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DEUXIÈME SECTION

ARTÈRES

ANATOMIE GÉNÉRALE

Les artères sont des canaux membraneux, à ramifications divergentes, chargés de distribuer dans les différentes parties du corps le sang qui est expulsé, à chaque systole, par les cavités ventriculaires. Envisagés dans leur ensemble, ces canaux nous présentent à considérer : 1® leur disposition générale dans l'organisme; 2° leur conformation extérieure ; 3° leur structure) 4°Teur nomenclature.

§ I. — Disposition générale du système artériel

1° Origine et trajet, arbre artériel. — Ainsi que nous l’avons vu plus haut, deux troncs volumineux s’échappent des ventricules : V artère pulmonaire et X artère aorte. L’artère pulmonaire, (|ui relie le ventricule droit aux deux poumons, a un trajet fort court et se ramifie d’uné façon très simple. Aussi est-ce l’aorte que nous aurons principalement en vue dans les quelques considérations générales qui vont suivre.

Au fur et à mesure qu’elles s’éloignent du cœur, les artères se ramifient et abandonnent successivement aux territoires organiques qu’elles traversent le sangnécessaire à leur nutrition et à leur fonctionnement. Les troncs se divisent en branches, les branches fournissent des rameaux, lesquels se résolvent à leur tour en ramuscules.

Par suite de ces divisions et subdivisions successives, le système aortique, considéré dans son ensemble, ressemble assez bien à un arbre, X arbre aortique, dont le tronc est implanté sur le ventricule gauche et dont les innombrables ramifications s’étendent à tous les territoires vasculaires de l’organisme.

2® Branches collatérales et branches terminales. — Les branches fournies par les artères sont de deux sortes : elles sont terminales ou collatérales . — Les branches terminales résultent de la bifurcation d’un tronc, lequel cesse d’exister par le fait même de cette division: c’est ainsi que l’humérale se divise au pli du coude en deux branches terminales, qui sont la radiale et la cubitale ; que la poplitée se termine, de même, en fournissant deux branches terminales, la tibiale antérieure et le tronc tibio-péronier, etc. — Les branches sont dites collatérales lorsqu’elles se détachent d’un tronc qui n’en continue pas moins son parcours et va se terminer plus loin : l’artère humérale, par exemple, fournit au cours de son trajet de l’aisselle au coude plusieurs branches collatérales, telle que l’humérale profonde, l’artère du biceps, la collatérale interne inférieure, etc.

3*^ Angle d’incidence des collatérales . — Les collatérales d’une artère suivent

ANGEIOLOGIE

généralement un trajet oblique par rapport à cette dernière; en d’autres termes, les collatérales se détachent du tronc générateur sous un angle aigu dont le sommet est tourné du côté du cœur. Ce fait, toutefois, comporte des exceptions nombreuses. L’angle d’incidence d’une artère sur le tronc dont elle émane peut être un angle droit, comme on le voit pour les intercostales moyennes. Il peut même dépasser les limites de l’angle droit et devenir un angle obtus ; on dit alors que l’artère suit un trajet récurrent ou, plus simplement encore, qu’elle est récurrente. Gomme exemples d’artères récurrentes, je rappellerai les premières intercostales fournies par l’aorte, la récurrente tibiale antérieure, les récurrentes radiales et cubitales, etc.

4° Éperon artériel. — Lorsqu’on ouvre transversalement un tronc artériel à 1 ou :2 centimètres au-dessus de sa bifurcation et qu’on examine l’intérieur du vaisseau, on aperçoit dans le fond les orifices des deux branches terminales et, entre les deux, une lame mince et tranchante, affectant la forme d’un croissant. Cette lame, connue sous le nom éééperon^ a pour effet, on le conçoit, de diviser le courant sanguin en deux courants secondaires. Elle joue le même rôle que ces doubles plans inclinés que l’on construit parfois au-devant des piles d’un pont, pour rompre le courant et en diriger les efforts vers le milieu des arches.

5® Rapports volumétriques des branches de bifurcation avec le tronc générateur. — C’est une loi bien établie en morphologie vasculaire que, lorsqu’une artère se divise, les aires ou surfaces de coupe des deux branches de bifurcation, réunies ensemble, dépassent toujours l’aire du tronc généi-ateur : c’est ainsi que chacune des deux artères iliaques primitives a une aire supérieure à la moitié de l’aire de l’aorte à sa terminaison; que l’aire de la radiale et celle de la cubitale, totalisées, donnent un chiffre plus élevé que celui qui représente l’aire de l’humérale. il résulte d'une pareille disposition que la capacité du système artériel s’accroît au fur et à mesure qu’on s’éloigne du cœur. 11 en résulte aussi que le système aortique, dans son ensemble, peut être considéré comme un vaste cône dont le sommet tronqué répond à l’orifice artériel du ventricule gauche et dont la base, tout idéale, serait représentée par la somme des aires do toutes les artérioles de l’organisme, au moment oii elles se transforment en capillaires.

§ n. — Conformation extérieure des artères

A l’étude de la conformation extérieure des artères se rapportent leur forme et leur calibre, leur direction, leur situation et leurs rapports, leurs anastomoses, leurs anomalies, leur mode de terminaison.

1° Forme et calibre. — Toutes les artères, les plus grêles comme les plus volumineuses, sont régulièrement cylindriques et leur diamètre ne varie pas pour un segment quelconque compris entre deux collatérales voisines. Par contre, ce même diamètre diminue immédiatement après le départ d’une collatérale et, de nouveau, il reste fixe jusqu’à l’émergence d’une nouvelle branche.

Les artères, considérées isolément, diminuent donc de calibre au fur et à mesure qu’elles s’éloignent de leur point d’origine. Mais on ne saurait dire, toutefois, que chacune d’elles ressemble à un cdue tronqué; une pareille comparaison, qui s’étale dans quelques livres classiques, est manifestement inexacte. Les artères se composent plutôt, comme l’a déjà écrit Btcuat depuis plus de quati e-vingts ans, d’une série de cylindres placés à la suite les uns des autres et allant en décroissant du

ARTÈRES

cœur vers les capillaires. Le point d’union de ces différents cylindres correspond toujours, on le conçoit, à Témergence d’une ou de plusieurs collatérales.

Au point de vue

de leur calibre.

nous diviserons.

avec Henle, les artères en

roupes, savoir :

Artères de 8 mill.

de diamètre . . . .

Ex. ; Carotide primitive.

— Humérale .

— Cubitale.

— Linguale.

— Auriculaire postérieure.

— Sus-orbitaire.

2° Direction. — On peut établir en principe que les artères volumineuses suivent d’ordinaire un trajet parallèle au grand diamètre des régions qu’elles traversent et auxquelles elles sont destinées. Les artères des membres, celles du cou, celles des espaces intercostaux nous en offrent des exemples très nets. Quant aux petites artères, elles affectent des directions plus irrégulières, variables pour ainsi dire avec chacune d’elles.

Les artères sont généralement rectilignes : elles suivent ainsi le chemin le plus court pour atteindre les territoires organiques auxquels elles se distribuent, il en est un certain nombre cependant qui, au cours de leur trajet, présentent une ou plusieurs courbures : telle est la thyroïdienne inférieure, qui contourne horizontalement la carotide primitive et la jugulaire interne ; telles sont encore la carotide interne et la vertébrale, qui décrivent l’une et l’autre plusieurs courbures, au moment d’atteindre l’encéphale.

On rencontre, enfin, des artères qui sont flexueuses dans toute l’étendue de leur trajet : ce sont celles qui se rerfdent à des organes susceptibles de se déplacer, comme la rate, ou de subir des alternatives de dilatation et de resserrement, comme l’estomac, les intestins, le cœur, l’utérus, etc.

