PIE-MÈRE
La pie-mère ou méninge piale, la plus profonde des trois méninges, est une membrane cellulo-vasculaire, dans l’épaissseur de laquelle les vaisseaux destinés à l’encéphale et à la moelle se divisent en raniifications très ténues, presque capillaires, avant de pénétrer dans la substance nerveuse ; c’est donc avec beaucoup de raison qu’on désigne parfois la pie-mère sous le nom de membrane nourricière des centres nerveux. La pie-mère s’étale immédiatement sur la surface extérieure du névraxe. Au niveau de l’émergence des cordons nerveux, elle se réfléchit sur
MÉNINGES
ces cordons en leur formant une gaine, qui les accompagne en dehors du crâne et du rachis jusqu’à leur terminaison. Cette gaine, véritable pie-mère des nerfs, n’est autre que le névrilème (voy. Nerfs). Les caractères anatomiques de la piemère diffèrent beaucoup suivant qu’on examine cette membrane sur l’encéphale ou sur la moelle. Nous avons donc tout avantage à la diviser, comme nous l’avons fait pour la dure-mère, en deux portions :
\° Une portion rachidienne ou pie-mère rachidienne ;
2° portion crânienne ou pie-mère crânienne.
§ I. — Pie-Mère rachidienne
La pie-mère rachidienne forme au bulbe et à la moelle une gaine cylindrique, qui repose directement sur la substance nerveuse. On peut lui considérer, comme à la dure-mère rachidienne, deux surfaces, l’une interne, l’autre externe, et deux extrémités, l’une supérieure, l’autre inférieure.
1° Surface interne. — La surface interne revêt immédiatement, comme nous l’avons dit plus haut, la substance nerveuse et lui adhère d’une façon intime. On
Coupe horizontale de la colonne vertébrale, pour montrer la disposition des méninges rachidiennes
[schématique] .
1, moelle épinière, avec l’, sillon médian antérieur. — 2, racines antérieures. — 3, racines |)oslérieures. — 4, pie-mère [en rouge). — 5, ligaments dentelés. — G, septum posticum de Sghwa'be. — 7, arachnoïde, avec : a, son feuillet viscéral ; 6, son feuillet pariétal; c, cavité arachnoïdienne ou espace snbdural [en noir). — 8, espace sous-arachnoïdien [en bleu). — 9, dure-mère [en jaune). — 10, espace épidural, avec 10’, 10’, veines intra-rachidiennes. — 11, ligament vertébral commun postérieur. — 12, coupe de la vertèbre.
décrivait autrefois, comme partant de cette surface interne, de nombreuses cloisons conjonctives, qui, sous le nom de septa et de septula, pénétraient dans les faisceaux blancs de la moelle : on admet aujourd’hui que ces cloisons séparatrices sont de nature névroglique et dépendent, non de la pie-mère, mais de la névroglie corticale (p. 558).
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
Au niveau du sillon médian antérieur, la pie-mère descend jusqu’au fond de ce sillon (fig. 840/1’), en tapissant, de chaque coté de, la ligne médiane, le faisceau de Türck correspondant. Arrivés dans le fond du sillon, te feuillet du côté gauche et celui du coté droit se fusionnent réciproquement.
Au niveau du sillon médian postérieur qui, comme nous l’avons vu, est tout superliciel , la pie-mère tapisse de même ce sillon en passant d’un faisceau de Goll à l’autre. On a enseigné pendant longtemps que, au niveau du sillon médian postérieur, la pie-mère envoyait entre les deux faisceaux de Goll une cloison médiane qui se prolongeait en sens sagittal jusqu’à la commissure grise. On a l'econnu aujourd’hui que cette cloison médiane postérieure était, au même titre que les septa et les septula, de nature névroglique.
Fig. 941.
Le.5 deux: ligaments dentelés, vus par leur face antérieure.
2° Surface externe. — La surface externe de la pie-mère baigne en plein dans le liquide céphalo-rachidien, qui la sépare de l’arachnoïde (fig. 939). Cette surface externe est reliée à la dure-mère : i° en avant et en arrière, par de minces prolongementsdisposésen sens sagittal; 2°surles côtés, par des prolongements beaucoup plus résistants, les ligaments dentelés.
A. Prolongements antéro-postérieurs.
— Ce sont de simples trabécules conjonctives, qui s'implantent, d’une part sur la pie-mère, d’autre part sur la dure-mère.
Très rares et généralement filiformes à la partie antérieure de la moelle, elles sont, à la partie postérieure, beaucoup plus nombreuses et beaucoup plus résistantes. Sur la ligne médiane notamment, on les voit (fig. 939, 6) se condenser en une série de lamelles très rapprochées les unes des autres et formant par leur ensemble une véritable cloison (septum posticrim de Sciiw.-vLHEj, qui divise à ce niveau l’espace sous-arachnoïdien en deux moitiés latérales, l’une droite, l’autre gauche.
11 est à remarquer que cette cloison médiane est toujours plus développée à la région dorso-lombaire qu’à la région cervicale.
