉNINGES
sphères sont directement adossés l’un à l’autre. Le bord inférieur de la faux du cerveau contient dans son épaisseur le sinus longitudinal inférieur.
d. Sommet. — Le sommet s’insère à l’apophyse crista galli. Cette insertion se fait à la fois (fig. 937, 2) sur le bord antérieur, sur le sommet et sur le bord postérieur de l’apophyse; elle la dépasse même un peu à sa partie postérieure et s’étend (fig. 934, 5’j jusqu’au voisinage de la suture sphéno-ethmoïdale. Immédiatement en avant de l’apophyse crista galli, la faux du cerveau envoie un prolongement dans le trou borgne. Suivant certains auteurs, ce prolongement serait accompagné d’une veine, qui prendrait naissance dans l’épaisseur de l’os et formerait l’origine du sinus longitudinal supérieur : l’existence de cette veine, constatée une seule fois par Sperino malgré le nombre considérable de sujets examinés parlai, est tout à fait exceptionnelle.
e. Base. — La base (üg. 934, 3), oblique de haut en bas et d’avant en arrière, tombe perpendiculairement sur la partie médiane de la tente du cervelet, qu’elle soulève et qu’elle maintient tendue. Elle est parcourue d’avant en arrière et dans toute sa longueur, par le sinus droit.
C. Faux du cervelet. — La faux du cervelet ou petite faux (fig. 934, 6) est encore une cloison verticale et médiane, située à la partie la plus reculée de la boîte crânienne, entre les deux hémisphères du cervelet. On lui considère, comme à la faux du cerveau, deux faces latérales, deux bords, une hase et un sommet :
a. Faces latérales. — Les faces latérales, bien moins étendues que celles de la faux du cerveau, répondent aux hémisphères cérébelleux.
b. Bord postérieur . — Le bord postérieur, convexe et adhérent, s’insère sur la crête occipitale interne. Il loge dans son épaisseur les deux sinus occipitaux postérieurs.
c. Bord antérieur. — Le bord antérieur (fig. 935, 1), concave et libre, répond à la grande scissure médiane du cervelet. Il n’est pas rare de voir ce bord se creuser d’une gouttière longitudinale, destinée à loger le vermis inférieur {gouttière vermienne) .
d. Base. — La base (fig. 934, 7), dirigée en haut, se trouve adossée à la base de la faux du cerveau. Elle s’unit, par conséquent, à la partie médiane de la tente du cervelet.
e. Sommet. — Le sommet (fig. 934, 8), dirigé en bas et en avant, se bifurque au niveau du trou occipital. Les deux branches de bifurcation (fig. 935, 1’), s’écartant l’une de l’autre, contournent les parties latérales de cet orifice, en se dirigeant vers le trou déchiré postérieur. Chacune d’elles contient la partie inférieure du sinus occipital postérieur correspondant.
D. Tente de l’apophyse. — La tente de l’hypophyse ou diaphragme de l’hypophyse (fig. 932 et 936) est une cloison horizontale, tendue au-dessus de la selle turcique et du corps pituitaire, qui s’y trouve comme encaissé. Cette cloison
Fig. 93Ô.
La faux du cervelet, vue antérieure.
1, faux du cervelet, avec 1’, sou insertion sur le rebord postérieur du trou occipital. — 2, trou occipital. — 3, tente du cervelet. — 4, sinus droit. — O, 5, sinus latéral. — 6, 6, sinus occipital postérieur. — 7, orifices veineux. — 8, faux du cerveau, légèrement réclinée à gauche.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
Fi>^. 936.
La teille de Thypophyse, vue en coupe sagittale.
1, r, lobe anlérieiir et lobe postérieur de rhypoi)hysè. — 2, tige pituitaire. — 3, cliiasma optique. — 4, lamelle sus-oi)lii|ue. — 5, recessus oplicus. — G, commissure blanche antérieure. — 7, 7’. sinus coronaire, — 8, artère cérébrale antérieure. — 9, tronc basilaire. — 10, artère cérébrale postérieure. — 11, tubercule mamillairc. — 12, pédoncule cérébral. — 13, protubérance.
fibreuse, de forme quadrilatère comme la fosse qu’elle recouvre et qu’elle complète, se fixe solidement à la lame quadrilatère du sphénoïde, à la lèvre postérieure de la gouttière optique et aux quatre apophyses clinoïdes.