A côté de ces flexuosités, que l’on pourrait appeler physiologiques^ il convient de placer les flexuosités acquises ou séniles, que l’on rencontre chez les vieillards et qui sont la conséquence d’une altération histologique des artères. A l’état normal, toutes les fois que le ventricule gauche se contracte et chasse brusquement son contenu dans l’arbre aortique, les artères se dilatent pour recevoir l’ondée sanguine ; puis elles reviennent peu à peu sur elles-mêmes par le fait de leur élasticité, qui écoule leur contenu vers les réseaux capillaires. Mais il n’en est pas de même chez le vieillard : à cet âge, les tuniques artérielles s’altèrent et leur élasticité, comme conséquence de cette altération, s’atténue ou même disparaît complètement. Dès lors, les modifications de calibre imprimées à l'artère par la systole cardiaque tendent peu à peu à devenir persistantes. En même temps qu’elle se dilate, cette artère s’allonge et, comme la distance est toujours la même entre son point d’origine et son point de terminaison, elle est bien forcée de s’infléchir, de se courber alternativement dans un sens ou dans l’autre. Tel est le mécanisme en vertu duquel se produisent les flexuosités séniles des canaux artériels. Ces flexuosités séniles se remarquent de préférence sur la temporale superficielle et ses branches, sur l’humérale, sur la radiale, etc.

3° Situation générale. — Contrairement at>x veines, qui semblent affectionner les régions superficielles, les artères s’abritent profondément, soit dans les cavités viscérales, soit dans l’épaisseur des parties molles.

Quelques-unes seulement, dites superficielles ou sous-cutanées, cheminent au-dessous des téguments. Comme exemples d’artères superficielles, nous rappellerons les artères frontale, pariétale et occipitale qui se ramifient au-dessous du cuir chevelu; la sous-cutanée abdominale qui, de la fémorale, remonte sur l’abdomen en cheminant dans le tissu cellulaire sous-cutané ; l’artère honteuse externe supérieure, autre branche de la fémorale, qui se rend au scrotum chez l’homme et aux grandes lèvres chez la femme, etc.

Anormalement, certaines artères, qui sont situées d’ordinaire au-dessous de

AN/VTOMIE HUMAINE. — T. II, 6® Éi)IT,

l’aponévrose, abandonnent ces régions profondes pour suivre un trajet superficiel. Telle est la cubitale, cjui, au lieu dépasser au-dessous des muscles sus-épitrochléens, passe parfois {cubitale superficielle) au-dessus de ces muscles, immédiatement audessous de la peau. Comme exemple d’artère superficielle anormale, nous citerons encore V artère saphène interne, qui, quand elle existe, naît de la fémorale et descend sur le côté interne de la jambe jusqu’à la malléole interne.

4° Rapports. — Les artères, au niveau de leur origine ou au cours de leur trajet, présentent des rapports importants avec les os, les muscles, les articulations, la peau, les veines et les nerfs :

a. Avec les os. — Les artères se rapprochent plus ou moins des os. Tantôt elles en restent séparées par un plan musculaire plus ou moins mince : telle est l’humérale, qui descend sur le brachial antérieur. Tantôt elles reposent immédiatement sur l’os et lui impriment des traces de leur passage {empreintes artérielles) : telle est l’aorte qui détermine la gouttière latérale de la colonne vertébrale ; telle est la sous-clavière, qui se creuse un sillon sur la face supérieure de la première côte, etc. Dans d’autres cas, les artères traversent les pièces du squelette, en se creusant en pleine substance osseuse un simple orifice ou un canal plus ou moins long : nous rappellerons, comme exemple de cette disposition, la méningée moyenne, qui passe par le trou grand rond ; la carotide interne, qui traverse le rocher.

b. Avec les articulations. — Sur les membres, l’artère principale se trouve sur la surface de flexion et se détourne même parfois de sa direction première pour venir occuper cette surface. C’est ainsi que nous voyons Thumérale, qui chemine sur le côté interne du bras, s’infléchir en dehors pour gagner le milieu du pli du coude ; au membre inférieur, nous voyons encore la fémorale contourner le fémur, pour venir s’abriter dans le creux poplité. De la surface de flexion qu’elle occupe, l’artère envoie d’ordinaire vers la surface d’extension de nombreuses branches, transversales ou obliques, lesquelles se ramifient et s’anastomosent en plexus : tels sont les riches réseaux que forment Thumérale et la poplitée, la première à la face postérieure du coude, la seconde à la face antérieure du genou.

c. Avec les muscles. — Les artères, cheminant dans les interstices des différents groupes musculaires, sont pour ainsi dire entourées de muscles sur tout leur pourtour. Parmi ces muscles, il en est un généralement qui présente avec le vaisseau des rapports plus immédiats ou plus étendus : on l’appelle son muscle satellite. C’est ainsi que le sterno-cléido-mastoïdien est dit le muscle satellite de la carotide primitive ; le biceps, le muscle satellite de Thumérale; le long supinateur, le muscle satellite de la radiale, etc. Les muscles satellites sont superficiels et forment à la surface cutanée un relief toujours facile à délimiter. Ils fournissent, en médecine opératoire, des indications précieuses sur la situation des vaisseaux et servent ainsi de point de repère dans la pratique des opérations de ligature.

Il est des cas où les artères sont obligées, pour passer d’une région dans une autre, de traverser des muscles. Le passage du vaisseau en plein tissu musculaire pourrait avoir, en mécanique circulatoire, des inconvénients graves : à chaque contraction du muscle, en effet, le vaisseau serait fatalement comprimé et, par suite, la circulation gênée ou même interrompue. Aussi trouvons-nous, en pareils cas, une disposition anatomique toute spéciale que Ton peut schématiser comme suit : une bandelette fibreuse, en forme d’acade, s’attache par ses deux extrémités sur une surface, soit osseuse, soit aponévrotique ; par son bord concave, cette bandelette répond à l’artère, à laquelle elle s’unit par de simples tractus con-

ARTERES

ionctifs ; par son bord convexe, elle donne naissance aux faisceaux du muscle. On conçoit alors que l’artère se trouve complètement soustraite à Einfluence de la contraction musculaire, tous les efforts de cette contraction étant naturellement supportés par l’arcade fibreuse qui la recouvre. Que le muscle se contracte ou reste à l’état de repos, le vaisseau n’en conserve pas moins son entière perméabilité, et la circulation son rythme normal.

d. Avec la peau. — La plupart des artères, avons -nous dit plus haut, sont profondes : comme telles, elles sont situées au-dessous de l’aponévrose ou des masses musculaires et, par conséquent, ne présentent avec les téguments que des rapports souvent fort éloignés. Mais il n’en est pas de même des artères superficielles : cellesci, cheminant dans le tissu cellulaire souscutané, sont placées immédiatement au-dessous de la peau, qu’elles soulèvent à leur niveau, se traduisant ainsi à l’extérieur sous forme de reliefs plus ou moins visibles (ex. les artères frontale et pariétale).

e. Avec les veines.' — Les artères s’accolent aux veines correspondantes. A l’exception des gros troncs artériels (aorte, sous-clavière, axillaire , fémorale ) , qu’accompagne une seule veine, chaque artère chemine généralement en compagnie de deux veines qui sfent dites ses veines satellites. De ces deux veines satellites, l’une est interne ou antérieure, l’autre externe ou postérieure ; l’artère est toujours placée entre les deux.

f. Avec les nerfs. — A l’artère et à ses veines satellites vient s’ajouter très fréquemment un cordon nerveux . Il en résulte ce qu’en anatomie topographique on appelle un paquet vasculo-nerveux : tel est le paquet vasculonerveux du bras (fig. 98), qui longe le bord interne du biceps et que constituent l’artère humérale, les deux veines humérales et le nerf médian, tous organes qui, jusqu’au coude, suivent exactement le même trajet. Un tissu cellulaire plus ou moins dense unit l’un à l’autre les différents éléments qui entrent dans la constitution du paquet vasculo-nerveux ; quant au paquet lui-même, il est souvent entouré par une enveloppe ou gaine fibreuse qui se confond avec les aponévroses voisines. Rappelons, comme exemples d’une pareille disposition : la gaine des vaisseaux du cou, qui renferme la carotide primitive, la jugulaire interne et le pneumogastrique ; la gaine des vaisseaux fémoraux, dans laquelle cheminent côte à côte, l’artère fémorale, la veine homonyme et le nerf saphène interne.

