‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 150 sur 166 · III. — Structure de l’arachnoïde · texte numérisé non relu

III. — Structure de l’arachnoïde

L’arachnoïde présente à peu de chose près la même structure dans le rachis et dans le crâne. Elle se compose, avons-nous dit, de deux feuillets, un feuillet pariétal et un feuillet mscéral. Il convient de les examiner séparément :

1° Structure du feuillet pariétal. — Le feuillet pariétal est essentiellement constitué par une couche de cellules endothéliales, de il à 13 [jl de diamètre, appliquées contre la face interne de la dure-mère. D’après Robin (mais l’opinion de cet histologiste est loin d’être généralement admise), ce feuillet nous présenterait en outre une mince lame conjonctive, directement appliquée contre la dure-mère et différant de cette dernière par une transparence plus grande et par une quantité plus considérable de matière amorphe.

2° Structure du feuillet viscéral. — Le feuillet viscérel est formé, lui aussi, par une mince lame conjonctive revêtue, sur sa face libre, d’une couche de cellules endothéliales ;

a) La lame conjonctive se compose de faisceaux conjonctifs très fins, très délicats, diversement entrelacés. Autour de ces faisceaux s’enroulent ordinairement un certain nombre de fibrilles élastiques, de telle sorte que, lorsqu’ils sont gonflés par l’acide acétique, ils présentent une série de renflements en chapelet (Kôlliker).

P) Quant aux cellules endothéliales, elles sont exactement semblables, comme forme et comme disposition, à celles du feuillet pariétal.

Les anatomisles anglais et allemands, considérant que le feuillet pariétal de l’arachnoïde est inséparable de la dure-mère, le rattachent à cette dernière membrane. Dès lors, l’arachnoïde se trouve

SYSTEME NERVEUX CENTRAL

rôdiiitc pour eux à un feuillet unique, qui est notre feuillet viscéral et, du même coup, elle perd sa signdication de membrane séreuse. Gomme conséquence, la cavité que nous avons appelée araclinoidienne n’est plus une cavité séreuse, mais une simple fente lymphatique, qui se trouve située entre la dure-mère et l’araclinoïde et à laquelle ils donnent le nom d’espace subdural.

Je ne puis accepter une pareille interprétation. Tout d’abord, nous ne voyons nulle part dans l'économie une membrane fibreuse avoir pour élément constituant un revêtement endothélial ; alors, pourquoi rattacherait-on à la dure-mère l’endothélium qui tapisse sa surface interne? D’autre part, l’endothélium sous-dural. s'il est intimement uni à la dure-mère, n’en forme pas moins une couche continue, entièrement semblable à celle qui revêt la face externe du feuillet viscéral et se continuant avec cette dernière sur tous les points où un organe quelconque (artère, nerf- ou simple faisceau conjonctif) traverse l’espace subdural. Elle a donc, morphologiquement, la même valeur que la couche endothéliale du feuillet arachnoïdien viscéral ; l’une et l'autre représentent les deux feuillets adossés d’une séreuse. Le feuillet pariétal de la séreuse du cœur adhère, lui aussi, d’une façon intime, au sac libreux du péricarde et, pourtant, tous les anatomistes s'accordent à le considérer comme le feuillet externe de la séreuse péricardique.

La cavité arachnoïdienne ou espace subdural ne contient, à l’état normal, qu’une toute petite quantité de liquide : c’est le liquide arachndidien, qui lubréfie les deux feuillets en contact et favorise leur glissement. Cette cavité est généralement considérée chez nous comme étant une cavité parfaitement close. Schw.xlbe, A. Key et Retzius ont vu, cependant, des injections colorées poussées dans l’espace arachnoïdien, pénétrer ; 1» dans les vaisseaux et les ganglions lymphatiques profonds du cou ; 2° dans les espaces subduraux des racines nerveuses, notamment des trois nerfs sensoriels, l’olfactif, l’optique et l’auditif ; 3« dans les vaisseaux veineux et dans les canaux plasmatiques de la dure-mère. Les résultats de ces injections dénotent bien certainement que le liquide injecté passe de la cavité arachnoïdienne dans les voies veineuses et lymphatiques précitées. Mais le mécanisme, en vertu duquel se fait ce passage, ne me paraît pas nettement élucidé, et ici encore, comme pour toutes les séreuses, nous devons nous demander s’il s’effectue par fd tration, par des orifices naturels ou par de simples effractions.

§ IV. — Vaisseaux et nerfs

L’arachno'ide ne possède pas de vaisseaux lui appartenant en propre. Quant aux nerfs, ils sont niés par la plupart des histologistes, notamment par Kôlliker. Boen- D.YLECK et Lusghka ont bien signalé, dans l’arachno'ide crânienne, un certain nombre de filets nerveux paraissant dériver du trijumeau, du facial et du spinal, VoLKMANN, à son tour, a bien décrit un riche plexus nerveux sur l’arachno'ide de certains ruminants. Mais ces observations, déjà anciennes, sont en outre fort peu précises au sujet du mode de terminaison des nerfs précités. Elles ne sauraient, par conséquent, être acceptées sans réserve. La question des nerfs de l’arachnoïde on le voit, appelle de nouvelles recherches.

ARTICLE IV

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