A^oici comment se comporte la dure-mère au niveau de la selle turciqiie (fig. 936). Cette memhrane, après avoir tapissé la gouttière basilaire et la face postérieure de la lame quadrilatère, arrive au bord supérieur de cette lame. Elle se divise alors en deux feuillets, l’un superticiel, l’autre profond. — Le feuillet superficiel se porte horizontalement en avant et vient se fixer à la lèvre postérieure de la gouttière optique. Il n’est autre que la tente de l’hypophyse. — Le feuillet profond descend dans la selle turcique, la revêt d’arrière en avant dans toute son étendue et vient l’ejoindre le feuillet précédent au niveau de la gouttière optique. Sur les côtés, ce même feuillet profond se relève pour rejoindre encore le feuillet superficiel et former ainsi, sur les limites latérales de la selle tiirciqui', une cloison verticale, qui constitue la paroi interne du sinus caverneux.
Ainsi entendue, la tente de l’hypophyse nous présente deux faci'S : h une face supérieure , qui est sucessivement en rapport, en allant d’avant en arrière, avec la base des deux circonvolulions olfactives internes, avec le chiasma optique et
avec le tuber cinereum ; une face inférieure, qui repose dans toute son étendui' sur le corps pituitaire.
Cette cloison est percée, à son centre, d’un trou circulaire (de là son nom de diaphragme de l'hypophyse), qui livre passage à la tige pituitaire. En avant et en arrière de ce trou et dans l’épaisseur de la tente, se trouvent deux sinus veineux h direction transversale. Ces deux sinus sont courbes et disposés de telle façon qu’ils se regardent par leur concavité. Comme, d’autre part, ils se réunissent, à droite et <à gauche, pour s’ouvrir dans le sinus caverneux par un orifice commun, ils forment dans leur ensemble, tout autour de la tige pituitaire, une sorte de vaisseau unique en forme d’anneau ou de couronne, le sinus coronaire (fig. 931. 17 j.
Trol.4kd a décrit sous le nom de Lente du bulbe olfactif un petit prolongement transversal de la dure-mère, qui est situé à la partie antérieure de la fosse oltactive, entre l’apophyse crista galli, qui limite cette fosse en dedans, et le bord du frontal, qui la limite
Fig. 937.
La tente du bulbe olfactif.
i. 1. fosse olfactive. — 2, tente olfactive. - 3. 3'. repli sem -lunaire postérieur. — 7. apo pliyse crista galli. — .5. faux «lu cerveau, avec S’ i extrémité antérieure de sa pointe.
MENINGES
en dehors. Cette lame durale (fig. 937, 2) a la forme d’un croissant à concavité postérieure. Elle forme comme la voûte d’une petite cavité en cul-de-sac, dont le plancher constitué par la portion correspondante de la lame criblée. C’est dans cette cavité, dont la profondeur peut aller jusqu’à 4 millimètres, que vient se loger l'extrémité antérieure du bulbe olfactif. La îbsse olfactive est souvent limitée en arrière, du côté du sphénoïde, par un nouveau repli transversal (tig. 936, 3 et 3’), qui, comme le précédent, s’étend d'un bord à l’autre de la fosse ; quand il e.xiste, il a la même configuration que la tente olfactive, mais il difïère de cette dernière en ce qu’il est beaucoup plus petit et qu'il est orienté en sens inverse, je veux dire qu'il a son bord concave dirigé en avant. — Voyez, au sujet des gouttières olfactives, Tkol.\ud, Journ. de l’Anat. et de la Phys., 1902, p. 361.
§ III. — Structure de la dure-mère
La dure-mère diffère dans sa structure, comme dans sa disposition, suivant qu’on l’examine dans la cavité crânienne ou dans la cavité rachidienne.