Un certain nombre de cordons nerveux servent de support à des branches artérielles, qui les accompagnent sur une partie plus ou moins grande de leur parcours et se distribuent à leurs divers éléments. De ces artères nourricières des nerfs, les plus importantes sont l’artère du nerf médian et l’artère du nerf sciatique, que nous décrirons plus loin.

Fig. 98.

L'anneau du soléaire, vue postérieure (côté droit).

1, muscle poplité, revêtu de son aponévrose.

— 2, muscle soléaire. — 3, arcade du soléaire.

— 4, 4’, artères et veines poplitées (sur ce sujet la veine poplitée, à sa partie inférieure, était double). — 5, artère et veines tibiales postérieui’es. — 6, artère et veines péronières (sur ce sujet, le tronc tibio-péronier était extrêmement court). — 7. nerf sciatique poplité interne. — 8, nerf tibial postérieur.

ANGEIOLOGIE

Par contre, les artères, au cours de leur trajet, reçoivent des cordons nerveux périphériques un certain nombre de hameaux, ordinairement très grêles, qui se distribuent à leurs différentes- tuniques. Ces nerfs vasculaires {nervi vasorum), à

peine mentionnés par nos classiques], sont pourtant fort nombreux. J’en ai fréquemment rencontré sur la tibiale antérieure, sur la fémorale, sur riiumérale et sur ses deux branches de bifurcation, sur l’interosseuse, sur l’arcade palmaire superficielle et sur les digitales.

Au sujet des gaines vasculaires, consultez ; Salvi, Le guaine communi dei vasi nota preventiva, Monit. zool. ital., 181)6; — Bize, Les gaines vasculaires, Toulouse, 18ü6; — S.\Lvi. Iiicerche istologicke sopra le vagine communi dei vasi, Pisa, 19U0.

5^ Anastomoses. — Au cours de leur trajet, les artères communiquent fréquemment entre elles : ces communications ont reçu le nom d'anast077ioses. Par extension, on donne encore le nom d’anastomose ou de branche anastomotique au vaisseau qui relie ainsi l’une à l’autre deux artères voisines.

a. Differeiiles variétés d’anastomoses. — On décrit habituellement trois variétés d’anastomoses, savoir : l’anastomose par inosculation, l’anastomose transversale et l’anastomose par convergence. — V anastomose par inosculation est celle dans laquelle deux branches s'infléchissent l’une vers l’autre et se réunissent à plein canal, en constituant une arcade. Les deux gastro-épiploïques, droite et gauche, s’anastomosent par inosculation le long de la grande courbure de l’estomac ( fig. 100, A). C’est encore par inosculation que s’anastomosent ensemble la faciale et la nasale, la cubitale et la radio-palmaire, la cubito-palmaire et la radiale, les coronaires des lèvres, etc. — Vhinastoniose transversale est constituée par un vaisseau généralement très court, réunissant deux artères à peu près parallèles et s’implantant perpendiculairement sur chacune d’elles. Un exemple de cette variété d’anastomoses nous est fourni par la communicante antérieure, qui unit l’une à l’autre, sous le genou du corps calleux, les deux artères cérébrales antérieures (lig. 100, Bj. On rencontre encore des anastomoses transversales entre la radiale et la cubitale au niveau du poignet, entre la tibiale postérieure et la péronière à la face postérieure de la jambe. — V anastomose par convergence est celle dans laquelle deux artères marchent obliquement l’une vers l’autre et se réunissent pour donner naissance à un seul tronc. C’est ainsi que les deux artères vertébrales se fusionnent en entrant dans le crâne, pour former le tronc basilaire (fig. 100, C;.

A ces trois variétés, il convient d’en ajouter une quatrième, que l’on pourrait appeler anastomose longitudinale et qui est constituée comme suit : une artère se divise, au cours de son trajet, en deux branches; ces deux branches suivent pendant quelque temps une direction à peu près parallèle, cheminant même quelquefois côte à côte ; puis, brusquement, elles se réunissent de nouveau pour reconstituer le tronc dont elles émanent, interceptant entre elles un espace elliptique ou ovalaire (fig. 100, D). Dans ce cas de division et de reconstitution d’un tronc, l’une des branches de bifurcation est parfois beaucoup plus petite que l’autre ; on

Fig. 99.

Le paquet vasculo-uerveux du bras, vu sur une coupe transversale.

1, liumérus. — 2, biceps. — 3, bracliial anlél'ieur. — 4, vasle iiilerne. — 5, cloison inlermiisculaire interne. — 6, artère et veines liurncrales. — 7, nerf médian. — 8. nerf cubital. — ü, nerf musculo-cutané. — 10, brachial cutané interne, encore placé sons l'aponévrose. — 11, veine basilique.

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lui donne alors le nom de v>as aherrans (artère aberrante) et on peut la considérer comme une simple collatérale qui, au lieu de se distribuer à un territoire organique déterminé, rejoint après un certain temps, le tronc générateur ou l’une de ses branches : la figure iOO (E) nous représente un vas aberrans, qui part de l’humérale et vient se jeter dans la radiale.

b. Plexus artériels. — Les anastomoses artérielles, relativement rares entre les troncs, se multiplient au fur et à mesure qu’on se rapproche des capillaires : elles

Fi^. lOü.

Variétés d’anastomoses artérielles.

A, anastomose par inosculation. — B, anastomose transversale. — C, anastomose par convergence.

D, anastomose longitudinale. — E, anastomose par vas aherrans.

constituent ainsi de véritables réseaux ou plexus, dont les mailles, plus ou moins larges et toujours irrégulières, ne sauraient se prêter à une description générale.

c. Rôle des anastomoses. — Toutes ces anastomoses ont pour effet, on le conçoit, d’associer plusieurs artères dans l’irrigation d’un même territoire : d’où cette conséquence que ces artères peuvent se suppléer mutuellement et que l’une (Telles peut cesser alors d’être perméable, sans que le territoire en question ait à en souffrir. C’est ce qui justifie l’opération de la ligature pratiquée par des chirurgiens, soit comme moyen d’hémostase, soit comme méthode thérapeutique.

Réseaux admibables. — Dans certains cas, on voit quelques artères se résoudre brusquement en une multitude de fines artérioles, lesquelles se groupent et s'anastomosent d’une façon toujours fort complexe, puis se réunissent de nouveau pour reconstituer le tronc générateur. Une pareille disposition est connue, en anatomie comparée, sous le nom de réseau admirable. C’est ainsi que, dans quelques espèces animales, la carotide interne et fophthalmique forment chacune un réseau admirable : ces deux vaisseaux admirables carotidien et oplithal inique, absents chez l’homme et chez les singes, sont très développés chez les ruminants, notamment chez le veau et chez le mouton.

