‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 26 sur 166 · RÉSUMÉ DE L 1 T H V R O 1 D I E N N E SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE L 1 T H V R O 1 D I E N N E SUPÉRIEURE

( A. steuno-mastoidienne.

a) . Br. collatérale.^ j A. laryngée supérieure.

( A . laryngée intérieure.

( R. thyroïdien interne.

b) . Br. terminales \ R. thyroïdien e.vtorne.

( R. thyroïdien postérieur.

Variétés. — La tliyroïdienne supérieure peut naître de la carotide priiniîivo. — Il n’est pas e.x:cessivement rare de la voir naître d’un tronc commun avec la linguale. — Elle peut être absente, suppléée dans ce cas par une branche provenant, soit de la thyroïdienne intérieure du même côté, soit de l'artère homonyme du côté opposé. — Tous les anatomistes signalent des faits de duplicité de la thyroïdienne supérieure : cette duplicité provient de ce que l'une de ses branches collatérales, la laryngée supérieure presque toujours, se détache isolément du tronc même de la carotide e.vterne. — Quant à la laryngée supérieure elle-même, elle peut naître encore, soit de la linguale, soit de la faciale. Mais l'anomalie la plus intéressante de cette artère est son passage à travers le cartilage thyroïde, disposition que l’on observe normalement chez quelques mammifères. — Vôy. Livim, Studio rnorfol. delle arterie tiroidee, Monit. zool., 1900.

>2° Artère linguale. — L’artère linguale (fig. 138, 14) naît de la partie antérieure dé la carotide externe, un peu au-dessus de la précédente. Elle se porte d’abord obliquement en haut, en avant et en dedans, vers le sommet de la grande corne du Los hyoïde. Elle chemine ensuite au-dessus ^de cette grande corne et parallèlement à elle jusqu’à la petite corne. Là, changeant de nouveau de direction, elle se dirigé obliquement vers la pointe de la langue, où elle se termine en s’anastomosant avec celle du côté opposé.

Nous pouvons donc, au point de vue de ses rapports, considérer à l’artère linguale trois portions distinctes : une première portion, située en arrière de l’os hyoïde ; une deuxième portion, correspondant à la grande corne ; une troisième portion située au-dessous de la langue. — Dans portion rétro-hyoïdienne, l’artère linguale est recouverte par les muscles digastrique et stylo-hyoïdien. Elle repose sur le constricteur moyen du phar^mx. — Dans sa portion hyoïdienne, qui est à peu près horizontale, elle repose encore sur le constricteur moyen du pharynx; mais elle est recouverte alors par le muscle hyo-glosse. — Dans sa portion linguale, enfin, elle chemine entre le muscle génio-glosse, qui est en dedans, et le muscle lingual inférieur, qui est en dehors. Nous verrons ultérieurement que le nerf grand hypoglosse s’applique contre la face externe de l’hyo-glosse, tandis que l’artère linguale, on ne saurait trop le répéter, chemine sur la face interne de ce muscle.

Les branches de la linguale se distinguent en collatérales et terminales :

A. Branches collatérales. — Durant son trajet, l’artère linguale abandonne trois branches collatérales, savoir : le rameau hyoïdien, l’artère dorsale de la langue et l’artère sublinguale.

i° Rameau hyoïdien. — Le rameau hyoïdien, quelquefois double (hg. 138, 15 et 15’) se porte transversalement en dedans, le long du bord supérieur de l’os hyoïde. Il s’anastomose sur la ligne médiane avec le rameau similaire du côté opposé, en formant ainsi une sorte d’arcade située entre les génio-glosses et les génio-hyoïdiens.

2® Artère dorsale de la langue. — L’artère dorsale de la langue (lig. 138, 10), tou-

ARTERE CAROTIDE EXTERNE

jours très grêle, se sépare de la linguale au niveau de la grande corne. De là, elle se porte de bas en haut vers les parties latérales de la base de la langue et se perd, en de fins rameaux, dans la muqueuse qui avoisine la région des papilles caliciformes, ainsi que dans la muqueuse qui recouvre l’épiglotte et le pilier antérieur du voile du palais.

3” Artère sublinguale. — L’artère sublinguale (fig. 138, 17), remarquable par les flexuosités qu’elle décrit, chemine parallèlement au conduit de Wharton entre le muscle mylo-hyoïdien et le muscle génio-glosse. Après avoir fourni plusieurs raniuscules à la glande sublinguale, qui est placée sur son côté externe, elle se

partage en deux rameaux : l’un, interne, qui s’anastomose au-dessus du frein avec celui du côté opposé, c’est V artère du filet; l’autre, ascendant, qui se dirige sur les côtés de la symphyse du menton et envoie une toute petite artériole à chacun des trous incisifs placés derrière les dents de même nom (Gruveilhier). Très souvent, l’artère sublinguale envoie, à travers le mylo-hyoïdien, un rameau anastomotique à l’artère sous-mentale (fig. 138, 19), branche de la faciale.