1° Dure-mère crânienne. — La dure-mère crânienne se compose réellement de deux feuillets superposés : un feuillet externe, plus épais, de coloration blanc jaunâtre, parcouru par de gros vaisseaux; un feuillet interne, plus mince, d’un blanc plus éclatant, moins vasculaire. De ces deux feuillets, le premier, appliqué directement contre la paroi crânienne, joue par rapport à cette paroi le rôle de périoste interne, c’est la. portion périostale de la dure-mère ; le second, en rapport immédiat avec les deux autres méninges, constitue la dure-mère proprement dite. C’est aux dépens de ce dernier feuillet, disons-le en passant, que se développent les prolongements ci-dessus décrits, de la dure-mère.
Les deux feuillets constitutifs de la dure-mère crânienne, encore isolables chez le fœtus, sont intimement unis chez l’adulte, mais ils n’en conservent pas moins leur signification propre. Du reste, ils se trouvent nettement isolés sur certains points, notamment sur la face antérieure du rocher pour former le cavum de Meckel ou loge du ganglion de Gasser et sur la face postérieure du même os pour envelopper le sac endolymphatique. D’autre part, ils se séparent au niveau du trou occipital pour descendre isolément dans le canal rachidien : car, comme nous l’avons vu plus haut, la dure-mère et le périoste se présentent à nous, dans le canal rachidien, sous la forme de deux membranes absolument distinctes.
Histologiquement, la dure-mère crânienne est essentiellement constituée par des faisceaux fibreux, fortement unis les uns aux autres- et disposés le plus souvent en bandes ou lamelles, dont les faces ont la même orientation que celles de la membrane elle-même. Ces faisceaux, envisagés isolément, se composent de fibres du tissu conjonctif, auxquelles viennent se joindre, en proportion variable, de fines fibres élastiques. Ils nous présentent encore des cellules du tissu conjonctif et d'autres cellules toutes spéciales, volumineuses, arrondies, parfois plus ou moins ramifiées, que Waldeyer a cru devoir rapprocher des cellules plasmatiques. Jacques, en se basant d’une part sur l’analogie de ces cellules avec les cellules géantes de la moelle des os, d’autre part sur les propriétés ostéogènes que possède la dure-mère chez les jeunes animaux, incline à penser qu’elles ont la valeur des myéloplaxes, dérivant des cellules fixes du stroma durai.
La direction des faisceaux fibreux de la dure-mère crânienne est généralement fort variable. Sur certains points, cependant, elle est assez régulière, pour mériter une description. - C’est ainsi que, sur la convexité du cerveaic, les faisceaux superficiels se portent obliquement d’avant en arrière et de dedans en dehors. Au voisinage du bord convexe de la faux du cerveau, les faisceaux fibreux se dirigent trans-
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
versalement en dehors, en s’éparpillant çà et là sous forme de pinceaux. — Sur la faux elle-même, ils partent de la partie antérieure de la base (lig. 934) et rayonnent de là, à la manière d’un large éventail, vers le bord convexe. A la partie antérieure de la faux, ils s’entrecroisent sous des angles divers avec d’autres libres, de direction contraire, qui tirent leur origine de l’apophyse crista galli. — Sur la tente du cervelet (fig. 931), les faisceaux fibreux partent également de la partie antérieure de la base de la faux et, de là, rayonnent vers la grande circonférence de la tente. — Enfin, sur la paroi interne des sinus et dans l’intérieur même de ces canaux veineux (lig. 931, 2), les faisceaux constitutifs de la dure-mère revêtent l’aspect de petits tendons, orientés dans toutes les directions et s’entrecroisant dans les sens les plus divers.
La face externe de la dure-mère crânienne, sur les points où elle n’adhère pas à la surface osseuse, circonscrit entre elle et cette paroi des espaces plus ou moins considérables, dont l’ensemble constitue Vespace épidural : à ce niveau, la duremère est revêtue par une couche de cellules épithéliales ou épithélioïdes. La face interne de la méninge fibreuse est revêtue, de même, par une deuxième couche de cellules épithéliales, ou plutôt endothéliales, qui, morphologiquement, appartient à l’arachnoïde et que nous décrirons plus loin.