6° Anomalies artérielles. — Gomme les muscles, les artères s’écartent très souvent des descriptions classiques. Elles peuvent varier dans leur origine, dans leur volume, dans leur trajet, dans leurs rapports, dans leur mode de ramescence et j’ajoute dans leur mode de terminaison ; car je ne puis admettre cette assertion, émise par Gruvëilhier et reproduite plus tard par Sappey, à savoir : que les variétés des artères « n’ont jamais trait à leur terminaison ». L’artère radiale, qui descend d’ordinaire jusqu’à la main, s’arrête sur un sujet à la partie moyenne de l’avant-bras ; la fémorale, qui contourne le fémur pour former l’artère poplitée, s’arrête dans un cas à la face antérieure de la cuisse sans présenter avec la poplitée aucune relation; ne sont-ce pas là des anomalies de terminaison? Ne nous offre-t-elle pas encore une anomalie de terminaison cette carotide primitive qui, au lieu de se diviser à la hauteur du cartilage thyroïde en carotide interne et carotide externe, ne subit aucune bifurcation et abandonne successivement dans

ANGÉIOLOGIE

son trajet les différentes branches qui naissent d’ordinaire de la carotide externe? Les anomalies de terminaison, pour les artères, existent donc bien réellement.

A quelque variété morphologique qu’elles appartiennent, les anomalies artérielles seraient dues, d’après Sappey, h deux causes principales : 1® à un ecccés ou à un défaut de convergence ; 2® à un renversement de volume. Ces termes sont suffisamment explicites par eux-mêmes pour n’avoir pas besoin de définition ; je me contenterai de les éclairer par quelques exemples. — Les artères radiale et cubitale se réunissent d’ordinaire au pli du coude pour former un tronc unique, l’artère humérale. Mais cette disposition, qui est pour ainsi dire la règle, souffre quelques exceptions : on a vu les deux vaisseaux en question se rejoindre à la partie moyenne de l’avant-bras ; comme aussi l’on voit cette réunion s’effectuer au-dessus du coude, soit à la partie moyenne du bras, soit dans l’aisselle. Dans le premier cas, les deux artères convergent l’une vers l’autre plus tôt que d’habitude : elles constituent une anomalie par de convergence. Dans le second cas, elles

convergent plus tard : il y a anomalie par excès de convergence. On pourrait substituer avantageusement à ces dénominations celles d’anomalies par division tardive et d’anomalies par division prématurée, qui sont à la fois tout aussi simples et beaucoup plus expressives. — L’anomalie par renversement de volume repose sur ce fait que, la masse de sang qui se rend h une partie du corps étant toujours la même, l’une des artères qui se rend à cette partie ne peut augmenter de volume, sans que l’autre ne subisse une diminution proportionnelle et vice versa. C’est ainsi que, lorsque la cubitale descend au rang modeste de simple artériole, l’on voit la radiale ou l’interosseuse acquérir des dimensions insolites ; c’est ainsi que la vertébrale augmente de calibre quand celui de la carotide interne diminue : ce sont là des anomalies par renversement de volume. J’ai vu, dans un cas, la branche postérieure de la collatérale interne et la récurrente cubitale postérieure constituer, en arrière de l'épitrochlée, un tronc volumineux qui suppléait la cubitale, laquelle, dans ce cas, était représentée par une toute petite artériole.

Les anomalies des artères ont-elles, en anatomie philosophique, la même signification que les anomalies des muscles et peuvent-elles, elles aussi, être considérées comme n’étant que la reproduction d’un type qui est constant dans la série zoologique? Cette question est à peine ébauchée, mais il est nettement établi qu’une pareille interprétation convient à un grand nombre de faits, notamment : aux variétés d’origine des troncs sus-aortiques, à la bifurcation soit prématurée soit tardive de rhuniérale, au passage de cette dernière artère dans un canal susépitrochléen, à l’existence d’une saphène superficielle issue de la fémorale, à la continuité de la poplitée avec l’ischiatique, etc., etc., toutes dispositions qui, anormales chez l’homme, sont normales dans tel ou tel groupe de mammifères.

11 serait à désirer qu’on étudiât comparativement, région par région, les formes anormales de nos artères et la disposition des artères correspondantes dans la série des vertébrés. Une pareille étude ne peut manquer d’être très instructive ; elle réservera dans bien des cas, j’en suis certain, des solutions aussi intéressantes qu’inattendues.

Voyez, au sujet des anomalies artérielles, les deux ouvrages de Quain, On Ihe artheiies of the humanbocly, London, 1841, et de Dubrueii., Des anomalies artérielles. Paris, 1847. Voyez aussi le Traité des Uyatures d'artères de Marcellin Dcval (avec atlas) et le Mémoire de W. Krause, inséré dans le Traité d' Anatomie de IIenle (t. III. p. 210-326), où se trouvent indiijuées la plupart des variétés connues jusqu’en 1870.

7° Terminaison des artères. — Les artères, avons-nous dit plus haut, sc résolvent, au fur et à mesure qu’elles s’éloignent de leur point d’origine, en des

ARTÈRES

loa

rameaux de plus en plus nombreux et de plus en plus grêles. Ces rameaux de terminaison présentent dans leur trajet, dans leurs anastomoses, dans leur mode de ramescence et de groupement, des dispositions souvent fort dissemblables, depuis les réseaux si variés des circulations viscérales, jusqu’au glomérule du rein, aux artères terminales des centres nerveux, aux artères hélicines de l’utérus, etc. Finalement, les artères aboutissent aux capillaires, qui les relient au système veineux et auxquels nous consacrerons un chapitre spécial (voy. Capillaires).

SucQUET a décrit, en 1860, dans plusieurs régions de l’économie, notamment à la paume des mains, à la plante des pieds et sur la zone médiane de la face, des vaisseaux particuliers, beaucoup plus volumineux que les capillaires et s’étendant directement des artères aux veines voisines. Ces vaisseaux, canaux de Sucquet, constituaient un nouveau mode de terminaison des artères : ils permettaient au sang artériel de passer directement dans les veines sans traverser préalablement les capillaires.

Après Sucquet, Hovek a décrit des anastomoses analogues entre les ramuscules de l’aidère auriculaire postérieure et les veinules voisines. Ecker, Heubner, Cadiat et Ch. Labbé ont admis, à leur tour, des anastomoses directes, autres que les capillaires, entre les artères et les veines cérébrales dans l’épaisseur de la pie-mère.

Sans être absolument démonstratives, les observations des anatomistes précités nous fournissent de fortes présomptions en faveur de la circulation dérivative de Sucquet. J’ai pu remplir trois fois la jugulaire interne par une injection grossière au suif et à la cire poussée par la carotide interne, et je crois me rappeler (communication verbale) que de pareils faits ont été constatés par Bouchard. Sur un sujet adulte, de quarante à cinquante ans, j’ai rempli la veine porte, en poussant une injection dans l'artère mésentérique supérieure. Sur un autre sujet, j’ai retrouvé dans les sinus de la dure-mère une injection poussée dans la carotide primitive. Deux fois au moins, après une injection de l’artère sous-clavière, j’ai rencontré de la matière à injection dans les veines humérales et axillaire. Tout récemment, j’ai vu l’un de mes élèves pousser une injection grossière au suif dans l’artère poplitée et obtenir par cette voie, à son grand étonnement, une belle injection des veines dorsales du pied. Si, comme on l’admet généralement, les injections au suif et à la cire, colorées par le noir de fumée, ne traversent pas les capillaires, on est bien forcé, pour expliquer de pareils faits, d’admettre entre les artères et les veines, aux confins de la grande circulation, des communications autres que celles qui sont établies par les capillaires.