IL Prolongements l.^téraux ou lig.a- MENTS dentelés. — Les ligaments dentelés (fig. 944,3) sont deux rubans conjonctifs, placés transversalement de chaque côté de la moelle épinière et s’étendent en
1, mocllp épinière, vue anlérieure. — 2. 2. sac durai, incisé sur la ligne médiane el érigné eu dehors. — 3, ligament den'elé, avec : 3’ ses dénis; 3” ses arcades. — 4, une arcade, plus longue que les autres, embrassanl deux paires ra'^liidicmies 5, racines aul.érieures, avec G', leur orifice durai. — 7, un vaisseau radiculaire s écliappanl du cana durai par un orifice qui lui est propre.
MÉNINGES
hauteur depuis le trou occipital jusqu’à l’origine du conus terminalis. Ils ont donc, à peu de chose près, la même longueur que la moelle elle-même.
a. Conformation extérieure . — Chacun d’eux nous offre à considérer : 1° deux faces, que l’on distingue en antérieure, et postérieure; V deux bords, l’un interne, l’autre externe.
a) La face antérieure ou ventrale répond aux racines antérieures des nerfs rachidiens et aux différents vaisseaux, artériels ou veineux, qui longent ces racines.
,6) hdi face postérieure ou dorsale, à son tour, est en rapport avec les racines postérieures et avec leurs vaisseaux. Elle répond, en outre, au niveau de la moelle cervicale, aux filets radiculaires du spinal.
y) Le bord interne, mince, rectiligne, répond à la partie moyenne du cordon latéral de la moelle et se confond, à ce niveau, avec la pie-mère rachidienne, dont le ligament dentelé, du reste, n’est qu'une dépendance.
ô) Le bord externe diffère du précédent, tout d’abord en ce qu’il est un peu plus épais ; puis, en ce que, au lieu d’être rectiligne, il est régulièrement festonné dans toute sa hauteur. Il nous présente ainsi une série dé arcades à concavité externe, qui sont séparées les unes des autres par des espèces de pointes plus ou moins saillantes, appelées dents (fig. 941, 3’). — arcades du ligament dentelé sont toujours situées en regard des trous par lesquels la dure-mère livre passage aux nerfs rachidiens. — Quant aux dents, elles répondent à l’intervalle compris entre les trous précités : elles se fixent par leur sommet, sur la partie correspondante de la duremère et il est à remarquer que cette insertion, pour chacune des dents, est ordinairement placée à une égale distance du trou qui est au-dessus et du trou qui est au-dessous. La première dent s’insère à la hauteur des masses latérales de l’atlas, en envoyant une languette (Trolard) à la partie latérale du trou occipital ; la dernière se fixe à la dure-mère, entre le douzième nerf dorsal et le premier nerf lombaire. Il en résulte que chaque ligament dentelé devrait avoir vingt et une dents. Mais on observe rarement ce nombre : le plus souvent, on n’en compte que dix-sept ou dix-huit. Cela tient à ce que, à côté des arcades ordinaires, qui s’insèrent régulièrement audessus et au-dessous d’un même trou de conjugaison, il existe une ou deux arcades, plus étendues que les autres (fig. 941, 4), qui comprennent dans leur intervalle deux trous de conjugaison au lieu d’un seul.
Structure. — Les ligaments dentelés ne sont
Fig. 942.
Structure du ligament dentelé.
nullement homogènes au point de vue de leur constitution anatomique et, à cet effet, il y a lieu de leur distinguer deux portions : l’une interne, l’autre exteime (fig. 942).
a) La portion externe (3’), relativement épaisse, est formée par des faisceaux fibreux longitudinaux, suivant assez exactement la direction du bord libre. Leur ensemble constitue, le long de ce bord libre, une sorte de ruban compacte, blanchâtre ou même d’aspect nacré..
1. moelle épinière. — 2, dure-mère. — 3, ligament dentelé, avec : 3', sa uortion externe ou fibreuse; 3”, sa portion interne ou réticulaire. — 4 4’, orifices duraux pour les racines rachidiennes.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
La portion interne (3”), beaucoup plus mince, transparente, est représentée par une sorte de tissu réticulé. On y trouve encore des faisceaux fibreux, mais ces faisceaux fibreux y sont à la fois beaucoup plus minces et beaucoup plus rares. Quelques-uns suivent une direction transversale, mais la plupart d’entre eux sont obliques, obliques ascendants ou obliques descendants.
c. Rapports avec les racines rachidiennes. — Envisagés dans leur ensemble (fig. 940), les ligaments dentelés divisent l’espace compris entre la dure-mère et la pie-mère, en deux loges, l’une antérieure, l’autre postérieure, qui, nettement séparées au niveau des dents précitées, communiquent largement entre elles (fig. 9'24) au niveau des arcades interdentaires. De ces deux loges, l’antérieure est occupée, comme nous l’avons vu, par les racines antérieures ou motrices des nerfs rachidiens; la postérieure, par les racines postérieures ou sensitives. Les deux groupes de racines, ainsi séparés dans la plus grande partie de leur étendue, se rejoignent deux à deux au niveau de l’arcade correspondante et s’engagent alors dans le conduit fibreux que lui offre la dure-mère pour traverser le trou de conjugaison.