2° Dure-mère rachidienne. — La dure-mère rachidienne diffère de la dure-mère crânienne en ce qu’elle représente, non pas les deux feuillets de cette dernière, mais le feuillet interne seulement. Elle a, du reste, la même structure, avec cette variante que les faisceaux conjonctifs suivent tous une direction longitudinale et que les fibres élastiques y sont en proportion beaucoup plus considérable.
§ IV. — Vaisseaux et nerfs
Nous les étudierons successivement : sur la dure-mère crânienne et sur la duremère rachidienne :
1° Sur la dure-mère crânienne. — La dure-mère crânienne nous présente, en fait de vaisseaux : 1° des artères ; 2® des veines ; 3'^ des cavités, spéciales appelées lacs sanguins; 4® des lymphatiques.
A. Artèues. — La dure-mère crânienne est peu vasculaire, comme, du reste, toutes les membranes fibreuses. Les aiTèi'es qui lui sont destinées proviennent de plusieurs sources. Ce sont ; 1° les artères méningées antérieures , branches des etbmoïdales, qui se distribuent à la partie antérieure de la dure-mère ; 2*^ \' artère méningée moyenne, la plus importante de toutes, qui, née de la maxillaire interne, pénètre dans le crâne par le trou petit rond et se ramifie dans la partie latérale de la membrane fibreuse ; 3® Yartere petite méningée, autre branche de la maxillaire interne, qui débouche par le trou ovale ; 4® Yartère méningée postérieure, qui entre dans le crâne, soit par le trou déchiré postérieur, soit par le trou occipital, et se rend ensuite à la partie postérieure de la dure-mère, notamment à la tente et à la faux du cervelet.
A ces branches, qui sont généralement constantes, nous devons ajouter quelques artères qui sont moins importantes et qui font défaut dans certains cas. Telles sont : L Yartère mastoïdienne, qui passe par le trou de même nom; 2° une petite branche qui arrive par le trou condylien antérieur ; 3° un rameau, généralement très grêle, qui passe par le trou pariétal; 4° quelques petits rameaux artériels fournis par la carotide interne dans le sinus caverneux et destinés aux
MENINGES
parois de ce sinus ; o® quelques ramuscules, eufiu, qui se détachent de la sylvienne pour se distribuer aux parties latérales de la dure-mère.
La plupart de ces artères, quoique occupant l’épaisseur de la dure-mère, envoient leurs principales divisions au diploé, n’abandonnant en général à la membrane fibreuse qui les supporte que de simples capillaires. Somme toute, la duremère est de tous les organes fibreux celui qui est le moins vasculaire. On s’en convaincra sans peine si, au lieu d’examiner les portions de membrane qui sont en rapport avec l’os, on porte sous le champ du microscope un des prolongements qui cloisonnent sa cavité et qui ne possèdent que des vaisseaux propres.
Axel Key et Retzius décrivent dans la dure-mère deux réseaux vasculaires : l’un, en rapport avec le feuillet externe de cette membrane; l’autre, situé dans le feuillet interne. Ce dernier réseau, constitué par des mailles allongées, présenterait, au niveau des points nodaux, des élargissements ampullaires, arrondis ou allongés et de dimensions fort variables. Sur certains points, on rencontrerait des sortes de poches, souvent très volumineuses, qui, d’une part, recevraient un certain nombre de capillaires et, d’autre» part, donneraient naissance à une veine. Ce seraient, comme on le voit, des réservoirs intermédiaires entre les veines et les capillaires.