On objectera peut-être à cela que Vulpian, injectant dans la fémorale du chien et dans l’humérale de l’homme un liquide tenant en suspension des spores de lycopode, n’a pu retrouver ces spores dans les veines correspondantes. Mais nous savons que, de l’aveu même de Vulpian, ces expériences ont été entreprises dans des conditions tout à fait désavantageuses et ne sont nullement probantes. Bourceret, en effet, reprenant plus tard cette expérience, a parfaitement réussi à faire passer, des artères dans les veines, de la poudre de lycopode préalablement agitée dans l’eau.

Bourceret, sans admettre les canaux de Sucquet, décrit, sur les doigts et sur les orteils, entre les artères et les veines, des capillaires spéciaux, beaucoup plus volumineux que les capillaires ordinaires et suffisamment larges pour laisser passer les spores de lycopode. Il est ainsi amené à décrire dans les extrémités des membres deux circulations : 1° une circulation nutritive, destinée à apporter aux tissus leurs matériaux de nutrition et ne différant pas de la circulation ordinaire, où artères et veines sont réunies par les capillaires ; une circulation fonctionnelle, ayant pour but d’apporter aux extrémités la quantité de sang nécessaire pour entretenir la chaleur et caractérisée par ces canaux spéciaux, par ces gros capillaires anastomotiques qui s’étendent directement des artères aux veines.

Je veux bien admettre que les capillaires spéciaux de Bourceret diffèrent quelque peu des canaux de Sucquet, mais on voudra bien reconnaître avec moi qu’ils n’en diffèrent pas entièrement. En tout cas, les recherches si intéressantes de Bourceret sont entièrement favorables à la théorie qui place entre les artérioles et les veinules des communications plus larges que celles qui sont établies par les réseaux capillaires.

Après avoir longtemps cherché les canaux dérivatifs, j’ai pu les mettre en lumière, pendant le semestre d’hiver 1888-1889, sur la pie-mère d’un grand nombre de cerveaux d’adulte (voy. Circulation du cerveau). Je puis donc, à mon tour, affirmer leur existence. Toutefois je ne saurais préciser, pour l’instant, si ces communications directes entre artères et veines, que j’ai vues et bien vues, se rattachent à une disposition générale ou bien ne sont que de simples accidents morphologiques sur tel ou tel point de la pie-mère cérébrale.

§ III. — Structure des artères

Les parois artérielles se composent essentiellement de trois couches concentriques, ordinairement appelées tuniques, que l’on distingue d’après leur situation

ANGÉIOLOGIE

en tunique interne^ tunique moyenne et tunique externe : la tunique interne est de nature endothéliale; la tunique moyenne est musculo-élastique ; la tunique externe ou adventice est conjonctive . Ces trois tuniques, chacune avec ses éléments propres, se rencontrent indistinctement dans toutes les artères. Mais elles varient beaucoup, suivant le volume de l’artère où on les considère, sinon dans leur nature, du moins dans leur épaisseur et le mode d’arrangement de leurs éléments constitutifs. Il convient, à cet effet, d’examiner séparément : l"" les

petites artères ou artérioles; 2° les artères de moyen calibre; 3° les grosses artères.

1° Artérioles. — Les artérioles, qui précèdent immédiatement les capillaires, dilfèrent essentiellement de ces derniers en ce qu’elles possèdent des éléments contractiles, qui peuvent, suivant les besoins, activer ou modérer la circulation sanguine. Ce sont les agents régulateurs des circulations locales.

A. Tunique interne. — Elle est formée par une couche de cellules endothéliales, qui rappellent assez bien, par leur forme et par leur disposition, celles des vaisseaux capillaires. Ce sont des cellules plates et minces (fig. iOl, Ej, à bords rectilignes, allongées dans le sens des vaisseaux et disposées d’une façon telle que l’extrémité plus ou moins effilée de l’une quelconque de ces cellules vient se placer dans l’angle que forment, en s’adossant l’une à l’autre, deux de ses voisines (K.\nvier). Chacune d’elles possède un noyau ovalaire, dont le grand axe est allongé dans le même sens que le corps cellulaire lui-même. Les cellules endothéliales délimitent, par leur face interne, la lumière des vaisseaux ; leur face externe repose sur une mince membrane anhyste, ayant la signification d’une vitrée, la vitrée du vaisseau.

B. Tunique moyenne. — La tunique moyenne a pour éléments essentiels des fibres musculaires lisses, pour élément accessoire une mince lame élastique, que Ton désigne sous le nom de lame élastique interne ou de limitante interne.

a. Couche musculaire. — La couche musculaire (fig. 102, 3) est constituée par une ou deux assises de fibres musculaires lisses, toutes disposées transversalement, c’est-à-dire perpendiculairement à Taxe du vaisseau. Ces fibres, plus ou moins effilées à leurs deux extrémités, sont plus ou moins renflées à leur partie moyenne ou ventre. Elles mesurent, en moyenne, 50 \j. de longueur sur 5 a de largeur. Chacune d’elles possède un noyau en forme de bâtonnet, dirigé transversalement comme la fibre elle-même. Envisagées au point de vue de leurs rapports réciproques, les fibres musculaires des artérioles « ne sont pas placées bout à bout pour entourer le vaisseau ; mais l’extrémité de l’une (Tig. 101, m) commence au niveau du ventre de l’autre, de sorte que, par leur succession, elles dessinent des lignes en hélice: en d’autres termes, en réunissant par la pensée les noyaux d’une série de fibres-cellules voisines, on obtiendrait, non des cercles,

Fig-. 101.

Artérioles de Finteslin du lapin, imprégnées d’argent par injection (d’après R.unvieh).

E, cellules endothéliales de la face interue. — m, fibres musculaires lisses, disposées en travers. (On voit nettement sur cette figure, que les deux éléments, cellules endothéliales et fibres musculaires, sont allongés, mais en sens inverse, autrement dit que leurs grands axes sont réciproquement perpendiculaires.)

ARTERES

mais des lignes obliques enroulées en hélice autour de l’artériole (Mathias Duval).

h.. Limitante interne. — La limitante interne, ou limitante élastique interne, est une mince lame élastique située à la face interne de la couche musculaire, entre cette dernière et l’endothélium. Vue en long sur une artériole non sectionnée, elle traduit sa présence par des stries longitudinales, parallèles à Taxe du vaisseau. Vue sur une coupe transversale de l’artériole (fig. .102, 1), quand celle-ci est vide, elle se montre sous la forme d’une bande circulaire, assez régulièrement festonnée, je veux dire saillant alternativement du côté de la lumière du vaisseau et du côté de sa périphérie. Histologiquement, la limitante élastique interne se compose, comme son nom l’indique, d’éléments élastiques se disposant en une sorte de membrane fenêtrée.

Coupe transversale d’une artériole, vide et revenue sur elle-même [schématique).

1, lame élastique interne ou limitante interne, fortement plissée ou festonnée. — 2, endothélium, formant au niveau de chaque noyau une sorte de feston saillant en dedans. — 5, fibres musculaires lisses. — 4, adventice avec ses fibres et ses cellules conjonctives.

C. Tunique EXTERNE. — La tunique externe ou adventice se trouve réduite, sur les toutes petites artérioles, à de simples cellules conjonctives allongées dans le sens du vaisseau.