3° Extrémité supérieure. — A son extrémité supérieure, la pie-mère spinale se continue avec celle qui revêt le bulbe, laquelle se continue à son tour avec celle qui recouvre la protubérance.
¥ Extrémité inférieure. — A son extrémité inférieure, elle passe de la moelle sur le filuni terminale, qu’elle enveloppe sur tout son pourtour. 11 me paraît rationnel d’admettre que la pie-mère rachidienne, en tant que méninge, se termine exactement là où disparaissent, dans le filum, les éléments nerveux, à moins qu’on ne considère comme une dépendance de cette membrane la lame celluleuse qui, au-dessous du point précité, entoure des vaisseaux très fins, continuation de ceux de la moelle.
La pie-mère crânienne recouvre successivement les différents segments de la masse encéphalique. Continuation de la pie-mère rachidienne, elle présente les mêmes caractères généraux que cette dernière. Elle en dilfèi*e, cependant, en ce qu’elle est plus mince, plus délicate et surtout plus riche en vaisseaux. Nous lui considéi’ons, comme à la pie-mère rachidienne, une surface interne et une surface externe :
Surface interne. — La pie-mère crânienne a pour caractère essentiel de suivre rigoureusement tous les accidents que présente la surface extérieure de l’encéphale et, à ce sujet, il convient de l’examiner tour à tour sur le cerveau, sur le cervelet et sur ristlime :
y.) Sur le cerceau (fig. 9:25), nous la voyons tapisser la face libre des circonvolutions, descendre ensuite sur leurs faces latérales, atteindre le fond du sillon et s’y réfléchir pour remonter sur la circonvolution voisine. En d’autres termes, la piemère envoie dans chaque anfractuosité cérébrale, quelle que soit son importance, deux feuillets qui se rejoignent et se fusionnent dans le fond même de cette anfractuosité. Nous verrons tout à l’heure que l’arachnoïde se comporte d’une façon toute différente.
i) Sur le cervelet, la pie-mère envoie encore un double feuillet dans les sillons du premier ordre, le grand sillon circonférentiel par exemple. Mais, dans les sillons du deuxième et du. troisième ordre, nous ne trouvons plus qu’un feuillet.
lE -MÈllt: CRANIENNE
MENINGES
adhérant, par l’une et l’autre de ses faces, aux deux lames cérébelleuses voisines.
•{) Sur la protubérance, ainsi que le pédoncule cérébral et pédoncules cérébelleux, la pie-mère est plus adhérente que sur le cerveau et le cervelet. Elle est en même temps moins vasculaire et plus résistante. C’est une pie-mère de transition, revêtant déjà, à ce niveau, la plupart des caractères de la pie-mère rachidienne. La surface interne de la pie-mère crânienne est en rapport immédiat avec la substance nerveuse. Elle lui adhère par un certain nombre de filaments conjonctifs et surtout par les innombrables petits vaisseaux qui, de la pie-mère, descendent dans la substance nerveuse (artères), ou, de celle-ci, remontent dans la pie-mère (veines). Cette adhérence de la pie-mère est assez faible d’ordinaire pour permettre à une main tant soit peu exercée d’enlever cette membrane, sans intéresser la substance corticale sous-jacente. En dehors de tout état pathologique, elle est plus prononcée chez les jeunes sujets que chez les vieillards : on sait que, chez ces derniers, la décortication du cerveau se fait généralement avec la plus grande facilité.
2° Surface externe. — La surface externe de la pie-mère crânienne est en rapport avec le feuillet viscéral de l’arachnoïde, ou plus exactement, avec les espaces sous arachnoïdiens, qui la séparent de ce feuillet et dans lesquels circule le liquide céphalo-rachidien (voy. plus loin, p. 1078).
3° Formations chroroïdiennes. — A la partie postéro-inférieure de l’isthme de l’encéphale, la pie-mère s’insinue entre le cervelet et le bulbe pour former la toile choroidienne inférieure et les plexus choroïdes du quatrième ventricule.
De même, au niveau de la fente cérébrale de Bichat, la pie-mère crânienne s’engage dans l’épaisseur de la masse cérébrale pour y former la toile choroïdienne supérieure et les plexus choroïdes des venlricules latéraux {pie-mère interne de quelques auteurs).
Ces différentes formations pie-mériennes ou piales ont toutes été décrites, les premières à propos du quatrième ventricule (p. 713), les autres à propos de la conformation intérieure du cerveau (p. 856). Nous renvoyons le lecteur à ces descriptions.