B. Veines. — Les veines de la dure-mère se répartissent, comme les artères, en deux réseaux, l’un superficiel pour le feuillet externe, l’autre profond pour le feuillet interne :
aj Le réseaio profond, relativement peu développé, est constitué par de larges mailles de forme très irrégulière. Les vaisseaux qui en dérivent se jettent dans le réseau superficiel ;
P) Le réseau superficiel comprend deux ordres de veines (Sappey) : les unes cheminent isolément et se terminent dans les différents sinus de la dure-mère; les autres, beaucoup plus importantes, accompagnent les artères. Ces dernières sont tantôt uniques, tantôt doubles : c’est ainsi que l’artère méningée moyenne est constamment accompagnée de deux veines. Contrairement à la plupart des veines de l’économie, qui augmentent de volume au fur et à mesure qu’elles se rapprochent du cœur, les grosses veines du feuillet externe de la dure-mère nous présentent dans toute leur étendue, un calibre à peu près uniforme. C’est que la plupart d’entre elles, communiquant en haut avec le sinus longitudinal supérieur et s’ouvrant en bas dans le plexus veineux ptérygoïdien, peuvent être considérées comme de larges voies anastomotiques, qui unissent le réseau intra-cranien au réseau extra-cranien et dans lesquelles la circulation est indijf érenle , je veux dire peut, suivant les besoins, s’effectuer dans n’importe quel sens.
C. Lacs sanguins. — Comme annexes aux veines que nous venons de décrire, la dure-mère possède dans son épaisseur un système de cavités spéciales, qui sont remplies de sang veineux et que l’on désigne sous le nom de lacs sanguins. Ces lacs sanguins, Faivre les a mentionnés pour la première fois en 1853 dans sa thèse inaugurale. Faute d’une publicité suffisante, ce travail resta ignoré et lorsque quinze ans plus tard, en 1868, Trolard (Th, de Taris) signala à nouveau les lacunes veineuses de la dure-mère, aucun traité classique, aucun mémoire même n’avait encore reproduit la découverte de Faivre. Trolard, dans le mémoire sus-indiqué, étudie minutieusement les lacs sanguins et les décrit avec une richesse de détails à laquelle on a peu ajouté depuis. Après la thèse de Trolard, nous devons signaler encore, comme travaux importants sur la question, les recherches de A. Key et Retzius, dont les résultats ont été publiés dans le Nord. med. Arkiv de 1870, le
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
mémoire de Ch. Labbé inséré clans les Ai^chives de Physiologie de 1879, celui de Wklbexbergh cEUtrecht {Les lacunes veineuses de la dure-mère), dont une traduction a paru à Gand en 1883.
Les lacs sanguins se développent de préférence de chaque côté du sinus longitudinal supérieur, principalement vers sa partie moyenne; mais on les observe aussi dans la tente du cervelet, au voisinage du sinus latéral et quelquefois même à la base de la faux du cerveau. Leur cavité, en forme d’ampoule irrégulière, le plus souvent allongée d’avant en arrière, est parcourue dans tous les sens par de
nombreuses brides conjonctives qui se rendent d'une paroi à l’autre. Elle renferme en outre, dans la plupart des cas, des granulations de Pacchioni (voy. plus loin).
Les relations des lacs sanguins avec les différents systèmes veineux de la tète sont les suivantes (fig 938, 5) : 1° les lacs communiquent avec les sinus, soit par de simples orifices arrondis ou elliptiques, soit par de véritables canaux qui at-
Un lac sanguin de la dure-mère, vu sur une coupe verticotransversale du crâne [schématique).
1, dipioé. — 2, diire-môre [eu jaune). — 3. faux du cerveau. — 4, sinus loiigiludiual supérieur. — o, un lac sanguin intra-dural, recevant : a, une veine émissaire; i, une veine méningienne ; c, une veine diploüiue ; d, canal anasloinolique avec les veines cérébrales. — C, communication du lac avec le sinus.
<. une veine cérébrale, se rendant directemeni au sinus. — 7, une deuxième veine cérébrale. deveuHiit sinusienne avant de s’ouvrir dans le sinus. — 8, circonvolutions cérébrales. — 'J, centre ovale.
teignent l ou 2 centimè-
tres de longueur ; 2° les veines méningées se jettent ordinairement dans les lacs {b) et non pas directement dans les sinus; 3° en ce qui concerne les veines cérébrales, elles cheminent dans la pie-mère, au-dessous des lacs par conséquent, et aboutissent directement au sinus; mais la plupart d'entre elles, en passant au-dessous d’un lac, entrent en relation avec lui (d) par une ou plusieurs ouvertures latérales; 4° enün, les lacs sanguins reçoivent ou, plus exactement, émettent par leur face supérieure des veines diploïques (c) et des veines émissaires [a).