A ces cellules conjonctives viennent se joindre, sur les artérioles plus volumineuses (de 100 à 200 (jl), un certain nombre de fibrilles conjonctives et de fibrilles élatsiques extrêmement fines.

2^ Artères de moyen calibre ou artères à type musculaire. — Les artères de moyen calibre, telles que l’humérale, la radiale, la cubitale, la fémorale, les tibiales antérieure et postérieure, etc., etc., ont pour principal caractère le développement considérable qu’atteignent dans leur tunique moyenne les éléments contractiles. De là le nom à' artères à type musculaire, sous lequel les désignent la plupart des histologistes.

A. Tunique interne. — La tunique interne des artères de moyen calibre nous présente encore, comme dans les artérioles, un endothélium continu, à cellules minces et plates, allongées dans le sens du vaisseau, reposant sur une vitrée plus ou moins nettement différenciée. Mais, au-dessous de l’endothélium s’est développée une couche conjonctivo-élastique (fig. 105, 3), renfermant, avec des fibres conjonctives, des cellules conjonctives aplaties et un certain nombre de fibrilles élastiques. On y rencontre aussi, à titre d’éléments accessoires, et principalement aux points de bifurcation de certaines artères viscérales (splénique, hépatique, rénales), quelques fibres musculaires lisses. Les éléments conjonctifs forment toujours des strates multiples, lesquelles se superposent régulièrement de dedans en dehors. De là, l’aspect strié que prend la couche conjonctivo-élastique, quand elle est vue en coupe;

Fig. 103.

Fibres -cellules musculaires des artères de l’homme (d’après Kôlliker).

1, deux fibi’es-cellules de l’artère poplitée : a, à l’état naturel ; b, après action de l’acide acétique («, noyau). — 2, fibre-cellule d’uu petit rameau de l’artère tibiale antérieure, avec K, son novau.

de là aussi le nom de couche striée que lui donnent la plupart des auteurs. Cette

couche striée a pour limites, d’une part l’endothélium, d’autre part la limitante interne de la tunique moyenne. Elle répond à ce que Bichat appelait autrefois la membrane commune du système à sang rouge :

c’est Vendartère des histologistes modernes. L’endartère a ici, dans les artères à type musculaire, une constitution fort simple. Nous la verrons tout à l’heure se compliquer singulièrement dans les artères à type élastique.

Fig. 104.

Une artériole (A), avec sa veine (B) tirées du mésentère d’un enlant et traitées par l’acide acétique (d’après Kôllikeu).

a, tunique externe à noyaux un peu allongés. — ,3, noyaux des fibres musculaires lisses de la tunique moyenne, vus les uns en long, les autres en coupes optiques. — y, noyaux des cellules endothéliales. — S, lame élastique interne avec ses stries longitudinales.

B. Tunique moyenne. — La tunique moyenne des artères à type musculaire (fig.

105, Bj, — abstraction faite

de la limitante élastique interne, qui a la même disposition et la même nature que

dans les artérioles, — est presque exclusivement constituée par des fibres musculaires lisses. Ces fibres, comme dans les artérioles, sont allongées et disposées en sens transversal, autrement dit perpendiculairement à Taxe du vaisseau.

Elles se groupent en faisceaux plus ou moins importants et plus ou moins nombreux, qui enlacent l’artère en manière d’anneaux et qui sont unis les uns aux autres par des éléments de tissu conjonctif: des fih7^es conjo7iclives et des cellules plates munies de [crêtes d’empreinte.

A ces éléments conjonctifs interfasciculaires viennent s’ajouter des fibres élastiques, isolées ou réunies en minces travées, qui, partant de la lame limitante interne, se portent obliquement en dehors, traversent la couche musculaire et, arrivées à la face externe de cette dernière, se continuent avec les grosses fibres

élastiques de l’adventice. Au cours de leur

Fig. 10.O.

Coupe longitudinale d’une artère à type musculaire, la radiale par e.vemple {schématique).

A, TUNIQUE INTERNE, av6C : 1, cndotliélium ; 2, vitrée; 3, couche striée constituant l’endartère. — B, tunique moyenne, avec : a, membrane élastique interne ou limitante interne; h, travées du réseau élastique; c. faisceaux musculaires, coupés en travers ; d, cellules conjonctives. — C, tunique externe ou adventice, avec : a, travées du réseau élastique, se condensant en pour former la limitante externe de certains auteurs ; ,3, cellules du tissu conjonctif ; y, vaisseaux.

ARTÈRES

trajet, les fibres élastiques de la tunique moyenne s’anastomosent les unes avec les autres, de façon à former, dans leur ensemble, un vaste réseau qui s’étend de la limitante interne à l’adventice. C’est dans les mailles de ce réseau que se tassent, en les comblant, les éléments contractiles.

Au total, la tunique moyenne des artères de moyen calibre se compose d’un réticulum conjonctivo-élastique — c’est V élément principal — , dont les mailles sont remplies par des fibi’es musculaires lisses, constituant V élément accessoire.

C. Tunique EXTEKNE. — La tunique externe ou adventice (fig. 105, G) se compose essentiellement de faisceaux conjonctifs, disposés pour la plupart en sens longitudinal, auxquels viennent se joindre de grosses fibres élastiques anastomosées en réseau. Ces fibres, quoique très irrégulières dans leur trajet, affectent de préférence une direction longitudinale dans les couches profondes, une direction circulaire dans les couches superficielles.

Ce réseau élastique, relativement lâche à la partie externe de la tunique, acquiert de l’importance au fur et à mesure qu’il devient plus profond. A la partie interne de la tunique, il est extrêmement serré : il forme là (fig. 105, a), à la limite de l’adventice et de la tunique moyenne, une sorte de limitante, que certains auteurs, par analogie avec la limitante interne dont il a été question plus haut, ont décrite sous le nom de limitante élastique externe. La limitante externe n’existe pas, en tant du moins que membrane nettement différenciée.

En outre des éléments conjonctifs et élastiques, on trouve encore dans la couche profonde de l’adventice et dans certaines artères viscérales (mésentérique supérieure, splénique, rénale, spermatique, utérine) quelques fibres musculaires lisses, isolées ou groupées en tout petits faisceaux et disposées en sens longitudinal.

Par sa surface externe, l’adventice est très mal délimitée. Elle se confond en effet, sans ligne de démarcation bien tranchée, avec le tissu conjonctif péri-artériel.

3° Artères de gros calibre ou artères à type élastique. — Ces artères sont représentées par l’aorte, le tronc de la pulmonaire, le tronc brachio-céphalique, les sousclavières et les carotides primitives. Elles ont pour caractère essentiel, disons-le tout de suite, la prédominance , dans la tunique moyenne , des formations élastiques. De là leur nom à'artères à type élastique.

A. Tunique interne. — La tunique interne nous présente , comme la tunique homonyme des artères précédentes, un endothélium et une couche striée. Elle possède, en outre, entre les deux couches précitées, une couche nouvelle, que nous désignerons, en raison de sa nature, sous le nom de couche muqueuse. Couche striée et couche muqueuse constituent naturellement ce que nous avons appelé plus haut V endartère .

a. Endothélium. — L’endothélium (fig. 110, 1), est formé, ici, comme dans les autres artères, par une seule assise de cellules plates et allongées, reposant sur une vitrée. Ces cellules, toutefois, sont moins allongées que dans les artères de moyen calibre : elles sont losangiques ou polygonales, plutôt que fusiformes.

Endothélium d’une artère d’un certain volume du mésentère de la grenouille, rendu visible par le nitrate d’argent (d’après Kôlliker).