§ ni. —Structure de la pie-mère
La méninge piala, comme la méninge dure, a une structure bien différente suivant qu’on l’examine dans sa portion rachidienne ou dans sa portion crânienne :
1° Pie-mère rachidienne. — La pie-mère rachidienne se compose de deux couches superposées : l’une interne, recouvrant directement la moelle ; l’autre externe, en rapport avec les espaces sous-arachnoïdiens.
a. Couche externe. — La couche externe est essentiellement constituée par des faisceaux conjonctifs, disposés pour la plupart en sens longitudinal, parallèlement à l’axe même de la moelle épinière. Onelques auteurs décrivent, sur chacune des faces de cette couche externe, un revêtement endothélial.
b. Couche interne ou intima pia. — La couche interne ou intima pia d’AxEc Key et Retzius est constituée à sa partie moyenne par des fibres conjonctives, affectant une disposition circulaire et circonscrivant entre elles un système de lacunes remplies de lymphe. Cette nappe conjonctive, qui forme comme le squelette de l’intima pia, est revêtue sur ses deux faces d’un fin réseau de fibres élastiques et d’une couche plus ou moins continue de cellules endothéliales. On rencontre enfin, dans l’épaisseur de l’intima pia, chez l’homme, mais surtout chez quelques
mammifères, notamment chez le mouton, une certaine quantité de pigment. Les cellules qui le renferment se trouvent situées entre la couche des libres conjonctives et le réseau élastique profond : elles sont particulièrement nombreuses sur la moelle cervicale et peuvent donner cà la pie-mère, même chez des individus de race hlanche, une coloration brun intense (Poughet et Toueneux).
c. Espace lymphatique intra-pial. •— Entre les deux couches consécutives de la pie-mère rachidienne se trouve un espace lymphatique en forme de fente : c’est Vespace intrapial. 11 communique d'une part avec les espaces sous-arachnoïdiens, d’autre part avec les lacunes de l’intima pia et les gaines lymphatiques des vaisseaux médullaires.
2° Pie-mère crânienne. — La pie-mère crânienne diffère de la pie-mère rachidienne en ce qu elle est réduite à sa couche interne, l’intima pia. Cette couche interne, du reste, présente à peu de chose près les mêmes caractères histologiques que sur la moelle : elle se compose d’une nappe de libres conjonctives plus ou moins entrecroisées, doublée, sur chacune de ses deux faces, d’un réseau élastique et d’un revêtement endothélial.
Fig. 943.
Cellules conjonctives pigmentées de la piemère (d’après Eou- CHET et Toukxeux).
On apeiroU enlre les cellules pigmentées des grains de pigment épars.
I V. — Vaisseaux et xm-iufs
1° Vaisseaux sanguins. — Des vaisseaux sanguins de la pie-mère ont été déjà
décrits à propos de la moelle, du bulbe, de
Fig. 944.
l’isthme de l’encéphale, du cervelet et du cerveau. Leurs plus fines ramifications sont situées : pour la pie-mère rachidienne, entre les deux couches de ceth'. membrane; pour la pie-mère crânienne, à la face externe de l'intima pia. Au moment où ces vaisseaux abandonnent la j)ie-mère pour pénétrer dans le névraxe, l'intima pia se replie autour d’eux et leur forme une gaine tubuleuse, gaine adventice, qui les accompagne plus ou moins loin dans la substance nerveuse (voy. Anatomie générale, p. 486 j.
Coupe transversale d’une circonvolution cérébrale et de ses enveloppes : gaines adventilielle et péri-adventitielle (demi-schématique, imitée de A. Key et Betzius).
1, 1, A aisseaux. — 2, feuillet A’iscéral de raraclinoïde. — O, espaces sous-araclmoïdieiis. — 4, pie-mère, s’enfonçant en forme d'entonnoir dans la substance cérébrale et se coniinuant avec l'adAenlice du vaisseau. — .5, espace lymphatique advenliliel. — 6, espace l\mpbatique périadventitiel. — 7, espaces épicérébraux de Ilis. — 8, substance cérébrale.
2° Lymphatiques. — Le mode de circulation de la lymphe dans l’épaisseur de la pie-mère ne nous est pas encore connu. Pour Roiux et pour SAPPiiv, il n’existe pas dans la niembrane nourricière du névraxe de vaisseaux lymphatiques vrais. Mais cette
formule, déduite de recherches négatives, ne saurait être acceptée sans discussion. MascaGxXi, en effet, a décrit dans la pie-mère des lymphatiques d’une grande ténuité, qui cheminaient parallèlement aux artères et aux veines : les
MÉNINGES
uns, supérieurs, se dirigeaient vers le sinus longitudinal supérieur ; les autres, inférieurs, sortaient du crâne par le trou occipital, par le canal carotidien et par le trou déchiré postérieur. De son côté, Fohmann a vu apparaître, à la suite d’insufflations pratiquées au-dessous de l’arachnoïde, un réseau lymphatique situé dans l’épaisseur de la pie-mère. Arnold, à son tour, en 1833, a fait représenter des réseaux et des troncs lymphatiques sur la face convexe de l'encéphale. Toutefois, aucun des vaisseaux injectés ou insufflés par Mascagni, par Fohmann et par Arnold, n’a pu être suivi par ces anatomistes jusqu’à un ganglion lymphatique. 11 y a donc lieu de s’en tenir, quant à leur signification morphologique, à une sage réserve : rien ne nous démontre, en effet, que les anatomistes précités n’aient pris pour des vaisseaux lymphatiques ce qui n’était, en réalité, que des gaines périvasculaires, des veinules ou même de simples interstices du tissu conjonctif.
