LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN
On donne ce nom de liquide céphalo-rachidien au liquide qui remplit les espaces sous-arachno'ïdiens du crâne et du rachis et entoure ainsi Taxe encéphalo-médullaire dans toute son étendue.
1« Espaces sous-arachnoïdiens. — Nous avons vu plus haut que l’arachnoïde rachidienne ne repose pas directement sur la moelle, mais en est séparée par un large espace circulaire. En ce qui concerne l’arachnoïde crânienne, nous avons vu de même que, tandis que la pie-mère descend dans le fond des anfractuosités, elle passe à la manière d’un pont d’une saillie sur la saillie voisine. 11 s’ensuit qu’entre ces deux membranes, l’arachno'ïde d’une part et la pie-mère de l’autre, on rencontre des cavités irrégulières (fig. 947, oj, dont la configuration se confond naturellement avec la configuration même de toutes les dépressions, grandes
MENINGES
OLi petites, qui sont creusées à la surface extérieure des centres encéphaliques.
Il existe donc, dans toute la hauteur du névraxe, au-dessous du feuillet viscéral de l’arachnoïde, un système de cavités qui séparent cette dernière membrane de la pie-mère. Ces cavités sont les espaces sous-arachnoïdiens .
Les espaces sous arachnoïdiens nous présentent à leur intérieur des trabécules plus ou moins épaisses de tissu conjonctif, qui vont d’une paroi à l’autre et cloisonnent ces espaces à l’infini. Ces trabécules, au niveau de la moelle et du bulbe, sont relativement rares ; elles s’étendent, pour la plupart, de la pie-mère à la duremère, en traversant non seulement l’espace sous-arachnoïdien, mais encore la
Fig. 951.
Coupe horizontale de la colonne vertébrale, pour montrer la disposition des méninges rachidiennes
{schématique) .
1, moelle épinière, avec 1’, sillon médian antérieur. — 2, racines antérieures. — 3, racines postérieures. — 4, pie-mère {en rouge). — o, ligaments dentelés. — 6, septum posticum de Schwai.be. — 7, arachnoïde, avec : a, son feuillet viscéral : b, son feuillet pariétal; c, cavité arachnoïdienne ou espace subdural {en noir) — 8. espace sous-arachnoïdien (en bleu). — 9, dure-mère (en jaune). — 10, espace épidural, avec 10', 10’, veines intra-rachidiennes. — 11, ligament vertébral commun postérieur. — 12, coupe de la vertèbre.
cavité arachnoïdienne elle-même. Au niveau de l’encéphale, les trabécules sousarachnoïdiennes, beaucoup plus nombreuses et beaucoup plus serrées, restent en deçà de cette dernière cavité : elles s’implantent d’une part sur la pie-mère, d’autre part sur le feuillet viscéral de l’arachnoïde. Bon nombre d’anatomistes les rattachent à la pie-mère, à laquelle ils distinguent alors deux couches : la couche interne ou profonde, qui repose immédiatement sur la substance cérébrale et qui n’est autre que la pie-mère proprement dite, telle que nous l’avons décrite plus haut; une couche externe ou superficielle, occupant tout l’espace qui sépare la couche précédente du feuillet viscéral de l’arachnoïde et constituée exclusivement par du tissu conjonctif lâche, dont les aréoles, toujours très larges, sont remplies par le liquide céphalo-rachidien. Axel Kky et Reïzius ont décrit, sur les travées qui circonscrivent ces aréoles, des revêtements endothéliaux plus ou moins continus, disposition qui établit une analogie indéniable entre les espaces sous-arachnoï-
ANATO-MIE HÜ.VIAIXE. — T. II, 6= ÉDIT.
diens et les cavités séreuses : l’espace sous-arachnoïdien ne serait qu’une vaste séreuse cloisonnée.
Du côté des centres nerveux, les espaces sous-arachnoïdiens se continuent avec les gaines lymphatiques des vaisseaux. Du coté du système nerveux périphérique, ils se prolongent le long des cordons nerveux jusqu’à leur terminaison au sein
des organes {espace séreux des nerfs). Il n’est pas jusqu’à la périlymphe de l’oreille interne et aux espaces lymphatiques de la lamina fusca, qui ne communiquent avec les espaces sous-arachnoïdiens par l’intermédiaire du nerf auditif et du nerf optique (Sghwalbe). Nous sommes donc amenés à admettre que tous les éléments du système nerveux, tant centraux que périphériques, baig nent en plein liquide céphalo-rachidien. Ce liquide devient ainsi le vrai milieu intérieur au sein duquel le système nerveux se nourrit et fonctionne. Mais le liquide céphalo-rachidien remplit encore un rôle mécanique : il protège la délicatesse de l’élément nerveux contre le choc de l’ondée sanguine et contre l’influence nocive de la pression vasculaire, lorsque celle-ci, pour une raison ou pour une autre, vient à s’élever au-dessus du taux normal.
2° Circulation du liquide céphalo-rachidien : rivuli, rivi, flumina, lacs. — A la
surface du cerveau, le liquide céphalorachidien circule dans les sillons tertiaires, secondaires et primaires, qui deviennent ainsi, suivant leur importance, des rivuli, des rivi et des flumina (Duret). Les rivuli se jettent dans les rivi, ceux-ci dans les flumina ; les flumina, enfin, débouchent dans les lacs ou confluenls.
a. Lacs ou confluents. — Les lacs, dont nous avons déjà indiqué la situation et le nom en étudiant le feuillet viscéral de l’arachnoïde, sont au nombre de six, savoir (lig. 95:2 et 953) : 1° le lac sylvien, qui occupe la partie inférieure de la scissure de Sylvius; 2° le lac calleux, qui est situé au-dessous du genou du corps calleux; 3° le lac central, qui répond à l’espace interpédonculaire et aux pédoncules cérébraux ; 4® le lac cérébelleux supérieur, qui s’étale entre le bourrelet du corps calleux et la face supérieure du cervelet ; 5" le lac cérébelleux inférieur, qui repose sur la moitié postérieure du quatrième ventricule, entre le toit ventriculaire et la face inférieure du cervelet; 6^ le lac bulbo-sprinal, enfin, qui occupe toute la hauteur de la moelle et dont l’extrémité inférieure, située tout autour de la queue de cheval et fortement renflée, peut en être distinguée sous le nom de lac spino-terminal {ampoule terminale, sinus terminal de certains auteurs).
b. Communication des lacs entre eux. — Ces différents réservoirs du liquide céphalo-rachidien communiquent largement entre eux. — C’est ainsi que le lac sylvien et le lac calleux s’unissent au niveau de l’espace perforé antérieur et aboutisssent l’un et l’autre au lac central. — Le lac central communique à son tour :
Fi^?. 952.
Lacs et llumina de la base du cerveau (d’après Dur, et).