ANGEIOLOGIE

b. Couche muqueuse, figures de Langhans. — Cette couche (fig. 110,2), bien étudiée par Renaut et par Vialleton, est constituée par du tissu conjonctif jeune. Elle comprend elle-même deux étages, l’un interne, l’autre externe.

a) Uetage interne (2') est formé par deux ou trois assises de cellules fixes du tissu conjonctif, baignant en plein dans une substance fondamentale hyaline. Ces cellules nous présentent de nombreux prolongements, les uns minces et filiformes, les autres plus larges et comme membraniformes , lesquels, en s’entrecroisant dans tous les sens avec les prolongements similaires des cellules voisines, forment une sorte de réseau que l’on voit très nettement sur la figure 107.

,S) Vêlage externe ou couche muqueuse proprement dite (2^0, nous montre en pre-

Fl^^ 107.

Couche superficielle de l’endartère de la pulmonaire de riiomme jeune adulte, formée de tissu conjonctif tout à lait embryonnaire (d’après Vialleton).

Couche profonde de l’endartère de la pulmonaire de l’homme, répondant à la formation rnuc[ueuse proprement dite de l’endartère (d’après Renaut).

a, a, noyaux des cellules conjonctives. — 6, b, prolongemenls protoplasmiques de ces mêmes cellules, les unes s’anastomosant en réseau, les autres ne s’anastomosant pas.

a, cellule fixe du tissu muqueux, avec ses prolongements membraniformes et lilii'ormes. — b, cellule fixe à large prolongement rnembraniforme. — trois cellules migratrices.

mierlieude nombreuses colonnes conjonctives, dont les prolongements protoplasmiques, richement ramifiés, forment comme dans l’étage précédent un vaste réseau (fig. 108). L’intervalle de ces cellules est comblé par une trame conjonctive toute particulière. « Ce sont des fibrilles d’une extrême ténuité, de toute longueur, qui se gonflent légèrement par les acides faibles et qui, à ce point de vue, sont entièrement comparables a celles que renferme le tissu muqueux ordinaire au début de la

période télo-formative. Mais elles en diffèrent en ce qu’elles sont légèrement granuleuses et rigides à peu près à la fayon des fibres de la névroglie. De même elles sont d’une parfaite élasticité, tout comme les fibres élastiques vraies. » (Renaut.) D’après Vialleton, il faudrait les considérer comme étant d’une nature intermédiaire à celle des fibres élastiques et des fibres conjonctives.

Si l’on soumet à l’imprégnation d’argent la face interne d’une artère de gros calibre, après l’avoir dépouillée de son endoth(dium, on constate l’existence, sur cette face interne, d’une multitude de figures stellaires dig. GH)), que l’on

Fig. 109.

Figures stellaires de Langhaxs, vues sur la couche sousendotliéliale de l’artère tibiale postérieure (d’après Schafer).

ARTÈRES

appelle, du nom de l’histologiste qui, le premier en 1886, a appelé, l’attention sur elles, figures de Langhans. Ces figures ne sont autre chose que l’image, réservée en blanc, des différents éléments cellulaires que nous venons de décrire. On reconnaît naturellement deux ordres de figures ; les unes superficielles, répondant aux cellules de l’étage interne ; les autres profondes, représentant celles de l’étage externe.

c. Couche ütriée — La couche striée de l’endartère (fig. 110, 3), se compose ici, comme dans les artères à type élastique, d’éléments élastiques et d’éléments con-

jonctifs :

a) Les élémejits é. astiques y sont représentés par un système de lames, disposées concentriquement à la lumière du vaisseau et reliées les unes aux autres par des anastomoses obliques, lamelliformes ou filiformes : elles forment, en somme, un vaste réseau, dans les mailles duquel prennent place les éléments conjonctifs.

P) Les éléments conjonctifs sont des fibres et des cellules. Les fibres ne présentent aucun caractère particulier. Quant aux cellules, elles sont de trois ordres : 1° des cellules fixes, ne différant pas des cellules conjonctives ordinaires; 2° des cellules migratrices; 3° des cellules spéciales, remarquables par leurs grandes dimensions, plus ou moins ramifiées et anastomosées. Ces dernières cellules, qui occupent la partie la plus externe de la couche striée, « renferment un noyau unique ou deux noyaux géminés, occupant un fuseau de protoplasma granuleux semé de grains graisseux ou de granulations pigmentaires. Le protoplasma cortical, disposé autour du fuseau, présente une striation longitudinale nette et régulière, qui le divise en une série de baguettes cylindriques juxtaposées, tout à fait comparables aux cylindres primitifs des cellules musculaires lisses ». Renaut, auquel j’emprunte les lignes qui précèdent, rapporte ces cellules striées à une forme particulière du tissu musculaire lisse ; ce serait un intermédiaire entre la cellule conjonctive et la cellule musculaire parfaite. Elles paraissent, d’après le même histologiste, représenter la continuation, dans f endartère, des fibres musculaires lisses de l’endocarde.

B. Tunique moyenne. — La tunique moyenne, dans les grosses artères (fig. 110, B), présente exactement les mêmes éléments que dans les artères de moyen calibre : éléments muscu-

O DSV/

Coupe longitudinale de l’aorte thoracique de l’homme [schématique) .

A, TU^’IC!UE INTERNE, Rvec : 1, endotliélium reposant sur sa vitrée ; 2, endartère comprenant : 2’, et 2”, étage interne et étage externe de la couche muqueuse ; 3, couche striée, — B, tunique MOYENNE, avec : a, membrane élastique interne ou limitante interne ; 6, 6, membranes élastiques, s’envoyant réciproquement des anastomoses: c, faisceaux musculaires coupés en travers ; d, cellules conjonctives, — C, tunique externe ou adventice, avec : a, travées du réseau élastique, se condensant en a’, pour former la limitante externe de certains auteurs ; ,s, cellules du tissu conjonctif; y, vaisseaux.

laires, éléments élastiques, éléments conjonctifs. Mais tandis que, dans celles-ci, l’élément contractile l’emporte manifestement sur les éléments élastiques, ce sont

ANGÉIOLOGIE

Fig. 111.

Lame élastique de la tunique moyenne de l’aorte de l’homme, séparée après macération dans une solution d’acide tartrique (d’après Ranvieu).

m, membrane élastique. — E, fibres élastiques, partant de cette membrane et appliquées contre elle. — T, trous de cette membrane entourés par une fibre musculaire.

au contraire les formations élastiques qui, dans celles-là, sont prédominantes, a. Eléynents élastiques. — L’élément élastique est représenté ici par de véritables membranes, disposées concentriquement autour des vaisseaux et emboîtées les unes dans les autres.

Elles mesurent en moyenne 2 ou 3 p d’épaisseur. Leur nombre varie, naturellement, suivant le calibre du vaisseau : on en compte jusqu’à 50 sur l’aorte de l’homme, jusqu’à 100 sur l’aorte du veau . Examinées séparément, après dissociation de la tunique moyenne à l’aide d’aiguilles, ces membranes élastiques revêtent l’aspect de lames transparentes, à bords irréguliers et souvent repliés sur eux-mêmes.