3° Nerfs. — La méninge piale possède des nerfs, que nous envisagerons successivement sur sa portion crânienne et sur sa portion rachidienne :
a) La pie-mère crânienne nous présente, le long de. ses artères, des nerfs assez nombreux. Ils affectent une disposition plus ou moins plexiforme et proviennent très probablement du plexus carotidien. On a pu suivre leurs plus fines divisions jusque sur les ramuscules vasculaires qui pénètrent dans les circonvolutions ; mais nous n’avons encore aucune notion précise sur leur mode de terminaison. Bochdai.EGK a vu, en outre, se détacher des racines d’un grand nombre de nerfs crâniens des ramuscules très ténus, qui se rendaient aux plexus sympathiques des artères de la base.
(i) La pie-mère rachidienne possède également un riche réseau nerveux. Les filets qui le constituent proviennent pour la plupart du grand sympathique, mais ici encore, il existe (Remak, Kôlliker) un certain nombre de filets très fins, qui se détachent des racines postérieures des nerfs rachidiens et pénètrent directement dans la pie-mère. Nous devons signaler enfin, comme aboutissant aux réseaux nerveux pie-mériens, quelques rameaux émanant des nerfs sinu-vertébraux de Llsckha (voy. Nerfs rachidiens).
Quelle est la signification anatomique des réseaux nerveux de la pie-mère ? 11 est très rationnel de penser qu’ils se terminent dans les muscles lisses des artères et qu’ils deviennent ici, comme sur les autres points de l’économie, des régulateurs de la circulation. Kôlliker a pu suivre ces vaso-moteurs dans la substance même du cerveau jusque sur des artères de 90 p. et au-dessous.
Mais n’existe-t-il dans la pie-mère que des vaso-moteurs ? N”y a-t-il pas en même temps des filets sensitifs propres, susceptibles d’être impressionnés et de devenir le point de départ de réflexes à l’état normal comme à l’état morbide ? 11 est très probable qu'il en est ainsi ; toutefois, c'est une question qu’il convient de réserver jusqu’à ce que l’expérimentation directe nous ait fourni une solution.
Plusieurs observateurs, notamment Saxer (dans ün cas de syringomyélie), Ficeler (dans un cas de mal de Pott), Nageotte (dans des cas de tabes), Dercum et Spiller (dans un cas d'adiposis dolorosa) ont signalé l’existence, dans la pie-mère spinale, de fibres nerveuses à myéline : leur signification anatomique n’est pas encore nettement élucidée (voy., à ce sujet, un travail de Dercum et Spiller, in Revue neurologique, 1901, p. 222).
, ARTICLE 111
arachnoïde
Intermédiaire à la dure-mère et à la pie-mère, l’arachnoïde, ainsi appelée à cause de sa ténuité qui l’a fait comparer à une toile d’araignée (de àqiyyr^. toile d’araignée, et sISoç, ressemblance), est généralement considérée en France, depuis Bichat, comme appartenant au tissu séreux. C’est une membrane séreuse, analogue
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
aux grandes séreuses viscérales et comprenant, comme elles, deux feuillets : un feuillet pariétal, en rapport avec la dure-mère, et un feuillet viscéral, en rapport avec les centres nerveux. Entre les deux feuillets existe une cavité, la cavité arachnoïdienre, cavité à peu près virtuelle à l’état physiologique, mais pouvant, sous l’influence de causes pathologiques diverses, devenir le siège d’épanchements plus ou moins considérables. Ainsi que nous l’avons fait pour les deux autres méninges, nous décrirons séparément : i'' V arachnoïde rachidienne ;
2° V arachnoïde crânienne.
§ 1. —Arachnoïde rachidienne
Feuillet pariétal. — Le feuillet pariétal (fig. 945, b) tapisse la dure-mère rachidienne dans toute son étendue. Il lui adhère d’une façon intime, tellement
Coupe horizontale de la colonne vertébrale, pour montrer la disposition des méninges rachidiennes
[schématique).
1, moelle épinière, avec 1’, sillon médian anlérieur. — 2, racines antérieures. — 3, racines postérieures. — 4, |)ie-inèrc [en rouge). — 5, ligaments dentelés. — G, septum posticum de Schwai.ue. — 7, araclino'ide, avec : a, son feuillet viscéral ; 5, son feuillet pariétal; c, cavité aracliiioïdieniie ou espace siibdural [en noir). — 7, esfjace sous-arachnoïdieu [en bleu). — 9, dure-mère [en jaune). — 10, espace épidural, avec 10’, lu’, veines intra-racliidieunes. — 11, ligament vertébral commun postérieur. — 12, coupe de la vertèbre.
intime qu’on ne peut arriver par la dissection à séparer l’ttne de l’autre les deux membranes.