Envisagées au point de vue de leur signification anatomique, les lacs sanguins de la dure-mère sont de simples diveiiiculums du système veineux, dans lesquels se déverse le trop-plein, soit des sinus, soit des veines encéphaliques. Us peuvent ainsi dans certaines circonstances, en favorisant le dégorgement des veines cérébrales, s’opposer à la compression des centres nerveux, d’où les noms de lacs de dériüation, de lacs de sûreté que leur donnent certains anatomistes (Tjllaux, Ch. L.\BBÉj.
D. Lymphatiques. — La dure-mère nous présente dans son épaisseur, entre les faisceaux conjonctifs qui la constituent, un S3^stème de fentes et de canaux, dits plasmatiques, qui communiquent tous entre eux et qui sont tapissés, du moins par places, par des cellules aplaties de nature épithéliale ou épithélioïde. C’est dans ces cavités que chemine la lymphe, et l’observation nous démontre qu’elles communiquent à la fois avec l’espace épidural et avec l’espace sous-dural ou cavité
MEMNGES
arachnoïdienne. Ces voies lymphatiques interstitielles sont les seules actuellement connues. MA^CAGNI a bien fait représenter, dans son atlas, deux vaisseaux lympha tiques situés sur le trajet de l’artère méningée moj^enne; mais Safpey, qui a vainement exploré la dure-mère, sans y découvrir la moindre trace de lymphatiques, est d'avis que Mascagxi a du pousser son injection dans des ramuscules veineux. La question, on le voit, appelle de nouvelles recherches.
E. Nerfs. — Les nerfs de la dure-mère crânienne, très nombreux, se divisent en antérieurs, latéraux et postérieurs :
a. Xerfs antérieurs. — Les nerfs antérieurs, décrits par Fromext en 1846, proviennent du filet ethmo'ïdal du rameau nasal de l’ophthalmique. Toujours très grêles, ils se distribuent à cette portion de la dure-mère qui recouvre la lame criblée de Tethmoïde et le pourtour du trou borgne. Ils envoient ordinairement un ou deux filets à la muqueuse des sinus frontaux.
b. Xerfs latéraux. — Les nerfs latéraux émanent du ganglion de Gasser et plus particulièrement du nerf maxillaire inférieur tout près de son origine. Ils se portent immédiatement à la rencontre de l’artère méningée moyenne, à laquelle ils s’accolent et dont ils partagent la distribution. On peut les suivre jusqu’au sinus longitudinal supérieur. Au niveau de l’artère méningée moyenne, ces filets
méningiens latéraux rencontrent les vaisseau et contractent avec ces derniers de fréquentes anastomoses.
c. Xer fs postérieurs. — Les nerfs postérieurs, plus connus sous le nom de nerfs récurrents <E Arnold ou nerfs récurrents de la tente du cervelet, naissent de l’ophthalmique avant son entrée dans l’orbite. Puis, ils croisent ou perforent le pathétique, qui leur est accolé, et, se réfléchissant en arrière, se portent dans l'épaisseur de la tente du cervelet, où ils se partagent en deux ordres de rameaux, les uns internes, les autres externes : les rameaux externes se dirigent vers les sinus latéraux et se terminent dans les parois de ces sinus; les rameaux internes, obliquant en dedans, viennent se ramifier dans le voisinage du sinus droit et dans la partie inférieure de la faux du cerveau: Sappey a vu une de ces divisions se prolonger jusque sur les veines de Galien.
Le mode de distribution des nerfs dans la dure-mère a été minutieusement étudié, en 1875, par Alexander. Les terminaisons nerveuses dans la méninge dure, ont été
filets sympathiques qui accompagnent ce
décrites à nouveau par Nvhmmacher en 1877 et, plus récemment, par Ivanoff (1893), par d’AsuNDo ^1894), par Jacques (1895) et par Acqüistü et Pusvteri (1896).