Elles ne sont pas continues, mais présentent çà et là des pertes de substance ou trous, de forme et de dimensions diverses : ce sont des membranes fenétrées. De leurs surfaces partent de grosses fibres ou même de véritables lamelles qui, en suivant les directions les plus diverses, se rendent aux membranes voisines. Grâce à ces anastomoses, les formations élastiques de la tunique moyenne forment un grand tout, disposé en un vaste réseau. La membrane élastique la plus interne, celle qui se trouve immédiatement au contact de la tunique interne, est ordinairement plus épaisse et plus nettement différenciée que les autres: elle conslitue la limitante interne a),

que nous avons déjà signalée à propos de la tunique moyenne des artères à type musculaire et que nous retrouvons ici avec la même signification, b. Eléments musculaires . — Les éléments musculaires occupent les mailles du

réseau élastique précité. Ce sont encore des fibres-cellules allongées et disposées en sens transversal : mais elles sont ici bien moins nombreuses que dans les artères à type musculaire. Vues à l’état d’isolement, après dissociation convenable (fig. 112), ces fibres musculaires lisses nous apparaissent sous la forme de cellules fusiformes, à contours irréguliers ou même déchiquetés : leurs extrémités se décomposent souvent, comme nous le montre nettement la figure ci contre, en un certain nombre de pointes plus ou moins effilées, disposition qui les a fait considérer par certains auteurs comme étant des cellules rameuses. Cette forme tourmentée et essentiellement irrégulière provient vraisemblablement, comme l’a indiqué Ranvier, de ce que, tassées dans les

Cellules musculaires lisses rameuses de la tunique moyenne de l’aorte, isolées à l’aide de l’alcool au tiers (d’après Renaut'i.

(La première cellule ne possède qu’un noyau ; les deux autres nous présentent chacune deux noyaux allongés sous Corme de bâtonnets.)

ARTERES

mailles si compliquées du réseau élastique, elles en prennent l’empreinte. On peut établir en principe que les éléments contractiles diminuent de nombre au fur et à mesure que le vaisseau augmente de diamètre, autrement dit au fur et à mesure qu’il se rapproche du cœur : ils font totalement défaut, chez l’homme, dans la portion de l’aorte thoracique qui est située immédiatement au-dessus des valvules sigmoïdes.

c. Éléments conjonctifs. — Outre les cellules musculaires lisses, on trouve encore dans les mailles du réseau élastique des libres conjonctives, des cellules fixes du tissu conjonctif et des cellules migratrices ou leucocytes.

C. Tunique externe. — L’adventice des grosses artères (fig. ilO, G) ne présente aucun caractère particulier. Elle est constituée, comme dans les artères de moyen calibre, par un réticulum élastique très développé, dans les mailles duquel se disposent, en les comblant, des fibres et des cellules du tissu conjonctif et parfois même quelques cellules adipeuses.

4° Vaisseaux sanguins. — Toutes les artères dont le diamètre dépasse 1 millimètre, possèdent des vaisseaux sanguins en rapport avec la nutrition de leurs parois. Ces vaisseaux, connus depuis longtemps sous le nom de vasa 'casorum, comprennent des artères, des veines et des capillaires.

Les artères proviennent, non pas du vaisseau lui-même qu’elles doivent irriguer, mais de l’une de ses collatérales ou bien d’une artère voisine. Elles pénètrent dans l’adventice, s’y divisent et s’y subdivisent en rameaux de plus en plus ténus, et, finalement, s’y résolvent en capillaires.

De ces capillaires naissent des veinules, lesquelles, après un trajet plus ou moins long dans l’adventice, s’échappent de cette membrane pour aller se jeter dans une veine du voisinage.

Le réseau sanguin que constituent les vasa vasorum appartient en propre à l’adventice. Il ne pénètre jamais, du moins chez l’homme, dans l’épaisseur de la tunique moyenne et moins encore dans la tunique interne, lesquelles sont parfaitement invasculaires. Dans l’aorte des grands mammifères, tels que le veau (Ranvier) et la baleine (Sappey), des vaisseaux sanguins, en nombre plus ou moins considérable, s’engagent dans les assises externes de la tunique moyenne. Il ny a rien de semblable dans l’aorte de l’homme, où les vasa vasorum s’arrêtent, comme dans les autres artères, à la limite de la tunique moyenne.

5° Lymphatiques. — Des vaisseaux lymphatiques ont été signalés dans l’adventice. Leur mode d’origine dans l’épaisseur des deux tuniques moyenne et interne nous est encore complètement inconnue. Rappelons, en passant, que certaines artérioles, celles des centres nerveux par exemple, sont entourées dans toute leur étendue par une gaine lymphatiqite (voy. Centres nerveux).

6® Nerfs. — Les artères, surtout celles qui appartiennent au type musculaire, possèdent une grande quantité de nerfs, les uns à l’état de fibres de myéline, les autres (et c’est le plus grand nombre) à l’état de fibres de Remak. Ces nerfs, dits nerfs vaso-moteurs ou mieux nerfs vasculaires, émanent du grand sympathique.

D’après Ranvier, qui a bien étudié leur mode de distribution, ils forment dans l’adventice un premier plexus, à mailles larges et très inégales, c’est le plexus fondamental. Du plexus "fondamental se détachent des fibres qui se dirigent vers la tunique moyenne et se résolvent, sur la surface externe de cette tunique, en un deuxième plexus, le plexus intermédiaire ou périmusculaire. Le plexus intermédiaire, à son tour, donne naissance à des fibres plus fines qui pénètrent dans la

ANGÉIOLOGIE

tunique moyenne et y forment un troisième et dernier plexus, le plexus inlramusculaire. G est de ce dernier plexus que se détachent les fibrilles terminales : elles se rendent aux cellules musculaires, où elles se terminent par de petits renflements, dits taches motrices.

On a décrit sur les travées du plexus intermédiaire, principalement aux points nodaux, des éléments nucléaires, que certains histologistes ont cru devoir rattacher a des cellules nerveuses ganglionnaires. Contrairement à cette opinion, R AN VIER considère les noyaux en question comme étant de nature conjonctive :

pour lui, le plexus intermédiaire, pas plus que les deux autres, ne contiendrait de cellules nerveuses.

En outre des fibres motrices que nous venons de décrire et qui tiennent sous leur dépendance le jeu des éléments contractiles, les parois artérielles possèdent encore des fibres sensitives. Ces fibres sensitives arrivent j usque dans la tunique interne, où elles se résolvent en un fin réseau, le réseau sous-endothélial. Dogiel (1898) a décrit, comme mode de terminaison des fibres sensitives vasculaires, des arborisations tout a fait analogues <à celles qu’il a observées dans le cœur. Il en a constaté l’existence, non seulement sur les vaisseaux cardiaques, mais encore sur d’autres vaisseaux, notamment sur l’aorte et sur l’artère pulmonaire. Ces arborisations terminales se prolongent, comme au niveau de l’endocarde, jusqu’au-dessous de l’endothélium. (Voy. au sujet des Nerfs des vaisseaux sanguins, Joris, Bull. Acad. roy. de Belgique, 1906.)

Fig. 113.

Nerfs sensitifs des artères (d’après Dogiel).

1, artères du péricarde d’un clial. — 1, cndotliélium. — 3, libres )ierveuscs dépourvues de myéline. — 4, leurs appareils terminaux.

W . — .\OMENCl.ATUl\E DES ARTÈRES

Deux gros troncs artériels partent de la base du cœur : l’un, Vaidère pulmonaire, ou simplement la pulmonaire^ s’échappe du ventricule droit et porte aux deux poumons le sang veineux destiné à l’hématose ; l’autre, Vartère aorte, ou simplement V aorte, part du ventricule gauche et distribue à toute l’économie le sang artériel destiné à la nutrition et au fonctionnement des tissus.

Les canaux artériels, considérés dans leur ensemble, se rattachent donc à un double système. Nous leur consacrerons deux chapitres distincts et étudierons successivement :

Dans le chapitre I, le Système de V artère pulmonaire ;

Dans le chapitre II, le Système de V aorte.

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