2^ Feuillet viscéral. — Le feuillet viscéral (fig. 945, a), transparent et d’une ténuité extrême, revêt la forme d’un manchon, qui entoure la moelle dans toute sa hauteur et se prolonge même, au-dessous d’elle, sur la queue de cheval. Il descend ainsi jusqu’au sommet du cul-de-sac durai et, là, se réfléchit en dehors pour se contiuuer avec le feuillet pariétal (fig. 946, 2 et 2’j. Envisagé au point de vue de ses rapports, le feuillet viscéral de l’arachnoïde rachidienne est appliqué
MENINGES
contre le feuillet pariétal et, par conséquent, suit exactement la direction de la dure-mère. 11 en résulte que, comme cette dernière, l’arachnoïde est d’une capacité beaucoup plus grande qu’il ne le faudrait pour contenir la moelle : elle ne s’applique donc pas immédiatement sur elle, mais en reste séparée par un vaste espace circulaire : c’est Vespace sous-arachnoïdien de la moelle o\xlac bulbo-spinal (fig. 944, 8).
Nous y reviendrons plus loin.
Cavité arachnoïdienne ; continuité des deux feuillets. — La cavité arachnoïdienne (fig. 945, c), que circonscrivent les deux feuillets précités, est traversée çà et là par de nombreux tractus conjonctifs, qui vont du feuillet viscéral au feuillet pariétal : c’est donc une séreuse cloisonnée.
Elle est traversée aussi ;1° par l’extrémité externe des filaments conjonctifs, ci-dessus décrits, qui unissent la pie-mère à la duremère, en particulier par la cloison médiane postérieure (fig. 925, 6) ; 2° par l’extrémité externe des dents du ligament dentelé ;
3° par les racines antérieures et les racines postérieures des nerfs rachidiens, au moment où ces racines vont s’engager dans leur canal durai ; 4^ par les vaisseaux qui accompagnent ces racines.
Chacune de ces formations, dans sa traversée arachnoïdienne, est entourée surtout son contour par une gaine séreuse, naturellement très courte, qui va du feuillet viscéral au feuillet pariétal et qui établit ainsi la continuité réciproque des deux feuillets.
§ 11. — Arachnoïde crânienne
Feuillet pariétal . — Le feuillet pariétal de l’arachnoïde (fig. 946, b) se comporte exactement dans le crâne comme dans le rachis : il s’applique sur la surface interne de la dure-mère et sur ses prolongements (faux du cerveau, faux du cervelet, tente du cervelet). Ici encore l’adhérence est intime entre les deux membranes et la dissection est impuissante à les séparer.
2° Feuillet viscéral. — Le feuillet viscéral (fig. 946, a), a pour caractères, en s’étalant sur la surface si accidentée de la masse encéphalique, d’adhérer à toutes les parties saillantes et de passer comme un pont au-dessus des anfractuosités. Comme on le voit, l’arachnoïde crânienne, dans son mode d’étalement, est bien différente de la pie-mère, qui, elle, descend dans ces mêmes anfractuosités en conservant toujours le contact avec la surface extérieure du névraxe (voy. fig. 947). 11 résulte de cette disposition qu’il existe ici comme dans le rachis, entre la pie-mère et le feuillet viscéral de l’arachnoïde, un système de cavités irré-
Fig. 946.
Le cul-de-sac durai, ouvert en arrière, pour montrer la continuité, à ce niveau, du feuillet viscéral de l’arachnoïde av^ec le feuillet viscéral.
1, durp-mère. — 2, 2’, feuillet pariétal et feuillet viscéral de l’arachaoïde. — 3, filuui terminale, — 4, espaces sous-araclmoïdiens (lac spino-terminal).
— 5, ligament duro-coccygien. — 6, nerf coccygien.
— 7, 7, les dernières paires sacrées.
1070 SYSTEME NERVEUX CENTRAL
giilières et sinueuses : ce sont les espaces sous-arachnoïdiens du crâne. Nous consacrerons le paragraphe suivant à l’étude de ces espaces et du liquide qui les
remplit. Nous nous contenterons, pour l’instant, d’indiquer les particularités que présente l’étalement du feuillet viscéral de l’arachnoïde sur les différents segments de l’encéphale et nous l’examinerons successivement : i“ sur la face externe des hémisphèrss ; 2° sur la face interne de ces mêmes hémisphères ; 3® à la base de f encéphale ; ¥ sur le cervelet.
A. Arachnoïde de la face externe DES HÉMISPHÈRES. — Sur la facc externe des hémisphères, le feuillet viscéral de l’arachnoïde s’étend, sans interruption et sans former un pli, du bord supérieur au bord inférieur et de l’extrémité frontale à l’extrémité occipitale.
Dans ce trajet (fig. 947, a) il s’applique à la surface libre des circonvolutions et se trouve uni à cette surface par une mince couche de tissu conjonctif. Mais il ne revêt pas leur face latérale. Comme nous le montre nettement la figure précitée, il passe à la manière d’un pont d’une circonvolution sur la circonvolution voisine, transformant ainsi le sillon sousjacent en un canal anfractueux, de forme prismatique et triangulaire.