B. Branche terminale, ranine. — Après avoir fourni la sublinguale, Eartèré linguale prend le ‘nom de ranine. Cette artère (fig. 138,18), que- l’on considère ordinairement comme la branche terminale de la linguale, se porte obliquement d'arrière en avant et de bas en haut, vers la pointe de la langue. Elle abandonne, chemin faisant, une multitude de rameaux, qui se terminent les uns dans les

Artères de la langue, vue latérale.

1, symphyse mentonnière. — 2. os hyoïde. — 3, muscle hyo'idien, érigné en bas. — 4. sterno-cléido-hyo-idicii. — ü, omo-hyo’idien. — G, géDio-hyo'idien. — 7, génio-glosse — 8, 8’, hyo-glosse. — 9, stylo-glosse. — 10, stylo-liyoïdiep profond. — il, constricteur moyen du pharynx. — 12. carotide in tex’iie. — 13, carotide externe. — 14, linguale, avec : 15, 15’, deux rameaux sus-hyo'ïdiens ; 16, dorsale de la langue ; 17, sublinguale ; 18, l’anine ; 19, rameau anastomotique pour la sous-mentale. — 20, thyroïdienne supérieure. — 21, faciale. — 22, glande sublinguale. — 23, glandules du groupe latéral. — 24, glande do Nühn.

Fig. 138.

ANGEIOLOGIE

muscles, les autres dans la portion de la muqueuse qui se trouve placée en avant du V lingual (voy. Langue).

R É s r M F. DE L V 1. 1 N G U A L E

^ R. hyoïdien.

a). Br. collaterales A. dorsale de la langue.

A. sublinguale.

b;. Br. lenninale j A. ranine.

Variétés. — La linguale peut naître par un tronc commun, soit avec la faciale, soit avec la thyroïdienne supérieure. — On l'a vue perforer le muscle hyo-glosse, au lieu de contourner son bord supérieur. — On l'a même vue cheminer sur la face inférieure du mylo-hyoïdien et perforer ce muscle, dans le voisinage du menton, pour gagner la région de la langue. — La linguale peut être remplacée, en totalité ou en partie, soit par une branche de la maxillaire interne, soit par la linguale du côté opposé (Zuckerkandl). — Le rameau sus-hyoïdien peut faire défaut. — Les deux artères dorsales de la langue peuvent se fusionner en un tronc unique et médian. — Anormalement, la linguale peut donner naissance à la laryngée supérieure, à la palatine inférieure, à la sous-mentale. — La sublinguale peut naître de la faciale et elle donne fréquemment alors la sous-mentale, disposition que l’on observe normalement chez les périssodactyles, chez les carnassiers et chez les insectivores (Befitelli, in Arch. di Anal, e di Embriol., 1903).

3® Artère faciale. — L’artère faciale, que l’on désigne quelquefois sous le nom de maxillaire externe (fig. 136 et i39j, se détache de la partie antérieure de la carotide externe, un peu au-dessus de la linguale. Flexueuse comme elle, la faciale se porte d’abord de bas en haut, puis d’arrière en avant, vers la partie postérieure de la glande sous-maxillaire qui, pour la recevoir, se creuse en gouttière ou même présente un canal complet. Dégagée de cette glande, elle contourne de bas en haut le bord inférieur du maxillaire, un peu en avant du masséter, et arrive à la face. Elle se dirige alors obliquement vers la commissure des lèvres, vient ensuite se loger dans le sillon de séparation de l’aile du nez et de la joue et, finalement, se termine, à l’angle interne de l’œil, en s’anastomosant avec l’artère nasale, l’une des branches terminales de l’ophthalmique. La portion terminale de l’artère faciale est généralement désignée, en raison de sa situation dans l’angle interne de l’œil, sous le nom à'arlère angulaire .

Nous pouvons, au point de vue de ses rapports, comme aussi au point de vue de son mode de distribution, considérer à l’artère faciale deux portions nettement distinctes : une première portion, répondant au cou; une deuxième portion, répondant à la face. — Dans sa portion cervicale, l’artère faciale, profondément située, est recouverte par le nerf grand hypoglosse (qui la croise obliquement tout près de son origine) et par les deux muscles digastrique et stylo-hyoïdien. Rappelons-nous ses rapports intimes avec la glande sous-maxillaire. — Dans sa portion faciale, elle est, au contraire, toute superficielle : elle n’est recouverte, en effet, que par le peaucier et quelques-unes des lames musculaires, d’ailleurs fort minces, qui aboutissent à la commissure ou à la lèvre supérieure (triangulaire des lèvres, zygomatiques, élévateur superficiel). Elle repose successivement sur les muscles buccinateur, canin et triangulaire du nez, dont elle croise la direction.