Il existe dans la dure-mère crânienne deux ordres de nerfs, des nerfs vasculaires et des nerfs propres. — Les nerfs vasculaires, au nombre de deux pour les grosses artères, réduits à un seul rameau pour les artères de petit calibre, cheminent avec les vaisseaux. Ils jettent autour de ces derniers des fibrilles dépourvues de myéline, qui s’anastomosent en réseau. Alex.xndeh n’a pas suivi ces fibrilles jusqu’à leur terminaison ; mais il est rationnel d’admettre qu’elles se terminent dans l’épaisseur même de la paroi vasculaire. — Les nerfs propres proviennent, soit des nerfs vasculaires, soit de troncs plus volumineux et indépendants des vaisseaux. Ils sont constitués, en partie par des fibres à myéline, en partie par des fibres de Remak. Ces différentes fibres se résolvent, après un trajet variable, en de nombreuses fibrilles cylindraxiles, lesquelles se mêlent et s’entrecroisent de manière à former un riche réseau, réseau qui est particulièrement bien développé dans la région de la convexité et au voisinage du feuillet arai hnoïdien.
D’après Ivanoef, les fibres propres de la dure-mère se termineraient suivant une triple modalité : par des pinceaux ierminaux, par des réseaux terminaux, et par des fibrilles terminales libres. Jacques met en doute l’existence des pinceaux terminaux, tels qu’ils sont décrits par IvANOFF. 11 n’admet pas non plus que les réseaux nerveux, quelle que soit leur ténuité, représentent des formations terminales. Pour lui (fig. 939), il n’existe qu’un seul mode de terminaison des fibres nerveuses propres ; c’est la terminaison par des extrémités libres, remarquablement délicates et variqueuses, tantôt simples, tantôt disposées en arborisations. Aquisto et PusATERi ont pu suivre ces fibrilles terminales jusque dans la couche endothéliale qui forme le feuillet pariétal de l’arachnoïde.
Nous ajouterons, en ce qui concerne les nerfs propres de la dure-mère crânienne, que Krause a rencontré dans cette membrane deux corpuscules de Vater et que certains auteurs (Nahmmacher, Jantschitz) ont décrit, le long de ces fibres propres, des traînées de cellules ganglionnaires. L’observation de Krause est restée isolée et, quand aux cellules ganglionnaires, leur existence n’est rien moins que démontrée ; on a vraisemblablement pris pour telles, soit les noyaux de la gaine des faisceaux nerveux, soit les cellules plasmatiques de Waldeveu.
2° Sur la dure-mère rachidienne. — La dure-mère rachidienne possède, elle aussi, des vaisseaux et des nerfs.
a. Artères. — Les artères, beaucoup moins importantes que celles de la duremère crânienne, proviennent des sources suivantes : i° au cou, des rameaux spinaux des vertébrales ; 2° à la région dorsale, des rameaux dorso-spinaux des intercostales ; 3° à la région lombaire et h la région sacrée, des artères lombaires et des artères sacrées.
b. Veines. — Les veines, de tout petit calibre, se jettent dans les plexus veineux intra-rachidiens. Il n’existe, dans la dure-mère rachidienne, ni lacs, ni sinus.
c. Lymphatiques. — Les voies lymphatiques sont exactement les mêmes que pour la dure-mère crânienne.
d. Nerfs. — Les nerfs de la dure-mère rachidienne ont été vainement recherchés par PüRKiNJE, par Kollikeu, par Sappey. Rüdinger, plus heureux, a vu sur cette membrane de nombreux filets nerveux, les uns accolés aux vaisseaux, les autres suivant un trajet indépendant. Alexander et, après lui, Jantschitz, Jacqces, etc., ont pu confirmer les données de Rüdingeu et constater, dans la portion rachidienne de la dure-mère, le même mode de distribution nerveuse que dans la portion crânienne.
ARTICLE II