B. Arachnoïde de la f.\ce interne des hémisphèrfs. — Sur la face interne des hémisphères, le feuillet viscéral de l’arachnoïde descend du bord supérieur de l’hémisphère vers le corps calleux, en conservant toujours son même caractère, qui est de suivre le chemin le plus court pour se rendre d’un point à un autre et ne former aucun pli.
Arrivé au niveau du bord inférieur de la faux du cerveau, il s’infléchit en dedans, passe transversalement au-dessous de ce bord et remonte alors pour tapisser la face interne de Ehémisphère du côté opposé.
Comme la faux du cerveau ne touche le corps calleux qu’à sa partie postérieure et en est séparée, à sa partie antérieure, par un intervalle de 6 à 8 millimètres, il s’ensuit que l’arachnoïde, elle aussi, repose, sur le corps calleux en arrière et en est séparée, en avant, par une distance qui mesure également de 6 à 8 millimètres. Dans cet intervalle (fig. 934), les deux hémisphères sont immédiatement en contact et se pénètrent même réciproquement, je veux dire que les circonvolutions de l’im se logent dans les anfractuosités de l’une et vice versa.
C. Arachnoïde de la ba.se de l’encéphale. — A la base de l’encéphale (fig. 948, 3), le trajet de l’arachnoïde, beaucoup plus complexe, doit être examiné séparément sur les côtés et sur la ligne médiane :
a. Sur les côtés. — Sur les côtés, le feuillet viscéral de l’arachnoïde recouvre d’abord le lobe orbitaire, où il rencontre, immédiatement en dehors du gyrus rectus, le bulbe olfactif et la bandelette olfactive. Au niveau du bulbe (fig. 948j, il enveloppe cet organe, en lui formant une gaine à peu près complète. Au niveau de la
Coupe transversale des circonvolutions pour montrer la disposition des méninges crâniennes (schématique).
1 , circonvolutions cérébrales. — 2, pie-mère. — 3. arachnoïde, avec : a, son feuillet viscéral ; b, son feuillet pariétal ; c, cavité araclinoVdienne. — 4, dure-mère. — 3, espaces sous-araclinoïdiens.
MÉNINGES
bandelette, il se contente de passer au-dessous d’elle et de l’appliquer contre les circonvolutions olfactives. Arrivé à la scissure de Sylvius, il passe par-dessus cette scissure à la manière d’un pont et s’étale alors d’avant en arrière sur le lube temporo-occipital, qu’il revêt dans toute son étendue sans présenter aucune particularité importante. En passant sur la scissure de Sylvius, l’aracbnoïde transforme cette scissure en un canal large et profond (fig. 949, 3), que Magendie avait désigné sous le nom de confluent latéral ; on l’appelle plutôt aujourd’hui lac sylvien.
b. Sur la ligne médiane. — Sur la ligne médiane et tout à fait à la partie antérieure des lobes frontaux, le feuillet viscéral de l’arachnoïde s’engage tout d’ahord dans la scissure interhémisphérique, pour se continuer avec le feuillet homonyme qui tapisse la face interne des hémisphères. Mais, au niveau du genou du corps calleux, il passe directement d’un hémisphère à l’autre, en déterminant ainsi, au-dessus de lui, un large espace. Cet espace (fig. 945, 2), appelé confluent antérieur ou lac calleux, se prolonge en haut sur la face supérieure du corps calleux et s’étend en bas, jusqu’au chiasma des nerfs optiques.
Parti du chiasma, le feuillet arachnoïdien recouvre la partie antérieure du tuber cinereum et rencontre bientôt la tige pituitaire, à laquelle il forme une gaine en forme d’entonnoir. Puis, perdant le contact de la surface cérébrale, il se porte directement et par le chemin le plus court, en arrière jusqu’à la protubérance, latéralement jusqu’au bord interne des hémisphères cérébraux. Il forme ainsi dans cette région un nouveau lac (fig. 945, 1), le plus large et le plus important de tous : c’est le lac central, encore appelé confluent central (Sappey) ou confluent inférieur (Magendie).
En arrière du lac central, le feuillet viscéral de l’arachnoïde revêt régulièrement la face antérieure de la protubérance et se fusionne, au niveau du trou occipital, avec le feuillet correspondant de l’arachnoïde rachidienne.
D. Arachnoïde du cervelet. — A la partie postéro-inférieure de l’encéphale et sur la ligne médiane, au niveau du point de rencontre du cerveau avec le cervelet, le feuillet viscéral de l’arachnoïde passe directement du bourrelet du corps calleux sur la face supérieure du cervelet. Il circonscrit ainsi, au-dessus de cette face, un autre lac impair et médian (fig. 953, 6) : c’est le confluent supérieur ou lac cérébelleux supérieur, lequel a pour plancher les tubercules quadrijumeaux, la valvule de Vieussens et l’extrémité antérieure du vermis supérieur.