Ici encore les branches de la faciale se distinguent, comme celles de la linguale, en collatérales et terminales :

A. Branches collatérales. — L’artère faciale fournit, au cours de son trajet, huit branches collatérales. De ces huit branches, les quatre premières naissent de la portion cervicale du tronc artériel, ce sont ses branches cervicales ; les quatre autres proviennent de la deuxième portion ou portion faciale, ce sont ses branches faciales.

a. Branches cervicales. — Ce sont la palatine inférieure, la plérygoïdienne, la sous-mentale et la sous-maxillaire :

ARTERE CAROTIÜE EXTERNE

а) hdi palatine inférieure ou ascendante remonte sur les cotés du pharynx, abandonne quelques rameaux aux muscles styliens et se distribue principalement à l’amygdale, au voile du palais et à ses deux piliers, en s’anastomosant avec la palatine supérieure et la pharyngienne inférieure.

P) hd^ptérygoïdienne se dirige également en haut et se perd dans le muscle ptérygoïdien interne, qu’elle pénètre par sa face profonde.

y) La sous-maxillaire, généralement multiple (3 ou 4), se distribue à la glande sous-maxillaire (voy. cette glande).

б) La sous-mentale est une branche volumineuse, qui naît ordinairement de la

Fig. 139.

Artères superficielles de la tête.

1, carotide pdinilive. — 2, carotide interne. — 3, carotide externe. — 4, thyroïdienne snoérieure. • — 3, linguale. — 0, faciale, avec : 6’, angulaire ; 6” coronaires. — 7, nasale. — S, sus-orbitaire. — h, temporale superficielle. — 10, transversale de la face. — 11, auriculaire antérieiu’e. — 12, temporale profonde moyenne. — 13, rameau orbitaire. — 14, frontale. — 15, pariétale. — IG, auriculaire postérieure. — 17, occipitale. — 18, terminaison de la dentaire inférieure .

faciale au niveau de la glande sous-maxillaire. Elle se porte horizontalement en avant et en dedans, le long du bord inférieur du maxillaire, entre le m^do-hyoïdien et le ventre antérieur du digastrique. Chemin faisant, elle fournit plusieurs branches à ces deux muscles et vient se terminer dans la région mentonnière, en s’anastomosant avec les ramifications terminales de la dentaire inférieure.

b. Branches faciales. — Les branches de l’artère faciale qui naissent au niveau

de la face sont également au nombre de quatre : la massétérine inférieure, la coronaire inférieure, la coronaire supérieure , Vartère de l'aile du nez.

а) La massétérine inférieure, ainsi appelée pour la différencier d’une autre massétérine^ qui provient de la maxillaire interne et qui est l’artère principale du masséter, se détache de la faciale un peu au-dessus du bord inférieur du maxillaire. De là, elle se porte obliquement en haut et en arrière sur la face externe du masséter, où elle se termine. On voit naître ordinairement, à coté de la massétérine, deux ou trois petits rameaux, également musculaires, qui se distribuent à la partie inférieure du buccinateiir.

p) La coronaire inférieure tire son origine de la faciale au niveau des commissures des lèvres. Elle se porte horizontalement en dedans dans l’épaisseur de la lèvre inférieure et s’anastomose à plein canal, sur la ligne médiane, avec la coronaire inférieure du côté opposé.

y) La coronaire supérieure naît au même niveau que la précédente ; elle se porte dans la lèvre supérieure, où elle s’anastomose, sur la ligne médiane, avec son homonyme du côté opposé. — Il résulte de cette double anastomose que les quatre coronaires (les deux du côté gauche et les deux du côté droit) constituent autour de l’orifice buccal un cercle artériel complet. Ce cercle artériel péribuccal est situé tout près du bord libre des lèvres (voy. Lèvres), entre la couche musculaire et la couche des glandules sous-muqueuses. — Il décrit de nombreuses flexuosités et abandonne un peu partout sur son pourtour des rameaux plus ou moins grêles, destinés aux muscles, aux glandules, à la peau et à la muqueuse des deux lèvres. Parmi ces rameaux, il en est un, plus considérable que les autres, qui, sous le nom d'artère de la sous-cloison, se détache du point d’abouchement des deux coronaires supérieures, se porte en haut vers la sous-cloison, la parcourt d’arrière en avanl et arrive ainsi au lobule du nez, qu’il recouvre de ses rajnifications.

б) L'artère de l'aile du nez naît de la faciale au niveau de l’aile du nez. Elle se porte ensuite en avant et en dedans et se divise, presque immédiatement après son origine, en deux ou trois branches, qui s’épuisent en fines ramifications sur les ailes du nez, sur le dos du nez et sur le lobule. Les ramifications terminales de cette artère s’anastomosent avec celles du côté opposé, ainsi qu'avec les branches de la sous-orbitaire et de l’artère de la sous-cloison.

li. Branche terminale. — Après avoir fourni l’artère de l’aile du nez, la faciale, dont le volume est considérablement réduit, prend, comme nous l’avons vu, le nom d'angulaire. Sous ce nom, elle continue son trajet ascendant le long des faces latérales du nez, abandonnant en dedans et en dehors de nombreux ramuscules destinés aux muscles et à la peau. Elle arrive ainsi dans la région du grand angle de l’œil et, là, elle s’anastomose à plein canal avec l’une des branches de l’ophthalmique, l’artère nasale.

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