Le feuillet arachnoïdien s’étale ensuite sur toute la surface supérieure du cervelet et arrive à la circonférence de cet organe, où il se comporte différemment sur les côtés et sur la ligne médiane :
a) Sur les côtés, il se réfléchit eil has et en dedans, revêt la face inférieure des hémisphères cérébelleux et se continue, au niveau du bulbe, avec la portion du feuillet arachnoïdien qui provient de la base du cerveau et de la protubérance.
(i) Sur la ligne médiane, . il passe d’un hémisphère cérébelleux à l’autre et, abandonnant sans la revêtir la face inférieure du vermis inférieur, il descend
Fig. 948.
Coupe sagittale passant par la bandelette olfactive et le bulbe olfaclif, pour montrer la disposition, à ce niveau, du feuillet viscéral de Tarachnoïde.
J, bandelette olfactive. — 2, bulbe olfactif. — 3, pie-mère [en rouge). — 4, arachnoïde (en bleu). — 5, espace sous-arachnoïdien. — 6, fond du sillon olfactif. — 7, substance cérébrale.
lOTbi
SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
directement sur la face postérieure du bulbe et de la moelle. Au-dessous de lui, s’étend un vaste espace impair et médian (tig. 953, 7), le confluent inférieur ow. lac cérébelleux inférieur, dont la paroi supérieure répond au vermis inférieur et dont la paroi inférieure est formée par la toile choroïdienne du quatrième ventricule. C’est dans le lac cérébelleux inférieur que vient s’ouvrir, on s’en souvient (p. 715), le trou de Magendie, qui occupe l’extrémité inférieure du quatrième ventricule et
xMode (rétaleiiient du l'ouillet viscéral de raraclmoïde à la base de l’encéphale.
(Le l'euilicl viscéral est eu place sur l liémisphère droit; sur riiémisphcre gauche, il a été scclioniié et récliné en dedans.)
1, coupe de la dure-rnère. — 1’, coupe de la faux du cerveau. — 2, teule du cervelet, s’enfonçant entre le cervelet et la partie inférieure des hémis|)licres. — 3, arachnoïde viscérale, passant j)ar-dessus la scissure de Sylvius {lac sylvien).
— 4, pont formé par rarachuoïile xiscérale entre la |)arlie fronto-orbitâire des deux hémisphères (/ac calleux). 5, pont formé par l'arachnoïde viscérale entre les deux îohes sphénoïdaux et la protubérance el limitant en bas le confluent inférieur ou lac central. — ti. arachnoïde tapissant la face inférieure de la protubérance et du bulbe rachidien.
— T, gaines fournies par l'arachnoïde aux nerfs crâniens. — 8, pie-mère et réseau veineux de la base de 1 encéphale.
— 9, bulbe olfaclif, recouvert sur toute sa surface par le feuillet viscéral de l'arachnoïde. — lU, artère carotide interne 1 1, artère verlébrale.
établit sur ce point une communication directe entre les ventricules encéphaliques et les espaces sous-arachnoïdiens.
3"* Continuité des deux feuillets. — Ici, comme dans le rachis, la continuité entre le feuillet viscéral et le feuillet pariétal est établie par les gaines séreuses que l’arachnoïde jette sur tous les cordons vasculaire.s et nerveux qui traversent sa cavité pour se rendre de la pie-mère à la dure-mère (fig. 950,5 et 5'). Les rap-
MÉNINGES
ports des nerfs crâniens avec l’arachnoïde ont été parfaitement décrits par Farabëuf (Thèse d’agrégation, Paris, 1875), à qui j’emprunte les lignes suivantes ; (c Le cerveau étant renversé, la base en l’air, on constate facilement, en soulevant la séreuse viscérale par insufflation, que les racines des nerfs sont, dans la première partie de leur parcours, tout à fait accolées à la pie-mère et, par conséquent, placées sous l’arachnoïde ; on voit, de plus, que cette membrane ne leur fournit qu’une très courte gaine au moment où les nerfs s’engagent dans les orifices de la dure-mère. Cet orifice est, en général, assez juste pour que l’arachnoïde n’y puisse pénétrer avec le nerf. On peut, cependant, constater qu’il y a une très légère et insignifiante invagination de la séreuse dans le conduit ostéo-fibreux de chaque cordon nerveux. Il faut évidemment faire une exception pour les nerfs du conduit auditif interne. Celuici est bien trop grand pour ceux-là; aussi le liquide céphalo-rachidien s’avance-t-il autour et au-dessous des nerfs facial et acoustique jusqu’à une profondeur de plusieurs millimètres. Près du fond du conduit, le feuillet viscéral, qui jusque-là engainait très lâchement les deux nerfs, s’attache au contraire à leur enveloppe, ainsi qu’à la dure-mère sur laquelle il se réfléchit. »
Fig. 950.
Schéma représentant les rapports des méninges avec les nerfs crâniens.
1, centres nerveux. — 2, un nerf crânien. — ■ 3, paroi crânienne. — 4, névrilème. — .5, feuillet viscéral et 5’, feuillet pariétal de l’arachnoïde [en bleu). — 6, dure-mère (en jaune). — 6’, périoste.